15 novembre 2007
Le Haut Commissariat aux Réfugiés dénonce l'opération "écoeurante" de l'Arche de Zoé
Craig Johnstone, numéro un du Haut Commissariat des Nations
unies pour les Réfugiés (HCR), estime que la tentative de l'ONG l'Arche de Zoé
d'évacuer des enfants africains en Europe est une opération
"écoeurante" à l'origine d'un climat de suspicion qui entrave les
activités de l'Onu dans la région.
La tentative de l'ONG l'Arche de Zoé d'évacuer des enfants
africains en Europe était une opération "écoeurante" à l'origine d'un
climat de suspicion qui entrave les activités de l'Onu dans la région, a
déclaré mardi le numéro un du Haut Commissariat des Nations unies pour les
Réfugiés (HCR).
"Ce qu'ils ont fait était véritablement
écoeurant", a dit Craig Johnstone, un ancien diplomate américain en poste
depuis avril, lors d'une conférence de presse à N'Djamena.
"Pour le moment, cela a assurément un impact négatif
parce que la population locale est devenue très soupçonneuse. Mais je pense
qu'à long terme, la situation se calmera et je pense que les choses
s'amélioreront assez vite."
Inculpés de fraude et enlèvement, six membres de l'ONG
française sont incarcérés à N'Djamena. Ils ont été arrêtés le 25 octobre
dernier à Abeche, dans l'est du Tchad, alors qu'ils s'apprêtaient à évacuer par
avion une centaine d'enfants qu'ils présentaient comme des orphelins du
Darfour, région soudanaise frontalière.
Arrêtés dans le même temps, trois journalistes français
couvrant la mission de même que les sept membres d'équipage de l'avion espagnol
affrété pour l'occasion ainsi qu'un pilote belge ont été libérés depuis.
Johnstone a accusé les responsables de l'ONG française
d'avoir trompé à la fois le gouvernement tchadien et les représentants de l'Onu
en prétendant évacuer des petits orphelins malades et sans ressources du
Darfour pour qu'ils puissent être soignés en Europe.
Selon le HCR, il s'agissait en fait pour la plupart
d'enfants tchadiens en bonne santé et ayant au moins un de leurs deux parents
encore en vie.
Différentes agences de l'Onu opèrent dans l'est du Tchad pour tenter de faire face à la crise humanitaire consécutive au conflit au Darfour, qui a fait quelque 200.000 morts et 2,5 millions de réfugiés.
LePoint.fr | 22h09 | 13/11/2007 - © Reuters / Photo prise le 23 juillet 2007/REUTERS/Handout
- © REUTERS
14 novembre 2007
Ce jeudi 15 novembre 2007 sur Arte: Viols , arme de guerre au Congo-RDC de 22h15 à 23h15
Un film d'Arte dénonce le viol devenu arme de guerre au
Congo - RDC
PARIS (AP) - Le 23 octobre dernier, à l'occasion du vote au
conseil de sécurité de l'ONU de la résolution 1325 condamnant la violence à
l'égard des femmes dans les conflits armés, plusieurs représentants ont fait
mention de la situation catastrophique à cet égard de la province du Kivu, dans
l'est de la République démocratique du Congo (RDC), déjà ravagée par la guerre
civile.
Un tiers des femmes de cette province auraient été violées,
selon Bert Koenders, ministre de la Coopération et du développement des
Pays-Bas, "horrifié" par un récent voyage. Les victimes se comptent
par "centaines de milliers" depuis deux ans, dont 25.000 au Sud-Kivu
rien qu'en 2006, d'après le Représentant spécial adjoint de l'ONU en RDC, Ross
Mountain.
Le documentaire de la réalisatrice allemande Susanne Babila,
"Le viol, une arme de guerre au Congo", permet de passer des mots aux
images. Il atteste d'une situation où la Monuc (Mission des Nations Unies au
Congo) reste impuissante, où les aides médicales et psychologiques sont
insuffisantes, et où les suites judiciaires semblent inexistantes en dehors du
recensement des victimes.
La présence de minerais rares (or, mais aussi coltan et
cassitérite qui entrent dans la composition des téléphones portables) avivent
les trafics illicites et la circulation de divers groupes armés.
Le groupe "Rasta" qui oeuvre pour le compte des
Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les FDLR elles-mêmes, et
parfois des hommes de l'armée (FARDC) et de la police congolaises, sont
désignés comme les auteurs présumés de ces viols systématiques, quand ils ne
s'accompagnent pas de meurtres d'enfants ou d'enlèvements.
Eclairé par quelques (et peut-être insuffisantes) interviews
(un journaliste, un responsable de la MONUC, un médecin) sur les tenants et les
aboutissants d'un tel fléau, le film est centré sur quelques témoignages parmi
les nombreuses victimes soignées à l'hôpital de Bukavu. Et comme si cela ne
suffisait pas, ces femmes de tous âges (et même des enfants), parfois esclaves
sexuelles pendant plusieurs années, physiquement mutilées, stériles ou
atteintes du sida, psychologiquement détruites, endurent aussi le rejet de
leurs proches ou de leur communauté. AP
"Le viol, une arme de guerre au Congo", Arte,
jeudi 22h15
13 novembre 2007
Déjà près de 10.000 inscrits à la marche pour l'Unité de la Belgique
Parmi les personnes ayant confirmé leur venue, on compte entre 25 et 30 pour cent de Flamands
Entre 10.000 et 50.000 personnes sont attendues dimanche, dès 10h00, à Bruxelles pour participer à la marche pour l'unité de la Belgique à l'issue de laquelle la pétition initiée par la Liégeoise Marie-Claire Houard sera officiellement remise au président de la Chambre, Herman Van Rompuy, et/ou du Sénat, Armand De Decker. Une fête sera également organisée de 10h00 à 18h00 dans le Parc du Cinquantenaire, où arrivera le cortège sur le coup de 13h00.
Les participants à la marche se rassembleront à partir de 10h00 à la gare du Nord. Le départ est prévu vers 11h00. Le cortège empruntera le boulevard du Jardin Botanique, la place Madou, le boulevard du Régent, la rue Belliard et la rue Froissart avant de pénétrer dans le Parc du Cinquantenaire par la Joyeuse Entrée.
La pétition de Mme Houard, qui peut encore être signée en ligne sur le site www.lapetition.be, a récolté jusqu'à présent quelque 130.000 signatures, via internet, sur papier et par SMS. Mme Houard espère pouvoir la remettre dimanche après-midi, entre 13h00 et 14h00, à M. Van Rompuy et/ou M. De Decker dans le Parc, en présence des participants à la marche. Si cela n'est pas possible, la remise symbolique de la pétition se fera au Parlement, a-t-elle indiqué.
Dans l'après-midi, après les allocutions de diverses représentants de la société civile comme Rudy Aernoudts ou la princesse Rosalie de Mérode, les marcheurs pourront faire la fête dans le Parc du Cinquantenaire, où le public pourra trouver des stands de restauration et assister à des concerts et des animations de rue. Le programme peut être consulté sur le site www.18nov.be.
Mardi, 7.000 personnes avaient déjà confirmé leur participation par e-mail et 2.800 sur le site www.bebelgian.be, qui permet d'annoncer sa venue afin de prévoir un dispositif policier suffisant mais aussi de télécharger l'affiche de l'événement. Mme Houard compte rassembler plus de 10.000 personnes à la marche et sera "très contente" si on atteint les 50.000 participants.
"Il est difficile de faire bouger le Belge et la participation dépendra aussi du temps, mais le bouche à oreille semble bien fonctionner. J'aimerais bien que tous ceux qui m'ont encouragée dans ma démarche, qui m'ont dit de continuer, soient présents dimanche à Bruxelles", a-t-elle déclaré à l'agence BELGA. "Lorsque j'ai lancé la pétition, jamais je n'aurais pensé qu'on en arriverait là", a encore ajouté Mme Houard, qui a réussi à amorcer un mouvement pour l'unité de la Belgique tout en poursuivant son travail à plein temps.
Parmi les personnes ayant confirmé leur venue, on compte entre 25 et 30 pour cent de Flamands. Mme Houard compte informer et mobiliser davantage de Belges du nord du pays grâce à une conférence de presse qui aura lieu jeudi à Bruxelles. Quant à la fête au Parc, son organisateur, Alain Mahiat, table sur une participation de 50.000 personnes.
BELGA | Mis en ligne le 13/11/2007
NDLR : Amis Patriotes Congolais, Venez Nombreux soutenir l'Unité de la Belgique car l'Unité du Congo dépend de l'Unité de la Belgique qui engendrera la Paix au Burundi et la Réconciliation au Rwanda. Ne laissons pas ceux qui ont détruit et disloqué la Patrie de nos Ancêtres, détruire notre Terre d'Accueil et poursuivre leur oeuvre diabolique en Afrique Centrale. Unissons-nous ! Pour l'avènement d'un Commonwealth (Bien-être commun : Liberté, Prospérité, Egalité, Respect) entre 4 états souverains démocratiques débarrassés de leurs dictatures respectives à savoir la Belgique, le Congo, le Rwanda et le Burundi. Ensemble, nous vaincrons !
Parler d'un génocide au Darfour, c'était offrir un terreau à l'Arche de Zoé
« Nicolas Sarkozy est allé au Tchad parce que l’Arche de Zoé plombait sa
propre opération militaro humanitaire » explique Antoine Glaser, directeur
de la rédaction de la lettre du Continent, qui révèle sur son site l'existence
d'un courrier du secrétariat d'Etat aux droits de l'homme à Rachida Dati
dénonçant « l'illégalité de l'opération de
l'arche de Zoé».
Ce courrier est en ligne sur Africa intelligence (lire "la preuve de Rama
Yade")
Antoine Glaser dirige la Lettre du continent - l'une des publications du
groupe Indigo, éditeur d'"Intelligence online" et de la "Lettre A" et il est,
entre autres, l'auteur de Ces messieurs
Afrique (1992 et 1997) et Comment
la France a perdu l'Afrique (en 2003) avec Stephen Smith.
Vous venez de révéler à vos abonnés que le ministère français de la
justice a effectivement été alerté, début août de l’illégalité, et de
l’imminence de l’opération l’arche de Zoé. Vous en avez une preuve?
C’est
une lettre de Brigitte Collet [directrice de cabinet de Rama Yade, secrétaire
d'Etat aux droits de l'homme] qui s’adresse au directeur de cabinet de Rachida
Dati en lui expliquant, en deux paragraphes extrêmement précis, qu’il va y
avoir de trois cent à mille enfants qui vont être sortis illégalement du Tchad.
C’est étonnant qu’à la suite de cette lettre il n’y ait eu aucune intervention.
Bien sûr, les autorités tchadiennes sont maîtres de décider quelles sont les
ONG qui doivent opérer ou pas chez elles. C’est étonnant qu’en France, il n’y
ait pas eu de suites judiciaires. Puisque des démarches avaient été engagées
auprès du procureur. Cette lettre montre bien les dysfonctionnements survenus
en France et sur le terrain dans l'affaire de l’Arche de Zoé".
Pourquoi l’Etat n’a pas empêché l’opération?
On
sous-estime la situation sur le terrain et la perte d’influence et le manque de
moyens de la France en Afrique. A l’ambassade de France, il doit y avoir une
dizaine de personnes. Sur le terrain, l'on voit bien que les militaires ne
parlent pas aux diplomates et vice-versa. Ce genre de problème peut arriver,
parce que chacun reste sur son pré carré. Mais il y avait la possibilité de
faire, ici, des pressions sur cette association. Ne serait-ce que de convoquer
Eric Breteau qui s’apprêtait à commettre un acte illégal.
Que pensez-vous des questions posées par Rony Brauman sur la
responsabilité de l’Etat, et la surdramatisation de la situation au Darfour?
Depuis
plusieurs mois, une partie des French doctors sont sur cette ligne des
néoconservateurs américains et des évangélistes américains qui ont soutenu les
rébellions du Sud Soudan, consistant à dire qu’on était en présence d’un
génocide au Darfour et d’une inaction de l’Etat. Le candidat Sarkozy avait dit
qu’il fallait intervenir immédiatement. L’arche de Zoé, ce sont deux personnes,
qui semblent sortis d’une secte qui entendent ça, mobilisent quatre personnes
et partent en mission au Tchad se sentant investis d’une mission. Lors d’un
colloque qui s’était tenu à la Mutualité, Bernard Kouchner n’avait qu’une motivation:
ne pas laisser tomber le Darfour, il s’y déroule un génocide. Certains
parlaient même de Shoah. La réalité, c’est que s’il y a eu des crimes de
commis, s’il y a eu effectivement 200.000 personnes qui ont été tuées, on est
plutôt dans un phase descendante. Même si le président Omar El Béchir veut
garder le pouvoir et utiliser le Darfour dans les négociations futures au Sud
Soudan pour des enjeux pétroliers, personne ne croit qu’il y a un processus
d’extermination de toutes les populations noires du Darfour. C’est une
situation géopolitique extrêmement compliquée avec des antagonismes séculaires.
La simplifier en disant qu’il y a un génocide et qu’il faut parachuter toute
les ONG du monde, c’est un terreau favorable aux opérations du type Arche de Zoé.
Les enjeux politico-militaires ont joué un rôle ?
Ces
enjeux sont importants du coté de Paris, puisque Bernard Kouchner a persuadé
Nicolas Sarkozy qu’il fallait qu’il s’investisse personnellement sur le dossier
du Darfour pour peser dans le monde. Le Darfour intéresse les Etats-Unis, qui
exploitent deux cent mille barils de pétrole dans le Sud du Tchad. Les Chinois
exploitent 500.000 barils dans le Sud Soudan. Vous avez des enjeux pétroliers
importants. C’est un pays qui est à la charnière du monde arabe et du monde
africain. C’est aussi la charnière du monde anglo-saxon où les Français ont été
obligés de baisser pavillon devant les Anglais du temps de la colonisation. C’est
un pays clé. Stratégique.
L’investissement de Nicolas Sarkozy ce n’est pas
seulement d’aller chercher trois journalistes et quatre hôtesses de l’air
espagnoles. C’est aussi parce que cette affaire de l’Arche de Zoé est en train
de lui plomber sa propre opération militaro humanitaire, qui va se déployer ces
prochaines semaines à la frontière du Tchad. C’est une opération européenne
mais portée par la
France. Trois mille soldats, mille cinq cent soldats
français. Le quartier général sera au Mont Valérien. C’est une opération
importante pour Nicolas Sarkozy, destinée à sécuriser les camps de réfugiés, à
la frontière du pré carré français, du Tchad et de Centrafrique, avant
l’arrivée de l’appareillage lourd des Nations Unies, qui va se déployer, début
2008, avec 26.000 hommes.
Bernard
Kouchner et Nicolas Sarkozy veulent faire une opération pour montrer que la
France s’intéresse à nouveau à l’Afrique et draine ses partenaires européens.
Seul problème, dramatique, c’est que les Allemands ont refusé d’y aller, et le
cabinet de Bernard Kouchner a le plus grand mal à monter cette force européenne.
Le Soudan fait partie de l’axe du mal…
Cette
opération va se dérouler en territoire tchadien et centrafricain. Mais l’idée
derrière tout ça est de neutraliser à terme le pouvoir d’Omar El Béchir. Sur ce
plan, la France joue un double jeu. Au dernier sommet de Cannes, Jacques Chirac
avait invité lui même Omar El béchir. Total est actuellement en train de
récupérer un immense gisement de pétrole qui fera aussi 500.000 barils jours au
Sud Soudan. Donc les intérêts économiques de la France sont plutôt au Soudan
qu’au Tchad. Si l’on suit la politique américaine, le méchant c’est Omar El
Béchir. Soit on se met avec les Chinois avec Omar El Béchir. Soit avec les
Américains, contre lui."
Propos recueillis par Karl Laske | Liberation.fr | 05/11/2007 à 18:15 | Lien permanent
Arche de Zoé - "Ces voyous à qui Dieu a donné la peau blanche"
Quand des "aventuriers", sous prétexte de charité,
viennent "s’emparer" d’enfants, les fantasmes sont prompts à se
réveiller. Témoin ce texte du principal éditorialiste du quotidien camerounais
d’opposition.
Le scandale provoqué par une poignée d’aventuriers européens
qui ont affrété un avion pour aller s’emparer d’une centaine d’enfants, sous
prétexte d’action humanitaire, sans droit ni titre, sans morale ni raison, est
à lui seul tout un symbole de la contradiction dans laquelle baigne l’Occident.
Comment comprendre qu’au moment où les portes de tous les
pays européens semblent se fermer à l’Afrique par le biais de législations
infernales contre l’immigration, on nous annonce que, par charité, une centaine de gamins nègres devaient être
accueillis par des familles blanches ?
S’agit-il d’en faire des esclaves dans des maisons closes,
des jouets pour petits Blancs, de la bonne chair pour des fauves de cirque ?
Combien d’enfants ont-ils déjà été victimes de ces rapines, comdes victimes
africaines innocentes dont le seul tort est d’avoir été condamnées à la misère
?
Le gouvernement tchadien a pu stopper l’opération, en arrêtant ces aventuriers
et en confiant les enfants à la garde de l’UNICEF. Mais de quel gouvernement
tchadien s’agit-il ? Celui qui est protégé, supervisé et tenu à bout de bras
par la France ? Bien évidemment, il ne faut avoir aucune illusion : la
libération de ces voyous à qui Dieu a donné la peau blanche sera finalement
arrangée. Ils sont citoyens des pays maîtres qui écument le continent, et le bon
petit soldat tchadien n’échappera pas à la règle.
Sans doute inspiré par les histoires et les images qui emplissent les bulletins
d’informations à travers le monde sur la misère totale du continent africain,
un véritable commerce de la pitié s’est mis en place dans les pays riches.
L’excitation a dorénavant gagné toutes les couches sociales. Il y a ceux qui se
sont assignés pour mission, sans que mandat leur soit donné pour quoi que ce
soit, de sauver des enfants africains traités à tort ou à raison d’orphelins.
Il y a ceux qui se battent pour inventer des programmes de sauvetage, tantôt
pour la Somalie, tantôt pour l’est du Congo démocratique en proie à une
rébellion sans fin, tantôt pour le Tchad et la Centrafrique, où des accords de
paix succèdent aux accords de paix sans jamais faire taire les armes. On se bat
donc partout au nom de l’Afrique.
Mais, et c’est édifiant, on cherche aussi, pour comprendre, pour cadrer, pour
dompter la misère, à donner une couleur aux souffrances, à affecter une religion
à la pauvreté et même à inventer une génétique de la violence. Où
faudrait-il dorénavant orienter les recherches sur les causes de la misère de
l’Afrique ? Faudrait-il continuer dans une critique intellectuelle des systèmes
de gouvernance ou recourir à une étude approfondie des traits génétiques des
peuples africains ?
Le monde ne parle plus que de nous, de l’Afrique. Le monde ne voit plus que
nous comme le problème, la honte éternelle de l’espèce humaine, l’humiliation
des continents, la source de toutes les maladies. Il y a une trentaine
d’années, alors que je résidais à Washington, je découvris un article fort
significatif dans le très sérieux Washington Post, sans doute un des plus
prestigieux et des plus importants quotidiens des Etats-Unis. L’auteur de
l’article, que l’on présentait comme un scientifique éminent, décrivait les
différentes espèces de cafards en prenant soin de mentionner leurs capacités de
nuisance, leur dangerosité et leur origine. Une bonne dizaine de ces bêtes
étaient ainsi répertoriées, provenant de tous les continents. La plus douce, la
plus fine et en même temps la moins nuisible était arrivée aux Etats-Unis dans
les bagages des immigrants européens. La plus nuisible, la plus grossière, la
plus méchante et plus envahissante provenait d’Afrique, importée dans les
baluchons des esclaves.
Avant cela, mon séjour d’étudiant en Occident fut très souvent troublé par les
injures des marchands de sommeil, qui, pour nous refuser la location de leurs
minuscules chambres insalubres, expliquaient que les mets africains étaient
trop épicés et dégageaient une forte odeur, gênante pour les voisins.
Aujourd’hui, en 2007, nouveau siècle, nouveau millénaire, et alors que le
monde a évolué dans toutes les branches de la recherche scientifique, de la
technologie et de l’information, alors que les peuples s’inquiètent de leur
place dans la mondialisation, l’Afrique se voit rappeler brutalement ses
insuffisances. Nous entrons dans la phase finale du procès cruel fait aux
peuples, lequel mettra à mort les continents misérables et les races maudites.
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Shanda Tomne | Le
Messager
© Courrier international 2007 | ISSN de la publication
électronique : 1768-3076
Courrier international - n° 888 - 8 nov. 2007 | France
L’ONU accuse Nicolas Sarkorzy de « légitimer le racisme »
Le Rapporteur de l’ONU sur le racisme a rapproché les
déclarations du prix nobel James Watson et le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy,
qui s’inscrit selon lui dans une « dynamique de légitimation du
racisme. » Il a également considéré que les tests ADN de paternité
illustraient une « stigmatisation de l’immigré. »
ONU - Assemblée générale, 7 octobre 2007 (extrait)
M. DOUDOU DIÈNE, Rapporteur spécial sur les formes
contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de
l’intolérance qui y est associée, a attiré l’attention de la Commission sur la
recrudescence des phénomènes et des manifestations de racisme, de
discrimination raciale et de xénophobie à travers le monde qui, selon lui,
constitue aujourd’hui la plus grande menace contre la démocratie et l’harmonie
des sociétés.
Il a aussi précisé que la lutte contre ces phénomènes devait
faire face à plusieurs tendances comme la recrudescence de la violence raciste
et xénophobe, notamment son expression la plus grave, le passage à l’acte,
avérée par un nombre croissant d’actes de violence physique et des assassinats
prenant pour cible des membres de communautés ethniques, culturelles et
religieuses.
Une autre tendance est la banalisation politique et la
légitimation démocratique du racisme et de la xénophobie, découlant notamment
de la capacité des partis politiques prônant des programmes racistes et
xénophobes d’obtenir des succès électoraux et d’être ainsi en position de
mettre en application ces plates-formes au moyen d’alliances de gouvernements.
Selon M. Diène, cette dernière tendance représente la
menace la plus grave contre la démocratie et les droits de l’homme.
M. Diène a également souligné que la légitimation
intellectuelle du racisme, de la xénophobie et de l’intolérance, se traduisait
par le nombre croissant de publications dites scientifiques ou littéraires ou
de déclarations publiques, qui sous couvert de la défense de l’identité et de
la sécurité nationale, développent des théories et des concepts explicatifs
marqués par la lecture ethnique ou raciale des problèmes sociaux, économiques
et politiques.
Il a placé dans ce contexte les récentes déclarations du
prix Nobel de médecine, James Watson, dont les propos sur l’infériorité
intellectuelle des personnes d’ascendance africaine et, en particulier, sa
volonté implicite d’établir une hiérarchisation entre les différentes races,
constituent une légitimation scientifique des stéréotypes historiques de
construction du racisme et un recul majeur dans la promotion des droits des
personnes d’ascendance africaine.
Le Rapporteur spécial a également indiqué que le discours du
président français à Dakar, le 26 juillet, s’inscrivait dans cette dynamique de
légitimation du racisme.
La criminalisation et le traitement exclusivement
sécuritaire des questions relatives à l’immigration, à l’asile, à la situation
des étrangers et des minorités nationales, ethniques, religieuses et
culturelles, qui ciblent les victimes principales du racisme figure aussi parmi
les lourdes tendances énumérées par le Rapporteur spécial. À cet égard, il a
déclaré que c’est dans ce contexte que s’inscrivent les propos de Kevin
Andrews, ministre australien de l’immigration et de la citoyenneté,
singularisant les ressortissants soudanais comme un groupe ayant des problèmes
à s’intégrer dans la société australienne.
En France, le récent projet de loi introduisant les tests
ADN dans la procédure de traitement administratif des postulants au
regroupement familial constitue aussi une illustration de cette stigmatisation
de l’immigré. Parmi les autres lourdes tendances, il a cité la montée et la
diffamation des religions et de la haine raciale et religieuse, de
l’antisémitisme, de la christianophobie et plus particulièrement de
l’islamophobie.
Face à ces tendances, a-t-il indiqué, des mesures urgentes,
en profondeur et dans la durée, s’imposent. Dans ses recommandations, il met
l’accent sur le caractère central de la volonté politique par le refus de
l’instrumentalisatio
Publication originale ONU | 9 novembre 2007
Illustration : M. Doudou Diène
12 novembre 2007
Vidéos concernant l'Affaire de l'Arche de Zoé
- Cliquer sur les images pour voir les Vidéos
- Utilisez Internet Explorer de préférence
Reportage de Marc Garmirian diffusé sur M6
Reportage diffusé sur TF1
Interview de Marc Garmirian sur TF1
Interview du Médecin de l'Arche de Zoé
Manifestation de soutien aux 103 enfants tchadiens et à leurs familles
Appel à manifester pour soutenir les 103 enfants du Tchad et leurs familles
Samedi 17 novembre 2007 à 14h30 sur le Parvis des Droits de l’Homme Place du Trocadéro à Paris/ Métro Trocadéro (lignes : 9 et 6)
L’Humanité a considéré il y a plusieurs décennies qu’elle se doit de donner à l’enfant le meilleur d’elle-même en proclamant la Déclaration des droits de l’enfant, puis en adoptant la Convention internationale relative aux droits de l’Enfant, ainsi que d’autres textes dont la Convention de la Haye de 1993 sur l’adoption internationale, et qu’elle a invité les parents, les hommes et les femmes à titre individuel, ainsi que les organisations bénévoles, les Etats à reconnaître ces droits et à s'efforcer d'en assurer le respect. Tous ces textes mettent en avant l’intérêt supérieur de l’enfant.
Aujourd’hui, au nom d’une prétendue action « humanitaire », l'association "Arche de Zoé" s'est livrée, au mépris de leur dignité et de leurs droits, et à l’insu de leurs familles, à une tentative d'évacuation dissimulée de 103 enfants tchadiens confiés à eux pour être éduqués et soignés sur place.
Cette opération jette l’opprobre sur tous ceux qui travaillent véritablement et sérieusement dans l’Humanitaire. On ne peut pas adopter des enfants sans s’assurer – même en période de guerre ou de catastrophe naturelle – que ceux-ci n’ont ni parents, ni proches parents. Qu’il s’agisse des enfants du Darfour ou du Tchad, nul n’a le droit de déraciner des enfants au motif qu’ils sont menacés par une mort certaine.
Le devoir de se révolter contre les défaillances et carences des gouvernements dans la prise en charge de leurs populations en difficultés implique-t-il le droit de tromper ceux que l’on prétend aider, ou même de violer les règles et procédures prévues par le droit international ? Non.
En France, une certaine presse, ainsi que quelques personnalités politiques et publiques, n’hésitent pas à se galvauder aux yeux de l’opinion internationale à travers des déclarations ciblées, non objectives, tendant à dénier à ces enfants une souffrance certaine suite à cette affaire traumatisante.
Mais pourquoi a-t-on laissé se produire une telle opération ? Pourquoi le sort des enfants ne préoccupe plus personne ? Pourquoi ne laisse t-on pas à la justice tchadienne le temps qu’il lui faut pour instruire cette affaire, sans la harceler ? Pourquoi les autorités françaises n’ont rien décidé pour ces enfants ? Et la nécessité d’apporter une protection diplomatique à des concitoyens doit-elle se faire au détriment des enfants et de leurs familles abusées et seules victimes dans cette histoire?
Soustraire clandestinement une centaine ou un millier d’enfants de leur milieu de vie, de leurs proches, de leurs cultures n’est évidemment pas la solution pour aider les pays victimes des drames humains comme celui du Darfour. Il faut plutôt aider ces pays à se développer. Ainsi les enfants pourront vivre dans un environnement sain et dans une société paisible.
Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres, à préciser à l’occasion d’une conférence de presse prévue très prochainement, le Collectif appelle à un grand rassemblement le samedi 17 novembre 2007 sur le parvis des Droits de l’Homme (Place du Trocadéro à Paris) de 14h30 à 17h30
Contact :
collectif103dutchad@yahoo.fr
Coordination : Allasra NAORGUE, Nocky DJEDANOUM, Irénée MOUDALBAYE, Brahim MOUSSA, Augustin TABO, Abiel YAMARKE
09 novembre 2007
L'Occident, l'adulte et l'enfant
Point de vue
LE MONDE | 08.11.07 |
14h27 • Mis à jour le 08.11.07 | 14h27
La culpabilité, l'innocence, la manipulation, sont
quelques-unes des facettes de l'épisode L'Arche de Zoé.
Il montre quelque chose
de nous : il faut donc s'y intéresser et s'en inquiéter. Pourquoi ? Parce qu'il
souligne une question essentielle : la place de l'enfant. La comprendre c'est
forcément interroger notre civilisation. Alors, cet épisode est une opportunité
: il faut s'en servir comme miroir et reconnaître qu'existe une logique
culturelle qui agit à notre insu et sous-tend nos choix, nos solutions aux
dysfonctionnements de notre civilisation. L'humanitaire n'y échappe pas.
Au travers des pratiques de L'Arche de Zoé et des demandes
des adultes, on est au coeur d'une situation dans laquelle l'enfant est
convoité, désiré, acheté, transporté, choisi. La question sous-jacente est donc
: quelle est la place et la valeur que l'adulte donne à l'enfant ?
Trois exemples. Trois symptômes, qui ont tous un point
commun : l'appropriation de l'enfant par l'adulte. Qui témoignent de la
pathologie de notre logique culturelle.
La fécondation in
vitro (FIV), qui paraît justifiée, produit cependant une absence de transmission
entre les parents et l'enfant ; l'enfant n'a et ne peut avoir de place ni dans
une histoire ni dans une filiation.
Bien que présent, le bébé n'existe pas. Ce qui compte c'est
le désir de l'adulte, celui de la médecine. Qui l'inscrivent dans leur logique.
Il y a lieu de s'interroger sur
cette expression d'amour : qu'y met-on ? A quel manque cela répond-il ?
La capture de l'enfant à l'étranger est légitimée par un
rituel psychoaffectif et administratif. Or, un enfant vaut plus qu'un dessous
de table au Vietnam ou au Laos : notre civilisation est la seule à ne pas
l'admettre. L'adoption "histoire d'amour", en elle-même très
violente, rappelle le deuil, la séparation, stimule l'illusion, l'idée d'échec.
On prête à l'enfant un désir. Comment remettre en question une démarche d'amour
?
La confusion involontaire et vertueuse entre la culture, l'histoire, des
parents et de celles de l'enfant, est là pour faire entrer cet enfant dans la
loi de l'adulte. Déni de la réalité : pourquoi imposons-nous cela à l'enfant si
ce n'est pour régler nos comptes avec nous-mêmes, nos angoisses, notre manque
profond ? Nous ne gagnons rien à vouloir confondre la réalité et notre réalité
imaginaire, celle de l'enfant et la nôtre.
Le troisième exemple
concerne l'homoparentalité, qui fait débat.
Quelle est la place faite à l'enfant ? Là aussi : déni de la
différence des sexes. Qui fait de l'enfant l'objet de marchandage. Le bonheur
(des adultes) passe avant l'identité de l'enfant (avec caution d'arguments
pseudo scientifiques), de son devenir. L'amour ne donne pas le droit d'obliger
un sujet d'être là où on veut qu'il soit, qu'il en ait ou non envie. Le projet
est pourtant clair : arrêter la filiation de l'enfant, l'inclure dans celle des
homos parents. Dans leur histoire.
Dans ces trois exemples, ce processus commun a un nom : la perversion.
Nier
la réalité, imposer la sienne aux autres. Ne plus reconnaître l'autre comme
individu libre, substituer son désir au sien. Ces symptômes sont là parce
qu'une culture les produit. Mais tout prend part à ce processus : l'école, la
famille, la rue, la science, le virtuel, l'hôpital, l'entreprise, nous-même. Le
schéma pervers est appliqué involontairement par chacun de nous.
Le cas des réseaux pédophiles, des abus sexuels, criminels
et pathologiques, rappellent leur lien avec ce processus : la relation de
l'adulte avec son enfance, floue, confuse, non élaborée et que la société n'a
pas permise. La boucle est bouclée. Alors : l'Occident infanticide ?
Arche de Zoé-miroir :
on y voit les risques énormes que cette logique culturelle fait courir à notre
civilisation. Elle construit le danger car elle construit l'homme de la perte
de soi.
© François-Robert
Zacot est anthropologue.
Article paru dans l'édition du 09.11.07
07 novembre 2007
Arche de Zoé : le reportage accablant
L'un des 3 journalistes libérés avait filmé l'opération de l'Arche de Zoé au Tchad. Des images rendues publiques par l'agence Capa, qui sont accablantes pour l'association.
© TF1| 04 novembre 2007






