23 août 2007
Nord-Kivu : des Casques bleus caillassés, des ONG attaquées et pillées
KINSHASA, 22 août 2007 - La Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) a dénoncé mercredi l'agression à jets de pierres de plusieurs de ses patrouilles et des attaques subies par des véhicules d'ONG dans différentes localités du Nord-Kivu, dans l'est du pays
Lundi et mardi, des Casques bleus "ont été violemment attaqués à coups de
pierres par des groupes d'individus en vêtements civils, dont certains armés de
fusils, qui voulaient empêcher leur entrée dans la localité" de Bunagana,
à une centaine de kilomètes de Goma (capitale du Nord-Kivu) et frontalière de
l'Ouganda, a déclaré le commandant Gabriel de Brosses, porte-parole militaire
de la Monuc, au
cours d'un point presse à Kinshasa. La Monuc a
condamné "avec la plus grande fermeté ces actes d'intimidation et
d'agression contre ses Casques bleus et la police congolaise", et suspecté
la population de Bunagana d'avoir "été instrumentalisée par des forces
hostiles à la présence de la
Monuc dans cette zone", a déclaré son porte-parole Kemal
Saïki, au cours du même point presse.
Lundi, les Casques bleus, qui cherchaient à récolter des informations sur le
passage à tabac par des hommes en uniforme de deux membres de l'agence
nationale de renseignements congolaise, ont été la cible de jets de pierre par
un groupe de civils. Un membre de la patrouille a été légèrement blessé, a
précisé le major de Brosses.
Le lendemain, lors d'une seconde patrouille menée à Bunagana avec cette fois
des éléments de la police congolaise, "le convoi de la Monuc a été bloqué à sa
sortie du village par une foule de quelque 200 personnes, qui ont (...) attaqué
le convoi à coups de pierre, tout en bloquant la route de la sortie du
village".
"Trois Casques bleus indiens ont été blessés dans cette agression, ainsi
qu'un officier de la police congolaise qui les accompagnait. Le détachement a
effectué un tir de sommation en l'air pour disperser les manifestants", a
indiqué le commandant.
"En moins de deux semaines, deux ONG internationales (NRC et Solidarités),
un journaliste canadien et plusieurs véhicules de civils ont été pillés dans
les mêmes circonstances à Kalengera", a souligné le porte-parole.
Le secteur de Kalengera, comme celui de Bunagana, est sous contrôle de la
brigade "mixée" Bravo, constituée pour moitié d'éléments ralliés au
général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda.
Plus de 150.000 civils ont fui des combats ou leurs villages passés sous
l'autorité des cinq brigades mixées déployées depuis début 2007 au Nord-Kivu,
où l'ONU a dénoncé une hausse dramatique de l'insécurité et des tensions
interethniques.
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