19 août 2007
Rwanda: L'Ambassade de Belgique suit de près l'Affaire Rwigara

© Rwanda News Agency/Agence Rwandaise d'Information
L'Ambassade de Belgique à Kigali suit de près l'affaire
Rwigara Assinapol, du nom du commerçant rwandais qui a aussi une nationalité
belge et qui vient de se rendre à la justice après un mois de cavale, a établi
l'Agence Rwandaise d'Information (ARI).
Assinapol Rwigara avait refusé de se rendre à la Police qui le recherchait
suite à un accident de chantier à Kyovu où il construit une maison. Le Premier
Secrétaire de l'Ambassade de Belgique à Kigali, Mme Sibille de Cartier, qui est
en contact avec l'épouse de Rwagara, a confirmé que l'homme d'affaire
belgo-rwandais s'est rendu ce jeudi à la justice.
Procureur Général qui lui a dit qu'on ne pouvait pas
localiser Assinapol Rwigara. A la question de savoir si l'Ambassade de Belgique
compte assister ce commerçant, elle a répondu : «Il a un avocat. Nous, nous ne
nous mêlons pas dans les questions de justice ».
Deux généraux rwandais qui auraient aidé Assinapol Rwigara à
échapper aux forces de Police, Frank Rusagara et Sam Kanyemera, sont en
détention. Tous les observateurs se demandent pourquoi un déploiement
exceptionnel de moyens policiers et judiciaires pour ce qui n'était à la base
qu'un tragique accident de chantier.
Des accidents identiques, mais moins dangereux, s'étaient
produits sur les chantiers de feu Rubangura, de l'hotêl Alpha Palace, de la Caisse Sociale à
côté de Novotel Umubano ; mais sans que les suites ne soient les mêmes. Avant
sa reddition, l'on se demandait si Assinapol Rwagara était en cavale à
l'intérieur du Rwanda, ou s'il était sorti du pays, ou encore s'il était détenu
dans un lieu secret.
Selon Alison Desforges, Conseillère principale à la Division Afrique
de Human Rights Watch, Assinapol Rwigara était bel et bien dans les mains de la
police mais en secret. «Selon plusieurs témoins, un officier de la Police a indiqué à un
journaliste en date du 29 juillet que la Police a arrêté Monsieur Rwigara. C'est seulement
le 30 juillet que la Police
a modifié ses déclarations en avançant qu'il n'était pas dans ses mains »,
a-t-elle confié à ARI
Francis Mbala tout fier d'annoncer son adhésion à ce parti
Interviews |
Vivement de l'air et du sang nouveau au PPRD, clame
le Prof. Francis Mbala tout fier d'annoncer son adhésion à ce parti !
Le désormais très connu Prof. John Francis Mbala pour
ses prises de positions en faveur de la famille politique du président Joseph
Kabila vient d'afficher clairement son appartenance non seulement à cette
famille, mais surtout au parti initié par son leader, le PPRD (Parti du peuple
pour la reconstruction et la démocratie). L'intéressé est professeur de Droit
International, DAU – Faculté de Droit et Chercheur associé CURAPP-CNRS
Université de Picardie Jules Verne (Amiens - France) et à la Faculté de Droit –
Université Protestante au Congo/ Kinshasa. Toute réaction utile peut lui
parvenir par e-mail : johnfrancismbala@hotmail.com.
En cette période marquée par la léthargie des partis politiques, l'adhésion du
Professeur John Francis Mbala constitue certainement un enrichissement, car à
l'instar d'autres formations politiques après la rude bataille électorale, ce
parti a besoin de redémarrer et quoi de plus important que de recevoir un
souffle nouveau, du sang neuf. Le nouvel adhérent commente lui-même cet
atterrissage au PPRD dans l'entretien auquel il s'est volontiers prêté dans
l'interview ci-après
Comment faut-il considérer l'annonce en exclusivité, par vous-même, de votre
adhésion au PPRD, Professeur John Francis Mbala ? Croyez-vous qu'il s'agit
d'un événement qui augure d'un avenir meilleur voire radieux pour le clan
présidentiel ? Et avant toute chose, pouvez-vous vous présenter à nouveau
pour vous faire mieux découvrir par ceux qui ne vous connaissent
pas ?
Une fois de plus, merci de vous intéresser à mes actions. Comme vous le savez,
ce n'est jamais facile de parler de soi même. Toutefois en toute humilité, je
puis vous dire que je suis citoyen congolais, originaire de la province du
Bas-Congo mais né à Londres ; feu mon père Paul Mbala ayant été diplomate
successivement à notre ambassade en Grande-Bretagne, à Paris, ainsi qu'à
Madrid. Je suis Docteur en Sciences politiques et j'enseigne à l'Académie
d'Amiens en France depuis plus de dix ans, et présentement en Droit international-
Droits Africains Unifiés pour les étudiants de Master II, notamment le Droit
OHADA à la Faculté
de Droit de l'Université de Picardie (Amiens-France).
Je dois relever immédiatement que je suis Kinois. En effet, feu mon père a
travaillé également au Ministère des Affaires Etrangères à Kinshasa. J'ai donc
effectué une partie de mes études à Kinshasa, au Collège Boboto et à l'Athénée
de la Gombe
notamment. Par ailleurs, j'ai commencé des études de journalisme à l'ISTI
aujourd'hui IFASIC et des journalistes connus comme Françoise Vita furent de ma
promotion, sinon des amis comme le Professeur Eddie Tambwe. En outre,
actuellement, je suis Professeur associé à la Faculté de Droit de
l'Université Protestante au Congo (UPC) à Kinshasa où j'enseigne le Droit de
l'information, Administration et développement en Troisième Graduat, de même
que le cours d'Etudes comparées des techniques d'organisation administrative
dans les pays étrangers en Première Licence. Bien que séjournant
régulièrement à Kinshasa, je reste chercheur associé au CURAPP-CNRS de la Faculté de Droit de
l'Université de Picardie en France. Notre laboratoire est spécialisé en
sciences administratives et politiques et j'y suis très actif notamment dans
l'axe de recherches violences de guerre.
Au-delà des activités universitaires, je suis Politologue et à ce titre, je
suis amené à éclairer l'opinion publique à travers des conférences, articles
dans la presse écrite et sur Internet. Je suis ainsi contacté par Juan Gomez de
Radio France Internationale lorsqu'il s'agit d'analyser les questions liées à la République démocratique
du Congo. A Kinshasa, j'ai fait paraître dans le journal Le Potentiel des
articles qui ont confirmé la pertinence de mes analyses de par mes
anticipations sur les faits qui se sont produits par la suite. J'ai été
l'invité de nombreuses chaînes de télévision à Kinshasa, par exemple :
Tropicana avec Mamina Masengo, Raga TV avec Serge Nseka, à l'émission A Cœur
Ouvert avec Marie-Ange Mushobekwa-Likulia sur Antenne A ou encore Focus avec
John Ngombua. En outre, le patron de Grands Lacs Magazine, M. Sam Mpengo,
m'a accordé bien souvent un espace d'expression dès lors que j'ai été plus
d'une fois interviewé. Voilà, brièvement ce que je pouvais dire mais
parce que les relations humaines ne se limitent pas à l'aspect intellectuel, je
dois ajouter que je suis une personne sympathique et spontanée non pas selon ce
que je veux dire de moi mais selon la description de mes proches amis, parents
et collègues.
Aujourd'hui, il s'agit de concrétiser cette filiation par un acte matériel et
symbolique fort : mon adhésion officielle au sein du PPRD, un parti
politique structuré, discipliné et implanté dans tout le territoire national,
ainsi que nous renseignent les résultats récents des élections législatives.
Ceci pour souligner que mon adhésion n'a rien d'étonnant, il y a un fil
conducteur dans ma démarche. Cependant, il s'agit à présent de devenir un
acteur politique à part entière en quittant la périphérie du pouvoir et des
lieux de décision pour en intégrer le centre. C'est dans ce centre que j'évolue
déjà, certes, mais de manière informelle, puisque connaissant personnellement
certains proches du chef de l'Etat. Mais ce centre, c'est aussi les rapports de
force au sein de l'Alliance pour la
Majorité présidentielle (AMP) au Parlement, AMP dont la
colonne vertébrale reste le PPRD. Il faut à présent mûrir son action et ses
perspectives dans la période post-électorale.
Il faut noter que le paysage politique est moins flou que durant la période
dite de « Transition ». Les institutions de la IIIème République sont installées et des lignes de démarcation existent entre les différentes
formations politiques. J'ai eu l'occasion d'observer l'action sur le terrain
des partis politiques congolais et au préalable j'ai bien entendu et lu leurs
projets de société. La vision politique du Président de la République que le PPRD
incarne, me paraît la plus à même d'enclencher le développement de la République démocratique
du Congo. Durant la « Transition », il y a eu des alliances de
circonstance et les hommes politiques ont brillé par leur inconstance, à tel
point qu'être un homme d'appareil ou apparatchik desservait l'objectivité
voulue pour mes analyses politiques publiées ici ou là quand bien même l'on
sait que d'une certaine manière, la neutralité est factice et que je suis déjà
de la famille du chef de l'Etat.
De par mes qualités et mes relations antérieures, la perspective de mon
adhésion a été accueillie avec joie, car si le PPRD dispose d'une implantation
nationale, de moyens humains et matériels, d'un effectif conjugué aux partis de
l'AMP qui lui confère une large audience et lui permet de constituer la
majorité dans les deux Chambres du Parlement, il reste qu'à l'instar des autres
partis politiques, le PPRD n'est plus producteur d'idées-forces, de réflexions
anticipant sur les faits susceptibles de se produire. En somme, il y a un
déficit illustré par la léthargie constatée au lendemain de la victoire. Or, je
peux apporter, outre mon expertise, mes réseaux à un parti qui peut et doit
redémarrer.
Puisqu'il était hors de question que j'y adhère pour remplir les rangs
sinon comme colleur d'affiches, j'ai jaugé, soupesé cette décision d'adhésion,
et des contacts ont été établis au plus haut niveau. C'est ainsi que je me suis
entretenu avec Vital Kamerhe, le Secrétaire général du PPRD et actuel Président
de l'Assemblée nationale qui a vivement encouragé mon adhésion. Le dynamisme
connu de Vital Kamerhe peut et doit être épaulé par des conseils avisés, émis
par l'équipe productrice d'idées que je viens de rejoindre. En effet, il faut
des « cerveaux », des personnes qui puissent réfléchir, produire sur
les stratégies à venir. Dans la même perspective de parrainage, un entretien a
eu lieu avec un ami et collègue de l'Université Protestante au Congo, le
Professeur Toussaint Tshilombo, l'actuel ministre de l'Information, Presse et
Communication, et porte-parole du gouvernement. Enfin, dois-je ajouter, il y a
dans cette sorte de parrainage le PPRD André Kimbuta, actuel gouverneur de la
ville de Kinshasa. Le ci-devant n° 1 de la capitale congolaise est un de nos
aînés que j'ai connu lorsqu'il séjournait à Amiens en France il y a environ 7
ans, puis à Kinshasa, au ministère de l'Intérieur, lorsqu'il y travaillait aux
côtés du Professeur Théophile Mbemba.
Le PPRD organise son premier congrès sous la 3ème République, quelle
contribution pouvez-vous apporter à ce parti, et d'ailleurs allez-vous y
participer ?
Je pense que dans une famille, soit-elle politique, il faut savoir se dire les
choses en face. Je peux apporter d'abord ma franchise. A cet effet, il y a
comme un triomphalisme au sein de l'AMP en général et dans le PPRD en
particulier, et cela inquiète. La léthargie qui existe laisse penser que
beaucoup estiment que maintenant que le Président Joseph Kabila a été élu et
que le PPRD dispose avec ses alliés d'une majorité confortable, le combat est
terminé. Or c'est là une erreur monumentale ! Lors du Congrès, il va
falloir rompre définitivement avec cette attitude que véhiculent certains
cadres du parti, à savoir : puisqu'ils ont été élus, sinon nommés ici ou
là, ils n'ont plus rien à faire du PPRD. Cela équivaudrait à couper la branche
de l'arbre sur laquelle on est assis.
Je m'explique : l'Union pour la
Nation, et essentiellement le MLC, a perdu une bataille
électorale mais pas la guerre électorale. En effet, d'ici 2011 des surprises
peuvent être observées. En cas de dissolution et d'élections législatives
anticipées, une trop grande déception de la population et un PPRD titubant
peuvent entraîner un renversement de la majorité parlementaire. Les
incohérences au sein de l'AMP dont le PPRD fait partie sont des questions
cruciales qui doivent être analysées sans complaisance. L'élection du sénateur
Léon Kengo illustre le fait qu'au sein du PPRD et parmi ses alliés, tous ne
tirent pas dans la même direction.
Je pense apporter une contribution utile lors du Congrès. Je réponds donc à
votre question : il y a de fortes probabilités que je sois à
Lubumbashi ! A ce Congrès, sans rien dévoiler, je peux produire avec ceux
qui y travaillent déjà des pistes utiles sur la modernisation du parti, le
processus de responsabilisation de la base, la proximité souhaitée de la
diaspora avec le PPRD, la médiatisation des actions gouvernementales et la
rencontre des promesses avec les réalisations en vue de préparer les prochaines
échéances électorales…
Le Président Joseph Kabila est soutenu par le PPRD. Peut-on considérer que
votre adhésion à ce parti est donc un soutien explicite au Chef de
l'Etat ?
Je n'ai pas attendu d'adhérer au PPRD pour soutenir le Chef de l'Etat. Déjà, en
2005 je faisais publier dans divers médias un article intitulé : « Le
Président Joseph Kabila incontestablement mieux placé à ce jour pour inaugurer la IIIème République ».
Le Président sait que je le soutiens, tout comme ses conseillers que je connais
personnellement comme M. Marcellin Chishambo, le conseiller principal en charge
de la politique, de même que M. Antoine Ghonda, Ambassadeur itinérant. Le
Président Joseph Kabila suit de très près l'actualité et j'ai eu à participer
activement avec la
Présidence à l'élaboration du Projet de création de l'organe
en charge de la diaspora en décembre 2006 à Kinshasa. Aujourd'hui existe un
Vice-ministère chargé des Congolais de l'étranger. En bref et évidemment, mon
adhésion au PPRD est un soutien clair et net au Chef de l'Etat, dès lors qu'il
s'agit de participer sans faille à la réalisation des Cinq chantiers ou tout au
moins permettre que ces chantiers soient avancés, afin de préparer dès à
présent sa réélection, car 2011 va arriver très vite. S'il décide de se
présenter en 2011, le PPRD doit concevoir des stratégies de victoire électorale
et celles-ci se préparent dès maintenant ! Il en est de même pour les
législatives.
Comment entrevoyez-vous l'action du PPRD au sein du gouvernement d'une part et
au sein du Parlement d'autre part ?
Le PPRD n'a pas gagné seul et il gouverne donc avec les alliés de l'AMP.
Certains n'ayant pas eu gain de cause de par la répartition des portefeuilles
ministériels ont provoqué une cacophonie au Sénat, d'où l'élection de Kengo. Ce
genre de scénario semble démontrer que l'AMP est un géant au pied d'argile, ce
à quoi il faut dès à présent remédier. Dans cette perspective, le PPRD doit se
ressaisir, agir avec intelligence et sagesse. D'une part au sein du
gouvernement, notons qu'il n'y a pas cohabitation dès lors qu'existe une
concordance entre la majorité présidentielle et la majorité parlementaire, d'où
l'existence du Gouvernement Gizenga. Fort de cette concordance, le Gouvernement
participe à la réalisation de la vision politique du Chef de l'Etat, et le PPRD
doit veiller à rappeler cette priorité tout en veillant aussi au respect des
équilibres.
Si le PPRD veut à l'avenir se tailler la part du lion à l'issue des prochaines
élections législatives, il doit élaborer des stratégies dès à présent, pour
être moins dépendant des partis alliés : cela passe par le fait de gagner
le plus de sièges possibles, et rallier les Indépendants. Au sein du Parlement,
le PPRD doit constituer l'ossature du soutien au chef de l'Etat en conciliant
la majorité hétéroclite avec les objectifs maintenant connus, à savoir :
la réalisation des cinq chantiers. Que ce soit dans le Parlement ou au
Gouvernement, le PPRD affaibli participerait à l'affaiblissement du Chef de
l'Etat. Auss,i l'action du PPRD doit consister à réaliser au plus tôt, sinon
commencer effectivement, les chantiers du développement tels que tracés par le
Président de la République,
car c'est fort de ces réalisations que les électeurs feront à nouveau confiance
au Président Joseph Kabila.
Votre remarquable activisme a bien poussé d'aucuns à vous pressentir sinon à
vous considérer comme un potentiel candidat à de hautes fonctions
politiques, mais un tel positionnement n'a pas été constaté. N'en avez-vous pas
été frustré comme tant d'autres cadres au sein de la majorité présidentielle
ont semblé le manifester avec l'élection de Kengo à la présidence du
Sénat ?
Eh oui ! Cela ressort de mon implication dans l'actualité politique dans
notre pays. Sans cesse je me suis investi pour commenter, expliquer les
événements, que ce soit sur Internet ou dans divers médias à Kinshasa. C'est à
cause de cet activisme que beaucoup d'amis et proches m'incitent à intégrer la
sphère politique et devenir acteur à part entière, et ce au point de voir en
moi un ministrable. Ce qui ne m'a point déplu, évidemment. Mais la répartition
des fonctions politiques dans notre pays ne respecte pas seulement les critères
de compétence, comme vous le savez, sinon il y a belle lurette que je serais
aux premières loges.
En outre, le Président Joseph Kabila n'a pas gagné seul. Il y avait donc lieu
de respecter les équilibres, voire renouveler la classe politique. J'ai été
surpris de constater que certains s'attendaient absolument à me voir dans le
premier gouvernement de la IIIème République.
Or, je connais certains dirigeants
politiques qui ont participé beaucoup plus à la victoire du Président Kabila et
qui n'ont pas été désignés ici ou là. C'est d'ailleurs un secret de
polichinelle que mécontents, ces leaders politiques ont soutenu en coulisse le
sénateur Léon Kengo, candidat à la Présidence de la chambre haute. Personnellement,
j'estime que la
IIIème République ne fait que commencer et je me constitue en
réserve intellectuelle de la République. D'ici 2011, il y aura forcément des
changements. Au fur et à mesure, l'accent sera mis sur les critères de probité,
de compétence.
S'agissant de mes propres démarches et parcours, je ne peux nier la probabilité
qui était entrevue de me voir figurer dans les nouvelles institutions mises en
place après les élections, en l'occurrence au gouvernement. En politique les
ambitions sont légitimes et il n'est interdit à personne de les exprimer.
Cependant il y a aussi des considérations de réalisme à prendre en compte, de
sorte que l'on ne doive pas s'offusquer de la tournure parfois contraire que
prennent les événements en dépit des prévisions envisagées dans les tractations
des cercles du pouvoir qui ne me sont pas fermés.
Des considérations politiques ont effectivement prévalu pour l'aboutissement
notamment du gouvernement éléphantesque qui a été formé, les alliés du chef de
l'Etat devant recevoir quelques portefeuilles. Personnellement, je n'en fais
pas une obstination, car l'on peut être utile à son pays ailleurs qu'au
gouvernement.
Quels défis voyez-vous pointer à l'horizon pour le PPRD ?
Je résumerai ces défis en trois points avant d'émettre des considérations sur
les perspectives d'avenir.
1° Le PPRD doit sans complexe poursuivre sa tâche d'implantation et de
mobilisation des militants à travers tout le territoire national, voire dans la
diaspora.
2° Le réveil du PPRD pour sortir de sa léthargie passe par un véritable travail
d'autocritique.
3° Un parti politique a pour mission de conquérir le pouvoir, le garder une
fois acquis et donc dans cette perspective, préparer dès à présent pour ce qui
concerne le PPRD les stratégies électorales pour 2011 est capital.
S'il n'en demeure pas moins vrai que les théories politiques occidentales ne
sont pas forcément transposables aux réalités africaines, il est fort à parier
que si le PPRD quitte sa position d'attentisme et emprunte franchement une
politique de proximité avec nos compatriotes tant ceux sur le territoire
national que ceux émigrés à l'étranger, l'effet « bandwagon » sera à
nouveau observable lors des échéances de 2011, et dans l'intervalle qui nous
sépare de cette échéance, il aura accompli une triple mission : Informer,
éduquer, éveiller des consciences. Il s'agit des missions qui concourent au
développement de l'être humain.
Il est donc question d'investir dans le capital humain, car il va de soi qu'il
n'y aura pas de développement sans un réel changement des mentalités. Face à ce
défi, l'Etat à travers les administrations doit s'impliquer et il en est de
même pour les associations religieuses, humanitaires et caritatives. Mais c'est
aussi le rôle des partis politiques et le PPRD doit à nouveau renouer avec la
base, voire amplifier son ouverture vers la communauté congolaise de la
diaspora, porteuse d'espoir et d'une expertise nécessaire.
© Entretien compilé par Daniel Nzuzi et
Patrice Kiula
Congrès de l'UDPS
Kinshasa, 18/08/2007 / Politique
L’Udps a annoncé il y a deux jours la tenue prochaine d’un
congrès pour analyser son passé et prospecter sur son futur ; ce congrès sera
celui de tous les enjeux dans la mesure où ce parti n’a fait que voler d’échecs
en échecs au cours de son histoire mouvementée.
L’initiative de ce congrès aux effets d’annonce grossis, est à mettre au compte
du petit groupe resté fidèle au « lider maximo » après les déboires
de l’époque de la transition ; et l’ambition affichée est de redorer le
blason terni.
La question que tous les Congolais se posent est celle de savoir si l’Udps qui
donne l’impression d’agoniser, réussira à reprendre du poil de la bête pour
espérer se positionner en tant que nouvelle force politique dans l’échiquier
politique du futur. Les élections générales organisées en République
démocratique du Congo n’avaient pas fait que des heureux.
A ce jour, l’Union pour la démocratie et le progrès social, Udps, estime sans
doute qu’elle est le plus grand perdant des partis politiques. A la suite de
cet échec non avoué dans les milieux proches de la direction du parti cher à
Etienne Tshisekedi, ses ténors ont décidé de recharger leurs batteries en vue
de rassembler ses troupes éparpillées. Rémy Massamba, secrétaire exécutif de
ce parti, vient de rompre le silence qui caractérise habituellement les
dirigeants de l’Udps, quelle que soit l’ampleur des sollicitations. L’opinion
est désormais fixée qu’il se tiendra très prochainement un congrès de l’Udps.
Ces assises seront des assises de requalification selon la terminologie
officielle au sein des instances dirigeantes de la formation d’Etienne
Tshisekedi, dans la mesure où l’Udps n’a pas toujours été un parti comme les
autres. Avant d’annoncer l’heureuse nouvelle aux nombreux militants parmi
lesquels on dénombre beaucoup de cas de frustration, le haut cadre de l’Udps a
commencé par une critique en règle du gouvernement actuel et de ses projets.
C’est ainsi qu’il s’en est pris avec une rare violence à l’initiative prise
par le ministre des Mines de revisiter les contrats dits
« léonins » ; à leur place l’Udps aurait préféré l’annulation
pure et simple de tous les contrats se rapportant au secteur minier signés par
le gouvernement de transition.
Cette digression a le mérite de fixer les esprits sur le combat que continue à
mener « la fille aînée de l’Opposition politique » en République
démocratique du Congo, mais elle ne trompe personne sur l’état d’esprit de
toute la structure de l’Udps aujourd’hui entrain de lutter pour sa survie
politique au lendemain de ce qu’on peut bien appeler « la traversée du
désert ».
Une histoire mouvementée
On ne connaît pas encore la date à laquelle se tiendra le fameux congrès de
l’Udps ; il est question d’une mobilisation de tous les moyens humains et
matériels dont dispose le staff dirigeant de ce parti. L’annonce de la tenue
prochaine de cette rencontre inaugure une sorte de faire-part destiné à toutes
les forces vives du parti, pour la réussite de l’événement. Il y a du pain sur
la planche. La longue lutte de libération du peuple congolais entamée par
Tshisekedi et ses amis au plus fort de la dictature de Mobutu Sese Seko n’a pas
toujours été sans méandres sinueuses.
Auréolé par le succès de son courage politique et aidé par les turpitudes du
régime dictatorial, le « lider maximo » a souvent négligé la prudence
et la réserve. Jusqu’à l’époque de la
Conférence nationale souveraine, l’Udps avait le vent en
poupe. La prolongation de la transition sous un Mobutu qui pliait mais ne rompait
pas, a commencé à sonner le glas du leadership de l’Udps, aidé en cela par les
innombrables défections ou excommunications de ces têtes d’affiche.
C’est à ce moment que le parti avait besoin d’une autocritique. Rien ne fut
cependant entrepris pour soulager le peuple congolais des pesanteurs des
griffes du léopard, et donner un nouveau souffle au parti épuisé, mais les
purges continuèrent de plus belle, jusqu’à l’avènement de l’Afdl en 1997.
A ce moment de
l’évolution de l’existence de l’Udps, il était évident que l’avenir du parti de
Tshisekedi était, qu’on le veuille ou non, derrière lui. Car, dans une
République démocratique du Congo pleine de comptes à régler après plus de
trente ans de monolithisme, il n’ y avait pas encore de place pour une démocratie
pluraliste avant longtemps. M’Zée proclama pourtant une courte transition de
deux ans ; en face, l’impatience de l’Udps était très palpable et l’envie
d’en découdre avec les nouveaux maîtres venus de l’est, de plus en plus grande.
L’agression dont le pays fut victime en 1998, soit une année seulement après la
prise de pouvoir par l’Alliance des forces de libération du Congo, relégua pour
longtemps les espoirs de l’Udps d’accéder enfin au pouvoir qui lui avait
échappé depuis trois décennies par la voie des urnes.
Cette vérité indémontrable fut pour beaucoup dans les nombreux faux pas qu’on
impute au président national de l’Udps ; dès cet instant, ses inconstances
devinrent aussi célèbres que ses points de vue figés, que les militants du
parti s’obstinent à appeler pompeusement « charisme ».
A l’issue des laborieuses négociations pour mettre fin à cette guerre, l’Udps
fidèle à sa conviction intime d’être le véritable « ayant-droit » de
la démocratie à venir, refusa de se battre avec les autres pour gagner une
place au soleil, se disant qu’on allait la lui offrir.
Ce ne fut pas le cas. Muré dans son entêtement, le parti refusa également de
prendre part aux scrutins organisés dans un climat d’espérance nationale. Ce
qui devait arriver finit par se concrétiser : l’Udps est pour ainsi dire,
sur le carreau de la jeune démocratie congolaise. Dans un moment comme
celui-là, l’équation devient binaire ; soit on meurt soit on rebondit pour
survivre à l’ouragan de l’histoire. Par le congrès qui pointe à l’horizon,
l’Udps va donner la preuve qu’elle vient de choisir la seconde alternative.
© Prince Malko | L’Avenir
L’Etat-manqué congolais
Une relecture de Kisonga Mazakala et du collectif des universitaires
belges
Les Internautes Congolais(es) ont une « sacrée »
habitude : partager sur Internet certains textes dont ils voudraient faire
un large écho. Ces deux derniers jours, deux textes ont circulé.
Le premier est celui que l’ex-ambassadeur du Congo, Albert
Kisonga Mazakala intitulé ‘R.D. Congo : l’horizon s’assombrit’. Le
deuxième, signé par un collectif assez important des universitaires de l’U.C.L
(Université Catholique de Louvain-La-Neuve), est une ‘Lettre ouverte aux
« faiseurs de paix » en RDC’. (Les deux textes peuvent être lus
sur le site de Congoforum).
I. La responsabilité
constitutionnelle de Joseph Kabila
Le premier texte croit pouvoir « déceler des tendances
dictatoriales dans la gouvernance kabilienne ». Pour appuyer cette
allégation, Albert Kisonga donne ses preuves. « La première est cette
propension à monopoliser le pouvoir financier. L’argent, justement, fut la base
de la dictature de Mobutu. Le Président Joseph Kabila octroie des bourses, fait
des dons, sans préciser l’origine des fonds. Aurait-il gagné à la
loterie ? Non, répond Albert Kisonga, ce sont des fonds publics qu’il
manie à sa guise. » Les arrestations ciblées sont une deuxième preuve de
la tendance dictatoriale dans le chef Joseph Kabila. « Il y a pire :
les condamnés du procès de l’assassinat du Président Désiré Kabila demeurent en
prison demeurent en prison, en dépit de l’accord politique intervenu à Sun City
pour amnistier les crimes politiques. »
Pour Albert Kisonga, cette tendance à la dictature ne s’est
pas encore transformée en dictature. Pour étayer cette thèse, notre
ex-ambassadeur avoue qu’ « il y a certainement plus de
libertés politiques à Kinshasa que dans la plupart des pays de la région. La
libre expression journalistique dans la capitale congolaise en est la preuve
parlante. »
A ce point nommé, le texte de Kisonga devient difficile à
digérer. Qu’utilise-t-il comme instrument de mesure des libertés politiques
pour soutenir qu’il y a en a un peu plus au Congo que dans les autres pays de
la région ? Comment passe-t-il des preuves de l’existence des libertés
politiques à la dénonciation de l’insécurité ? En effet, soutient Kisonga,
« un des problèmes aussi est constitué par l’insécurité. Certains
collaborateurs du chef de l’Etat sont accusés de disposer des milices privées
et peuvent donc, Dieu seul sait s’ils s’en privent, menacer la vie des
tiers. » Pour disculper le chef de l’Etat, commandant suprême de sa milice
abusivement appelée « garde républicaine », Kisonga trouve un
subterfuge. Pour lui, « la faiblesse du pouvoir, comme conséquence de la
corruption, est telle que le Président de la République est loin de
tenir réellement toutes ses troupes en main.
La preuve est que lorsque des éléments de sa garde
prétorienne avaient décidé d’en finir avec Jean-Pierre Bemba, qui à ce moment
recevait chez lui les ambassadeurs occidentaux, ils s’étaient passés de l’aval
du Président. » Il en va de même des commanditaires présumés de
l’assassinat de Franck Kangundu. Qui aurait confié à Albert Kisonga « ces
secrets d’Etat » ? Notre ex-ambassadeur est-il dans le secret de la Présidence de la République ?
Albert Kisonga a-t-il le chiffre exact du nombre des prisonniers politiques et
d’opinion de l’Afrique des Grands Lacs ? S’est-il livré à une étude
comparative du nombre des journalistes tués dans cette région (et au Congo) et
des manifestations pacifiques dispersées depuis la mascarade électorale de
2006 ?
Là où Kisonga voit la promotion des libertés politiques en
faisant de Kinshasa le miroir du Congo et en innocentant Joseph Kabila, le
collectif des universitaires belges et européens note des dérives graves.
Il estime que « les pillages, les viols, la mise en esclavage sexuel des
femmes, la poursuite des recrutements d’enfants soldats, les meurtres et les
enlèvements ciblés de notables locaux et de journalistes qui sont perpétrés
dans les Kivu (mais aussi ailleurs) tant par des bandes armées hors la loi sans
aucun agenda politique et des trafiquants d’armes de tout bord que par une
armée congolaise qui n’est pas digne de ce nom, sont inacceptables (…) »
Pour eux, Joseph Kabila est responsable de cette situation. Pourquoi ? Il
« est constitutionnellement chef des armées ».
S’adressant à lui, ce collectif écrit ce qui suit :
« Au président Kabila, qui est constitutionnellement chef des armées, nous
souhaiterions dire que la légitimité qu’il a tirée des urnes ne fait pas
l’économie de celle qu’il doit tirer en priorité de la pacification du pays.
Celle-ci ne pourra être atteinte par de simples changements de titulaires au
niveau d’un état-major calfeutré dans la capitale, ou par des disproportionnées,
notamment d’une garde républicaine qui n’a toujours pas de statut
officiel ». Il ajoute : « A l’instar de tous les autres
« chefs de guerre » impunis, ses officiers ou sous-officiers
responsables de crimes contre l’humanité doivent être poursuivis
systématiquement par des tribunaux militaires qui doivent cesser soit de
vouloir interférer dans ce qui relève du droit pénal civil, soit de protéger
l’impunité des leurs. » Pour ce collectif, il n’y a pas que la corruption
qui justifierait les dérives de la garde républicaine et des autres bandes
armées. Il y a surtout l’impunité et le non-casernement de l’armée dont la
capacité de nuisance se passe de tout commentaire.
II. Dissidence
intérieure ou poches de résistance ?
Si Albert Kisonga décèle les tendances dictatoriales chez
Joseph Kabila sans établir sa responsabilité constitutionnelle dans la descente
de notre pays en enfer, il indique rapidement la grande menace à laquelle le
pays fait face : la dissidence interne et les Congolais qui l’entretiennent.
Il écrit : « La dissidence interne semble prendre des proportions
alarmantes. Elle contribue non seulement à saper la cohésion nationale mais à
entretenir la confusion. Il me semble que cette dissidence, grosso modo, puisse
être circonscrite à l’Equateur et au Kasaï. A l’Equateur, pour des raisons
évidentes. Avec Ileo et Bomboko dès 1960, Adoula et surtout Mobutu, l’Equateur
a joué un rôle prééminent depuis l’indépendance. Le lingala est devenu
quasiment la langue nationale, qu’on le veuille ou non. Aussi, beaucoup de ces
compatriotes n’ont pas accepté l’arrivée de l’Afdl au pouvoir et surtout la
tentative du swahili de vouloir ravir le leadership au lingala. »
Il y a, dans cette longue citation, une caricature de notre
histoire immédiate. L’Equateur a un fils ayant organisé une autre lecture de
son entrée « en dissidence ». L’arrivée de l’AFDL a été un arbre
cachant la forêt. Albert Kisonga ferait mieux de lire Crimes organisés en
Afrique centrale de Honoré Ngbanda. Il se rendrait compte de la superficialité
de son analyse. C’est d’un. De deux. Il ne semble pas avoir appris qu’après
« la guerre de Kinshasa du 22 et 23 mars, une chasse à l’homme a été
organisée contre les ressortissants de l’Equateur, tous assimilés aux membres
du MLC de Jean-Pierre Bemba.
Sait-il que Nzanga Mobutu est un allié de Joseph
Kabila ?
Albert Kisonga pèche par une communautarisation des
ressortissants de l’Equateur au point de les réduire à Ileo, Bomboko et Mobutu.
Sait-il que les services de sécurité des Kabila ont travaillé et travaillent
encore avec les ressortissants de l’Equateur ?
Communautariser un segment de nos populations et le
classifier est l’un des péchés capitaux des « politicailleurs »
congolais en mal de repositionnement. Est-ce cet effet que recherche notre
ex-ambassadeur trop dur en l’endroit des « Lubakas » ? Pour
lui, « la dissidence kasaïenne paraît plus forte que jamais. En fait,
écrit-il, lorsqu’on parle du Kasaï, il s’agit principalement des Lubakas. C’est
dans ce segment de la population que s’expriment les propos les plus venimeux
et les plus injurieux envers le pouvoir de Kabila. » Mettant entre
parenthèse les « délires d’un certain représentant de l’Udps dont tout le
monde constate qu’il frise la démence », il pense que Tshisekedi fils adoptant
un « ton apaisant » dans sa lettre à M. Mara Basaula sortait du lot.
Le comble est que M. Albert se pose en modèle de critique
positif que « les Lubakas » pourraient imiter. « Moi-même,
écrit-il, j’ai publiquement accusé M. Joseph Kabila de haute trahison. Mais à
aucun moment je n’ai usé des injures ni des propos pouvant être considérés
comme tels. Cela ne m’empêche pas de dénoncer, à chaque fois, son implication
dans la prédation, la corruption et maintenant la fragilisation de l’édifice
national au profit de l’ennemi. » Ces propos pro domo participent du
discours de la disqualification d’un segment de nos populations réduit à ses
deux ou trois ressortissants. Albert Kisonga connaît-il le nom de l’actuel
directeur de cabinet de Joseph Kabila ? Sait-il qu’il y a des
« Lubakas » plus kabilistes que Kabila lui-même ? Sa lecture de
la dissidence kasaïenne ne relève-t-il pas de cette « petite haine »
répandue dans certains milieux populaires congolais où il est conseillé que
face à un serpent et un « muluba », il faut tuer « un
muluba » et laisser filer le serpent ? Comme si « le
muluba » était pire qu’un serpent ? un « tshilulu »,
« un insecte » comme dirait Kyungu wa Kumwanza …
Ce genre des propos communautarisants est à proscrire. Il
véhicule une idéologie nocive pour notre devenir commun. Il est un avatar d’une
certaine ethnologie coloniale dont la classification des segments des peuples
avait pour visée « diviser pour mieux régner ».
Cela étant, l’attachement d’un bon nombre de
« Lubakas » aux valeurs de l’opposition politique telle qu’elle est
incarnée par l’Udps d’Etienne Tshisekedi n’est plus à démontrer. Mais l’Udps
est un parti politique et non une association des « Lubakas ». Aux
U.S.A., ce parti vient d’avoir un représentant qui est l’un des dignes fils du
Bandundu, M. Jacques Matanda. Répondant à une question sur l’opposition
politique congolaise, Jean-Claude Vuemba, député national et digne fils du
Kongo central, ne passe pas par quatre chemins pour avouer que « vous ne
trouverez (au Congo) qu’un icône, un leader incontesté, charismatique qui
est M. Etienne Tshisekedi wa Mulumba. » (Lire Cinq questions à Jean-Claude
Vuemba, dans Le Potentiel du 18 août 2007)
En effet, le fait que l’opposition parlementaire ait la
majorité des membres du MLC, parti cher à Jean-Pierre Bemba et qu’une grande
opposition extra-parlementaire se retrouve dans l’APARECO de Honoré
Ngbanda ne laisse pas indifférents les hommes au pouvoir à Kinshasa
et « leurs collabos ». Disons que le Grand Kasaï et l’Equateur,
une bonne partie du Bas-Congo et de plus en plus les Kivus sont en train de
devenir des bastions de la résistance à la dictature naissante à Kinshasa.
Cette résistance n’est pas nuisible à la cohésion. Elle n’est pas à réduire à
quelques dissidences réelles. Elle se nourrit des abus de ‘l’Etat-manqué’
congolais et est fruit du courage et de l’audace des compatriotes ayant renoncé
au ‘BMW’ pour une lutte dont l’horizon demeure le bonheur collectif partagé.
De toutes les façons, que Kisonga Mazakala qualifie cette
‘résistance’ de ‘dissidence’, cela ne l’engage que lui-même. Dans ces bastions
de la résistance congolaise, beaucoup de compatriotes sont arrivés à la même
conclusion que le collectif de membres d’universités et d’établissement
scientifiques belges et européens quand ils notent : « Les désastres
humains n’ont que trop duré en Afrique. Tant «l’appropriation africaine »
(…) que « le partenariat » sont des slogans de plus en plus vides, ne
rassurant que des diplomaties frileuses qui s’alimentent à une langue de bois futile
et déconnectée du terrain et qui tentent d’apaiser leurs consciences (et les
nôtres) par l’octroi de millions de dollars au titre de l’aide humanitaire. Le
droit à la sécurité est un impératif premier sans lequel la « bonne
gouvernance », la « décentralisation », le
« développement » et d’autres valeurs prêchées par la communauté
internationale n’ont aucune chance d’aboutir. »
Mais contrairement à ce collectif, les compatriotes
résistants ne croient plus à une justice militaire congolaise qui viendrait
mettre fin à l’impunité ou à la grande capacité de nuisance de la garde dite
républicaine. Ils savent que le fait que cette garde n’ait pas « de statut
officiel » est voulu afin qu’elle soit une police politique au service des
réseaux d’élite prédateurs. Ils savent que les « forces d’intervention
civilo-militaires rapides sur des théâtres d’opérations extra-européens »,
cet outil dont vient de se doter l’Union européenne, n’interviendront jamais au
Congo. Pourquoi ?
Le Congo a des minerais stratégiques que les multinationales
européennes exploitent en soutenant les milices de la mort et le chef de
« l’Etat-manqué » congolais. La sortie de la quadrature du cercle
sera prioritairement une initiative mûrie des poches de résistance congolaise
soutenues par les hommes et les femmes de bonne volonté. La plupart des
institutions et structures officielles, à travers le monde, se nourrissent du
suicide collectif congolais. Les poches de résistance éparpillées à travers le
Congo le savent. Elles l’ont compris. Qu’Albert Kisonga Mazakala les identifie
à des dissidences, cela n’aura aucun impact sur la lutte qu’elles ont décidée
de mener.
© J.-P. Mbelu
Vagues dans les Grands Lacs
Le Potentiel | 16
Août 2007
© Freddy Monsa Iyaka Duku
Insécurité persistante au Kivu, en République démocratique
du Congo. échauffourées le long des frontières communes entre l'Ouganda et la RDC.
Demande de la tenue du dialogue inter-rwandais par les opposants.
Détérioration des relations entre le pouvoir et l'opposition au Burundi. Autant
d'événements en si peu de temps dans la région très sensible de l'Afrique des
Grands Lacs, soulevant ainsi des vagues. Inquiétudes.
La succession des faits dans la région des Grands Lacs
suscite de nombreuses interrogations. Il y a cette insécurité persistante au
Kivu qui dérange. Si le processus politique en République démocratique du Congo
risquait d'être perturbé, telle éventualité aurait des effets d'entraînement au
Rwanda, au Burundi, en Ouganda. Ce qui ne permettrait pas d'entretenir des
relations de bon voisinage entre les pays de cette sous-région en vue de
répondre aux préoccupations de la
Conférence internationale sur la région de Grands Lacs.
Mais l'insécurité en RDC trouve aussi des causes au Rwanda
avec ces milliers de réfugiés, armés et non armés en République démocratique du
Congo. D'où ce souhait émis par les opposants rwandais, principalement ceux qui
sont installés à l'étranger pour qu'il y ait l'organisation d'un dialogue
inter-rwandais. La réaction de Kigali à cette proposition ne s'est pas fait
attendre : pas de retour au Rwanda sous condition. Pas de dialogue avec ceux
qui disposent de l'idéologie génocidaire.
Au Burundi, la situation s'est détériorée entre le pouvoir
et l'opposition. A telle enseigne que les représentants du FLN qui se
trouvaient déjà à Bujumbura ont quitté furtivement la capitale burundaise pour
rejoindre les maquis. L'éventualité de la reprise des hostilités n'est pas à
écarter. Or, si les combats reprennent, la RDC subirait toutes les conséquences.
Entre-temps, l'Ouganda et la RDC se regardent en chiens de faïence. Il a fallu
de peu que les armes crépitent plus fort n'eut été l'intervention de la Monuc. Il n'empêche que
des incidents, sur fond de la « guerre du pétrole », ont eu lieu, occasionnant
mort d'hommes, pendant que de part et d'autre de la frontière commune, les
armées ougandaise et congolaise ont redéployé les dispositifs militaires. Le
calme demeure précaire nonobstant le voyage de Kinshasa que vient d'effectuer
le ministre ougandais des Affaires étrangères.
Curieuse coïncidence
Autant de faits qui suscitent donc plusieurs interrogations.
Surtout qu'ils se passent quasiment au même moment. Comme si quelque part
existerait-il un complot qui ferait de la RDC le bouc émissaire de la déstabilisation de la
région qui engendrerait une nouvelle guerre.
Si l'on prend en compte les rapports de la Monuc, de l'Union
européenne, certains pays voisins à la
RDC ne sont pas étrangers dans cette « nouvelle rébellion »
au Kivu. Ils appuieraient cette rébellion pour que leur régime survive.
Au même moment, il y a cette situation au Burundi qui
inquiète déjà les pays de l'Union européenne. La dégradation pourrait affecter
les bonnes relations entre la RDC
et le Burundi. Pendant ce temps, la question des Interahamwe est toujours
d'actualité et entretient la méfiance entre Kinshasa et Kigali. Voilà que les
opposants rwandais reviennent à la charge en exigeant la tenue d'un dialogue
inter-rwandais pour parvenir à l'ouverture de l'espace politique au Rwanda.
Cependant, Kigali vient de réserver une fin de non recevoir sans équivoque à
cette proposition. Attitude qui ne contribue pas à la résolution de la question
des Interahamwe qui recommande l'implication tant de la RDC que du Rwanda dans la
perspective d'une solution satisfaisante durable.
La coïncidence qui frappe dans ces faits n'exclut pas
l'existence d'un complot qui ferait plus du mal à la République démocratique
du Congo.
Quand la RDC
se réveillera
Il est un fait que ces incidents interviennent au moment où la RDC est en train de se
réveiller. Le pays est à la quête de la stabilité, de la relance de son
économie et de sa renaissance pour retrouver sa place dans le concert des
Nations. De nombreuses personnes commencent à y croire et un sage africain
avait prédit que « quand la RDC
se réveillera, l'Afrique s'éveillera». Prophétie qui ne plait pas à tous ceux
qui ont agressé la RDC
et leurs complices tant internes qu'externes.
C'est justement en ces instants qu'il y a cette succession
d'événements de mauvais augure. Comme si les forces occultes et centrifuges ont
élaboré de nouvelles stratégies de complot contre la RDC pour l'empêcher à
décoller.
Les Congolais, plus particulièrement la classe politique,
doivent s'imposer une bonne lecture de tous ces événements afin d'éviter
d'autres surprises désagréables à la
RDC, enfin redevenue fréquentable. Au niveau régional, la Conférence
internationale sur la région des Grands Lacs offre de multiples opportunités
pour contrer toute action déstabilisatrice. La ratification du Pacte de
sécurité, de stabilité et de développement de la région des Grands Lacs demeure
un document juridique de haute portée internationale. En le ratifiant, la RDC traduirait en actes sa
volonté politique d'oeuvrer pour la paix, la sécurité et le développement de la
région des Grands Lacs.
Or, ces vagues dans les Grands Lacs, à travers tous les
faits que nous venons d'évoquer, visent justement à empêcher que la RDC retrouve tous ses repères
d'un Etat et d'une Nation. Ce qui permettrait de concrétiser le plan de la
balkanisation de la RDC
qui serait déjà en marche avec cette insécurité persistante au Kivu.
Rwanda : Le Roi Ndahindurwa prêt à rentrer
1959, l'année
où il a été renversé, affirme vouloir retourner dans son pays natal pour la
première fois en quarante-huit ans.
Le Roi Kigeli Ndahindurwa V, l'homme qui a dirigé le Rwanda
jusqu'en
Dans une interview à la BBC, le Roi Ndahindurwa V, 72 ans, estime
toutefois que son éventuel retour serait assorti d'une condition : que les
populations de son pays l'acceptent comme monarque constitutionnel. L'ancien
roi, qui s'exprimait depuis les États-Unis, a déclaré qu'il a évoqué l'idée
avec le président Paul Kagamé.
Le président aurait déclaré qu'il souhaitait consulter son
gouvernement sur la question. Kigeli Ndahindurwa était le dernier des rois
d'une lignée de monarques absolus qui ont unifié et régné sur le Royaume du
Rwanda de 1959 à 1961, date à laquelle la monarchie fut abolie.
La famille royale appartenait à la minorité tutsie ; en
1959, lors d'un séjour du Roi à l'étranger, les Belges organisent un coup
d'état, qui met un terme à la monarchie. Des dizaines de milliers de partisans
du Roi Kigeli Ndahindurwa, y compris l'ensemble de la famille royale, fuient le
pays.
Le Rwanda devient une république, avec un président Hutu, et
des milliers de Tutsis sont massacrés.
Eviction
L'ancien Roi, qui vit aujourd'hui à Washington, affirme
avoir récemment - sans autre précision de date - rencontré le président Kagamé
qui lui aurait signifié que lui, ainsi que la famille royale, seraient les
bienvenus au Rwanda.
Mais le Roi lui aurait répondu qu'il faudrait, au préalable,
résoudre une question : "Les Rwandais pourraient vouloir ou ne pas vouloir
de moi. Avant de rentrer au Rwanda, je dois savoir s'ils souhaitent toujours
que je sois leur roi", a-t-il déclaré.
Kigeli Ndahindurwa affirme qu'il se considère toujours comme
le roi, dans la mesure où il avait été évincé du trône dans l'illégalité. Il
souhaite retourner au Rwanda, en tant que monarque constitutionnel, mais
seulement si le gouvernement, ainsi que le peuple rwandais le souhaitent. Il a
ajouté que le président Kagamé n'a pas rejeté l'idée - il l'aurait écouté et
déclaré qu'il réfléchirait à la question, en référerait à son gouvernement, et
l'évoquerait de nouveau avec lui.
L'ancien monarque affirme qu'il attend toujours la réponse
du président Kagamé.
Kivu : à quel jeu "Joseph KABILA" et KAGAME jouent ils ?
RDC : des soldats d'une brigade "mixée" quittent
leurs positions dans l'est
© AFP | 17 août 2007
GOMA (RDC), 17 août 2007 (AFP) - Des éléments d'une brigade
"mixée" de l'armée congolaise, constituée d'ex-soldats insurgés
fidèles au général déchu tutsi Laurent Nkunda, ont déserté leurs positions dans
l'est de la République
démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris vendredi de sources concordantes. http://www.monuc.org/news.aspx?newsID=15195
"Un groupe de soldats de la brigade Bravo s'est replié
à Kiwanja, une localité de Rutshuru où est basé leur état-major, tandis qu'un
autre groupe "a pris une destination inconnue", a précisé ce notable.
Les positions de la brigade Bravo ont été immédiatement
investies par des rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du
Rwanda (FDLR), a affirmé à l'AFP l'administrateur de Rutshuru, Dominique
Bofondo."
"Des soldats de la brigade Bravo se sont retirés de
leurs positions où ils étaient déployés depuis plusieurs mois notamment à
Ishasha, Katiguru, Ngwenda et à Burahamba", localités du territoire de
Rutshuru à environ 75 km
au nord de Goma, capitale du Nord-Kivu, a affirmé à l'AFP Paul Ndeze, un
notable de Rutshuru.
Le retrait des éléments de cette brigade "mixée"
intervient après l'annonce de la décision de l'armée de la RDC de confier la traque des
rebelles hutus rwandais à des "brigades intégrées".
Les positions de la brigade Bravo ont été immédiatement
investies par des rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du
Rwanda (FDLR), a affirmé à l'AFP l'administrateur de Rutshuru, Dominique
Bofondo.
La brigade "mixée" Bravo était constituée des éléments de la première
brigade de réserve basée à Bukavu, capitale du Sud-Kivu, et d'ex-soldats
insurgés de Nkunda.
Le processus de "mixage", très critiqué notamment par la Mission de l'ONU en RDC
(Monuc), avait débuté en janvier à la suite d'un accord entre Kinshasa et
Nkunda, pourtant visé par un mandat d'arrêt international pour crimes de
guerre, à la suite de sa brève occupation en juin 2004 de la ville de Bukavu.
Le général Gabriel Amisi, chef d'état-major de la Force terrestre de l'armée
congolaise, a enjoint la semaine dernière toutes les troupes "mixées"
et "non mixées" à se rendre dans les centres de brassage où sont
formées depuis 2004 de nouvelles brigades de l'armée congolaise.
Le 20 août 2007 : Gouvernement- Provinces, ça va chauffer !
Le
report à une date indéterminée de l’application de la disposition
constitutionnelle autorisant les provinces à retenir à la source les 40% de
recettes à caractère national a suscité un bras de fer entre le gouvernement et
les autorités provinciales.
Une concertation convoquée en début de semaine à
Kinshasa n’a pu apaiser les esprits. Récusant les explications techniques du
ministre du Budget sur la question, les provinces veulent entendre le président
de la
République. Rendez-vous est donc pris pour lundi, 20 août.
N’empêche que, selon des échos qui parviennent de partout, les négociateurs se
disent déterminés à ne pas se faire des quartiers.
Lundi 20 août 2007, une importante rencontre est prévue ici
à Kinshasa, vraisemblablement sous la présidence du chef de l’Etat. Elle
regroupera les autorités provinciales et le staff du Gouvernement central. Elle
fait d’ailleurs suite au désaccord survenu à l’issue des échanges, la semaine
passée, entre les mêmes responsables provinciaux et le ministre du Budget.
Sujet de controverse : les modalités d’application de la disposition
constitutionnelle portant sur la retenue par les provinces, à la source, des
40% des recettes publiques à caractère national.
Déjà au cours de précédentes rencontres, il a surgi la
querelle des «mots». Là où les textes et les provinces parlent de «retenue à la
source», le gouvernement a subtilement introduit la notion de «rétrocession».
Il est évident que, sur le principe, le gouvernement émet sur la même longueur
d’onde que les provinces. Voilà qui révolte ces dernières.
Techniquement, le gouvernement voudrait convaincre ses
interlocuteurs – gouverneurs de province et assemblées provinciales – qu’il
entend gérer seul le compte général du Trésor, du moins pendant un certain
temps, pour répondre aux engagements publics qui sont les siens actuellement et
ce, en attendant la mise en route de la décentralisation effective consacrée
par la loi. Argument que rejettent les provinces, au motif que la disposition
constitutionnelle relative à la «retenue à la source» ne subordonne pas
celle-ci à une quelconque loi. En outre, plaident les intéressées, l’absence
des 40% dans leur budget handicape fortement le fonctionnement des institutions
provinciales, attirant le discrédit sur la personne des élus provinciaux
vis-à-vis de leurs électeurs.
Le Katanga et le Bas-Congo haussent le ton
Quoi qu’il en soit de cette querelle aux contours flous, il
convient de souligner que le comportement du gouvernement est dicté par ses
engagements à l’égard des institutions de Bretton Woods qui «surveillent»
l’exécution du Budget 2007, et promettent des appuis budgétaires. Donc, en un
mot comme en mille, le gouvernement joue la carte de sa propre crédibilité vis-à-vis
de ses partenaires extérieurs : ou bien il maîtrise ses finances et respecte le
cadre macro-économique négocié avec eux ; ou il prend des libertés et se prive
de tout soutien extérieur. Un véritable nœud gordien.
La bataille des 40%, on le voit, revêt de multiples faces.
Les intérêts des uns et des autres ne sont pas nécessairement les mêmes, en
dépit du fait que tous disent œuvrer pour l’intérêt public, provincial ou
national. Mais elle aura l’avantage de montrer la volonté des provinciaux de
s’assumer et de ne pas jouer le rôle de figurants. Comme sous les précédents
régimes.
C’est donc cet état d’esprit qu’ont exprimé, la semaine
dernière, quelques autorités provinciales. En l’occurrence Moïse Katumbi,
gouverneur de la Province du Katanga et François Kimasi, président de l’Assemblée provinciale du
Bas-Congo. L’un et l’autre ont haussé le ton.
Le gouverneur du Katanga s’en tient à la Constitution. A
partir du mois de septembre prochain, il retiendra à la source les 40% revenant
à sa province. Il s’agit, a-t-il insisté, d’une disposition constitutionnelle.
«A moins qu’il y ait une autre Constitution. Alors, qu’on nous le fasse
savoir», a insisté le bouillant gouverneur du Katanga.
De son côté, le président de l’Assemblée provinciale du
Bas-Congo y est allé avec le même élan en faisant savoir qu’il n’existe aucun
problème, invitant seulement le gouvernement au respect des textes. «Puisqu’un
compromis est intervenu pour que cette disposition soit d’application au mois
de septembre, il devra en être ainsi», a-t-il fait savoir.
L’intervention du président de la république
Tous les gouverneurs de province insistent sur l’exécution
de leurs programmes afin de développer leurs entités. Or, l’élaboration de ces
programmes a justement pris en compte les recettes émanant des retenues à la
source. Ne pas appliquer la constitution, en cet article, équivaudrait à
empêcher l’exécution des programmes de travail des institutions provinciales.
Mais pour le gouvernement central, se plier à cette
disposition constitutionnelle en ces instants précis, se traduirait également
par un manque à gagner considérable, en termes de ressources financières, pour
faire face à l’exécution du Budget 2007. Surtout que les appuis budgétaires
extérieurs risquent de ne point tomber dans son escarcelle.
Il n’est un secret pour personne que pour le FMI et la Banque mondiale, la RDC ne sera pas éligible à un
quelconque accord de réajustement structurel avec les institutions financières
internationales. Et au-delà, il faut mettre une croix à l’accès au programme
PPTE (Pays pauvres très endettés). Tout simplement parce qu’il lui sera
impossible d’atteindre le point d’achèvement.
Il est désormais question de trouver un compromis entre les
deux parties. Voilà pourquoi les provinces se sont adressées au président de la République. A en
croire des informations en notre possession, la rencontre du lundi 20 août
pourrait être présidée par le Joseph Kabila en personne.
Cette «médiation» se justifie dans la mesure où le pays tend
vers une impasse budgétaire. Si les gouverneurs de province se «rebellent en
respectant la disposition constitutionnelle» le gouvernement central sera privé
d’importants moyens financiers.
Il ne sera pas en mesure d’appliquer les valorisations
salariales qu’il vient de décider au profit des agents et fonctionnaires de
l’Etat, y compris les bourses aux étudiants des universités publiques.
Conséquence : explosion sociale et ses corollaires. Ceci dit, la rencontre du
20 août 2007 entre le Gouvernement et les autorités provinciales s’annonce
déterminante.
La folle dérive du Rwanda
Cliquer sur l'image pour lire l'article
Décès du conseiller juridique du président Kabila Gaston Nawej Katok
© Belga
Le conseiller juridique du président congolais Joseph
Kabila, Gaston Nawej Katok, est décédé ce samedi en Afrique du sud, a annoncé
la présidence de la république démocratique du Congo (RDC), citée par la radio
onusienne Okapi.
Malade, M. Nawej avait été transféré le 6 août dernier à Johannesburg après
avoir été hospitalisé à la clinique Ngaliema de Kinshasa. Son décès a été
annoncé par un communiqué diffusé par la présidence, a laconiquement précisé
Radio Okapi, parrainée par l'ONU, dans son bulletin du soir.
M. Nawej, considéré comme un fidèle du président Kabila, avait été nommé en
mars dernier conseiller pour les questions juridiques et administratives. Le 9
août, la présidence avait démenti son décès à la suite de rumeurs faisant état
de sa mort et faisant un lien avec le décès inopiné, le 1er août, également en
Afrique du sud, d'un autre proche collaborateur de M. Kabila, son conseiller
spécial en matière de sécurité, Guillaume Samba Kaputo, à la suite d'une crise
d'hypertension artérielle.
Juriste formé à l'université Lovanium de Kinshasa, puis magistrat, M. Nawej
avait été avocat général de la
République après avoir assumé les fonctions de secrétaire
permanent du Conseil supérieur de la Magistrature.

