19 août 2007
Vagues dans les Grands Lacs
Le Potentiel | 16
Août 2007
© Freddy Monsa Iyaka Duku
Insécurité persistante au Kivu, en République démocratique
du Congo. échauffourées le long des frontières communes entre l'Ouganda et la RDC.
Demande de la tenue du dialogue inter-rwandais par les opposants.
Détérioration des relations entre le pouvoir et l'opposition au Burundi. Autant
d'événements en si peu de temps dans la région très sensible de l'Afrique des
Grands Lacs, soulevant ainsi des vagues. Inquiétudes.
La succession des faits dans la région des Grands Lacs
suscite de nombreuses interrogations. Il y a cette insécurité persistante au
Kivu qui dérange. Si le processus politique en République démocratique du Congo
risquait d'être perturbé, telle éventualité aurait des effets d'entraînement au
Rwanda, au Burundi, en Ouganda. Ce qui ne permettrait pas d'entretenir des
relations de bon voisinage entre les pays de cette sous-région en vue de
répondre aux préoccupations de la
Conférence internationale sur la région de Grands Lacs.
Mais l'insécurité en RDC trouve aussi des causes au Rwanda
avec ces milliers de réfugiés, armés et non armés en République démocratique du
Congo. D'où ce souhait émis par les opposants rwandais, principalement ceux qui
sont installés à l'étranger pour qu'il y ait l'organisation d'un dialogue
inter-rwandais. La réaction de Kigali à cette proposition ne s'est pas fait
attendre : pas de retour au Rwanda sous condition. Pas de dialogue avec ceux
qui disposent de l'idéologie génocidaire.
Au Burundi, la situation s'est détériorée entre le pouvoir
et l'opposition. A telle enseigne que les représentants du FLN qui se
trouvaient déjà à Bujumbura ont quitté furtivement la capitale burundaise pour
rejoindre les maquis. L'éventualité de la reprise des hostilités n'est pas à
écarter. Or, si les combats reprennent, la RDC subirait toutes les conséquences.
Entre-temps, l'Ouganda et la RDC se regardent en chiens de faïence. Il a fallu
de peu que les armes crépitent plus fort n'eut été l'intervention de la Monuc. Il n'empêche que
des incidents, sur fond de la « guerre du pétrole », ont eu lieu, occasionnant
mort d'hommes, pendant que de part et d'autre de la frontière commune, les
armées ougandaise et congolaise ont redéployé les dispositifs militaires. Le
calme demeure précaire nonobstant le voyage de Kinshasa que vient d'effectuer
le ministre ougandais des Affaires étrangères.
Curieuse coïncidence
Autant de faits qui suscitent donc plusieurs interrogations.
Surtout qu'ils se passent quasiment au même moment. Comme si quelque part
existerait-il un complot qui ferait de la RDC le bouc émissaire de la déstabilisation de la
région qui engendrerait une nouvelle guerre.
Si l'on prend en compte les rapports de la Monuc, de l'Union
européenne, certains pays voisins à la
RDC ne sont pas étrangers dans cette « nouvelle rébellion »
au Kivu. Ils appuieraient cette rébellion pour que leur régime survive.
Au même moment, il y a cette situation au Burundi qui
inquiète déjà les pays de l'Union européenne. La dégradation pourrait affecter
les bonnes relations entre la RDC
et le Burundi. Pendant ce temps, la question des Interahamwe est toujours
d'actualité et entretient la méfiance entre Kinshasa et Kigali. Voilà que les
opposants rwandais reviennent à la charge en exigeant la tenue d'un dialogue
inter-rwandais pour parvenir à l'ouverture de l'espace politique au Rwanda.
Cependant, Kigali vient de réserver une fin de non recevoir sans équivoque à
cette proposition. Attitude qui ne contribue pas à la résolution de la question
des Interahamwe qui recommande l'implication tant de la RDC que du Rwanda dans la
perspective d'une solution satisfaisante durable.
La coïncidence qui frappe dans ces faits n'exclut pas
l'existence d'un complot qui ferait plus du mal à la République démocratique
du Congo.
Quand la RDC
se réveillera
Il est un fait que ces incidents interviennent au moment où la RDC est en train de se
réveiller. Le pays est à la quête de la stabilité, de la relance de son
économie et de sa renaissance pour retrouver sa place dans le concert des
Nations. De nombreuses personnes commencent à y croire et un sage africain
avait prédit que « quand la RDC
se réveillera, l'Afrique s'éveillera». Prophétie qui ne plait pas à tous ceux
qui ont agressé la RDC
et leurs complices tant internes qu'externes.
C'est justement en ces instants qu'il y a cette succession
d'événements de mauvais augure. Comme si les forces occultes et centrifuges ont
élaboré de nouvelles stratégies de complot contre la RDC pour l'empêcher à
décoller.
Les Congolais, plus particulièrement la classe politique,
doivent s'imposer une bonne lecture de tous ces événements afin d'éviter
d'autres surprises désagréables à la
RDC, enfin redevenue fréquentable. Au niveau régional, la Conférence
internationale sur la région des Grands Lacs offre de multiples opportunités
pour contrer toute action déstabilisatrice. La ratification du Pacte de
sécurité, de stabilité et de développement de la région des Grands Lacs demeure
un document juridique de haute portée internationale. En le ratifiant, la RDC traduirait en actes sa
volonté politique d'oeuvrer pour la paix, la sécurité et le développement de la
région des Grands Lacs.
Or, ces vagues dans les Grands Lacs, à travers tous les
faits que nous venons d'évoquer, visent justement à empêcher que la RDC retrouve tous ses repères
d'un Etat et d'une Nation. Ce qui permettrait de concrétiser le plan de la
balkanisation de la RDC
qui serait déjà en marche avec cette insécurité persistante au Kivu.
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