08 septembre 2007
La Mission de la Coalition Rwando-burundo-ougandaise en Rdc : Transformer le Congo en un Libre-service Minier
Congo & Uganda : Do you want to share or to fight? (The
Economist)
Tel a été le titre d’un récent article que le journal
britannique « The Economist » a publié en rapport avec la situation
qui prévaut actuellement en république démocratique du Congo.
Il y a déjà eu des victimes, de part et d’autre, et si les
responsables de deux pays ne prennent des dispositions qui s’imposent, la
situation risque de dégénérer. La pomme de discorde ? L’exploitation du
pétrole dans le Lac Albert.
Selon Misna, l’on assiste à un déploiement des dispositifs
militaires, de deux côtés. Ce qui pourrait conduire, dans l’hypothèse d’une
seconde méprise, à une confrontation entre les deux armées, congolaise et
ougandaise.
A en croire les premiers éléments d’information, c’est dans
les eaux congolaises que coule le pétrole du lac Albert, plus particulièrement
à la hauteur du village Semiliki. Quant à la limite frontalière, elle
s’étendrait jusqu’à Rukwanzi, de part et d’autre de deux pays. Il s’agit de
deux blocs couvrant 6.000 km2 et appartenant à la RDC – bloc en off shore et on
shore – principalement en Ituri.
Heritage oil qui est installée depuis plus de dix ans en
Ouganda, tente d’étendre ses tentacules pour exploiter le pétrole, dans le
versant congolais du fait que l’Etat congolais n’est pas encore organisé dans
ce domaine.
Selon le journal britannique « the Economist », le
Congo est prié de choisir entre ces deux options á savoir accepter d’exploiter
ces ressources pétrolières avec l’Ouganda ou faire face à la puissance du feu
de l’armée ougandaise.
C’est ce que l’on appelle du banditisme et terrorisme
d’Etat. Il faut avouer que, depuis plus
d’une décennie, le Congo est entrain de faire face á ce genre de barbarie de la
part de ses voisins á savoir le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda qui ont en
toute impunité envahi le Congo, tuent le peuple congolais, violent les
congolaises de 3 a
70 ans, pillent systématiquement les ressources du Congo et s’attellent á
balkaniser le Congo.
Les choses se passent comme si l’on était encore au moyen
âge ou encore à l’âge de la pierre taillée. Et, qui pis est, la communauté internationale s’efforce d’ignorer ce
problème qui a déjà fait tant de victimes.
Il y a quelques temps, Mgr Desmond Tutu, Prix Nobel de la
paix, déclarait ceci á propos du Congo :
Il faut bien être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître
que les choses ne font que lui donner raison. En effet, tous les hommes de bonne foi s’accordent pour dire que ce qui
se passe au Congo est un phénomène qui doit inquiéter et interpeller les
consciences.
Le cas Congo est une situation qui est entrain de tout
remettre en cause. Le silence,
l’inertie, et l’indifférence de la communauté internationale face á la tragédie
congolaise sont des attitudes qui remettent en question tout le système qui a
pourtant pendant des bonnes années permis les hommes de vivre ensemble.
En effet, après l’expérience douloureuse et révoltante des
deux guerres mondiales, les hommes á travers le monde avaient comme un seul
homme dit tout haut leur ras-le-bol á la guerre, aux tueries, massacres,
barbarie, cruauté, exactions…,
« Never Again » fut leur slogan. C’est-à-dire « Plus
Jamais » ! Plus jamais la
sauvagerie, plus jamais la barbarie, plus jamais le banditisme et terrorisme
d’Etat et que sais-je encore.
Les hommes de l’époque avaient réalisé que tous les
habitants de la planète terre avaient intérêt de militer, d’encourager et de
promouvoir la paix. Car, la paix est un
bien d’une valeur inestimable et une condition on ne peut plus sine qua none
pour la survie de l’espèce humaine sur cette planète terre. Sans la paix, aucun développement durable ne peut se réaliser.
L’ONU est, en effet, née de l’aspiration et la soif profonde
des hommes de vivre dans un monde où règnent la paix, l’ordre, la fraternité et
la justice.
L’ONU est aussi un symbole marquant le rejet total de la
violence, la barbarie, le terrorisme et banditisme d’Etat dans les rapports
entre communautés ou dans les relations entre Etats
Mais, l’attitude de l’ONU et la plupart des pays occidentaux
face á la tragédie congolaise est un signal qui démontre á suffisance que le
monde est entrain de retomber dans les vieilles habitudes; lesquelles habitudes
avaient plongé le monde dans un chaos que personne ne veut plus revivre.
Depuis plus d’une décennie, le Congo est devenu ce que l’on
appelle en droit international « Terra Nullius », c’est-à-dire un
territoire qui n’appartient á personne. La souveraineté du Congo comme Etat membre de l’ONU et l’intangibilité
de son territoire national sont scandaleusement violées au vu et au vu de
tous.
Il n’est un secret pour personne que les pays voisins du
Congo notamment le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda se sont constitués en ce que
l’on appelle « cooperative forces » que les puissances de ce monde
utilisent pour piller les ressources du Congo et balkaniser son territoire.
« Enfin, alors que toute l’Afrique est secouée par la vague
des conférences nationales, Mobutu n’apparaît plus comme le partenaire incontournable
pour gérer cette partie du continent. Peu à peu, les esprits se sont préparés à l’avènement d’une relève et
même à un éclatement du pays. Des
scénarios de partition sont évoqués au Pentagone où l’on semble se résigner à
leur inéluctabilité. (Elle ajoute une note : « Dans un célèbre rapport intitulé
Reform, Conflict and Security in Zaïre, publié en juin 1996, le professeur
Steven Metz, de l’US Army War College, préconisait qu’au cas où une telle «
désintégration » du pays se produirait, « les Etats-Unis n’auraient
pratiquement pas d’autre choix que d’accepter tous les Etats nouveaux qui
émergeraient du Zaïre » »)
En définitive, l’initiative est venue en septembre 1996 des
acteurs régionaux (Ouganda, Rwanda et Tanzanie d’abord) dont certains, naguère,
avaient hébergé des opposants congolais menant quelques petites opérations de
déstabilisation aux marges du Zaïre. » (M.-F. Cros et F. MISSER, Géopolitique
du Congo (RDC), Bruxelles, Complexe, 2006, p.111).
Il est clair que dans ce texte, la question de la minorité
Tutsi congolais n’apparaît pas. L’initiative de la partition du Congo est prise
sans eux. Elle est américaine.
Marie-France Cros en donne des preuves dont celle-ci : « En août 1997, quatre
mois après l’avènement de l’AFDL, un rapport de l’organisation américaine Human
Rigths Watch signale la présence d’instructeurs des Special Forces américaines
au Nord-Kivu, où elles entraînent des troupes rwandaises. En octobre 1996, des
avions C-5 Galaxy et Hercules C-130 de l’US Airforce débarquent sur l’aéroport
ougandais d’Entebe des armes pour l’AFDL. Cette même année, des camions, des
systèmes radar et d’autres types de matériel militaire américain sont livrés à
l’Ouganda. » (Ibidem, p.112). Ce texte dit clairement que la première guerre du
Congo initiée par les Etats-Unis implique, pour en donner une coloration
africaine, deux alliés (l’Ouganda et le Rwanda) et une marionnette, l’AFDL.
L’alibi du sort réservé à l’ethnie Banyamulenge, inexistante dans l’histoire du
Congo, fut un faux-fuyant.
Depuis que la coalition rwando-burundo-ougandaise a débarqué
et opère en toute quiétude en Rdc, l’on assiste á une forte recrudescence d’une
barbarie, une cruauté, un terrorisme et banditisme d’Etat sans précèdent dans
l’histoire du monde moderne.
L'Est du Congo a été traité par le Rwanda et l'Ouganda comme
leur arrière-pays à dépecer pour ses ressources minières, les bénéfices servant
en retour à financer la guerre. Les transnationales minières et les grands
financiers se sont arrachées les morceaux du Congo les plus rentables
immédiatement en s'alliant aux tendances politiques qui leur étaient favorables
ainsi qu'à leurs groupes militaires rebelles. Elles ont parfois créé leurs
propres milices privées. Parmi elles, peuvent être citées les compagnies
minières géantes comme la Consolidated
Eurocan Ventures du Lundin Group, Barrick Gold Corporation
(BGC) aujourd'hui en deuxième position pour la production mondiale de l'or,
I'Anglo American Corporation (AAC) d'Afrique du Sud, la plus importante
compagnie minière du monde, en dehors des pétrolières.
Tous les experts s’accordent pour affirmer que le Congo a
été le théâtre des affrontements les plus meurtriers de notre temps. Lesquels affrontements ont provoqué la plus
grave catastrophe humanitaire que l’humanité n’ait jamais connue depuis la fin
de la Seconde
guerre mondiale. Le bilan parle de
lui-même :
- 5 000 000 de morts depuis 1998 (IRC)
- Plus de 38 000 morts par mois / 1200 morts par jour
- Des centaines de milliers de femmes et enfants violées (HWR)
- 585 000 enfants meurent chaque année des conséquences de la
guerre
1,4 a 1,6 millions de déplacés du au conflit (NU OCHA)
Mais, malgré le fait que les morts se comptent en millions,
la tragédie congolaise est restée complètement ignorée ou méconnue. L’on n’y accorde très peu d’attention.
« L'exploitation du Congo fut le plus grand crime contre l'humanité jamais commis dans l'histoire de l'humanité » Sir Arthur Conan Doyle, Letters to the press, 1909.
Ce qui est dégoûtant et révoltant dans cette triste histoire
du Congo c’est l’attitude de l’Onu et la plupart des pays occidentaux face á
cette tragédie
L’Occident a toujours été présenté á la face du monde comme
étant le chantre et apôtre attitré de la conscience humaine, la démocratie, la
justice, le respect des droits de l’homme, la bonne gouvernance, l’égalité
entre les races, la moralité et l’éthique dans les affaires, et que sais-je
encore.
Mais, il se trouve qu’au Congo l’occident, donneur des
leçons, devient méconnaissable. Au
Congo, l’occident a montré ses limites et contradictions.
Les visiteurs du site de Michel Collon
(www.michelcollon.info) peuvent avoir lu un article intitulé « Au Congo, bat le
cœur de l’Afrique » publié le 22 juillet 2007. Faisant allusion au Kivu,
l’auteur de cet article note : « Ici, les ingérences occidentales ne sont même
pas occultes. Elles peuvent décemment pas se targuer d’être ‘humanitaires’
quand elles fournissent en armes les groupes qui leur permettent de se servir
en minerais et que le projet de fragmenter le cœur de l’Afrique en petites
entités sans autonomie politique et militaire, sorti de sa latence depuis les
cartons de l’AMFI et de la
Barrick est en cours d’exécution depuis le milieu des années
quatre vingt dix. »
Alors que l’Onu et la plupart de pays occidentaux avaient
tous les renseignements sur la guerre d’agression en Rdc, pendant qu’ils
savaient mieux que quiconque que la coalition rwando-burundo-ougandaise était entrain
de massacrer le peuple congolais et de piller systématiquement les ressources
du Congo, il est troublant et ahurissant de constater que l’Onu et la plupart
des pays occidentaux continuaient sans vergogne á nier toute implication du
Rwanda, du Burundi et celle de l’Ouganda dans la guerre d’agression en
Rdc.
Lorsque le peuple congolais espérait reprendre souffle après
la guerre, dite de «libération», une nouvelle guerre éclatait, qu'on a appelé
«d'occupation». Il a fallu beaucoup de temps pour que l'ONU parle de violation,
de la part de l'Ouganda et du Rwanda (l'implication du Burundi est presque
toujours oubliée), de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la RDC. Avec l'ONU, la
généralité des États n'a pas osé donner à cette guerre son véritable nom:
guerre d'agression.
Il est dégoûtant et révoltant de voir comment les medias
internationaux continuent jusqu'à ce jour á relayer des mensonges et
contre-verites alors qu’au Congo même les enfants au Congo sont au courant de
ce qui se passe dans leur pays
A ce sujet, Jean-Claude Willame note : « Que ce soit en
Ituri, au Kivu ou au Nord-Katanga, il était difficile d’occulter le constat
d’une « économie de guerre » alimentée par une demande extérieure de ressources
primaires si abondantes au Congo, une économie sur laquelle la communauté
internationale voulut parfois fermer pudiquement les yeux. » (J.-C. WILLAME,
Les faiseurs de paix au Congo. Gestion d’une crise internationale dans un Etat
sous tutelle, Bruxelles,Crip, p.108)
Et qui en profitait ? « Sur 85 entreprises listées comme
ayant enfreint les dispositions du code de conduite des entreprises
multinationales édicté par l’OCDE, se trouvent quatre grandes banques (dont
trois belges), dix-sept « juniors miniers » américains, canadiens, belges ou
britanniques, un important groupe miner belge, onze entreprises diamantaires
belges, ainsi que plusieurs dizaines de sociétés peu connues établies en
Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. » (Ibidem)
Il y a plus d’un siècle depuis que Joseph Conrad a fait
cette déclaration qui se passe de tout commentaire:
“La colonisation du Congo fut la plus infâme ruée sur un
butin ayant jamais défiguré l'histoire de la conscience humaine ». Joseph Conrad
Les immenses richesses minières du pays suscitent les
convoitises régionales, celles des seigneurs de la guerre et des entreprises
étrangères. Ces dernières, notamment occidentales, ont négocié de juteux
contrats avec le faible gouvernement congolais de transition.
Cette guerre d’agression dont le Congo est la proie n’est
qu’une stratégie savamment mise en place pour transformer le Congo en
libre-service minier. D’aucuns n’ignorent que depuis le déclenchement de cette
guerre, les ressources minières du Congo font l’objet d’un véritable pillage
international
Le sous-sol du Kivu recèle des minerais utilisés dans
l’industrie de pointe (électronique, aéronautique, médecine nucléaire), comme
le niobium (15 % des réserves mondiales se trouvent en Afrique, dont
80 % au Congo), le tantale, associé au colombium, appelé coltan dans la
région (l’Afrique recèle 80 % des réserves mondiales de tantale, dont
80 % au Congo). Ces minerais rares
ont pour caractéristique une exceptionnelle résistance au froid et à la chaleur
et peuvent être utilisés dans des alliages très ductiles et très résistants.
D’après de nombreux témoignages en provenance du Kivu, l’exploitation et la
commercialisation de ces minerais sont le monopole des Rwandais, protégés par
les militaires, et plusieurs compagnies internationales, dont Kenrow
International of Gaithersburg, originaire du Maryland, sont représentées à
Kigali.
Selon le Daily Mail de Tanzanie (14 janvier 1999) le
vice-président Kagame et le commandant James Kabare - qui fut chef d’état-major
par intérim auprès du président Kabila avant de se retourner contre lui -
détiendraient des intérêts dans plusieurs compagnies minières (Littlerock
Mining Ltd, Tenfields Holdings Limited, Collier Ventures Ltd, Sapora Mining
Ltd) et une compagnie d’import-export, Intermarket. Depuis l’éclatement de la
première guerre du Congo, qui mena au renversement du maréchal Mobutu,
plusieurs sociétés minières ont été citées, pour avoir financé des opérations
militaires en échange de contrats avantageux dans l’est de la RDC : l’américaine
Barrick Gold Corporation (dont l’un des actionnaires est l’ancien président
George Bush), l’australienne Russel Ressources dirigée par l’ancien général
israélien David Agmon, l’autrichienne Krall, la canadienne Banro American
Ressources.
La plupart de ceux qui ont fait cette guerre jouissent
aujourd’hui d’une totale impunité et ont même été récompensés. Ils sont
aujourd’hui au pouvoir et peuvent même décider de qui mérite de vivre ou pas.
Voila pourquoi Paul Kagamé, Museveni, Nkundabantware, et
autres continuent de défier le monde. Ils ont la bénédiction des puissants de ce monde.
Mais, où va notre monde avec toutes ces pratiques
abjectes et honteuses? Que dit l’ONU ? Où est-elle ? Que
fait-elle ? Que sont devenues toutes les belles théories et principes
sacro-saints sur la souveraineté des Etats et l’intangibilité de leur territoire
national ? Que faisons-nous du
droit international qui régit les relations entre Etats ?
Que faisons-nous de notre conscience ?
Où sont passes les gardiens de la civilisation : les
Sages, les Prophètes, les Poètes, les Philosophes, les Prix Nobel de la paix,
les Prêtres, Les Pasteurs, les Eglises de Dieu de la Vie, les groupes de pression,
les humanistes…pour crier contre toutes ces dérives avant que ça ne devienne
trop tard ?
« Assister ou rester silencieux face au mal, c'est
Assister le mal ; Il suffit que les hommes de bien ne fassent rien pour que le
mal triomphe »
Quelques vrais hommes d’Etat, (tel Lincoln) et hommes de Lettres (tel Victor
Hugo) ont déjà relevé ce laisser-faire à propos de massacres ou tueries de
toutes sortes qui se commettent. En les paraphrasant, on pourrait avancer
ceci : les massacreurs ou les génocidaires qui commettent ses forfaits
sont effrayants mais les spectateurs passifs qui les laissent faire sont
épouvantables et tout aussi effrayants. C’est parce qu’on les laisse faire que
les massacreurs ou les génocidaires commettent leurs forfaits.
« L’Ignorance est un crime. Savoir et ne rien faire est un crime encore plus
grave ».
©
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=314692&pid=6144156
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :





