02 octobre 2007
Vers la « Kosovisation » du Kivu
Les tergiversations de la Communauté internationale
et du Président Joseph Kabila sur la solution à la crise qui sévit à l’Est de la R.D. Congo cachent mal
un plan occulte de la « Kosovisation » du Kivu et de l’Ituri, c’est-à-dire un
plan visant à couper progressivement le Kivu et l’Ituri de la R.D. Congo à la manière
du Kosovo de la Serbie
Le
CNDP de Nkunda jouerait ainsi le rôle de l’UCK de l’albanais Ibrahim Rugova,
Kinshasa celui de Belgrade, et quelqu’un celui de Slobadan Milosevic !
Acte 1 : La communauté internationale très présente au Congo
avait laissé se développer la rébellion de Nkunda et de Thomas Lubanga au
moment de la formation du gouvernement de transition en juin 2003.
Acte 2 : La
MONUC qui représente la communauté internationale en R.D.
Congo s’acharne depuis son arrivée en R. D. Congo à démanteler les résistants
congolais Mai-Mai et ferme l’œil aux violations des droits humains perpétrés
par les rebelles rwandophones (au Kivu) et Hema (en Ituri).
Acte 3 : A l’annonce des résultats du deuxième tour des
élections présidentielles en R.D. Congo, la communauté internationale s’était
abstenue de toute condamnation de la prise de Sake par les rebelles de Nkunda.
Ce mutisme était pourtant le contraire de ce que cette même communauté disait
pendant la transition, à savoir qu’elle ne laisserait à personne la liberté
d’hypothéquer les acquis du processus démocratique.
Acte 4 : La communauté internationale a soutenu les accords
secrets entre les émissaires du Président Joseph Kabila et le rebelle Nkunda,
accords qui ont abouti au mixage des troupes rebelles et Fardc ainsi qu'à
l’infiltration de 8000 soldats rwandais et 1000 soldats ougandais (chiffres de
William Swing de la Monuc)
au Kivu pour soutenir le rebelle Nkunda.
Acte 5 : Devant les exactions des rebelles de Nkunda sur la
population congolaise, le gouvernement de Joseph Kabila et la Communauté
internationale ont choisi le silence et le langage de bois, préférant la
rhétorique à l’action.
Acte 6 : Le gouvernement Joseph Kabila et la Communauté
internationale ont décidé de passer outre les recommandations des élus
congolais, des chefs des confessions religieuses du Kivu, et des membres de la
société civile, des ONG des droits humains, pour mettre fin au phénomène
Nkunda. En lieu et place de l’option militaire, ils continuent jusqu'à nos
jours d’exiger une table ronde entre les tribus du Kivu. C’est à peine croyable
que la tribu que le processus électorale avait fait disparaitre soit la recette
que Kinshasa et la communauté internationale cherchent à imposer aux Kivutiens
comme voie de sortie de la crise. Pendant que partout au monde, les
terroristes comme Nkunda sont pourchassés, on demande aux congolais de
dialoguer avec leur Ben Laden !
Acte 7 : Devant le refus catégorique de la table ronde, Le
gouvernement de Joseph Kabila a choisi de privatiser la gestion de la crise du
Kivu. Au lieu de mobiliser la nation congolaise par la voie de ses institutions
démocratiquement élues pour mettre fin à la crise, le Président Joseph Kabila
ainsi que ses mousquetaires, font des promenades à pieds au Kivu pour sauver
les apparences ! Les visites se multiplient au Kivu mais se ressemblent à ceci
qu’aucun plan global n’est mis en place pour mettre fin à la crise. Au lieu de
mobiliser la nation, on fait croire aux congolais que la solution viendra
d’ailleurs, de New York, de Ngurdoto, de Dar-es-salaam, etc. Le parlement qui
serait le rempart du peuple en ce temps de crise est préoccupé à Kinshasa
à produire un budget par ailleurs financé par les étrangers… Cette
stratégie permet de détourner les congolais de leurs capacités de résoudre leur
crise par les ressources locales.
Acte 8 : Les militaires congolais déployés au Kivu disent
hors micro de n’avoir jamais été doté des moyens nécessaires pour bouter
l’ennemi dehors et pour sécuriser les civils. Tout ce qu’on leur répète à
longueur des journées, c’est le brassage, toujours le brassage, même pendant
que l’ennemi tue les congolais ! De camps des troupes brassées, les
nouvelles de la prise en charge des militaires ne sont pas bonnes non plus!
Autrement dit le brassage releverait d'une rhétorique politicienne qui paie
bien maintenant. En realité, il y aurait un abandon tacite de l’armée
congolaise pour éviter que cette dernière ne désavoue un jour les
politiciens corrompus avant de les remplacer par un coup militaire. Plusieurs
pistes auraient ainsi été prises en compte par l’ennemi qui attend assener un
coup dur aux congolais jaloux de leur pays, un et indivisible ! Mais la
piste du peuple congolais n’a pas encore été bouchée. C’est le peuple qui aura
le dernier mot au moment venu !
Acte 9 : La communauté internationale est la première à
surestimer la force de frappe des FDLR et des rebelles de Nkunda par rapport à
l’armée gouvernementale. Cette surestimation de la puissance de feu des rebelles
vise à dissuader les leaders politiques congolais qui préconisent une solution
militaire contre Nkunda et ses parrains rwandais. Le message de la
communauté internationale dont on connait la force au Congo est clair : Les
va-t-en-guerre congolais n’auront pas l’aide militaire de la communauté
internationale qui semble avoir déjà jeté son dévolu sur Nkunda et le camp
qu’il représente.
Acte 10 : La remise en selle de Jean-Pierre Bemba et le
mixage de ses soldats en déroute depuis mars 2007 avec les éléments de l’armée
ougandaise en poste dans la région du Lac Albert, est une bouchée double
imposée aux congolais pour se mettre au diapason de la communauté
internationale ou subir un échec militaire cuisant sur le front du Kivu et de
l’Ituri. Les Forces Vives de Mahagi en Ituri s’étonnaient de rencontrer des
militaires ougandais qui parlent Francais et Lingala avant d’être mis au
courant du mixage Jean-Pierre Bemba-Ouganda aux abords du Lac Albert.
Avec le mixage Jean-Pierre Bemba-Ouganda, on rentre à la case du départ
de la guerre d'agression de 1998.
Acte 11 : Le Ministère des Affaires Etrangères du Royaume de
Belgique vient de demander à l’ONU l’arbitrage du Conflit R.D. Congo- Rwanda
par un envoyé spécial de l’ONU comme ce fut le cas au Kosovo. Si cette requête
est acceptée, la « Kosovisation » du Kivu-Ituri serait en marche !
Acte 12 : Les congolais n’ont plus qu’à s’en prendre à
eux-mêmes ! Le parlement congolais, au niveau national et provincial
est aussi à plaindre ! L’opposition politique congolaise qui ne s'oppose à
rien est aussi à plaindre ! Les Forces vives, les chefs coutumiers, les
chefs des confessions religieuses, tous sont à plaindre ! Chaque congolais
est à plaindre pour l'abandon du pays entre les mains des
prédateurs, en refusant d'utiliser tous les moyens democratiques et
juridiques dont il dispose pour mettre fin à la crise ! Un
homme averti en vaut deux !
Rigobert Kanduki
www.benilubero.com
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