12 août 2007
Le complot de N’kundabatware toléré
Cessation des hostilités contre
les Fdlr
La hiérarchie militaire des
Forces armées de la RDC
a mis fin aux opérations militaires entreprises contre les éléments des Forces
démocratiques pour la libération du Rwanda Fdlr, au grand dam de
N’kundabatware, le général dissident. *Celui-ci a condamné avec la dernière
énergie cette mesure arbitraire et qui met de l’huile sur le feu au nord
Kivu ; mais la colère du général félon est trop vive pour être une colère
honnête.
Il s’agit plutôt d’une réaction dictée par la blessure de son amour-propre devant l’échec de son plan de nettoyage ethnique dans le Kivu. Les peuples du Nord Kivu qui ont pris faits et cause pour les hutus des Fdlr savent à quel point l’opération des Fardc contre eux était en réalité un chef-d’œuvre de manipulation télécommandé par N’kundabatware pour que les soldats congolais tirent les marrons du feu pour lui et ses commanditaires.
Le dossier de l’insécurité qui règne à l’est de la République démocratique du Congo est de nouveau sur le hit parade des médias avec la décision de la haute hiérarchie militaire des Fardc de mettre fin provisoirement aux opérations contre les éléments Fdlr. Cette résolution motivée selon les termes du communiqué des Fardc, par le souci de ne pas exacerber les tensions ethniques déjà vives dans cette partie du pays, a été accueillie froidement par un des protagonistes au conflit dans les Kivu, à savoir le général rebelle N’kundabatware. Ce dernier dans une de ses prises de positions incendiaires dont il a le secret, a regretté l’application par les autorités de Kinshasa d’une décision aussi inique et casus belli selon lui, en cette période de commission de grands massacres par les Interhamwée. Cette vision de la situation n’est pas du tout corroborée par des indications allant dans le sens d’une conflagration régionale après le dernier conflit qui a fait couler beaucoup de larmes des congolais. Il est facile de voir combien N’kundabatware est habile dans l’art de la désinformation et du chantage. Ses déclarations relayées par la presse ne visent qu’à poursuivre son propre plan de déstabilisation de la partie orientale de la RDC.
L’opération de mixage dans laquelle il a pratiquement forcé la main au gouvernement rd congolais lui a permis selon « International crisis group », d’élargir son champ hégémonique dans les territoires de Rutshuru, Walikale et Massissi. Selon la bonne vieille méthode de développement par paliers, N’kundabatware a monté en épingle les forfaits des éléments Fdlr aux Kivu pour inciter les unités de l’armée gouvernementale congolaise à les affronter dans leurs repères du nord Kivu. Il faut dire que les Fdlr ne font rien pour calmer les ardeurs belliqueuses et légitimes des Fardc, qui pourtant privilégient l’option diplomatique au langage des armes pour demander aux rebelles Hutus rwandais de rentrer dans leur pays. Cette action militaire a connu un certain succès au début, avant de s’enliser rapidement ; mais ce qui a déterminé l’arrêt de ces combats est le regain d’hostilité de la population du nord Kivu à l’encontre des Tutsi, en réaction aux opérations des fardc contre les hutus. Cette nouvelle donne allait amener les Fard à combattre des congolais, ce qui est moralement insupportable et humainement impossible pour l’armée congolaise, quelque soit l’ampleur des crimes imputés aux Fdlr sur le territoire national.
Les populations autochtones à la base de la décision d’arrêter les
combats contre les Fdlr
« Nkunda navigue à contre
courant. Il est grand temps qu’il s’arrête. Plus il persiste, plus il est en
train de s’enfoncer lui-même. L’eau qui le noie est peut-être aujourd’hui au
niveau des hanches, au fur et à mesure qu’il réagit, l’eau lui monte au
corps », a déclaré le ministre de la Défense, Chikez Diemu. Cette déclaration est loin
d’être une simple sortie médiatique d’un général d’opérette. Le ministre de la
défense rd congolais sait de quoi il parle.
La RD Congo est un pays qui a connu pire en matière de chefs rebelles ; on se souvient encore aujourd’hui de l’épopée de Jean Schramme ou de Bob Denard et ses affreux qui avaient piétiné l’autorité naissante de l’Etat congolais avec hargne, aux premières heures de l’après indépendance. En matière de conflits entre Etats, les hommes comme N’kundabatware ne sont que des fusibles destinés à être sautés de toute façon ; quand les intérêts supérieurs des nations sont en jeu, leurs dirigeants n’ont jamais hésité à se débarrasser des hommes de main comme N’kundabatware, pour permettre à l’histoire de poursuivre son cours.
Protégé par le parapluie rwandais, N’kundabatware est entrain de se croire incontournable, mais ses jours sont effectivement comptés, et personne ne sera assez courageux pour essayer de lui faire entendre raison au milieu de son nirvana et de ses rêves grandioses. Il faut que l’opinion sache qu’à ce jour le principal rêve de l’homme de main de Kigali en RDC, c’est de nettoyer le Grand Kivu de toute présence hutu. Il ne tient pas compte de la responsabilité de chaque hutu en séjour en RDC sur le génocide rwandais de 1994.
Sa haine des hutus est une haine collective, et seule la fin pourra justifier les moyens qu’il emploie pour faire la volonté de ses maîtres. La guerre par procuration est une des meilleures méthodes de son arsenal ; c’est pourquoi quand il a appris le début des opérations Fardc contre ses ennemis jurés, il a dû envoyer des messages jubilatoires à sa centrale de Kigali en perspective de la victoire finale, sans manquer de donner des coups aux flancs des assiégés, par l’entremise de ses bataillons mixés. Les populations autochtones qui connaissent les mécanismes diaboliques de ce général félon qu’est N’kundabatware, ont vite fait de réagir en intervenant comme partie en conflit, ce qui a plongé la hiérarchie militaire des Fardc dans l’embarras de devoir en voulant chasser par la force les Fdlr, faire la guerre aux congolais de souche qui s’étaient rangés du côté de ces derniers. Et l’ordre vint de Kinshasa de mettre fin à cet autodafé qui risquait d’embraser à nouveau les Kivu plus rapidement que ne l’auraient fait toutes les forces négatives réunies sur le territoire de la Rd Congo.
La réaction indignée de N’kundabatware en face de la décision de Kinshasa est la preuve vivante qu’il a tenté de se servir des Fardc pour tirer les marrons du feu au profit du pouvoir revanchard du Rwanda. Pourtant, l’extermination des hutus réfugiés en RDC n’est pas l’idéal pour instaurer une paix éternelle à KIgali ; ce projet est à plus d’un titre irréaliste. Elle fait penser en ce temps de l’adoption de la démocratie par les pays des Grands lacs, à quelqu’un qui nage à contre courant de l’histoire. Pour comprendre le sens de l’impossibilité de réaliser une paix à deux vitesses dans la région des Grands lacs africains, il suffit dans un premier temps de chercher à analyser le comportement pour le moins renversant de la population du nord Kivu qui défend apparemment de manière invraisemblance, ses propres bourreaux, en l’occurrence les hutus des Fdlr.
Choisir le moindre mal pour préserver la paix
Depuis 1996 les réfugiés hutus
arrivés en RDC au lendemain du génocide rwandais, font aujourd’hui figure
d’espèce en voie de disparition. Traqués de toutes parts, ils ont surdéveloppé
leur instinct de survie, au point qu’ils s’en prennent aveuglément à tous ceux
qui apparaissent comme leurs ennemis. C’est comme ça qu’on peut essayer
d’expliquer les innombrables massacres des populations civiles, mis à leur
charge. Au milieu de leur détresse d’abriter sur leur territoire les assassins
de leurs concitoyens, les populations des provinces des Kivu ne perdent pas de
vue l’histoire évènementielle qui a donné naissance à la folie meurtrière des
éléments Fdlr. Elles savent dans une sorte de lucidité désespérée, que la vraie
solution à la crise dans leur région passe par le choix de la démocratie par
les dirigeants actuels du Rwanda. On ne sait pas si ce sacrifice va porter des
fruits à plus ou moins brève échéance, mais toutes les forces vives de la
société civile du Kivu espèrent avoir raison de l’étroitesse de vue de la
communauté internationale à propos de la situation politique au Rwanda depuis
la prise de pouvoir par l’armée patriotique rwandaise en 1994.
A l’heure actuelle des vastes mouvements de recrutement d’hommes par N’kundabatware sont signalés du côté de Kichanga aux confins de Rutshuru et Massissi. Ces éléments sont versés dans une structure appelée Conseil national pour la défense du peuple (Cndp), crée par le général N’kunda, mais ce n’est là qu’un chant de cygne ultime que l’histoire ne va pas retenir le jour où son implacable jugement s’abattra sur celui qui a longtemps nargué l’autorité de l’Etat en République démocratique du Congo.
© Prince Malko
La mafia internationale et ses réseaux d’élite ont la peau dure au Congo
La persécution des hommes et
femmes des médias au Congo, leur mise facile à mort et « le coupagisme » auquel
se livrent certains d’entre eux sont des facteurs dont les effets nocifs se
font de plus en plus sentir.
La pauvreté dans l’analyse des faits politiques,
économiques et sociaux est, à quelques exceptions près, un cancer rongeant les
journaux de notre scandale géologique. La bonne information et des critiques
positives formulées à l’endroit de certains acteurs politiques clés semblent
avoir cédées la place à des analyses dont la superficialité exprime la peur
ayant gagné nos hommes et femmes des médias.
Il est un peu étonnant qu’en dehors de l’AFP, les médias kinois ne se soient
donnés aucune peine pour décortiquer le dernier rapport du Groupe d’experts de
l’ONU assez éclairant sur la tragédie que connaît notre pays présentement. Si
ce rapport met entre parenthèses les failles de la MONUC dans sa mission au
Congo et l’implication de certaines trans et multinationales dans ladite
tragédie, il permet, tant soit peu, de toucher du doigt le dysfonctionnement
d’un « Etat manqué » au cœur de l’Afrique. Ce rapport publié au début du mois
d’août (et publié sur le site de la
MONUC ) est riche en révélations (qui sont autant de secrets
de polichinelle). Etudions certaines d’entre elles et leurs implications.
I. Nkunda et ses recrues
Ce rapport affirme que « ces 10 derniers mois, de vastes activités de
recrutement se sont poursuivies auprès des combattants dans les rangs des
forces loyales à Nkunda. A l’intérieur de la République du Congo,
des adultes et des enfants congolais ont été recrutés. Les réseaux de
sympathisants de Nkunda ayant des liens avec le CNDP ont également recruté des
individus aussi bien au Rwanda qu’au Burundi. On compte parmi les nouvelles
recrues des civils burundais et rwandais, des combattants congolais dont
certains ont été recrutés au Rwanda dans les camps de réfugiés. »
Les réseaux de sympathisants de Nkunda sont efficaces. Ils s’occupent non seulement du recrutement mais aussi du déplacement de nouvelles recrues à l’intérieur du Congo et de leurs frais. Qui sont-ils ? Où vivent-ils ?
Selon ce rapport, « les déserteurs des forces loyalistes de Nkunda disent avoir
reçu sporadiquement des paiements en espèce d’un montant de 5 à 25 dollars des
Etats-Unis. Les 81e et 83e brigades, même lorsqu’elles s’opposaient à la chaîne
de commandement de la 8e région militaire, ont continué à recevoir des FARDC de
l’argent pour le règlement des soldes. Il a largement été fait état de la
collecte d’impôts par les forces loyales à Nkunda. » Bref, Nkunda a des
soutiens aux Etats-Unis et au sein des FARDC.
Si nous prenons en compte le fait que les miliciens de Nkunda sont à la fois
congolais, burundais et rwandais et que certains d’entre eux ont été « mixés »
et il ne fait plus l’ombre d’aucun doute que notre armée a, en son sein, des
rwandais et des burundais. Ils pourraient se retrouver du jour au lendemain au
cœur du Congo, à Kananga, à l’école de formation d’officiers militaires (EFO).
Une éventuelle attaque du Congo à partir de l’Est aurait la chance d’avoir des
alliés de la grande déstabilisation du pays à partir de son centre. De toutes
les façons, le Congo n’a plus une armée congolaise. Il a « une armée mixte ».
Et nous pouvons nous poser la question de savoir si une telle armée peut avoir
pour mission la défense de l’intégrité du territoire congolais. Nous en
doutons. Il suffit de lire le rapport que nous exploitons pour se convaincre
que le défense de l’intégrité du territoire congolais n’existe pas dans
l’agenda « des réseaux des sympathisants » de Nkunda. Ils constituent de bandes
armées multi-ethniques pour assurer les trafics illicites et mafieux des
ressources naturelles du Congo. « Le 28 décembre 2005, la Division des mines du
Sud-Kivu a fait avoir aux autorités burundaises, par l’intermédiaire de la
représentation diplomatique de la
République démocratique du Congo, que les individus faisaient
le commerce et la contrebande de ressources naturelles en coopération avec des
marchands d’armes. »
En effet, quand ce rapport est lu calmement, le prétexte de la protection des
minorités ethniques tutsi peut être balayé d’un revers de la main.
II. La Garde républicaine : une milice privée au service
des réseaux maffieux
Les intérêts économiques mafieux des différents réseaux opérant sur notre territoire bénéficient (aussi) de la protection des unités de gardes dites républicaines dispersées à travers tout le pays. En voici la preuve : « Durant l’actuel mandat du Groupe, ces unités ont empêché la libre circulation du personnel des Nations Unies, y compris le Groupe d’experts. Les unités sont engagées dans des activités telles que contrôler l’accès des aéroports et des frontières dans le Nord et le Sud-Kivu (…). Et malgré ce contrôle, nos frontières sont poreuses.
C’est-à-dire que « bien que tous les services étatiques de contrôle soient sur place, cet aéroport (du Sud-Kivu où le trafic aérien des matières premières est intense) demeure une vraie passoire ; chacun pour fermer les yeux sur les anomalies perçoit des redevances sur les compagnies, les passagers et les expéditeurs de fret. Ces pratiques se constatent également sur les aérodromes de destination. » La présence des unités de gardes dites républicaines à nos frontières n’a pas empêché aux recrues de Nkunda de les traverser. En effet, « certaines recrues affirment avoir traversé au grand jour les postes frontière officiels : d’autres ont passé la frontière en groupes et à pied loin des postes de contrôle où ils ont reçu une formation militaire, des armes et des munitions, et parfois un uniforme et un salaire. »
Eu égard à ce qui précède et considérant le fait que « ces unités (…) ne sont pas placées sous le contrôle de l’Etat-major intégré ou de la police nationale congolaise, ni totalement intégrées » ce rapport nous renvoie au fonctionnement des réseaux d’élites tel qu’il est décrit dans le rapport des experts de l’ONU de 2002. Voici ce que notait ce rapport : « Les réseaux d’élite sont composés d’un noyau de dirigeants politiques et militaires et d’hommes d’affaires, et, dans les zones occupées, de certains chefs rebelles et administrateurs.
Certains membres des réseaux d’élites occupent des postes clefs au sein de leur gouvernement ou de leur chef rebelle respectif. (…) Les réseaux d’élite assurent la viabilité de leurs activités économiques en exerçant un contrôle sur les forces armées et autres forces de sécurité auxquelles ils ont recours pour mener des opérations d’intimidation, menacer de recourir à la violence ou encore commettre des actes de violence. » Cinq ans après la publication de ce rapport, le mode de fonctionnement des réseaux d’élite au Congo et à travers le monde n’a pas du tout changé. (Un exemple. « L’or extrait des gisements miniers du Sud-Kivu est regroupé à Bukavu par l’Etablissement Namukuya avant d’être livré à Bujumbura.
Guy Liongola, basé à Tessenderlo (Belgique) l’importe
régulièrement vers la
Belgique. Selon des dossiers que le Groupe a pu consulter, M.
Liongola a reçu au total 34 933 kilogrammes d’or entre le 11 août 2006
et le 10 février 2007.») La violence et l’insécurité éloignent les témoins
gênants, nos populations, de ces zones « d’affaires ». Les résistants, les
naïfs et les imprudents sont simplement violentés ou tués. Les élections n’ont
fait que légitimer ce mode de fonctionnement des réseaux de prédation et de
pillage.
Ce fonctionnement efficace des réseaux d’élite est lié à la violation flagrante
et permanente des textes légaux dont la Constitution de la Troisième République.
Prenons le cas des unités dites républicaines. Elles ne relèvent pas du contrôle de l’Etat-major général, ni de celui de la police nationale. Elles sont commandées par Joseph Kabila. Donc, elles ne sont ni républicaines, ni au service de la nation. Elles sont au service des réseaux d’élite. Or, notre Constitution, à l’article 188 stipule que « nul ne peut, sous peine de haute trahison, les (les forces armées) détourner à ses fins propres ». Et l’article 190 stipule : « Nul ne peut, sous peine de haute trahison, organiser des formations militaires, para-militaires ou des milices privées, ni entretenir une jeunesse armée. »
Si les gardes dites républicaines ne relève ni du contrôle de l’Etat-major
général, ni de celui de la police nationale ; elles sont une milice privée au
service des réseaux maffieux. Ceux qui les entretiennent -Joseph Kabila y
compris- peuvent être traduits en justice pour crime de haute trahison.
Une analyse froide de ce dernier rapport de l’ONU révèle que le Congo souffre
du non-respect des textes légaux et de l’instauration d’une justice à deux
vitesses. Il révèle davantage que les réseaux maffieux ont la peau dure au
Congo. L’implication des acteurs politiques et économiques congolais et
étrangers dans cette mafia internationale fait que l’étau de l’insécurité, de
la violence et de la mort ne sera pas desserré demain pour que le Congo de
Lumumba jouisse de la paix. D’où l’urgence de rompre avec l’ordre politique
criminogène actuel. Il est vicié et incapable de contribuer à l’épanouissement
du bonheur collectif partagé.
Ceci n’est pas facile à comprendre dans un pays où lire, analyser, étudier devient de plus en plus un luxe pour quelques initiés. Dans ce contexte, il ne serait pas exagérer de croire que le pire serait encore à venir…L’analyse des épiphénomènes passe à côté des questions urgentes …
J.-P. Mbelu
© Congoindépendant | 2003-2007
Thabo Mbeki relance l’idée d’un plan Marshall pour la RDC
De sources diplomatiques annoncent l’arrivée dans les
prochains jours à Kinshasa, du président sud-africain Thabo Mbeki, dans
le cadre d’une visite d’Etat. Le président sud-africain sera à la tête d’une
forte délégation des acteurs politiques et des hommes d’affaires
sud-africains.
Au cours de cette visite de travail, le président
Thabo Mbeki aura des entretiens avec son homologue congolais Joseph Kabila
ainsi que les responsables de différentes institutions de la République.
Mais selon nos sources, la visite du président sud-africain
en RDC revêt aussi un caractère économique. Dans la mesure où les délégations
congolaises et sud-africaines feront l’évaluation des accords bilatéraux signés
entre la RDC et
l’Afrique du Sud lors de la visite du président sud-africaine en RDC en 2006 « La
tenue de ces assises constituera une occasion d’évoquer la coopération
bilatérale entre les deux parties », a déclaré l’ambassadeur de la République d’Afrique du
Sud en République démocratique du Congo, Dr Molefe Isele qui soulignent ainsi
l’importance de la tenue de la réunion bilatérale RDC-Afrique du Sud.
La réhabilitation d’Inga
Au cours d’un entretien avec la presse à Pretoria, le
président Mbeki a lancé un appel à la communauté internationale pour
qu’elle n’hésite plus à apporter sa contribution à la reconstruction
économique de la République
démocratique du Congo, pays qui a réussi un virage important, celui des
élections, et qui se tourne a présent vers la phase de sa reconstruction
économique. Le président Mbeki a proposé l’idée d’un Plan Marshall pour la République démocratique
du Congo afin que le pays redevienne une puissance économique, sociale et
culturelle au cœur de l’Afrique.
« L’Afrique du Sud s’est déjà engagée aux côtés de la RDC pour qu’il relève les défis.
Je crois qu’il y a vraiment lieu d’être optimistes. Surtout l’orsqu’on
voit la volonté des Congolais de prendre en mains leur destins. Il faut des
investisseurs peut amener les capitaux frais, nécessaires à la
reconstruction du Congo », dixit le président Thabo
Mbeki.
Il a rappelé que la République sud-africaine s’est engagée à
réhabiliter et à moderniser le barrage hydroélectrique d’Inga, dans le
cadre de Nepad, à renforcer les capacités des diplomates congolais chargés de
la politique à travers l’Académie diplomatique et accroître sa coopération avec la RDC dans les
domaines de transports, de l’agriculture, du tourisme et de l’éducation et de
la recherche scientifique.La Commission mixte Afrique du Sud-RDC traitera
d’autres aspects de la coopération bilatérale.
Parrain du processus démocratique
L’Afrique du Sud a servi de cadre aux Congolais pour écrire
l’une des plus belles pages de l’histoire du pays. En effet, entre
février et avril 2002, plus de 350 Congolais de différentes organisations et
Force vives de la société ont participé au Dialogue Inter Congolais à Sun
City.
L’Afrique du Sud, l’un des pays frères et amis de la RDC s’est beaucoup investi
dans la recherche de la paix et de l’instauration de la démocratie en
RDC. Cette implication très active de l’Afrique du Sud au processus de paix en
RDC a été manifeste déjà pendant les négociations entre les deux anciens chefs
d’Etat congolais, le feu maréchal Mobutu et Laurent-Désiré Kabila, sous
la médiation de Nelson Mandela.
Lors des visites en Afrique du Sud, le chef de l’Etat
congolais et son pair sud-africain, Thabo Mbeki ont réaffirmé leur volonté
d’accroître la coopération bilatérale entre les deux pays qui sont appelés à
jouer le rôle de locomotive du continent africain dans le cadre de l’Union
africaine, du Nepad et de la
Sadc.
Le chef de l’Etat congolais a eu l’occasion de participer au
Forum économique mondial à Durban où il a eu des échanges francs et fructueux
avec les opérateurs économiques et investisseurs qui participaient à ce forum.
Ces derniers se sont du reste dit disposés à venir investir au Congo. A
condition que la sécurité soit assurée, et que la sécurité juridique des
investisseurs soient garanties dans le code des investissements.
Pour un grand nombre d’opérateurs économiques, la
réussite Plan Marshall en RDC pour la réalisation d’une véritable révolution
culturelle caractérisée par une révolution culturelle qui devra se
traduire par la démocratisation, la bonne gouvernance et la promotion des
investissements privés et publics, gage de développement.
© Luc-Roger Mbala Bemba
Le message prémonitoire des Indiens d'Amérique
Le destin des Indiens d'Amérique annonçait celui de
l'ensemble des habitants de la planète qui assistent impuissants à la
destruction de leur environnement, après la confiscation de leur espace et de
leurs ressources.
"Nous avons
toujours eu beaucoup; nos enfants n'ont jamais pleuré de faim, notre peuple n'a
jamais manqué de rien... Les rapides de Rock River nous fournissaient un
excellent poisson, et la terre très fertile a toujours porté de bonnes récoltes
de maïs, de haricots, ce citrouilles, de courges... Ici était notre village
depuis plus de 100 ans pendant lesquels nous avons tenu la vallée sans qu'elle
nous fût jamais disputée. Si un prophète était venu à notre village en ce
temps-là nous prédire ce qui allait advenir, et ce qui est advenu, personne
dans le village ne l'aurait cru." Black Hawk, chef indien
"Nous aimons la
tranquillité; nous laissons la souris jouer en paix; quand les bois frémissent
sous le vent, nous n'avons pas peur." Chef indien au gouverneur de Pennsylvanie en
1796
"Nous le savons: la terre
n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre. Nous le
savons: toutes choses sont liées. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils
de la terre. L'homme n'a pas tissé
la toile de la vie, il n'est qu'un fil de tissu. Tout ce qu'il fait à la toile,
il le fait à lui-même." Seattle, chef indien Suquamish
"Le Lakota était empli de compassion
et d'amour pour la nature, et son attachement grandissait avec l'âge. (...)
C'est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester
séparés des forces de vie. S'asseoir ou s'allonger ainsi leur permettait de
penser plus profondément, de sentir plus vivement. Ils contemplaient alors avec
une plus grande clarté les mystères de la vie et se sentaient plus proches de
toutes les forces vivantes qui les entouraient. Le vieux Lakota était un sage.
Il savait que le coeur de l'homme éloigné de la nature devient dur. Il savait
que l'oubli du respect dû à tout ce qui pousse et à ce qui vit amène également
à ne plus respecter l'homme. Aussi maintenait-il les jeunes sous la douce
influence de la nature." Standing Bear, chef Lakota (Sioux)
"Nous voyons la
main du Grand Esprit dans presque tout: le soleil, la lune, les arbres, le vent
et les montagnes; parfois nous l'approchons par leur intermédiaire. (...) Nous
croyons en l'Etre Suprême, d'une foi bien plus forte que celle de bien des
Blancs qui nous ont traité de païens... Les Indiens vivant près de la nature et
du Maître de la nature ne vivent pas d'ans l'obscurité. Saviez-vous que les
arbres parlent? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et vous
parleront si vous écoutez. L'ennui avec les Blancs, c'est qu'ils n'écoutent
pas ! Ils n'ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu'ils
n'écouteront pas non plus les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres
m'ont beaucoup appris: tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur
le Grand Esprit." Tatanga Mani (ou Walking
Buffalo), indien Stoney (Canada)
"Les Blancs se
moquent de la terre, du daim ou de l'ours. Lorsque nous, Indiens, cherchons les
racines, nous faisons de petits trous. Lorsque nous édifions nos tipis, nous
faisons de petits trous. Nous n'utilisons que le bois mort. L'homme blanc, lui,
retourne le sol, abat les arbres, détruit tout. L'arbre dit « Arrête, je
suis blessé, ne me fais pas mal ». Mais il l'abat et le débite. L'esprit
de la terre le hait. Il arrache les arbres et les ébranle jusqu'à leurs
racines. Il scie les arbres. Cela leur fait mal. Les Indiens ne font jamais de
mal, alors que l'homme blanc démolit tout. Il fait exploser les rochers et les
laisse épars sur le sol. La roche dit « Arrête, tu me fais mal ».
Mais l'homme blanc n'y fait pas attention. Quand les Indiens utilisent les
pierres, ils les prennent petites et rondes pour y faire leur feu... Comment
l'esprit de la terre pourrait-il aimer l'homme blanc?... Partout où il la
touche, il y laisse une plaie." Vieille sage Wintu (Indiens de Californie)
"Je peux me
rappeler l'époque où les bisons étaient si nombreux qu'on ne pouvait les
compter, mais les Wasichus (hommes blancs) les ont tués tant et tant qu'il ne
reste que des carcasses là où ils venaient paître auparavant. Les Wasichus ne
les tuaient pas pour manger; ils les tuaient pour le métal qui les rend fous et
ils ne gardaient que la peau pour la vendre. Parfois ils ne les dépeçaient même
pas. Ils ne prenaient que les langues et j'ai entendu parler de bateaux-de-feu
descendant le Missouri chargés de langues de bison séchées. Parfois ils ne
prenaient même pas les langues; ils les tuaient simplement pour le plaisir de
tuer. Ceux qui ont fait cela étaient des fous. Quand nous chassions le bison,
nous ne le faisions que selon nos besoins." Hehaka Sapa, grand chef Sioux
"Vous avez
remarqué que toute chose faite par un indien est dans un cercle. Nos tipis
étaient ronds comme des nids d'oiseaux et toujours disposés en cercle. Il en
est ainsi parce que le pouvoir de l'Univers agit selon des cercles et que toute
chose tend à être ronde. Dans l'ancien temps, lorsque nous étions un peuple
fort et heureux, tout notre pouvoir venait du cercle sacré de la nation, et
tant qu'il ne fut pas brisé. Tout ce que fait le pouvoir de l'Univers se fait
dans un cercle. Le ciel est rond et j'ai entendu dire que la terre est ronde
comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi. Les oiseaux font leur
nid en cercle parce qu'ils ont la même religion que nous. Le soleil s'élève et
redescend dans un cercle, la lune fait de même, et tous deux sont rond. Même
les saisons forment un grand cercle dans leur changements et reviennent
toujours là où elles étaient. La vie de l'homme est dans un cercle de l'enfance
jusqu'à l'enfance, et ainsi en est-il pour chaque chose où l'énergie se
meut." Hehaka Sapa, ou Black Elk, indien Oglala, branche des Dakotas (Sioux)
"La vie dans un tipi est bien meilleure.
Il est toujours propre, chaud en hiver, frais en été, et facile à déplacer.
L'homme blanc construit une grande maison, qui coûte beaucoup d'argent,
ressemble à une grande cage, ne laisse pas entrer le soleil, et ne peut être
déplacée; elle est toujours malsaine. Les Indiens et les animaux savent mieux
vivre que l'homme blanc. Personne ne peut être en bonne santé sans avoir en
permanence de l'air frais, du soleil, de la bonne eau. Si le Grand Esprit avait
voulu que les hommes restassent à un endroit, il aurait fait le monde immobile;
mais il a fait qu'il change toujours, afin que les oiseaux et les animaux
puissent se déplacer et trouver toujours de l'herbe verte et des baies mures. L'homme
blanc n'obéit pas au Grand Esprit. C'est pourquoi nous ne pouvons être d'accord
avec lui." Flying Hawk, chef Sioux du clan des Oglalas
"Les vastes
plaines ouvertes, les belles collines et les eaux qui serpentent en méandres
compliqués n'étaient pas « sauvages » à nos yeux. Seul l'homme blanc
trouvait la nature sauvage, et pour lui seul la terre était
« infestée » d'animaux « sauvages » et de peuplades
« sauvages ». A nous, la terre paraissait douce, et nous vivions
comblés des bienfaits du Grand Mystère. Elle ne nous devint hostile qu'à
l'arrivée de l'homme barbu de l'Est qui nous accable d'injustices insensées et
brutales." Standing Bear, chef Lakota (Sioux)
"Notre terre vaut
mieux que de l'argent. Elle sera toujours là. Elle ne périra pas, même dans les
flammes d'un feu. Aussi longtemps que le soleil brillera et que l'eau coulera,
cette terre sera ici pour donner vie aux hommes et aux animaux. Nous ne pouvons
vendre la vie des hommes et des animaux. C'est pourquoi nous ne pouvons vendre
cette terre. Elle fut placée ici par le Grand Esprit et nous ne pouvons la
vendre parce qu'elle ne nous appartient pas." Chef indien Blackfeet (Pieds-Noirs)
"Mes jeunes gens
ne travailleront jamais. Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la
sagesse nous vient des rêves." Smohalla, chef indien Sokulls
"Le Grand Esprit
nous a donné une vaste terre pour y vivre, et des bisons, des daims, des
antilopes et autres gibier. Mais vous êtes venus et vous m'avez volé ma terre.
Vous tuez mon gibier. Il devient dur alors pour nous de vivre. Maintenant vous
nous dites que pour vivre, il faut travailler. Or le Grand Esprit ne nous a pas
fait pour travailler, mais pour vivre de la chasse. Vous autres, hommes blancs,
vous pouvez travailler si vous le voulez. Nous ne vous gênons nullement. Mais à
nouveau vous nous dites « pourquoi ne devenez-vous pas civilisés? »
Nous ne voulons pas de votre civilisation ! Nous voulons vivre comme le
faisaient nos pères et leurs pères avant eux." Crazy Horse, grand chef Sioux
du clan Oglalas
"Vous êtes déjà
si misérables que vous ne pouvez le devenir plus. Quels genre d'homme doivent
être les Européens? Quelle espèce de créature choisissent-ils d'être, forcés de
faire le bien et n'ayant pour éviter le mal d'autre inspiration que la peur de
la punition? (...) L'homme n'est pas seulement celui qui marche debout sur ses
jambes, qui sait la lecture et l'écriture et montrer mille exemples de son
industrie ... En vérité mon cher frère, je te plains du plus profond de mon
âme. Suis mon conseil et devient Huron. Je vois clairement la profonde
différence entre ma condition et la tienne. Je suis le maître de ma condition.
Je suis le maître de mon corps, j'ai l'entière disposition de moi-même, je fais
ce qui me plaît, je suis le premier et le dernier de ma nation, je ne crains
absolument aucun homme, je dépends seulement du Grand Esprit.
"Les hommes
blancs annonçaient bien haut que leurs lois étaient faites pour tout le monde,
mais il devint tout de suite clair que, tout en espérant nous les faire
adopter, ils ne se gênaient pas pour les briser eux-mêmes. Leurs sages nous
conseillaient d'adopter leur religion mais nous découvrîmes vite qu'il en
existant un grand nombre. Nous ne pouvions les comprendre, et deux hommes
blancs étaient rarement d'accord sur celle qu'il fallait prendre. Cela nous
gêna beaucoup jusqu'au jour où nous comprîmes que l'homme blanc ne prenait pas
plus sa religion au sérieux que ses lois. Ils les gardait à portée de la main,
comme des instruments, pour les employer à sa guise dans ses rapports avec les
étrangers." Pachgantschilhilas, chef des Delawares
"Chaque année
notre envahisseur blanc devient plus avide, exigeant, oppressif et autoritaire...
La misère et l'oppression, tel est le lot qui nous échoit... Ne sommes-nous pas
dépouillés jour après jour du peu de liberté qui nous reste ? A moins que
les tribus ne se liguent unanimement pour modérer les ambitions et l'avidité
des Blancs, ils nous auront bientôt tous conquis et désunis, nous serons
chassés de notre pays natal et éparpillés comme les feuilles d'automne par le
vent." Tecumseh, chef Shawnee, en 1812
"Nous ne voulons
pas des chariots de feu qui font du bruit (trains à vapeur) sur les terrains de
chasse au bisons. Si les Visages Pâles s'avancent encore sur nos terres, les
scalps de vos frères seront dans les wigwams des Cheyennes. J'ai
dit !" Roman Nose, chef-guerrier des Cheyennes, s'adressant au général Palmer
en 1866 dans le Kansas
"Regardez mes
frères, le printemps est venu, la terre a reçu les baisers du soleil et nous verrons
bientôt les fruits de cet amour. Chaque graine est éveillée, et de même, tout
animal est en vie. C'est à ce pouvoir mystérieux que nous devons nous aussi
notre existence. C'est pourquoi nous concédons à nos voisins, même nos voisins
animaux, autant de droit qu'à nous d'habiter cette terre. Cependant écoutez-moi
mes frères, nous devons maintenant compter avec une autre race, petite et
faible quand nos pères l'ont rencontrée pour la première fois, mais
aujourd'hui, elle est devenue tyrannique. Fort étrangement, ils ont dans
l'esprit la volonté de cultiver le sol, et l'amour de posséder est chez eux une
maladie. Ce peuple a fait des lois que les riches peuvent briser mais non les
pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir
les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour
eux seuls et ils se barricadent contre leurs voisins. Ils défigurent la terre
avec leurs constructions et leurs rebuts. Cette nation est comme le torrent de
neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage." Tatanka
Yotanka, ou Sitting Bull, grand chef Sioux
"Frère, notre
territoire était grand et le vôtre était petit. Vous êtes maintenant devenus un
grand peuple, et il nous reste à peine l'espace pour étendre nos couvertures.
Vous avez notre pays, mais cela ne vous suffit pas. Vous voulez nous forcer à
épouser votre religion. Frère, continue à écouter. Tu te dis envoyé ici pour
nous apprendre à rendre le culte au Grand Esprit d'une manière qui lui soit
agréable. Et tu prétends que si nous n'adoptons pas la religion que vous les
Blancs vous prêchez, nous seront malheureux ici-bas. Tu dis être dans le vrai
et que nous sommes perdus. Comment pourrions-nous vérifier la vérité de tes
paroles? (...) Frère, tu dis qu'il n'y a qu'une seule façon d'adorer et de
servir le Grand Esprit. Si il n'y a qu'une religion, pourquoi le peuple blanc
est-il si partagé à ce sujet? Nous savons que votre religion est écrite dans un
livre. Pourquoi n'êtes-vous pas tous d'accord, si vous pouvez tous lire le
livre ? Frère, nous ne comprenons pas ces choses. On nous dit que ta religion a
été donnée à tes ancêtres, et s'est transmise de père en fils. Nous aussi nous
avons une religion que nos ancêtres ont reçue et nous ont transmise, à nous,
leurs enfants. Nous rendons le culte de cette manière. Il nous apprend à être
reconnaissants pour toutes les faveurs que nous recevons, à nous aimer les uns
les autres et à être unis. Nous ne nous querellons jamais à propos de religion
parce que c'est un sujet qui concerne chaque homme devant le Grand
Esprit." Sa-go-ye-wat-ha, ou Red Jacket, chef Seneca (Iroquois) et grand orateur
des Six Nations
"J'assiste avec
tristesse au déclin de notre noble race. Nos pères étaient forts et leur
pouvoir s'étendait sur tout le continent américain. Mais nous avons été réduits
et brisés par la ruse et la rapacité de la race à peau blanche. Nous sommes
maintenant obligés de solliciter, comme une aumône, le droit de vivre sur notre
propre terre, de cultiver nos propres terres, de boire nos propres sources. Il
y a de nombreux hivers, nos sages ancêtres ont prédit qu'un grand monstre aux
yeux blancs viendrait de l'Est, et qu'eu fur et à mesure qu'il avancerait il
dévorerait la terre. Ce monstre, c'est la race blanche, et la prédiction est
proche de son accomplissement." O-no'-sa, chef indien
"Le changement du
costume tribal pour celui de l'homme blanc fut brutal. Les effets sur la santé
et le confort des enfants furent considérables. Notre premier grief fut d'avoir
les cheveux coupés. Les hommes Lakotas ont toujours porté les cheveux longs.
Plusieurs jours après avoir été tondus, nous nous sommes sentis bizarres et mal
à l'aise. Si l'argument avancé était vrai, à savoir l'élimination des poux,
pourquoi les filles n'avaient-elles pas subi le même traitement que les
garçons ?
"Les Wasichus
nous ont mis dans ces boites carrées (maisons), notre pouvoir s'en est allé et
nous allons mourir parce que le pouvoir n'est plus en nous. Nous sommes des
prisonniers de guerre tant que nous attendons ici. Mais il y a un autre monde."Hehaka, ou Black Elk (Wapiti Noir), indien Sioux
"Enfant, je savais
donner. J'ai perdu cette grâce en devenant civilisé. Je menais une existence
naturelle, alors qu'aujourd'hui je vis de l'artificiel. Le moindre joli caillou
avait de la valeur à mes yeux. Chaque arbre était un objet de respect.
Aujourd'hui, j'admire avec l'homme blanc un paysage peint dont la valeur est
exprimée en dollars !" Chiyesa, écrivain indien contemporain
"Je suis allé à
l'école des hommes blancs. J'y ai appris à lire leurs livres de classe, les
journaux et la bible. Mais j'ai découvert à temps que cela n'était pas
suffisant. Les peuples civilisés dépendent beaucoup trop de la page imprimée.
Je me tournai vers le livre du Grand Esprit qui est l'ensemble de sa création.
Vous pouvez lire une grande partie de ce livre en étudiant la nature. Si vous
preniez tous vos livres et les étendez sous le soleil, en laissant pendant
quelque temps la pluie, la neige et les insectes accomplir leur oeuvre, il n'en
restera plus rien. Mais le Grand Esprit nous a fourni la possibilité, à vous et
à moi, d'étudier à l'université de la nature les forêts, les rivières, les
montagnes, et les animaux dont nous faisons partie." Tatanga Mani (ou Walking Buffalo), indien
Stoney (Canada)
"L'homme blanc,
dans son indifférence pour la signification de la nature, a profané la face de
notre Mère la Terre.
L'avance technologique de l'homme blanc s'est révélée comme
une conséquence de son manque d'intérêt pour la voie spirituelle, et pour la
signification de tout ce qui vit. L'appétit de l'homme blanc pour la possession
matérielle et le pouvoir l'a aveuglé sur le mal qu'il a causé à notre Mère a Terre, dans sa recherche de
ce qu'il appelle les ressources naturelles. Et la voie du Grand Esprit est
devenue difficile à voir pour presque tous les hommes, et même pour beaucoup
d'Indiens qui ont choisi de suivre la voie de l'homme blanc. Aujourd'hui, les
terres sacrées où vivent les Hopis sont profanées par des hommes qui cherchent
du charbon et de l'eau dans notre sol, afin de créer plus d'énergie pour les
villes de l'homme blanc. On ne doit pas permettre que cela continue. Sans quoi
notre Mère, la Nature
réagirait de telle manière que presque tous les hommes auraient à subir la fin
qui a déjà commencé. Le Grand Esprit a dit qu'on ne devait pas laisser cela
arriver, même si la prédiction en a été faite à nos ancêtres. Le Grand Esprit a
dit de ne pas prendre à la terre, de ne pas détruire les choses vivantes. Aujourd'hui,
presque toutes les prophéties
se sont réalisées. Des routes grandes comme des rivières traversent le paysage;
l'homme parle à travers un réseau de téléphone et il voyage dans le ciel avec
ses avions. Deux grandes guerres ont été faites par ceux qui arborent le
swastika ou le soleil levant. Le Grand Esprit a dit que si une gourde de
cendres était renversée sur la terre, beaucoup d'hommes mourraient, et que la
fin de cette manière de vivre était proche. Nous interprétons cela comme les
bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki. Nous ne voulons pas que
cela se reproduise dans aucun autre pays pour aucun autre peuple; cette énergie
devrait servir à des fins pacifiques, non pour la guerre. Nous, les chefs
religieux et porte-parole légitimes du peuple indépendant des Hopis, avons été
chargés par le Grand Esprit d'envoyer au président des Etats-Unis et à tous les
chefs spirituels une invitation à nous rencontrer pour discuter du salut de
l'humanité, afin que la Paix,
l'Unité et la Fraternité
règnent partout où il y a des hommes." Lettre des Indiens Hopis au
président Nixon en 1970
