Areva_Niger_BakDes ONG nigériennes ont annoncé jeudi leur intention d'organiser des manifestations samedi à travers le pays, avec l'aval des autorités, pour exiger le départ de la société française Areva, accusée de financer les rebelles touareg actifs dans le nord du pays, riche en uranium.

"Nous allons exiger qu'Areva quitte purement et simplement le Niger, et que les deux sociétés d'exploitation de l'uranium (basées au Nord) soient nationalisées," a déclaré à l'AFP Nouhou Arzika de la Coalition contre la vie chère, principal organisateur de la manifestation.

Areva, numéro un mondial du nucléaire civil, exploite depuis 40 ans deux gisements d'uranium, l'un à ciel ouvert à Arlit pour la Société des mines de l'Aïr (Somaïr) et l'autre souterrain pour la Compagnie minière d'Akokan (Cominak), près d'Arlit.

"Nous allons dénoncer les travers d'Areva, qui, non contente de tirer de grands profits au Niger, se permet de financer le MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ, rébellion touareg)", a accusé M. Arzika.

Il a estimé que depuis le début de l'exploitation de son uranium, le Niger n'avait gagné "en tout et pour tout que 300 milliards FCFA" (environ 457 millions d'euros ou 625 millions de dollars au taux de change actuel).

"Les manifestations visent aussi à dénoncer la Libye qui revendique une portion de terre de 30.000 km2 (dans l'extrême nord du territoire nigérien) où des prospections pétrolières sont en cours", selon M. Arzika.

Selon les organisateurs, ces manifestations sont orchestrées à l'appel d'organisations de consommateurs, des mouvements de jeunes, des chômeurs, des associations féminines et des ONG de défense des droits de l'homme.

Ces mêmes structures ont manifesté le 21 juillet à Niamey, avec le soutien des autorités, pour protester contre les attaques des rebelles touareg et leurs "alliés étrangers".

De son côté, le MNJ parle de manifestations de rue "organisées par la société civile, mais financées et entretenues par Mamadou Tandja", le président du Niger.

areva_nigerLe Niger, l'Etat le plus pauvre de la planète, est le troisième producteur mondial d'uranium avec 9% de parts de marché.

Ses relations avec Areva ont commencé à se dégrader à partir du mois de juin avec l'expulsion de deux cadres d'Areva, accusés de soutenir les rebelles touaregs.

D'après le président Tandja, ce soutien présumé du groupe français au MNJ, vise à empêcher d'autres compagnies étrangères concurrentes de s'installer dans la zone pour exploiter l'uranium.

© AFP | 6 septembre 2007| Niger - Niamey