03 octobre 2007
Affaire Jackson Wilson : Analyse de JP MBELU
Joseph Kabila
aurait-il signé son arrêt de mort?
Les lecteurs des médias Congolais ont lu hier mardi
02/10/2007(matin), sur le site 'Digitalcongo' et dans le journal Uhuru, une
interview que Joseph Kabila aurait donnée au journaliste américain indépendant
Jackson Wilson en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Cette interview
aborde des sujets divers dont l'acquisition de la bombe nucléaire et la vente
de l'uranium congolais à l'Iran et à la Corée du Nord. La bombe atomique serait acquise
avec l'aide de la Chine avant la fin du mandat de Joseph Kabila. Quant à la vente de l'uranium
congolais aux pays classés dans l'axe du mal par les U.S.A., le président
congolais ne trouverait aucun inconvénient que ce minerai soit traité comme
tous les autres.
Après avoir publié le texte de cette interview le matin, les
gestionnaires du site 'Digitalcongo' se seraient ravisés en publiant, dans la
soirée de mardi (17h07'37'') un petit communiqué intitulé " Alerte sur la
toile: une fausse interview de J. Kabila à Washington reprise dans les médias
de Kinshasa!". 'Digitalcongo' demande à ses lecteurs d' "attendre le
vrai texte de cette interview (…) dans les prochaines heures".
Comment ce site réputé kabiliste a-t-il publié un texte à
authenticité douteuse pour se raviser après? Erreur? Précipitation?
Amateurisme? Souci d'objectivité? Tout cela à la fois? Quel crédit
pourrons-nous accorder au prochain texte? Qui nous donnera des garanties qu'il
n'aura pas subi 'le coupagisme'?
Revenons à la première interview.
Des questions qui
fâchent
Joseph Kabila aurait-il signé son arrêt de mort en abordant
des questions géostratégiques délicates avec beaucoup de légèreté? En effet, il
est vrai que les derniers accords signés entre le Congo et la Chine ont fait jaser le
monde entier. Officiellement, ils ne concernaient que les infrastructures. Que
Joseph Kabila les étende au domaine militaire dans le but d'acquérir la bombe
nucléaire avant la fin de son mandat dans un monde où la Chine est soupçonnée d'être
un allié peu sûr, cela ne pourrait pas manquer de lui attirer des ennuis.
Laurent-Désiré Kabila a payé (entre autres) le prix de son retour en Chine.
L'Iran subit des menaces de guerre. Officiellement, il est accusé de chercher à
se doter d'une bombe nucléaire.
L'interview de Joseph Kabila jetterait assez de lumière sur
son choix de la Chine comme partenaire multilatéral pour l'avenir. Les Occidentaux étant devenus
chiches - en lui promettant 200 millions de dollars US pour cinq ans-, il
aurait opté en connaissance de cause pour une Chine déliant facilement le
cordon de sa bourse (8,5 milliards de dollars). Mais là où le bât pourrait
blesser, c'est quand, niant ses parrains occidentaux, il cracherait sur leur
soutien à la mascarade électorale congolaise d'où il est sorti vainqueur.
Aussi, il couperait la branche sur laquelle il est resté
longtemps assis en tournant en dérision l'aide militaire reçue de la Belgique. Cela même
si son témoignage nous permet de confirmer ce que nous savions déjà: "Le
matériel militaire belge livré au Congo était de seconde main".
En attendant 'le vrai
texte'
Un Hugo Chavez ou un Fidel Castro –modèles de Joseph
Kabila(?)- aurait donné une interview semblable à celle que nous venons de lire
sur 'Digitalcongo' (ce mardi 02/10/2007), il n'y aurait rien à redire. Cette
interview intègre beaucoup d'éléments des remises en question habituelles des
analystes congolais sur les relations du Congo avec ses partenaires
traditionnels. Si elle suscite des peurs et des craintes au risque d'être
falsifiée dans "les prochaines heures", cela serait lié à plusieurs
facteurs. Il se pourrait qu'elle soit en fait un canular. Elle dérangerait
aussi dans la mesure où il serait attribué à un président dont la politique est
extrêmement extravertie et manipulable à souhait. Elle dérangerait dans la
mesure où elle aurait dit tout bat ce que plusieurs congolais disent tout haut
sans que son initiateur ait été conscient des effets qu'elle pourrait produire
sur la place publique.
Si 'le vrai texte' venait à prouver que cette interview est
un canular, il ne serait pas mal que cette dernière soit conservée dans les
archives du Congo à cause de la part d'audace et de risque qu'il contient.
En attendant 'le vrai texte', il appartient aux
gestionnaires de 'Digitalcongo', s'ils veulent être fidèles à leur vocation –
publier les textes qui caressent le président Joseph Kabila dans le sens de ses
poils- de nous prouver l'inauthenticité de cette première interview.
© J.-P. Mbelu
Affaire Jackson Wilson : Analyse du Dr Tshipamba Mpuila (UDPS)
A propos de l’interview d’Hyppolite Kanambe, alias
« Joseph Kabila » : Heureusement, le ridicule ne tue pas!
Qui d’autre que le (s) préposé (s) peut ou peuvent mettre
des articles sur le web de Digitalcongo.net ? Si c’était n’importe qui,
alors quelle négligence ! Quel laissez-aller ! Quelle
irresponsabilité ! Nous savons que ce n’est pas n’importe qui qui peut se
permettre d’afficher quoi que ce soit sur ce website.
Les Conseillers d’Hyppolite Kanambe, alias « Joseph
Kabila » se sont peut-être rendus compte, après s’être précipités
d’afficher ladite interview sur leur web, que leur poulain y donne l’impression
d’avoir été encore sous l’effet de la drogue quand il répondait aux questions
du journaliste. Sous l’effet de la drogue, la conscience-censure a sauté et
l’intéressé y a dévoilé sa nature franche.
Le petit communiqué laconique ci-dessous reproduit serait
donc une façon de rattraper la situation, pour nettoyer ladite interview,
l’émonder, l’élaguer, en enlever préalablement des scories, des bévues, des
monstruosités… avant d’afficher alors le texte soigneusement purifié, savant,
retravaillé dans le laboratoire de l’instrumentalisation, du mensonge, de la
démagogie et de la manipulation et respectueusement attribué au Brillant
« Président de la
République » !
Pourquoi ne peut-on pas être prêt à livrer à l’opinion une
interview accordée il y a quelques jours ?
Seuls les médiocres pervers peuvent être fiers d’un tel
individu comme « Président de la République », de tels collaborateurs et de
tels services de la presse présidentielle.
- Voici le petit Communiqué laconique hâtivement publié par
les Services de la presse présidentielle : amateurisme, aventurisme,
incompétence, « travail-brouillon » . Lire
- Voici la fameuse interview
Veuillez lire attentivement la réponse de l’intéressé sur ses origines biologiques; la situation sécuritaire, socio-économique et militaire du Pays ; l’Est, les massacres de Kinshasa avec des armes lourdes, les élections, les assassinats politiques, les violations des libertés et des droits fondamentaux, JP Bemba, l’accord avec la Chine, la Belgique, les Occidentaux, l’uranium congolais, la bombe nucléaire congolaise, le rôle des Occidentaux dans les massacres de Kinshasa….
Dr François Tshipamba Mpuila
Interview de Kabila à un journaliste américain : un canular ou une bourde ? Affaire Jackson Wilson (suite)
Une interview attribuée à Joseph Kabila est au centre d’une
controverse politico-médiatique. Il faut dire que l’interviewé y tient un
discours troublant, aux conséquences imprévisibles au plan diplomatique. C’est
le branle-bas de combat à la
Présidence de la République. De quoi s’agit-il ? L’histoire se déroule comme une pièce de
théâtre composée de plusieurs actes.
Acte premier
Le journal kinois « Uhuru »,
dont la PDG n’est
autre que l’actuelle vice-ministre en charge des Congolais de l’étranger a
publié, probablement lundi 1er octobre, une interview que Joseph Kabila a
accordée ( ?) à un journaliste nommé Jackson Wilson, non autrement identifié.
Deuxième
acte
Jouant à merveille son rôle de « grand tam-tam du raïs », le site
Internet Digitalcongo.net met l’interview en ligne, assortie de quelques
commentaires en guise de « chapeau » : « Le journaliste américain indépendant
Jackson Wilson, écrit MMC, la branche éditoriale du site kabiliste, a
interviewé le Président Joseph Kabila (…) et il présente son hôte comme un
Président nationaliste pour qui seuls comptent les intérêts de son pays, comme
le témoigne le récent partenariat conclu avec la Chine malgré les pressions
internationales. »
« De la situation socio-économique, de l’insécurité et la reprise de la guerre
à l’Est de la RDC ,
de l’immobilisme du gouvernement congolais, de la restriction des libertés
individuelles, des présumés assassinats politiques, du retour hypothétique à
Kinshasa de son rival le sénateur Jean Pierre Bemba, de l’accord de coopération
avec la Chine...,
tous ces sujets ont été survolés, sans restriction ni tabou. » MMC de conclure
que « cette interview accordée depuis Washington Dc à Jackson Wilson
(Journaliste Indépendant) présente Joseph Kabila sous l’étoffe d’un président
nationaliste (…) ». « L’évaluation que Joseph Kabila fait de la coopération
bilatérale avec les pays occidentaux et particulièrement avec la Belgique est loin d’être
satisfaisante, et il en tire les conséquences. Il n’a pas peur de finir comme
son défunt père qui a arpenté les mêmes sentiers du nationalisme et assume ses
dires. Le dessein qu’il nourrit pour son pays est à la mesure de ses ambitions
lesquelles s’inscrivent dans la durée, avec comme finalité, faire du Congo la
première puissance économique, militaire et nucléaire de l’Afrique noire. »
Troisième
acte
Deux heures plus tard, le texte de l’interview est retiré du site
Digitalcongo.net. A la place, les internautes ont eu droit à un communiqué pour
le moins pathétique ayant pour titre : « Alerte sur la toile : une fausse
interview de J. Kabila à Washington reprise dans les médias de Kinshasa ! ». Le
texte est tout aussi pathétique : « De mauvais plaisants ont mis sur le Web ce
mardi 02 octobre 2007 une fausse interview qu’aurait accordée le Président
Joseph Kabila à un journaliste américain en marge de l’Assemblée générale de
l’ONU. Ce canular, qui a été reprise par certains journaux locaux dans leur
livraison de ce jour n’est pas le texte de la véritable interview. Nos lecteurs
sont invités à s’en méfier et à attendre le vrai texte de cette interview qui
sera diffusée sur notre site dans les prochaines heures ».
Pas de chance. Le
texte de l’interview a fait le tour du monde via notamment les sites
Africatime.com et le très frondeur Kabiladoitpartir.com.
Quatrième acte
A Kinshasa, l’agence de presse APA publie mardi une dépêche annonçant que « le président Kabila dément avoir accordé une interview à un journaliste ou à un organe de presse ». La déclaration porte la signature du porte-parole à la Présidence Kudura Kasongo : "Le Président de la République, lors de son séjour à New York, aux Etats-Unis, n’a accordé aucune interview à un journaliste quelconque national ou étranger ni à un organe de presse quelconque national ou étranger, ni à un journaliste indépendant quelconque", écrit-il. Et d’ajouter : "Ainsi donc, les propos recueillis par le journal Uhuru paru ce mardi 2 octobre 2007 dans son numéro 1009 attribués au Chef de l’Etat Joseph Kabila sont fictifs et imaginaires, visent à ternir son image dans l’opinion et à contrarier la crédibilité de nos institutions".
Kudura de conclure que la
Présidence de la République menace des "poursuites
judiciaires" le journal Uhuru ainsi que tout organe qui "relayerait
ces allégations mensongères et outrageantes". A noter que le journal Uhuru
est réputé proche de l’ANR (Agence nationale des renseignements). Son principal
actionnaire ne serait autre que l’ancien patron de l’ANR, Didier Kazadi
Nyembwe.
Questions : l’interview incriminée est-elle un canular ou une bourde?
Qui est l’auteur du « canular » ? Quel but poursuit-il ? Pourquoi le site
Digitalcongo.net a promis aux internautes d’attendre la diffusion « du vrai
texte de cette interview » ? Un ancien officier de l’ANR, joint au téléphone à
Kinshasa, a eu ces mots : «Je dispose des informations qui attestent que Joseph
Kabila a bel et bien accordé la litigieuse interview. Le chef de l’Etat a parlé
sans mesurer l’impact que ses propos pourraient engendrer au plan diplomatique
». Qui dit vrai ? Canular ou pas, cette affaire vient jeter un pavé dans la
marre. Si c’est du « bidonnage », on se trouve devant un chef d’œuvre de la
manipulation qui a le mérite de confirmer ce que l’on savait. A savoir que
depuis une décennie, l’ex-Zaïre est pris en otage par des apprentis-sorciers en
politique.
B. Amba Wetshi © Congoindépendant 2003-2007
Congoindependant.com reprend ci-après l’entretien controversé.
Texto :
Monsieur le président, quel bilan faites-vous à plus de 300 jours de votre
élection au suffrage universel ?
Joseph Kabila : Selon la nouvelle constitution de la RDC, le président n’est en aucun cas responsable de la situation économique, sociale et sécuritaire du pays. Vous devez poser cette question au premier ministre Antoine Gizenga.
Voulez-vous dire qu’il y a une véritable séparation du pouvoir en RDC ?
Bien évidement. Toutefois, il existe des domaines de collaboration entre la Présidence et le
gouvernement.
Certains congolais ne sont toujours pas convaincus de votre filiation avec le
défunt président Laurent Désire Kabila. Du reste, ils continuent à suspecter
votre participation dans la planification de son assassinat. Quelle est votre
réaction ?
Selon certaines Ongs, ces élections ont été entachées de plusieurs
irrégularités en votre faveur. Notamment, la surveillance de plusieurs bureaux
de vote à l’Est de la RDC
par les éléments rebelles rwandais du FDLR, Interamhwé, et les hommes du
général dissident Laurent Nkundabatware. Tous sont connus pour les massacres et
viols contre la population civile. Tous ces rebelles déclarent à qui veut les
entendre qu’ils ont participé à votre écrasante victoire électorale dans le
Kivu; le secrétaire général de votre parti politique le PPRD, Monsieur Vital
Kamerhe déclara à un journaliste de Jeune Afrique que votre épouse lui avait
confié des valises pleines de dollars afin de corrompre les électeurs les
éléments de votre garde personnelle ont attaqué à plusieurs reprises la
résidence de votre rivale du second tour, avant et après les élections les
chaînes de radio et télévision de l’opposition ont été brûlées des journalistes
assassinés…Franchement, ces élections ont-elles été libres, démocratiques et
transparentes ?
Concernant la présence des éléments rebelles dans les bureaux de vote, je vous
dirai simplement qu’en politique les liens se font et se défont selon les
intérêts. Quant aux déclarations de Vital Kamerhe, ce dernier a apporté des
éclaircissements lors de ses suivantes sorties médiatiques. Il m’avait demandé
pardon et je le lui ai accordé. Les incidents qui ont survenu pendant la
période électorale doivent être placés dans leur contexte !
Mais, vos hommes n’avaient pas hésité à tirer sur la résidence de votre rival
le 21 août 2006, sachant très bien qu’il y avait les membres du Ciat, 15
ambassadeurs en poste à Kinshasa dont plusieurs occidentaux ?
C’est très regrettable, mais on ne sait pas faire des omelettes sans casser des
oeufs.
Que signifie cette expression ?
Ces diplomates se sont retrouvés au mauvais endroit et au mauvais moment. Ils
sont allés dans cette résidence sachant que c’était une zone de combat. Je me
demande s’ils n’ont pas voulu servir de bouclier humain ? Malheureusement pour
eux, mes hommes avaient un travail à finir. D’ailleurs, leurs propres
gouvernements n’ont pas exprimé leurs désapprobations. Les forces de l’Union européenne
et ceux de l’ONU présentes à Kinshasa nous ont facilité la tâche. Le rapport de
l’ONU sur ces incidents est mis au placard! L’affaire est close.
Voulez-vous dire qu’il y a eu complicité internationale pour éliminer votre
adversaire politique ?
Je vous laisse répondre à votre question.
Le sénateur J.P Bemba souhaite retourner en RDC et demande des garanties
politiques et sécuritaires. Quelle est votre position ?
J’ai déjà eu à répondre plusieurs fois à cette question. La justice de mon pays
est libre et indépendante, elle doit faire son travail. Quant aux garanties
sécuritaires, je n’y peux rien. L’insécurité est généralisée, toute la
population vit dans l’insécurité. Je ne peux pas garantir la sécurité d’un seul
individu!
Selon notre correspondant en RDC, l’opposition suspecte votre entourage de
vouloir à tout prix obtenir une condamnation par défaut à l’encontre du
sénateur JP Bemba et son inéligibilité à vie ? Ainsi, toutes sortes de charges
et combines sont mises en branle afin que la justice fasse le reste ?
C’est de bonne guerre! Regardez ce qui se passe en France dans l’affaire
Clearstream. Le président Jacques Chirac et son premier ministre Dominique de
Villepin, n’ont pas hésité à monter un dossier sur le candidat de leur propre
camp en la personne de Nicolas Sarkozy !
Mais l’affaire a mal tourné pour Jacques Chirac et Dominique de Villepin ?
La politique est un métier à risque, cher ami ! (Sourire)
En matière des libertés individuelles et des droits de l’homme, la situation en
RDC est devenue pire qu’avant les élections, selon HRW et Amnesty International
?
La situation politique dans mon pays est de loin meilleure par rapport à celle
de la Birmanie,
dont le régime militaire est soutenu à bras le corps par les occidentaux. Votre
gouvernement retient des pauvres musulmans en toute illégalité à Guantanamo ? La France et la Belgique ont construit
des prisons sur les tarmacs de leurs aéroports internationaux. Les étrangers
(hommes, femmes enceintes, nouveaux-nés, enfants et vieillards) y sont enfermés
sans jugement ! Vos militaires sèment la mort en Irak ainsi qu’en Afghanistan.
Ces morts ne sont-ils pas des dommages collatéraux ?
Les pays occidentaux qui ont financé le processus électoral en RDC se sentent
aujourd’hui floués depuis que votre gouvernement a signé avec le régime chinois
un accord de coopération pour un montant de 8,5 milliards de dollars. La Banque Mondiale et
FMI boudent cet accord. Que pensez-vous des réactions des parrains occidentaux ?
Primo, je n’ai pas de parrains occidentaux. Les élections en RDC ont été
libres, démocratiques transparentes. Je suis un nationaliste africain et un
panafricaniste convaincu. Ceux des occidentaux qui ont cru être les prétendus
parrains vont l’appendre à leur dépend ! Je n’ai des comptes à rendre qu’aux
électeurs congolais qui m’ont apporté leur confiance. Secundo, j’ai décidé de
coopérer avec la Chine,
malgré les pressions internationales, car c’est la 4ème puissance mondiale. Je
dirai même que la Chine
est en réalité la première puissance mondiale.
Nous avons compris que la coopération bilatérale avec nos partenaires
occidentaux traditionnels n’a été que duperie. L’exemple le plus frappant est
celui de l’accord de coopération avecla Belgique, signé juste après mon investiture, pour
un montant de moins de 200 millions d’Euros sur 5 ans! Ce petit montant, argent
de poche, loin de nous aider à sortir du marasme économique, nous enferme dans
un système de surendettement chronique, une forme de néocolonialisme sournois
qui ne dit pas son nom. Nous avons compris qu’il fallait absolument couper ce
cordon ombilical maléfique. Je peux vous assurer que Hugo Chavez et Fidel
Castro sont mes models. Ils ont compris les vrais enjeux économiques
internationaux, déséquilibrés, au détriment des pays du sud.
Vous me paraissez très sûr de vous ?
Je suis le président d’un pays qui est 80 fois plus grand que la Belgique et 8 fois plus grand que la France. Ces anciennes puissances coloniales doivent commencer à nous respecter. Vous avez vu ce que la coopération militaire belge a fait en RDC ? Au lieu de former nos hommes, elle nous a vendu du matériel de seconde main (armes, munitions, transporteurs des troupes...). Ces gens sont venus faire du commerce. En guise de remerciement, ils ont voulu me donner, sans raison, le titre de docteur honoris causa de l’Ecole Royale Militaire ERM de Bruxelles. L’armée congolaise est actuellement une coquille vide. J’ai, à cet effet, signé un accord de coopération militaire avec la Chine afin de doter mon pays d’une armée moderne et surtout de l’armé nucléaire d’ici 2011. Mon pays dispose de la plus grande réserve d’uranium du monde. Notre Uranium est naturellement enrichi, j’ai bon espoir de disposer de la bombe nucléaire d’ici la fin de mon premier mandat.
La vente d’uranium au régime iranien et Nord coréen n’est donc pas une fiction
?
Ecoutez, la RDC est un pays souverain. Personne ne peut venir nous dire ce qu’il faut vendre ou
pas ! L’uranium est un minerai comme les autres.
L’accueil en demi-teinte que les officiels Belges vous ont réservé lors de
votre passage à Bruxelles le week-end passé est un prélude à...N’avez-vous pas
peur de finir exactement comme votre défunt père ?
J’ai pris mes dispositions.
Quel est votre dernier mot ?
J’entends faire de mon pays la RDC,
la première puissance économique, militaire et nucléaire de l’Afrique noire. La Chine va nous aider dans ce
sens, n’en déplaise à certains
©
Jackson Wilson/J.I/Washington DC/Uhuru
Tantine Colette s'exprime sur l'Affaire Jackson Wilson
Le carnet de Colette Braeckman
le blog de notre envoyé spécial en Afrique
Le
“scoop du siècle”: Kabila se serait enfin lâché
Ca, pour un scoop, c’est un scoop : dans les couloirs de
l’Assemblée générale de l’ONU, où comme chacun sait, chacun circule librement,
où les journalistes rencontrent les chefs d’Etat dans les couloirs ou dans les
ascenseurs, un confrère répondant au nom plus vrai que nature de «Jackson
Wilson » a réussi non seulement à interviewer le président Kabila mais à lui
arracher des paroles qui devraient faire date si elles étaient prises au
sérieux.
Dans cette interview, diffusée sur le Net, on lit en effet
l’analyse très particulière que le président aurait fait des évènements du 21
août, où des diplomates, le CIAT tout entier, s’étaient retrouvés sous le feu,
alors que les ambassadeurs étaient réunis dans la maison de Jean-Pierre Bemba :
Joseph Kabila, sans exprimer la moindre compassion, aurait assuré crûment que «
ces diplomates se sont retrouvés au mauvais endroit et au mauvais moment, je me
demande s’ils n’ont pas voulu servir de bouclier humain … »
Plus loin encore dans ce texte surprenant, l’illustre
interlocuteur se serait lâché : il dénonce Guantanamo, assure que «la Belgique et la France ont construit des
prisons sur les tarmacs de leurs aéroports internationaux. » Plus encore, le
prudentissime Kabila aurait assuré dans cette « interview du siècle » que « la
coopération bilatérale avec nos partenaires occidentaux traditionnels n’a été
qu’une duperie », dénoncé le « néocolonialisme sournois », invoqué Hugo Chavez
et Fidel Castro et défendu les accords économiques avec la Chine.
Jusque là, tout en sachant que Kabila est bien plus modéré
que cela, -ses actes l’ont prouvé depuis des années-, on aurait pu croire que
l’ « illustre » confrère avait saisi le chef de l’Etat congolais dans un de ces
moments rares où les hommes expriment sans détour ce qu’ils pensent vraiment.
Mais vers la fin, les propos prêtés au président congolais deviennent
totalement improbables : l’interviewé n’assure-t-il pas que l’uranium congolais
étant « naturellement enrichi » (ce minerai a plus de chance que la plupart des
citoyens de son pays…) lui, Kabila, entend doter le Congo de la bombe nucléaire
d’ici 2011…Rien de plus, rien de moins……
Au vu de tels propos, on ne peut que sursauter, se demander comment un chef
d’Etat connu pour sa prudence, pour son manque de loquacité, voire son absence
quasi-totale de communication sinon de charisme se serait soudain laissé aller
à tenir des propos aussi provocateurs, et à New York de surcroît. Lui qui, lors
de son passage à Bruxelles, passait à côté des journalistes congolais de sa
suite sans un regard, qui refusait d’adresser la moindre phrase à des Belges
qu’il connaissait cependant de longue date, peut on vraiment imaginer qu’au
détour d’un couloir onusien ou d’un drink à la cafetaria il se soit ainsi
confié au sieur « Jackson Wilson », inconnu dans toutes les rédactions
africaines et occidentales et dont le nom pue à plein nez le pseudonyme ?
Vérification faite auprès de ceux qui l’accompagnaient ou qui le virent à
l’œuvre, il apparaît que Kabila s’est montré aussi peu bavard à New York qu’à
Bruxelles, au grand dam d’ailleurs de tous les journalistes professionnels,
qu’il n’a pas accordé d’interview et en tous cas pas au sieur Wilson. Ce
dernier a donc vraisemblablement monté son histoire de toutes pièces, spéculant
peut –être sur la crédulité de collègues qui allaient reprendre son « scoop »
et lui donner ainsi une aura de véracité…
Reste à savoir qui se cache réellement derrière le sieur Wilson : il pourrait
s’agir d’un grand professionnel de la manipulation, habile à mêler le vrai, le
possible et le faux total dans une pièce de désinformation telle qu’en
produisent toutes les officines et agences de renseignement du monde, officines
qui se sont révélées particulièrement actives durant la campagne électorale
lorsqu’il s’agissait de mettre en cause les origines du chef de l’Etat, de
prôner la « congolité » de suggérer une éventuelle division du Congo entre
l’Est et l’Ouest. Aujourd’hui que tous ces mensonges, toutes ces balivernes ont
fait leur temps, ne faut-il pas inventer autre chose pour discréditer le vainqueur
des élections …
A la réflexion, les motivations du sieur « Jackson Wilson »
apparaissent transparentes : il s’agît d’affaiblir le président Kabila en le
présentant comme un autre Chavez, un nouveau Sankara, (ce qui n’est pas une
injure, loin de là) mais il s’agît surtout de le couper des décideurs
occidentaux en le présentant comme un ingrat, un gauchiste irresponsable et
cela en sachant très bien les risques d’entraîne une telle attitude (est-il
besoin de rappeler les vraies raisons de la mort de son père, Laurent Désiré
Kabila ?)
Hélas, le « cher confrère » qui s’est aventuré dans cette manipulation
grossière a oublié une règle de base de l’exercice: ce qui est excessif est
insignifiant, et surtout invraisemblable et, comme on dit à New York et
ailleurs, l’histoire de l’uranium est « too much » elle détruit tout le reste …
Qu’on nous permette de respirer : le Congo ne sera pas un nouvel Iran et les
frappes américaines ne sont pas pour demain …
Olive Lembe Kabila chahutée au Quartier Matongé
Depuis le 27 septembre, le «
Congo culturel » est à l’honneur dans la partie francophone du royaume de
Belgique, dans le cadre du festival « Yambi » auquel participent 150 artistes
venus de la RD Congo
Le très multiculturel Quartier Matonge de Bruxelles a vécu samedi 29 septembre une ambiance digne d’état de siège. La police fédérale a fait une démonstration de force à l’occasion d’une brève visite de Madame Kabila…
Samedi 29 septembre. C’est le
début de l’après-midi. Un car vient déposer des musiciens d’une fanfare kinoise
à la Porte de
Namur. Le groupe est venu animer la cérémonie d’inauguration de la sculpture «
Au-delà de l’espoir », réalisée par l’artiste plasticien congolais Freddy
Tsimba. Il est 14 heures. La fanfare entonne des airs connus de chants
notamment religieux. Les habitués du Quartier Matonge sont aussitôt interdits
d’accès sur le tronçon de la chaussée de Wavre compris entre la rue Dublin (rue
de la Paix) et la Porte de Namur.
Plusieurs « check points »,
surveillés par des « robocops », munis de matraques et casques, sont installés
aux croisements respectivement de la rue de Naples, Edimbourg et St Boniface.
La veille au soir, une information a circulé, de bouche à oreille, faisant état
de la venue de Mme Kabila dans le quartier. « Elle vient rencontrer des mamans
commerçantes », confie une source à quelques femmes triées sur le volet. «
C’est une provocation ! », rétorquaient des activistes du groupe de pression «
Bana Congo » et ceux de l’Apareco (Alliance des patriotes pour la refondation
du Congo). Ce qui devait arriver arriva. « Olive » est venue dans ce périmètre
de la commune d’Ixelles, réputée pour son anti-kabilisme. Selon des témoins, la
« première dame » est arrivée sur lieu accompagnée d’une ministre provinciale
de Kinshasa ainsi que de l’épouse de l’ambassadeur de la RD Congo à Bruxelles. «
Aussitôt des injures ont fusé à partir des cybercafés et autres cabines
téléphoniques environnantes», raconte un témoin. « Une dame a traité Olive
Kabila de traître et de s…pour avoir épousé Joseph Kabila ». Cette version est
confirmée par une autre source ajoutant que Madame Kabila se serait interposée
pour « calmer » des policiers belges qui voulaient interpeller
l’irrévérencieuse citoyenne congolaise.
A en croire des témoins, Olive
Lembe di Sita avait exprimé le désir d’aller serrer les mains des mamans
commerçantes dans les Galeries d’Ixelles. Elle avait également exprimé à haute
voix le désir « d’aller parler aux Bana Congo». Deux projets qui lui ont été
fortement déconseillés par la police compte tenu de l’animosité ambiante. En
effet, une poignée d’activistes de Bana Congo et ceux de l’Apareco ont, durant
plus de deux heures, crié leur colère devant un cordon infranchissable de
policiers belges.
Les Bana Congo et l’Apareco
Didier Ramazani Ali et le pasteur Makolo Kotambola n’ont pas réussi à rendre
les « flics » plus coopératifs. Les musiciens de la fanfare ont été un moment
dispersés par les émanations d’une "bombe" lacrymogène lancées par un
des protestataires. D’où l’arrivée de renforts. Au total, Olive est restée une
trentaine de minutes sur le lieu avant d’être évacuée via une sortie dérobée.
Que ce qui fait courir la première dame de la RD Congo ? Est-ce la
volonté d’« exister » ou une tentative désespérée de résorber le déficit
communicationnel qu’accuse son président d’époux ? Depuis le mois d’août
dernier, Olive séjourne en Belgique, particulièrement dans la ville de la Louvière où résident ses
parents. Plus « visible » que Madame Kabila, tu meurs ! Mi-août, elle a été reçue
à déjeuner par le président du sénat belge, le très kabilophile Armand De
Decker. La « présidente » était accompagnée de sa mère et de l’ambassadeur de la RD Congo à Bruxelles.
Après les agapes, De Decker s’était fendu d’un communiqué de presse pour faire
savoir cette rencontre sans précédent entre l’épouse d’un chef d’Etat étranger,
n’exerçant aucune fonction officielle, et le président de la Chambre haute du royaume.
Quelques jours après, Olive a eu
droit à un portrait aguichant dans les colonnes du quotidien bruxellois « Le
Soir ». Rien de bien surprenant. Lors de la soirée culturelle organisée le 27
septembre – au Théâtre royal - par la Ministre-présidente
de la Communauté
française, Madame Kabila a prononcé une allocution. A Bruxelles, chacun y va de
son commentaire. Depuis le démarrage du festival « Yambi » - auquel participent
150 artistes venus de la RD
Congo - en marge de la Fête de la Communauté française de Belgique, Olive Kabila
est devenue inévitable. Le 28 septembre, elle était invitée au journal « Le
Soir » dans le cadre de la présentation des caricatures de Pierre Kroll
retraçant vingt années de tumultueuses relations belgo-zaïro-congolaises. A
cette occasion, elle a pris la parole pour parler des relations
belgo-congolaises sous forme de "conte de chez nous". Plusieurs
personnalités de la Belgique
francophone étaient présentes. Joseph Kabila a ainsi engagé le redoutable pari
d’exposer son épouse. Celle-ci devient une des actrices du paysage politique
congolais. On apprenait mardi soir que l’épouse Kabila a reçu lundi 1er octobre
un groupe de "Mamans" dans un hôtel bruxellois. Jusqu’où va-t-elle
aller et au nom de quelle légitimité ?
B.A.W © Congoindépendant 2003-2007





