09 décembre 2007
"La Libre Belgique" est en mesure de révéler ce que contient le protocole d'accord sino-congolais
Ce que dit le mégacontrat chinois
Marie-France Cros
Mis en ligne le 07/12/2007
Les ressources minières congolaises serviront à payer
la construction par la Chine d'infrastructures au Congo.
Validité : 30 ans.
Alors que les pays industrialisé
Celle-ci, selon un accord-cadre, doit reposer sur la prise en compte
des intérêts réciproques des deux parties, le transfert de technologie, la
création d'emplois, la sous-traitance de travaux en faveur d'entreprises
congolaises, a précisé le Premier ministre congolais.
Un protocole d'accord a été signé, le 17 septembre 2007, entre les deux
pays, a annoncé M. Gizenga, tenant compte des besoins en infrastructures du
Congo et de la nécessité pour les entreprises chinoises "de garantir
leur approvisionnement en métaux de base".
Un vent favorable a livré à " La Libre Belgique
Le texte a été signé à Kinshasa par le ministre congolais des
Infrastructures, des Travaux publics et de la Reconstruction, Pierre Lumbi, et
par le représentant d'un groupement d'entreprises chinoises, Li Changjin. Ces
entreprises sont l'Exim Bank of China, la China Railway Engineering la Sinohydro Corp.
68 pc chinois, 32 pc congolais
Le protocole porte sur le financement, par la partie chinoise,
d'infrastructures au Congo, "en contrepartie de l'exploitation des
ressources naturelles" congolaises, et cela pour "trente
ans".
L'accord établit la création d'une société minière mixte de droit congolais,
en joint-venture entre ces sociétés chinoises et des sociétés congolaises qui
seront "désignées par le gouvernement"
En annexe, il est spécifié que la partie chinoise attend 8 millions de
tonnes de cuivre, 200 000 tonnes de cobalt et 372 tonnes d'or; les gisements
cités (encore "à trouver" pour l'or) sont les cuvettes
Mashamba et Dima, le synclinal Dik colline D, et Kolwezi.
En échange, les Chinois construiront 12 routes, 3 autoroutes, une ligne de
chemin de fer, 32 hôpitaux, 145 centres de santé, 2 universités et 5 000
logements sociaux.
D'abord rembourser
La répartition du résultat d'exploitation de la nouvelle société se fera "en
trois étapes". Durant la première, la "totalité du résultat
d'exploitation servira au remboursement et à l'amortissement de
l'investissement minier", y compris les intérêts.
Durant la seconde étape, "66 pc du bénéfice net du résultat
d'exploitation de la société de joint-venture sera utilisé pour le paiement et
le remboursement des travaux d'infrastructures"
Répartition proportionnelle
Enfin, la troisième étape, celle de l'exploitation commerciale, n'adviendra
qu'"après le remboursement et l'amortissement de la totalité des
investissements"
La partie chinoise sera exemptée des frais, paiements, droits, impôts et
taxes liés à ses activités minières et sera libre de choisir ses matériel,
équipement, technologie et services, et d'embaucher, "à l'intérieur
comme à l'extérieur du pays, le personnel qualifié conformément à la
législation congolaise en la matière".
(1) A titre de comparaison, les bailleurs de fonds du Congo, réunis la
semaine dernière à Paris, ont annoncé un total de 4 milliards de dollars
d'appui à Kinshasa pour 3 ans. Et le budget de l'Etat congolais pour 2008 est
de 3,3 milliards de dollars.
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