03 octobre 2007
Olive Lembe Kabila chahutée au Quartier Matongé
Depuis le 27 septembre, le «
Congo culturel » est à l’honneur dans la partie francophone du royaume de
Belgique, dans le cadre du festival « Yambi » auquel participent 150 artistes
venus de la RD Congo
Le très multiculturel Quartier Matonge de Bruxelles a vécu samedi 29 septembre une ambiance digne d’état de siège. La police fédérale a fait une démonstration de force à l’occasion d’une brève visite de Madame Kabila…
Samedi 29 septembre. C’est le
début de l’après-midi. Un car vient déposer des musiciens d’une fanfare kinoise
à la Porte de
Namur. Le groupe est venu animer la cérémonie d’inauguration de la sculpture «
Au-delà de l’espoir », réalisée par l’artiste plasticien congolais Freddy
Tsimba. Il est 14 heures. La fanfare entonne des airs connus de chants
notamment religieux. Les habitués du Quartier Matonge sont aussitôt interdits
d’accès sur le tronçon de la chaussée de Wavre compris entre la rue Dublin (rue
de la Paix) et la Porte de Namur.
Plusieurs « check points »,
surveillés par des « robocops », munis de matraques et casques, sont installés
aux croisements respectivement de la rue de Naples, Edimbourg et St Boniface.
La veille au soir, une information a circulé, de bouche à oreille, faisant état
de la venue de Mme Kabila dans le quartier. « Elle vient rencontrer des mamans
commerçantes », confie une source à quelques femmes triées sur le volet. «
C’est une provocation ! », rétorquaient des activistes du groupe de pression «
Bana Congo » et ceux de l’Apareco (Alliance des patriotes pour la refondation
du Congo). Ce qui devait arriver arriva. « Olive » est venue dans ce périmètre
de la commune d’Ixelles, réputée pour son anti-kabilisme. Selon des témoins, la
« première dame » est arrivée sur lieu accompagnée d’une ministre provinciale
de Kinshasa ainsi que de l’épouse de l’ambassadeur de la RD Congo à Bruxelles. «
Aussitôt des injures ont fusé à partir des cybercafés et autres cabines
téléphoniques environnantes», raconte un témoin. « Une dame a traité Olive
Kabila de traître et de s…pour avoir épousé Joseph Kabila ». Cette version est
confirmée par une autre source ajoutant que Madame Kabila se serait interposée
pour « calmer » des policiers belges qui voulaient interpeller
l’irrévérencieuse citoyenne congolaise.
A en croire des témoins, Olive
Lembe di Sita avait exprimé le désir d’aller serrer les mains des mamans
commerçantes dans les Galeries d’Ixelles. Elle avait également exprimé à haute
voix le désir « d’aller parler aux Bana Congo». Deux projets qui lui ont été
fortement déconseillés par la police compte tenu de l’animosité ambiante. En
effet, une poignée d’activistes de Bana Congo et ceux de l’Apareco ont, durant
plus de deux heures, crié leur colère devant un cordon infranchissable de
policiers belges.
Les Bana Congo et l’Apareco
Didier Ramazani Ali et le pasteur Makolo Kotambola n’ont pas réussi à rendre
les « flics » plus coopératifs. Les musiciens de la fanfare ont été un moment
dispersés par les émanations d’une "bombe" lacrymogène lancées par un
des protestataires. D’où l’arrivée de renforts. Au total, Olive est restée une
trentaine de minutes sur le lieu avant d’être évacuée via une sortie dérobée.
Que ce qui fait courir la première dame de la RD Congo ? Est-ce la
volonté d’« exister » ou une tentative désespérée de résorber le déficit
communicationnel qu’accuse son président d’époux ? Depuis le mois d’août
dernier, Olive séjourne en Belgique, particulièrement dans la ville de la Louvière où résident ses
parents. Plus « visible » que Madame Kabila, tu meurs ! Mi-août, elle a été reçue
à déjeuner par le président du sénat belge, le très kabilophile Armand De
Decker. La « présidente » était accompagnée de sa mère et de l’ambassadeur de la RD Congo à Bruxelles.
Après les agapes, De Decker s’était fendu d’un communiqué de presse pour faire
savoir cette rencontre sans précédent entre l’épouse d’un chef d’Etat étranger,
n’exerçant aucune fonction officielle, et le président de la Chambre haute du royaume.
Quelques jours après, Olive a eu
droit à un portrait aguichant dans les colonnes du quotidien bruxellois « Le
Soir ». Rien de bien surprenant. Lors de la soirée culturelle organisée le 27
septembre – au Théâtre royal - par la Ministre-présidente
de la Communauté
française, Madame Kabila a prononcé une allocution. A Bruxelles, chacun y va de
son commentaire. Depuis le démarrage du festival « Yambi » - auquel participent
150 artistes venus de la RD
Congo - en marge de la Fête de la Communauté française de Belgique, Olive Kabila
est devenue inévitable. Le 28 septembre, elle était invitée au journal « Le
Soir » dans le cadre de la présentation des caricatures de Pierre Kroll
retraçant vingt années de tumultueuses relations belgo-zaïro-congolaises. A
cette occasion, elle a pris la parole pour parler des relations
belgo-congolaises sous forme de "conte de chez nous". Plusieurs
personnalités de la Belgique
francophone étaient présentes. Joseph Kabila a ainsi engagé le redoutable pari
d’exposer son épouse. Celle-ci devient une des actrices du paysage politique
congolais. On apprenait mardi soir que l’épouse Kabila a reçu lundi 1er octobre
un groupe de "Mamans" dans un hôtel bruxellois. Jusqu’où va-t-elle
aller et au nom de quelle légitimité ?
B.A.W © Congoindépendant 2003-2007
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