31 août 2007
Bandundu : Menace de fermeture de l'Hôpital de Bosobe pour cause d'immoralité de son médecin directeur
Les jeunes de Bosobe, l'une des localités se trouvant dans
la collectivité Batere, territoire de Kutu, district du Mai-Ndombe dans la province
de Bandundu, menacent de fermer les portes de l'hôpital de référence de Bosobe
au cas où des dispositions utiles de la part du ministère de la santé ne sont
pas prises à ce sujet.
Selon une correspondance de l'Association des jeunes de
Bosobe chargés du développement (AJBD) adressée au ministre de la Santé
Les jeunes de l'AJBD, à en croire la source, reprochent au
Dr. Lengame son dol d'abuser des femmes mariées, des infirmières et
accoucheuses mariées de l'hôpital ou des autres centres de santé de la contrée.
Ils reprochent également au médecin directeur de l'HCR/Bosobe le détournement
des médicaments de la zone de santé rurale au profit de ses tiers, la mégestion
ayant occasionné la rupture du partenariat entre l'HCR/Bosobe et SANRU et
d'être en conflit permanent avec ses collègues médecins Aruna Abedi, Dr. Willy
et Jean-Marie Ipay mutés tous pour des raisons inavouées. L'AJBD sui se refuse
de recourir à la violence vis-à-vis de ce médecin, sollicite du ministère de la Santé
© ACP | Bandundu , 30.08.07
Reprise des combats entre soldats loyalistes et Pro-Nkundabatwaré dans l'Est de la RDC
Des militaires ralliés à l'ex-général Laurent Nkunda ont
attaqué tôt jeudi une position de l'armée régulière à Katale (Nord-Kivu), dans
l'est de la République
démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris auprès de l'armée congolaise et de la Mission de l'ONU en RDC
"Les insurgés ont attaqué à 4H00 du matin (02H00 GMT) une position de la
brigade Charlie à Katale. Pour le moment, nous avons 30 blessés dans nos
rangs", a-t-il poursuivi.
Les combats, "de très forte intensité", ont cessé vers 09H00 (07H00
GMT), a déclaré à l'AFP la porte-parole de la Monuc au Nord-Kivu, Sylvie van den Wildenberg.
"La Monuc
n'a cessé, pendant la nuit, d'appeler les deux parties à la cessation immédiate
des hostilités et à mettre fin à une situation où les populations civiles sont
prises en otage", a-t-elle indiqué.
L'"offensive d'envergure" menée par des soldats ralliés au dissident
tutsi congolais Laurent Nkunda est "une violation flagrante de
l'engagement des deux parties à un cessez-le-feu, pris mardi en présence de la Monuc", après de
premiers affrontements lundi et mardi dans le Masisi, a-t-elle déploré.
"La Monuc a renforcé ses troupes dans le Masisi", a-t-elle ajouté, sans
toutefois donner d'indications sur le positionnement des Casques bleus.
"Des renforts sont en cours d'acheminement. Il y aura une riposte. Cette situation est inacceptable", a prévenu le colonel Kahimbi.
© AFP, KINSHASA, 30 août 2007 - 10h50
Le Rwandophone Nkunda rallume la guerre au Nord-Kivu en agressant et occupant les localités de Rubaye et Buhagwe
Nouvelle incartade du général rwandophone dissident Laurent
Nkunda qui a attaqué les positions militaires loyalistes et occupé les
localités de Rubaye et Buhagwe dans le Nord-Kivu. L’information démentie par la
8ème Région militaire est confirmée par la Monuc.
Le porte-parole militaire de la Mission des Nations Unies
au Congo (Monuc), Gabriel de Brosses, a indiqué qu’un nouvel incident a eu
lieu le matin du mardi 28 août, à Rubaye, où une position des Forces armées de la RDC a été attaquée. C’était au
cours d’un point de presse animé mercredi à Gombe.
Hier en début d’après-midi, Le Phare a appris l’occupation de deux localités du
Nord-Kivu, à savoir Rubaye et Buhagwe par les troupes du général dissident
Laurent Nkunda. Le général Kakolete, un de ses hommes de main, s’est même
permis de féliciter les insurgés pour avoir délogé les soldats loyalistes de Rubaye
et de Buhagwe, deux localités situées à 50 kilomètres de
Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
Démenti de la 8me Région militaire « Ce n’est pas l’heure d’une offensive conjointe entre la Monuc et les Fardc »,
a-t-il répondu à la question de savoir si la Mission était prête à
participer à une action militaire avec les Fardc pour déloger les insurgés de
Rubaye et Buhagwe.
Quelques temps après, le commandant de la 8ème région militaire, le général
Vainqueur Mayala, démentait cette nouvelle. Selon cet officier militaire des
Fardc, la situation reste toujours sous contrôle de l’armée.
Le porte-parole militaire de la
Monuc contacté par Le Phare en début de soirée a confirmé la
prise des localités de Rubaye et Buhagwe par les insurgés. « La Monuc confirme que les
partisans de Laurent Nkunda ont pris le contrôle de ces localités », a
déclaré Gabriel de Brosses. La Mission
se dit prête à apporter son soutien aux Fardc, s’il y a une demande officielle
des autorités militaires. Elle ne ménagera aucun effort pour obtenir un
dialogue entre les différentes parties afin que celles-ci ne recourent plus à
la violence pour régler leurs différends.
© J-Alain Kabongo & Taylor Toeka | Le
Phare 30/08/2007
Les FDLR accusent Kigali d'avoir envoyé en RDC 12.000 soldats pour Nkunda
© AFP | NAIROBI, 30
août 2007 - 15h06
"Le régime fasciste de Kigali a mobilisé plus de 12.000 militaires et les
a mis à la disposition du général Laurent Nkunda. Ce renflouement vise à
soutenir les opérations de déstabilisation et de reconquête des territoires de
l'est de la RDC
(frontaliers du Rwanda) et de contrôle des zones riches en minerais",
affirme le communiqué daté de Paris.
"Dans la nuit du 18 au 19 juillet 2007, une quinzaine de camions remplis
de matériel et d'hommes ont quitté le Rwanda et ont traversé la frontière
rwando-congolaise pour rejoindre les troupes de Laurent Nkunda via
Bunagana", localité congolaise à la frontière avec l'Ouganda, accusent les
FDLR.
"Ces militaires portaient des uniformes de l'armée rwandaise si bien que la Monuc (Mission des Nations
unies en RDC) elle-même l'a remarqué", affirme le groupe rebelle rwandais.
Le communiqué des FDLR cite nommément plusieurs personnes présentées comme des
officiers de l'armée régulière rwandaise faisant partie des troupes du
dissident Nkunda.
Les FDLR "appellent la communauté internationale à prendre ses
responsabilités et agir vite afin d'empêcher le régime fasciste de Kigali de
mettre encore une fois à feu et à sang la région des Grands Lacs", conclut
le communiqué.
Les combattants FDLR sont réfugiés dans l'est de la RDC depuis la fin du génocide
de 1994 au Rwanda, qui a fait selon l'ONU, environ 800.000 morts, parmi la minorité
ethnique Tutsie et les Hutus modérés. De nombreux rebelles FDLR sont accusés
d'avoir participé aux massacres.
Depuis la fin du génocide, le pouvoir à Kigali est dominé par la minorité
tutsie, dont font partie MM. Kagame et Nkunda.
Les FDLR sont considérées comme la principale source d'insécurité dans l'est de la RDC, où des
affrontements opposent depuis plusieurs jours des militaires congolais ralliés
à l'ex-général Nkunda aux forces loyalistes congolaises.
Son Jet privé ayant frôlé un crash à Lubumbashi : Moïse Katumbi échappe à la mort !
Le gouverneur élu du Katanga Moïse Katumbi Chapwe a échappé
de justesse à la mort. Son jet privé a raté son atterrissage le mardi à
l’aéroport international de Lubumbashi (Luano)
A la base, une avarie survenue
dans le train d’atterrissage du petit porteur. Une enquête a été diligentée
pour déterminer la cause réelle de cette panne surprenante qui a failli coûter
la vie au gouverneur du Katanga en ce moment précis où il est engagé dans la
réalisation des cinq chantiers du chef de l’Etat au niveau de la province du
cuivre.
Simple avarie ou sabotage ? Seule l’enquête diligentée par
les services compétents pourra fixer l’opinion sur les causes réelles de la
panne qui a failli faire écraser le jet privé du gouverneur du Katanga mardi
dernier dans la soirée à l(aéroport international de Lubumbashi.
Récit des événements
par des témoins
Le récit a été rapporté par des voyageurs débarqués à
N’Djili mercredi en provenance de Lubumbashi. Une dame âgée d’une cinquantaine
d’années racontait avec beaucoup de gestes l’événement. Présentée sous le nom
de Kanam, elle est commerçante de son état. Elle revenait d’Afrique du Sud où
elle avait séjourné dans le cadre de ses affaires.
Elle paraissait très affectée par ce qu’elle venait de vivre
à l’aéroport de Luano la veille. « Nous avons vu l’avion du gouverneur en
détresse, tenter vainement d’atterrir alors que les pneus de l’avion ne
sortaient toujours pas. Nous avions eu pitié du jeune gouverneur et de tous les
passagers qui étaient à bord de son avion ».
A la question de savoir comment le drame s’est terminé, un
autre passager, apparemment plus informé, renseignera qu’aux dernières
nouvelles, le jet privé de Moïse Katumbi a dû en dernier ressort se rabattre
sur un aéroport d’Afrique du Sud, terrain que maîtriserait le pilote.
Bien plus, il semblerait que cette performance du pilote à
sauver l’avion et ses passagers serait due à la capacité d’autonomie dont
disposerait le petit jet.
Ayant requis l’anonymat, l’un de nos informateurs, également
un passager en provenance de Lubumbashi, a, quant à lui, laissé entendre qu’il
ne pouvait s’agir que « d’un sabotage parce que le gouverneur se trouvait à
bord . Nous savons que Moïse Katumbi compte des ennemis à Kinshasa et ils sont
capables de tout». C’est peut-être aller trop vite en besogne de la part de ces
personnes qui semblent porter le gouverneur du Katanga dans leur cœur. Seule
une enquête pourra déterminer si la panne constatée au moment de l’atterrissage
de l’avion de Moïse Katumbi à Lubumbashi est technique ou elle serait l’œuvre
d’un saboteur.
Pour ceux qui soutiennent le gouverneur du Katanga, ce
serait une nouvelle tentative d’empêcher ce dernier à accomplir son mandat. Et
surtout saboter les actions déjà entreprises pour la réalisation des cinq
chantiers du chef de l’Etat dans la province du cuivre. Les milieux proches de
Moïse Katumbi font savoir, quant à eux, que ce dernier ne jure que par sa
fidélité envers le président de la République et son serment à l’accompagner dans la
réalisation des cinq chantiers prioritaires annoncés lors de son discours
d’investiture. Et de souligner que « les menaces, soient-elles de mort, n’y
feront rien, tout comme la démission n’est pas à l’ordre du jour du mandat de
Moïse Katumbi ».
Ils sont revenus sur les rumeurs qui avaient circulé
quarante heures auparavant sur un éventuel attentat contre la personne du chef
de l’Exécutif provincial du Katanga, lesquelles viseraient en particulier son
jet.
Pour rappel, le gouverneur du Katanga Moïse Katumbi Chapwe,
comme tous ses collègues, a séjourné à Kinshasa à l’invitation du gouvernement.
Au menu, l’harmonisation des vues sur la question de la retenue à la source des
40 % des recettes de l’Etat produites par les entités décentralisées. Les
gouverneurs de province ont été également reçus mardi par le chef de l’Etat de
qui ils ont reçu toutes les assurances sur l’exécution des instructions
relatives à ce dossier.
Au terme de cette mission officielle effectuée dans la
capitale, Moïse Katumbi n’a pas voulu prolonger inutilement son séjour kinois.
Son temps était précieux et il ne voulait pas le gaspiller alors que des tâches
importantes l’attendaient dans sa juridiction.
Aussi a-t-il, après avoir pris congé du chef de l’Etat,
préféré rejoindre immédiatement son poste d’attache afin de veiller à
l’exécution du programme de développement de sa province. D’autant qu’il
dispose d’un avion privé prêt à l’embarquer à tout moment.
Mais c’était sans compter avec l’imprévu. Ayant embarqué
normalement à bord de son jet, l’avion a failli connaître un crash à quelques
encablures de Lubumbashi. L’expérience du pilote et les performances de
l’appareil, notamment sa grande autonomie de navigation en cas de problème
technique, leur ont été salvatrices.
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Le Potentiel 2005 | Willy Kabwe
Conférence-débat : Vendredi 07 septembre à 15 heures, à l’Hôtel Holiday Inn Paris
Invitation
A l’occasion de la rentrée et en collaboration avec
les associations congolaises, l’Association de la Presse Panafricaine
(APPA) organise une
conférence-débat, le vendredi 07 septembre à 15 heures, à l’Hôtel
Holiday Inn, place de la
République , 75010 Paris
Thème
RDC : Quelles perspectives démocratiques un an après la
tenue des élections libres et transparentes?
Intervenants
Robert Ménard (Secrétaire Général de Reporters
sans Frontières (RSF)), fera un état des lieux de la presse au Congo, de la
chute de Mobutu, à nos jours.
JP Mopo (Juriste doctorant Paris Sorbonne,
auteur d'un ouvrage sur le pillage des richesses de la RDC), traitera cette
question devant la presse internationale.
Pascal Chaniot (Directeur de l’école
internationale de journalisme et expert de la politique africaine), abordera le
rôle et la place de la CI
dans la crise congolaise.
Honoré Ngbanda (Ministre de la défense de l’Ex
Zaïre (RDC) et ancien Conseiller Spécial en matière de sécurité du feu
Président Mobutu), Président de l’Alliance des Patriotes Pour la Refondation du Congo
(APARECO), fera un tour d'horizon de la situation globale de la RDC, tout en livrant ses
hypothèses.
Ainsi que de nombreux autres intervenants …
PS : tous les Secrétaire Exécutifs Nationaux, sont priés de
se présenter à l’endroit indiqué, trente minutes avant le début de la
conférence, dans la salle située au premier niveau à droite.
Contacts
organisateurs : + 33 6 14 56 06 86 ou + 33 6 99 92 21 45
Guerre au nord Kivu : la société civile charge Antoine Gizenga et épargne Joseph Kabila
Dans
une interview à la Voix
de l’Amérique, le représentant de la Société Civile du Nord Kivu accuse le Gouvernement
Gizenga d’avoir failli à assurer la sécurité dans la province du Nord Kivu
Il
parle aussi d’irresponsabilité et demande par conséquent la démission du
Premier Ministre Gizenga et de toute son équipe !
Si cette
déclaration est un véritable cri de cœur, un cri de désespoir, et un constat
d’une réalité patente, c’est-à-dire l’incompétence et l’immobilisme du
Gouvernement Gizenga, on a difficile à comprendre pourquoi cette la Société Civile du
Nord Kivu ne s’en prend qu’au pauvre Gizenga.
Gizenga, on
le savait déjà inepte à la fonction de Premier Ministre ; ce n’est pas de
lui que l’on aurait du attendre une quelconque action pour sécuriser le Nord
Kivu.
En outre,
Plutôt que
de s’en prendre à une légume, un bouc émissaire, même si Gizenga doit prendre
la porte de sortie, la
Société Civile du Nord Kivu devrait faire montre de courage
en désignant clairement le vrai responsable du désastre que nous connaissons :
le Président Joseph Kabila en personne. Halte à la complaisante.
© Jean
Moanda Vita
Migrations, intégration et Xénophobie : La face cachée de l’Europe
Avec des vols de rapatriement de plus en plus nombreux et
des additifs aux lois sur l’immigration de plus en plus répressifs, l’Europe
installe le doute et le malaise même chez ceux aux yeux desquels elle était la
vertu personnifiée. L’intégration y reste un vain mot et l’exclusion une
réalité permanente pour les minorités allogènes qui ont eu la naïveté de croire
que ce continent était ouvert à tous les souffles du monde.
En effet, à travers un paternalisme bon enfant et de fracassantes déclarations
d’intention, l’Europe arrive à se persuader et à persuader le reste du monde
qu’elle est la terre d’élection des droits de l’Homme, non pas en niant les
violations concrètes et historiques de ces droits mais plutôt en mettant en
avant des mécanismes d’auto-absolution qui laissent la place à l’auto-glorification.
Au sein de l’Union européenne, tout un commissariat est consacré à l’aide au
développement et l’assistance aux plus défavorisés prend des voies multiformes.
Ces argumentaires qui ne sont que superficiellement connectés à la réalité sont
en fait conçus pour séduire et faire illusion car si l’Europe est un empire,
c’est bien celui de l’illusion, mais une illusion érigée au rang d’évidence.
Fonds débloqués mais non dépensés, fonds autorisés mais non débloqués
résultent, au sein de l’Union européenne, de tergiversations sur les modalités
d’une aide aux pauvres qui en fait, est une forme de négation de ces pauvres
sinon une aliénation de leur spécificité. Ce monde ambivalent constamment
écartelé entre ses valeurs idéales et ses valeurs réelles a su façonner
l’Européen type à l’image du Dr JEYKELL et de mister HYDE, une même personne
qui présente d’un côté une face lisse qui proclame son humanisme et s’érige
même en champion des droits de l’Homme, d’un autre côté une face hideuse qui
dévalorise haineusement l’autre et viole systématiquement et impunément ses
droits.
L’Europe a donc su mettre en place, avec le fascinant esprit de système qui le
caractérise, un astucieux mécanisme de blanchiment d’idées grâce auquel elle
éclaire les façades avec les valeurs humanistes tandis que restent dans l’ombre
les valeurs réellement vécues qui servent de moteur et qui, elles, n’ont rien
d’humaniste.
Bûchers de l’inquisition, sables exterminateurs contre les
Indiens, Traite et Esclavage génocidaires des Noirs, colonisations meurtrières,
fours crématoires Nazis... l’histoire et les penchants de l’Europe vont
rarement dans le sens du respect de la personne humaine. C’est cette réalité
historique qui encore aujourd’hui, établit la cohérence entre les déclarations
d’intention et les valeurs réellement vécues. La France
par exemple, a beau dénoncer des partis d’extrême droite comme le Front
National, il n’en demeure pas moins que ces partis, racistes et xénophobes,
font partie de l’ordre démocratique.
Le racisme, l’exclusion et la xénophobie sont une caractéristique constante de
l’Europe et l’impossible assimilation des minorités n’est que la manifestation
visible des valeurs essentielles mais cachées de cette Europe championne des
droits de l’Homme.
Wendpanga N. | L’Opinion © Copyright
L'Opinion
24 août 2007
MONUC : les employés locaux en grève

"Nous protestons parce que depuis plus de cinq ans, il
n'y a eu aucune revalorisation de nos salaires, ni révision des grades, alors qu'on
devrait être réévalués chaque année", a expliqué à l'AFP Pierre, chauffeur
de 52 ans, depuis six ans employé de la MONUC.
Créée en 1999, la MONUC emploie actuellement plus de 19.000 personnes, dont environ 2.000 employés congolais, en statut local, et un volant de plusieurs centaines de journaliers, dans tout le pays.
© AFP
La grande fortune du Nord et les guerres organisées par les multinationales au Sud et au Nord
Le mépris pour les choses de l’esprit nous conduit souvent
à passer à côté de ces choses très simples et expliquées simplement par « les
justes et les acharnés » de notre humanité écrasée par le crime des «
cosmocrates » n’ayant des comptes à rendre qu’à eux-mêmes. Il y a deux ans que
Michel Collon a publié un petit livre intitulé ‘Bush le cyclone’ ayant six
« réflexions sur ce que nous apprend Katrina », cette catastrophe ayant frappé
de plein fouet La
Nouvelle-Orléans.
I. La pauvreté du Sud et les médias du Nord
A la page 15, Michel Collon essaie de répondre à cette
question : « Pourquoi le Sud est-il si pauvre, et le Nord riche ? » La réponse
à cette question constitue un « grand tabou des médias des pays riches : tout
doit être fait pour cacher d’où vient leur richesse. » La raison est
simple à deviner. C’est parce que, comme le soutenait le grand écrivain
français Balzac : « Derrière chaque grande fortune se cache un crime ». Michel
Collon étaye cette thèse des faits vérifiables historiquement. Il écrit : « Si
l’Espagne et l’Europe ont commencé à devenir riches au 17e siècle, c’est parce qu’elles
ont volé l’or et l’argent de l’Amérique latine. En massacrant les Indiens et
sans rien payer. Si la France,
l’Angleterre et les Etats-Unis sont devenus si riches, c’est grâce à
l’esclavage, c’est en volant des êtres humains à l’Afrique. Sans rien payer. Si
les mêmes et la Belgique,
et la Hollande
sont devenus si riches à partir du 19e siècle, c’est en volant les matières
premières de l’Afrique et de l’Asie. Sans rien payer. » (p.15-16).
En effet, « depuis cinq siècles, affirme Michel Collon, nos
grandes sociétés occidentales ont pillé les richesses du tiers-monde, sans les
payer. On pourrait faire un tableau de chaque pays riche et montrer l’origine
honteuse de chacune de ses grandes fortunes. On pourrait faire l’histoire de
chaque pays pauvre et montrer qui l’a pillé et comment. Bref, nous – ou plutôt
: certains d’entre nous – sommes des voleurs, et c’est pour ça que nous sommes
riches : voilà ce qu’on ne peut absolument pas dire dans les médias. » (p.16)
Ce vol n’est pas un fait historique passé. Il se perpétue
aujourd’hui encore caché sous la fausse rhétorique de « la démocratie locale ».
« Le néocolonialisme continue et perfectionne l’exploitation. » (p.16) La
fixation unilatérale et tyrannique des prix des matières premières et le poids
de la dette étranglent le Sud et pourtant, « c’est lui (le Nord) qui devrait
rembourser ce qu’il a volé ! ».
L’efficacité du pillage néocolonial est liée à la mise en
pratique des lois économiques du « turbo-capitalisme ». La loi de la
concurrence joue. « En effet, pour gagner la guerre économique contre ses
rivales, une multinationale est obligée de se procurer les matières premières
au prix le plus bas possible afin de réduire ses coûts. » (p.16-17)
La loi de la privatisation joue sur fond des promesses
fallacieuses de création d’emplois à même de contribuer à la prospérité du Sud.
« Mais d’abord, on ne compte pas les emplois détruits. Et, en y réfléchissant
bien, quel est l’intérêt de cette multinationale ? Offrir de hauts salaires et
un haut niveau de vie dans le pays ou, au contraire, les maintenir au plus bas
possible pour se procurer les bénéfices les plus élevés possible ? » (p.17)
Contrairement à ce que les partisans de la privatisation affirment, les
investissements d’une multinationale au Sud n’est pas un acte de charité. « En
réalité, la plupart du temps, à cause du rapport de force inégal, cet
investissement affaiblit l’économie locale, détruit des entreprises existantes
ainsi que des échanges locaux et aggrave la dépendance envers l’extérieur. »
(p.17) Les bénéfices immédiats que fait une multinationale lui donnent
l’illusion d’un marché réussi. Si cela peut être vrai à court terme, il n’est
pas de même pour le long terme. Sa délocalisation au Nord crée le chômage et la
précarité. Au Sud, le pillage des matières premières, la destruction des
productions locales et la dette aggravent la pauvreté et le fossé entre riches
et pauvres.
Sur ce point, Michel Collon n’est pas très éloigné de Marx
pensant que le capitalisme porte en lui-même les germes de sa propre
autodestruction. La grande pauvreté qu’il engendre crée de la résistance
au Nord et au Sud. Le recours à la loi de la guerre lui permet de
mater cette résistance et de faire encore un peu plus de profits.
II. Les
multinationales et les guerres
Pour mieux exploiter le Sud, les multinationales se fixent
des objectifs. Michel Collon en énumère trois :
1. Contrôler les matières premières
2. Contrôler les mains d’œuvre qualifiées et bon marché
3. Dominer les marchés pour vendre leurs produits
La réalisation de ces objectifs passe par une stratégie : la
provocation de la guerre. « Il s’agit d’une simple tactique commerciale. Il
s’agit d’imposer aux pays récalcitrants que leurs richesses soient placées sous
le contrôle de telle ou telle multinationale. Ce qui implique de dominer la vie
économique et politique de ce pays. » (p.18) La destruction précédant « les reconstructions
» est précédée des rencontres où se décident les orientations et les règles à
appliquer. « Le but fondamental du « jeu », c’est de transformer le pays
conquis en terre de profits. En Irak, tout le monde sait à présent à quel point
des sociétés comme Halliburton et Bechtel se sont engraissées sur le dos du
peuple irakien et du contribuable US. » (p.18)
Michel Collon donne des exemples très clairs pour dire à
quoi servent les guerres. « La guerre contre l’Irak, chacun sait que c’est une
guerre pour le pétrole, c’est-à-dire pour les bénéfices d’Exxon et Chevron.
Mais c’est pareil pour toutes les opérations « humanitaires » des grandes
puissances. La guerre contre le Congo (menée par l’intermédiaire du Rwanda, de
l’Ouganda et de certaines milices), c’est une guerre pour les bénéfices des
multinationales du diamant, du coltan, de l’uranium et d’autres minerais. La
guerre contre la
Yougoslavie avait notamment pour but de privatiser une
économie encore très collective et de contrôler sa main d’œuvre qualifiée et
ses marchés. La guerre contre l’Afghanistan vise à contrôler les routes
stratégiques vers les pays d’Asie du Sud en fort développement et à encadrer
militairement la Chine,
puissance montante. Guerres de pillage donc. » (p.19)
A travers leurs guerres, les multinationales visent surtout
« le chantage par le contrôle de toutes les ressources », éliminer ou affaiblir
les rivales. L’Etat leur donne un coup de main.
Quand les Etats-Unis font la guerre pour contrôler le
pétrole partout dans le monde, est-ce parce qu’ils craignent de ne plus avoir
de pétrole pour leur économie ? » (p .20) Non. « En fait, ce que les Etats-Unis
cherchent par-dessus tout, c’est à priver les grandes puissances rivales
–Europe, Japon, Chine – d’un accès sûr et indépendant au pétrole. (…) Qui veut
dominer le monde, doit contrôler le pétrole. Tout le pétrole. Ou qu’il soit. »
(p.20) Demain, il devra contrôler les sources d’énergie alternatives. Surtout
l’eau. « Les trois grands blocs (Etats-Unis, Europe, Japon) mènent la guerre,
chaude, froide ou tiède, contre les peuples du tiers-monde. Mais ils se font
aussi la guerre entre eux pour savoir qui va dominer le monde et ses richesses.
La guerre économique bien sûr. Mais aussi la guerre politique et, dans
certaines conditions, militaire. Quand le rapport de forces change entre les
grandes puissances, quand une superspuissance veut en remplacer une autre, ou
simplement la priver de l’accès à certaines matières stratégiques, cela se
règle par la violence. Soit directement, soit indirectement, par
l’intermédiaire d’Etats ou de mouvements contrôlés.
La guerre est le moyen
fondamental pour repartager les richesses du monde, c’est-à-dire les sources de
profits. » (p.20-21) Mais ces profits ne supportent pas le coût de la guerre.
En fait, ce ne sont pas les multinationales qui paient le coût de la guerre.
Elles s’enrichissent et les contribuables de leurs pays en paient les frais.
Les budgets sociaux en subissent les contrecoups. Au Sud, « les guerres de la
globalisation ont pour but, en brisant les Etats trop indépendants, de prendre
le contrôle des marchés et des main-d’œuvre locales. Les faire travailler pour
de bas salaires permet aux multinationales de s’assurer un avantage décisif
face à leurs concurrentes. Et aussi d’exercer une pression très forte sur les
salaires de leurs travailleurs dans les pays d’origine. » En d’autres termes, «
leurs guerres nous attaquent tous ».
III. Le fondement
malthusien de ces guerres
La science et les scientifiques fabriquent les idéologiques
justificatrices de ces guerres. Souvent, ils appartiennent aux grandes
universités du Nord ou aux groupes dirigeant les grans médias. « Il y a
quelques années, un économiste réputé, Ian Angeli, chroniqueur du Wall Street
Journal et du Financial Times, déclarait devant un parterre invité par la firme
Unisys : « Il y a six milliards d’êtres humains sur terre, dont cinq milliards
ne pourront jamais être utilisés. Il ne sert à rien de vouloir les aider. Les
Etats n’ont rien à y gagner. » (p.76) Il y a des bouches de trop. Des gens qui
« ne pourront jamais être utilisés ». Dans ce contexte, la Stratégie pour la Réduction de la Population (dont parle
Susan George dans Rapport Lugano, Paris, Fayard, 2000) utilise la tactique de
la guerre pour éliminer « ces hommes et femmes de trop ».
IV. Que faire ?
Lire Michel Collon nous aide à découvrir la nature de la toute-puissance des
‘superpuissances’. Elle trahit le désir enfantin d’avoir tout, tout de suite et
pour soi contre les autres (comme l’enfant s’accapare lui seul et de sa mère et
de son sein). Les nations ‘superpuissantes’ matériellement, sont
humainement à un stade enfantin. Donc, elles ont besoin d’une reconversion
éthique à la vie réelle. Leur cynisme enfantin ne peut être guéri que par la
compréhension et la commisération de leurs aînés du Sud. Eux, au moins,
ont cultivé, depuis plus de cinq siècles, à l’exception des collabos de « gros
bébés du Nord », la vertu de la patience et de la relativisation des biens de
ce monde. En lisant Michel Collon, il y a lieu de croire en Anne-Cécile Robert
quand elle écrit « L’Afrique au secours de l’Occident.
La simplicité du texte de Michel Collon nous permet de
comprendre davantage que la richesse du Nord provient du vol. Ce vol fait
partie d’une certaine tradition capitaliste occidentale. Il est un sujet tabou
que les médias du Nord n’abordent presque pas. (Ceux du Sud leur emboîtent le
pas sous les tirs croisés des « collabos » du nouvel ordre mondial du vol.) La
perpétuation de cette tradition marche de pair avec les idéologies
culpabilisantes des appauvris du Sud et du Nord. Souvent, une certaine
rhétorique médiatique et des idéologies ‘universitaires’ cachent, sous une
langue de bois bien fignolée, ce crime contre l’humanité et ses conséquences.
Certains intellectuels du Sud sont disposés à enterrer cette mémoire du vol
pour accuser l’Afrique et les autres pays du Sud d’être les seuls responsables
de leur appauvrissement. Ce faisant, ils minent la quête de solution à ce vol
historique, la jungle qu’il installe et fragilisent les luttes à entreprendre
globalement pour rompre les chaînes de la globalisation du pillage, de la
précarité et de la misère.
En effet, face à la globalisation de la guerre, « chaude,
froide et tiède », seule la globalisation de l’amour, fondée sur le respect
indiscriminé de la dignité humaine demeure une solution à approfondir. Comment
? A travers des « network », des réseaux solidaires. Sur ce point, le conseil
que les évêques belges prodiguent aux chrétiens de ce pays vaut la peine (entre
autres) d’être suivi.
Pour eux, face à la globalisation du vol et de la guerre qui
le facilite, protester ne suffit pas. Un autre style de vie au niveau
individuel et collectif peut être adopté : « le goût d’une vie sobre,
l’abstention du gaspillage, le soutien aux investissements éthiques, la
solidarité et, dans la mesure du possible, l’accueil de réfugiés politiques ou
même économiques. » (Ne savez-vous pas interpréter les signes des temps ? Déclaration
des évêques belges, avril, 2007, p.26) Cela ne va pas sans «
la pratique des vertus intersubjectives que sont l’amour, le pardon et la
tolérance » (Ibidem, p.30) et du débat où le désaccord fondateur est
sauvegardé. Les interstices pouvant promouvoir ces vertus intersubjectives
sont indispensables au Nord et au Sud en tant que lieux politiques « du milieu
».
© Jean-Pierre Mbelu







