hcrCraig Johnstone, numéro un du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR), estime que la tentative de l'ONG l'Arche de Zoé d'évacuer des enfants africains en Europe est une opération "écoeurante" à l'origine d'un climat de suspicion qui entrave les activités de l'Onu dans la région.

La tentative de l'ONG l'Arche de Zoé d'évacuer des enfants africains en Europe était une opération "écoeurante" à l'origine d'un climat de suspicion qui entrave les activités de l'Onu dans la région, a déclaré mardi le numéro un du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR).

"Ce qu'ils ont fait était véritablement écoeurant", a dit Craig Johnstone, un ancien diplomate américain en poste depuis avril, lors d'une conférence de presse à N'Djamena.

"Pour le moment, cela a assurément un impact négatif parce que la population locale est devenue très soupçonneuse. Mais je pense qu'à long terme, la situation se calmera et je pense que les choses s'amélioreront assez vite."

Inculpés de fraude et enlèvement, six membres de l'ONG française sont incarcérés à N'Djamena. Ils ont été arrêtés le 25 octobre dernier à Abeche, dans l'est du Tchad, alors qu'ils s'apprêtaient à évacuer par avion une centaine d'enfants qu'ils présentaient comme des orphelins du Darfour, région soudanaise frontalière.

Arrêtés dans le même temps, trois journalistes français couvrant la mission de même que les sept membres d'équipage de l'avion espagnol affrété pour l'occasion ainsi qu'un pilote belge ont été libérés depuis.

Johnstone a accusé les responsables de l'ONG française d'avoir trompé à la fois le gouvernement tchadien et les représentants de l'Onu en prétendant évacuer des petits orphelins malades et sans ressources du Darfour pour qu'ils puissent être soignés en Europe.

Selon le HCR, il s'agissait en fait pour la plupart d'enfants tchadiens en bonne santé et ayant au moins un de leurs deux parents encore en vie.

Différentes agences de l'Onu opèrent dans l'est du Tchad pour tenter de faire face à la crise humanitaire consécutive au conflit au Darfour, qui a fait quelque 200.000 morts et 2,5 millions de réfugiés.

LePoint.fr | 22h09 | 13/11/2007 - © Reuters / Photo prise le 23 juillet 2007/REUTERS/Handout - © REUTERS