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Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

23 août 2007

Les Congolais attendent désespérément l’avènement d’une ambiance libérale

Police1Dix-huit mois après la promulgation de la Constitution  de la IIIème République, le Congo démocratique a gardé tous les traits et signes d’un Etat policier 

Les droits et libertés sont quotidiennement violés. L’ordre politique nouveau, fondé sur des valeurs démocratiques, claironné lors de la signature de l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka (juillet 1999) autant que de l’Accord de paix de Sun City (décembre 2002) reste un voeu pieux.

Kinshasa, jeudi 16 août. Une « marche pacifique » organisée par l’association nationale des photographes du Congo (Anaphoco), est dispersée par des agents de police. Motif invoqué : les manifestants n’avaient pas obtenu « l’autorisation » du gouverneur de la ville. Un argument qui ne résiste pas à l’examen. Les photographes de presse voulaient exprimer leur vive protestation suite à l’assassinat d’un des leurs en l’occurrence Patrick Kikuku. Celui-ci a été abattu mercredi 9 août, à Goma, au Nord-Kivu, par des « hommes en uniformes », selon la formule désormais consacrée. Dans ce Congo démocratique, devenu le royaume de l’impunité, les assassins de « Patrick » ne seront nullement inquiétés. Les pouvoirs publics rasent désormais les murs face aux pistoleros. L’Etat, en tant que pouvoir politique, fait semblant d’exercer la compétence exclusive sur le territoire national.

Loin de Goma, le ministre de la Défense nationale Chikez Diemu ne cesse vociférer des « avertissements » et autres « mises en garde » en direction du général mutin Nkunda. Celui-ci nargue les autorités planquées dans la capitale depuis trois bonnes années. « Chien qui aboie, ne mord pas », dit l’adage. On comprend dès lors que les photographes battent les pavés du Boulevard du 30 juin pour attirer l’attention de l’opinion tant nationale qu’internationale sur le pourrissement de la situation sécuritaire à l’Est en général et dans les provinces du Kivu en particulier. Vendredi 17 août, une autre manifestation a été interdite bruyamment par le gouvernorat de la capitale. Qualifié de « non autorisé », ce rassemblement a été organisé devant la salle Cinepolis, par des partisans de Gabriel Kyungu wa Kumwanza, dirigeant d’une aile dissidente de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (UNAFEC).

Vêtus des « tee-shirt » sur lesquels on pouvait lire « Kyungu, père du Katanga », les militants de cette formation politique ont, eux aussi, été « chassés » par la police. Certains policiers se sont crus en droit de pourchasser certains « kyungistes » jusque dans certains quartiers de la cité. A quelle époque vit-on ? Le prétexte commode trouvé dans ce cas est la prohibition du « dédoublement des partis politiques ». Les pouvoirs publics ont ainsi raté l’occasion d’affirmer l’impartialité de l’Etat en mettant celui-ci au-dessus des contingences politiques.

Ces deux faits ont suscité l’émoi dans les milieux diplomatiques. Des milieux diplomatiques qui ne protestent plus qu’en privée. Il s’agit, dit-on, de préserver la « fragile stabilité politique ». N’empêche. Plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse ont dénoncé les brimades infligées aux photographes. Que dit la loi ? « La liberté de manifestation est garantie. Toute manifestation sur les voies publiques ou en plein air, impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente », stipule l’article 26 de la Constitution dans ses deux premiers alinéas. Comment peut-on savoir que l’autorité a été « informée » ? « Les organisateurs de la manifestation doivent faire acter que le courrier envoyé a bel et bien été réceptionné », commente l’avocat Paul-Gaspard Ngondankoy Nkoy Ea Longya. « Il est même souhaitable que les organisateurs rencontrent les autorités compétentes afin de convenir d’un dispositif d’encadrement des manifestants », ajoute-t-il. 

On le voit, la loi est sans équivoque. Près de deux années après la promulgation de la Constitution de la IIIème République, la RD Congo continue à vivre dans une ambiance digne d’un Etat policier. Les Congolais attendent désespérément les premiers frémissements d’une ambiance libérale. C’est à croire que la liberté reconnue, par la Loi fondamentale, à chaque citoyen d’exprimer pacifiquement ses opinions ou ses convictions fait peur au pouvoir.    

C’est ce manque de sang-froid de la part de gouvernants qui a coûté la vie à plus d’une centaine d’adeptes de Bundu Dia Kongo. « Une année après l’organisation des élections démocratiques, il est tout simplement scandaleux de voir la police continuer à brutaliser les citoyens dans un pays qui s’est affublé de l’épithète « démocratique », s’enrage un militant de défense des droits humains joint à Kin. L’homme de conclure : « Le moment est venu pour les pouvoirs publics de s’adapter à l’ordre nouveau. Il s’agit de promouvoir des relations fondées sur le dialogue et le respect tant avec la population qu’avec les représentants des forces politiques et sociales. A défaut, la violence ne pourrait qu’engendrer la violence…».

B. Amba Wetshi © Congoindépendant 2003-2007

Posté par CDF Afrique à 22:50 - Congo (RDC) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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