21 août 2007
Pourquoi tant de décès chez les collaborateurs de Joseph Kabila ?
La RD Congo connaît une vague sans précédant d’assassinats par coup de
feu et par empoisonnement depuis le parachutage de Joseph Kabila au pouvoir en
2001, suite à l’assassinat violent de Laurent Désiré Kabila (son père
biologique ou adoptif ? )
En effet, sans rentrer dans une énumération détaillée des
noms des Congolais morts de manière mystérieuse ou violente, nous prendrons le
cas de Laurent Désiré Kabila l’ancien Président de la RD Congo.
Les présumés
coupables furent condamnés à mort après un simulacre de procès devant la cour
d’ordre militaire
L’opinion se demande toujours s’il n’existe pas un lien
direct entre cet assassinat et d’une part la volonté affichée de LD Kabila de
revoir tous les contrats miniers léonins, sans exception, signés par
l’AFDL ; la découverte , six mois plus tôt, d’armes de guerre dans le
bâtiment du consulat de la
Belgique à Lubumbashi, par les agents de l’ANR ; d’autre
part, la présence de Joseph Kabila à Lubumbashi après sa trahison lors de la
défaite spectaculaire de l’armée nationale congolaise à Pwéto face aux hommes
de Paul Kagamé ; ainsi que l’annonce précipitée de la mort de LD Kabila
par le Ministre Belge des Affaires Etrangère de l’époque (une figure bien
connue pour sa main mise dans les affaires intérieures congolaises), celui-ci
n’avait pas hésité à annoncer, sourire aux lèvres, le décès de LD Kabila
quelles que heures seulement après le coup de feu fatal . L’opinion n’a
pas oublié son activisme dans l’organisation, la sécurisation et le financement
par la communauté internationale, du hold-up électoral en faveur de son
protégé. Les officiels congolais annoncèrent cette triste nouvelle à la
population 48 heures après.
Les membres de la famille biologique de LD Kabila n’ont pas
été épargnés. Il est intéressant de se rappeler l’assassinat de Madame
Espérance Taritibu Kabila, la sœur de LD Kabila. Cette mère de famille fut
assassinée en 2005 de manière violence à Lubumbashi, selon le même mode
opératoire que son défunt frère. Selon ses proches, cette dame ne supportait
plus de garder le silence sur l’assassinat de son frère et sur la filiation de
Joseph Kabila. Certains enfants de LD Kabila vivent curieusement en exil, au
moment ou leur supposé frère est au pouvoir !
D’autres parts, nous constatons avec stupéfaction une série
de décès probablement par ingestion des substances toxiques, les symptômes
et la vitesse de la survenue des décès renforcent cette hypothèse. Sans être
limitatif, voici quels que noms qui nous viennent à l’esprit : le parlementaire
Kanga Boongo ; Vangu Mambueni ; le chef d’état major de l’armée
terrestre le général Sylvain Buki ; Madame Mungalu de la maison
civile du chef de l’état congolais; le colonel Nzalel ; le conseiller
spécial de la présidence en matière de sécurité le Professeur Guillaume Samba
Kaputo ; le conseiller principal des affaires juridiques de la présidence
le Professeur Gaston Nawej Katok, pour ne citer que ceux-là. Certains officiels
sont en observation ou en soins intensifs à Kinshasa ou à l’étranger, dont
l’ancien vice-président de la transition Monsieur Zahidi Ngoma, celui qui a osé
traiter publiquement Laurent Nkundabatware de « Rwandais de son Etat ! »,
mais il fut très vite rappelé à l’ordre par Joseph Kabila !
L’argentier personnel du Raïs, Monsieur Augustin Katumba
Mwanke, connaît aussi des sérieux problèmes de santé. Pour rappel, ce dernier
est cité dans tous les rapports d’enquêtes sur le pillage des richesses de la RDC et les contrats léonins.
Nous ne pouvons passer sous silence l’assassinat violent du journaliste Frank
Ngyke Kangundu et son épouse ; celui de François Bapa Mwamba et Serge
Mayeshe. Dans ce registre, l’opinion se souvient de l’assassinat
sauvage du défenseur des droits de l’homme Pascal Kabungulu Kimbembi le
secrétaire Exécutif de l’ONG Héritiers de la Justice
En examinant la liste des personnes récemment décédées dans
l’entourage présidentiel, nous nous rendons bien compte qu’il s’agit des
personnalités (les Katangais Guillaume Samba Kaputo et Gaston Nawej Katok,
décédés à moins d’un mois d’intervalle seulement) qui ont pris une part active
lors des négociations secrètes à Kigali, afin d’opérer le mixage illégal des soldats
dissidents rwandophones, du renégat Laurent Kundabatware, dans l’armée
nationale congolaise, malgré qu’ils continuent à porter les uniformes de
l’armée nationale rwandaise en tout impunité sur le territoire congolais,
information confirmée par la
MONUC. Nous sommes en droit de nous inquiéter sur la santé du
Général John Numbi et celle du conseiller principal en charge des affaires
politiques Monsieur Marcellin Tshisambo, qui ont aussi pris une part non
négligeable dans ce dossier brûlant, dont les contours cachent mal une haute
trahison à l’actif du président congolais.
Les récentes déclarations fracassantes du général dissident
Laurent Kundabatware, face à la presse nationale et internationale, démontrent
à suffisance la complicité existante entre lui et Joseph Kabila, son ancien
compagnon d’arme au sein du Front Patriotique Rwandaise de Paul Kagamé. Aucun
proche de Joseph Kabila n’est sorti pour contredire les affirmations de
Kundabatware sur son rôle dans le succès électoral de Joseph Kabila dans les
territoires occupés par ses hommes, les origines Tustis de Joseph Kabila, le
soutien de Joseph Kabila aux rebelles du FDLR, ainsi que son enrôlement comme
un «enfant soldat » dans l’armée rebelle de Paul Kagamé (cfr l’interview
de Kundabatware dans le journal Le soir, Le soft, Jeune Afrique et BBC
afrique).
Par ailleurs, bien d’autres proches du chef de l’Etat
congolais doivent redoubler de vigilance. En l’occurrence : sa propre mère
(ou supposée mère) Maman Sifa Mahanya. Cette dernière se sentant en insécurité
a dû renvoyer les agents de la
GSSP commis à sa garde rapprochée par «son fils », afin
de les remplacer par environs 2000 hommes venus tout droit de son Maniema natal
; son épouse Olive Lembe di Sita ; son porte- parole Kudura Kasongo ;
l’ancien Ministre de l’intérieur le Professeur Théophile Mbemba (architecte de
l’exclusion de l’UDPS du processus électoral), il figure actuellement en bonne
place sur la liste noire du Raïs ; le frère de l’opposant Katebe Katoto,
l’actuel gouverneur du Katanga Monsieur Moïse Katumbi, dont la popularité dans
la province du Katanga fait perdre la tête à Joseph Kabila.
Le cas le plus alarmant est celui du président du parlement
congolais, Monsieur Vital Kamheré dont les dernières sorties médiatiques,
affirmant que Joseph Kabila lui doit tout, n’ont pas du tout plu au chef de
l’Etat congolais. Vital Kamheré n’a certainement pas oublié qu’il a
miraculeusement survécu à un empoisonnement en 2002 ! Au siège du parti
politique du Raïs le PPRD, les effets personnels du secrétaire général Vital
Kamheré furent jetés dans la rue au mois de juillet 2007, juste après sa
dernière interview sur Jeune Afrique et sur Radio Okapi.
Nous attirons aussi
l’attention de l’opinion sur le risque encouru par l’Abbé Apollinaire Muholongu
Malu-Malu le président de la commission électorale indépendante, une pièce
maîtresse dans la mascarade électorale qui a conduit à l’élection de son ancien
patron. Ces dernières décisions politiques (contestation de l’éligibilité aux
postes de gouverneur pour cause de double nationalité en défaveur de Monsieur
Alex Kande Mupompa et Dominique Kanku) ont débouchés à l’ouverture de la boîte
de pandore, dont l’épilogue au niveau de parlement s’est soldée par la mise en
quarantaine (ou moratoire) pure et simple de la constitution fraîchement voté
au référendum populaire. La question de la double nationalité en RD Congo,
concerne non seulement le Raïs, mais aussi toutes les institutions de l’Etat
congolais. Merci Monsieur l’Abbé !
Nous devons souligner le fait que les familles des tous les
officiels congolais décédés ont été soudoyées afin qu’elles ne demandent pas
d’autopsie, seul moyen médico-légal pour élucider la cause exacte de ces morts
subites. Le cas le plus parlant est celui du feu Général Sylvain Buki, officiellement
mort de la « malaria », dont le corps fut littéralement kidnappé par
les éléments de la garde présidentielle.
Nonobstant la scandaleuse aisance matérielle des officiels
congolais, le risque de mourir en étant un collaborateur de Joseph Kabila, ou
un membre de sa famille (ou supposée) biologique, est plus élevé que le risque
de mourir du SIDA ou de la famine au sein de la population générale.
L’existence du lien de causalité entre les décès décrits précédemment et la
personne de Joseph Kabila ne fait aucun doute. Il est facile d’en déduire la
valeur de prédictivité. Etant donné que Joseph Kabila est le seul bénéficiaire
direct de tous ces crimes supposés, la population congolaise est en droit de se
poser des sérieuses questions sur la nature réelle du régime en place en RD
Congo.
Tout porte à croire que le président congolais opère un nettoyage
impitoyable de son écurie. Il s’agit bien d’une élimination physique des tous
ceux qui en savent un peu trop sur certains dossiers privés, nationaux ou internationaux,
très embarrassants pour le Raïs. D’autres naïfs, futurs candidats à la mort, se
bousculent déjà à la mangeoire afin d’occuper les postes laissées
vacantes par les défunts !
Vu le nombre impressionnant de collaborateurs du Raïs, les
Congolais doivent se préparer à célébrer d’autres obsèques pharaoniques aux
frais du pauvre contribuable, et à jouir bien malgré eux des jours fériés
chômés et payés sur décision du gouvernement Mammouth de Gizenga I, dont le
maigre budget 2007 fond comme neige au soleil rien qu’en frais
d’hospitalisation et frais funéraires au profit des proches du régime, ainsi
que le payement des fonctionnaires de l'Etat pour les jours fériés
supplémentaires. A Dieu les accords de Mbudi et ses infranchissables
paliers! L’usage des substances toxiques étant une spécialité des « services »
de nos voisins de l’Est, à chacun d’y réfléchir à deux fois avant de
signer un contrat « fatal » d’embauche chez le Raïs ! A qui le
prochain tour ?
En conclusion, cette tragi-comédie à la Congolaise nous
rappelle, malheureusement, la fameuse fable ‘’Les animaux malades de la
peste’’ de Jean de La
Fontaine : « Un mal qui répand la terreur, Mal que
le ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre, La peste
(puisqu’il faut l’appeler par son nom), Capable d’enrichir en un jour
l’Achéron, Faisait aux animaux la guerre. Ils ne mouraient pas tous, mais tous
étaient frappés : On n’en voyait point d’occupés À chercher le soutien
d’une mourante vie ; Nul mets n’excitait leur envie, Ni loups ni renards
n’épiaient La douce et l’innocente proie … » Jean de La Fontaine, Fable II, Livre VII - Source
© Benjamin Stanis
Kalombo
Président APRODEC asbl
Association pour la Promotion de la Démocratie et du
Développement de la RD Congo
Tél : + 32 484 925 836
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