21 août 2007
Mission de paix au Darfour : il faut aller au-delà de l'affaire Karenzi Karake !
La désignation du général rwandais Karenzi Karake comme chef
adjoint de la mission de l’ONU au Darfour semble avoir provoqué un mini
scandale dont se sont rapidement emparé les médias
En confirmant l’officier rwandais à un poste aussi
stratégique, l’Union Africaine est en effet tombée dans un piège dont elle aura
beaucoup de mal à se relever. A moins qu'elle ne s'en tienne à répéter ses
erreurs en réitérant le simulacre de groupe d'observateurs militaires
neutres(GOMN) qui avait été mis en place au Rwanda, par le Président Museveni
et Dr Ahmed Salim à l’époque Secrétaire Général de l’OUA et où 90% des éléments
militaires composant ledit groupe étaient complices de l’une des parties
belligérantes, le FPR en l’occurrence.
Mais le véritable scandale est à chercher à des
échelons de décision encore beaucoup plus importants, notamment au niveau du
Conseil de sécurité de l’ONU.
A cet égard et en attendant de faire de plus amples
révélations, le Partenariat- Intwari tient à déclarer ce qui suit en vue
d'informer l’opinion tant nationale que internationale :
1. Pour mieux en saisir les paramètres et en cerner tous les
contours, il conviendrait de placer le conflit du Darfour dans un contexte plus
large, celui de la fameuse "guerre de libération régionale" si chère
aux non moins fameux "nouveaux leaders africains" soutenus par les
Etats-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni au nombre desquels il faut notamment
compter les Présidents Yoweri Kaguta Museveni de l’Ouganda et Paul Kagame du
Rwanda.
2. Déclenchée par la guérilla victorieuse de la NRA de Museveni en Ouganda
contre Milton Obote de 1981 à 1986, cette "guerre de libération
régionale" qui a connu son premier succès avec l'accès au pouvoir en 1986
du " Hitler africain " Museveni en référence à son discours
du 04/04/1997, devait se poursuivre au Rwanda avec l’offensive tragique du
Front patriotique rwandais de Paul Kagame de 1990 à 1994, s’étendre ensuite en
République démocratique du Congo et au Burundi tout en intégrant la Tanzanie, le Kenya, la Somalie, l’Ethiopie,
l’Erythrée et le Soudan. Il s’agit en fait d’un plan de renaissance de la Grande Afrique de
l’Est composée de ces dix pays d’Afrique susmentionnés.
3. Les ambitions démesurées de certains leaders africains
agissant au nom d'intérêts obscurs étrangers et/ou locaux les entraînent très
souvent dans une entreprise d’extermination de leurs propres peuples, peuples
dont ils n’ont pas honte, par ailleurs, de se proclamer les " sauveurs
" et les "libérateurs" comme ce fut le cas au Rwanda.
4. Le projet sinistre d’édification en Afrique de l’Est d’un
grand empire "nilotique" lui-même placé sous protection d’un méga
empire anglo-saxon qui finirait par couvrir tout le continent africain explique
en bonne partie les conflits fratricides qui endeuillent l’Afrique au
quotidien, avec leur cohorte de crimes contre la paix, crimes de guerre, crimes
contre l’humanité et crimes de génocide.
5. Dans pareilles circonstances, il nous semble urgent et
légitime de s’interroger quant aux intentions réelles ou cachées, aux objectifs
avoués ou inavouables, de la part de certains gouvernements dont celui du
Rwanda, par rapport à leurs contributions multiformes aux missions de paix placées
sous l’égide de l’ONU et/ou de l’Union Africaine comme actuellement au Darfour alors
que leur collaboration avec la
SPLA et donc leur absence de neutralité vis-à-vis de l'autre
belligérant soudanais remonte de longue date.
6. Avant de prétendre stabiliser le Soudan ou un quelconque
autre pays africain, le Rwanda devrait, au préalable, balayer devant sa propre
maison. Bien plus que le général Karenzi Karake dont le rôle dans les massacres
est assez bien connu, le général Paul Kagame doit tout d’abord avoir le courage
de faire face à ses très lourdes responsabilité s dans le génocide rwandais
dont la réécriture paraît dorénavant inévitable.
7. Quant à l’ONU, à l’Union Africaine et particulièrement
aux Etats-Unis d’Amérique et au Royaume-Uni dont le rôle est, jusqu'à ce jour,
largement sous-estimé dans le génocide rwandais et ses conséquences fort
dévastatrices notamment en RDC, leur crédibilité pourrait être sérieusement
compromise dans le cadre des tentatives de paix actuellement engagées au Soudan.
8. Enfin au peuple rwandais dans toutes ses composantes et,
par-delà les divisions et déchirures savamment provoquées et cyniquement
entretenues par une dictature impitoyable qui se nourrit de l’état de guerre
permanent, nous lançons un appel pressant pour que, désormais, comme une seule
et même personne, tous nos concitoyens se lèvent pour abattre le mur de
séparation élevé entre eux par des dirigeants indignes et sans le moindre
scrupule.
Fait à Bruxelles, le 21 Août 2007
© Déogratias
Mushayidi(Sé)
Secrétaire Général & Porte-parole
Pour le Partenariat- Intwari
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=314692&pid=5961407
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :



