21 août 2007
Le Congo de la résistance existe. Les médias officiels n’en parlent pas !
En lisant les journaux congolais hebdomadairement, une
remarque peut être faite : le Congo de la résistance n’y figure presque pas.
L’image du Congo qui y transparaît, c’est celle d’un pays mis sous la botte des
« maîtres du monde » et de leurs valets, c’est l’image du Congo de
l’impuissance, des services de sécurité et de la police au service du « Raïs »
; c’est le Congo de la peur.
Petit à petit, en recourant aux NTIC, Lambert Ngoyi et ses
amis (de Congonetradio) sont en train de briser cette image édulcorée de notre
scandale géologique. Oui. Le Congo de la résistance existe. Les médias
officiels n’en parlent pas. Servir continuellement à travers leurs manchettes
le Congo de l’impuissance sert la cause de l’humanitarisation d’un pays aux
potentialités énormes et celle des libérateurs-prédateurs. Le Congo de
l’impuissance nous enferme dans un cercle vicieux, dans une quadrature du
cercle nous poussant à soupirer en disant : « Watupandisha nganyi ? » (Qui nous
sauvera ?) Mais voilà ! Celui qui a suivi attentivement l’échange entre Lambert
Ngoyi et Raoul Nsolwa, ne peut plus facilement souscrire à cette
image incapacitante de notre pays.
I. Les faits
Raoul Nsolwa fait partie d’un mouvement dénommé les
compagnons d’Etienne Tshisekedi. Mercredi 15/08/2007, ils s’apprêtaient, lui et
ses compagnons, à organiser une manifestation pacifique pour commémorer la
nomination de leur « compagnon Tshisekedi » au poste de premier ministre à la Conférence Nationale
Souveraine. Ils avaient pris soin d’informer les autorités de la ville de
Kinshasa (Limete) à temps (le 7/08/2007). (A ce sujet, que dit la Constitution de la
troisième république ? L’article 26 stipule ce qui suit : « La liberté de
manifestation est garantie. Toute manifestation sur les voies publiques ou en
plein air, impose aux organisateurs par écrit l’autorité administrative
compétente. » Et l’article 25 : « La liberté des réunions pacifiques et sans
armes est garantie sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public et des
bonnes mœurs. »)
Malgré le fait que Raoul Nsolwa et ses compagnons étaient en
règle avec la loi fondamentale, ils ont vu débarquer les forces de la police
nationale là où la manifestation devait se tenir. Elles se sont mises à
brutaliser tout le monde et à tirer à balles réelles avant d’embarquer « les
compagnons d’Etienne Tshisekedi » dans un camion pour les conduire chez un
colonel chargé de les auditionner. Dans le camion, Raoul Nsolwa et ses amis ont
été soumis à un traitement inhumain. Les policiers les ont piétinés avec leurs
« sales bottes ».
Selon le témoignage de la hiérarchie de la police et de
celle des services de sécurité, l’ordre de disperser la manifestation aurait
bénéficié du concours de deux grosses légumes de l’UDPS : le Secrétaire Général
(Rémy Massamba) et le président du Comité National du parti (Valentin Mubake).
Ces deux messieurs seraient en intelligence avec le pouvoir en place à
Kinshasa. Ils essaieraient d’informer ce pouvoir de tout se qui se passe à
l’UDPS. (A moins que la hiérarchie de la police et celle des services de
sécurité cherchent à salir ces personnalités, il serait dommage que l’UDPS
aient ses taupes !)
Après l’interrogatoire initié par « le colonel » et auquel
Raoul Nsolwa a été soumis, deux autres personnalités importantes de l’UDPS
(M. AKA , directeur de cabinet d’Etienne Tshisekedi et M. Kabangu, Secrétaire
Général adjoint du parti) se sont rendues sur les lieux de l’interrogatoire
pour demander la libération de Raoul et ses amis. Chose qui fut faite.
II. La lutte de Raoul
Nsolwa et ses amis
La main sur le cœur, Raoul Nsolwa confie à Lambert Ngoyi que
les compagnons d’Etienne Tshisekedi luttent pacifiquement et dans la
non-violence pour faire triompher la vision que « leur compagnon » a de la
démocratie. Pour eux, l’heure de la vérité a sonné. Pour l’entourage de
Tshisekedi et pour le peuple congolais. Ainsi sont-ils décidés à conscientiser,
à mobiliser et à soulever le peuple en s’entretenant régulièrement avec lui sur
la conception tshisekedienne de la démocratie.
Cette lutte coordonnée par Raoul Nsolwa est fondée sur deux
grandes convictions : un soutien physique, moral et spirituel inconditionnel à
Etienne Tshisekedi et la décision de ne reculer devant rien pour le triomphe
des valeurs démocratiques. A ce sujet, voici ce que Raoul dit à Lambert Ngoyi :
«Je suis prêt à aller jusqu’à la tombe… On peut me tuer ; tuer mon épouse ;
tuer les compagnons ici présents. Il y aura toujours d’autres compagnons qui
vont surgir pour défendre la vision de la démocratie tshisekedienne, par la
grâce de Dieu. »
Au nom de cette vision, Raoul et ses amis projettent une
grande marche pacifique qui partira du rond-point victoire jusqu’à la prison de
Makala pour exiger la libération d’un prisonnier politique (le pasteur
Kouthino). Cette marche est fixée au 13 décembre. Elle participe de la lutte
pour la défense des libertés fondamentales dont la liberté d’expression, la
liberté de pensée et la liberté d’action. Au nom de ses valeurs, Raoul Nsolwa
et ses amis sont décidés à passer la nuit devant les portes de la prison
centrale.
III. Essai de
relecture des faits
Nos forces de polices et nos responsables des services de
sécurité arrivent à parler avec leurs frères et sœurs décidés à lutter contre
le retour de la dictature au Congo. Ce ne sont pas (toujours) des monstres !
Malheureusement, il leur arrive d’exécuter des ordres illégaux. Par ignorance
ou sous pression ?
En effet, la
Constitution de la troisième République, à son article 28
stipule : « Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal. Tout
individu, tout agent de l’Etat est délié du devoir d’obéissance, lorsque
l’ordre reçu constitue une atteinte manifeste au respect des droits de l’homme
et des libertés publiques et des bonnes mœurs. » Cette Constitution est-elle
lue et étudiées chez nous ? A tous les niveaux de la vie sociale et politique ?
En parlant, ces services dévoilent l’une des tares de nos
partis politiques : ils ont presque tous des taupes, des compatriotes qui,
fatigués par la longue lutte pour le triomphe des valeurs démocratique,
décident de sauver les apparences tout en trahissant la cause qu’ils ont
défendue hier. Pour les partis congolais décidés à organiser leurs congrès
cette année-ci, plancher sur cette tare et la course facile au pouvoir pourrait
les sauver et sauver le pays de la descente en enfer.
De l’échange de Lambert et Raoul, il ressort qu’au Congo, «
il y aura toujours des justes, des acharnés » (E. JOLY, La force qui nous
manque, Paris, Les Arènes, 2007, p.34)
De plus en plus, les Congolais agissent en réseau et en
synergie. Lambert Ngoyi a cherché à atteindre Raoul Nsolwa sous l’instigation «
des amis » de Londres et de Paris. Donc, Raoul Nsolwa et ses compagnons ne sont
pas seuls dans leur lutte. Ils ont l’appui des patriotes et des compatriotes
dispersés à travers le monde.
Contrairement à une habitude millénaire faisant des dignes
fils et filles d’un pays des héros nationaux après leur mort, Raoul Nsolwa et
les autres compagnons d’Etienne Tshisekedi dérogent à la règle. Ils font entrer
Etienne Tshisekedi dans l’éternité de l’histoire congolaise et mondiale de son
vivant. Ils deviennent du vivant de « leur compagnon » les relayeurs de sa
lutte à travers les différentes générations contre vents et marées ! A travers
Raoul Nsolwa et ses compagnons, à l’exemple de certaines grandes nations du
monde, le Congo innove.
Les Congolais(es) croyant, à tort, que leurs compatriotes ne
font que parler sans agir, ont, en Raoul et les compagnons d’Etienne
Tshisekedi, l’exemple d’une action non-violente et noble.
Notons en passant que les compagnons d’Etienne Tshisekedi
s’inspirent d’un modèle biblique : les compagnons de Daniel. La Bible contient des savoirs
disqualifiés pouvant, une fois reconquis, servir des luttes pacifiques. Raoul
et ses amis prouvent que la religion n’est pas toujours « l’opium du peuple ».
En écoutant Raoul, il devient évident qu’il existe au Congo,
des forces de changement décidées à se battre pour le triomphe des valeurs
démocratiques à mains nues.
Soutenir, des quatre coins du monde, cette noble lutte est
un devoir patriotique noble. Il n’y a plus de place pour la dérobade. Le Congo
de demain naîtra de notre respect commun de ce devoir. C’est le prix à payer
pour que ce Congo arraché des mains des réseaux mafieux nationaux et
internationaux de la prédation nous appartienne. Sans plus.
© CongoOne , Mise en
ligne le 19-08-07
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