2PARIS (AFP) — La quasi-totalité des 103 enfants que l'association Arche de Zoé a tenté d'emmener en France le 25 octobre disent avoir au moins un parent et venir de la "région frontalière entre le Tchad et le Soudan", selon un communiqué d'organisations humanitaires internationales publié jeudi.

"Les entretiens menés pendant plusieurs jours avec ces 21 filles et 82 garçons âgés de 1 à 10 ans (...) suggéreraient que 85 d'entre eux proviennent de villages de la région frontalière entre le Tchad et le Soudan, situés dans les zones de Adré et Tiné (localités frontalières)", affirment le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l'Unicef.

"Au cours des conversations que les travailleurs humanitaires ont eu avec eux, 91 des enfants se sont référés à un environnement familial constitué d'au moins une personne adulte qu'ils considèrent comme un parent", ajoutent les organisations dans ce communiqué publié à Abéché (est du Tchad). "Les entretiens se poursuivent avec les douze autres" enfants, précisent-elles.

L'association française Arche de Zoé, dontdes responsables sont inculpés et écroués au Tchad, affirme que les enfants sont des "orphelins" du Darfour, région de l'ouest du Soudan frontalière du Tchad, en proie à une guerre civile.

Nicolas Sarkozy a demandé mercredi soir, lors d'un entretien téléphonique avec le chef de l'Etat tchadien Idriss Déby Itno, "la libération dans les meilleurs délais des journalistes français détenus à Abéché" aux côtés des membres de l'Arche de Zoé, a annoncé l'Elysée. "Le président Déby lui a indiqué qu'il ferait tout son possible pour les libérer", a précisé le porte-parole de la présidence David Martinon dans un communiqué.

Lors de cet entretien téléphonique, le président de la République a demandé à son homologue tchadien "la libération dans les meilleurs délais des journalistes français détenus à Abéché (est du Tchad), dans le respect de la législation tchadienne", a précisé M. Martinon.

Dix-neuf personnes (neuf Français, sept Espagnols, deux Tchadiens et un Belge) sont inculpées et écrouées au Tchad pour avoir tenté d'emmener en France 103 enfants de la région frontalière Tchad-Soudan. L'association française Arche de Zoé les présente comme des orphelins de la province soudanaise du Darfour.

Parmi les neuf Français arrêtés figurent trois journalistes : Marc Garmirian, reporter de l'agence Capa, qui a fait un reportage critique sur les activités de l'Arche de Zoé dont une partie a été diffusée lundi, Jean-Daniel Guillou, photographe de l'agence Synchro X, et Marie-Agnès Peleran, journaliste à France 3 Méditerranée, qui était en "congé humanitaire de solidarité", selon sa chaîne.

Le Quai d'Orsay avait annoncé mardi avoir saisi le président tchadien du cas des journalistes arrêtés. Le directeur de cabinet de M. Déby, Mahamat Hissène, a laissé entendre sur RFI que les journalistes pourraient être élargis s'ils prouvaient qu'ils agissaient dans le cadre de leur activité professionnelle et non en tant que membres de l'association.

La polémique a enflé ces derniers jours en France. Paris a affirmé que les inculpés français répondraient de leurs actes au Tchad. Des accords judiciaires entre les deux pays ouvrent la possibilité d'un procès en France.