12 août 2007
Le message prémonitoire des Indiens d'Amérique
Le destin des Indiens d'Amérique annonçait celui de
l'ensemble des habitants de la planète qui assistent impuissants à la
destruction de leur environnement, après la confiscation de leur espace et de
leurs ressources.
"Nous avons
toujours eu beaucoup; nos enfants n'ont jamais pleuré de faim, notre peuple n'a
jamais manqué de rien... Les rapides de Rock River nous fournissaient un
excellent poisson, et la terre très fertile a toujours porté de bonnes récoltes
de maïs, de haricots, ce citrouilles, de courges... Ici était notre village
depuis plus de 100 ans pendant lesquels nous avons tenu la vallée sans qu'elle
nous fût jamais disputée. Si un prophète était venu à notre village en ce
temps-là nous prédire ce qui allait advenir, et ce qui est advenu, personne
dans le village ne l'aurait cru." Black Hawk, chef indien
"Nous aimons la
tranquillité; nous laissons la souris jouer en paix; quand les bois frémissent
sous le vent, nous n'avons pas peur." Chef indien au gouverneur de Pennsylvanie en
1796
"Nous le savons: la terre
n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre. Nous le
savons: toutes choses sont liées. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils
de la terre. L'homme n'a pas tissé
la toile de la vie, il n'est qu'un fil de tissu. Tout ce qu'il fait à la toile,
il le fait à lui-même." Seattle, chef indien Suquamish
"Le Lakota était empli de compassion
et d'amour pour la nature, et son attachement grandissait avec l'âge. (...)
C'est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester
séparés des forces de vie. S'asseoir ou s'allonger ainsi leur permettait de
penser plus profondément, de sentir plus vivement. Ils contemplaient alors avec
une plus grande clarté les mystères de la vie et se sentaient plus proches de
toutes les forces vivantes qui les entouraient. Le vieux Lakota était un sage.
Il savait que le coeur de l'homme éloigné de la nature devient dur. Il savait
que l'oubli du respect dû à tout ce qui pousse et à ce qui vit amène également
à ne plus respecter l'homme. Aussi maintenait-il les jeunes sous la douce
influence de la nature." Standing Bear, chef Lakota (Sioux)
"Nous voyons la
main du Grand Esprit dans presque tout: le soleil, la lune, les arbres, le vent
et les montagnes; parfois nous l'approchons par leur intermédiaire. (...) Nous
croyons en l'Etre Suprême, d'une foi bien plus forte que celle de bien des
Blancs qui nous ont traité de païens... Les Indiens vivant près de la nature et
du Maître de la nature ne vivent pas d'ans l'obscurité. Saviez-vous que les
arbres parlent? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et vous
parleront si vous écoutez. L'ennui avec les Blancs, c'est qu'ils n'écoutent
pas ! Ils n'ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu'ils
n'écouteront pas non plus les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres
m'ont beaucoup appris: tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur
le Grand Esprit." Tatanga Mani (ou Walking
Buffalo), indien Stoney (Canada)
"Les Blancs se
moquent de la terre, du daim ou de l'ours. Lorsque nous, Indiens, cherchons les
racines, nous faisons de petits trous. Lorsque nous édifions nos tipis, nous
faisons de petits trous. Nous n'utilisons que le bois mort. L'homme blanc, lui,
retourne le sol, abat les arbres, détruit tout. L'arbre dit « Arrête, je
suis blessé, ne me fais pas mal ». Mais il l'abat et le débite. L'esprit
de la terre le hait. Il arrache les arbres et les ébranle jusqu'à leurs
racines. Il scie les arbres. Cela leur fait mal. Les Indiens ne font jamais de
mal, alors que l'homme blanc démolit tout. Il fait exploser les rochers et les
laisse épars sur le sol. La roche dit « Arrête, tu me fais mal ».
Mais l'homme blanc n'y fait pas attention. Quand les Indiens utilisent les
pierres, ils les prennent petites et rondes pour y faire leur feu... Comment
l'esprit de la terre pourrait-il aimer l'homme blanc?... Partout où il la
touche, il y laisse une plaie." Vieille sage Wintu (Indiens de Californie)
"Je peux me
rappeler l'époque où les bisons étaient si nombreux qu'on ne pouvait les
compter, mais les Wasichus (hommes blancs) les ont tués tant et tant qu'il ne
reste que des carcasses là où ils venaient paître auparavant. Les Wasichus ne
les tuaient pas pour manger; ils les tuaient pour le métal qui les rend fous et
ils ne gardaient que la peau pour la vendre. Parfois ils ne les dépeçaient même
pas. Ils ne prenaient que les langues et j'ai entendu parler de bateaux-de-feu
descendant le Missouri chargés de langues de bison séchées. Parfois ils ne
prenaient même pas les langues; ils les tuaient simplement pour le plaisir de
tuer. Ceux qui ont fait cela étaient des fous. Quand nous chassions le bison,
nous ne le faisions que selon nos besoins." Hehaka Sapa, grand chef Sioux
"Vous avez
remarqué que toute chose faite par un indien est dans un cercle. Nos tipis
étaient ronds comme des nids d'oiseaux et toujours disposés en cercle. Il en
est ainsi parce que le pouvoir de l'Univers agit selon des cercles et que toute
chose tend à être ronde. Dans l'ancien temps, lorsque nous étions un peuple
fort et heureux, tout notre pouvoir venait du cercle sacré de la nation, et
tant qu'il ne fut pas brisé. Tout ce que fait le pouvoir de l'Univers se fait
dans un cercle. Le ciel est rond et j'ai entendu dire que la terre est ronde
comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi. Les oiseaux font leur
nid en cercle parce qu'ils ont la même religion que nous. Le soleil s'élève et
redescend dans un cercle, la lune fait de même, et tous deux sont rond. Même
les saisons forment un grand cercle dans leur changements et reviennent
toujours là où elles étaient. La vie de l'homme est dans un cercle de l'enfance
jusqu'à l'enfance, et ainsi en est-il pour chaque chose où l'énergie se
meut." Hehaka Sapa, ou Black Elk, indien Oglala, branche des Dakotas (Sioux)
"La vie dans un tipi est bien meilleure.
Il est toujours propre, chaud en hiver, frais en été, et facile à déplacer.
L'homme blanc construit une grande maison, qui coûte beaucoup d'argent,
ressemble à une grande cage, ne laisse pas entrer le soleil, et ne peut être
déplacée; elle est toujours malsaine. Les Indiens et les animaux savent mieux
vivre que l'homme blanc. Personne ne peut être en bonne santé sans avoir en
permanence de l'air frais, du soleil, de la bonne eau. Si le Grand Esprit avait
voulu que les hommes restassent à un endroit, il aurait fait le monde immobile;
mais il a fait qu'il change toujours, afin que les oiseaux et les animaux
puissent se déplacer et trouver toujours de l'herbe verte et des baies mures. L'homme
blanc n'obéit pas au Grand Esprit. C'est pourquoi nous ne pouvons être d'accord
avec lui." Flying Hawk, chef Sioux du clan des Oglalas
"Les vastes
plaines ouvertes, les belles collines et les eaux qui serpentent en méandres
compliqués n'étaient pas « sauvages » à nos yeux. Seul l'homme blanc
trouvait la nature sauvage, et pour lui seul la terre était
« infestée » d'animaux « sauvages » et de peuplades
« sauvages ». A nous, la terre paraissait douce, et nous vivions
comblés des bienfaits du Grand Mystère. Elle ne nous devint hostile qu'à
l'arrivée de l'homme barbu de l'Est qui nous accable d'injustices insensées et
brutales." Standing Bear, chef Lakota (Sioux)
"Notre terre vaut
mieux que de l'argent. Elle sera toujours là. Elle ne périra pas, même dans les
flammes d'un feu. Aussi longtemps que le soleil brillera et que l'eau coulera,
cette terre sera ici pour donner vie aux hommes et aux animaux. Nous ne pouvons
vendre la vie des hommes et des animaux. C'est pourquoi nous ne pouvons vendre
cette terre. Elle fut placée ici par le Grand Esprit et nous ne pouvons la
vendre parce qu'elle ne nous appartient pas." Chef indien Blackfeet (Pieds-Noirs)
"Mes jeunes gens
ne travailleront jamais. Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la
sagesse nous vient des rêves." Smohalla, chef indien Sokulls
"Le Grand Esprit
nous a donné une vaste terre pour y vivre, et des bisons, des daims, des
antilopes et autres gibier. Mais vous êtes venus et vous m'avez volé ma terre.
Vous tuez mon gibier. Il devient dur alors pour nous de vivre. Maintenant vous
nous dites que pour vivre, il faut travailler. Or le Grand Esprit ne nous a pas
fait pour travailler, mais pour vivre de la chasse. Vous autres, hommes blancs,
vous pouvez travailler si vous le voulez. Nous ne vous gênons nullement. Mais à
nouveau vous nous dites « pourquoi ne devenez-vous pas civilisés? »
Nous ne voulons pas de votre civilisation ! Nous voulons vivre comme le
faisaient nos pères et leurs pères avant eux." Crazy Horse, grand chef Sioux
du clan Oglalas
"Vous êtes déjà
si misérables que vous ne pouvez le devenir plus. Quels genre d'homme doivent
être les Européens? Quelle espèce de créature choisissent-ils d'être, forcés de
faire le bien et n'ayant pour éviter le mal d'autre inspiration que la peur de
la punition? (...) L'homme n'est pas seulement celui qui marche debout sur ses
jambes, qui sait la lecture et l'écriture et montrer mille exemples de son
industrie ... En vérité mon cher frère, je te plains du plus profond de mon
âme. Suis mon conseil et devient Huron. Je vois clairement la profonde
différence entre ma condition et la tienne. Je suis le maître de ma condition.
Je suis le maître de mon corps, j'ai l'entière disposition de moi-même, je fais
ce qui me plaît, je suis le premier et le dernier de ma nation, je ne crains
absolument aucun homme, je dépends seulement du Grand Esprit.
"Les hommes
blancs annonçaient bien haut que leurs lois étaient faites pour tout le monde,
mais il devint tout de suite clair que, tout en espérant nous les faire
adopter, ils ne se gênaient pas pour les briser eux-mêmes. Leurs sages nous
conseillaient d'adopter leur religion mais nous découvrîmes vite qu'il en
existant un grand nombre. Nous ne pouvions les comprendre, et deux hommes
blancs étaient rarement d'accord sur celle qu'il fallait prendre. Cela nous
gêna beaucoup jusqu'au jour où nous comprîmes que l'homme blanc ne prenait pas
plus sa religion au sérieux que ses lois. Ils les gardait à portée de la main,
comme des instruments, pour les employer à sa guise dans ses rapports avec les
étrangers." Pachgantschilhilas, chef des Delawares
"Chaque année
notre envahisseur blanc devient plus avide, exigeant, oppressif et autoritaire...
La misère et l'oppression, tel est le lot qui nous échoit... Ne sommes-nous pas
dépouillés jour après jour du peu de liberté qui nous reste ? A moins que
les tribus ne se liguent unanimement pour modérer les ambitions et l'avidité
des Blancs, ils nous auront bientôt tous conquis et désunis, nous serons
chassés de notre pays natal et éparpillés comme les feuilles d'automne par le
vent." Tecumseh, chef Shawnee, en 1812
"Nous ne voulons
pas des chariots de feu qui font du bruit (trains à vapeur) sur les terrains de
chasse au bisons. Si les Visages Pâles s'avancent encore sur nos terres, les
scalps de vos frères seront dans les wigwams des Cheyennes. J'ai
dit !" Roman Nose, chef-guerrier des Cheyennes, s'adressant au général Palmer
en 1866 dans le Kansas
"Regardez mes
frères, le printemps est venu, la terre a reçu les baisers du soleil et nous verrons
bientôt les fruits de cet amour. Chaque graine est éveillée, et de même, tout
animal est en vie. C'est à ce pouvoir mystérieux que nous devons nous aussi
notre existence. C'est pourquoi nous concédons à nos voisins, même nos voisins
animaux, autant de droit qu'à nous d'habiter cette terre. Cependant écoutez-moi
mes frères, nous devons maintenant compter avec une autre race, petite et
faible quand nos pères l'ont rencontrée pour la première fois, mais
aujourd'hui, elle est devenue tyrannique. Fort étrangement, ils ont dans
l'esprit la volonté de cultiver le sol, et l'amour de posséder est chez eux une
maladie. Ce peuple a fait des lois que les riches peuvent briser mais non les
pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir
les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour
eux seuls et ils se barricadent contre leurs voisins. Ils défigurent la terre
avec leurs constructions et leurs rebuts. Cette nation est comme le torrent de
neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage." Tatanka
Yotanka, ou Sitting Bull, grand chef Sioux
"Frère, notre
territoire était grand et le vôtre était petit. Vous êtes maintenant devenus un
grand peuple, et il nous reste à peine l'espace pour étendre nos couvertures.
Vous avez notre pays, mais cela ne vous suffit pas. Vous voulez nous forcer à
épouser votre religion. Frère, continue à écouter. Tu te dis envoyé ici pour
nous apprendre à rendre le culte au Grand Esprit d'une manière qui lui soit
agréable. Et tu prétends que si nous n'adoptons pas la religion que vous les
Blancs vous prêchez, nous seront malheureux ici-bas. Tu dis être dans le vrai
et que nous sommes perdus. Comment pourrions-nous vérifier la vérité de tes
paroles? (...) Frère, tu dis qu'il n'y a qu'une seule façon d'adorer et de
servir le Grand Esprit. Si il n'y a qu'une religion, pourquoi le peuple blanc
est-il si partagé à ce sujet? Nous savons que votre religion est écrite dans un
livre. Pourquoi n'êtes-vous pas tous d'accord, si vous pouvez tous lire le
livre ? Frère, nous ne comprenons pas ces choses. On nous dit que ta religion a
été donnée à tes ancêtres, et s'est transmise de père en fils. Nous aussi nous
avons une religion que nos ancêtres ont reçue et nous ont transmise, à nous,
leurs enfants. Nous rendons le culte de cette manière. Il nous apprend à être
reconnaissants pour toutes les faveurs que nous recevons, à nous aimer les uns
les autres et à être unis. Nous ne nous querellons jamais à propos de religion
parce que c'est un sujet qui concerne chaque homme devant le Grand
Esprit." Sa-go-ye-wat-ha, ou Red Jacket, chef Seneca (Iroquois) et grand orateur
des Six Nations
"J'assiste avec
tristesse au déclin de notre noble race. Nos pères étaient forts et leur
pouvoir s'étendait sur tout le continent américain. Mais nous avons été réduits
et brisés par la ruse et la rapacité de la race à peau blanche. Nous sommes
maintenant obligés de solliciter, comme une aumône, le droit de vivre sur notre
propre terre, de cultiver nos propres terres, de boire nos propres sources. Il
y a de nombreux hivers, nos sages ancêtres ont prédit qu'un grand monstre aux
yeux blancs viendrait de l'Est, et qu'eu fur et à mesure qu'il avancerait il
dévorerait la terre. Ce monstre, c'est la race blanche, et la prédiction est
proche de son accomplissement." O-no'-sa, chef indien
"Le changement du
costume tribal pour celui de l'homme blanc fut brutal. Les effets sur la santé
et le confort des enfants furent considérables. Notre premier grief fut d'avoir
les cheveux coupés. Les hommes Lakotas ont toujours porté les cheveux longs.
Plusieurs jours après avoir été tondus, nous nous sommes sentis bizarres et mal
à l'aise. Si l'argument avancé était vrai, à savoir l'élimination des poux,
pourquoi les filles n'avaient-elles pas subi le même traitement que les
garçons ?
"Les Wasichus
nous ont mis dans ces boites carrées (maisons), notre pouvoir s'en est allé et
nous allons mourir parce que le pouvoir n'est plus en nous. Nous sommes des
prisonniers de guerre tant que nous attendons ici. Mais il y a un autre monde."Hehaka, ou Black Elk (Wapiti Noir), indien Sioux
"Enfant, je savais
donner. J'ai perdu cette grâce en devenant civilisé. Je menais une existence
naturelle, alors qu'aujourd'hui je vis de l'artificiel. Le moindre joli caillou
avait de la valeur à mes yeux. Chaque arbre était un objet de respect.
Aujourd'hui, j'admire avec l'homme blanc un paysage peint dont la valeur est
exprimée en dollars !" Chiyesa, écrivain indien contemporain
"Je suis allé à
l'école des hommes blancs. J'y ai appris à lire leurs livres de classe, les
journaux et la bible. Mais j'ai découvert à temps que cela n'était pas
suffisant. Les peuples civilisés dépendent beaucoup trop de la page imprimée.
Je me tournai vers le livre du Grand Esprit qui est l'ensemble de sa création.
Vous pouvez lire une grande partie de ce livre en étudiant la nature. Si vous
preniez tous vos livres et les étendez sous le soleil, en laissant pendant
quelque temps la pluie, la neige et les insectes accomplir leur oeuvre, il n'en
restera plus rien. Mais le Grand Esprit nous a fourni la possibilité, à vous et
à moi, d'étudier à l'université de la nature les forêts, les rivières, les
montagnes, et les animaux dont nous faisons partie." Tatanga Mani (ou Walking Buffalo), indien
Stoney (Canada)
"L'homme blanc,
dans son indifférence pour la signification de la nature, a profané la face de
notre Mère la Terre.
L'avance technologique de l'homme blanc s'est révélée comme
une conséquence de son manque d'intérêt pour la voie spirituelle, et pour la
signification de tout ce qui vit. L'appétit de l'homme blanc pour la possession
matérielle et le pouvoir l'a aveuglé sur le mal qu'il a causé à notre Mère a Terre, dans sa recherche de
ce qu'il appelle les ressources naturelles. Et la voie du Grand Esprit est
devenue difficile à voir pour presque tous les hommes, et même pour beaucoup
d'Indiens qui ont choisi de suivre la voie de l'homme blanc. Aujourd'hui, les
terres sacrées où vivent les Hopis sont profanées par des hommes qui cherchent
du charbon et de l'eau dans notre sol, afin de créer plus d'énergie pour les
villes de l'homme blanc. On ne doit pas permettre que cela continue. Sans quoi
notre Mère, la Nature
réagirait de telle manière que presque tous les hommes auraient à subir la fin
qui a déjà commencé. Le Grand Esprit a dit qu'on ne devait pas laisser cela
arriver, même si la prédiction en a été faite à nos ancêtres. Le Grand Esprit a
dit de ne pas prendre à la terre, de ne pas détruire les choses vivantes. Aujourd'hui,
presque toutes les prophéties
se sont réalisées. Des routes grandes comme des rivières traversent le paysage;
l'homme parle à travers un réseau de téléphone et il voyage dans le ciel avec
ses avions. Deux grandes guerres ont été faites par ceux qui arborent le
swastika ou le soleil levant. Le Grand Esprit a dit que si une gourde de
cendres était renversée sur la terre, beaucoup d'hommes mourraient, et que la
fin de cette manière de vivre était proche. Nous interprétons cela comme les
bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki. Nous ne voulons pas que
cela se reproduise dans aucun autre pays pour aucun autre peuple; cette énergie
devrait servir à des fins pacifiques, non pour la guerre. Nous, les chefs
religieux et porte-parole légitimes du peuple indépendant des Hopis, avons été
chargés par le Grand Esprit d'envoyer au président des Etats-Unis et à tous les
chefs spirituels une invitation à nous rencontrer pour discuter du salut de
l'humanité, afin que la Paix,
l'Unité et la Fraternité
règnent partout où il y a des hommes." Lettre des Indiens Hopis au
président Nixon en 1970
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