01 novembre 2007
Après l'affaire de l'Arche de Zoé, le Congo-Brazzaville suspend toutes les adoptions internationales
Après l'affaire de l'Arche de Zoé au Tchad, les procédures d'adoption internationale d'enfants sont suspendues sur tout le territoire congolais, a annoncé le ministre congolais de la justice Me Emmanuel Aimé Yoka.
"Il s'agit pour le gouvernement d'une mesure préventive prise à la suite de la tentative d'enlèvement d'enfants tchadiens", a dit Me Yoka.
"Cette affaire est une véritable coïncidence car elle intervient quelques jours seulement après l'adoption de 17 enfants congolais par des familles espagnoles", a-t-il ajouté, précisant que des démarches officielles allaient être entreprises par le Congo afin de vérifier la situation de ces enfants actuellement établis en Espagne.
Intéressée depuis lontemps par ces adoptions, l'Association des droits de l'homme et de l'univers carcéral (ADHUC), une ONG congolaise, avait attiré en août dernier l'attention des autorités congolaises sur l'existence dans le pays d'un réseau pour le trafic d'enfants vers l'Europe par l'ONG espagnole ADIC (Association pour l'adoption des enfants congolais).
Le président de l'ADHUC, Loamba Moké, s'est dit "satisfait" de l'annonce de la suspension des adoptions internationales par le gouvernement, et lui a demandé de "s'impliquer désormais sur la situation en prenant des mesures pratiques de lutte contre ce fléau".
Il a également mis en cause des magistrats, qui représentent ces ONG d'adoption d'enfants au Congo: "L'ADIC par exemple est représentée au Congo par trois magistrats. Dans ces conditions, on comprend aisément la facilité avec laquelle ces procédures d'adoption aboutissent", estime-t-il, jugeant que "la présence des magistrats dans ces réseaux rend ainsi difficile la lutte contre le trafic illicite des enfants".
"Le cas de l'Arche de Zoé, actuellement poursuivie pour trafic denfants tchadiens, nous interpellent tous. Ce qui est arrive au Tchad peut également arriver dans d'autres Etats africains", a mis en garde Loamba Moké.
En France, Marie-Claude Arnauld, vice-présidente de l'association "Enfance et famille d'adoption", qui est chargée de l'adoption internationale, a déploré l'"amalgame": Cette décision du Congo-Brazzaville "peut donner des idées aux autres de faire la même chose", a-t-elle estimé, jugeant cela "très triste parce que ça va rendre l'adoption dans certains pays difficile, voire impossible dans certains cas".
Selon Mme Arnauld, en 2006, 20 enfants ont été adoptés par des familles françaises au Congo-Brazzaville, contre 44 en 2005. Cette année, il y a "certainement plus de 20 dossiers en cours", a-t-elle estimé.
"Pour ces familles, ca va être la catastrophe, pour plusieurs raisons", a-t-elle noté. "Ces familles connaissent déjà l'enfant, ont sa photo, des détails sur lui. Pour ces familles ça va être dramatique".
"Tant que cette affaire (de l'Arche de Zoé, NDLR) n'est pas éclaircie, certains pays vont être un peu plus frileux pour ne pas être taxés de laxisme", juge enfin Mme Arnauld.
© AP | Nouvel Observateur
Commentaires
Ingerence??
Quand on reparle du devoir d'ingérence:
http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=685&Itemid=60
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