20 août 2007
Kivu : Désertion au sein de la Brigade mixée « Bravo »
© Le Potentiel | Freddy
Monsa Iyaka Duku | 20 Août 2007
La situation demeure préoccupante au Kivu. Des mouvements
incessants des militaires et ceux des forces négatives accentuent chaque jour
des inquiétudes tant qu'ils provoquent le déplacement massif des populations.
La dernière nouvelle portant désertion des militaires au sein de la Brigade mixée Bravo est
loin d'apaiser ces inquiétudes.
De nombreux militaires qui faisaient partie de la Brigade mixée « Bravo» ont
déserté leur unité. Il s'agit particulièrement des hommes appartenant au
général dissident Laurent Nkunda. Ils étaient déployés dans les localités de
Ishasha, Katiguru, Ngwenda et Burahamba. Selon les premières informations,
certains d'entre eux auraient rejoint la localité de Kiwanja où est basé leur
quartier général. D'autres auraient pris une destination inconnue. Mais à en
croire des informations concordantes, ils auraient rejoint leur «chef».
Cette désertion, affirme-t-on, intervient après les
déclarations du Général Amisi, chef d'Etat-major de Force terrestre suspendant
des opérations militaires contre les rebelles rwandais des FDLR. Une décision
qui a suscité controverses jusqu'à amener cette précision des FARDC.
En effet, selon le général Vainqueur Mayala, les opérations
se poursuivent et ne seront menées que par des brigades brassées. Le temps pour
ceux qui ont bénéficié du mixage parachèvent leur brassage. Car en fait, les
opérations militaires ont provoqué des effets pervers à l'endroit des
populations, et qu'en plus, la rivalité hutu-tutsi est montée d'un cran que
l'on craignait qu'on parle de nouveau d'un autre génocide. Voilà qui a provoqué
cette suspension. En attendant que d'autres stratégies soient d'application, ce
sont les unités brassées qui devraient poursuivre des actions militaires contre
les FDLR.
La méfiance persiste
En mars 2007, lors de la rencontre de Kigali, la RDC, le Rwanda, l'Ouganda et
le Burundi, dans le cadre la
Tripartite Plus 1, avaient convenu d'oeuvrer ensemble en vue
de renforcer la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs. Aussi, lors
de cette rencontre, la neutralisation des forces négatives était à l'ordre du
jour. Malheureusement, cette action commune a provoqué des interprétations
sélectives, à tort ou à raison, dans cette crainte de revoir les armées
rwandaise et ougandaise revenir «officiellement» en RDC, commettre d'autres
dégâts à l'image de ce qui s'était passé pendant l'occupation.
La mise en place des «brigades mixées», semble-t-il, devrait
également concourir à la neutralisation des forces négatives. Ici aussi, les
résultats sont controversés. Non pas seulement on a reparlé de la résurgence de
la rivalité hutu-tutsi, cette fois congolais, mais que la population payait
encore le prix fort.
Mais la suspension des opérations militaires a soulevé aussi
d'autres problèmes. Les FDLR ont réoccupé les positions jadis tenues par les
brigades mixées. En plus, ils ont crié à la victoire, surprenant de nombreux
observateurs qui se sont interrogées sur les intentions réelles de Kinshasa.
Entre-temps, il nous revient que Nkunda, se sentant menacé, croit déjà à une
probable «coalition FARDC-FDLR», et se préparerait en conséquence. Ce qui n'est
pas de nature à calmer les esprits et à restaurer la paix dans cette partie du
pays.
La désertion de ces éléments ne fait qu'accentuer des
inquiétudes. Pas plus tard que la semaine derrière, un collectif
d'universitaires belges vient d'interpeller le président de la République, la Monuc et l'Union européenne
pour qu'ils s'impliquent efficacement afin d'être réellement des « faiseurs de
paix». A Kabila, c'est en sa qualité de président élu démocratiquement et
garant de la sécurité de tous les Congolais que cette interpellation lui a été
adressée.
A la Monuc,
de mettre un terme à ce « ping pong» avec les autorités congolaises quant à la
responsabilité de chaque partie d'assumer la sécurité et la paix. Mais de
s'appuyer sur le chapitre VII de la
Charte de l'Onu. Par conséquent, il ne peut y avoir
d'économie quant au recours à la dissuasion militaire à l'endroit des forces
négatives. Enfin, l'Union européenne devrait agir en conséquence. Après avoir
investi plus de 500 millions d'euros, il serait totalement incompréhensif de se
désengager subtilement en versant dans des atermoiements pour ne pas épauler efficacement la Monuc et les
FARDC à restaurer rapidement la paix en RDC.
Affaire à suivre. La situation demeure préoccupante et le
processus politique en RDC est toujours en danger. Comme si la «guerre des
enjeux économiques régionaux et internationaux» se poursuit.
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