09 décembre 2007
Goma : face à l'insécurité, la population patrouille
La reprise de la guerre au Nord-Kivu a
provoqué une recrudescence de l'insécurité dans la ville de Goma, paralysant
certaines activités
Confrontée à une multiplication des meurtres, pillages et
cambriolages, la population s'organise en patrouilles pour assurer sa propre
sécurité.
Devant nous, à l'entrée de l'Office des routes
de Goma, dans le quartier Mabanga Sud, non loin de la route de Sake, des jeunes
gens contrôlent une barrière, une simple corde reliant les deux côtés de la route. Torches 500 m la police.
C'est
Nous sommes obligés de nous arrêter. Le chef d'équipe, un grand jeune homme
s'approche de notre moto et, poliment, nous demande de respecter la norme :
présenter sa carte d'électeur, qui sert de carte d'identité provisoire.
Entre-temps, un second patrouilleur passe à la fouille corporelle. "C'est
pour identifier les bandits qui nous agacent toute la nuit que nous demandons à
tout passant de s'identifier et d'accepter d'être fouillé", explique
Patrick, l'un des responsables à cette barrière.
Désormais, c'est la règle : plus personne ne doit se promener la nuit à Goma,
capitale du Nord-Kivu, sans sa carte d'identité. Depuis quelques semaines, les
autorités politico-militaires ont donné l'ordre à ces patrouilleurs d'assurer
la sécurité dans leurs quartiers respectifs.
L'identification s'impose
D'ailleurs, à une centaine de mètres de là, voici un autre point de contrôle. À
nouveau, les mêmes opérations. Dans l'autre sens, une maman et un garçon
attendent. Ils ne sont pas autorisés à franchir la barrière. "Ils n'ont
pas de carte et sont donc difficiles à identifier", raconte l'un des
patrouilleurs. Heureusement, l'un de ceux-ci reconnaît en eux ses voisins, ce
qui leur permet de passer.
Sur une distance de
La prise en charge de la sécurité par la population – une mission en principe
dévolue à l'État – se fait à la satisfaction de tous. Même les militaires s'en
réjouissent. "Votre initiative reste louable et mérite des encouragements
surtout en cette période où notre ville et la province du Nord-Kivu sont en
proie à une insécurité grandissante"
Une structuration s'impose
Ce recours aux patrouilles civiles est une réponse à l'insécurité qui s'est
accrue depuis quelques mois à Goma en raison des conflits au Nord-Kivu. Le
soir, après 19 h, certains tronçons sont désertés par les taxis et les minibus.
Du coup, des propriétaires de camions s'improvisent taximen.
Cependant, l'organisation de patrouilles est loin d'être parfaite. Dans chaque
avenue, la population s'organise à sa manière. Mais partout, quand les
patrouilleurs, qui ne sont pas armés, repèrent un danger, ils sifflent pour
faire appel à
La population encourage les patrouilles, en y envoyant ses jeunes hommes.
D'autres, moins nombreux cependant, leur apportent, en guise de dédommagement,
qui de l'argent, qui du sucre, qui des piles ou d'autres biens. Et le résultat
est là : la situation se stabilise rapidement dans les quartiers. Les vols,
assassinats et pillages, innombrables, deviennent de plus en plus rares.
© Patient Ndoole | 06-12-2007
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