5Les négriers sont de retour en Afrique
01 Novembre 2007 Lu 167 fois

Ils ne viennent plus par mer. Ils ne débarquent plus l’arme au poing semant la terreur dans le village. Aujourd’hui, ils ont un stéthoscope dans une main et des bonbons dans l’autre. Comme ceux de «l’Arche de Zoé», une ONG française, qui ont été à deux doigts d’embarquer 103 enfants au Tchad pour une destination, la France, dont on commence à douter tant l’embrouille est manifeste.

Ainsi donc, les négriers du 3e millénaire se présentent sous des aspects d’ONG à but humanitaire. 103 enfants âgés entre 3 et 5 ans vendus «sur plans» à 6000 euros la pièce à des acheteurs dont on ne sait plus s’ils sont en mal d’adoption ou eux-mêmes intermédiaires pour d’autres filières comme la pédophilie ou le trafic d’organes, voire même pour des recherches plus diaboliques sur des humains. «L’Arche de Zoé» dont le fondateur est un ancien pompier nous dit-on devait, pour cette première affaire «d’enfants du Darfour», gagner 600.000 euros.

Une première affaire car, en visitant le site de l’association, on apprend que le programme de l’ONG était de «rapatrier» 1000 enfants du Darfour. Cette opération de vols d’enfants à été brutalement interrompue au pied de la passerelle de l’avion qui devait décoller d’Abéché, un aéroport du Tchad, avec à son bord les malheureux enfants que les négriers avaient, au préalable, enroulés de pansements pour faire croire qu’il s’agissait d’enfants malades qui devaient être évacués dans un but humanitaire. Aux dernières informations, les enfants ne sont pas des orphelins et ne viennent pas du Darfour mais du Tchad. Le mince fil sur lequel pouvait s’appuyer un quelconque prétexte humanitaire est donc rompu. Le commando constitué de 9 Français a été arrêté par les autorités tchadiennes. 7 autres de nationalité espagnole et membres de l’équipage de l’avion affrété pour l’opération ont été également présentés à la justice. Deux complices tchadiens ont été mis aussi sous les verrous. Vu le nombre des malfaiteurs et les moyens logistiques dont ils ont disposé, de nombreuses et graves questions se posent.

Pour leurs «repérages», les négriers de «l’Arche» ont utilisé les avions de l’armée française basée, comme on le sait, au Tchad. L’organisateur en chef, un ancien pompier nous dit-on, a été reçu dès le mois d’août dans le cadre de la préparation de cette opération au Quai d’Orsay, bien sûr, pas par Bernard Kouchner l’humanitaire en chef mais par son adjointe aux AE, Mme Rama Yade. De son côté, l’ex-épouse de l’ancien pompier accuse l’Etat français de «laisser tomber» les membres de l’ONG arrêtés. Plus troublante encore est cette déclaration du chef de l’Etat français à son arrivée en Corse, mardi soir, au sujet de l’affaire de «l’Arche de Zoé»: «Il faut trouver des accords pour que personne ne perde la face». Ce qui suggère une implication officielle à haut niveau. D’ailleurs, dans cette affaire, le silence de Bernard Kouchner, qui s’est envolé pour la Chine, est éloquent.Un Kouchner accusé par son cofondateur de Médecins sans frontières, Rony Brauman, d’avoir installé «l’idée fausse d’un génocide au Darfour». Ce qui nous rappelle les armes de destruction massive de Bush pour envahir l’Irak.

Comme est révélateur la mise en avant de la secrétaire d’Etat, Rama Yade, d’origine africaine pour défendre le dossier face aux députés. On comprend mieux l’utilité de la diversité et de l’ouverture prônées par Sarkozy lors de la constitution du gouvernement. Quoi qu’il en soit, «l’Arche de Zoé» alias «Children Rescue» est l’image-type de ces ONG qui «veulent du bien» aux pays sous-développés. Comme Human Rights Watch qui s’émeut et a accusé, hier, l’armée Birmane d’enrôler des enfants. Les nouveaux négriers se donnent un visage plus «humain». La fin justifiant les moyens.

Zouhir MEBARKI
zoume6@hotmail.com