09 décembre 2007
Adresse de Kabila à la nation : Aucun bilan mais toujours beaucoup de promesses
© Le
Révélateur | La une| vendredi 07 décembre 2007 à 00:00:02
Joseph Kabila s’est refusé de dresser un bilan car, dit-il,
une année c’est à la fois peu et beaucoup. Peu, au regard de l’immensité du
territoire mais beaucoup par rapport au mandat, s’est-il justifié. ‘‘Mieux
qu’il y a un an et beaucoup mieux qu’il y a 15 ans’’, tel est l’état de la
Nation aujourd’hui, selon la lecture qu’en a fait le président de la République
s’aOutilsdressant jeudi 6 décembre à la Nation devant le Parlement réuni en Congrès,
à l’occasion de l’an un de son mandat.
Dans un discours de près d’une heure
axé sur la sécurité et la situation à l’Est, Joseph Kabila n’a pas manqué
d’épingler l’Economie et la situation de la Justice et des Droits de l’Homme,
qu’il a reconnue catastrophique. la partie Est la Transition.
Qu la mer. En la misère. Personne
Kabila qui a soigneusement évité d’établir un bilan, a tout de même relevé
quelques points positifs qu’il tient à mettre à l’actif de son gouvernement.
Parmi lesquels, les deux nouveaux hôpitaux inaugurés cette année dans
Quant à la situation de la Nation, le président a évoqué la pacification du
pays. Seulement, deux des 145 territoires que compte la RDC demeurent dans les
conflits. Et, une décennie d’affilée, le nombre de réfugiés internes n’a cessé
d’augmenter. Aujourd’hui, près d’un million s’entassent dans les camps de
fortune.
Dans les 143 autres territoires, c’est
Qui parmi les congolais vivant dans les 143 territoires pacifiés de Kabila peut
affirmer avec lui que le Congo va mieux qu’il y a un an et beaucoup mieux qu’il
y a 15 ans ? Y avait-il autant de déplacés de guerre il y a 15 ans
qu’aujourd’hui ? Autant de femmes violées qu’aujourd’hui ? Autant d’hommes, de
femmes et de jeunes frappés par la famine qu’aujourd’hui ? Un tel flux de
personnes marchant le long des trottoirs faute de moyen de transport ? Etc.
Une occasion manquée la corruption. En la
Justice.
Kabila
Le président de la République a promis de réformer en toute priorité la Justice
du pays, gangrenée par le favoritisme, la concussion et
Seulement, en reconnaissant la défaillance de cette justice, Joseph Kabila
approuve également toutes les critiques formulées par l’Opposition sur le
sérieux et l’équité de l’appareil judiciaire de notre pays. C’est cette Justice
qui traque le sénateur Jean-Pierre Bemba et le maintient en exil forcé. La
déclaration du chef de l’Etat, en tant que magistrat suprême, consacre la
nullité de la démarche du parquet contre le sénateur Bemba. Ainsi, pour appuyer
sa promesse de réformer en profondeur le secteur de la Justice, Joseph Kabila
aurait saisit l’occasion pour réconcilier les Congolais avec eux-mêmes en
répondant aux attentes des Congolais sur la situation de son challenger à la
présidentielle 2006 avec qui il n’avait pas de problèmes mais que son retour au
pays dépendait de
La sécurité, impératif et urgence
‘‘Vu où nous en étions il y a à peine un an, je me réjouis cependant de
pouvoir rapporter ce jour que la pacification du pays est aujourd’hui acquise
sur la quasi-totalité du territoire national’’, a déclaré le président de
la République, fort d’avoir fait sauter le verrou de Mushaki, qui ouvre la voie
vers Kitchanga. Kabila a brossé la souffrance de ‘‘nos frères et sœurs du Nord
et du Sud-Kivu (qui) ont trop souffert, victimes de viols, vols, assassinats et
exactions diverses’’ de la part d’un ‘‘général déchu’’ et ‘‘des
éléments résiduels des groupes armés incontrôlés, nationaux et étrangers’’.
Kabila s’est montré formel et déterminé, galvanisé par la perspective de vite
en finir avec Nkundabatware. ‘‘Nous devons impérativement et urgemment
mettre fin à ces souffrances. Ce sera bientôt chose faite, quoiqu’il en coûte’’,
a-t-il promis, tout en félicitant notre ‘‘jeune armée’’ pour sa bravoure
car ‘‘dans des conditions extrêmement difficiles, elles accomplissent
honorablement leur mission’’. Reconnaissant les travers fort regrettables
de certains de ses éléments incontrôlés, Joseph Kabila a eu le courage de
présenter des excuses du gouvernement. ‘‘La justice militaire a été
instruite de les identifier et de les punir sévèrement’’.
Obligation de résultat
‘‘Pour la première fois dans notre histoire, le peuple congolais pourra
enfin voir à quoi aura servi son cobalt, nickel ou cuivre’’, a promis
Joseph Kabila qui sait que la population souffre des effets pervers de la
mauvaise gouvernance qui s’est installée au pays.
Le président de la République a défendu ses 5 chantiers, ce qui n’est, selon
lui, ‘‘ni un slogan, ni une utopie. C’est un projet, mieux, c’est un contrat
passé avec le peuple’’, a-t-il défini. Le chef de l’Etat compte sur des
capitaux frais chinois en échange des matières premières dont la Chine exprime
sa boulimie. Sans doute, c’est la raison pour laquelle son adresse a ressemblé
à un vaste discours qu’aurait fait un candidat lors d’une campagne électorale
devant des électeurs ayant perdu tout espoir et tout goût à la vie.
Comme dans son discours d’investiture d’il y a une année, Kabila est revenu sur
une catalogue de promesses sans que rien ne se fasse concrètement. Conscient de
cet état de chose, Kabila rassure : ‘‘Nous avons une obligation de résultat
et il nous faut trouver des ressources financières pour matérialiser les
chantiers sur terrains’’.
la République. Et
Le président de la Commission politique et juridique de l’Assemble nationale,
le MLC Delly Sessanga pense que ce discours ‘‘est un discours rituel auquel
nous devons nous habituer’’. Pour lui, les projets n’ont pas encore démarré
et ‘‘le gouvernement n’arrive pas à animer la vision que vend le président de
Et le secrétaire général du MLC de renchérir : ‘‘Nous avons remarqué que le
chef de l’Etat a une vision pour le pays, il a donné des indications mais force
est de constater qu’en ce qui concerne l’année 2007, il n’y a pas eu
l’instrument indispensable à la mise en œuvre de toutes ces idées’’. Pour
François Mwamba donc, le problème, ce n’est pas le chef de l’Etat. ‘‘Le
problème c’est que lorsque le chef de l’Etat indique la voie, il faut un vrai
chef de gouvernement qui prenne tout cela à bras le corps et le traduire dans
les faits. Ça nous a manqué’’, a déploré le député de Kabeya Kamwanga. Mais
François Mwamba affirme avoir trouvé le président beaucoup plus à l’aise ‘‘lorsqu’il
a fallu faire de nouvelles promesses, dire ce qui va se passer, au sujet des
routes à construire, des hôpitaux, mais c’était les mêmes promesses il y a une
année et il n’y a pas eu de gouvernement pour le faire’’. ‘‘D’où viendra
le miracle pour que ce qu’on nous dit aujourd’hui en terme de promesse puisse
se faire’’, s’est-il interrogé. ‘‘D’où notre scepticisme’’, a-t-il
conclu.
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