08 septembre 2007
Tout ceci ne vous rendra pas le Congo !
L'Album de Baloji est enfin dans les bacs !
Artiste : BALOJI
Titre : « Tout
ceci ne vous rendra pas le Congo »
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Texte : Tout ceci ne vous rendra pas le
Congo
Ok, Ecoute-moi
J'ai beau fermer les yeux, j'ai encore ces visions
De corps avachis sur le sol de la route de la perdition
Et j’ai hurlé comme après ma circoncision
Je suis entouré de fantômes ou est-ce la mort qui fait apparition ?
J'en ai pissé dans mon lit, sommeil interrompu
J'ai du mal à en parler à bâtons rompus
J'étais pris de crampes, un talon sur la tempe
A implorer que les enfants décampent
Ils ont voulu nous humilier à travers notre descendance
Que les ovaires de nos femmes soient souillés de leurs semences
Depuis ce jour je dis que notre famille est maudite
La mort gravite autour de nous et je le sens
Après les pillages, je suis retourné au village
J'ai abandonné Lucienne, les enfants et mon pays d'ancrage
Prétextant que l'armée chassait les Kasaïens
Mais ce que j'ai fui, m'a rattrapé par un autre moyen
Preuve en est, même si le pays est divisé
Mon fils aîné de 13 ans est rentré dans une de leurs unités
Au pays de la devise et de la débrouillardise
On n'a pas attendu ebay pour faire du troc
Je passe du chantier à la cuisine, du ciment au manioc
Faut investir dans l'avenir comme dit le Front Commun
Je répare un camion pour faire dans les transports en commun
Je viendrai chez vous dès que mes papiers seront fixés
T-shirt à l'effigie de Lumumba et leur faire oublier le Ché
Je rêve de jouer au lotto, boire de cette bière
Du temps de l'Union Minière et du MPR
Visiter votre Matongé, chaussée d'Ixelles
Donne-moi de tes nouvelles par téléphone ou par mail
Que Dieu te garde tu restes dans mes prières, je t'embrasse
Ça ne vous rendra pas le Congo
J'ai reçu ta lettre, fin juin, enfin
Elle m'a laissé mal en point, mais néanmoins
Je n'ai cessé d'en relire chaque mot, chaque phrase
Chaque nom, chaque détail, chaque photo, chaque visage
Est-ce un mirage, une illusion, un hologramme ?
Où est-ce la raison qui a rendu l'âme ?
La terreur vue d'ici c'est comme la terre vue du ciel
Ça paraît loin de nous, ça paraît irréel
Quand je pense à quitter Kin, et les tiens
Qui chassent notre ethnie comme les prénoms chrétiens
Que ton fils est un assassin au regard de braise
À 13 ans trouve son assurance dans un M16
À 14 ans en quarantaine
Ils l'ont pris pour un sorcier car il se défonçait au kérosène
En arrivant dans l'est, il a tué par accident
Un de ses cousins en le prenant pour un partisan
Putain ! L'horreur est humaine, et l'on s'extermine
Il voulait être un sauveur, pas un soldat anonyme
Refrain
Même si l'occident a bon dos
Ça ne vous rendra pas le Congo
Le pillage de nos minéraux, de nos lingots
Ça ne vous rendra pas le Congo
Et reproduire les schémas coloniaux
Ça ne vous rendra pas le Congo
Car la terreur vue d'ici c'est comme la terre vue du ciel
Ça paraît loin de nous, ça paraît irréel
Les enfants de la
Libération ne jouent pas aux indiens
Ils voient l'Europe comme le Far West en vain et pour rien
En attendant leur chèque de la
Western Union
Rêvent de dévaliser une délégation
Disent les pays en transition, la guerre est une escale
Pour cet idéal, place au plan Marshall
Le règne du Maréchal l'a laissé bancal
Et disent que l'Unesco n'aide que les pays cartes postales
Au lieu de s'affairer aux affaires courantes
Car un tiers du pays est sans courant, ni eau courante
Les guerres ethniques renforcent le statu quo
Le Congo est un terrain de stratego
Tous ses pays voisins devenus rivaux
Dans le pillage de ses minéraux, de ses lingots
Et ça dégringole, le pays est sous contrôle
Et c'est pire qu'au temps de Léopold
Entre la loi de la jungle et celle des protocoles
La révolution a besoin de bénévoles
Et tant que l'opinion publique abdique
Le Congolais reste le nègre de l'Afrique
Refrain
Même si l'occident a bon dos
Ça ne vous rendra pas le Congo
Le pillage de nos minéraux, de nos lingots
Ça ne vous rendra pas le Congo
Et reproduire les schémas coloniaux
Ça ne vous rendra pas le Congo
Congolais à part entière, tous apparentés
Laissons nos différends à part, on a un pays à remonter
Pendant que les virus se donnent comme des prospectus
Les nouveaux missionnaires font de leur Emmaüs
Des petites, moyennes entreprises
Qui ne connaissent pas la crise
La crédulité des gens en guise de budget
Ils investissent où s'arrêtent les O.N.G.
Et j'admire ton courage, ton sens de la débrouille
Ton coeur est trempé dans le zinc, il résiste à la rouille
Mais cesse de croire à leurs séances d'exorcisme
Ils n'ont pas de cure contre le paludisme
Moi, je suis un géant chez les pygmées
Depuis que ma carte verte est périmée, le noir fait déprimer
La dépigmentation de la peau laisse des séquelles
Et le choc est culturel
Notre développement est à l'arrêt comme la Gécamines
Complexés par notre taux de mélanine
L'intégration passera par l'argent
Mais la détermination est le facteur déterminant
Refrain
Même si l'occident a bon dos
Ça ne vous rendra pas le Congo
Le pillage de nos minéraux, de nos lingots
Ça ne vous rendra pas le Congo
Et reproduire les schémas coloniaux
Ça ne vous rendra pas le Congo
Car la terreur vue d'ici c'est comme la terre vue du ciel
Ça paraît loin de nous, ça paraît irréel
Avant de filer à la Congolaise
Je voulais revenir à la genèse
Congolais du Sud, du Nord, de l'Est, de l'Ouest
Tous Congolais à part entière donc tous apparentés
Laissons nos différends à part, on a un pays à reconstruire
Le changement donne le vertige
Mains qui donnent, mains qui dirigent
Évolués mais dépendants
Main qui donne main qui apprend
Les frères se déchirent pour des billets à l'effigie de Lincoln
Toujours le même cancer qui ronge sur le tropique du capricorne
C'est le règne du veau d'or
Les frères noient leur esprit dans la spiritueuse
Ils croient en Dieu avant de croire en eux
Preaching de Dieudonné Kabongo :
"Ecoute moi, écoute moi bien mon petit.
Tu sais pourquoi, sais-tu pourquoi muanami ?
Un jour des bwanas sont arrivés par bateaux.
Ils en sont descendus, ils avaient un drapeau.
Ils l'ont planté devant nous en criant que notre terre était désormais leur
terre.
On avait beau rouspéter en priant et en criant,
On n'avait pas de drapeau donc fallait se taire.
Et comme on priait. Comme on priait
Ils ont sorti une Bible.
Ils nous ont appris à prier les yeux fermés
Et quand on a rouvert les yeux, nous avions leur Bible en main
Et dans leurs mains, ils avaient notre terre.
Va falloir jeter un coup d'oeil sur Mama Congo
Va falloir redorer son blason
de terre promise
Va falloir reprendre notre terre, même en gardant la Bible
Car celle-ci nous apprend l'amour du prochain,
Aimer le Congo, c'est bien être capable d'aimer le Congolais.
Faire du bonheur de l'autre, la priorité de notre propre bonheur.
Mama Congo, Mama Congo ne tombera pas,
À cause de toi, à cause de moi, à cause de nous."
À mediter : La nouvelle génération s'exprime !
"La sagesse n'est pas l'apanage de la vieillesse"
Dunia SENDWE
Rwanda : L'échec d’une « libération »
La libération de Rwanda tant chantée par les
« patriotes » du Front Patriotique Rwandais, n’a été, et n’est plus,
qu’un simple slogan qui sonne mal face à la réalité. Après cette
« libération », les Rwandais ont été impunément massacrés, meurent de
faim ou fuient le pays quotidiennement. Parmi les exilés de ces dernières
années, il y a des hommes d'affaires qui, écrasés par le fardeau intolérable
d'impôts et des taxes insupportables, accourent vers les pays tels que Malawi,
Zambie, Mozambique, Angola et Madagascar pour y chercher leur le bonheur :
C'est « la fuite des capitaux ».
C'est un combat pour la vie que leur
propre pays ne peut plus leur offrir. Quel dommage! A la grande espérance
générée dans les esprits des Tutsis de la diaspora et de l'intérieur et des
Hutus démocrates dits modérés, au moment de la victoire d’hier, ont
progressivement succédé la déception ; le doute et la révolte silencieuse
d’aujourd'hui.
Dans les accords de paix d' Arusha, le Gouvernement rwandais
et le FPR lui-même s'étaient mis d'accord que: "l'Etat de droit
signifie que personne, y compris les autorités, ne peut se placer au-dessus de
la loi et que celle-ci est respectueuse des droits fondamentaux des
citoyens". Ils ont réaffirmé que: "l'Etat de droit ne se
résume pas à la seule légalité de forme qui assure la régularité et la
consistance dans l'établissement et la sauvegarde de l'ordre démocratique, il
est d'abord fondamentalement caractérisé par une justice qui repose sur la
reconnaissance et l'acceptation entière de la valeur ultime de la personne
humaine et qui est garantie par des institutions chargées de tracer un cadre
permettant son plein exercice". Accord de paix d'Arusha, Journal
Officiel, Année 32 nº16, Kigali, 15/8/1993, p.1279.
Les parties en négociation à Arusha se sont accordées que la
démocratie est fondée sur l'idée que toute souveraineté appartient au peuple et
que la représentation populaire doit être le reflet authentique de la volonté
des citoyens; que la société démocratique repose sur la séparation des pouvoirs
législatif exécutif judiciaire et également sur le pluralisme qui est
l'expression des libertés individuelles; que le multipartisme implique la
légitimité de l'opposition;
Devant les observateurs internationaux pris comme témoins,
les deux parties affichaient la conviction que l'Etat de droit est le meilleur
garant de l'Unité Nationale, du respect des libertés et droits fondamentaux de
l'Homme; qu'il constitue une manifestation concrète de la démocratie; qu'il
s'articule autour de la démocratie, du pluralisme et du respect des Droits de
l'Homme.
Mais qu'en est-il au vrai et que reste-t-il réellement des
principes auxquels le FPR avait accepté de se soumettre? Rien du tout. Le
pouvoir du peuple a été confisqué, la Constitution a été manipulée et vidée de tout son
contenu sans que le peuple soit consulté, il ne reste aucune trace de
démocratie au Rwanda. Le membres du Parlement sont nommés et dégommés suivant
la volonté d'une poignée de personnes agissant dans l'ombre et qui ont usurpé
tout le pouvoir. Le pouvoir judiciaire est totalement dépendant de l'exécutif
qui nomme ou radie les magistrats selon qu'ils respectent ou pas les
injonctions de ceux qui détiennent réellement le pouvoir. Les insoumis sont
écrasés comme des mouches.
Le Rwanda est tout ce qui peut caractériser un régime
policier et règne sous une terreur sans précédent exercée par plusieurs
services de renseignement, dont la tristement célèbre DMI, qui dépendent
directement de "l'homme fort" Mr Kagamé Paul. Le Rwanda est
donc diamétralement opposé à tous les principes de base d'un Etat de droit que
nous avons ci hauts analysés. C'est donc une illusion que de prétendre que les
droits de l'homme puissent y être respectés alors qu'aucun engagement de
protection juridique pour en assurer la réalisation effective n'a été pris par
les institutions qui les ont proclamées, et qu'en plus personne ne peut les y
contraindre.
Voyons maintenant en peu de mots comment les droits contenus
dans la déclaration universelle des droits de l'homme et différents autres
instruments juridiques qui en découlent sont exercés:
Le droit à la vie et à la sécurité est un vieux rêve. Or le
droit à la vie est un préalable à l'exercice de toute autre droit et de toute
forme de liberté. On n'en finit pas de compter les assassinats, les
disparitions, ou voir même des massacres systématiques des populations civiles
fauchées à la mitrailleuse quand ils refusent de collaborer avec le régime du
FPR; il suffit de les appeler Interahamwé ou des Infiltrés pour faire taire la Communauté
Internationale.
Les opposants sont systématiquement
assassinés lorsqu'ils ne choisissent pas le chemin de l'exil. Mais, les cas
d'assassinat de Seth Sendashonga et de Lizinde Théoneste, dissidents du FPR,
laissent penser que même là ils ne sont pas à l'abri, car le FPR semble avoir
reçu un visas d'exercer impunément le terrorisme international. Le FPR exploite
à fonds le chèque en blanc du génocide pour se permettre de massacrer sans
reproche les hutu qu'il a globalement diabolisé comme des génocidaires. Quand
le droit à la vie vous est refusé qu'est ce qui vous reste?
Les tortures sont devenues tellement banales que personne ne
se donne presque plus la peine de s'en lamenter. A part le fameux Kandoya, on
oblige les gens à marcher pieds nus sur des planches à clous, et pour accélérer
la nécrose de la peau, les personnes restent trempées dans des bains salés. La
protection juridique n'existe plus que pour les officiers et officiels du FPR.
Les détentions et les arrestations arbitraires sont monnaies courantes, et les prisons
mouroirs sont parmi les spécialités du régime FPR. Le principe de présomption à
l'innocence est laissé à la seule appréciation des bourreaux de Kigali car il
n'existe pas d'indépendance de la justice. Les délateurs ont été
institutionnalisés et intronisés en procureurs. Combien de gens au Rwanda se
sentent-ils sécurisés lorsqu'ils sont devant un juge au Rwanda? Je n'en ai
jamais entendu parler. Le comble du cynisme est que mêmes des Tutsis rescapés
du génocide sont actuellement coupables d'avoir échappé à la mort! Les droits
de Nationalité et de libre circulation sont reniés à toute personne qui a
refusé de donner caution au régime du FPR. C'est ainsi que des passeports sont
notamment refusés à tout opposant qui a préféré fuir le régime dictatorial
plutôt que de le subir.
Depuis sa victoire, le droit de propriété est renié à toute
personne qui n'est pas sympathisant du FPR. Des biens immobiliers ont été
squattés comme butin de guerre des militaires et bailleurs de fonds du FPR, et
ne peuvent être restitués. La plupart des rapatriés de force qui se sont
aventurés à les réclamer y ont laissé la vie. Par ailleurs, les paysans du Nord
et Nord-Ouest du pays ont été coupés de leurs base de production, forcés à se
regrouper dans des camps de concentration de la mort et sont obligés de mourir
de faim ou de dépendre totalement de l'assistance alimentaire internationale,
lorsque celle-ci n'est pas détournée à d'autres fins. Comment peut-on prétendre
la relance économique quand quelqu'un ne peut pas jouir tranquillement du fruit
de son travail? Comment garantira-t-on le bien-être de la population si
l'économie est paralysée? C'est absolument l'impasse pour celui qui se soucie
du peuple, mais ce n'est pas là la priorité des responsables du FPR.
Peut-on parler de liberté de pensée dans un régime où
l'Eglise catholique est persécutée? Peut-on prétendre la liberté d'opinion là
où les partis politiques sont muselés et réduits à la simple expression de
leurs comités directeurs, là où l'endoctrinement idéologique est de rigueur et
où il y a refus d'enregistrement des partis comme ce fut le cas de l'UNAR?
Quant à la liberté de presse, les assassinats et les emprisonnements des
journalistes lorsqu'ils ne sont pas contraints à l'exil, sont des faits très
éloquents de ce qui reste des libertés d'information.
Les chantres de la démocratie d'hier ont complètement écarté
la participation du peuple à la direction des affaires politiques: les députés
sont nommés et renvoyés par l'Exécutif, les citoyens ne peuvent pas librement
désigner leurs gouvernants, la liberté de vote est catégoriquement refusée car
le vote ne peut être secret et surtout pas en dehors de l'oeuil vigilant d'un
cadre du FPR (UMUKADA) comme ce fut le cas lors des simulacres d'élections
organisées par le FPR pour les NYUMBAKUMI.
Concernant le droit au travail, sous prétexte de couper la
base de financement de la rébellion, les réfugiés rapatriés par force n'ont pas
été réintégrés dans la fonction publique alors que d'un autre côté le pays crie
au manque de cadres compétents notamment dans l'enseignement et la recherche .
La discrimination actuelle dans l'enseignement, le refus pur et simple aux
enfants hutu d'aller dans certains établissements scolaires ne peuvent être
qualifiés autrement que des crimes intellectuels envers les générations
futures. La tolérance tant chantée par le FPR et qu'il reconnaît être la base
de réconciliation nationale peut-elle encore se concevoir dans cet
environnement ?
Outre à ces violations continues des droits de l'homme, le
FPR a commis depuis 1990 des crimes économiques, des crimes de guerre, des
crimes contre l'humanité et des crimes de génocide. Malgré la mise en place du
Tribunal International Pénal pour le Rwanda (TPIR) pour juger certains de ces
crimes, aucun membre du FPR n'a été traduit devant cette juridiction
internationale, malgré l'abondance de témoignages croisés et confirmés, et de
documents dignes de foi; voir SOS-RWANDA-BURUNDI: Listes des membres du
FPR-Inkotanyi/APR soupçonnés d’avoir prémédité et commis des crimes contre
l'humanité qui sont de la compétence du TPIR, Dossier nº 1, Juin 1998. Dans
l'entre temps, le régime de Kigali exerce une justice intérieure du vainqueur
sur le vaincu.
Parmi les crimes dont le FPR est accusé, certains sont
consignés dans la récente publication de Human Rights Watch et la Fédération
internationale des Ligues des droits de l'homme: Aucun Témoin ne doit survivre,
p.807-853. S'il y avait une justice équitable dans le monde, les crimes y
mentionnés suffiraient déjà pour amener certains dignitaires du FPR sur le banc
des accusés au TPIR.
Le processus de démocratisation entamé en 1990, les
négociations consécutives à la guerre, centrées autour du partage du pouvoir
entre le gouvernement rwandais et le FPR, la loi fondamentale qui en a été le
fruit, toutes ces bases d’une paix durables se trouvent aujourd’hui bafouées
avec un prétexte, ô combien émouvant, d’avoir arrêté le génocide.
Rescapé et victime moi-même de ce crime, je conçois mal
comment celui-ci peut toujours servir de justificatif de tous les drames, de la
mauvaise foi, de l'incompétence et des autres faiblesses flagrantes
enregistrées au bilan actuel du FPR.
Un Pouvoir décevant
Le peuple rwandais a été déçu par le FPR. Celui-ci avait
promis une démocratie qui a vite tourné en dictature. La tradition de
démocratie, qui est à la base de l'abolition de la monarchie et l'instauration
de la République,
est attaqué de l'intérieur par des règlementations incompréhensible, d'un
caractère stalinien, et rongé surtout par le virus destructeur des intérêts bassement
politiques, matériels et partisans.
De toute évidence, le sentiment qui prédomine actuellement
au sein de l’immense majorité silencieuse rwandaise, soumise par la peur et la
crainte de disparition, est que le processus de démocratisation, entamé en 1990
et a accepté comme tel par l'Accord de Paix d’Arusha en août 1993, est vidé de
tout son contenu pour faire place à un système de parti unique, Front
Patriotique Rwandais (FPR). Ce dernier est déguisé sous forme de « FORUM
DES PARTIS » et le régime actuel de Kigali veut le rendre constitutionnel
pour empêcher toute forme d’organisation ou d’expression politique en dehors de
lui.
Il en va de soi que le changement tant souhaité par le
peuple depuis 1990 ne pourra pas être jugulé par des manœuvres égoïstes, sans
hypothéquer dangereusement une fois de plus l’avenir des Rwandais. Ce système
communisant, aujourd’hui révolu, imposé au prix des crimes passés sous silence,
est chargé de lourdes conséquences. Il faut en mesurer les dégâts à long terme,
à moins de convenir de la nécessité de la démocratisation de la vie politique
nationale. Cette voie exige le courage, voire le sacrifice des tenants actuels
du pouvoir, mais en réalité elle constitue le seul remède des maux dont souffre
notre pays.
Les Rwandais veulent se défaire d'un système obscur imposé
par le régime issu lui-même des cendres de la violence et non de l’alternance
pacifique et démocratique. Ils veulent la liberté de s’exprimer, la liberté
d’adhérer à un parti politique de leur choix, la liberté de leurs actes, de
leurs mouvements, de leurs pensées. En d'autres termes, ils veulent les acquis
de la loi fondamentale, en l’occurrence, l’instauration des libertés
démocratiques et le rejet définitif du parti unique, même déguisé ou voilé.
La question fondamentale aujourd'hui n’est pas de savoir, si
oui ou non, il y a eu un génocide au Rwanda, une guerre civile, des
«massacres interethniques » ou une guerre du FPR contre la RDC avec le prétexte d’y
combattre les « génocidaires ». Le peuple rwandais victime de tous
ces maux est en droit d’espérer des lendemains meilleurs, d’attendre des
solutions appropriées à ses multiples souffrances. Il veut s’en sortir
rapidement et dignement.
Dès lors la question fondamentale à l’ordre du jour est de
consolider nos acquis du processus démocratique et de savoir si le
fonctionnement du système politique et institutionnel national, l'organisation
et la conduite des affaires politiques, sociales et économiques, obéissent aux
règles et principes fondamentaux de la gestion démocratique, tant souhaités par
le peuple rwandais, dans le respect des droits et devoirs de chaque citoyen
tels que consacrés par les instruments nationaux et internationaux de
protection des droits de la personne humaine.
Une communauté internationale leurrée
Je considère pour ma part, que tout qui s'est passé au
Rwanda, depuis 1994, n'a pu être réalisé par le régime actuel, sans la
participation, sans la suggestion ou même sans l’ingérence occulte de la
communauté internationale. Celle-ci n’a malheureusement pas eu aucun souci
d’exiger, au moment opportun, des tenant de ce régime ni du fait véritablement
démocratique, ni du fait de rendre compte à la nation rwandaise. Le pays est
dirigé comme un patrimoine personnel du Président de la République qui nomme et
démet les ministres, les députés, les gouverneurs et autres hauts
fonctionnaires de l'Etat, comme bon lui semble. Cet état de choses est
inacceptable. Il faut absolument un changement démocratique et un changement de
méthode de gouvernance.
Il ne faut pas se faire d’illusion : les lobbies des
démocratiques de la communauté internationale, se servent actuellement des
régimes militairement puissants, mais impopulaires, de cette région pour
assurer leurs intérêts dans la région de Grands Lacs. Ces mêmes pays ferment
les yeux quand la démocratie est mise à mal, dénaturée, dévoyée, du fait de
l’intolérance, de l’exclusion, de la terreur et des violations répétées et
délibérées des droits de l'homme.
Ce constat d’indifférence n’est pas seulement le mien. Il
est partagé par les peuples rwandais, congolais, et burundais, qui ne
comprennent pas le sens du soutien de certains pays démocratiques à ces régimes
oligarchiques et autocratiques. Les perspectives démocratiques sont chaque fois
interrompues par les souvenirs des événements sanglants (Rwanda en 1990,
Burundi en 1993 et RDC en 1996 et 1998) et par des intimidations du pouvoir en
place.
Aujourd'hui les pays épris de démocratie, qui soutiennent le
régime rwandais devraient prendre leur responsabilité pour ramener ses
dirigeants dans le droit chemin de respect du processus démocratique, au lieu
de les encourager à poursuivre leur ‘politique néfaste' de « parti
unique», en finançant les élections à caractère plutôt communiste. Sans prise
de position claire de leur part sur la situation actuelle, les citoyens
rwandais resteront sous le joug d'une oligarchie heureuse, assurée de maintenir
au pouvoir en se mettant au service des grandes puissances, au détriment du
peuple rwandais.
Les pressions doivent être faites pour que la dérive
dangereuse qui s’opère actuellement, visant à nous imposer une démocratie
tronquée à travers une constitution taillée su mesure des tenants du pouvoir
actuel, s’arrête. Nul n’ignore que le bricolage démocratique et constitutionnel
ne peut nous conduire qu’à un cumul de frustrations aux conséquences multiples
et futures.
Un pouvoir hégémonique et dictatorial
Comment peut-on comprendre les critiques adressées hier au
MRND, parti unique avant 1990, si on occulte aujourd’hui les critiques qui
devaient être adressées au FPR, parti unique en son genre, à cause de ses
moyens forts et peu démocratiques qu'il utilise contre le peuple en vue de
maintenir au pouvoir.
D’aucuns diront sans ambages que le régime du FPR est pire
que celui du MRND. Je le crois moi aussi et je ne fais que confirmer à très
haute voix ce que beaucoup d’autres Rwandais disent tout bas, car ma déception
est grande. Souvent, je me demande si nous avons consenti, tous sans exception,
tant de sacrifices humains pour vivre d'autres cauchemars: l’intolérance,
l’incohérence, le chaos, les guerres, le pouvoir oligarchiques, la dictature,
l’injustice, l’hypocrisie, la terreur, la traîtrise, l’exclusion et le copinage
politique.
Comme beaucoup de Rwandais, je voie avec consternation
l'apparition d'une monarchie républicaine qui se construit sur des cadavres de
mes concitoyens Hutu et Tutsi, de mes amis, de mes frères et mes voisins, pour
satisfaire les intérêts d'une oligarchie sans autre projet, avant tout, que
celui de détruire tous ceux qui contestent son pouvoir.
Vouloir instaurer un pouvoir hégémonique fort, vouloir
imposer sa vision politique erronée, car dictatoriale, sous un « seul
prétexte d'avoir arrêté le génocide » (et comment!), vouloir surtout le
faire dans le contexte actuel où nous aspirons tous au changement de politique
stalinienne affichée à celui d’une politique démocratique est totalement
inacceptable. Évidemment, si le pouvoir poursuit sa route à sens interdit, il
devra s’attendre un jour à être arrêté par un désaveu populaire.
Un pouvoir peu soucieux de son peuple
La pauvreté, la misère, les maladies, l’angoisse, la peur,
la crainte de disparaître, le sous-développement généralisé ne sont ni une tare
ni une fatalité ou une malédiction de notre peuple. L'expérience des années
1970 et 1980, les années glorieuses de notre prospérité, prouve suffisamment
comment les Rwandais sont travailleurs et ingénieux et peuvent encore se
relever si la paix et la sécurité pouvaient leur être assurées. Bien sûr notre
pays n'a pas les mêmes ressources que ses voisins, mais sa ressource
fondamentale est le génie et travail assidu de son peuple. Pouvons-nous
pacifier ce peuple, le réconcilier à jamais et le protéger contre les
prédateurs qui se battent pour les « places » et qui, toujours,
finissent leur combat dans un bain du sang ?
Oui, je ne voie qu’une seule solution: rendre justice et
rendre le pouvoir à ses « propriétaires » que sont le peuple
rwandais.
Les députés nationaux du Nord-Kivu dénoncent une croissante pression armée des troupes rwandaises en Rdc
Kinshasa, 07/09/2007 / Politique
Les combats qui plongent encore le Nord-Kivu dans la
désolation ont fait l’objet des concertations spéciales entre députés nationaux
originaires de cette partie Est du pays, occasion leur ayant permis de dénoncer
haut et fort ce qu’ils ont qualifié de nouvelle et croissante pression armée du
Rwanda en Rdc.
Réunis jeudi 6 septembre au Palais du peuple, autour de leur
doyen d’âge, le professeur Sekimonyo wa Magangu, les élus du peuple du
Nord-Kivu dénoncent la situation d’insécurité et de guerre qui prévaut dans
cette province Est de la RDC,
précisément à Masisi et à Rutshuru. Situation causée, selon la déclaration des
députés nationaux, par des éléments dissidents du général déchu Nkundabatware
qui, malgré les appels nombreux et répétés du chef de l’Etat qui l’invite au
brassage, continue de rejeter les ordres de la hiérarchie et suit la voie de
l’insoumission.
Plusieurs constats sont faits par les honorables députés,
entre autres l’attaque des insurgés aux positions des FARDC. Ces éléments non
contrôlés des FARDC se livrent également à des crimes de guerre et des crimes
contre l’humanité qui sont d’ailleurs condamnés par la conscience universelle
et le droit international.
Les élus du Nord-Kivu saluent et soutiennent l’action du
gouvernement congolais qui vise à mettre fin à cette insurrection du général
déchu des FARDC et condamnent la pression armée croissante des troupes rwandaises
aux côtés des insurgés.
Ils demandent à toute la population congolaise, aux partis
politiques, à la société civile et à toutes les forces vives de la nation, de
se liguer comme un seul homme, dans leur soutien au président de la République, Joseph
Kabila, et aux Forces armées de la
RDC, pour faire échec à cette énième agression de notre pays.
Les élus du peuple demandent au gouvernement de la RDC de clarifier ses relations
avec le Rwanda en vue des rapports sincères et mutuellement avantageux. A la Monuc, de s’acquitter de son
mandat de maintenir la paix en RDC, en utilisant tous les moyens mis à sa
disposition dans le cadre du chapitre sept de la charte des Nations unies et de
faire rapport au Conseil de sécurité sur l’implication du Rwanda dans ce
conflit.
Enfin, au gouvernement de la RDC et à la communauté internationale, de venir
en aide à cette population civile, aujourd’hui livrée à elle-même.
Face aux 334.000 déplacés du Nord-Kivu, l’aide humanitaire du Pam en passe
d’épuisement !
Toute la population de la localité de Sake (à 25 Kms au nord
de Goma), estimée à environ 27.000 personnes, est maintenant à Mugunga, où un
deuxième camp de déplacés à été ouvert à l’Ecole Primaire de Lac Vert, à un
kilomètre du premier, situé derrière le centre de santé, a constaté jeudi 6
septembre 2007 une équipe de la Caritas Goma.
Le Haut Commissariat aux Réfugiés
est en train d’ériger un autre camp, toujours dans la périphérie du Lac vert
Il règne pourtant une psychose à Mungunga (à 15 Kms au nord
de Goma) même où l’on pouvait entendre ce matin de détonations venant du côté
de Sake. Cette tension n’est pas de nature à sécuriser les déplacés qui
n’auront plus d’autre choix que de se déverser sur la ville de Goma, où
plusieurs autres les ont déjà précédé dans des familles d’accueil. Leur crainte
est de voir la localité de Sake tomber sous le contrôle des hommes du Général
déchu Laurent Nkunda.
C’est dans ce contexte que l’on a annoncé la visite demain
vendredi du Secrétaire Général Adjoint de l’Onu, John Holmes, à Mugunga, zone
où l’accès des humanitaires est déconseillé depuis jeudi après-midi.
Pour sa part, l’équipe de la Caritas Goma a
commencé aujourd’hui l’enregistrement des déplacés de Mugunga. Ce travail
pourrait se poursuivre demain, si les conditions sécuritaires le permettent.
Une première intervention en vivres est prévue pour samedi 8 septembre 2007
avec l’appui du Programme Alimentaire Mondial (PAM). D’autres organismes humanitaires
envisagent d’apporter de l’aide, surtout en biens non alimentaires.
Evolution de la situation sécuritaire
Des rumeurs ont fait état ce jeudi de la chute de la
localité de Sake entre les mains des insurgés. Mais, selon des sources proches
de la 8ème région militaire, il s’est posé un -problème de déficit de
communication. En fait, le colonel Rugayi, commandant en second de la 8ème
région Militaire, s’est rendu à Sake avec ses hommes pour relever le colonel
François, qui aurait quitté un peu plus tôt la localité.
Ce qui a fait croire à la chute de Sake. Par ailleurs, au
cours de son point de presse de ce jeudi 6 septembre à Goma, le commandant de
la 8ème région Militaire, Vainqueur Mayala, a indiqué que « les FARDC
(Forces Armées de la RDC)
ne vont pas négocier avec Laurent Nkunda, parce que la guerre leur a été imposée ».
Pour lui, les FARDC n’ont qu’une seule mission : mettre fin aux exactions
des Forces Démocratiques pour la
Libération du Rwanda (FDLR). Il a rassuré la population en
promettant que l’armée s’occupera des FDLR une fois qu’elle en aura fini avec
Nkunda. « Le phénomène FDLR n’est pas l’affaire d’une ethnie ou d’un
individu, mais du Gouvernement congolais », a-t-il martelé, certainement à
l’intention du général déchu.
Pour rappel, la 6ème Brigade venue de Bunia était allée
relever la Brigade Bravo,
basée à Rutshuru, le 28 août 2007. La 15ème venue de Kisangani devait relever la Brigade Charly
basée à Masisi. Pour Laurent Nkunda c’était la guerre déclarée, a fait savoir
le commandant de la
Région Militaire.
Laurent Nkunda a donc préféré attaquer le
premier, le 25 août 2007 à 11 heures, a déclaré le commandant Mayala. Il a
situé le front dans les collines surplombant la localité de Kimoka, à 31 Kms
vers la route de Kitchanga. Les déplacés de Kimoka sont à Kirotshe à 30 kms dans
la direction de Bukavu.
Bien que la situation sécuritaire demeure précaire, le
prépositionnement d’une aide de première urgence en vivres et non vivres
s’impose afin de secourir dès que possible plusieurs milliers de déplacés
concentrés notamment à Mugunga, Kirotshe, Nyabiondo, Mushaki, Rumangabo,
Kibaki, Bweremana et Minova.
© ROSSYL MARTIN MBUYAMBA | RADIO TELE 7 | Le Potentiel | Le
Phare
La Mission de la Coalition Rwando-burundo-ougandaise en Rdc : Transformer le Congo en un Libre-service Minier
Congo & Uganda : Do you want to share or to fight? (The
Economist)
Tel a été le titre d’un récent article que le journal
britannique « The Economist » a publié en rapport avec la situation
qui prévaut actuellement en république démocratique du Congo.
Il y a déjà eu des victimes, de part et d’autre, et si les
responsables de deux pays ne prennent des dispositions qui s’imposent, la
situation risque de dégénérer. La pomme de discorde ? L’exploitation du
pétrole dans le Lac Albert.
Selon Misna, l’on assiste à un déploiement des dispositifs
militaires, de deux côtés. Ce qui pourrait conduire, dans l’hypothèse d’une
seconde méprise, à une confrontation entre les deux armées, congolaise et
ougandaise.
A en croire les premiers éléments d’information, c’est dans
les eaux congolaises que coule le pétrole du lac Albert, plus particulièrement
à la hauteur du village Semiliki. Quant à la limite frontalière, elle
s’étendrait jusqu’à Rukwanzi, de part et d’autre de deux pays. Il s’agit de
deux blocs couvrant 6.000 km2 et appartenant à la RDC – bloc en off shore et on
shore – principalement en Ituri.
Heritage oil qui est installée depuis plus de dix ans en
Ouganda, tente d’étendre ses tentacules pour exploiter le pétrole, dans le
versant congolais du fait que l’Etat congolais n’est pas encore organisé dans
ce domaine.
Selon le journal britannique « the Economist », le
Congo est prié de choisir entre ces deux options á savoir accepter d’exploiter
ces ressources pétrolières avec l’Ouganda ou faire face à la puissance du feu
de l’armée ougandaise.
C’est ce que l’on appelle du banditisme et terrorisme
d’Etat. Il faut avouer que, depuis plus
d’une décennie, le Congo est entrain de faire face á ce genre de barbarie de la
part de ses voisins á savoir le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda qui ont en
toute impunité envahi le Congo, tuent le peuple congolais, violent les
congolaises de 3 a
70 ans, pillent systématiquement les ressources du Congo et s’attellent á
balkaniser le Congo.
Les choses se passent comme si l’on était encore au moyen
âge ou encore à l’âge de la pierre taillée. Et, qui pis est, la communauté internationale s’efforce d’ignorer ce
problème qui a déjà fait tant de victimes.
Il y a quelques temps, Mgr Desmond Tutu, Prix Nobel de la
paix, déclarait ceci á propos du Congo :
Il faut bien être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître
que les choses ne font que lui donner raison. En effet, tous les hommes de bonne foi s’accordent pour dire que ce qui
se passe au Congo est un phénomène qui doit inquiéter et interpeller les
consciences.
Le cas Congo est une situation qui est entrain de tout
remettre en cause. Le silence,
l’inertie, et l’indifférence de la communauté internationale face á la tragédie
congolaise sont des attitudes qui remettent en question tout le système qui a
pourtant pendant des bonnes années permis les hommes de vivre ensemble.
En effet, après l’expérience douloureuse et révoltante des
deux guerres mondiales, les hommes á travers le monde avaient comme un seul
homme dit tout haut leur ras-le-bol á la guerre, aux tueries, massacres,
barbarie, cruauté, exactions…,
« Never Again » fut leur slogan. C’est-à-dire « Plus
Jamais » ! Plus jamais la
sauvagerie, plus jamais la barbarie, plus jamais le banditisme et terrorisme
d’Etat et que sais-je encore.
Les hommes de l’époque avaient réalisé que tous les
habitants de la planète terre avaient intérêt de militer, d’encourager et de
promouvoir la paix. Car, la paix est un
bien d’une valeur inestimable et une condition on ne peut plus sine qua none
pour la survie de l’espèce humaine sur cette planète terre. Sans la paix, aucun développement durable ne peut se réaliser.
L’ONU est, en effet, née de l’aspiration et la soif profonde
des hommes de vivre dans un monde où règnent la paix, l’ordre, la fraternité et
la justice.
L’ONU est aussi un symbole marquant le rejet total de la
violence, la barbarie, le terrorisme et banditisme d’Etat dans les rapports
entre communautés ou dans les relations entre Etats
Mais, l’attitude de l’ONU et la plupart des pays occidentaux
face á la tragédie congolaise est un signal qui démontre á suffisance que le
monde est entrain de retomber dans les vieilles habitudes; lesquelles habitudes
avaient plongé le monde dans un chaos que personne ne veut plus revivre.
Depuis plus d’une décennie, le Congo est devenu ce que l’on
appelle en droit international « Terra Nullius », c’est-à-dire un
territoire qui n’appartient á personne. La souveraineté du Congo comme Etat membre de l’ONU et l’intangibilité
de son territoire national sont scandaleusement violées au vu et au vu de
tous.
Il n’est un secret pour personne que les pays voisins du
Congo notamment le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda se sont constitués en ce que
l’on appelle « cooperative forces » que les puissances de ce monde
utilisent pour piller les ressources du Congo et balkaniser son territoire.
« Enfin, alors que toute l’Afrique est secouée par la vague
des conférences nationales, Mobutu n’apparaît plus comme le partenaire incontournable
pour gérer cette partie du continent. Peu à peu, les esprits se sont préparés à l’avènement d’une relève et
même à un éclatement du pays. Des
scénarios de partition sont évoqués au Pentagone où l’on semble se résigner à
leur inéluctabilité. (Elle ajoute une note : « Dans un célèbre rapport intitulé
Reform, Conflict and Security in Zaïre, publié en juin 1996, le professeur
Steven Metz, de l’US Army War College, préconisait qu’au cas où une telle «
désintégration » du pays se produirait, « les Etats-Unis n’auraient
pratiquement pas d’autre choix que d’accepter tous les Etats nouveaux qui
émergeraient du Zaïre » »)
En définitive, l’initiative est venue en septembre 1996 des
acteurs régionaux (Ouganda, Rwanda et Tanzanie d’abord) dont certains, naguère,
avaient hébergé des opposants congolais menant quelques petites opérations de
déstabilisation aux marges du Zaïre. » (M.-F. Cros et F. MISSER, Géopolitique
du Congo (RDC), Bruxelles, Complexe, 2006, p.111).
Il est clair que dans ce texte, la question de la minorité
Tutsi congolais n’apparaît pas. L’initiative de la partition du Congo est prise
sans eux. Elle est américaine.
Marie-France Cros en donne des preuves dont celle-ci : « En août 1997, quatre
mois après l’avènement de l’AFDL, un rapport de l’organisation américaine Human
Rigths Watch signale la présence d’instructeurs des Special Forces américaines
au Nord-Kivu, où elles entraînent des troupes rwandaises. En octobre 1996, des
avions C-5 Galaxy et Hercules C-130 de l’US Airforce débarquent sur l’aéroport
ougandais d’Entebe des armes pour l’AFDL. Cette même année, des camions, des
systèmes radar et d’autres types de matériel militaire américain sont livrés à
l’Ouganda. » (Ibidem, p.112). Ce texte dit clairement que la première guerre du
Congo initiée par les Etats-Unis implique, pour en donner une coloration
africaine, deux alliés (l’Ouganda et le Rwanda) et une marionnette, l’AFDL.
L’alibi du sort réservé à l’ethnie Banyamulenge, inexistante dans l’histoire du
Congo, fut un faux-fuyant.
Depuis que la coalition rwando-burundo-ougandaise a débarqué
et opère en toute quiétude en Rdc, l’on assiste á une forte recrudescence d’une
barbarie, une cruauté, un terrorisme et banditisme d’Etat sans précèdent dans
l’histoire du monde moderne.
L'Est du Congo a été traité par le Rwanda et l'Ouganda comme
leur arrière-pays à dépecer pour ses ressources minières, les bénéfices servant
en retour à financer la guerre. Les transnationales minières et les grands
financiers se sont arrachées les morceaux du Congo les plus rentables
immédiatement en s'alliant aux tendances politiques qui leur étaient favorables
ainsi qu'à leurs groupes militaires rebelles. Elles ont parfois créé leurs
propres milices privées. Parmi elles, peuvent être citées les compagnies
minières géantes comme la Consolidated
Eurocan Ventures du Lundin Group, Barrick Gold Corporation
(BGC) aujourd'hui en deuxième position pour la production mondiale de l'or,
I'Anglo American Corporation (AAC) d'Afrique du Sud, la plus importante
compagnie minière du monde, en dehors des pétrolières.
Tous les experts s’accordent pour affirmer que le Congo a
été le théâtre des affrontements les plus meurtriers de notre temps. Lesquels affrontements ont provoqué la plus
grave catastrophe humanitaire que l’humanité n’ait jamais connue depuis la fin
de la Seconde
guerre mondiale. Le bilan parle de
lui-même :
- 5 000 000 de morts depuis 1998 (IRC)
- Plus de 38 000 morts par mois / 1200 morts par jour
- Des centaines de milliers de femmes et enfants violées (HWR)
- 585 000 enfants meurent chaque année des conséquences de la
guerre
1,4 a 1,6 millions de déplacés du au conflit (NU OCHA)
Mais, malgré le fait que les morts se comptent en millions,
la tragédie congolaise est restée complètement ignorée ou méconnue. L’on n’y accorde très peu d’attention.
« L'exploitation du Congo fut le plus grand crime contre l'humanité jamais commis dans l'histoire de l'humanité » Sir Arthur Conan Doyle, Letters to the press, 1909.
Ce qui est dégoûtant et révoltant dans cette triste histoire
du Congo c’est l’attitude de l’Onu et la plupart des pays occidentaux face á
cette tragédie
L’Occident a toujours été présenté á la face du monde comme
étant le chantre et apôtre attitré de la conscience humaine, la démocratie, la
justice, le respect des droits de l’homme, la bonne gouvernance, l’égalité
entre les races, la moralité et l’éthique dans les affaires, et que sais-je
encore.
Mais, il se trouve qu’au Congo l’occident, donneur des
leçons, devient méconnaissable. Au
Congo, l’occident a montré ses limites et contradictions.
Les visiteurs du site de Michel Collon
(www.michelcollon.info) peuvent avoir lu un article intitulé « Au Congo, bat le
cœur de l’Afrique » publié le 22 juillet 2007. Faisant allusion au Kivu,
l’auteur de cet article note : « Ici, les ingérences occidentales ne sont même
pas occultes. Elles peuvent décemment pas se targuer d’être ‘humanitaires’
quand elles fournissent en armes les groupes qui leur permettent de se servir
en minerais et que le projet de fragmenter le cœur de l’Afrique en petites
entités sans autonomie politique et militaire, sorti de sa latence depuis les
cartons de l’AMFI et de la
Barrick est en cours d’exécution depuis le milieu des années
quatre vingt dix. »
Alors que l’Onu et la plupart de pays occidentaux avaient
tous les renseignements sur la guerre d’agression en Rdc, pendant qu’ils
savaient mieux que quiconque que la coalition rwando-burundo-ougandaise était entrain
de massacrer le peuple congolais et de piller systématiquement les ressources
du Congo, il est troublant et ahurissant de constater que l’Onu et la plupart
des pays occidentaux continuaient sans vergogne á nier toute implication du
Rwanda, du Burundi et celle de l’Ouganda dans la guerre d’agression en
Rdc.
Lorsque le peuple congolais espérait reprendre souffle après
la guerre, dite de «libération», une nouvelle guerre éclatait, qu'on a appelé
«d'occupation». Il a fallu beaucoup de temps pour que l'ONU parle de violation,
de la part de l'Ouganda et du Rwanda (l'implication du Burundi est presque
toujours oubliée), de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la RDC. Avec l'ONU, la
généralité des États n'a pas osé donner à cette guerre son véritable nom:
guerre d'agression.
Il est dégoûtant et révoltant de voir comment les medias
internationaux continuent jusqu'à ce jour á relayer des mensonges et
contre-verites alors qu’au Congo même les enfants au Congo sont au courant de
ce qui se passe dans leur pays
A ce sujet, Jean-Claude Willame note : « Que ce soit en
Ituri, au Kivu ou au Nord-Katanga, il était difficile d’occulter le constat
d’une « économie de guerre » alimentée par une demande extérieure de ressources
primaires si abondantes au Congo, une économie sur laquelle la communauté
internationale voulut parfois fermer pudiquement les yeux. » (J.-C. WILLAME,
Les faiseurs de paix au Congo. Gestion d’une crise internationale dans un Etat
sous tutelle, Bruxelles,Crip, p.108)
Et qui en profitait ? « Sur 85 entreprises listées comme
ayant enfreint les dispositions du code de conduite des entreprises
multinationales édicté par l’OCDE, se trouvent quatre grandes banques (dont
trois belges), dix-sept « juniors miniers » américains, canadiens, belges ou
britanniques, un important groupe miner belge, onze entreprises diamantaires
belges, ainsi que plusieurs dizaines de sociétés peu connues établies en
Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. » (Ibidem)
Il y a plus d’un siècle depuis que Joseph Conrad a fait
cette déclaration qui se passe de tout commentaire:
“La colonisation du Congo fut la plus infâme ruée sur un
butin ayant jamais défiguré l'histoire de la conscience humaine ». Joseph Conrad
Les immenses richesses minières du pays suscitent les
convoitises régionales, celles des seigneurs de la guerre et des entreprises
étrangères. Ces dernières, notamment occidentales, ont négocié de juteux
contrats avec le faible gouvernement congolais de transition.
Cette guerre d’agression dont le Congo est la proie n’est
qu’une stratégie savamment mise en place pour transformer le Congo en
libre-service minier. D’aucuns n’ignorent que depuis le déclenchement de cette
guerre, les ressources minières du Congo font l’objet d’un véritable pillage
international
Le sous-sol du Kivu recèle des minerais utilisés dans
l’industrie de pointe (électronique, aéronautique, médecine nucléaire), comme
le niobium (15 % des réserves mondiales se trouvent en Afrique, dont
80 % au Congo), le tantale, associé au colombium, appelé coltan dans la
région (l’Afrique recèle 80 % des réserves mondiales de tantale, dont
80 % au Congo). Ces minerais rares
ont pour caractéristique une exceptionnelle résistance au froid et à la chaleur
et peuvent être utilisés dans des alliages très ductiles et très résistants.
D’après de nombreux témoignages en provenance du Kivu, l’exploitation et la
commercialisation de ces minerais sont le monopole des Rwandais, protégés par
les militaires, et plusieurs compagnies internationales, dont Kenrow
International of Gaithersburg, originaire du Maryland, sont représentées à
Kigali.
Selon le Daily Mail de Tanzanie (14 janvier 1999) le
vice-président Kagame et le commandant James Kabare - qui fut chef d’état-major
par intérim auprès du président Kabila avant de se retourner contre lui -
détiendraient des intérêts dans plusieurs compagnies minières (Littlerock
Mining Ltd, Tenfields Holdings Limited, Collier Ventures Ltd, Sapora Mining
Ltd) et une compagnie d’import-export, Intermarket. Depuis l’éclatement de la
première guerre du Congo, qui mena au renversement du maréchal Mobutu,
plusieurs sociétés minières ont été citées, pour avoir financé des opérations
militaires en échange de contrats avantageux dans l’est de la RDC : l’américaine
Barrick Gold Corporation (dont l’un des actionnaires est l’ancien président
George Bush), l’australienne Russel Ressources dirigée par l’ancien général
israélien David Agmon, l’autrichienne Krall, la canadienne Banro American
Ressources.
La plupart de ceux qui ont fait cette guerre jouissent
aujourd’hui d’une totale impunité et ont même été récompensés. Ils sont
aujourd’hui au pouvoir et peuvent même décider de qui mérite de vivre ou pas.
Voila pourquoi Paul Kagamé, Museveni, Nkundabantware, et
autres continuent de défier le monde. Ils ont la bénédiction des puissants de ce monde.
Mais, où va notre monde avec toutes ces pratiques
abjectes et honteuses? Que dit l’ONU ? Où est-elle ? Que
fait-elle ? Que sont devenues toutes les belles théories et principes
sacro-saints sur la souveraineté des Etats et l’intangibilité de leur territoire
national ? Que faisons-nous du
droit international qui régit les relations entre Etats ?
Que faisons-nous de notre conscience ?
Où sont passes les gardiens de la civilisation : les
Sages, les Prophètes, les Poètes, les Philosophes, les Prix Nobel de la paix,
les Prêtres, Les Pasteurs, les Eglises de Dieu de la Vie, les groupes de pression,
les humanistes…pour crier contre toutes ces dérives avant que ça ne devienne
trop tard ?
« Assister ou rester silencieux face au mal, c'est
Assister le mal ; Il suffit que les hommes de bien ne fassent rien pour que le
mal triomphe »
Quelques vrais hommes d’Etat, (tel Lincoln) et hommes de Lettres (tel Victor
Hugo) ont déjà relevé ce laisser-faire à propos de massacres ou tueries de
toutes sortes qui se commettent. En les paraphrasant, on pourrait avancer
ceci : les massacreurs ou les génocidaires qui commettent ses forfaits
sont effrayants mais les spectateurs passifs qui les laissent faire sont
épouvantables et tout aussi effrayants. C’est parce qu’on les laisse faire que
les massacreurs ou les génocidaires commettent leurs forfaits.
« L’Ignorance est un crime. Savoir et ne rien faire est un crime encore plus
grave ».
©
Congrès de l'UDPS
Lettre mensuelle du Secrétaire Général de L'APARECO
"Nous voilà dans les 100
derniers mètres du grand marathon engagé depuis un peu plus de deux ans et dont
la ligne d’arrivée s’appelle « libération du Congo ». Maintenant que nous
sommes dans le sprint final, je voudrais exhorter les patriotes congolais non
engagés sur la piste de course à ne pas rester des simples spectateurs
passifs..."
Nous voilà dans les 100
derniers mètres du grand marathon engagé depuis un peu plus de deux ans et dont
la ligne d’arrivée s’appelle « libération du Congo ». 100 derniers mètres ou l’étape
décisive de la course que l’APARECO a initiée sans illusion ni sur l’apprêté de
l’exercice ni sur son caractère périlleux, mais avec détermination et foi
incommensurable d’atteindre tôt ou tard la ligne d’arrivée. Aussi, les chutes
et les défections parmi les milliers qui s’étaient alignés avec nous à la ligne
de départ ne nous ont guère détournés un seul instant de notre objectif. Au
contraire, ces chutes et ces défections ont été considérées comme inévitables
vu le caractère très éprouvant du parcours.
Heureusement, de l’autre côté, nul
ne pouvant étouffer la vérité incarnée dans le noble combat de l’APARECO,
plusieurs autres milliers de compatriotes se sont régulièrement ralliés à nous,
donnant du tonus à un groupe engagé dans une course vers le jour de gloire, le
jour de la victoire finale. De toutes les provinces du pays, en effet, et de
toutes les couches sociales, les adhésions officielles et officieuses aux
idéaux de l’APARECO ne se comptent plus. Les unes et les autres traduisant le
succès du travail de conscientisation que les patriotes congolais ont mené dans
le pays profond, sous la houlette du Président national de notre alliance, M.
Honoré Ngbanda.
100 derniers mètres…C’est le
moment de changer de stratégie. En lieu et place de ces petites foulées qui
nous ont amené jusqu’à cette étape de la compétition, le marathonien doit se
muer en coureur de fond et engager le sprint qui voit intervenir de nouvelles
techniques sans lesquelles la ligne d’arrivée est une gageure. L’élan, la
lancée en toute vitesse, l’agilité des jambes, le contrôle de la ventilation du
corps, le lancement synchronisé des bras, la maîtrise du centre de gravité du
corps concomitamment avec des rapides coups d’oeil autour de soi pour contrôler
l’adversaire afin d’anticiper sur ses mouvements et ses intentions, voilà des
techniques qui font recette en athlétisme pendant le sprint final.
Dans la course de fond où
désormais ils sont engagés, les membres de l’APARECO se doivent d’observer
toutes ces techniques d’athlétisme avec, en plus, les trois consignes venues de
la vieille Olympie : toujours plus vite, toujours plus haut et toujours plus
loin. En d’autres termes, à quelques encablures de l’objectif que l’APARECO s’était
assigné, nous devons garder à l’esprit que l’issue heureuse de notre engagement
n’est plus fonction de la perspicacité de nos analyses ni de la noblesse de
notre combat et encore moins de notre capacité à mener au bout notre projet.
Elle sera désormais fonction de notre compétitivité et de notre efficacité sur
un terrain socio-politique où sont actifs d’autres protagonistes résolument
déterminés à obstruer notre route. Ce qui implique de notre part, endurance
dans l’effort, cohérence dans la méthode et dans l’action, en se souvenant
constamment des faits importants suivants :
- Jusque-là, personne n’a
réussi ni à infirmer les révélations faites par l’APARECO ni à imprimer une
ride aux valeurs que nous défendons ;
- Personne, même parmi les plus
farouchement opposés à nos intérêts, n’a prouvé la vanité de notre lutte ;
- Nous avons eu droit à toutes
les formes d’injures de la part de nos détracteurs mais personne ne nous a nié
la compétence nécessaire.
100 mètres… Pas un de plus à
endurer et la victoire est acquise 100 mètres de course de fond, tel est le prix à
payer par les patriotes pour tirer notre pays et notre peuple des profondeurs
abyssales où, astucieusement, M. Kanambe dit Joseph Kabila, ses mentors et ses nègres
de service les ont précipités et veulent les maintenir. La dextérité avec
laquelle l’imposture trie parmi les Congolais les bons et les mauvais, c’est-à-dire
parmi les citoyens de notre pays, ceux qui ont droit à la vie et ceux qui
doivent disparaître inopinément ou à petit feu, procède de cette politique.
Tant pis si la présidence de la
République doit ne plus rien à envier à la morgue de l’hôpital
général de Kinshasa avec toutes ces morts aussi curieuses que suspectes des
personnalités congolaises de premier plan ! En procède aussi : l’incurie
généralisée mise en place à Kinshasa et à travers les provinces où s’élargissent
chaque jour davantage des zones de non droit et se réduisent comme peau de
chagrin la sécurité des personnes et de leurs biens, les libertés fondamentales
ainsi que l’illusion des lendemains qui chantent miroitée aux populations
locales par de puissantes machines de propagande à la solde de l’imposture.
Procèdent enfin de cette politique d’asphyxie d’un Etat et d’une nation : la
clochardisation des militaires, des fonctionnaires et du personnel public de l’Etat
ainsi que la confusion artistique observée au niveau de la politique étrangère
du pays et de sa politique de défense.
A l’APARECO, où tous les
faits et gestes du pouvoir en place à Kinshasa ne passent pas inaperçus, nous
notons, non sans attention, comment, à l’image d’un diable dans un bénitier, l’imposture
cherche désespérément à nous gagner en vitesse et réaliser ainsi en temps
record le plus possible de ses noirs et funestes objectifs pour lesquels il a
été imposé aux Congolais. (Voir à cet effet mes lettres des mois de juin et
juillet 2007). Voyez vous-mêmes comment l’ennemi s’emploie à achever la
déstructuration de l’armée nationale, à achever le très controversé plan d’installation
des citoyens Rwandais à Moba, à offrir au général mutin Laurent Nkundabatware
les moyens de sa politique dans le Nord-Kivu, à jeter un voile de plomb sur l’activisme
des soi-disant Banyamulenge dans les localités qui surplombent la ville d’Uvira,
à démanteler à tout jamais les derniers bastions sous le contrôle des
résistants Mai-Mai, à faciliter le saucissonnage du territoire national (soit
en faveur des investisseurs véreux et au détriment des populations locales qu’on
dépossède sans dédommagement soit en celle des pays voisins)…
Dans le même ordre d’idées,
nous sommes tous témoins de l’élimination systématique des hommes politiques et
des intellectuels susceptibles de hausser la voix ou d’éveiller la conscience
collective contre l’occupation en cours. Ayons à l’esprit que Joseph Kabila,
ses mentors et ses nègres de service n’ont plus de temps à perdre. Ils agissent
désormais dans l’urgence. Car demain risquerait d’être trop tard pour eux, au
regard de l’impopularité générale et irréversible dont ils sont l’objet auprès
des populations congolaises enfin réveillées de leur torpeur. Cela est une
réalité indéniable. Ce qui nous laisse affirmer, sans peur d’être contredit ni
par les faits ni par quiconque, que le compte à rebours a bel et bien commencé
contre l’imposteur.
Maintenant que nous sommes dans
le sprint final, je voudrais exhorter les patriotes congolais non engagés sur
la piste de course à ne pas rester des simples spectateurs passifs. C’est le
moment de se lever, et des gradins où ils sont, d’apporter leurs soutiens à
leurs frères et soeurs en plein déploiement d’énergie pour la ligne d’arriver.
Je vais être plus explicite : l’ennemi que nous combattons est malicieux. Il
fera tout pour nous confisquer la victoire du peuple congolais contre l’occupation
et l’oppression. Il invoquera, pour ce faire, un soi-disant retour «à la
dictature, à travers un groupe de nostalgiques de l’ordre ancien», des
«mobutistes» ou encore «un coup de poignard assené à la démocratie par des
ennemis de la paix». Et, au besoin, il en appellera à l’intervention de la (fameuse
et perfide) communauté internationale «pour rétablir la démocratie bafouée»...
Patriotes congolais, soyez
vigilants ! Ne vous laissez pas impressionner par de fallacieux argumentaires
en provenance de nos occupants et de nos oppresseurs. Il faudra réserver une
suite de non recevoir à ces chants de sirènes parce qu’en réalité, c’est vous,
vos enfants, vos frères et vos soeurs qui, depuis plusieurs années, vous
organisez pour libérer le pays de vos ancêtres de l’occupation étrangère et de
l’humiliation permanente qui aurez gagné contre l’occupant. N’accordez aucune
attention à tout ce que la propagande au service de l’occupation distillera
comme message pour nous diviser et affaiblir notre front. Au contraire, sortez
de chez vous, sans peur et sans acrimonie pour apporter du soutien et un salut
fraternel et patriotique à vos frères et soeurs ; investissez tous les
carrefours et toutes les places stratégiques de vos villes respectives pour
défendre et protéger la victoire finale contre les tentatives inévitables de l’imposture,
ses mentors étrangers et ses fanatiques de reprendre les choses en mains.
Gardez-vous d’être du mauvais côté, celui de l’imposture, de la lâcheté et de
la trahison pour qui sonne déjà le glas. Car demain, au bout de ces 100 mètres de fond que
nous engageons avec tous les Congolais déjà sur le qui-vive, il n’y aura aucune
fierté d’avoir tant soi peu fait la sourde oreille à l’appel de la patrie. Bien
au contraire !
Ceux qui ont investi leur foi
dans notre combat, qu’ils s’estiment heureux d’avoir fait le bon choix, celui
de la patrie et de l’inéluctable victoire finale. Rien et alors rien ne peut
plus arrêter l’élan et la détermination des fils et des filles de notre pays
lancés dans une course dont le prix est d’une valeur incommensurable : la
libération du territoire national ainsi que le recouvrement de notre
souveraineté et de notre intégrité.
Pour ceux de l’APARECO
particulièrement, mon message de ce jour est clair : le temps des incantations
est fini.
Fait à Choisy-le-Roi, le 06
Septembre 2007
Faustin Shungu Okitawungu
Secrétaire Général de l’APARECO
Alliance des patriotes pour la Refondation du Congo
www.aparecordc.org
Paul Kagamé continue de tromper l'opinion internationale
Ma lettre
ouverte du 21 juillet n'a pas eu de réaction du Ministre. Aujourd'hui on est en
pleine guerre et le Ministre DE GUCHT n'a pas encore vu que KAGAME et le Rwanda
continuent à tromper la communauté internationale.
L'information
reçue du député Congolais pour transmission au Ministre ne peut être plus
actuelle, objective en dans l'intérêt des Congolais et des droits de l'homme.
Maître Luc DE TEMMERMAN
Avocat au barreau de Bruxelles
Avocat du Colonel Bernard Ntuyahaga au
Procès des Para Commandos belges assassinés au Rwanda
Lire la lettre envoyée à Karel DEGUCHT et la déclaration des députés du Nord-Kivu
Questions directes à Laurent Nkundabatwaré par B.Amba Wetshi
Officier dissident des Forces armées de la RD Congo, Laurent Nkunda
Mihigo parle de lui-même et livre sa part de vérité sur la situation qui
prévaut dans les provinces du Kivu en général et au Nord Kivu en particulier
L’interview
a été réalisée, mardi 4 septembre 2007, par téléphone. Sans partager les opinions du
général mutin, comme aurait dit Voltaire, la rédaction du Congoindependant a
jugé juste de lui donner l’occasion de les exprimer. Aux internautes d’en
juger.
L’objectif est simple : la recherche de la vérité.
B.Amba Wetshi : Vous êtes un homme
plutôt mal connu. Qui êtes-vous ?
Laurent Nkunda : Je suis né dans le Territoire de Rutshuru précisément dans
la collectivité de Bwito, localité de Mirangi. J’ai fait mes études à
l’université de Kisangani à la fin des années 80. C’est au cours de l’année
académique 1987-1988 que je suis arrivé dans la ville. Parmi mes anciens
camarades d’études, il y a par exemple Justin Kabongo qui est actuellement
professeur assistant à la même université. Après Kisangani, j’ai poursuivi mes
études à l’université (adventiste) de Mudende, au Rwanda. J’ai quitté le Rwanda
en 1990, lorsque le Front patriotique rwandais (FPR) a déclenché les combats.
Je suis marié et père de six enfants. Mon épouse est originaire de la Province orientale. Son
père travaille à la RVA
(Régie des voies aériennes). Il est en poste à l’aéroport de Simi Simi.
Après vos études, quel
a été votre parcours professionnel ?
J’ai enseigné dans un institut d’enseignement secondaire mis
sur pied par les responsables du parc national de Virunga. J’y donnais le cours
de psycho-pédagogie. J’ai été enseignant également à Kitshanga.
Je tiens à vous
prévenir que j’aurai à vous poser des questions parfois dérangeantes. J’espère
que vous êtes prêt à jouer le jeu.
Il n’y a pas de questions taboues pour moi !
Quelle nationalité
portez-vous au moment où nous parlons ?
La nationalité congolaise. Je n’ai jamais sollicité
l’obtention d’une autre nationalité. Je n’ai jamais renié ma qualité de
Congolais même lorsque j’étais enrôlé dans l’APR (Armée patriotique rwandaise)
en 1993. J’ai fait partie de l’armée rwandaise pour de raisons strictement
idéologiques. Révolutionnaires. Au Rwanda, les autorités peuvent vous confirmer
que « Laurent » a servi au sein de l’APR en tant que Congolais.
Pourquoi avez-vous
rejoint l’APR alors que vous revendiquez votre statut de Congolais ?
En 1990, je quitte le Rwanda. Je suis rentré à Goma. Pendant
que la guerre faisait rage au Rwanda, tous les jeunes zaïrois, issus de
l’ethnie tutsie, faisaient l’objet de diverses tracasseries policières. Ils
étaient accusés d’être des « Inkothanyi », autrement dit des complices du FPR.
Il devenait de plus en plus difficile de se mouvoir dans la ville. Ayant
constaté que nous n’étions pas accepté comme de citoyens zaïrois à part
entière, il ne nous restait plus qu’à rejoindre le Front. En 1992, j’ai rejoint
la branche politique du FPR.
Avez-vous
personnellement été menacé, à l’époque du Zaïre de Mobutu, du fait de votre
appartenance à la communauté tutsie ?
Non ! Nous avons été menacés pendant un certain temps
lorsque la guerre rwandaise a commencé à partir du mois d’octobre 1990. Cette
situation peut être expliquée par l’amitié qui existait entre Mobutu et
Habyarimana. Je peux vous dire cependant que je garde personnellement un
excellent souvenir de l’époque de Mobutu durant laquelle tout le monde
jouissait de la liberté d’aller et de venir aux quatre coins du Zaïre d’alors.
J’en garde un grand souvenir. J’ai toujours répété aux gens qu’on devrait suivre
l’exemple de Mobutu dans le « management » de toutes les ethnies du pays. Au
sein du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple, ndlr), nous
considérons cette méthode comme un modèle de leadership à suivre. A cause de
ses affinités avec Habyarimana, Mobutu a, au cours des dernières années de son
régime, perdu « un peu » le contrôle des provinces du Kivu où des extrémistes
se sont lancés dans le tribalisme.
Où étiez-vous durant
le génocide rwandais de 1994 ?
J’étais déjà dans l’armée rwandaise. J’étais sous-officier.
Le FPR a pris le
pouvoir à Kigali en juillet 1994. Qu’avez-vous fait après ?
Après le génocide, des contacts ont été amorcés avec André
Kisase Ngandu en vue de la mise sur pied de l’AFDL (Alliance des forces
démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre). Six à sept mois avant le
déclenchement de la guerre dans les provinces du Kivu, j’ai fait partie des
officiers chargés d’encadrer les combattants – Zaïrois et ceux issus du maquis
de Ruwenzori - envoyés en formation dans le Parc de l’Akagera.
Dans une interview
accordée au quotidien bruxellois « Le Soir », vous affirmez avoir assuré la
sécurité de Joseph Kabila à Kisangani durant la guerre de l’AFDL.
Après la « libération » de Kisangani en mars 1997, j’avais
en charge la sécurité de cette ville. C’est à ce titre que l’on m’a présenté
Joseph comme étant le fils de mon « boss ». Je devais assurer sa sécurité. Il
logeait à l’hôtel Palm Beach. A l’époque, il était très discret. Calme. Il
savait écouter. L’homme avait soif d’apprendre. Il était très sympathique.
Malheureusement, nous ne nous sommes plus revus depuis ce temps.
Le 17 mai 1997, les
troupes de l’AFDL font leur entrée à Kinshasa. Quelle fonction avez-vous
assumée après la « libération » ?
Après la guerre, j’ai été désigné « S2 », c’est-à-dire
responsable des renseignements à la 7ème brigade à Kisangani. En juin 1998,
j’ai été affecté à Walikale, au Kivu, dans la 224ème brigade dirigée par le
commandant Ali Gisatero.
Fin juillet 1998,
c’est la rupture entre le président Laurent-Désiré Kabila et ses parrains
rwandais et ougandais. Que faites-vous ?
Je me trouvais à Walikale. Je n’avais aucun contact avec
Goma. C’est à partir de Walikale que j’ai appris que les jeunes soldats
banyarwanda présents à Kisangani ont été massacrés. A la tête d’un groupe de
militaires, j’ai « libéré » Kisangani le 23 août 1998. A l’époque, je
n’avais eu aucun contact avec le staff dirigeant du RCD (Rassemblement
congolais pour la démocratie). Je ne connaissais ni le général Ondekane encore
moins le général feu Sylvain (Ndlr, Sylvain Buki).
Je vais peut-être
sauter une étape pour arriver à la mise en place des institutions de transition
à partir du 30 juin 2003. Pourquoi avez-vous rechigné de rejoindre Kinshasa
après votre intégration dans l’armée nationale congolaise ?
Pour comprendre mon histoire, il me semble qu’il faut partir
de la fin du Dialogue intercongolais dont les travaux se sont achevés à Sun
City, en Afrique du Sud, le 22 décembre 2002. De retour de Sun City, le collège
de fondateurs du RCD convoque une réunion à Goma. Tous les officiers sont
présents. L’objectif est de restituer les négociations politiques de Sun City.
J’ai à cette occasion soulever une préoccupation. A savoir que cette réunion a
certes abouti à un accord politique se limitant à un partage de postes. En
revanche, il n’y avait pas d’accord militaire. En clair, les parties se sont
accordées sur rien en matière militaire et sécuritaire. Le président du RCD,
Azarias Ruberwa, m’avait laissé entendre qu’une commission ira à Kinshasa pour
traiter de ces questions. J’ai suggéré en vain que cet accord
militaro-sécuritaire soit signé avant notre arrivée à Kinshasa. Je lui ai fait
observé que, dans le cas contraire, il n’y aura pas de garantie du fait qu’il
ne sera pas le chef suprême de l’armée dans la capitale. Voilà pourquoi je me
suis abstenu de rejoindre Kinshasa. Et ce, pour de ne pas être victime de
l’arbitraire. Les faits me donnent raison. L’arbitraire continue à régner
jusqu’à ce jour. L’armée est gérée de manière monolithique. Les combattants
issus des ex-forces belligérantes devaient être régis par des textes élaborés
d’un commun accord. J’avais prévenu Ruberwa. Il ne m’avait pas compris.
D’aucuns vous accusent
d’avoir commis des atrocités à Kisangani en 2002 à l’occasion de la répression
d’une mutinerie. Que répondez-vous ?
On m’a toujours fait un mauvais procès sur mon intervention
à Kisangani. J’ai quitté le chef-lieu de la Province orientale en y laissant une bonne
impression. J’ai fait plus de quatre ans à Kisangani. J’étais l’officier le
plus écouté de cette ville. La mutinerie de Kisangani a commencé au moment où
j’étais en formation à l’académie militaire au Rwanda. J’ai été désigné pour
accompagner le général Amisi « Tango fort », alors chef d’état-major de l’armée
du RCD, qui devait mettre fin à ce soulèvement. Peut-on franchement m’imputer
des actes qui ont été commis sous la supervision du chef d’état-major du RCD ?
En juin 2004, vous êtes stigmatisé comme l’organisateur
d’une mutinerie à Bukavu.
En 2004, je n’assumais aucune fonction militaire. J’étais à
la tête d’une Organisation non gouvernementale dénommée « Synergie nationale
pour la paix et la concorde » dont le siège se trouvait à Goma. La mutinerie de
Bukavu a eu pour détonateur le bras de fer entre le colonel {Jules} Mutebusi et
son chef hiérarchique le général Budja Mabe. Le conflit a fini par dégénérer en
affrontements armés dans la ville. Les Banyamulenge vivant à Bukavu devaient
faire l’objet d’une rafle. En ce moment, je me trouvais en Ituri pour tenter de
réconcilier les Lendu et les Hema. J’avais engagé des pourparlers avec des
milices de l’Ituri afin d’arrêter le massacre des Bahema. De même, j’avais pris
langue avec le général Kakolele Bwambale. Celui-ci devait m’apporter son
concours grâce à ses relations avec les Balendu. C’est en Ituri que j’ai appris
que les « Banyamulenge » de Bukavu étaient menacés. Voilà pourquoi, j’ai pris
la décision d’intervenir. Nous avons amené au Rwanda les 1 500 Banyamulenge qui
résidaient à Bukavu. Après, je me suis replié sur Goma.
Comment avez-vous fait
pour mobiliser des soldats alors que vous n’étiez que le président d’une ONG ?
Comme vous le savez, j’ai été le commandant de la deuxième
région militaire du RCD au Nord Kivu. Une fonction que j’exerçais encore trois
mois auparavant. C’est ainsi que je n’ai éprouvé aucune peine à mobiliser de
combattants.
Vous aimez bien vous
présenter en « défenseur de vos frères Tutsi ». N’est-ce pas une erreur de
communication en tentant d’attraper les mouches avec du vinaigre ?
Il ne faut pas qu’on se cache la vérité. Là où je me trouve,
je ne protège par les Tutsi. Je plaide leur cause. Il y a une cause tutsie qui
n’a jamais été défendue dans cette République. Il y a des gens qui ne savent
pas s’ils sont Congolais ou Rwandais. Depuis des années, ils naviguent entre le
Rwanda et le Congo. Il y a de réfugiés qui sont au Rwanda, en Ouganda et au
Burundi. Aucun officiel congolais n’a jamais pris la peine de se pencher sur
leur situation. Je me dis qu’il faut plaider pour ce peuple pour qu’il ne soit
pas exclu de la
République. J’ai le malheur d’être Tutsi comme ces gens.
Reste que je fais un grand travail. J’ai convaincu beaucoup d’autres officiels,
civils et militaires - qui ne sont pas issus de la communauté tutsie – sur la
nécessité de plaider cette cause. Je les ai sensibilisé sur le travail que je
fais qui ne se limite pas uniquement à défendre les Tutsi mais surtout parce
que ceux-ci n’ont pas de défenseur.
C’est un malheur
d’être Tutsi, selon vous ?
Ce n’est pas un malheur ! Malheureusement, c’est un malheur qu’on peut créer. Aujourd’hui, il y a d’une part des Tutsi qui ont honte de leur origine. De l’autre, il y a des gens qui les ost




