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Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

28 octobre 2007

Enlèvement d’enfants au Tchad : des Belges liés à l’affaire

enfants_tchadiensAFRIQUE ven 26 oct

Cinq Belges membres d'une asbl qui travaille avec l'association française "L'Arche de Zoé" accusée par les autorités tchadiennes de tentative d'enlèvement de 103 enfants au Tchad, se trouvent actuellement au Tchad mais n'ont pas été arrêtés, a indiqué vendredi la chaine de télévision publique belge francophone.

Par ailleurs, le quotidien français Le Figaro annonce dans sa version en ligne que deux pilotes belges avaient été recrutés par l'association de "Children Rescue", créée par "L'Arche de Noé", pour effectuer le vol entre Abéché (Tchad) et Reims-Vatry en France. L'un d'eux confie même au journal que l'opération avait été organisée "en étroite coopération avec un collectif de Français qui désirait adopter des enfants du Darfour".

"L'autre but (de l'opération) était de faire un coup médiatique pour attirer l'attention de l'opinion publique sur la situation au Darfour. Les responsables de 'Children Rescue' m'ont dit qu'ils avaient le soutien de l'Elysée", a ajouté le Belge.

L'Elysée, de son côté, a cependant catégoriquement démenti vendredi avoir elle-même ou par l'intermédiaire de Cécilia Sarkozy apporté un quelconque soutien à l'association.

Les deux pilotes belges savaient que la mission était secrète et qu'elle se préparait à l'insu des autorités tchadiennes, indique encore Le Figaro.

Interrogée par l'Agence Belga, le parquet fédéral belge a indiqué qu'il n'était pas concerné par le dossier français.

De plus, la branche belge de ‘L’Arche de Zoé’ n’est pas agréée comme organisation d’adoption

La branche en Belgique de l'association "L'Arche de Zoé", dont des membres français ont été arrêtés, n'est pas agréée comme organisme d'adoption, a indiqué vendredi
la ministre Catherine Fonck.

Le nom de la branche belge de cette association est "Kiro et Louna - Collectif de soutien aux familles d'accueil des orphelins du Darfour", précise Mme Fonck, ministre de l'Enfance de la Communauté française.

"Kiro et Louna" n'est pas agréée par la Communauté française comme organisme d'adoption, prévient-elle. La ministre cdH, qui dit comprendre la détresse des familles en attente d'un enfant à adopter, n'en appelle pas moins à la plus grande vigilance: "rien ne prouve que les enfants du Darfour soient sans famille", souligne-t-elle.

Et Mme Fonck de rappeler qu'en pleine guerre civile, les familles du Darfour sont souvent déchirées et séparées, ce qui allonge la durée de recherche des parents de ces enfants. En outre, Catherine Fonck rappelle que si des enfants devaient arriver en Belgique dans les conditions prévues par l'association "L'Arche de Zoé", leur situation juridique ne pourrait déboucher sur une adoption.

La loi fédérale s'oppose en effet à toute adoption d'enfants dont on ne dispose pas de toutes les "garanties d'adoptabilité" en provenance du pays d'origine. Les autorités compétentes en Belgique risquent donc de s'opposer à l'adoption de ces enfants et leurs parents d'origine pourraient demander leur restitution.

Enfin, la ministre rappelle que les organisations humanitaires internationales s'opposent à l'adoption d'enfants en provenance d'une zone de conflit, comme le confirme l’Unicef ce vendredi.

Dénonciations multiples

La démarche ‘viole’ toutes les règles internationales (Unicef)

La tentative "d'enlèvement" d'une centaine d'enfants originaires du Soudan et du Tchad est à la fois illégal et irresponsable, en violation de toutes les règles internationales, a déclaré vendredi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

"Ce qui s'est passé au Tchad et la manière dont ça s'est passé est à la fois illégal et irresponsable. Ca s'est passé en violation de toutes les règles internationales", a souligné la porte-parole de l'Unicef, Véronique Taveau, devant la presse à Genève. Selon la Convention de La Haye sur l'adoption internationale de 1993, "dans le cas où des enfants seraient séparés de leurs parents à cause d'une guerre ou d'une catastrophe naturelle, on ne peut tenir pour acquis qu'ils n'ont plus aucun proche ni parents vivants", a rappelé la représentante de l'Unicef. "Ils ne peuvent donc pas être pris en compte pour l'adoption internationale et la priorité devrait être donnée à la recherche de leurs familles", a-t-elle souligné.

L'Unicef, qui a eu accès au centre social où se trouvent actuellement les enfants, essentiellement des garçons âgés d'un à huit ans selon l'organisation, a noté qu'ils portaient tous un bracelet avec un numéro d'identification. "Nous ne savons pas à quoi cela correspond", a relevé la porte-parole, qui a indiqué que des recherches étaient en cours, conjointement avec le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), la Croix-Rouge internationale et des organisations non gouvernementales sur place, pour retrouver leurs familles.

"Même si leur père ou leur mère sont décédés, il se peut qu'ils soient en mesure de trouver des proches encore en vie ainsi qu'une communauté et un foyer où ils pourront retourner à la fin du conflit", a souligné la représentante de l'Unicef.

La ‘plupart’ des enfants sont Tchadiens

La "plupart" des 103 enfants concernés par une opération avortée visant à les emmener en France sont "originaires du Tchad", et non du Darfour, au Soudan, comme l'affirme l'ONG à l'origine de ce projet, a déclaré ce vendredi une responsable de l'Unicef.

"Il semble que la plupart de ces enfants soient originaires du Tchad. Certains viennent du Darfour, mais la grande majorité sont originaires du Tchad", a affirmé la représentante de l'Unicef dans ce pays Mariam Ndiaye. "Rien ne nous permet de dire qu'ils sont orphelins", a-t-elle ajouté, jointe au téléphone à N'Djamena depuis Libreville. Elle a précisé que les "enquêtes" pour leur "identification" se poursuivaient vendredi.

Les enfants, accueillis depuis jeudi dans un centre social de cette ville, sont "en excellente santé" et sont actuellement "en train de jouer", a poursuivi Mariam Ndiaye. "Les bandages qu'ils portaient (lorsque la police les a récupérés alors qu'ils allaient embarquer à bord d'un avion pour être transportés en France) ne recouvraient aucune blessure", a-t-elle expliqué.

Le groupe de 103 enfants, âgés de un à huit ans, est composé de 81 garçons et 22 petites filles, selon l'Unicef, qui a envoyé une équipe au centre social en partenariat avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), la Croix-Rouge et le gouvernement tchadien. "Leurs besoins en nourriture sont couverts, et on leur a donné des matelas et des jouets", a ajouté la représentante de l'agence de l'ONU.

L’affaire va également à l’encontre des convictions musulmanes

L'affaire des enfants du Tchad, qu'une ONG voulait convoyer illégalement vers la France, renvoie à la fois à la difficulté d'adopter des enfants en pays musulman, aux règles du droit international en matière d'assistance humanitaire et à celles contre les "déplacements illicites" de mineurs.

Le Soudan et le Tchad sont des pays musulmans, et le Coran rejette l'adoption plénière (totale). Dans ces pays, les règles d'autorité sur les enfants qui ont perdu leurs parents naturels sont régies par la "kafala", un système comparable à la tutelle ou à la délégation d'autorité parentale. Ce système n'est pas comparable au système de l'adoption, qui crée un vrai lien de filiation entre l'enfant et l'adoptant, ce qui est proscrit par la charia. Une adoption d'enfants de ce pays est donc impossible.

L’Arche de Zoé s’appuie sur les droits de l’enfant …

Mais l'ONG l'Arche de Zoé, mise en cause par les autorités tchadiennes, a expliqué cette opération d'"évacuation sanitaire" des enfants par la nécessité de "les sauver d'une mort certaine" dans une région soudanaise du Darfour ravagé par la guerre. Sur ce point, l'Arche de Zoé peut s'appuyer sur la Convention internationale des droits de l'enfant, signée sous l'égide des Nations Unies en 1989, et ratifiée un an plus tard par le Tchad, le Soudan et la France, les trois pays concernés dans cette affaire. L'article 38 de ce texte précise que "les Etats parties s'engagent à respecter et à faire respecter les règles du droit humanitaire international qui leur sont applicables en cas de conflit armé et dont la protection s'étend aux enfants". Il ajoute que "les Etats parties prennent toutes les mesures possibles dans la pratique pour que les enfants qui sont touchés par un conflit armé bénéficient d'une protection et de soins". L'article 22 ajoute qu'un enfant "considéré comme réfugié (...) bénéficie de la protection et de l'assistance humanitaire voulues pour lui permettre de jouir des droits" reconnues par la convention.

… sans tenir compte de tous ses articles

Pour les autorités tchadiennes toutefois, le déplacement des 103 enfants du Tchad opéré par cette ONG est un "enlèvement". Et l'article 11 de la même convention précise que les Etats signataires doivent prendre "des mesures pour lutter contre les déplacements et les non-retours illicites d'enfants à l'étranger".       Les juridictions qui se verront confier l'affaire devront donc décider si ce déplacement des enfants était "illicite" ou justifié à des fins de protection des mineurs.

Pour rappel, le Tchad a annoncé vendredi qu'il sanctionnerait "sévèrement" les responsables.

Neuf Français au total, des membres de l'ONG Arche de Zoé à l'origine de cette opération et trois journalistes, interpellés jeudi à Abéché, principale ville de l'est tchadien, étaient toujours en garde à vue vendredi matin.

"L'enquête se poursuit", a affirmé un responsable local. Les autorités de N'Djamena accusent les Français de "trafic d'enfants".

Un responsable local de l'ONU a indiqué vendredi que l'association n'a jamais été enregistrée au Soudan, relevant que de nombreuses mises en garde avaient été émises.

"Cette association n'a jamais été enregistrée ici", a affirmé à l'AFP Antoine Gérard, chef du Bureau de Coordination des Affaires humanitaires (BCHA-OCHA) de l'ONU au Soudan.

Ce responsable, qui avait été alerté "il y a quelques mois" par l'ambassade de France du risque d'un tel projet, a estimé plus probable qu'il ait été monté à partir du territoire tchadien.

Le président tchadien Idriss Deby Itno a qualifié vendredi cette opération d'"inhumaine", "impensable" et "inadmissible". "Les auteurs seront sévèrement sanctionnés", a-t-il ajouté. Il venait de rendre visite dans la matinée à Abéché aux 103 enfants âgés d'un à huit ans "récupérés" la veille par la police tchadienne alors qu'ils allaient être embarqués par l'association dans un avion à destination de la France.

La guerre au Darfour a fait environ 200.000 morts et 2,1 millions de déplacés depuis février 2003, selon l'ONU, des chiffres que Khartoum conteste.

Source

NDLR : Sous des prétextes humanitaires, plusieurs organisations organisent le trafic d'enfants africains tandis que plusieurs enfants "sans-papiers" sont injustement incarcérés dans des centres fermés ! C'est un véritable commerce inacceptable ! Voir le site de la branche belge de cette ONG : http://www.cofod.be/ -

Parlementaires congolais, africains et d'autres pays en voie de développement, refusez de livrer nos enfants aux réseaux de la prostitution, refusez cet odieux commerce, protégez nos enfants.

Dunia SENDWE

 

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