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C'est l'échec !

Le formateur Yves Leterme n'est pas parvenu à remplir sa mission, c'est-à-dire à former un gouvernement. Jeudi soir, il a remis sa démission au Roi. Cette crise était dans l'air depuis plusieurs jours…

Toute la journée de jeudi, un parfum de crise flottait dans l'air. Certains voulaient encore croire en une réunion de la dernière chance dans l'après-midi. Mais le glas avait déjà sonné dans la nuit. Après neuf heures de discussions, Yves Leterme n'était pas parvenu à faire accepter sa liste de réformes de l'Etat, des réformes qui nécessitent la majorité des deux tiers.

La présidente du cdH, Joëlle Milquet, persistait. C'était non et c'est resté non toute la journée. Il fallait donc se rendre à l'évidence. Yves Leterme devait rendre son tablier. Mais pour cela, il fallait d'abord que le Roi revienne de l'étranger pour fermer la parenthèse. Cela s'est passé jeudi soir. Après Yves Leterme, le Roi a reçu Didier Reynders, le président du MR et ancien informateur.

Quels sont les scénarios qui se dégagent? Le roi va prendre sans doute le temps de la réflexion. Il pourrait même ne voir personne ce vendredi et peut-être laisser passer le week-end. Il est vrai que dimanche a lieu le 80ème pèlerinage à la tour de l'Yser, haut lieu du nationalisme flamand et des revendications indépendantistes de la Flandre. Tous les partis flamands y seront.

Par ailleurs, on imagine mal que le chef de l'Etat désigne tout de suite un autre formateur. L'heure est à l'apaisement. Il faut retisser les fils entre Francophones et Flamands. Albert II pourrait donc porter son choix sur un, voire même deux médiateurs-négociateurs, quelqu'un qui ferait que Francophones et Flamands se reparlent sans trop d'arrière-pensées.

Il est vrai aussi que rien n'a bougé depuis les élections. Les Flamands veulent toujours une vaste réforme de l'Etat, régionaliser par exemple les impôts, l’emploi ou les allocations familiales. Ce ou ces médiateur(s) serai(en)t chargé(s) de fixer un cadre potentiel de négociations. Sans doute, toujours au départ de l'Orange bleue. Mais une majorité des deux tiers est indispensable pour une vaste réforme de l'Etat.

Le CD&V verrait bien le cdH se charger de cette mission puisque le parti de Joëlle Milquet est, selon son grand frère flamand, responsable de la crise. Rien n'est moins sûr. Les tensions et les rancoeurs doivent d'abord s'apaiser ...

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