rdc_musevenikagame200Les présidents congolais Kabila et ougandais, Yoweri Museveni, ont eu un entretien en tête-à-tête le vendredi 7 septembre 2007 dans la ville tanzanienne d’Arusha.

La coopération bilatérale a été naturellement abordée. Cependant, c’est sur les questions du pétrole et du contrôle des îles du lac Albert, qui sert de frontière naturelle entre la RDC et l’Ouganda, que les Congolais attendent des solutions appropriées. D’autant que l’exploration est déjà entamée - avec des permis délivrés par l’Ouganda - par la société canadienne Heritage Oil Corp, agissant sur une nappe pétrolière évaluée à un (1) milliard de barils.

Et quoique un compromis ait été trouvé avec Kampala à travers un accord d’exploitation commune du pétrole découvert dans le lac Albert, Kinshasa soupçonne tout de même Heritage, qui exploite la même nappe pétrolière en Ouganda depuis plusieurs années, de « vouloir siphonner le brut côté congolais ».

« Nous avons décidé ensemble avec les Ougandais de solliciter le concours des géologues, des géographes, des historiens ainsi que des experts de la Belgique et de la Grande-Bretagne (...) pour déterminer les zones d’exploitation du pétrole du lac Albert », a indiqué dimanche le gouvernement congolais.

« Les conclusions des experts nous permettront de déterminer les zones d’exploitation du pétrole appartenant à la RDC et celles faisant partie du territoire ougandais », selon le ministre des Hydrocarbures.

Toutefois, cette promesse ne suffit pas pour apaiser les inquiétudes exprimées par les Congolais au regard de l’expérience du passé. Ils craignent que la RDC attende que l’Ouganda ait complètement financé les travaux d’exploration et d’exploitation pour solliciter, par la suite, une « greffe » du genre de celle obtenue auprès des Angolais dans le même secteur.

A contrario, il faut espérer que le gouvernement, tirant les leçons du passé, va agir autrement. En recourant à l’expertise nationale et à des négociateurs habiles dont il dispose. Mais, à ne pas savoir quoi en faire.

Dans un mémorandum adressé au chef de l’Etat au mois de juillet, la Société civile de l’Ituri (province Orientale) a estimé « gênant » le fait que « le marché du pétrole (ait) été conclu sans que l’Ituri ne soit ni associé, ni représenté, encore moins intéressé dans ce dossier ». Craignant, par ailleurs, que cette affaire soit « gérée comme une boutique privée par certaines gens, au détriment du peuple ».

Dans cette perspective, il est temps que les autorités congolaises fassent preuve de réalisme, en prenant toutes les précautions d’usage dans les négociations en cours avec leurs partenaires ougandais.

Pareilles dispositions leur éviteront de tomber dans les travers – qui leur sont coutumiers - de l’« auto-flagellation » et de la « victimisation », quand le coche leur sera passé sous le nez ...

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