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Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

11 août 2007

Et si Kabila ne gagne pas cette guerre ?

Kabila_0© Muanacongo | 11/08/2007

Plusieurs sources concordantes font état ces dernières semaines de mouvements de troupes des FARDC à l’Est du pays et en particulier au Nord Kivu.

Une telle mobilisation de forces militaires ne peut signifier qu’une chose : l’imminence d’une guerre.
La question fondamentale n’est pas tant celle de savoir contre Qui nos FARD vont engager les hostilités mais quel est le but réel de cet engagement militaire car aujourd’hui rares sont les congolais qui sont capables de décrypter ce qui se passe dans nos provinces de l’Est tant est complexe la nature des acteurs en présence :

 


- Les Maï-Maï, à la fois alliés et ennemis du gouvernement, martyrisent une population dont ils sont pourtant l’émanation,

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Les FDLR sponsorisés par Kabila et combattus par les brigades mixées ayant reçu cette mission du représentant de Kabila,

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Les banyamulenge qui crient au génocide de leur peuple alors que l’un deux, Laurent Nkunda, est entrain de vider des villages entiers pour y installer ses frères banyamulenge,

-
La Monuc qui approvisionne en armes les Fdlr alors que dans le même temps elle les considère comme de forces négatives,
- Le gouvernement de Gizenga qui se comporte comme si cette situation sécuritaire concernait un autre pays là où Kabila envoie des émissaires à Kigali pour prendre langue avec nos bourreaux,

- Les ougandais et les rwandais qui sont sortis par la porte pour entrer par la fenêtre sur notre territoire afin d’y continuer leurs crimes de déstabilisation,

- Un peuple dont la traîtrise de ses fils les plus influents est légendaire.

La seule vérité dans tout ceci étant que nos compatriotes du Kivu vivent un calvaire sans nom d’où la question fondamentale de cette guerre que Kabila va engager lorsqu’on sait pertinemment que l’armée congolaise, toujours en restructuration, aura beaucoup de mal à remplir pleinement son rôle dans des combats de l’ampleur et de la nature de ceux qui s’annoncent.
Qu’adviendrait-il si Kabila ne gagne pas cette guerre, cela ne signifierait-il pas la fin du Congo avec le Kivu comme partie intégrante ?

Est-ce cela l’objectif de Kabila, offrir les provinces de l’Est à ceux qui les réclament depuis plus de dix ans maintenant au travers d’une guerre sans pertinence dont l’issue est connue de tous ?

Sinon, pourquoi alors avoir mixé les troupes rebelles de Nkunda à l’armée nationale si c’est pour combattre ce même Nkunda quelques mois plus tard ?

Sinon pourquoi faire une guerre alors que les moyens de l’Etat n'assurent déjà pas le minimum vital à la population ?

Sinon comment expliquer le double jeu de
la Monuc qui à Kinshasa supplie les autorités congolaises de ne pas se lancer dans une nouvelle guerre et au Kivu met sa logistique à la disposition de ces mêmes autorités pour faire la guerre ?
Au Kivu, il y a peut-être une autre vérité qui est en marche, celle de la balkanisation de notre pays dont Kabila n’est pas le seul artisan.

Jean-Eric Badibanga,
Vendredi 10 août 2007
© Copyright Muanacongo

Visiter le site de: Muanacongo

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Un groupe d'experts de l'ONU dénonce des trafics illégaux en RDC

 Nkunda_Monuc© AFP |  11 août 07 - 12h19
Rapport Complet

Un groupe d'experts de l'ONU dénonce les trafics illégaux impliquant des bandes armées "mafieuses" en République démocratique du Congo (RDC) dans un rapport publié début août et dont l'AFP a obtenu copie vendredi.

Ce rapport fait suite à la résolution 1493 (2003) du Conseil de sécurité imposant un embargo sur les armes s'appliquant à la partie orientale de
la RDC notamment en Ituri et dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Par sa résolution 1596 (2005), le Conseil a étendu cet embargo à l'ensemble du pays, explicité son régime de dérogation, renforcé le dispositif de surveillance et décidé que tous les gouvernements des pays de la région, en particulier ceux des Etats voisins du Congo, devraient veiller à ce que les mesures énoncées dans les résolutions soient appliquées.

Le rapport comporte des enquêtes sur le transfert illicite d'articles visés par l'embargo, sur la facilitation de violations telles que les activités aux mouvements transfrontières, à l'aviation civile et aux activités financières, les violations des normes internationales en matière d'aviation civile, ainsi que sur les individus qui recrutent ou utilisent des enfants en violation du droit international et sur les dirigeants de groupes armés qui empêchent leurs combattants de déposer leurs armes.

Selon le texte, "la situation en RDC est caractérisée par une violence, une insécurité et une instabilité constantes tant dans l'est du pays que dans la capitale".

"La voie vers la paix dans le pays est semée d'incidents fréquents d'une violence mortelle, comme on l'a vu à Kinshasa en août et octobre 2006 et à nouveau en mars 2007, à Sake (est) en novembre 2006, au Bas-Congo (ouest) en janvier 2007 et à Kanyola (est) en mai 2007, une liste qui n'est pas exhaustive", explique le groupe présidé par le Sénégalais Ibra Déguène Ka.

Pour les experts de l'ONU, les "faiblesses" et les "retards" dans l'intégration des Forces armées de RDC (FARDC) se traduisent par "une autorité de l'Etat insuffisante pour assurer la sécurité du territoire".

Ils estiment que la combinaison de ces éléments menace la paix et la sécurité non seulement du pays mais de l'ensemble de la région.

Les experts de l'ONU se plaignent en outre du fait que des demandes d'information sur le transit de matériaux et pierres précieux et semi-précieux en provenance de
la RDC présentées aux autorités du Burundi, du Kenya, du Rwanda et de la Tanzanie sont "restées sans réponse". Par ailleurs, ils dénoncent le refus opposé notamment par les autorités du Burundi, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine, de la RDC, de la République du Congo et de l'Ukraine de fournir des informations sur l'aviation civile.

La RDC, indique le rapport, "n'a toujours pas fourni les immatriculations de tous les appareils opérant actuellement sur son territoire".

Le rapport affirme également que tous les individus visés par des sanctions sur le territoire congolais "poursuivent leurs activités en toute impunité en dépit des sanctions du Conseil de sécurité" et déplore que le gouvernement n'ait pas répondu aux demandes d'informations sur l'application des sanctions ciblées.

L'ONU souhaite pour cela "la participation des autorités congolaises à la surveillance des mouvements d'articles visés par l'embargo" et tient ces dernières "responsables" de non application des sanctions imposées.

Rapport final du Groupe d’experts  de l'ONU sur la République démocratique du Congo, présenté en application de la résolution 1698 (2006) du Conseil de sécurité

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Lettre de Roger Puati au Conseiller Fédéral Suisse concernant la Traite des Esclaves Noirs

Roger_puatiMonsieur le Conseiller fédéral,

LAUSANNE – ( Suisse) - La presse fait état de propos que vous auriez tenus à l’égard des Africains, lors d’une séance d’une commission du Conseil National, s’agissant de l’aide au développement accordée aux pays africains. J’ose croire que ces propos ne sont pas de vous. Car dans l’hypothèse contraire, je trouverais gravissime un tel dérapage verbal, de la part d’un ministre du gouvernement. Je crois savoir que vous êtes une référence pour un certain nombre de citoyens de ce pays. De ce fait, vos propos peuvent avoir de lourdes conséquences en termes de paix civile.

Dans cette même hypothèse, je me permets de rappeler des faits historiques indéniables, quant à la paresse supposée des Africains et aux causes de la situation économique actuelle de l’Afrique. Vous auriez dit que les Africains sont « paresseux », et dans la même lancée, vous auriez nié la responsabilité des pays colonisateurs et industriels par rapport à la situation économique actuelle de l’Afrique.

Soit ! Monsieur le Conseiller fédéral, je ne me permets pas d’enseigner une histoire connue, juste la rappeler.

Je rappelle que depuis 1441, des pays comme le Portugal, l’Espagne puis la France ont pratiqué la traite des Noirs vers l’Europe pour leurs travaux agricoles, dans la construction et dans la domesticité. Vers le milieu du 16ème siècle, la traite avait pris une telle ampleur que 10% de la population de Lisbonne était noire. Je passe outre la période de la présence arabe et le travail des Noirs dans la partie méridionale de l’Europe.

Je rappelle que dès 1503, après la découverte de l’Amérique, jusqu’à la fin du 19ème siècle, les Européens ont pratiqué la traite des Africains et les ont asservis dans les plantations américaines. Je rappelle qu’après 1713, parmi les actionnaires de la Compagnie des mers du Sud, société à laquelle l’Angleterre revendit le monopole de la traite des Noirs, il y avait entre autres, des membres de la famille royale anglaise, Isaac Newton et … le canton de Berne. Cette Compagnie « traitait » 4'800 Noirs par an.

Je rappelle qu’en 1675, l’hôpital de Genève n’acheta qu’un kilo de sucre pour toute l’année. En 1750, un Genevois consommait entre quatre et cinq kilos de sucre par an. Cette augmentation de la consommation concerne aussi le café, le cacao, le coton et l’indigo. Monsieur le Conseiller fédéral, pourriez-vous me dire si vous avez des ancêtres qui plantaient la canne à sucre, travaillaient jour et nuit pour augmenter ainsi la production du sucre, et ravitailler Genève ou d’autres villes européennes ?

Je rappelle que l’Europe, après avoir massacré près de 80 millions d’Amérindiens, a déporté plus de 25 millions de Noirs vers les Amériques comme main d’œuvre gratuite pour les besoins de son économie. Et que sur un Noir arrivant en Amérique, entre cinq et sept Noirs mourraient en route. Multiplions 25 millions (hypothèse la plus basse faute de statistiques) par 5 et non par sept, et vous avez le génocide le plus effroyable que l’humanité ait jamais connu.

Je rappelle que le capitalisme européen est né et s’est nourri du travail des Noirs aux Amériques pendant quatre siècles et plus tard, après l’abolition de l’esclavage, en Afrique pendant un siècle. Ce sont les larmes, le sang et la sueur des Noirs qui produisaient les denrées coloniales dont l’Europe avait besoin. Leur chair était une marchandise. L’essor économique de l’Europe, meurtrie par la peste, tient au commerce négrier. Ce ne sont pas les Africains qui ont recherché l’Europe, ce sont les Européens qui ont profité de l’Afrique.

Monsieur le Conseiller fédéral, voyez-vous à quel point l’Europe est empêtrée dans le crime jusqu’au cou par rapport à l’Afrique ? Après avoir mis en pièces tout un continent, jugez par vous-même, qu’il n’y a aucune grandeur morale de la part de l’Europe de vouloir s’en tirer à moindre frais. Les Africains ont travaillé pour vous comme des Nègres ! Et si aux yeux de certains ils déméritent, ce n’est pas parce qu’ils fainéantisent, mais parce qu’ils sont noirs des pieds jusqu’à la tête, comme l’écrit Montesquieu. L’Europe est indéfendable et doit répondre de ses crimes vis-à-vis de l’Afrique noire.

« Il ne vaut pas la peine d’investir de l’argent sur le continent africain. » Ici, je suis d’accord avec vous, Monsieur le Conseiller fédéral. Pas parce que les Africains seraient des paresseux. Parce que votre « aide » ne sert pas aux Africains, mais à renforcer les dictatures de vos amis. Non, l’Afrique n’a pas besoin d’argent, elle a soif de liberté. Les Africains veulent que l’Europe leur fiche la paix ! Que les Etats européens cessent leur discours cynique qui veut que les Africains se prennent en main, et dans le même temps soutiennent à coup d’argent et d’armes, souvent à l’insu de leur opinion publique, des régimes que les Européens exècrent sur leur sol. Plus vite vous cesserez de donner votre argent, plus tôt l’Afrique trouvera sa voie. Ceci étant dit, je ne vous conteste nullement le rôle de gardien de l’argent suisse, mais je vous dénie le droit à l’outrage.

Pour terminer, permettez-moi, Monsieur le Conseiller fédéral, de vous demander où en est le dossier des millions détournés par Monsieur Mobutu, l’ami de la Suisse, et laissés sur des comptes bancaires en Suisse ? Ce retour de l’aide au développement dans des coffres suisses et du produit des matières premières, avec la complicité des officiels suisses, fait le miel de tous sauf des enfants du Congo. Pendant ce temps, leurs parents travaillent dans les mines comme des Nègres, pour un salaire de misère. Les joailliers européens, quant à eux, attendent le fruit du travail de ces malheureux pour soutenir leur activité lucrative.

Monsieur le Conseiller fédéral, comme je ne vous imagine pas tenir les propos irresponsables rendus publics par la presse, je vous prie de montrer que vous êtes correctement informé sur les relations entre la Suisse et l’Afrique.

Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Conseiller fédéral, mes salutations distinguées.

© Roger Puati,
Théologien congolais et spécialiste sur la question de la traite négrière

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Madilu System est décédé ce samedi à Kinshasa

madiluL’artiste musicien Madilu Bialu, patron de « Ok System » s’est éteint samedi aux Cliniques universitaires de Kinshasa (Cuk)

Jean Bialu Madilu ou « Ramsès II » ou encore « Le Grand Ninja » est décédé ce samedi à 6 heures 45 aux Cliniques universitaires de Kinshasa (Cuk) qui n’a pas toutefois donné des précisions sur la maladie qui vient de l’emporter, se limitant juste à parler d’une mort subite.

Mais selon son collègue Dinastar Shango qui évolue à Mulhouse en France et qui confirme cette information puisqu’ayant reçu lui-même un appel de la veuve de Madilu à partir de Paris, il avait quelques problèmes de diabète et d’hypertension. A Kinshasa la veille, certaines chaînes de télévision ont diffusé les clips de cet artiste.

Peut-être qu’elles étaient informées de l’aggravation de sa situation. Madilu qui a élu domicile en Europe où il résidait depuis quelques temps se trouve à Kinshasa depuis le mois d’avril dernier dans le cadre de la promotion de son nouvel album « Bonne Humeur » qui compte 8 titres. De même qu’il a battu campagne pour le chef de l’Etat lors des dernières présidentielles.

Ancien de l’orchestre Tp Ok jazz de Franco Luambo Makiadi, il est le beau- frère du comédien Matondo Mateya « Sans souci »  dont il a pris en mariage la sœur. Mais Madilu a aussi évolué dans l’orchestre Mayopi (Madilu Yosha et Pindi) et a beaucoup collaboré avec Pépé Kallé Kabasele Yampanya dont il imitait parfaitement la voix.

« Non » qu’il a chanté en duo avec Luambo Makiadi est la chanson qui l’a fait découvrir au grand public. Mais l’on reconnaîtra aussi sa voix dans les chansons « Mamou , Mario » de Franco, « Daty pétrole,  Eau bénite » de Simaro Lutumba ou encore « Boma ngai na Boma yo tobomana » qui est sa composition.

Après la mort de Franco, suite au problème de leadersheap qui ont surgi dans le Tp Ok Jazz, il entamera une carrière solo en créant son propre groupe d’accompagnement, d’abord sans nom mais qui après portera la dénomination de « Ok System ».

Dans sa carrière solo il a composé des tubes à succès dont « Ya Jean ». Mais basé à Kinshasa, « Ok System » a évolué comme un simple groupe d’accompagnement avec lequel il animait des productions scéniques.

madilu Pour enregistrer la plupart de ses œuvres, il bénéficiait rarement du concours ses musiciens se contentant de grandes pointures de la musique congolaise installées en Europe ou encore à Kinshasa. C’est le cas de Canta Nyboma et Chicco Mawatu de Lofombo avec « Bonne Humeur ».

Avec ses collègues musiciens, Madilu avait plusieurs projet qui ne se matérialiseront plus. C’est le cas de l’album collectif qu’il devait réaliser avec  Liutumba Simaro et dont les fruit de la vente devait permettre d’aménager la tombe de Franco au cimetière de
la Gombe où repose à jamais son âme.

Son jeune frère Dinashango qui va réagir sur digitalcongo.net dans les prochaines heures a pour sa part l’avait sollicité pour la réalisation de son album. La rédaction de digitalcongo.net présente ses condoléances à la famille du défunt  ainsi qu’à l’ensemble de la corporation des musiciens congolais.

© Boni Tsala | MMC

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Nzanga Mobutu évoque le retour de la dépouille de son père

NzangaC’est pour la première fois depuis qu’il a fait alliance avec le Chef de l’Etat dans le cadre de l’AMP que Nzanga Mobutu parle de ses relations avec Joseph Kabila, Jean-Pierre Bemba, des avoirs de son père

Renversé le 17 mai 1997 par Laurent-Désiré Kabila, décédé le 7 septembre de la même année à Rabat, où il avait choisi de s’exiler, Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Zabanga reste très présent dans la mémoire collective. Début septembre, ses proches commémoreront le dixième anniversaire de sa disparition au Maroc, où il repose encore aujourd’hui. De Gbadolite à Kinshasa, des hommages au Maréchal seront certainement organisés à l’instigation de ses fidèles qui souhaitent désormais lui offrir une sépulture en terre congolaise. C’est également le souhait de François-Joseph Nzanga Mobutu, fils aîné de l’ex-président, et de Mama Bobi Ladawa.

En 2002, après cinq années d’exil, Nzanga regagne Kinshasa où il s’établit l’année suivante en prévision des échéances électorales. En 2005, il fonde l’Union des démocrates mobutistes (Udemo), bannière sous laquelle il se présente à l’élection présidentielle. Crédité de 4,7 % des voix au premier tour, il appelle à voter Kabila au second. Après la victoire du chef de l’Etat, il rejoint la coalition formée autour du vainqueur. Entre au gouvernement en février 2007, Nzanga Mobutu est ministre d’Etat en charge de l’Agriculture, de
la Pêche et de l’Elevage. Et travaille aujourd’hui avec ceux qui ont renversé son père …

Dix ans après le décès du maréchal Mobutu, qu’est-ce qui empêche aujourd’hui de rapatrier sa dépouille mortelle ?

Nous sommes à quelques semaines du dixième anniversaire de sa disparition. Je serai personnellement à Rabat aux côtés des membres de ma famille, de proches et certainement de quelques collègues du gouvernement pour me recueillir devant sa sépulture. Je pense que cet anniversaire sera l’occasion de nous interroger sur ce que le Maréchal a réellement légué à son pays. Mais il ne m’appartient pas de faire le travail des historiens.

En ce qui concerne le retour de la dépouille, c’est acquis, nous la ramènerons. Mais je ne peux pas vous donner de date. Il y aura une concertation au sein de ma famille et avec le Chef de l’Etat bien sûr. Nous en avons déjà parlé avec lui, et il a donné son accord. Les choses devraient se faire progressivement, et je pense que les Congolais, dans leur grande majorité, sont d’accord sur le principe de ce rapatriement. Mais cela ne s’est pas encore fait parce que nous devons, au préalable, réunir certaines conditions matérielles. Le site qui doit accueillir sa dépouille n’est pas prêt. Mon père a toujours souhaité reposer à Gbadolite, sa terre natale. Mais une rébellion a sévi dans cette région de l’Equateur pendant plusieurs années : plusieurs tombes de ma famille ont été profanées, et la chapelle a été mise à sac. Il va donc falloir remettre tout cela en état. Ce n’est que depuis mars dernier que la situation s’est assainie, après que Jean-Pierre Bemba, qui continuait à entretenir des forces militaires dans la province, a quitté le pays.

Le retour de la dépouille de votre père donnera-t-il lieu à des obsèques nationales ?

Le président Kabila me l’a dit sans ambiguïté lorsqu’il m’a invité à revenir au Congo en 2002 : il souhaite qu’il y ait des obsèques nationales. J’imagine que cela s’accompagnera d’une forme de réhabilitation, quelles que soient les faiblesses dont il a fait preuve à la tête du pays. Et je ne crois pas que les autres institutions iront à l’encontre du souhait du président de 
la République. Le Maréchal lui-même avait organisé des obsèques nationales pour son prédécesseur, Joseph Kasa-Vubu. Pourquoi n’en ferait-on pas autant pour lui ?

Dix ans après le renversement de votre père par Laurent-Désiré Kabila, ressentez-vous votre entrée au gouvernement comme une revanche ? Ou comme un juste retour des choses ?

Je ne considère pas cela comme une revanche, car je n’éprouve aucune rancune. Je le prends comme une leçon de la vie, en toute humilité. Lorsque vous avez grandi sans jamais manquer de rien et qu’un jour tout s’arrête, c’est la descente aux enfers. Vous vous remettez en question, et vous réalisez que vous devez remonter la pente par vos propres moyens. Pour tout homme, c’est une expérience formidable que de se refaire. Ce qui est intéressant, c’est que je ne suis plus regardé comme un fils à papa.

Que reste-t-il du mobutisme ?

Tout n’était pas mauvais en cet homme, et je considère que le traitement qui lui a été réservé a souvent été réducteur : l’histoire du roi nègre sorti de la jungle pour régner dans un grand palais. Par respect pour nos compatriotes, par respect pour l’Afrique, il est nécessaire de faire une lecture un peu moins fantasmatique et plus approfondie de cette période. Je ne crois pas qu’on se maintienne trois décennies à la tête d’un pays tout simplement par la brutalité. Certains ministres du gouvernement actuel, qui ont combattu le président Mobutu sur le plan politique, reconnaissent aujourd’hui qu’il avait réalisé l’unité du pays : ça fait plaisir à entendre.

Lorsque l’on me demande ce que représente la dénomination de mon parti, l’Union des démocrates mobutistes (Udemo), je réponds qu’il s’agit d’une simple référence à ce que le président Mobutu nous a légué. A savoir le principe de l’intangibilité du territoire congolais, l’attachement à la paix et le patriotisme. Sur le plan économique, cela n’a certes pas été une grande réussite. Mais il y a quand même des acquis difficiles à lui denier. Il nous revient d’en faire bon usage pour dessiner le visage du Congo de demain.

En tant que membre du gouvernement, vous travaillez avec ceux qui ont renversé votre père. Comprenez-vous que cela puisse surprendre ?

Effectivement, le fait de me voir associé à ce gouvernement suscite des polémiques. Mais après les élections que notre pays a connues il y a un an et suite à mon ralliement au président Kabila, le plus important à mon avis est de réunifier le pays. Par cette alliance, l’ouest du pays, représenté par le Premier ministre Gizenga et par moi-même, et l’Est, qui a fortement soutenu le président Kabila, se sont rapprochés. Les résultats du premier tour ont laissé apparaître des fractures importantes qu’il était nécessaire de réduire. De ce point de vue, je pense toujours que cette coalition gouvernementale était salutaire pour le Congo.

Comment se passe votre collaboration avec le président Kabila, dont le père a causé la chute du vôtre ?

Ce sont des relations de respect par rapport à la hiérarchie. J’ai été élevé dans le respect des institutions et de nos traditions africaines : on doit respecter le chef. Un an après son avènement à la présidence de
la République, Joseph Kabila est entré en contact sans intermédiaire avec ma famille. Il a envoyé un émissaire au Maroc, en France voir les principaux membres de la famille pour établir des ponts. Nous avons apprécié cette volonté de réconciliation. Dès notre première rencontre, les choses sont allées dans le bon sens. Qu’il s’agisse du président Kabila ou de moi-même, nous avons pris l’option de nous assumer. De ne rien renier. Et de donner ce que nous avons de meilleur pour notre pays.

Quelles sont vos relations avec Jean-Pierre Bemba ?

J’ai choisi l’option politique, il a choisi l’option militaire. Il a fini par accepter de collaborer avec le président de
la République et les autres leaders politiques au sein d’un gouvernement de transition. En tant que vice-président, il a participé à l’élaboration des textes qui ont été soumis au référendum constitutionnel. L’adhésion du peuple à la Constitution a permis de mettre en œuvre le processus électoral. Mais entre les deux tours de la présidentielle, les troupes de ce monsieur ont tenté de m’assassiner. Je pense que Bemba et moi n’avons rien en commun. S’agissant des poursuites qui sont lancées contre lui, je pense que nul n’est au-dessus de la loi, et qu’il est important que les responsables de violences, de viols et de pillages soient jugés, que ce soit en RDC ou dans un autre pays. On le doit aux victimes et à leurs familles. Que ce soit pour Jean-Pierre Bemba ou pour les autres, il est important que justice soit faite.

La famille Mobutu est-elle encore riche ?

Ecoutez, elle est riche parce qu’elle est nombreuse et ça, je crois, c’est la plus grande richesse. Plus sérieusement, pour avoir eu un père président de
la République, nous avons eu des facilités. Mais en même temps, nous avons connu des difficultés. Et ces difficultés-là, nous avons pu les surmonter, chacun d’entre nous à sa manière. Je dis à chacun de mes frères et sœurs que, quels que soient les choix de vie que nous faisons, nous ne devons pas être médiocres. C’est ce que notre père attendait de nous. Car lui s’est battu pour être ce qu’il a été.

Et votre fortune ?

C’est un fantasme. Et cela a été une arme politique. Je l’ai toujours dit : que ceux qui parlent des milliards de Mobutu nous expliquent où est cet argent et d’où il proviendrait… Les autorités congolaises peuvent obtenir sans aucune difficulté des renseignements plus sérieux auprès des instances internationales compétentes. Pour moi, ce débat est sans objet. Pour le reste, c’est vrai que, si le président Mobutu a fait de grandes choses, comme tout homme, il a eu aussi ses moments de faiblesse.

© Georges Dougueli | Le Palmarès

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Madilu System n'est plus

madilu

RDC | © radiookapi.net | 11 Août 2007 à 12:48:37

L’artiste musicien congolais Jean de Dieu Bialu Makiese, alias Madilu Multi système, s’est éteint ce samedi matin aux Cliniques universitaires de Kinshasa.

Il était agé de 55 ans, déplore radiookapi.net

Madilu vient de sortir son dernier album « Bonne humeur ». Il laisse ainsi un héritage riche à la musique congolaise. La nouvelle de la mort de Madilu a plongé la famille des mélomanes et surtout des musiciens dans un émoi profond.

Rochereau Tabu Ley s’est dit consterné par cette mort. « J’ai appris avec beaucoup de consternation et je suis stupéfié… les mots me manquent, émotionné et choqué, de la disparition combien brusque de mon jeune chanteur Madilu. Les mots me manquent parce que je savais qu’il était ici, qu’il devait donner quelques concerts. Et avoir entendu qu’il a tiré sa révérence… Vraiment, je ne sais pas où donner de la tête. Nous sommes en pleine préparation de comment organiser ses funérailles. »

© radiookapi.net 

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Comment faire participer les expatriés congolais au développement de leur pays ?

Ka_ManaKä Mana, philosophe et théologien congolais nous offre les fruits de son étude

08 juillet 2007 - Sur ce que représente aujourd'hui la diaspora congolaise dans sa capacité d'action et dans ses possibilités réelles de transformer notre pays en profondeur, deux visions se chevauchent et s'enchevêtrent. Elles se modulent publiquement et se mélangent sans qu'il soit possible de dire laquelle rend vraiment compte de ce que nos compatriotes expatriés sont fondamentalement dans leur être ou de ce qu'ils peuvent exactement faire dans la situation actuelle que nous vivons.

12 juillet 2007-  A vision la plus répandue est la vision pessimiste et désespérante. Elle caractérise un certain discours des chercheurs, penseurs, universitaires ou hommes politiques étrangers qui observent nos compatriotes expatriés et analysent leurs comportements quotidiens en relation avec les attitudes des autres diasporas qui vivent actuellement dans le monde occidental.

Quand on lit les discours que ces personnes consacrent de temps à autres aux Congolais de l'étranger, six caractéristiques ressortent clairement de leur analyse et dominent la vision qu'elles ont de notre diaspora.

1. Selon eux, les congolaises et congolais expatriés sont globalement des maîtres du discours creux et des paroles en l'air, des hommes et des femmes incapables de s'organiser concrètement pour s'atteler à des tâches de transformation profonde de leur pays, à travers des projets politiques, économiques ou culturels susceptibles de redonner une espérance à leur peuple. Un texte caractéristique de cette vision de la diaspora congolaise circule actuellement sur l'Internet. Ecrit par un Belge qui a longtemps vécu dans notre pays et qui prétend mieux connaître les Congolais que n'importe quel congolais, il présente nos compatriotes expatriés comme des êtres sans consistance, qui ne se distinguent que par des critiques verbeuses adressées à des prétendues forces de l'ombre qui détruisent leur nation alors que ce pays est lui-même responsable de ses malheurs. Responsable de tous ces déboires dont la cause la plus profonde est dans l'attitude des Congolaises et Congolais eux-mêmes, ce peuple qui a besoin d'être mis sous tutelle et dirigé de l'étranger par les étrangers, comme c'est le cas aujourd'hui.

2. Dans ce même texte, notre diaspora congolaise est présentée comme un repaire d'esclaves du ventre et du bas-ventre, un monde de réfugiés économiques qui sèment des bâtards partout pour profiter des services sociaux d'autre pays au lieu de travailler à réussir leur exil par des réalisations dignes des êtres intelligents et créateurs. Cette vision est véhiculée également par des milieux de l'Extrême Droite française qui nous traite souvent des profiteurs et n'hésitent pas à encourager son gouvernement à radicaliser sa politique de refus de visas aux ressortissants congolais qui n'ont rien à faire en France et devront plutôt rester dans leur maudit pays qu'ils ont détruit eux-mêmes par leur inintelligence et leur imbécillité. Depuis le triste scandale causé par Papa Wemba qui s'est servi de son statut d'artiste pour faire entrer illégalement des congolais et congolaises dans l'espace Schengen, la diaspora de notre pays est a priori considérée comme la diaspora de misérables que la faim a chassés de leurs tanières. C'est la diaspora « racaille » qui ne peut ni enrichir son pays d'accueil ni promouvoir le développement de son propre pays d'origine.

3. « Cette racaille n'a rien d'autre à faire qu'à s'adonner à la magouille, au vol et aux coups fourrés de toutes sortes », m'a un jour affirmé un sociologue français de ma connaissance. Il jubilait presque de me raconter tout ce que les Congolaises subtilisaient dans les grandes surfaces commerciales de grandes villes françaises sous le fallacieux prétexte de faire rembourser aux Blancs l'infinie dette coloniale qu'ils doivent à l'Afrique. Il jouissait de me révéler en même temps tout ce qu'il savait sur le système de nos arnaques congolaises partout en Europe : les crédits  non remboursés, le vol des voitures et des cartes bancaires, les faux mariages, les faux passeports, les faux visas, la fausse monnaie et tout ce qui peut s'imaginer de tordu pour pouvoir vivre dans un monde féroce comme celui de nos anciens colonisateurs.

4. « Tout ce que votre pays est parvenu à imposer en Occident comme image, c'est
la SAPE, le goût du clinquant facile pour jeter la poudre dans les yeux de vos compatriotes restés au pays ». Ainsi s'exprime une militante des droits de l'homme, outrée de constater l'incohérence de ces Congolais capables de s'habiller avec les grandes marques vestimentaires de Paris ou de Londres, et de rouler dans de grosses voitures au vu et au su de leurs hôtes, tout en étant à tout moment devant les portes des organisations humanitaires pour mendier à longueur de journées. A ses yeux, on ne peut pas compter sur une diaspora aussi inconséquente pour sauver le Congo. Cette personne en est maintenant à douter systématiquement de tous les récits que les Congolais et Congolaises racontent pour obtenir le statut de réfugié politique. « Des affabulations pour entretenir le système bête et irrationnelle de la SAPE », dit-elle.

5. Notre diaspora est aussi perçue comme la diaspora de l'imbécillité religieuse. Avec sa multitude d'églisettes délirantes et ses nombreux pasteurs de pacotille qui prétendent faire des miracles à longueur de prière et se spécialisent dans la recherche des maris blancs pour les filles et les femmes congolaises, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, elle développe une mentalité d'idiotie collective et donne de notre nation l'image d'un pays en pleine folie spiritualiste mystificatrice, qui déverse partout en Occident des êtres irrationnels et désaxés dont il  faudra de plus en plus se méfier et renvoyer sans pitié dans leur pays.

6. De tels êtres sont incapables de tirer profit de leur présente en Occident pour apprendre ce qui compte vraiment pour l'Afrique : la rationalité par laquelle l'Occident nous a vaincus et grâce à laquelle nous pouvons arriver à nous libérer pour construire un pays puissant et prospère, à la hauteur des possibilités et des atouts que lui procurent ses immenses richesses. « Alors que la diaspora chinoise, vietnamienne ou japonaise aux Etats-Unis a pu s'imposer comme une force sociale de première importance, votre diaspora ne semble pas prendre le même chemin », m'a dit une économiste africaine américaine, membre d'une église méthodiste qui aide beaucoup le Congo. A la question de savoir pourquoi notre diaspora ne prend pas ce chemin, elle m'a répondu : « Tout se joue dans la tête ». Je n'ai jamais su si elle voulait dire que nous sommes bêtes ou que nous sommes fous. Je crois même qu'elle voulait dire les deux.

Deux anecdotes

J'aurais peut-être minimisé ce discours des autres sur nous si je n'avais pas pris le temps et la peine d'observer moi-même notre diaspora congolaise pendant mon séjour en Europe. Deux anecdotes restent gravées dans mon esprit. Elles confortent en moi l'idée que notre diaspora donnait d'elle-même aux populations européennes au temps où je vivais chez nos ex-colonisateurs.

La première anecdote m'a été rapportée par un ami congolais avec qui j'animais une association africaine dans le cadre de la Mission intérieure de l'Eglise évangélique luthérienne en France : l'Association Afrique-Avenir. Un jour que cet ami se reposait tranquillement chez lui à l'heure où il était censé être à notre bureau, un groupe de femmes congolaises vinrent voir sa femme pour lui proposer d'intégrer un groupe de voleuses « spécialisées » dans les grandes surfaces commerciales. Devant la résistance de cette femme qui invoqua les risques qu'elle prenait si jamais son mari était au courant, nos intrépides congolaises répondirent par un argument sidérant :

Yo, muassi kitoko boye, ondimi ko vivre na moto ya logique ? Bato ya logique bazali na mayele te. Ba zoba, penza. Bolole. Tika kopesa biso ba arguments ya bozoba. Traduction pour ceux qui ne comprennent pas le lingala : " Toi une si belle femme, comment peux-tu accepter de vivre avec un homme qui raisonne selon la logique normale des choses. Ces gens-là qui ont étudié ne sont pas intelligents. Ce sont des vrais étourdis. N'utilises donc pas des arguments d'étourdis pour masquer ton manque de courage pour intégrer notre groupe »).

Grâce à cette anecdote, j'appris ainsi qu'il y avait une différence radicale entre d'une part les « bato ya logique », les intellectuels dont je faisais parti, qui croient qu'il existe une éthique à respecter quand on est accueilli dans un pays étranger dont on doit respecter les lois, et d'autre part les « bato ya mayele », les Congolais « intelligents », qui savent qu'avec les Blancs, il n'y a pas d'éthique possible et qu'il faut leur faire payer la dette coloniale à tout prix, par tous les moyens possibles. J'apprenais aussi que « bato ya logique » sont des étourdis et qu'il ne faut pas se plier à leur logique tandis que « bato ya mayele » sont les seules ressources sur lesquelles le pays doit compter parce qu'ils savent spolier leurs hôtes en détruisant tous les principes moraux dans les relations avec eux.

Jusqu'à ce jour, je me demande si le malheur de notre diaspora n'est pas dans le fait que ce sont les « bato ya mayele », ces compatriotes d'une intelligence sans morale, qui construisent l'image que les autres ont de nous, tandis que les « bato ya logique », s'ils ne subissent pas le phénomène d'involution qui les conduit à rassembler aux autres compatriotes, restent dans l'ombre et au fond d'un inquiétant silence.

La deuxième anecdote qui est gravée dans mon esprit est celle d'un chercheur congolais dont la situation sociale s'était subitement dégradée suite à l'effondrement de l'économie de notre pays au temps de Mobutu et à l'incapacité de notre gouvernement à assumer ses responsabilités financières à l'égard de ses boursiers vivant en Belgique. Alors qu'il croyait que son épouse avait trouvé un petit travail de gardienne de vieilles personnes, il perdit presque l'esprit quand, suite à des informations d'amis proches, il découvrit qu'en fait, sa femme se prostituait et qu'elle s'exposait presque nue dans les vitrines de la gare du Nord à Bruxelles, pour aguicher les clients et gagner ainsi de quoi nourrir sa famille.

La tragédie de cet homme et de cette femme donne une autre idée de l'Europe et des conditions auxquelles elle condamne certains et certaines de nos compatriotes dont le moral se brise et se décompose complètement. Ecrasés dans leur être même par des malheurs inattendus, ces hommes et ces femmes deviennent des loques à l'intérieur de leur personnalité. Ils perdent le sens de la dignité et s'effondrent dans leur humanité. L'image qu'ils donnent du pays se grave dans les esprits des autres et forge chez nos hôtes l'idée qu'ils se font de nous et du poids de notre être.

Depuis que j'ai appris cette tragique histoire qui n'est que l'arbre qui cache la forêt de la prostitution des congolaises en Europe, je crois que beaucoup de membres de notre diaspora souffrent, consciemment ou inconsciemment, d'une véritable inversion du sens des réalités et des valeurs de la vie. Ils sont prêts à tout pour rester en Europe et y vivre, envers et contre tout. Cette inversion conduit le commun de nos expatriés à se comporter selon des principes qui n'ont rien à voir avec l'impératif de défendre l'image de la nation partout dans le monde. Plus grave : une sorte de perversion de l'être s'instaure et devient une pathologie profonde dont tout le monde parle actuellement.

A force de côtoyer l'inversion des valeurs et la perversion de l'être chez nos compatriotes, même les « Bato ya logique » finissent par être entraînés dans la même dynamique pathologique, surtout quand ces « hommes de la logique » se retrouvent dans des situations de précarité, d'exclusion et de désespoir et plongent dans la débrouillardise de survie qui est le lot de beaucoup de Congolaises et Congolais en Europe. Même aux Etats-Unis où les possibilités de s'affirmer sont de loin supérieures à celles de l'Europe, il ne semble pas que la diaspora congolaise échappe vraiment aux phénomène d'inversion et de perversion qui m'ont frappés par leur vigueur pendant mon séjour en Belgique et en France.

Une diaspora d'espérance

Heureusement, il n'y a pas que ce Congo du négatif parmi nos expatriés. Il existe une autre image de notre diaspora : une image positive, rayonnante, passionnante, resplendissante et magnifique, qui pousse à croire que notre pays dispose à l'étranger d'un énorme potentiel humain pour sa renaissance et sa reconstruction.

Sous cet angle, il existe une extraordinaire puissance intellectuelle congolaise partout dans le monde. Trois hommes et une femme en sont des symboles : V.Y. Mudimbe (USA), Elikia M'Bokolo (France), Pius Ngandu Nkashama (USA) et Madiya Faïk-Nzuji (Belgique). Derrière ces personnalités se profile tout un monde de chercheurs, universitaires et créateurs de première importance, dont les ouvres montrent combien il serait aujourd'hui imprudent et précipité de désespérer du Congo et de son avenir. Ce qui me frappe, c'est le fait que tous ces hommes et toutes ces femmes qui vivent loin de notre pays suivent au jour le jour l'évolution de la situation de la Rdc et sont disposés, si l'occasion s'offre, à s'engager clairement et fortement dans la réimagination du destin de notre pays et dans l'invention de son avenir. Il existe aujourd'hui un forum des Congolais de l'Etranger que dirige Tshiyembe Mwayila : je vois dans cette organisation le cadre d'un travail de fond pour la renaissance et la reconstruction du Congo à partir de la sa diaspora. Une organisation du même type existe en Amérique du Nord. Beaucoup d'autres initiatives sont en train de se structurer pour la rupture avec les logiques actuelles de la crise et pour le renouveau des mentalités et des comportements sociaux. Grâce à ses forces de l'intelligence qui existent aujourd'hui partout, une immense espérance s'enfante. Il s'agit actuellement de mieux l'organiser, de mobiliser ses énergies et de vitaliser ses atouts pour la construction d'un Congo de l'espoir.

Il y a lieu d'être frappé aujourd'hui par la qualité des Congolais et Congolaises qui ont travaillé ou qui travaillent encore dans les grandes organisations internationales où leur génie est reconnu dans l'ensemble du génie créateur de grandes intelligences de notre temps. Lorsqu'on connaît la production théorique de Kankwenda Mbaya dans la remise en question des logiques des « marabouts » du développement entretenus par la Banque Mondiale ou le FMI ; lorsqu'on est tant soit peu informé de l'efficacité organisationnelle et de la fécondité productive d'une femme telle que Marie-France Kabedi Malangu au sein de ces mêmes institutions ; lorsqu'on s'est donné la peine de rencontrer nos compatriotes qui, à l'Unicef, à l'Unesco ou dans d'autres structures des Nations Unies, on peut considérer que notre pays dispose de tous les atouts pour maîtriser l'ordre mondial actuel, le remettre en question et le rénover en prenant notre propre sol national comme un laboratoire pour de nouvelles idées d'invention du futur économique du monde.

Au cours du processus électoral que notre nation a douloureusement traversé, nous avons pu nous rendre compte de la présence de fortes personnalités politiques issues de la diaspora congolaise. N'eût été le jeu délirant qui a transformé nos élections en un véritable bobard tragi-comique, nous aurions pu nous rendre compte que parmi les programmes proposés, les meilleurs et les plus solides venaient des hommes comme Alafwele Mbuyi Kalala et Oscar Kashala. Nous n'avons pas pu bénéficier de l'imagination politique et de la richesse humaine que ces hommes venus des Etats-Unis avaient à nous apporter, notamment en matière de gestion organisationnelle d'un pays et de l'intelligence géostratégique des réalités politiques dans un monde où rien ne se fait plus selon les à peu près de l'amateurisme ou les irrationalités et les incohérences des partis politiques sans solidité idéologique ni connaissance profonde du monde tel qu'il est.

Il ne servirait à rien de rappeler ici tout ce que les Congolais de la diaspora ont imposé en matière de la créativité artistique. Tout le monde reconnaît actuellement le génie de Ray Lema et de Lokua Kanza, dont le style a donné au monde une musique congolaise profondément différente de celle de nos tonitruantes stars de premier plan que sont Olomidé, Wemba, Werrasson ou Nyoka. Ces stars seraient-elles d'ailleurs ce qu'elles sont sans le souffle de tous nos talents expatriés. Sait-on aussi que le Coupé Décalé n'aurait pas pris l'envol qu'il a pris et n'aurait pas rayonné comme il rayonne sans la puissance de nos « Atalaku », ces animateurs géniaux dont les cris en lingala et les trépidations furieuses font de ce style de musique une véritable invention ivoiro-congolaise ?

Je voudrais aussi attirer l'attention sur les grands sportifs congolais comme Mutombo Dikembe, Shabani Nonda ou Claude Makelele. Dans leur brillance médiatique et leur maîtrise professionnelle du champ de leurs talents, ils sont des semeurs de rêves dans l'imaginaire de notre jeunesse. Ils libèrent des utopies, forgent des volontés et canalisent des espoirs chez nos jeunes qui pourront un jour ou l'autre s'affirmer eux aussi pour le rayonnement mondial de notre pays dans le futur.

Tous ces Congolais et toutes ces Congolaises sont des signes qui tranchent avec le pessimisme concernant l'avenir de la Rdc. Leur action et leur destin indiquent que notre pays n'est pas condamné à être une nation sans souffle ni perspective de développement et de progrès. Nous ne sommes pas un peuple sans ressorts internes. Au contraire, nous sommes une nation semblable à d'autres nations. Nous sommes même un peu plus que beaucoup d'autres nations si l'on tient compte de toutes les richesses de notre sol, de notre sous-sol et de toutes nos intelligences dispersées dans le monde.

Comment se fait-il donc que tant d'atouts ne se concrétisent pas dans des dynamiques novatrices pour la construction d'une nation à la hauteur de ses propres atouts ? Comment se fait-il que tout donne l'impression d'aller à vau-l'eau chez nous et que nous en soyons encore à affronter sans succès les problèmes vitaux les plus élémentaires : l'eau, l'électricité, l'hygiène, la santé, la nutrition, les infrastructures et l'emploi ? Qu'est-il arrivé à notre intelligence pour qu'elle soit à ce point bloquée dans ses capacités de trouver des solutions aux préoccupations vitales de notre pays ?

Face à ces questions, la tentation est grande de s'acharner à rechercher des causes visibles de notre ruine soit dans la position de notre pays au sein de la géostratégie et de la géopolitique de l'ordre politique international qui nous sont défavorables depuis le règne de Léopold II jusqu'à ce jour, soit dans les tares mentales et organisationnelles qui nous ont rendus apathiques et nous ont plongés dans une léthargie chronique.

Si ces réalités sont telles qu'on les présente aujourd'hui, la vraie question n'est pas de les ressasser indéfiniment dans des jérémiades sans fin, mais de créer des conditions de possibilité pour sortir de la crise dans laquelle elles nous ont précipités.

Une diaspora pour le développement de notre pays La condition sur laquelle j'aimerais attirer notre attention aujourd'hui, c'est le réveil de notre diaspora comme force de promotion du développement de notre pays.

Vous aurez remarqué que parmi les grands noms qui font rayonner l'image de notre pays dans le monde au sein de notre diaspora, il n'y a pas à ce jour de grands industriels, pas d'hommes d'affaires de niveau mondial, pas d'entrepreneurs capables d'entrer en compétition avec des caïmans de grands conglomérats internationaux. Cette absence de notre diaspora sur la scène économique est significative. Elle traduit un état d'esprit : une certaine vision de la richesse et de son utilisation.

Jusqu'ici, on peut noter que les grandes fortunes de notre nation sont essentiellement d'origine politique. Elles sont liées au pillage de nos richesses par une oligarchie que le régime de Mobutu avait constituée. Avec cette classe politiquement créée de toutes pièces, il n'a pas été possible pour nous de produire une véritable élite économique et une énergie de créativité financière ayant une ambition mondiale. Au lieu d'une mentalité de créativité dans ces domaines, notre pseudo élite s'est perdue dans un esprit de thésaurisation qui a plus enrichi les banques étrangères que notre pays. Avec un tel esprit, nous ne pouvions ni disposer des conditions réelles de prospérité dans la compétition mondiale ni nous doter d'une volonté de devenir un pays riche au sens créatif du terme. Tout notre peuple ne pouvait mouler sa vision de l'économie et de la production des richesses que selon le modèle de l'oligarchie mobutiste dans l'étroitesse de ses perspectives. Ce modèle n'a pas été seulement celui du principe du « voler et thésauriser » ou du « piller et mettre en banque » le butin politiquement acquis, mais aussi celui d'accumuler pour dépenser de manière ostentatoire et impressionner le petit peuple que les hommes du pouvoir ont appauvris de fond en comble.

Alors que notre diaspora a pu innover et s'imposer dans le domaine de la pensée, de la créativité artistique et des sports, elle n'a pas eu la même réussite dans le domaine de la créativité artistique. En fait, elle n'a pas de bases mentales pour s'engager économiquement dans la compétition mondiale en vue de rentabiliser nos atouts nationaux pour reconstruire économiquement notre pays. C'est pour cette raison que les entreprises étrangères font main basse sur nos richesses et que les grands conglomérats mondiaux se jettent sur nous comme des oiseaux de proie.

Puisque nos expatriés sont dans des conditions de mieux observer et de mieux apprendre la logique par laquelle s'organise le jeu économique et financier par lequel les pays riches s'imposent dans l'ordre mondial actuel, on devra attendre d'eux une révolution mentale et des initiatives d'une autre dimension que celle des petits hommes d'affaires dont nos musiciens ont pris l'habitude de vanter les fortunes dérisoires. Si nous voulons un développement concret de notre pays aujourd'hui, nous devons savoir qu'une impulsion décisive devra venir de notre diaspora et que celle-ci devrait s'organiser pour se constituer en pôle de puissance, à la manière de la diaspora juive, par exemple. Il ne s'agit plus de s'enfermer dans la logique de petites aides aux familles ou de la récupération de vieilles voitures à envoyer pour vente au pays, mais plutôt d'entrer dans la logique de la construction des fortunes communes pour des projets sur le terrain. Des initiatives de grande envergure devraient être prises dans ce sens. Sans cette dynamique, nous aurons une diaspora qui ne sera d'aucune utilité pour notre nation.

Le deuxième domaine dans lequel la diaspora congolaise devrait s'investir radicalement est celui du renouveau et de l'innovation politique en Rdc. A l'heure actuelle, tous les signaux indiquent qu'une dictature cherche à s'installer par la terreur. Dans un contexte où les gouvernants prennent conscience de leur incompétence, de leurs limites dans la gestion des affaires et de leur incapacité à mener une politique de développement concret et durable, la perspective de dictature est le seul moyen dont ils disposent pour se maintenir au pouvoir et assumer tant soit peu le rôle de marionnettes capables de servir tranquillement les seigneurs qui les agitent. S'il n'y a pas dans la diaspora des réseaux de résistance, de dénonciation et de recherches d'alternatives crédibles, le pays sera bientôt totalement sous le règne d'un kabilisme de fer, comme il fut dans le temps sous la coupe d'un mobutisme de plomb.

Le fait que le président de la République n'ait déjà plus d'autre alternative que le pouvoir dictatorial exercé par son oligarchie est le signe que les dirigeants manquent d'imagination politique. Il faudra que la diaspora, face à notre peuple écrasé par la misère et brisé par le nouveau despotisme tropical qui s'installe, trouve la force de s'organiser et de lutter, non pas par les armes et la violence destructrice, comme le pensent les Congolais de l'Institut Kadhafi en Libye, mais par de nouvelles idées mobilisatrices et par la construction d'organisations politiquement créatives reliés en réseaux de réflexion et d'action, autour de nouveaux leaders qui assument le rôle de réelle alternative, en relation avec les forces de résistance à l'intérieur du pays. J'insiste sur le fait que le combat doit être politique et non militaire. Nous n'avons plus le droit de nous perdre dans de nouvelles guerres qui ne feront que plonger la nation au fond du gouffre et donneraient aux forces de la violence l'occasion de détruire plus encore qu'ils n'ont détruit le pays et de libérer leur voracité prédatrice dont nous connaissons actuellement l'infinie capacité de nuisance. 

La faiblesse de nos dirigeants actuels est politique, psychique et intellectuelle. Leur talon d'Achille, c'est leur déficit de pensée, leur incapacité à se faire prendre au sérieux par notre peuple et leur incurie politico-organisationnelle. Sur ce plan, les forces politiques de la diaspora, si elles s'organisent en un mouvement qui puisse incarner vraiment l'espérance, peuvent conduire la nation à des combats non violents, capables de briser l'étau de la dictature qui se met en place. En clair, il faut amener le peuple congolais à perdre foi en nos dirigeants actuels et à faire ce qui a été fait pour fragiliser Mobutu dans le temps : ignorer complètement le pouvoir politique qui nous gouverne et organiser de nouveaux lieux de politique à la base, aux échelles locales de l'action citoyenne. La diaspora pourra mobiliser intensivement cette base en nourrissant ses ambitions créatrices.

On comprend que la bataille idéologique et l'investissement de l'imaginaire de notre peuple par des structures de production de nouvelles représentations de nous-mêmes sont essentiels. Le pays n'a plus de moteur pour le conduire à penser son avenir et à nourrir son imaginaire en vue de sortir de la misère actuelle qui l'accable. Les forces intellectuelles de la diaspora ont le devoir de nouer des liens d'idées libératrices avec notre peuple grâce à une production intellectuelle et à une animation culturelle à partir des moyens qu'offre aujourd'hui l'espace mondial de diffusion et d'action. Beaucoup d'initiatives existent dans ce domaines : sites sur l'Internet, maisons d'éditions, feuilles d'informations, etc. Ce qu'il convient de faire, c'est de creuser des canaux de travail sur le terrain au pays pour une révolution des esprits. Les églises et les organisations de la société civile peuvent devenir des courroies de transmission entre l'innovation politique de la diaspora et les forces locales de créativité. Plus clairement : il faut gagner la bataille de l'imaginaire dans le contexte actuel où notre peuple comprend de pus en plus que le pouvoir qui nous dirige n'a rien d'autre à offrir que le délire et le vertige d'une nouvelle dictature insensée.

Le dernier domaine sur lequel il est bon d'attirer l'attention de notre diaspora, c'est celui du lobbying auprès de toutes les organisations que le destin du Congo intéresse dans le sens positif du terme. Si notre disposa s'organise au point de devenir une communauté socialement et politiquement significative, capable d'avoir des lobbies efficaces comme le lobby juif au Etats-Unis et en Europe, par exemple, nous pourrons peser sur les politiques étrangères des nos pays hôtes et nouer des liens avec leurs organisations de lutte pour les droits humains. Nous pourrions ainsi montrer à la face du monde ce qu'est réellement le pouvoir qui dirige
la Rdc.

Nous pourrions aussi avoir un impact décisif sur les opinions publiques d'Europe et d'Amérique afin de montrer la vraie face du soutien que leurs gouvernements apportent à la dictature naissance en Rdc. Lobbying et action sur l'opinion publique seraient ainsi des leviers pour détruire dans l'ouf les velléités de despotisme tropical qui agitent l'esprit de Kabila Kabange et de ses faucons assoiffés de violence, de sang et de pouvoir absolu.

Conclusion

Face à la situation globale de notre pays, j'interpelle donc toutes les forces vives de la diaspora congolaise pour une action de transformation profonde de l'image du Congolais et du Congo à l'étranger. J'en appelle à leur attachement au pays pour que naissent des mouvements d'engagement politique, d'investissement économique, d'animation culturelle, de plaidoyer efficace et d'impact sur l'opinion publique à l'étranger en vue de faire vivre une alternative crédible à la ligne politique qui s'impose en Rdc aujourd'hui. Si un travail de fond ne se fait pas dans ce sens dès maintenant, qu'on ne s'étonne pas quand notre nation deviendra bientôt une nation d'esclaves et d'abrutis. Est-ce là l'avenir que nous voulons ?

© Kä Mana,
Philosophe et théologien congolais

Posté par CDF Afrique à 18:58 - Congo (RDC) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Site internet de l'Archidiocèse de Kinshasa

Mgr_NlanduL'archidiocèse de Kinshasa, en République Démocratique du Congo, RDC, a ouvert son site auquel toute personne peut accéder par cette adresse :  www.archikinshasa.org

Le mot de bienvenu dans le site Internet a été fait par l'administrateur apostolique de Kinshasa, Mgr Daniel Nlandu Mayi

Une sorte de portail domine ce site à son beau milieu comportant le mot de bienvenue de l'administrateur apostolique de Kinshasa, Mgr Daniel Nlandu Mayi. Le prélat affirme dans son mot entre autre ce qui suit : "(…) Notre site internet de l'Eglise de Dieu qui est à Kinshasa veut être le lieu de communion avec notre diocèse pour tant d'hommes et de femmes en vivant des moments de prière, de réflexions et de fraternité."

Ce portail est supplanté par le logo du site dont le soubassement pour ainsi dire est constitué par les 6 grands ensembles ou "plages" dénommés "Archidiocèse" (administration apostolique, évêques auxiliaires, etc.), "Centre pastoral Lindonge", "Paroisses" (régions apostoliques Kin-Est, Kin- Ouest et Kin-centre), "Oeuvres diocésaines", "Agenda" (sanctuaire, conseils diocésains, etc.) et "Historique" (archidiocèse, cardinaux Malula et Etsou…).

De part et d'autre du grand "encart" avec le mot de bienvenue de Mgr l'administrateur apostolique, le site a reparti des "fenêtres" sur les congrégations, l'évêque ("l'évêque nous parle), la spiritualité, les réflexions pastorales, les documents, les informations et les nouvelles publications. Ces fenêtres concernent aussi les événements, les mouvements d'action catholique, le Bureau diocésain des œuvres médicales, le personnel ecclésiastique et la carte de l'archidiocèse.

Sur le site des "fenêtres" offrent d'utiles renseignements sur les séminaires (ordination des diacres), le Centre Nganda, les nouvelles de l'Eglise, la préparation du dimanche, les messes, les informations pratiques, la Radio Elikya, etc. à ceux qui accèdent au nouveau site ("Nous écrire"). A la base du portail ont été prévus les espaces réservés à la clôture de l'année pastorale 2006/2007, aux ordinations diocésaines du 15 juillet 2007, à la Commission diocésaine Justice et paix, au message des évêques de la RDC et aux hommages "à nos morts " (le cardinal Etsou, Mgr l'évêque émérite de Buta Mbali, les pères scheutistes Du Vernay et Mambu).

Posté par CDF Afrique à 16:37 - Congo (RDC) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Retour de Jean-Pierre Bemba Gombo : l'Union africaine et l’Union européenne s’impliquent

bemba_6Les prochains jours seront fertiles en rebondissement pour la République démocratique du Congo

La recherche d’une solution politique tant en ce qui concerne la situation à l’Est du pays que pour le retour au pays du sénateur Jean-Pierre Bemba est très suivie au plan tant interne qu’externe. En ce qui concerne le président national du Mouvement de libération du Congo, un véritable chassé-croisé diplomatique est engagé auprès des chefs d’Etat africains et au sein de l’Union européenne.

Le compte à rebours a commencé pour le retour de Jean-Pierre Bemba, sénateur et président national du Mouvement  de libération du Congo, MLC. Conformément au Règlement intérieur du Sénat, Jean-Pierre Bemba devra regagner le pays au plus tard le 15 septembre. Cette date est celle de la rentrée parlementaire pour la session ordinaire du mois d’octobre.

Or, il se fait que le sénateur Jean-Pierre Bemba, ayant quitté Kinshasa, le 11 avril 2007, n’a jamais participé à une quelconque session ordinaire du Sénat. Certes, il s’est rendu au Portugal pour des raisons de santé, avec l’autorisation du Bureau provisoire du Sénat. Et ce pour une durée de 60 jours qui a été prolongé et pris fin le 30 juillet. C’est donc à partir de ce 15 septembre, avec la rentrée parlementaire, que le Bureau du Sénat aura à constater son absence, s’il advenait qu’il ne rentrait pas. Devant cette hypothèse, le Bureau du Sénat sera bien obligé de constituer une commission spéciale afin d’examiner son cas car, à partir de ce moment Bemba aura totalisé deux sessions ordinaires d’absence.

Du Portugal où il séjourne en ces moments, Jean-Pierre Bemba s’impatiente et multiplie des appels. Il tient à rentrer. Bien entendu qu’il continue à poser des conditions sur sa sécurité et veut être rassuré avant de débarquer à nouveau à Kinshasa.

Il est un fait que le président national du Mlc est conscient de la suite des évènements dans l’hypothèse où il n’assisterait pas à la prochaine session ordinaire du Sénat. Vraisemblablement qu’il sera déchu de son immunité parlementaire et exposé à des poursuites judiciaires dès lors que l’épée de Damoclès continue à être suspendue sur sa tête. Et ce, en rapport avec les incidents tragiques du mois de mars 2007, en plus de la procédure engagée depuis Bangui au regard des événements qui se sont produits à l’époque de Patassé. Soit. Par ces temps qui courent, c’est le retour hypothétique de Bemba qui est au centre de plusieurs entretiens tant à Kinshasa qu’à l’extérieur du pays.

Ua et l’Ue : la facilitation

louis_michel Evidemment, le sénateur Jean-Pierre Bemba est en train de prendre la mesure de ce qui pourrait se passer. D’où les démarches qu’il vient d’entreprendre auprès de certains chefs d’Etat africains afin qu’ils intercèdent et obtiennent des assurances du président de
la République pour son retour au pays.

Certes, l’on ignore les chefs d’Etat qu’il aurait contactés. Mais il ne fait l’ombre d’aucun doute que les présidents Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso, Edouardo Dos Santoset Thabo Mbeki figureraient parmi les chefs d’Etat africains auprès de qui il aurait sollicité leur facilitation. On n’exclut pas non plus le Colonel Mouammar Kadhafi qui entretient de bonnes relations tant avec son homologue congolais, Joseph Kabila, que le sénateur Bemba.

Certainement que le président de
la Commission africaine, Omar Konare, est également saisi en vue de faciliter une solution politique heureuse. D’une façon générale, l’Union africaine, autant que l’Onu, est saisie en vue d’une solution africaine durable pour ne pas perturber le processus politique en République démocratique du Congo.

Quant à l’Union européenne, elle a reçu un rapport de Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire. Pas plus tard qu’au mois de juillet dernier, Louis Michel s’était rendu à Faro, au Portugal, en vue de rencontrer le sénateur Jean-Pierre Bemba. Après les entretiens, le président national du MLC a pris des engagements de n’entreprendre aucune action militaire visant à déstabiliser les institutions en place. Bien plus, il reconnaît ces institutions et souhaite rentrer au pays poursuivre son exercice politique dans une opposition républicaine.

A Kinshasa, Louis Michel s’était entretenu avec le chef de l’Etat, Joseph Kabila. Sa démarche consistait à obtenir du président de
la République des assurances sur un retour sans problème de son adversaire politique principal. Par ricochet, l’abandon des poursuites judiciaires dans l’hypothèse où elles seraient maintenues.

Aussitôt rentré en Europe, Louis Michel a adressé son rapport aux 27 pays européens. Cette implication se justifie par le fait que l’Union européenne a pris une part active à l’organisation des élections en RDC. Tout dérapage concerne au plus haut point l’Union européenne et pourrait être interprété comme un échec de sa contribution.

L’Union européenne a donc toutes les raisons de s’inquiéter et d’offrir sa méditation pour éviter le moindre dérapage significatif qui influerait négativement sur le processus politique actuellement en cours. Comme on peut le constater, chaque partie s’emploie à manoeuvrer habilement dans le but d’éviter les récifs.

Le schéma ivoirien

alpha_oumar_konare Que Bemba prenne la communauté nationale et internationale à témoin, cela ne constitue nullement un point positif. Telle éventualité signifierait que toutes les initiatives ont échoué, ouvrant ainsi la porte à la moindre opportunité aux conséquences imprévues. Ce qui se traduirait par un retour à la case départ avec ce spectre de la 3ème guerre en République démocratique du Congo au regard de la situation préoccupante à l’Est.

Cependant, la question fondamentale est celle de savoir si en cas d’échec, à qui l’on ferait porter le chapeau, et pour qui l’Union africaine et l’Union européenne joueraient ? Tout le problème de la suite des événements se situe à ce niveau. En fait, tout doit être mis en œuvre pour que l’on ne ressuscite point la rivalité « Mobutu – Tshisekedi », à travers « Kabila-Bemba ».

Les choses ont évolué. Bemba soupçonné jusque-là de radical, désarmé, s’attire subitement la sympathie maintenant de certains partenaires extérieurs

Bemba_cartoon_2

Serait-ce une autre lecture du processus politique en RDC que l’on est en train de faire ? La question reste posée.

En attendant, il serait préférable de jouer le « schéma ivoirien » dans le but d’éviter d’autres situations inextricables. En effet, dans un élan patriotique, Laurent Gabgbo et Guillaume Soro ont supplanté tout le monde pour signer la paix des braves.

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est engagée sur la voie irréversible de réconciliation nationale, loin de toute influence extérieure. Si c’est le prix à payer, il revient au président de la République et au sénateur Jean-Pierre Bemba de jouer franc jeu. La patrie leur en sera reconnaissante.

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RDC : Le Conseil de sécurité accuse …

soldats_nkunda_bukavuMenace de confrontation militaire à l’Est :
© Le Potentiel, le 26 juillet 2007

Les inquiétudes persistent sur une éventuelle reprise des hostilités en République démocratique du Congo.

La IIIème guerre pointe déjà à l’horizon et tout se passe comme si le décor était déjà planté. Dans sa dernière déclaration, le président du Conseil de sécurité lance un dernier rappel à l’ordre et désigne d’un doigt accusateur le gouvernement de Kinshasa, le général dissident Nkunda et les pays voisins de la RDC, connus pourtant sans qu’il les cite. Fuite en avant de la part de l’Onu, désengagement de la Communauté internationale devant des turpitudes alors que l’Onu est co-responsable dans cette démarche de la restauration de la paix et de la sécurité en RDC ainsi que dans la région ? 

« Le Conseil invite le gouvernement à mettre au point, en collaboration étroite avec la Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc), un plan global pour garantir la sécurité dans l’Est du pays, notamment en accomplissant de nouveaux progrès dans le désarmement, la démobilisation et la réintégration des combattants congolais et le désarmement, la démobilisation, le rapatriement, la réinstallation et la réintégration des combattants étrangers, ainsi qu’en mettant fin à l’impunité, en promouvant la réconciliation, la cohésion sociale, le relèvement et le développement dans la région ». Ces propos sont ceux du président du Conseil de sécurité contenus dans sa déclaration du 23 juillet.

Déclaration qui relève des insuffisances dans l’action du gouvernement dans la perspective de ramener effectivement la paix au Kivu. Le Conseil de sécurité tient à démontrer ainsi à la face du monde qu’il revient en premier lieu au gouvernement congolais, et à lui seul, d’assurer la sécurité sur son territoire, de s’impliquer positivement dans l’opération de démobilisation, désarmement et réinsertion, de promouvoir la réconciliation nationale, la cohésion sociale et de relancer le développement du pays. Le Conseil de sécurité s’empresse ici de mettre le gouvernement congolais devant ses responsabilité s pour que les choses soient bien dites et comprises.

En plus, le Conseil de sécurité accuse le gouvernement congolais de ne pas proposer « un plan global de collaboration étroite avec la Monuc pour garantir la sécurité dans l’Est du pays ». Accusation grave, comme si le Conseil de sécurité venait de prendre note de la passivité du gouvernement congolais à ne pas résoudre dans l’immédiat cette question d’insécurité. Aussi, s’empresse-t- il de se donner de la voix et de « laver les mains » pour qu’en cas de confrontation militaire, avec des effets d’entraînement sur toute la région, le gouvernement congolais en assume la responsabilité devant la Communauté internationale.

Nkunda et le Rwanda accusés aussi

Rwanda_abdul_ruzibiza1Poursuivant dans le même élan, comme s’il voulait se disculper avant que les choses ne se gâtent, le Conseil de sécurité accuse également Nkunda et le Rwanda. « Le Conseil s’inquiète vivement du recrutement de combattants, y compris d’enfants, en violation du droit international applicable, à l’intérieur et en dehors de la République démocratique du Congo, en particulier par le forces fidèles à Laurent Nkunda.

Le Conseil engage les Etats voisins concernés à faciliter davantage la réinsertion effective des ex-combattants rentrant dans leur pays et à empêcher toute activité de recrutement sur leur territoire. Il reconnaît que de bonnes relations régionales, en particulier entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, sont un facteur important pour résoudre la crise dans les Kivu », précise encore le président du Conseil de sécurité dans cette même déclaration.

Les choses sont claires. L’Onu est bien informée que Laurent Nkunda continue à recruter des combattants, non pas seulement à l’intérieur de la RDC, mais également dans un pays voisin, le Rwanda en l’occurrence. Malheureusement, le même Conseil de sécurité n’évoque aucune sanction, bien qu’il ait brandi la violation du droit international, contre Laurent Nkunda. Moins encore à l’endroit du Rwanda qui est en train de violer également le droit international, en plus de la Charte de sécurité, de stabilité et de développement de la région des Grands Lacs qui l’est également violée. Le Conseil de sécurité laisse faire, peut-être par complaisance, préférant s’acharner contre le gouvernement congolais, convaincu certainement de « l’absence d’un leadership fort ».

La paix ou rien !

Evidemment, le gouvernement congolais est placé ici devant ses responsabilité s. Quoi que l’on dise, il est condamné à relever le défi. Le Conseil de sécurité le fait savoir sans état d’âme. En aurait-il marre des turpitudes du gouvernement congolais ? Possible.

Il est vrai qu’il existe réellement une divergence d’approches pour ramener la paix au Kivu entre le gouvernement congolais et l’Onu soutenue par des partenaires extérieurs qui viennent d’accréditer la thèse de l’International Crisis Group. C’est-à-dire qu’il faut donner des signaux forts d’un leadership fort au sommet de l’Etat et de s’engager dans la voie du dialogue pour une solution politique. Le recours à la solution militaire ne peut être envisagée que dans un contexte international sous l’égide de  la Monuc et des pays de l’Union européenne dans l’évidence où la faiblesse des FARDC en pleine restructuration ne peut conduire à une victoire militaire. La mise en place d’un « Plan global de désarmement » des groupes armés achoppe justement à ce niveau.

Il n’empêche que le Conseil de sécurité ne doit nullement se dédouaner, ni se disculper en ces moments précis. A cause justement du caractère dubitatif de certains de ses membres pour reconnaître l’agression contre la RDC, la crise congolaise a mis autant de temps que tout le monde connaît pour parvenir à un compromis. Preuve incontestable que la crise en RDC est au centre des intérêts régionaux et internationaux.

Voilà que l’on ré-assiste quasiment à un même scénario que celui qui a précédé les deux premières guerres d’agression contre  la RDC. Comment interpréter autrement ce traitement de faveur à l’endroit de certaines personnalités qui font déjà l’objet d’un mandat d’arrêt international et quelques Etats de la région, si ce n’est que la politique de deux poids, deux mesures ? Scénario qui intervient toujours curieusement au moment où les bruits de bottes au Kivu annoncent déjà le déclenchement d’une troisième guerre en République démocratique du Congo.

Et pourtant, le Conseil de sécurité, en sa qualité de co-partenaire de paix et de développement, sait pertinemment bien qu’en ces instants cruciaux, il n’y a qu’une alternative : la paix ou rien. C’est le défi à relever ensemble avec le gouvernement congolais.

Posté par CDF Afrique à 10:42 - Congo (RDC) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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