AfricomLe but de l'Africom est, selon Washington, d'aider le continent à se stabiliser. Mais nombreux sont ceux qui estiment déjà que ce centre est motivé par des considérations stratégiques. Le quartier général de l'Africom sera, dans un premier temps, en Allemagne.

Mais Washington espère bien à terme l'établir sur le continent. Dakar, Nairobi ou Addis-Abéba sont parmi les villes les plus fréquemment citées, et le département d'Etat devrait avoir fait son choix d'ici au mois de février 2008. Mais les candidats ne semblent pas se bousculer.

Deux raisons à cela : d'abord, au vu des précédents irakien et afghan, certains redoutent une ingérence américaine accrue dans les affaires africaines. Ensuite, plusieurs pays africains craignent de devenir une cible pour les ennemis de l'Amérique.

Pour les rassurer, Washington a pris soin de préciser qu'il n'était pas question de positionner de nouvelles troupes sur le continent, et que son but était seulement de promouvoir la sécurité et l'état de droit en Afrique.

Les Etats-Unis affirment d'ailleurs qu'ils se contenteront de proposer des formations, et que ce sont des diplomates et des spécialistes de la coopération qui constitueront le gros des effectifs de l'Africom.

Mais il est indéniable que la création de ce nouveau commandement montre bien l'intérêt nouveau que portent les Etats-Unis à l'Afrique.

Cet intérêt tient en trois mots: pétrole, terrorisme, instabilité.

En effet, les 10% du pétrole brut consommé par l'Amérique proviennent d'Afrique et Washington surveille de très près la concurrence que lui livre, dans ce domaine, la Chine.

Le département d'Etat s'inquiète également de la menace que représentent les islamistes qui opèrent depuis des pays où l'autorité de l'Etat n'est pas solidement affirmée.

Impossible donc d'envisager l'Africom sans penser aux motivations stratégiques américaines, d'où les réticences rencontrées sur le terrain.

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