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Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

19 octobre 2007

Rwanda ’94 : Commission d’enquête parlementaire canadienne persiste et signe

Robin_PhilpotRwanda. Crimes, mensonges et étouffement de la vérité

Le vendredi 19 octobre à 17h, Robin Philpot rencontrera la communauté rwandaise au centre Het Anker, 25 rue Marcq au centre ville.

Le dernier ouvrage de M. Philpot n’est pas volumineux - 127 pages - et vous pourrez le lire en un jour ce week-end sans négliger vos autres obligations. L’intention de l’auteur n’était certainement pas d’en faire un brique mais de complèter le travail qu’il avait réalisé en 2003 avec Cela ne s’est pas passé comme ça à Kigali à la lumière des nouvelles informations critiques sur les événements de 1994 au Rwanda.

Il a divisé son livre en 6 chapitres :

Introduction : Cela ne s’est pas passé comme ça à Kigali !
1. Quand la presse s’adonne au lynchage médiatique
2. Des preuves irréfutables passées sous silence - le juge Bruguière
3. Jean Charest et ses deux films de fiction
4. Feu le père Guy Pinard : un prêtre engagé qui a refusé le silence
5. Un scénario qui se répète : le père Guy Pinard, le père, Claude Simard, le Congo, Kibeho...
6. "Choc et stupeur" sur Kigali - entrevue avec le capitaine Amadou Deme
Conclusion : une commission d’enquête parlementaire s’impose

Annexes : documents inédits

Robin Philpot s’adresse surtout à ses compatriotes en leur expliquant que leur pays, le Canada, soutient le régime de Kigali - de concert avec les États Unis et le Royaume-Uni - en ne permettant pas que la vérité sur la guerre et le génocide au Rwanda soit révélée.

Et cela se traduirait dans les faits par les attaques qu’il a subi de la part de la presse dominante au Québec, l’absence d’enquête ou l’absence de résultats dans les enquêtes sur les meurtres des pères Pinard et Simard, l’escamotage des responsabilités dans l’assassinat du président Juvénal Habyarimana, etc.

C’est le volet canadien de notre histoire qui est ici ouvert : les canadiens Pinard, Simard, Arbour, Chrétien, Charest, Lévesque, Dallaire, Caplan, Noël, Pratte, Pinski, etc. sont les principaux personnages de Crimes mensonges et étouffement de la vérité.

Philpot termine donc logiquement en recommandant que le Canada mette sur pied une commission d’enquête parlementaire comme cela a été fait en France (mission d’enquête) et en Belgique (1997).

Il n’est jamais trop tard pour bien faire

À propos du génocide au Rwanda, la thèse de Philpot n’est pas différente de celles d’autres auteurs comme Desouter, Nahimana, Ruzibiza, Péan, etc. qui ont récemment publié des ouvrages sur les "coulisses" de 1994 : Il y a bien eu un génocide des Tutsi au Rwanda mais il n’y a pas de preuve qu’il a été planifié par des Hutu. M. Philpot se fonde sur les écrits des personnes citées ci-dessus et sur ses propres recherches pour affirmer que le génocide des Tutsi a été planifié et provoqué par le Front patriotique rwandais de Paul Kagame pour prendre le pouvoir. Celui-ci a dans le même temps planifié et exécuté un génocide des Hutu et c’est sans doute pour cela que M. Philpot parle de génocide rwandais et non de génocide des Tutsi du Rwanda. Ces détracteurs pourront y voir une nouvelle version du double génocide avec la différence qu’ici l’auteur serait le seul FPR.

Robin Philpot écrivain, journalite et traducteur québécois est à Bruxelles pour présenter son dernier livre sur invitation d’associations belges qui s’intéressent au Rwanda. Dans sa conférence de presse (Hôtel Silken, mercredi 10h, Bruxelles) facilitée par M. Albert Rukerantare porte-parole de la Société civile rwandaise (Socirwa), M. Philpot a annoncé que son ouvrage serait bientôt disponible à la FNAC.

D’après lui, les nombreux crimes commis dans la région des Grands lacs suivent toujours le même scénario : crimes, mensonges et étouffement.

Il a sous-titré persiste et signe parce qu’après la sortie de son livre Cela ne s’est pas passé comme ça à Kigali en 2003 et surtout après sa candidature aux élections législatives canadiennes en 2007, il a été soumis à une campagne de lynchage politique parce qu’il remettait en cause la thèse officielle sur l’histoire récente du Rwanda.

Il a évoqué La Conférence mondiale sur la prévention des génocides qui a eu lieu la semaine dernière à Montréal mais qui n’aborde pas les causes du génocide rwandais et notamment l’attentat du 6 avril 1994 que le général Roméo Dallaire qualifie d’accident dans son livre "J’ai serré la main du diable".

M. Philpot s’est étonné que le Canada et la Belgique dont des ressortissants ont été assassinés, selon lui, par des soldats du pouvoir actuel n’aient pas rompu leurs relations diplomatiques avec le Rwanda en signe de protestation.

D’après lui, tous ces crimes sont étouffés parce que certains ont intérêt à garder ce régime au pouvoir

À l’entendre dans sa réponse à un journaliste qui lui demandait s’il reconnaît le génocide des Tutsi au Rwanda, il ne le nie pas comme il en est en accusé. Ce qu’il conteste c’est l’usage abusif du terme de génocide dans le but de camoufler [les crimes du FPR].

M. Philpot nous a dédicacé son livre de 127 pages "Que ce livre aide à faire connaître la vérité" et nous le lirons pour vous puisque nous en avons la primeur et nous vous dirons ce que nous en pensons.

© NKB 17/10/2007

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Propos racistes tenus par James Watson, prix Nobel de médecine

James_WatsonLondres (AFP) — Le prix Nobel de médecine (1962) américain James Watson, coutumier des déclarations provocatrices, a créé une nouvelle polémique en Grande-Bretagne en affirmant que les Africains étaient moins intelligents que les Blancs.

Les Noirs sont moins intelligents que les blancs selon le DR. Watson.

Le généticien de 79 ans, arrivé à Londres cette semaine à l'occasion de la sortie de son dernier livre, s'est attiré une salve de critiques après une interview parue dimanche dans le Sunday Times.

Le scientifique, récompensé par le Nobel de médecine en 1962 en tant que co-découvreur de la structure de l'ADN, s'y disait "foncièrement pessimiste sur l'avenir de l'Afrique". "Nos politiques sociales se fondent sur le fait que leur intelligence est la même que la nôtre (Occidentaux blancs ndlr), alors que toutes les recherches disent que ce n'est pas vraiment le cas", expliquait dans cette interview le Dr Watson, qui dirige un important institut de recherches aux Etats-Unis.

Tout en affirmant qu'il souhaitait l'égalité des hommes, le scientifique assurait que "les gens qui ont affaire à des employés noirs trouvent que ce n'est pas vrai".

Les protestations ne se sont pas fait attendre. Le prestigieux musée des Sciences de Londres a annulé une intervention du Dr Watson, qui devait participer à un débat vendredi soir. "Nous savons que d'éminents scientifiques peuvent parfois provoquer des controverses et le musée des Sciences ne recule pas devant un débat sur des idées controversées", a expliqué le porte-parole. "Mais le musée des Sciences estime que les récents propos du prix Nobel James Watson ont dépassé les limites acceptables d'un débat et en conséquence nous annulons son intervention vendredi".

Le secrétaire d'Etat à l'Apprentissage, David Lammy, lui-même noir, a également condamné les déclarations "profondément choquantes" du Dr Watson. "Il est dommage qu'un scientifique aussi éminent puisse laisser ses propres préjugés ternir son travail", a commenté M. Lammy.

Pour le député travailliste et ancien ministre Keith Vaz, "il est triste de voir un scientifique d'un tel renom faire des commentaires aussi infondés, non-scientifiques et extrêmement choquants".La communauté scientifique a également rejeté les affirmations du chercheur américain.

Le Pr Steven Rose, neurobiologiste britannique, a rappelé que le Dr Watson était coutumier de ce genre de controverses. "Il est réputé pour ses déclarations à l'emporte-pièce (...) qui sont racistes, sexistes, homophobes, profondément choquantes", a-t-il déclaré jeudi sur la BBC.

La Fédération des scientifiques américains (FAS) s'est déclarée indignée par les propos racistes tenus par leur compatriote."A un moment où la communauté scientifique se sent menacée par des forces politiques cherchant à saper sa crédibilité, il est tragique que l'un des membres les plus éminents de la science moderne jette un tel déshonneur sur la profession", a déclaré dans un communiqué Henry Kelly, président de la FAS, soulignant que ces propos "montrent qu'il a perdu la raison".

Le Dr Watson avait déjà défrayé la chronique en affirmant que les femmes devraient avoir le droit d'avorter si des tests pouvaient déterminer que l'enfant à naître portait les gènes de l'homosexualité. Il avait également laissé entendre qu'il pouvait y avoir un lien entre la couleur de la peau et les pulsions sexuelles, ce qui expliquerait pourquoi les Noirs ont une libido plus développée que les autres, selon lui. Dans la même veine, celui qui est parfois considéré comme "le grand-père de l'ADN" a estimé qu'on pourrait un jour modifier la génétique pour créer des gens plus beaux. "Les gens disent que ce serait horrible si on pouvait faire en sorte que toutes les filles soient jolies", avait-il déclaré, selon la presse. "Moi je trouve que ce serait super".

Cette nouvelle polémique devrait en tout cas assurer une publicité efficace au dernier livre du scientifique, à paraître la semaine prochaine en Grande-Bretagne, et intitulé "Evitez les gens ennuyeux"...

Auteur : © AFP

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Les accords sino-congolais confirment la duperie avant la publication des conclusions

China_ContractsLa Ré-visitation des contrats miniers en RDC

Dans une interview donnée à Congo Horizons il y a quelques mois et lors d’une Conférence-débat organisée par l’Association de Presse panafricaine (APPA) au mois d’août de cette année à Paris, j’avais expliqué les pièges et manœuvres élaborés par le président Kabila et ses proches, signataires des contrats léonins ; dans le but de saboter les travaux de la Commission de revisitation institué par le gouvernement et ainsi expurger l’initiative de sa vraie mission.

L’objectif visé en effet par mes explications était d’alerter l’opinion publique nationale et internationale sur la duperie du processus présenté comme salvateur du secteur minier et en réalité malmené par des dirigeants qui sont juges et parties. Plusieurs médias, ONG et organismes avaient fait l’échos de tout ce que j’avais mis en exergue. Aujourd’hui, les enquêtes de Global Witness publiées dans un rapport le 01 octobre 2007 nous rejoignent. Fort de ce qui précède, la conclusion par le gouvernement congolais de plusieurs accords financiers avec des groupes chinois gagés sur les ressources naturelles provoquent de notre part les analyses suivantes :

  1. Les milliards chinois, nouvelle écharpe de plomb sur nos ressources naturelle
        
  2. Depuis quelques semaines, le gouvernement congolais a annoncé une série de prêts de plusieurs milliards consentis par des groupes chinois à la RDC comme une bouée de sauvetage des 5 chantiers promis par le candidat Kabila lors     des élections présidentielles.

S’il est vrai que toute initiative visant le développement de la RDC doit être encouragée, l’on peut s’interroger si la signature des accords dont la faisabilité est liée à la seule compensation minière de la partie congolaise était-elle urgente avant la conclusion des travaux de la Commission de revisitation des contrats léonins en cours.

Pierre Lumbi Okongo, Ministre d’Etat aux Infrastructures, travaux publics et reconstruction a précisé à la presse que les « milliards chinois ne représentent nullement un prêt ni un endettement supplémentaire pour la RDC. Il s’agit par contre d’un préfinancement de grands travaux d’infrastructures et d’exploitation des ressources naturelles de concert avec la partie congolaise ». En bref, Ces prêts n’en seraient pas uns mais plutôt des préfinancements (sic) des projets communs gagés sur l’exploitation des ressources naturelles de la RDC. Ces propos aussi simples paraissent-ils, sont pourtant graves de signification au regard des conséquences de l’expérience des préfinancements dans certains pays africains.

Le mode de financement dit « préfinancement » est une technique largement utilisée par les dirigeants des Etats producteurs de pétrole en connivence avec certaines banques internationales pour s’assurer de manière occulte et opaque le détournement des recettes découlant des exportations des produits pétroliers. Comme le décrit Xavier Harel dans son livre « Afrique pillage à huis clos », le système consiste à concéder ou à garantir des prêts à un Etat producteur des ressources naturelles dans les besoins avec des taux d’intérêt astronomiques atteignant parfois les 40 % en s’assurant des droits sur les productions futures et les gisements encore enfouis. Les fonds prêtés transitent par une kyrielle de banques et sociétés intermédiaires qui sont souvent domiciliées dans des paradis fiscaux comme la Suisse, les Bahamas, les îles Vierges, les bermudes. Ces derniers se rémunèrent à chaque opération et versent des commissions mirobolantes sur les comptes off-shore des dirigeants qui leur octroient ce marché lucratif et des organismes prêteurs.

Si la méthode, comme on peut le remarquer ; est très lucrative pour ses bénéficiaires (dirigeants politiques et banques), elle est en revanche très ruineux pour l’Etat et la population.

Vu la complexité des montages financiers auxquels donnent lieu la technique des préfinancements, Jack Sigolet, l’ancien directeur financier du groupe pétrolier Elf déclarait à propos de ces pratiques sur le continent africain qu’ils sont « conçu de telle sorte que les africains ne connaissaient que la banque officiellement prêteuse et ignoraient tout le système, rendu particulièrement et volontairement opaque ».

D’ailleurs on le remarque déjà dans le cas des contrats congolo-chinois délibérément présentés comme accords bilatéraux entre Etats alors qu’il s’agit apparemment des contrats financiers avec des grands groupes privés. Au moment de la signature des accords à Kinshasa, la partie chinoise bien que honorée de la présence de l’ambassadeur chinois en RDC, était représentée non par un officiel mais par le PDG d’un groupe chinois spécialisé dans les grands travaux qui a assuré que l’argent proviendrait d’une banque chinoise. Alors que la partie congolaise était représentée par un Ministre d’Etat accompagné d’une dizaine de ministres.

Pierre Lumbi se permet de jouer sur les mots en déclarant que les milliards chinois ne sont pas des prêts supplémentaires car contrairement aux prêts bilatéraux ou multilatéraux entre Etats ou consentis auprès des bailleurs des fonds classiques dont les modalités de remboursement dépendent « souverainement du » budget national ; les préfinancements ciblent dès le départ les ressources naturelles sur lesquelles vont se grever les investissements envisagés. Chaque partie s’attelant ensuite à ce que les remboursements soient prioritaires sur les autres budgets de manière à apurer les dettes dans un délai record pour ne pas laisser de traces et éviter des audits extérieurs gênants.

D’ailleurs, les chinois n’ont laissé aucun doute sur leur stratégie en prêtant cet argent : les milliards financeront les infrastructures (le chemin de fer Matadi-Ilebo, la route Lubumbashi-Kisangani, l’autoroute Lubumbashi-Kasumbalesa, …) qui permettront d’acheminer les ressources naturelles (bois, cobalt, cuivre, coltan, or,…) qu’ils vont s’atteler à exploiter en guise de compensation. Les entreprises chinoises sont déjà à pied d’œuvre à cette fin. Le critère principal pour le montage du type d’opérations en cours entre la RDC et les groupes financiers chinois n’a pas été révélé par les 2 parties contractuelles à l’opinion publique nationale et internationale ; il s’agit du taux d’intérêt.

A quel pourcentage la RDC a accepté de rembourser pour convaincre les groupes chinois à signer les accords financiers ?

Cette question est capitale car les dettes et services de la dette coûtent déjà 40 % du budget national. Pour des raisons de transparence, le gouvernement congolais et les groupes chinois devraient publier les termes de leurs accords et apporter les précisions sur les taux d’intérêts négociés.

Les contrats financiers ci-haut évoqués ont été signés avec ramdam malgré les propos du ministre des Mines selon lesquels de nouveaux contrats ne seraient pas conclus avant la fin des travaux de la Commission de revisitation. Pour comprendre ces contradictions et le vrai état d’esprit du gouvernement quant au dossier des ressources naturelles, l’analyse du déroulement des travaux de la Commission s’impose.

2. Composition de la Commission, l’indépendance des travaux en cause

Le premier critère qui aurait permis à tout observateur même de mauvaise foi d’évaluer la crédibilité de la Commission était en sus de la compétence ; son indépendance vis à vis des donneurs d’ordre en prenant corrélativement appui sur l’argument de transparence d’ailleurs abondamment et paradoxalement utilisé par le gouvernement pour rassurer l’opinion.

Il est à rappeler que les plus importants contrats miniers en cause ont été signés sous l’autorité directe du président Kabila et de certains membres influents du gouvernement de la transition ; reconduits dans le gouvernement Gizenga. Ces derniers détiennent des intérêts personnels directs dans l’exploitation des ressources minières tels que les ont révélés entre autre des rapports de Groupe d’experts de l’ONU sur le pillage des ressources naturelles de la RDC et de la Commission Lutundula.

Par ailleurs, au lieu de confier la présidence des travaux de la Commission à une personnalité extérieure indépendante recrutée sur base de ses qualités techniques, celle-ci est plutôt dirigée par le Directeur de cabinet du ministre des Mines et est placée sous l’autorité directe de ce dernier.

Sa composition est aussi problématique car elle comprend de représentants de la présidence, du premier ministre, du ministère des Mines, du ministère des finances, des fonctionnaires de l’Etat et des délégués d’autres ministères. Aucun parlementaire ni représentant des régions minières et de la Société civile ne fait partie de la Commission.

Lorsqu’on sait combien les membres de la Commission Lutundula, pourtant dotés du mandat parlementaire, avaient fait l’objet de nombreuses obstructions et puissantes entraves, voire de graves menaces dans leurs investigations, l’on peut légitimement s’interroger sur le pouvoir et l’influence qu’auraient des simples fonctionnaires dont le sort dépend de la seule volonté des autorités politiques de tutelle.

Au moment du lancement des travaux de la Commission le 11 juin 2007, le ministre des Mines avait affirmé comme gage de sérieux, de transparence et de clarté des travaux de révisitation des contrats dénoncés que la Commission bénéficierait de l’expertise de l’Open Society Initiative for Southen Africa (OSISA), de la Compagnie Benjamin de Rothschild et du Carter Center. Cette déclaration laissait entendre implicitement que les entités en question avaient donné leur accord formel pour travailler avec la Commission. L’on sait aujourd’hui que l’utilisation de la collaboration supposée des organismes précités était un écran de fumée pour distraire l’opinion et couvrir les manœuvres qui se tramaient en secret par le gouvernement et le président Kabila pour maintenir le secteur des ressources naturelles sous une gestion prédatrice et clientéliste.

En effet, contrairement à la Compagnie de Rothschild, le Centre carter et OSISA qui sont des associations sans but lucratif ont bel et bien donné leur accord mais sous certaines conditions pour participer aux travaux d’évaluation des contrats miniers mis en cause. Le ministère des Mines leur a confié un nombre déterminé de contrats miniers à propos desquels elles devraient soumettre une analyse juridique. Les informations publiés par Global souligne les difficultés rencontrées par ces deux organismes pour mener à bien leur étude, notamment le délai très limité leur accordé. D’ailleurs, OSISA a parallèlement financé un groupe d’experts juridiques coordonné par le Forum de la Société Civile congolaise qui a publié un Rapport accablant à la fin du mois d’août sur 12 contrats miniers parmi les plus controversés.

Quand au cabinet Rothschild auquel le gouvernement voulait confier l’analyse des aspects financiers des contrats miniers, l’annonce de sa participation aux travaux de la Commission avait provoqué une levée de bouclier des ONG congolaises et internationales.

Dans un courrier adressé à Global Witness en septembre 2007, la Compagnie de Rothschild affirme « n’avoir pour l’instant été chargée des aspects financiers de l’examen des contrats miniers ni par la République démocratique du Congo, ni par une quelconque entité publique ou société anonyme dépendant de la RDC».

Il est à noter néanmoins que le Vice-ministre des Mines Kasongo agissant sur injonction de Katumba Mwanke et du général Kalume (deux personnalités lourdement mis en cause dans les crimes économiques par tous les rapports nationaux et internationaux) avait tout fait pour adjoindre le service de la Compagnie Rothschild à la Commission. Les dénonciations très précises d’une coalition d’ONG congolaises et internationales démontrant les liens d’affaires entre certaines multinationales incriminées et Rothschild ont fini par faire reculer le gouvernement.  

C’est dans cet ordre d’idées que les pressions exercées par certains médias et associations nationales et internationales sur le verrouillage du processus de revisitation ont aussi conduit le gouvernement à associer 5 organisations aux travaux de la Commission comme observateurs. Il s’agit de la conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), de l’Association nationale des entreprises du portefeuille (ANEP), de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), du Centre d’études pour l’action sociale (CEPAS) et enfin de l’ONG Avocats Verts (AV).

Désignés unilatéralement par le gouvernement un mois après le début des travaux, le rôle de ces observateurs a été réduit à de simples avis consultatifs lors des réunions des Sous-commissions. Ils peuvent émettre des commentaires, mais ils n’ont pas le droit d’assister aux séances plénières de la Commission au cours desquelles les rapports finaux sont adoptés. Par ailleurs, les observateurs ont dû attendre longtemps avant que le ministère des Mines mette à leur disposition certains contrats miniers faisant l’objet d’examen.

Selon Global, les membres de Avocats verts, avocats de métier et les responsables du CAPAS n’ont pas jugés nécessaires de participer régulièrement à des séances où les vraies décisions n’étaient pas prises. La Cenco a fini par claquer la porte de la Commission pour constituer sa propre Commission épiscopale chargée de la problématique des ressources naturelles. Le message de l’Assemblée plénière de la Cenco de juillet 2007 intitulé « A vin nouveau, outres neuves » particulièrement interpellant sur les pillages des ressources naturelles et le sort des contrats léonins résume sa position à ce sujet.
Comme chacun peut le constater, la composition de la Commission ne laisse aucun doute sur sa dépendance et l’inintégrité même du processus de revisitation des contrats.

3. Déroulement et délai des travaux : manque de rigueur et d’objectivité

Créée en avril 2007 pour un mandat de trois mois seulement, ce qui est très peu vu le nombre important de contrats à examiner et les investigations titanesques que cela requiert; les travaux de la Commission n’ont été effectivement lancés à Kinshasa qu’au mois de juin. Le Carter Center et l’OSISA ont tout de suite émis leurs réserves quant au délai de trois mois, insuffisant à leurs yeux pour précéder à l’examen sérieux de la soixantaine de contrats retenus au départ par le ministère des Mines.

Fixée au 10 septembre, puis au 25 septembre avant d’être ramenée à la fin octobre, l’échéance des travaux aurait été tenable si la Commission était constituée des experts préposés à plein temps. Or comme expliqué plus haut, tous ses membres occupent des hautes fonctions à plein temps au sein des cabinets présidentiels, ministériels et au sein de l’administration.

C'est donc en dehors de leur emploi de temps normal que ces derniers planchent sur ce dossier aussi épineux et dont les résultats étaient présentés comme déterminants pour l’avenir du secteur minier en RDC. De l’aveu même du président de la Commission Alexis Mikandji (voir déclarations faites à Global Witness), les séances collectives qui se déroulaient souvent tard dans la soirée étaient marquées par le manque de concentration des membres, ce qui l’obligeait parfois à écourter les travaux.

Selon les témoignages des membres de la Commission, lorsque des questions pertinentes étaient posées aux représentants des entreprises incriminées lors des auditions, les auteurs des questions se faisaient tirer les oreilles par leur hiérarchie. Du coup, certains ont omis purement et simplement de donner des avis sur les aspects sensibles et les plus controversés des contrats examinés par peur de représailles. Les délibérations sur les circonstances de la signature des contrats, les pistes judiciaires, les motivations des signataires congolais ( qui sont toujours au pouvoir), à savoir le président Kabila et ses proches sont escamotés.

L’absence de rigueur dans le déroulement des travaux comme on peut le remarquer témoigne de l’absence d’une réelle volonté politique de voir toutes les lumières être faites sur la nature de contrats léonins dénoncés. Car comment expliquer que parallèlement aux travaux de la Commission, certains contrats sous examen fassent l’objet des tractations spéculatives et concurrentielles (l’épisode Boss Mining/Camec, KMC et Forrest par exemple) directement pilotées par le Président kabila qui tire toutes les ficelles des dossiers miniers.

Les accords financiers chinois rentrent dans ce cadre et constituent avec le poids des dettes précédentes, des hypothèques qui vont peser durablement sur l’économie congolaise et le secteur des ressources naturelles en particulier. On ne peut que douter que les résultats des analyses de la Commission de revisitation des contrats miniers servent à quelque chose dans ce contexte.

Jean-Paul Mopo Kobanda
Juriste - Chercheur
Auteur de « Crimes économiques dans les Grands Lacs Africains »
© Copyright Leader Africa

Posté par CDF Afrique à 12:20 - Congo (RDC) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Jusqu'à quand le Congo (RD) sera-t-il sous tutelle ?

assassinsIl ne se passe plus un seul jour sans que certains médias congolais reviennent sur les accords que le Congo est en train de signer avec la Chine 

A travers ces médias, plusieurs compatriotes journalistes et analystes politiques sont convaincus que le Congo est libre de signer les accords bilatéraux et multilatéraux avec les partenaires de son choix. Ils sont aussi convaincus que la coopération économique avec "nos éternels bailleurs de fonds" n'a pas du tout contribué à notre développement. Et une analyse froide de l'histoire économique de notre pays leur donne raison.

I. Washington au secours de "la démocratie du marché"

Néanmoins, les convictions de ces compatriotes ne semblent pas être fondées sur des analyses conséquentes des options politiques de nos gouvernants actuels. Ceux et celles d'entre nous qui savent encore prendre le temps de lire peuvent parcourir le programme de gouvernement Gizenga. Ils se rendront compte que sous l'instigation du FMI et de la Banque mondiale, ce gouvernement avait pris la ferme option de s'endetter lourdement en comptant sur nos richesses du sol et du sous-sol pour rembourser ses dettes. C'est d'un.

De deux, les accords multilatéraux que les gouvernants actuels signent ne sont connus que d'un petit cercle des oligarques prédateurs. Le sénateur Vincent de Paul Lunda-Bululu et le député Kiakwama kia Kiziki l'ont magistralement démontré (à travers leurs interventions au Sénat et au Parlement) sans que "les couvreurs" (majoritaires) de la navigation à vue du pouvoir en place au Congo n'arrivent à les contredire. Les sceptiques peuvent parcourir les médias congolais de ces trois ou quatre derniers mois et exhiber un ou deux textes sérieux d'un député ou d'un sénateur de la majorité au pouvoir battant en brèche les arguments-massues du "petit reste" congolais contre l'amateurisme et l'incompétence des gouvernants actuels du pays. En bonnes caisses de résonance, les "couvreurs majoritaires" de l'Assemblée nationale se tirent d'affaires en comptant sur le nombre. Dieu merci, lors du dernier vote de la motion de méfiance contre le ministre près la présidence impliqué dans l'affaire de l'Antonov 26, "les mangeurs" ont connu des défections dans leurs rangs au profit du "petit reste".

De plus en plus, "la démocratie du marché" concoctée dans les bureaux climatisés de Washington, Paris, Londres et Bruxelles marque le pas. Que le Congo appelle la Chine au secours est un signe qui ne trompe pas! Que "les maîtres du monde" se déplacent jusqu'à Goma (le dimanche 14 et le lundi 15 octobre 2007) pour remettre leur "filleul" sur le chemin de leur schéma de la mise sous tutelle permanente de notre pays est un signe qui donne à penser. Comment ces tireurs de ficelle convaincus que le Congo dispose d'"une armée indisciplinée", "mal payée et mal outillée" peuvent-ils appeler au cessez-le-feu au moment où cette armée semble gagner du terrain à l'Est de notre pays? A moins que la guerre d'agression que nous subissons à l'Est de notre pays soit purement et simplement une manoeuvre de diversion ne profitant qu'aux réseaux d'élite prédateurs ayant envahi notre pays, il ne serait pas inutile de relever une similitude entre ce qui se passe à l'Est de notre pays depuis ce lundi 15 octobre 2007 et ce qui s'est passé au Bas-Congo en 1998. Poursuivant sa coopération militaire avec les deux Etats agresseurs du Congo, Washington était intervenu pour les tirer du bourbier congolais. "En effet, écrit Marie-France Cros, Les Etats-Unis interviendront pour que les troupes rwandaises et ougandaises encerclées au Bas-Congo par l'armée angolaise, qui a volé au secours du régime de Kabila, puissent être exfiltrées sans coup férir." (M.-F. CROS et F. MISSER, Géopolitique du Congo (RDC), Bruxelles, Complexe, 2006, 114). A en croire Marie-France Cros, "il a fallu l'évidence de l'enlisement de la guerre pour que les Etats-Unis et la France emboîtent le pas à la Belgique et à d'autres pays non belligérants afin de faciliter les accords signés à Lusaka en juillet 1999, qui tarderont quatre ans avant d'être mis en vigueur." (Ibidem)

Le même scénario vient se reproduire à l'Est du pays où les ambassadeurs occidentaux sont allés à la rencontre de Joseph Kabila. Les mêmes pays auraient volé au secours de Nkunda et du Rwanda tout en affirmant leur soutien (?) aux gouvernants élus du Congo! Est-ce pour la cause de la paix?

Relisons l'histoire. En dehors de la publicité que "les intellectuels respectables" font sur" les missions civilisatrices" des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne et de la Belgique, une histoire écrite à partir des appauvris de notre planète n'a pas quatre exemples des pays libérés du joug hégémonique de l'impérialisme occidental par ces pays.

II. "Le petit reste occidental" et la lutte contre "la voyoucratie"

Ceux et celles d'entre nous qui ont encore la possibilité de lire peuvent s'exercer à étudier les livres ci-après: Europe, la trahison des élites (de Raoul Marc Jennar), Nous, peuples d'Europe (de Susan George), Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur résistent et L'empire de la honte (de Jean Ziegler), Le nouveau désordre mondial (de Tzvetan Todorov), Les Etats manqués, Dominer le monde ou sauver la planète et La doctrine des bonnes intentions de (Noam Chomsky), Un autre monde contre la fanatisme du marché (de Joseph E. Stiglitz), La force qui nous manque (d'Eva Joly), Bush le cyclone (de Michel Collon), etc.

Ces livres écrits par "le petit reste" occidental révèlent une continuité dans la politique extérieure pratiquées par les élites politiques occidentales, à quelques exceptions près. Noam Chomsky, étudiant de plus près l'histoire des pays occidentaux impliqués dans "les pressions faites à l'Etat (manqué) congolais" pour obtenir un cessez-le-feu à l'Est de notre pays, les classe dans la catégorie des "Etats voyous".

Il écrit ce qui suit: "Si nous définissons "Etat voyou" en fonction d'un principe moral d’Etat qui viole le droit international, commet des agressions, des atrocités, viole les droits de l'homme dont il est certain que les Etats-Unis se qualifient pour le titre, comme on pouvait l'attendre de l'Etat le plus puissant du monde, comme la Grande-Bretagne s'est qualifiée, comme la France s'est qualifiée (d’¦). La France menait une "mission civilisatrice" quand son ministre de la Guerre disait qu'il fallait exterminer les indigènes en Algérie." (N. CHOMSKY, La doctrine des bonnes intentions. Entretiens avec David Barsamian, Paris, Fayard, 2006, 71-72).

Se retrouvant dans sa Norvège natale, Eva Joly écrit: " Loin de Paris, j'ai la confirmation que l'élite française n'est qu'un club qui ne fait plus évoluer la monde." (E. JOLY, La force qui nous manque, Paris Arènes, 2007, p.14). Plus loin, elle note: "La France, au nom de la séparation des pouvoirs, ne dispose d'aucun mécanisme officiel pour interrompre une enquête, la menace et les intimidations s'épanouissent donc au coeur de l'Etat. En Grande-Bretagne, la voix arrogante du Premier ministre (Blair) suffit à étouffer une affaire sensible. Toutes deux usent et abusent de l'intérêt supérieur de l'Etat, éternel masque des trafics d'argent." (Ibidem, p.26).

Tous ces livres révèlent "la trahison des élites" politiques et intellectuelles occidentales à l'endroit de leurs propres peuples et de ceux des pays émergents. Elles ne sont qu'au service du néo-libéralisme pur et dur. (A quelques exceptions près, bien sûr!) Est-ce un hasard qu'aujourd'hui d’“jour de la lutte contre la misère-, la télévision Belge nous informe qu'un Belge sur sept vit en dessous du seuil de la pauvreté? La mondialisation marchande a assujetti les élites politiques et intellectuelles occidentales, les mettant au service des multinationales et des autres cosmocrates du Nord. "La démocratie du marché" qu'ils théorisent est mise dans le coup.

De plus en plus, au Nord, les peuples vivent dans un obscurantisme avoisinant celui dans lequel vivent la plupart des peuples du Sud. La télévision mise au service du consumérisme travaille, au quotidien, au décervelage.

Au Sud, les pays ayant pris conscience du rôle nocif des élites occidentales ont rompu les ponts. L'Amérique Latine en tête. Au Nord, la Norvège et la Suède deviennent de plus en plus des rares exceptions des pays où les gouvernements à l'écoute de leurs peuples. Et pendant ce temps, le Congo pérorant sur ses richesses fabuleuses ne cesse de se laisser guider par les élites sans grande crédibilité au Nord. Est-ce pour des raisons de "réalisme politique"? Pour des raisons stratégiques ou par pure ignorance de la nouvelle géopolitique du monde? Il veut aller prendre de l'argent en Chine tout en se laissant conseiller par les élites occidentales auxquelles la Chine fait peur. Pris entre l'enclume et le marteau, il n'arrive pas à voter son budget 2008. Et nos médias, percevant très mal ce choix amateuriste ne cessent de clamer à qui voudrait les entendre: "Le Congo, en tant qu'Etat souverain, peut signer des accords avec qui il veut!". Est-on souverain quand on ne crée pas les moyens de son autonomie? De son autonomie de pensée et d'action? Un pays payant sa dette extérieure avec une bonne partie des prêts d'argent qui lui sont consentis par ses "conseillers économiques et bailleurs de fonds" peut-il avoir la latitude d'aller où il veut pour contracter les dettes qu'il paiera avec cet argent d'autrui ?

De deux choses l'une, ou le Congo fait le choix de la Chine ou il reste esclave des IFI occidentales. Dans le premier cas, il sera obligé de rompre avec les politiques (économiques) de domination que soutiennent les IFI à travers "l'initiative des pays pauvres très endettés". Il doit rompre avec la tutelle occidentale. Or sa politique actuelle est loin de réaliser cette rupture. Les dernières pressions exercées (et acceptées par) sur Joseph Kabila en disent long. Dans ce cas, le choix de la Chine ne se limiterait pas à avoir un partenaire économique prêtant sans conditionnalité. Il irait jusqu'à la mise sur pied des moyens de sa propre autonomie.

Dans le deuxième cas, le choix "des Etats voyous" comme guides ne peut que mener à "la voyoucratie". Il semble que notre pays en est encore là. Sinon qui expliquerait la magie par laquelle un monsieur (Nkunda) sur qui pèse un mandat d'arrêt international soit considéré au niveau national et international comme un partenaire dialogual dont dépend la paix à l'Est du pays? Qui expliquerait la mise entre parenthèse du droit international au nom de la paix ?

En effet, dans un monde gouverné par les affairistes et "leurs petites mains", la mise entre parenthèse du droit international participe de l'ouverture dudit monde à l'économie mondiale de la prédation. Celle-ci n'a besoin de lois que dans la mesure où elles permettent aux affairistes de faire un peu plus de profit. 

III. Fin de la tutelle et initiatives opportunistes

A la fin de sa mission au Congo, Aldo Ajello se confiant à Marie-France Cros affirmait ce qui suit: "L'avenir du Congo? C'est un pays qui a un potentiel richissime et un gouvernement élu démocratiquement. Ce qui ne veut rien dire parce que la démocratie ne se réduit pas aux élections; une éducation démocratique doit se faire, avec assez de souplesse pour ne pas donner l'impression que le pays est sous tutelle, ce qu'il a été trop longtemps. Il doit apprendre à s'autogérer de façon démocratique. Si on les aide sérieusement, on de grandes chances de réussir et cela entraînera la stabilisation de l'Afrique centrale." (M.F. CROS, Aldo Ajello, le diplomate qui ne mâche pas ses mots. Entretien, dans La Libre Belgique du mardi 21 février 2007, p.25). Etant devenu sceptique vis-à-vis de "doctrines des bonnes intentions" et à la lecture de l'actualité congolaise, nous doutons que l'Europe ait comme visée politique africaine "la stabilisation de l'Afrique centrale", ce réservoir des matières premières stratégiques. L'entraînement dans la politique économique de l'économie mondialisée de la prédation a remplacé, dans le chef de ses élites, le partage des valeurs douces de la paix, de la justice réparatrice des crimes économiques et redistributive et de la gestion démocratique du pouvoir politique. Cet entraînement-là prend du temps. Voilà qui justifie la permanence de la tutelle et l'effritement des chances de voir l'Afrique centrale s'autogérer comme l'entendraient ses dignes fils et filles. Le choix portés sur des "pantins" et autres "collabos" financés à coup des millions d'euros était tout sauf une option pour une Afrique centrale apaisée et stable.

Mais, cela étant, il n'est pas mal que les dignes filles et fils du Congo se posent, de manière permanente la question de savoir jusqu'à quand le Congo sera-t-il sous tutelle. Nous estimons que la tutelle durera jusqu'au jour où un nombre important de ses filles et fils sera capable de comprendre, d'expliquer et de maîtriser les politiques géostratégiques et "réalistes" des pays qu'ils perçoivent, aujourd'hui encore, comme étant les grandes puissances du monde. Jusqu'au jour où leurs choix des modèles alternatifs les conduiront à créer des synergies productrices des moyens de leur autonomie réelle (et non potentielle). Jusqu'au jour où "les think thanks "congolais dignes de ce nom mèneront des luttes sans complaisance afin qu'ils comptent dans la conception, la gestion et la prospection de la marche commune. Les initiatives opportunistes peuvent être efficaces. Mais comme peut l'être un feu de paille.

Dans le cas du choix de la Chine par exemple, combien des Congolais sont au courant des quantités des matières premières que ce pays prendra chez nous en échange de ses milliards? Où en a-t-on débattu? Le Congo est-il la propriété privée des "couvreurs-négociateurs" de tous nos contrats à nos dépens qui sont aujourd'hui aux commandes de notre "Etat-manqué". Non. Et puis, au vu des contrats et accords déjà signés, quelle garantie avons-nous que cette fois sera la bonne? Il ne suffit pas d'aller en Chine pour faire du chantage à l'Occident comme du temps de Mobutu. Ce temps est révolu.

Encore faudrait-il que nous soyons capables d'établir la différence substantielle existant entre le capitalisme chinois et le capitalisme occidental! Tous les deux étant logés à la même enseigne, un choix non pensé de la Chine peut être nuisible pour nous et (surtout) pour les générations futures. Le Congo "reçu" dont être cédé aux générations futures en bonne et due forme. N'en déplaise aux opportunistes nombrilistes, partisans de "la manducratie immédiatiste". A "ceux et celles qui veulent manger, ici et maintenant, avant qu'ils ne puissent mourir. Et cela, à tous les râteliers."

Le Congo rompra avec la tutelle quand il ne sera plus dirigé par des marionnettes téléguidées à partir des bureaux climatisés de Washington, Paris, Londres et Bruxelles; mais adulées par les médias "coupagistes" et "les médiamensonges" comme étant les chefs du monde et les maîtres de l'histoire. Le Sud comptant des exemples de cette rupture fait rêver. Il semble que l'essentiel de notre lutte devrait se mener à ce niveau de rupture. Elle peut réussir si, déjà aujourd'hui, les résistants congolais initient des alliances avec le Sud qui gagne et "le petit reste du Nord" et les font fructifier.

J.-P.Mbelu

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Au détour d'un chemin en enfer, Mobutu croise Kabila ...

Mobutu : Toi ici ? Depuis quand ?

Kabila : Depuis le 16 janvier 2001..

Mobutu : Comment cela s'est-il passé ? 

Kabila : J'ai été assassiné par un de mes gardes du corps pendant que j'étais en réunion ...

Mobutu : Comment cela pouvait-il se faire ? Et tes services de sécurité, où étaient-ils ?

Kabila : Ah mon frère ! c'est ce que je n'arrive pas à m'expliquer. Pourtant je pensais avoir très bien organisé ma sécurité. Mais que veux-tu, le petit qui a tiré sur moi était connu comme un de mes proches, presque un fils ...

Mobutu : Avec moi ce genre de choses ne pouvait pas arriver. On ne m'approchait pas facilement, même mes proches. Au fait as-tu des nouvelles du pays ? Moi j'ai coupé tout contact depuis que je suis ici.

Kabila : Je n'ai pas de nouvelles ...je ne peux même pas téléphoner par manque d'argent car je n'ai pas eu de temps de me préparer avec cet assassinat qui m'avait surpris. Mais au fait, si tu as un peu d'argent, je pourrais toujours essayer d'appeler Mwenze Kongolo pour avoir des nouvelles.

Mobutu : Tu oses me demander de l'argent que tu m'accusais d'avoir volé ? Je vais quand même t'en donner? De quoi téléphoner ...

 

Mobutu sort de sa poche un billet de 100 dollars et accompagne Kabila à la Poste de l'Enfer

 

Kabila au téléphone : Allô Kinshasa ? Je peux parler à Mwenze Kongo ?

La poste de Kin : Président Kabila ?

Kabila : En personne ...

La Poste de Kin : Un instant, je vais chercher le nouveau numéro de téléphone de Monsieur Mwenze Kongolo? Je vous le passe.

Kabila : Allô Mwenze, tu as changé de numéro ?

Mwenze Kongolo : Oui ?   

Kabila : Quelles sont les nouvelles ? Tu sais que comme je n'avais pu rien emporter, je ne pouvais pas téléphoner par manque d'argent. Heureusement que je viens de rencontrer Mobutu ...

Mwenze Kongolo : Comment ? Tu es avec Mobutu ?

Kabila : Oui, il est juste à mes côtés. Alors comment ça s'est passé après mon départ ? Qui a pris ma place ?

Mwenze : C'est Joseph ?

Kabila : Quel Joseph ?

Mwenze Kongolo : Mais Joseph ton fils que nous avons fait venir de Lubumbashi où tu l'avais consigné ?

Kabila (après avoir marqué une pause) : Mais enfin tu connais bien ma situation familiale et l'histoire de Joseph. Où étaient les Katumba, Yerodia, Kakudji, Kapend et toi-même ?

Mwenze Kongolo
: Tu sais, il y avait des pressions de tous côtés, des Zimbabwéens, des Angolais et même des Rwandais, que c'était la seule solution possible. Heureusement que tout s'est bien passé par la suite.

Kabila : Je ne comprends pas..Donner le pouvoir à Joseph ? Et Kapend pourquoi n'avait-il pas agi lui qui pouvait mobiliser l'armée ?

Mwenze Kongolo : Mais Kapend est en prison, condamné à mort pour participation au complot de votre assassinat ...

Kabila : Des foutaises tout cela ? Et toi, que fais-tu pour le moment ?

Kongolo Mwenze : Mais je ne suis plus au gouvernement ? Joseph nous a fait partir moi, Katumba, Kazadi et Okoto, pour avoir été cité dans un rapport de l'ONU nous accusant d'avoir les ressources du pays pour 5 Milliards de Dollars.

Kabila : Vous avez pris cinq milliards en 4 ans ...


Mobutu qui jusque là ne disait mot, intervient

 

Mobutu : Ils ont pris cinq milliards en 4 ans ? et moi qu'on accusait pour Moins que cela en 32 ans ?   

Kabila : Si je savais, je n'aurais pas du traiter Mobutu comme je l'avais fait? Et ma part dans toue cela ? Vous êtes allé voir Mugabe ?

Kongolo Mwenze : Mugabe ? Il a pris tout ton argent.

Kabila : Mais il ne pouvait pas le faire ; il n'avait pas mes empreintes digitales pour pouvoir ouvrir les coffres dans lesquels nous avons déposé notre magot.

Mwenze Kongolo : Tu ne savais pas ? Il avait fait enlever ton corps et l'a fait transporter au Zimbabwe avant de le rendre au Congo pour l'enterrement ...

Kabila : Pas possible, être trahi jusqu'à ce point. Et par quelqu'un que je Considérais comme un frère. Je comprends maintenant pourquoi il préférait Joseph. Au fait, où en est-on avec la rébellion ?

Mwenze Kongolo : Il n'y a plus de rébellion ...

Kabila : Ah bon ! Vous avez pu reconquérir tout le territoire en si peu de temps ?

Mwenze Kongolo : Mais non. Le dialogue inter-congolais a abouti et tout le monde se trouve à Kinshasa pour gérer la transition jusqu'aux élections l'année prochaine.

Kabila : Les Bemba, Bizima Karaha, Ondekane, et tous les autres sont à Kinshasa, et vous les laissez courir comme ça ?

Mwenze Kongolo : Mais on n'en pouvait rien. La pression extérieure était tellement forte.

Kabila : Vous êtes vraiment des femmelettes. Avec moi cela ne pouvait pas arriver, je les aurais fait zigouiller sans autre forme de procès. Ah ! Si j'avais écouté Mandela et continué de négocier avec Mobutu à bord de l'Outeniqua, les choses se seraient peut-être passées autrement, et je ne me serais pas retrouvé ici. Évidemment vous avez tous profité avec tous les Milliards que vous vous êtes fait sur mon dos ?      

Mobutu qui intervient : Ne t'en fais pas mon Cher, c'est la vie ...

Kabila : Mais nous ne sommes plus en vie ?

Kongolo Mwenze : Allô Président. Allô. On t'a construit un grand et beau monument et on organise des manifestations grandioses le 16 janvier de chaque année.

Kabila : Et alors ? C'est avec ça que je peux aller voir Tshiala Mwana ? Fous-moi la paix.  

 

Clack..Clack..

 

Kongolo Mwenze : Allô. Allôo,Allo o oo o o o o o !

 

Blague transmise par Titi Nzita

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Retombées des contacts pris par Colette Tshomba avec les autorités françaises

Colette_TshombaPoursuivant son séjour en France, la vice-ministre des Congolais de l’étranger a eu, le mardi 16 octobre, une longue séance de travail avec M. Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Co-développement.

Au menu des entretiens, la situation générale en RDC post-électorale, la situation des Congolais qui ont choisi la France comme seconde patrie, les perspectives d’application de la nouvelle loi sur l’immigration et son champ d’application et les différents projets de co-développement. Parlant de la situation politique en RDC après les élections, les deux personnalités se sont félicitées de la mise en place de nouvelles institutions démocratiques. Et ce, grâce à l’appui de l’Union européenne au sein de laquelle la France contribue à hauteur de 24%.

Mme la vice-ministre Colette Tshomba a été informée par ailleurs que la France héberge 39.000 migrants en situation régulière et environ 6 000 Congolais sont en situation irrégulière, à en croire les statistiques du ministère français de l’Intérieur. Le ministre français s’est en outre félicité de la bonne conduite de la communauté congolaise qui, du reste, est bien intégrée en France.

Test ADN facultatif

Sur la question des migrants congolais en situation irrégulière en France, le ministre Hortefeux a déclaré que suivant les prescrits de la nouvelle loi sur l’immigration, toute personne en situation irrégulière doit être reconduite à la frontière. Cependant sur demande de la vice-ministre Colette Tshomba, celui-ci a accepté d’examiner au cas par cas les différents dossiers qui lui seront soumis, notamment en ce qui concerne les femmes et les enfants. L’occasion était propice pour éclairer la lanterne par rapport au test ADN préconisé par la nouvelle loi sur l’immigration. Pour le ministre français, ce recours est facultatif, soumis à l’autorisation d’un juge et il ne se pratiquerait que sur la mère.

A cet effet, Mme Tshomba a plaidé en faveur des cas d’enfants issus du premier mariage ou adoptés qui risqueraient de se voir exclus du champ de regroupement familial. Elle n’a pas manqué d’évoquer la durée de traitement d’un dossier de regroupement familial.

Au chapitre du co-développement, les deux personnalités ont passé en revue les divers projets de co-développement en gestation et dans lesquels le migrant doit jouer un rôle de premier plan. M. Hortefeux a souhaité voir de jeunes congolais profiter de nouvelles dispositions de la loi sur l’immigration en vue de parfaire leur formation en France. L’homme d’Etat français s’est par ailleurs réjoui de la mise sur pied par le gouvernement congolais d’une structure qui fédère les énergies des Congolais de l’étranger une manière les impliquer davantage au chantier de la reconstruction nationale.

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Le viol, un fléau à l'Est de la RDC

Fille_m_re_10_ansGOMA, 17 octobre 2007 (IRIN) - Dans l'Est de la République démocratique du Congo, les femmes connaissent tellement bien le cruel scénario des viols qu'elles n'ont aucune difficulté à expliquer le mode opératoire.

« Un homme vous tient les mains, l'autre les deux jambes et troisième vous plaque sa main sur la bouche », a expliqué à IRIN Beatrice Misat, une résidente du camp de déplacés Mugunga II. « Quand vous avez un peu de chance, ils vous abandonnent après vous avoir violée, sinon, ils vous torturent ensuite à l'aide de bouts de bois, puis vous vous mettez à saigner », a-t-elle ajouté.

Le viol est un fléau dans l'Est de la RDC - une arme de guerre, une menace constante pour les femmes et les filles.

Selon certains habitants et observateurs, la culture de la violence sexuelle s'est implantée dans l'Est après le génocide rwandais de 1994 au cours duquel quelque 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés par des miliciens hutus. Défaits par les militants du Front patriotique Rwandais, un mouvement politico-militaire majoritairement tusti, les auteurs du génocide sont repliés sur le territoire de la RDC voisine, et des groupes de miliciens armés ont commencé à proliférer dans la région et la violence sexuelle est devenue une pratique courante.

Un brassage dangereux


militaires1 Lorsque les combats entre les troupes du général dissident Laurent Nkunda et les forces armées de la RDC ont repris récemment dans la province du Nord-Kivu, les femmes de la région se sont enfuies pour éviter d'être violées par ces miliciens.

« Quand l'insécurité s'accroît, qu'il y a de plus en plus de personnes déplacées, les femmes se sentent bien plus en danger et sont plus vulnérables au harcèlement sexuel », a expliqué à IRIN Patrick Lavand'Homme, responsable du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dans le Nord-Kivu.

« Avec le brassage de miliaires à proximité de populations de déplacés internes, les rares principes de l'Etat de droit qui existaient encore disparaissent complètement ». Ce qui est troublant dans l'Est de la RDC, c'est la brutalité qui accompagne souvent les viols. Les femmes sont généralement violées par plusieurs hommes devant leur famille ou sont ensuite torturées. « Je pense que dans cet acte, il y a plus un désir de destruction qu'une simple recherche de plaisir », a affirmé Angela Kishabagasifa du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA). « Il ne s'agit pas de détruire un ennemi, mais des femmes ».

L'UNFPA organise des ateliers de sensibilisation dans le camp de Bulengo situé dans la banlieue de Goma, la capitale du Nord-Kivu.
Ce camp abrite quelque 13 000 déplacés et près de la moitié des femmes pensionnaires ont, à un moment donné de leur existence, été victimes de violences sexuelles, a indiqué Mme Kishabagasifa.

La victime la plus âgée qu'elle a rencontrée, après deux semaines de prise en charge du camp, avait entre 65 et 75 ans, et la plus jeune, quatre ans.
« Il n'y a pas de considération d'âge dans le viol », a expliqué M. Lavand'Homme. « Toutes les jeunes filles et tous les jeunes garçons sont violés ».

Les groupes de miliciens

Le nombre de femmes victimes de viol dans l'Est de la RDC est si important que les représentants des Nations Unies n'hésitent à parler du pire exemple de violences sexuelles dans le monde.
Selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), quelque 18 000 cas de viols auraient été enregistrés en 2006 dans trois provinces de la RDC, dont celle du Nord-Kivu.

Mais le nombre de cas de viols est probablement bien plus élevé

« Toutes les victimes de viol ne le font pas savoir », a indiqué Mme Kishabagasifa. « Certaines femmes ont honte d'en parler. Parfois lorsqu'on se promène sur le site, des femmes nous demandent de venir discrètement dans leur case pour nous en parler. Elles pensent qu'en se rendant au centre de santé, on pourrait se douter qu'elles ont été victimes de viol ».

Les groupes armés présents dans la région nient avoir commis des viols, mais pour les travailleurs humanitaires, tous ces groupes devraient être tenus responsables des violences sexuelles.

Outre les miliciens du Congrès national pour la défense du peuple, du général dissident Nkunda, et les forces armées de la RDC, les groupes de milices du mouvement hutu des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda et des Mayi Mayi, organisés en fonction de critères ethniques, sont actifs dans
la région.

Le mouvement de rébellion du général dissident Nkunda a commencé en décembre 2006 et les combats entre ses miliciens et les troupes de l'armée régulière ont fait près de 370 000 déplacés.

Nkunda avait déserté l'armée congolaise en 2004 en prétextant qu'elle ne faisait rien pour débarrasser la région des groupes de miliciens hutus complices des auteurs du génocide rwandais

nkunda_4 S'il est vrai que la situation dans l'Est de la RDC est très politisée et devient de plus en plus complexe, les femmes de la région sont rarement très impliquées dans la politique. Pour la plupart d'entre elles, leur seul souhait est que le conflit s'arrête.

Banza Mazamba est membre du conseil de direction du camp Mugunga II. Elle raconte l'histoire d'un bébé de sexe féminin, prénommé Grâce, arraché du ventre de sa mère par des miliciens fidèles au général dissident Nkunda. Et cette histoire fait le tour du camp. L'enfant a survécu grâce à l'intervention d'une femme âgée qui s'occupe d'elle actuellement Lorsqu'on lui demande d'expliquer le comportement des groupes armés dans l'est de la RDC, la réponse de Mme Mazamba est simple : « Ces hommes n'ont pas de coeur ».  
 
nk/am/mw/ads

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Olive Lembe à la Nouvelle Jérusalem de Bruxelles

Olive_lembaL’épopée rocambolesque d’Olive Lembe et le « très religieux » pasteur de « la désormais tristement célèbre Eglise Nouvelle Jérusalem » de Bruxelles

Olive Lembe aura-t-elle été la « prophètesse » de malheur depuis son passage trop controversé à l’Eglise « Nouvelle Jérusalem » aujourd’hui rongée par un malaise très profond ? Depuis lors, les commentaires vont bon train au sein de la Communauté Congolaise de Belgique et parmi les fidèles de ladite Eglise dont nombreux déclarent que leur « très religieux » pasteur a abusé de la bonne foi des croyants et a cru que tout le monde était naïf et d’un esprit très faible sauf lui en faisant la publicité d’Olive Lembe venue voir des films à Bruxelles au détriment du Trésor Public Congolais et faire ses achats et ses courses en Belgique (elle a ramené plus de 40 valises pleines à Kinshasa) à plus de 8000 kilomètres de son lieu habituel de résidence (Kinshasa) alors que le Peuple Congolais résidant au Pays est paupérisé à l’extrême et ne sait pas payer les frais scolaires des enfants, se nourrir, se vêtir, se faire soigner, enterrer les morts, acheter les cercueils pour les morts… Les quelques commerçants qui se débrouillent pour aller acheter des vivres à l’intérieur du Pays malgré l’état chaotique des routes sont traqués, rançonnés et découragés par les escadrons de la mort postés tout au long des routes.

En Belgique, chacun se demande ce qui s’est réellement passé entre Olive Lembe et ce « très religieux »  pasteur et ce que le « très religieux » pasteur aurait touché d’Olive Lembe comme « Don », « Corruption », « Aumône », « Offrande »…. pour oser souiller ainsi ladite Eglise en allant jusqu’à donner la parole à cette dame, épouse d’un imposteur et d’un tyran sanguinaire et qui fait partie du système esclavagiste, tyrannique, génocidaire et prédateur! Ceux qui connaissent le style des sermons de ce « très religieux » pasteur affirment même que le « très religieux » pasteur, Olive Lembe et l’ambassadeur d’Hyppolite Kanambe se sont rencontrés nuitamment auparavant, que le « très religieux » pasteur a préparé tout le sermon récité devant eux le lendemain par Olive Lembe et que toute la scène de la pièce théâtrale a été soigneusement préparée la veille entre le « très religieux » pasteur, Olive Lembe et l’ambassadeur d’Hyppolite Kanambe, alias « Joseph Kabila » (arrivée d’Olive Lembe pendant la prière comme une visiteuse de surprise, refus d’aller se mettre devant l’Assemblée mais de se mêler aux simples fidèles afin de provoquer l’admiration des naïfs et des esprits faibles…. ; supplier par après la « Belle du Jour » à prendre la parole devant les fidèles médusés et demander aux fidèles de se plonger dans la méditation sur le contenu très profond de « son » sermon…

La « religion-opium » est aujourd’hui l’une des armes fatales utilisées par les imposteurs, les opportunistes, les aventuriers et les esclavagistes et prédateurs pour achever le Complot visant à perpétrer le génocide de notre Peuple et à vendre notre Pays.

Nous sommes nous-mêmes des croyants pratiquants et très engagés dès le sein de notre Mère

Grâce à notre éducation et à notre formation, nous prétendons posséder une formation très solide dans le domaine religieux. Il est impossible à quiconque de nous instrumentaliser, de nous manipuler, de nous faire subir le lavage des cerveaux, de réussir la traite de nos âmes et l’esclavage religieux.

Nous ne sombrons pas dans une généralisation abusive. Nous avons été invités dans nombreuses églises où les pasteurs ont prêché à leurs fidèles, en notre présence,  l’amour de Dieu, l’amour de la Patrie et de notre Peuple et les ont exhortés à participer à toutes les manifestations politiques organisées dans le cadre de la libération nationale.

Nous sommes, dans notre foi, très attachés à nos racines et à nos origines tout en étant très ouverts à tous les apports positifs qui nous viennent des autres peuples : apports religieux, scientifiques, technologiques, culturels….

Mais nous avons des preuves que les ennemis de notre Patrie et de notre Peuple profitent de la naïveté et de la faiblesse d’esprit de certains compatriotes pour quadriller notre Peuple, l’abrutir, l’anesthésier, l’endormir  et se servir de la religion comme l’opium du peuple

Il est certes anachronique que bien longtemps après Karl Marx et tant de révolutions et de mouvements de libération, de décolonisation, d’indépendance et de démocratisation  qui se sont passés dans le Monde, nous soyons obligés de parler encore aujourd’hui de ce thème. C’est bien ce que vivent, encore aujourd’hui hélas, certains Congolais résidant au Pays et à l’Etranger.

Notre Pays est envahi par un nombre incalculable de sectes, de religions, d’églises… venant presque toutes de l’Extérieur. Dans chaque parcelle, il y a un pasteur, un prophète, une religion, une secte, un prêtre, un évêque…. Jour et nuit, les Congolais sont soumis, par des mégaphones et des haut-parleurs, à un vacarme et à un bruit abrutissant visant à empêcher toute concentration. Dans ces bruits et vacarmes, les prophètes, pasteurs, prêtres, messagers de Dieu, évêques leur citent à longueur des journées et des nuits des versets de la Bible, entonnent des chants, des prières…. La conscience des voisins qui ne sont pas membres de ces sectes, religions, églises… est constamment violée.

La Diaspora Congolaise n’échappe pas à ce fléau et est elle aussi quadrillée

Si rien n’est fait contre ce fléau, les quelques rares congolais qui survivront au génocide en cours seront, comme les arborigènes d’Australie et les Indiens d’Amérique, enfermés dans des réservoirs et dans des musées comme des dinosaures et autres espèces en voie de disparition.

La prière est l’une des grandes activités et des activités les plus fructueuses dans les milieux des Congolais. Dès que l’ont voit un congolais dans un deuil, à une fête, à l’arrêt des bus…, les fameux croyants, les prophètes, les envoyés de Dieu…. s’approchent de lui et demandent instantanément s’il prie et où il prie. Directement la campagne de l’intoxication et de l’évangélisation commence, l’invitant à se rendre dans leur lieu de culte…

Et pourtant, il est étonnant et déconcertant de constater que c’est dans les milieux de ceux qui prient tant à longeur des journées qu’il n’y a pas de véritable amour du prochain et qu’il y a toutes sortes de vices et d’anti-valeurs… : calomnies, délations, haine, rancune, concurrence déloyale, critique des absents, indiscrétion, atteinte à la dignité et à de l’honneur des autres…. Le message évangélique n’est pas traduit dans les actes.

Depuis le début de l’humanité jusqu’à ce jour, tous les peuples recourent à l’alliance inscrite par Dieu dans les cœurs et les esprits de tous les hommes, au patrimoine de leurs Ancêtres, à leur foi en Dieu, à la puissance de l’Esprit- Saint,  à leur intelligence, leur cœur, leur esprit, leur sensibilité, leurs dons, leurs ressources, leurs richesses, leurs potentialités pour se libérer du joug de l’esclavage, de la tyrannie, de la colonisation, du sous-développement, de la famine, de la misère, de la mort, du génocide, de la destruction…

Contrairement à ce qui s’est passé et à ce qui se passe en Israël, au Proche-et Moyen-Orient, dans tous les pays occidentaux, dans tous les pays d’Asie et dans nombreux pays africains où tous les peuples, certains pasteurs, prophètes, hommes de Dieu, prêtres, évêques… disent aux Congolais de se tenir soigneusement sur la balcon les bras croisés, de ne pas s’occuper de la politique ni s’impliquer dans le combat de libération nationale, mais de ne rien faire d’autre que prier, prier toujours, les yeux tournés au Ciel et les bras levés en l’air pour demander à Dieu de descendre Lui-même du Buisson Ardent tambours battants et trompettes sonnantes, accompagné des anges et des saints pour libérer la Patrie et le Peuple sans eux, malgré eux et contre eux. Informations prises, on apprend que ces pasteurs, prêtres, envoyés de Dieu, évêques sont des conseillers dans les mabassades d’Hyppolite Kanambe, touchent des prébendes auprès de l’Etat Congolais et participent d’une ou de l’autre façon à l’accomplissement du Complot satanique contre notre Patrie et contre notre Peuple.

Et nombreux Congolais, victimes de l’ignorance, de la naïveté, de la falsification de l’histoire, du racisme, de la traite des âmes, de l’esclavage religieux, de l’alinéation mentale et culturelle, ne savent même pas que l’Afrique est le Berceau de l’humanité, de la civilisation, de la culture, du savoir, de la religion et des religions dites révélées ; ils ne connaissent même pas la religion de leurs Ancêtres.

J’ai été un jour ahuri de constater que certains Congolais qui s’intéressent tant à la religion et qui voulaient me parler de la prière et de la religion n’avaient jamais lu aucun des livres ci-après :

  • « L’origine négro-africaine de la religion et des religions dites révélées » ;
  • «La Mère Noire » ;
  • « Falsification de l’histoire des Noirs »
  • « L’Afrique va-t-elle mourir »
  • « Les thèmes majeurs de la théologie africaine »
  • « Les racines négro-africaines du savoir grec » ;
  • « L’afrocentricité » ;
  • « Les racines africaines de la civilisation européenne » ;
  • « Inventeurs et savants noirs » ;
  • « L’origine négro-africaine des religions dites révélées » ;
  • « Renouer avec ses racines, chemins d'inculturation » ;
  • « Introduction à la prière négro-africaine »
  • « Moïse l’Africain »
  • « Monothéisme »
  • « Une approche Afro-Kame de la Théologie »
  • « L’origine biblique du racisme anti-noir »
  • « La colonisation, l’autre crime contre l’humanité »
  • « Origine de concept de monothéisme »
  • « Les sources négro-africaine de « Notre Père » empruntées par la Bible »
  • « Le racisme dans le monde »
  • « Théologie africaine, Origine, évolution et méthodes »

La série de tels livres est longue, très longue. Je recommande à tous ceux qui s’intéressent au problème fondamental de religions, de cultures, d’identité culturelle et civilisationnelle, de vision du monde, d’émancipation, d’indépendance, d’authenticité, de dialogue entre les cultures, les religions, les peuples et les civilisations….

Je présente, dans un autre document, le résumé de certains de ces livres.

Dr François Tshipamba Mpuila
UDPS - Benelux

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16 octobre 2007

Combat sans répit : Candide OKEKE (Apareco)

Extrait de l'Interview de Candide OKEKE

Candide_Okeke_AparecoConseillère Principale chargée des Relations Publiques, de la Mobilisation et de la Planification au sein du cabinet du Président National de l’APARECO , Monsieur Honoré NGBANDA  

"CHAQUE VIE CONGOLAISE EST PRECIEUSE, aussi précieuse que n'importe quelle autre vie sur cette terre. Nous (congolais) avons le devoir de nous battre pour chacune d'entre elles Nous n'avons pas à accepter que le monde continue à ignorer ou à entretenir les souffrances du peuple congolais". C.O.

  • Le peuple congolais et la Communauté internationale

C.O. : « Ce qui va déterminer nos actions et celles du peuple congolais dans les jours à venir ce ne sont pas les versions erronées ou édulcorées de la tragédie congolaise que lon sert à lopinion publique internationale par une presse internationale qui semble avoir perdu de son indépendance. Parce que cest le peuple congolais qui a payé chaque jour toutes ces erreurs et ces tâtonnements, parce que cest notre peuple qui subit chaque jour […] les exactions, la répression, les intimidations, les arrestations, les assassinats etc., nous navons donc pas à attendre que des personnes qui sont en sécurité chez elles avec leurs familles à labris viennent nous dire à quel moment nous devrons mettre un terme à cette tragédie, ni à quel moment nous devrions voler au secours de nos compatriotes notamment ceux de lEST. Le peuple congolais doit prendre ses décisions à ce niveau en fonction de ses propres réalités et non en fonction de lhypocrisie de la Communauté Internationale.

«[...]le peuple congolais n’a pas à se concerter pendant cent ans avec les membres de la Communauté Internationale avant de s’assumer ni à lui demander sa permission pour cela. Tôt ou tard les congolais mettront eux-mêmes un terme à la fuite en avant que représente l’attitude de la Communauté Internationale en RDC parce que c’est le peuple congolais qui est le véritable détenteur du pouvoir dans ce pays et qu’il est hors de question que nous continuions à assister passivement à la mort odieuse et programmée de notre population et de notre Etat»

  • La nationalité de Joseph Kabila

C.O. : « La loi congolaise exige que pour accéder à la magistrature suprême, il faut être de père et de mère congolais. Cette loi na pas été votée pour les chiens mais pour tous les congolais sans exception. Si nous avons des autorités qui commencent à choisir parmi nos lois celles quils acceptent de respecter ou pas dites moi quelle société peut-on arriver à construire sur une telle base. De plus le cas de Joseph Kabila est un exemple concret des risques que nous encourons si nous nétions pas rigoureux à ce niveau. Notre pays est aujourdhui en train dêtre balkanisé, particulièrement grâce à un chef de lEtat qui nest pas congolais et qui travaille pour nos ennemis.
Une autorité qui s
exonère du principe de respect de nos lois ne vient pas pour construire notre société mais pour la détruire puisquelle se donne d’emblée […] le droit den bafouer les fondements »

  • L’APARECO et les institutions congolaises

C.O. : « LAPARECO a gardé contre vents et marées une attitude ferme face au régime de Joseph Kabila, il ny aura jamais ni coopération, ni collaboration entre nous et ce gouvernement doccupation. Cela na pas été le cas hier, il nen est pas question aujourdhui, et il nen sera pas question demain non plus. Et toutes les tentatives de rapprochement avec le Président national de lAPARECO, initiées par eux ou leurs alliés, évidemment avec leurs arguments habituels de corruption, ont été toutes soldées par un échec. »

  • Message aux congolais qui  se sentent abandonnés

C.O.  : « Question : A qui revient en premier lieu le devoir de préserver lavenir de leurs enfants et leur bien être sinon à eux-mêmes. Ils sont donc sensés être les premiers à se battre pour le respect de leurs libertés fondamentales et pour cette terre congolaise qui est lhéritage quils sont sensés transmettre à leur tour à leurs propres enfants.

Lautre question est de savoir sils sont prêts à se battre pour préserver ce qui revient de droit à leurs enfants? Et jusquà quel point sont-ils prêts à se battre pour cela, et pour que