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Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

09 décembre 2007

L'image ternie des Casques bleus

Monuc












Visionnez un extrait du documentaire

Les Casques bleus

Longtemps leur nom a été synonyme de paix. On avait peut-être oublié que sous les casques symboliques, il y avait des hommes. Et que des hommes peuvent parfois dériver vers la barbarie.

C'est ce que dévoile un documentaire intitulé Le Déshonneur des Casques bleus.

La face cachée des missions de paix

Le film destiné à la télévision se penche sur le côté sombre de la présence des soldats de l'ONU dans les missions de paix.

La réalisatrice Raymonde Provencher s'est rendue en République démocratique du Congo (RDC) pour recueillir des témoignages. 20 000 Casques bleus avaient été envoyés là-bas en 2000 pour éviter un bain de sang. Mais nombre d'entre eux se sont livrés à des agressions sexuelles, violant des milliers de femmes et de jeunes filles.

Ces soldats étaient, pour la plupart, sud-africains, marocains et indiens. Quelques Occidentaux, cependant, ont aussi été reconnus coupables.

D'un documentaire à un autre

La réalisatrice raconte en entrevue que lors du tournage du documentaire War Babies, en 2003, les femmes bosniaques ont attiré son attention sur le comportement des Casques bleus.

Après avoir fait sa recherche, elle a découvert qu'il y avait eu un crescendo. Au départ, des cas plus ou moins isolés, que les Nations unies, dit-elle, ont mis sous le tapis. Les agressions ont continué.

Raymonde Provencher n'hésite pas à parler de « dérapages énormes » qui ont atteint un sommet en RDC.

Le docteur Arnold Kambale parle de plus de 5000 viols de fillettes. « Moi, en tant que médecin et parent, ça me ronge le coeur. J'en ai marre », dit le médecin congolais.

Des victimes et encore des victimes

Mme Provencher ne cache pas qu'elle s'est posé la question de la crédibilité des témoins. « J'ai été assez fortunée pour travailler avec quelqu'un qui avait des [relations] dans une église pentecôtiste, là-bas. » Elle a donc pu rencontrer des victimes.

 
 

Ce n'est pas une, deux ou trois. Il y a en a beaucoup. — Raymonde Provencher, réalisatrice

 

Elle a même dû faire un choix parmi toutes les victimes qu'elle a rencontrées. La quantité de témoignages des victimes était importante pour la réalisatrice.

 
 

Une, ça peut être un mensonge; deux, on peut encore   douter. Mais cinq, puis dix, tu commences à dire: « Il y a quelque chose   qui ne tourne pas rond ». J'avoue que j'ai été très choquée. — Raymonde Provencher, réalisatrice

Selon le Dr Kambale, les Congolais pensaient que les Casques bleus apportaient du secours. Mais il affirme que, après avoir constaté leur comportement, ils remettent en cause les idées qu'ils se font des Nations unies.

Raymonde Provencher ne craint pas qu'on l'accuse de racisme parce qu'elle affirme dans son film que des contingents de Casques bleus, qu'elle refuse d'identifier pendant l'entrevue, se sont livrés à des crimes inadmissibles. Selon elle, ces contingents proviennent de pays:

  • qui ont de la difficulté avec      la démocratie;
  • qui ont de la difficulté avec      les droits de la personne;
  • qui n'ont pas eu la possibilité      de bien former les soldats.

Du même souffle, elle ajoute que, pendant tout le tournage, elle n'a jamais perdu de vue le comportement des militaires canadiens en Somalie.

Deux policières de Lévis en RDC

Une surprise attendait la réalisatrice en RDC. Elle a rencontré deux policières originaires de Lévis, au Québec, spécialistes des crimes à caractère sexuel. Les sergents-détectives Julie Filteau et Julie Plante faisaient partie de la première équipe d'enquêteurs envoyés en RDC par l'ONU. Elles n'ont pas eu la tâche facile, disent-elles.

Raymonde Provencher surenchérit en soulignant la complexité de la chose. « On arrive là-bas avec nos normes à nous. Sauf que, dans des pays où les gens savent à peine lire et écrire, ne connaissent pas très bien leur date de naissance, sont déplacés, sont très souvent des enfants, c'est extrêmement difficile. »

Tolérance zéro, héritage de Kofi Annan

Avec la tolérance zéro, mise en place par Kofi Annan avant son départ, Raymonde Provencher pense qu'il y a une possibilité de réaction assez rapide.

Elle rappelle que quelque 110 soldats sri-lankais viennent d'être rapatriés de Haïti pour agressions sexuelles.

« Je pense qu'on réagit, mais on n'agit pas ». Selon elle, il faut agir. Elle suggère que l'assemblée générale de l'ONU prenne des mesures disciplinaires sérieuses non seulement contre les soldats qui abusent de leur pouvoir, mais aussi contre leurs supérieurs.

 

Si le soldat dérape, le commandant doit être tenu   responsable et sévèrement puni. — Raymonde   Provencher, réalisatrice

Elle conclut en citant le cas de la prison d'Abou Ghraib, en Irak. Les soldats, dit-elle, ont été punis, mais les commandants sont à peine blâmés.

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Au Kivu, la barbarie à visage humain

© Le Figaro 20/11/2007 Au Kivu, région de l’est de la République démocratique du Congo perpétuellement en état de guerre, les femmes vivent une tragédie que l’ONU et les organisations humanitaires ont bien du mal à prendre en charge. Dès leur plus jeune âge,elles sont les cibles de bandes armées incontrôlables.

Le viol y est une pratique quasi «culturelle», selon l’expression d’un médecin étranger. Le Dr Christophe Kimonu semble avoir pris l’habitude de ne plus s’étonner de rien. L’homme n’est pas insensible. Mais trois ans de pratique à Heal Africa, un petit hôpital privé de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, ont donné à ce chirurgien-gynécologue une sinistre expérience de l’horreur. «Le viol est une chose très courante ici», explique-t-il d’une voix régulière. Des viols accompagnés d’une invraisemblable barbarie. «Le plus souvent, ce sont des agressions commises en groupe. Les victimes, atrocement abusées, en sortent détruites corporellement», ajoute-t-il en choisissant ses mots. En 2002, devant l’afflux des femmes violées, l’hôpital a ouvert un service chirurgical spécialisé Une unité qui, depuis, n’a cessé de grandir. Elle compte aujourd’hui plus de cinquante lits. «Nous recevons trois ou quatre nouveaux cas par jour, juste pour la ville de Goma», assure le praticien, qui dit ne pas comprendre les raisons de cette sauvagerie impossible à réprimer.

En 2006, Heal Africa a opéré 250 femmes. Cette année, les médecins s’attendent à intervenir sur plus de 500 patientes. Pour John Holmes, coordinateur des opérations d’urgence des Nations unies, «la prévalence et l’intensité des viols est au Kivu pire que n’importe où au monde». Selon l’ONU, près de 20.000 cas ont été enregistrés en 2006 dans le seul nord du Kivu. «Et on peut imaginer que ce chiffre ne couvre qu’une petite partie de la réalité. Au Congo démocratique, le viol est honteux, seules les victimes les plus durement touchées l’avouent, car elles ne peuvent faire autrement», insiste Augustin Augier, de Médecins sans frontières (MSF).

L’ONG a, pour une fois, fait la même analyse que l’ONU. Près de 75 % des cas de viols soignés par MSF dans le monde sont recensés dans cette région d’Afrique. «C’est dur à dire, mais le viol est presque devenu un phénomène culturel», déplore John Holmes. Le constat est d’autant plus inquiétant que la guerre qui a ravagé le pays pendant près de sept ans est officiellement terminée. L’année dernière, Joseph Kabila a remporté l’élection, étape qui a mis un terme à un lent et coûteux processus de transition. Mais, pas plus ce vote que les 17 000 Casques bleus toujours déployés dans le pays ne sont parvenus à calmer «l’épidémie» de viols. Au contraire.

Virginie Mumberé, l’administratrice de Heal Africa, a même noté, avec la paix relative qui règne sur Goma, l’émergence de nouvelles méthodes, plus sordides encore : «Alors qu’à la campagne les violeurs s’en prennent aux femmes, à Goma, on trouve de plus en plus d’enfants victimes. On a même reçu une petite de 3 ans mutilée.» La fillette, soignée, vient tout juste de quitter la clinique où, sous des moustiquaires jaunâtres, une trentaine de femmes attendent une opération, le regard bas. Dans le recoin d’une chambre, une jeune de 13 ans, martyrisée deux jours auparavant avec un épi de maïs, souffre en silence. Elle sera vite prise en charge. Une chance, car pour la plupart des victimes, celles qui vivent dans des lieux trop reculés, il faut subir la honte, l’opprobre du village, la solitude, avant d’être peut-être soigné, quand il n’est pas trop tard. Le mariage n’est même pas une protection contre les agresseurs.

Ces épreuves successives ont brisé Victorine. La vie de cette femme au corps d’enfant, aux gestes lents, s’est arrêtée il y a cinq ans. Elle raconte son histoire d’une traite, le regard fixe. Elle avait 15 ans. «Six soldats sont entrés à la maison. Ils ont tué mon père. Ils m’ont emmenée et ils m’ont tourné dessus pendant toute la journée. Après ils m’ont ouverte avec un couteau», déclare-t-elle. Laissée pour morte, elle parviendra à se traîner jusqu’à un village. Marquée pour toujours, Victorine a dû, malgré sa bonne volonté, quitter les bancs de l’école, s’éloigner de ses amies, glissant lentement aux marges de sa communauté. Ses tentatives pour regagner sa place, trouver un mari, seront autant d’échecs : «J’ai eu des amis mais, chaque fois que je tombais enceinte, ils partaient en disant qu’ils ne pouvaient pas rester avec moi et ma maladie.» Elle vivait seule avec ses deux enfants quand une ONG locale lui a proposé de l’aide.

La tragédie de Victorine est presque banale. Mme Espérance, une conseillère qui reçoit les victimes, a entendu des centaines de fois depuis 1994 ce genre d’histoires. L’ultraviolence a gagné le Kivu cette année-là, dans les pas des génocidaires rwandais en débandade. Au fil du temps, les méthodes sans nom des miliciens hutus ont gagné tous les clans. «Il existe ici une impunité presque totale et, en dépit de ce qu’affirme le gouvernement, aucun état de droit. Cela n’a fait qu’accroître la généralisation du sentiment de pouvoir absolu chez les gens en armes», souligne un membre d’une ONG.

Un rapport de Human Rights Watch (HRW), publié début novembre, dénonce les crimes «épouvantables» perpétrés dans la région contre les civils. «Les tentatives de résolution du conflit n’ont pas encore apporté de soulagement aux populations locales», affirme Anneke Van Woudenberg, de HRW. Alors qu’une nouvelle insurrection, dirigée par un général renégat tutsi, Laurent Nkunda, contre les troupes loyalistes embrase une fois encore le Kivu, les observateurs s’inquiètent. Les invraisemblables tortures infligées aux Congolaises sont, à leurs yeux, avant tout, le signe que les haines vicieuses qui étouffent le pays sont loin d’être éteintes. Tanguy Berthemet, envoyé spécial en République démocratique du Congo

19/11/2007 © Copyright Le Figaro

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Adresse de Kabila à la nation : Aucun bilan mais toujours beaucoup de promesses

Kabila_un_an© Le Révélateur | La une| vendredi 07 décembre 2007 à 00:00:02

Joseph Kabila s’est refusé de dresser un bilan car, dit-il, une année c’est à la fois peu et beaucoup. Peu, au regard de l’immensité du territoire mais beaucoup par rapport au mandat, s’est-il justifié. ‘‘Mieux qu’il y a un an et beaucoup mieux qu’il y a 15 ans’’, tel est l’état de la Nation aujourd’hui, selon la lecture qu’en a fait le président de la République s’aOutilsdressant jeudi 6 décembre à la Nation devant le Parlement réuni en Congrès, à l’occasion de l’an un de son mandat.

Dans un discours de près d’une heure axé sur la sécurité et la situation à l’Est, Joseph Kabila n’a pas manqué d’épingler l’Economie et la situation de la Justice et des Droits de l’Homme, qu’il a reconnue catastrophique.

Kabila qui a soigneusement évité d’établir un bilan, a tout de même relevé quelques points positifs qu’il tient à mettre à l’actif de son gouvernement. Parmi lesquels, les deux nouveaux hôpitaux inaugurés cette année dans

la partie Est

de Kinshasa. Le premier est l’œuvre de la star congolaise du NBA, Jean-Jacques Mutombo Dikembe et le second est le fruit de la Coopération chinoise et qui date de

la Transition.

Qu

’à cela ne tienne, pour une ville de 8 millions d’habitants, ces deux structures représentent une goutte d’eau dans

la mer. En

plus, on ne se souvient pas avoir entendu dans l’énumération, faite par la Star de la NBA lors de l’inauguration de l’Hôpital Biamba Marie Mutombo, que le gouvernement congolais faisait partie des actionnaires de cette formation médicale. Bien que le ministre de la santé ait eu à citer cet Hôpital, qui a coûté USD 30 millions à son initiateur, parmi les réalisations des cinq chantiers du Chef de l’Etat.

Quant à la situation de la Nation, le président a évoqué la pacification du pays. Seulement, deux des 145 territoires que compte la RDC demeurent dans les conflits. Et, une décennie d’affilée, le nombre de réfugiés internes n’a cessé d’augmenter. Aujourd’hui, près d’un million s’entassent dans les camps de fortune.

Dans les 143 autres territoires, c’est

la misère. Personne

ne peut dire aujourd’hui percevoir ne fut-ce que le bout du tunnel. Que représente l’augmentation des salaires des enseignants évoquée (USD 70 à payer début 2008 au moins gradé), puisqu’il faut tenir compte de l’inflation, de l’augmentation du nombre d’enseignants et des détournements des fonds organisés au niveau du ministère de l’Enseignement primaire et secondaire et des inspections ?

Qui parmi les congolais vivant dans les 143 territoires pacifiés de Kabila peut affirmer avec lui que le Congo va mieux qu’il y a un an et beaucoup mieux qu’il y a 15 ans ? Y avait-il autant de déplacés de guerre il y a 15 ans qu’aujourd’hui ? Autant de femmes violées qu’aujourd’hui ? Autant d’hommes, de femmes et de jeunes frappés par la famine qu’aujourd’hui ? Un tel flux de personnes marchant le long des trottoirs faute de moyen de transport ? Etc.

Une occasion manquée

Le président de la République a promis de réformer en toute priorité la Justice du pays, gangrenée par le favoritisme, la concussion et

la corruption. En

plus, il n’existe aucune sécurité judiciaire et juridique pour les affaires, a-t-il réaffirmé, maintenant que le pays doit s’ouvrir aux capitaux étrangers pour sa reconstruction et pour soutenir les 5 chantiers du gouvernement. Ainsi, concernant notre arsenal juridique, le fonctionnement de la Justice, ‘‘sans réformes urgentes et courageuses dans ce secteur, tous nos autres efforts sont vains et sans lendemain’’, a-t-il annoncé. Il vise de parvenir à l’indépendance et au bon traitement des magistrats en sorte que ‘‘les décisions de justice deviennent justes ’’.

Seulement, en reconnaissant la défaillance de cette justice, Joseph Kabila approuve également toutes les critiques formulées par l’Opposition sur le sérieux et l’équité de l’appareil judiciaire de notre pays. C’est cette Justice qui traque le sénateur Jean-Pierre Bemba et le maintient en exil forcé. La déclaration du chef de l’Etat, en tant que magistrat suprême, consacre la nullité de la démarche du parquet contre le sénateur Bemba. Ainsi, pour appuyer sa promesse de réformer en profondeur le secteur de la Justice, Joseph Kabila aurait saisit l’occasion pour réconcilier les Congolais avec eux-mêmes en répondant aux attentes des Congolais sur la situation de son challenger à la présidentielle 2006 avec qui il n’avait pas de problèmes mais que son retour au pays dépendait de

la Justice.

Kabila

a tout de même été gratifié par un standing ovation soutenu par des encore, naturellement de l’Opposition politique lorsqu’il a balayé la proposition de sa famille politique de modifier la Constitution. ‘‘Je ne peux en finir avec les réformes juridiques sans nous mettre tous en garde contre la tentation de vouloir régler tout dysfonctionnement éventuel des institutions par une révision constitutionnelle’’, a-t-il déclaré. ‘‘En principe, la loi fondamentale d’un pays ne devrait être modifiée qu’en cas d’extrême nécessité et uniquement dans l’intérêt supérieur de la Nation’’, a-t-il expliqué. Les observateurs ont apprécié le geste du président qui refuse d’agrandir son cercle d’action, bien qu’ayant une majorité ayant accepté aveuglement de modifier la Constitution.

La sécurité, impératif et urgence

‘‘Vu où nous en étions il y a à peine un an, je me réjouis cependant de pouvoir rapporter ce jour que la pacification du pays est aujourd’hui acquise sur la quasi-totalité du territoire national’’, a déclaré le président de la République, fort d’avoir fait sauter le verrou de Mushaki, qui ouvre la voie vers Kitchanga. Kabila a brossé la souffrance de ‘‘nos frères et sœurs du Nord et du Sud-Kivu (qui) ont trop souffert, victimes de viols, vols, assassinats et exactions diverses’’ de la part d’un ‘‘général déchu’’ et ‘‘des éléments résiduels des groupes armés incontrôlés, nationaux et étrangers’’.

Kabila s’est montré formel et déterminé, galvanisé par la perspective de vite en finir avec Nkundabatware. ‘‘Nous devons impérativement et urgemment mettre fin à ces souffrances. Ce sera bientôt chose faite, quoiqu’il en coûte’’, a-t-il promis, tout en félicitant notre ‘‘jeune armée’’ pour sa bravoure car ‘‘dans des conditions extrêmement difficiles, elles accomplissent honorablement leur mission’’. Reconnaissant les travers fort regrettables de certains de ses éléments incontrôlés, Joseph Kabila a eu le courage de présenter des excuses du gouvernement. ‘‘La justice militaire a été instruite de les identifier et de les punir sévèrement’’.

Obligation de résultat

‘‘Pour la première fois dans notre histoire, le peuple congolais pourra enfin voir à quoi aura servi son cobalt, nickel ou cuivre’’, a promis Joseph Kabila qui sait que la population souffre des effets pervers de la mauvaise gouvernance qui s’est installée au pays.

Le président de la République a défendu ses 5 chantiers, ce qui n’est, selon lui, ‘‘ni un slogan, ni une utopie. C’est un projet, mieux, c’est un contrat passé avec le peuple’’, a-t-il défini. Le chef de l’Etat compte sur des capitaux frais chinois en échange des matières premières dont la Chine exprime sa boulimie. Sans doute, c’est la raison pour laquelle son adresse a ressemblé à un vaste discours qu’aurait fait un candidat lors d’une campagne électorale devant des électeurs ayant perdu tout espoir et tout goût à la vie.

Comme dans son discours d’investiture d’il y a une année, Kabila est revenu sur une catalogue de promesses sans que rien ne se fasse concrètement. Conscient de cet état de chose, Kabila rassure : ‘‘Nous avons une obligation de résultat et il nous faut trouver des ressources financières pour matérialiser les chantiers sur terrains’’.

 L’opposition exprime son scepticisme

Le président de la Commission politique et juridique de l’Assemble nationale, le MLC Delly Sessanga pense que ce discours ‘‘est un discours rituel auquel nous devons nous habituer’’. Pour lui, les projets n’ont pas encore démarré et ‘‘le gouvernement n’arrive pas à animer la vision que vend le président de

la République. Et

c’est un problème.’’ Quant à la question de la Révision de la Constitution, Sessanga pense que le président a eu une position d’homme d’Etat. ‘‘Il a été au dessus de la mêlée, a suivi les débats, a compris les préoccupations qui étaient celles de l’opposition… S’il devait maintenir cette position, ce sera une première dans l’histoire et il aidera beaucoup les générations à venir’’, a indiqué Sessanga qui a qualifié le discours de responsable.

Et le secrétaire général du MLC de renchérir : ‘‘Nous avons remarqué que le chef de l’Etat a une vision pour le pays, il a donné des indications mais force est de constater qu’en ce qui concerne l’année 2007, il n’y a pas eu l’instrument indispensable à la mise en œuvre de toutes ces idées’’. Pour François Mwamba donc, le problème, ce n’est pas le chef de l’Etat. ‘‘Le problème c’est que lorsque le chef de l’Etat indique la voie, il faut un vrai chef de gouvernement qui prenne tout cela à bras le corps et le traduire dans les faits. Ça nous a manqué’’, a déploré le député de Kabeya Kamwanga. Mais François Mwamba affirme avoir trouvé le président beaucoup plus à l’aise ‘‘lorsqu’il a fallu faire de nouvelles promesses, dire ce qui va se passer, au sujet des routes à construire, des hôpitaux, mais c’était les mêmes promesses il y a une année et il n’y a pas eu de gouvernement pour le faire’’. ‘‘D’où viendra le miracle pour que ce qu’on nous dit aujourd’hui en terme de promesse puisse se faire’’, s’est-il interrogé. ‘‘D’où notre scepticisme’’, a-t-il conclu.

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"La Libre Belgique" est en mesure de révéler ce que contient le protocole d'accord sino-congolais

china_congoCe que dit le mégacontrat chinois
Marie-France Cros
Mis en ligne le 07/12/2007

Les ressources minières congolaises serviront à payer la construction par la Chine d'infrastructures au Congo.
Validité : 30 ans.

Alors que les pays industrialisés s'inquiètent de l'implantation chinoise grandissante en Afrique, le Premier ministre du Congo, Antoine Gizenga, a évoqué, samedi dernier à Kinshasa, les possibilités de redressement du pays, offertes par "la coopération financière avec la Chine".

Celle-ci, selon un accord-cadre, doit reposer sur la prise en compte des intérêts réciproques des deux parties, le transfert de technologie, la création d'emplois, la sous-traitance de travaux en faveur d'entreprises congolaises, a précisé le Premier ministre congolais.

Un protocole d'accord a été signé, le 17 septembre 2007, entre les deux pays, a annoncé M. Gizenga, tenant compte des besoins en infrastructures du Congo et de la nécessité pour les entreprises chinoises "de garantir leur approvisionnement en métaux de base".

Un vent favorable a livré à "

La Libre Belgique

" ce protocole.

Le texte a été signé à Kinshasa par le ministre congolais des Infrastructures, des Travaux publics et de la Reconstruction, Pierre Lumbi, et par le représentant d'un groupement d'entreprises chinoises, Li Changjin. Ces entreprises sont l'Exim Bank of China,

la China Railway Engineering

Corp. (dont M. Li Changjin est le pdg) et

la Sinohydro Corp.

68 pc chinois, 32 pc congolais

Le protocole porte sur le financement, par la partie chinoise, d'infrastructures au Congo, "en contrepartie de l'exploitation des ressources naturelles" congolaises, et cela pour "trente ans".

L'accord établit la création d'une société minière mixte de droit congolais, en joint-venture entre ces sociétés chinoises et des sociétés congolaises qui seront "désignées par le gouvernement"; 68 pc des parts seront chinoises, 32 pc congolaises.

En annexe, il est spécifié que la partie chinoise attend 8 millions de tonnes de cuivre, 200 000 tonnes de cobalt et 372 tonnes d'or; les gisements cités (encore "à trouver" pour l'or) sont les cuvettes Mashamba et Dima, le synclinal Dik colline D, et Kolwezi.

En échange, les Chinois construiront 12 routes, 3 autoroutes, une ligne de chemin de fer, 32 hôpitaux, 145 centres de santé, 2 universités et 5 000 logements sociaux.

D'abord rembourser

La répartition du résultat d'exploitation de la nouvelle société se fera "en trois étapes". Durant la première, la "totalité du résultat d'exploitation servira au remboursement et à l'amortissement de l'investissement minier", y compris les intérêts.

Durant la seconde étape, "66 pc du bénéfice net du résultat d'exploitation de la société de joint-venture sera utilisé pour le paiement et le remboursement des travaux d'infrastructures", dont le montant "total" sera de "trois milliards de dollars" (1), les 34 pc restants étant "distribués proportionnellement entre parties".

Répartition proportionnelle

Enfin, la troisième étape, celle de l'exploitation commerciale, n'adviendra qu'"après le remboursement et l'amortissement de la totalité des investissements"; elle donnera lieu à une répartition du dividende proportionnelle à la participation, soit 68 pc pour les Chinois, 32 pc pour les Congolais.

La partie chinoise sera exemptée des frais, paiements, droits, impôts et taxes liés à ses activités minières et sera libre de choisir ses matériel, équipement, technologie et services, et d'embaucher, "à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, le personnel qualifié conformément à la législation congolaise en la matière".

(1) A titre de comparaison, les bailleurs de fonds du Congo, réunis la semaine dernière à Paris, ont annoncé un total de 4 milliards de dollars d'appui à Kinshasa pour 3 ans. Et le budget de l'Etat congolais pour 2008 est de 3,3 milliards de dollars.

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Goma : face à l'insécurité, la population patrouille

nord_kivu_zoomLa reprise de la guerre au Nord-Kivu a provoqué une recrudescence de l'insécurité dans la ville de Goma, paralysant certaines activités

Confrontée à une multiplication des meurtres, pillages et cambriolages, la population s'organise en patrouilles pour assurer sa propre sécurité.

Devant nous, à l'entrée de l'Office des routes de Goma, dans le quartier Mabanga Sud, non loin de la route de Sake, des jeunes gens contrôlent une barrière, une simple corde reliant les deux côtés de

la route. Torches

en main, habillés de vestes pour se protéger contre le froid, et des sifflets autour du cou, ils ont l'air calme, mais déterminé à ne laisser passer personne sans fouille et identification.

Nous sommes obligés de nous arrêter. Le chef d'équipe, un grand jeune homme s'approche de notre moto et, poliment, nous demande de respecter la norme : présenter sa carte d'électeur, qui sert de carte d'identité provisoire. Entre-temps, un second patrouilleur passe à la fouille corporelle. "C'est pour identifier les bandits qui nous agacent toute la nuit que nous demandons à tout passant de s'identifier et d'accepter d'être fouillé", explique Patrick, l'un des responsables à cette barrière.

Désormais, c'est la règle : plus personne ne doit se promener la nuit à Goma, capitale du Nord-Kivu, sans sa carte d'identité. Depuis quelques semaines, les autorités politico-militaires ont donné l'ordre à ces patrouilleurs d'assurer la sécurité dans leurs quartiers respectifs.

L'identification s'impose

D'ailleurs, à une centaine de mètres de là, voici un autre point de contrôle. À nouveau, les mêmes opérations. Dans l'autre sens, une maman et un garçon attendent. Ils ne sont pas autorisés à franchir la barrière. "Ils n'ont pas de carte et sont donc difficiles à identifier", raconte l'un des patrouilleurs. Heureusement, l'un de ceux-ci reconnaît en eux ses voisins, ce qui leur permet de passer.

Sur une distance de

500 m

, nous rencontrerons ainsi quatre contrôles. Dans ce quartier de Mabanga Sud comme dans les 18 autres de la ville de Goma, la population a installé des barrières, surtout là où les bandits avaient l'habitude de commettre leurs forfaits. Au quartier Nyabushongo tout comme à Ndosho, Katoyi et Majengo, les moins sécurisés, à la périphérie de la ville, chaque carrefour est sous surveillance. Même les militaires et les policiers en tenue s'y arrêtent avant d'être autorisés à franchir la barrière ; s'ils sont en civil, ils doivent présenter leurs cartes de service.

La prise en charge de la sécurité par la population – une mission en principe dévolue à l'État – se fait à la satisfaction de tous. Même les militaires s'en réjouissent. "Votre initiative reste louable et mérite des encouragements surtout en cette période où notre ville et la province du Nord-Kivu sont en proie à une insécurité grandissante", lance aux patrouilleurs un officier supérieur des FARDC, tout en les exhortant à plus de sérieux et de discipline dans leurs activités. Quant à la population, elle a même plus confiance en une surveillance assurée par les siens que par certains policiers, parfois liés aux voleurs.

Une structuration s'impose

Ce recours aux patrouilles civiles est une réponse à l'insécurité qui s'est accrue depuis quelques mois à Goma en raison des conflits au Nord-Kivu. Le soir, après 19 h, certains tronçons sont désertés par les taxis et les minibus. Du coup, des propriétaires de camions s'improvisent taximen.
Cependant, l'organisation de patrouilles est loin d'être parfaite. Dans chaque avenue, la population s'organise à sa manière. Mais partout, quand les patrouilleurs, qui ne sont pas armés, repèrent un danger, ils sifflent pour faire appel à

la police. C'est

elle qui intervient alors. Parfois, des bagarres éclatent, et là aussi, c'est la police ou l'armée qui s'interposent. "Nous avons des policiers prêts à intervenir à chaque coup de sifflet, explique un lieutenant responsable du Commissariat de la Police au quartier Mabanga Sud. Et à certains moments, nos hommes font des rondes de quartier avec les patrouilleurs." Pas question, en effet, de voir ces patrouilles devenir des polices privées. "Il faudrait que l'État reprenne en charge sa mission de sécuriser les personnes et leurs biens ou, au moins, qu'il structure bien ces groupes enfin d'éviter qu'ils s'érigent en milice", estime d'ailleurs Masiala Mulahuko, avocat et activiste des droits de l'Homme.

La population encourage les patrouilles, en y envoyant ses jeunes hommes. D'autres, moins nombreux cependant, leur apportent, en guise de dédommagement, qui de l'argent, qui du sucre, qui des piles ou d'autres biens. Et le résultat est là : la situation se stabilise rapidement dans les quartiers. Les vols, assassinats et pillages, innombrables, deviennent de plus en plus rares.

 

© Patient Ndoole  | 06-12-2007 

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Pourquoi un conseiller de Kanambe vient-il de séjourner à Londres ?

Londres, le 30 Novembre 2007

Muzong_mkodiUne tension très vive règne en ce moment au sein de la résistance congolaise à Londres. La raison en est le passage éclair dans cette ville il y a quelques jours de Me Gabriel Banza, conseiller de l’imposteur Kanambe. Mais plus grave encore est la nature du colis avec lequel il a atterri à l’aéroport de N’djili. Et ce curieux bagage n’est autre que le Dr. Muzong Kodi (photo ci-contre).

Les résistants et combattants se posent mille et une question sur l’importance que revêt ce mystérieux individu au point que Kanambe prenne le risque de dépêcher un de ses conseillers le chercher à Londres. Faisant allusion au risque encouru, nous n’allons pas revenir ici sur la nature de traitements réservés en général aux kanambistes par nos compatriotes de Londres. L’ex-directeur du bureau de Kanambe a sûrement un dossier fourni là-dessus. Si Kanambe porte un intérêt particulier sur Muzong, c’est puisque ce monsieur est son homme de paille auprès du milieu d’affaire britannique.

Muzong cherche à restaurer l’image ternie de l’imposteur à Londres. Il utilise pour se faire sa qualité de chercheur dans l’institution britannique Chatham House. Il fait le lobbying de Kanambe grâce à l’organisation qu’il a montée et qui s’appelle ‘Britain Congo Forum’.

Comme par hasard, cette organisation se trouve être financée par des entreprises britanniques fortement impliquées dans le pillage des richesses du Congo telles que BHP Billinton, Anglo-American Corporation, De Beers et autre Mwana Africa. Chose curieuse, Dr Muzong n’est pas connu dans la communauté congolaise de UK. Et pour parer à cette insuffisance il a fait recours à son frère (dans le sens tribal du terme) Ackis Kituba. Ce dernier fut le leader de la communauté jusqu’au 30 juin 2006.

Il s’était arrangé pour que Muzong soit l’homme vedette de la journée d’indépendance en faisant de lui l’orateur principal des événements. C’était aussi l’occasion pour le duo de tenter de légitimer l’imposteur Kanambe à Londres en plaçant sa photo sur l’affiche publicitaire du 30 Juin. Malheureusement pour eux, les vaillants résistants avaient vite compris leur jeu. C’est ainsi qu’Ackis Kituba fut sauvé par l’intervention rapide de la police. La célébration et la légitimation de Kanambe n’eurent pas lieu ; et l’inauguration baptismale de Muzong échoua.

Le voyage de Muzong à Kinshasa confirme une fois de plus l’exactitude de la vision du combat mené par nos compatriotes de Londres. Il est toutefois surprenant et insolite de constater que ce passage de Banza ait été précédé par une tentative de résurrection d’Ackis et ses acolytes. Est-ce une simple coïncidence ? L’avenir nous en dira d’avantage…  Il existe néanmoins une sagesse populaire qui déclare : « mentez, mentez….mais il en restera toujours quelque chose ». Il est temps que les collabos de Londres se rendent à l’évidence !

© BABUNDELI MBOKA
RESISTANCE CONGOLAISE

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Les événements de Kinshasa de mars 2007 et leurs retombées

 TABLE DES MATIERES

  1. RESUME EXECUTIF 

  2. METHODOLOGIE ET DIFFICULTES RENCONTREES

  3. CONTEXTE ET SURVOL DES EVENEMENTS

3.1. Contexte

3.2 Composition, armement et structure de commandement des belligérants

3.3 Combats dans la Commune de Gombe les 22 et 23 mars

3.4 Déplacement des hostilités vers les communes de Barumbu et de Limete à partir du 23 mars et description des opérations visant à ceinturer les zones de combat et l’organisation des recherches à la suite des événements. 

3.5 Combats à Maluku le 23 mars.

4.0 VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME COMMISES DURANT ET APRES LES AFFRONTEMENTS ARMES.

4.1. L’usage illégitime de la force

4.2 Exécutions sommaires

4.2.1 Commune de la Gombe

4.2.2 Communes de Limete et de Barumbu

4.2.3 Camps militaires et autres endroits

4.3. Pillages et destructions de biens privés

4.4. Arrestations arbitraires massives, détentions illégales, traitements cruels, inhumains et dégradants infligés aux personnes détenues.

4.5. Viols et violences sexuelles

5.0 INTIMIDATIONS ET HARCELEMENTS DANS LE CHEF DES FORCES DE SECURITE A LA SUITE DES EVENEMENTS ;

5.1 Membres de l’opposition politique

5.2 Journalistes et organisations médiatiques

5.3 Equatoriens, personnes et institutions perçus comme étant favorables à Bemba

6.0 CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

6.1 Conclusions principales

6.2 Recommandations

ANNEXE I – Chronologie des réactions aux événements de Kinshasa et autres développements à la suite des événements

ANNEXE II

ENQUETE SPECIALE SUR LES EVENEMENTS DE KINSHASA DE MARS 2007 ET LEURS RETOMBEES

Carte











CONSTATATIONS PRELIMINAIRES

  1. Résumé exécutif retour 

1. A la suite des confrontations armées à Kinshasa entre les forces gouvernementales de la RDC et l’unité de sécurité personnelle du Vice-président Jean-Pierre Bemba les 22 et 23 mars 2007, la MONUC a mis sur pied une équipe multidisciplinaire chargée d’une enquête spéciale sur ces incidents. L’Equipe en a conclu que quelque 300 personnes avaient perdu la vie durant et après les hostilités. Le nombre exact de victimes, qui pourrait être beaucoup plus élevé, fut cependant difficile à évaluer, en grande partie en raison du manque de coopération des autorités tout au long de l’enquête. La situation sécuritaire qui prévalait, l’échelle et la complexité des incidents ont aussi rendu difficile, sinon impossible, la vérification de certains incidents et de certaines accusations.

2. La violence a éclaté lorsqu’une confrontation tendue entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et la garde personnelle de Jean-Pierre Bemba (DPP : Département de la Protection Présidentielle) (1) a dégénéré en affrontement armé dans le centre de Kinshasa. Le 6 mars 2007, le Général Kisempia, Commandant (2) des FARDC, émit un ordre enjoignant l’ensemble du personnel militaire assurant la sécurité des anciens vice-présidents, entre autres, de se présenter au Camp Kokolo, à Kinshasa, pour le 15 mars, avec armes et bagages afin d’être enregistrés ou redéployés (3) au sein des forces armées régulières. Bemba refusa cependant de suivre cet ordre, et le DPP demeura donc retranché derrière les enceintes des camps de Bemba de la commune de la Gombe, au cœur de Kinshasa. Les FARDC et le DPP ont failli engager le combat dans ce secteur à trois reprises au moins entre les 19 et 21 mars. Cependant, le 22 mars, les véritables combats éclatèrent. Des armes lourdes comme des mortiers et des missiles lance-grenades (RPG) furent utilisés par les deux camps, les forces gouvernementales déployant alors des chars qui ouvrirent le feu au canon sur leurs cibles. Les hostilités demeurèrent initialement limitées à la Gombe, à l’exception d’une attaque contre le Camp de Bemba et sa résidence à Makulu (4), qui survint le matin du 23 mars. A la même date dans la ville de Kinshasa, les combats se déplacèrent progressivement vers d’autres secteurs dans les Communes de Limete et de Barumbu, alors que le DPP se dirigea dans ces directions, poursuivi par les Forces Gouvernementales. Les opérations militaires se poursuivirent au sud de Ndolo et de Kingabwa jusqu’au 25 mars. La semaine suivante, la Police, les Services de Renseignements et l’Armée effectuèrent des opérations afin de ceinturer les zones et d’effectuer des recherches dans plusieurs secteurs de la ville dans le but d’arrêter des soldats du DPP, de trouver des armes, des munitions et de l’équipement militaire que le DPP était soupçonné d’y avoir cachés.

3. L’Equipe (5) a établi que de graves violations des droits de l’homme furent commises durant et après les violences. L’Equipe a documenté des incidents impliquant l’usage disproportionné, extrême ou sans discrimination de la force survenus tout au long des opérations militaires menées par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et la Garde Républicaine (GR). Des armes lourdes furent utilisées par les deux camps, tant dans le centre ville que…

  1. Département de la Protection Présidentielle. Cette unité ne doit pas être confondue avec la Garde Républicaine (voir ci-dessous) qui est elle responsable de la sécurité du Président Kabila.

  2. Chef d’Etat-major 

  3. Le communiqué fait référence à «l’enregistrement et prise en force» de ces soldats.

  4. Camp militaire situé à environ 80 km au nord-est de Kinshasa.

  5. Conduite par la Division des Droits de l’Homme de la MONUC et composée de personnel de la Division des Droits de l’Homme des nations Unies, de la Protection de l’Enfance de la MONUC et d’UNPOL, avec la contribution de la JMAC.JOC, des militaires de la MONUC et des hommes de la Division des Affaires Politiques (PAD).

dans des quartiers résidentiels à forte densité de population où aucun objectif militaire n’était à même de justifier les moyens ou le degré de force utilisés et où la vie des populations civiles n’a fait l’objet d’aucune espèce de considération. Au moins 40 civiles et soldats du DPP en reddition, auraient ainsi été les victimes d’exécutions sommaires, principalement perpétrées par la GP, durant ou à la suite de ces opérations. Des informations indiquant l’existence de fosses communes et la présence de corps de victimes non-identifiées (civiles et militaires) repêchés dans le Fleuve Congo (certaines étant ligotées et ayant les yeux bandés) attestent du fait que le nombre d’exécutions sommaires commises a été sensiblement plus élevé durant et après ces événements.

4. Plus de 200 personnes ont été arrêtées par des soldats des FARDC, par la GR, la Police d’Intervention Rapide (6), les Services Spéciaux de Renseignements de la Police (7), mais aussi par les Services de Renseignements Militaires et Civils (8), durant et après les combats, sans respecter les procédures légales et le plus souvent parce que la personne arrêtée était tout simplement originaire de la province de l’Equateur. Un nombre important de victimes a subi des traitements cruels, inhumains et dégradants au cours de leur détention.

5. De très nombreux actes de pillages ont été constatés, commis d’abord par le DPP et ensuite par les soldats des FARDC et de la GR. Le centre de Kinshasa a été le secteur le plus touché.

6. Un climat de peur a été créé à la suite des événements avec le harcèlement de membres de l’opposition et de personnes soupçonnées ou perçues comme étant affiliées à celle-ci (comme des journalistes travaillant pour des stations de radio ou de télévision pro-Bemba), qui ont été menacés ou intimidés par les services de sécurité de l’Etat. La situation politique et sécuritaire qui s’en est suivie à Kinshasa atteint son paroxysme avec le retrait des trois groupes parlementaires de l’opposition de l’Assemblée Nationale, en signe de protestation, du 13 au 25 avril.

7. Bien que le Président Kabila ait donné une conférence de presse à propos des événements le 26 mars, il y eut fort peu de réactions officielles par la suite : aucun bilan officiel du nombre de victimes n’a été communiqué et aucune explication précise n’a été fournie au public quant à l’origine des combats. L’ouverture d’une enquête par le Procureur Général (9) dans le but d’ouvrir des poursuites contre Jean-Pierre Bemba fut la seule action judiciaire remarquable prise à la suite des événements. Aucune enquête, aucune poursuite n’a été engagée contre la GR, les FARDC ou des éléments de la Police soupçonnés d’avoir commis des violations graves des droits de l’homme au cours des événements. L’Auditeur Général militaire (10) a cependant réuni une Commission chargée d’étudier la légalité de la détention de centaines de personnes à la prison centrale de Kinshasa. RESULTAT ??? 

  1. Méthodologie et difficultés rencontrées retour 

8. L’Equipe d’Enquêteurs a été composée tout de suite après les événements du 24 mars et s’est livrée à des vérifications et à des recherches à Kinshasa et dans les environs durant tout le mois d’avril et les deux premières semaines de mai. L’Equipe a inspecté plusieurs sites de détention, y compris le Camp Tshatshi (camp militaire de la Garde Républicaine, accès restreint), le Camp Lufungula (camp de la police dans le district de Lukunga) l’Etat-major des Renseignements Militaires (11) (accès restreint), l’IPKin (Etat-major de la police provinciale), Kin-Mazière (Services Spéciaux de Renseignements de la Police) et la Prison Centrale de Kinshasa (CPRK) (12). L’Equipe a aussi visité des hôpitaux et des installations médicales et dispensaires, des cimetières et différents secteurs de Kinshasa touchés par les événements, en particulier ceux autour de Ndolo. L’Equipe a interrogé plus de 200 personnes y compris….

  1. PIR : Police d’Intervention Rapide

  2. SSRP : Services Spéciaux de Renseignements de la Police

  3. Respectivement l’ex-DEMIAP et l’ex-ANR

  4. Le Procureur Général, dans une lettre adressée au Président du Sénat, datée du 10 avril 2007 (mais publiée le 12 avril), demandait l’autorisation d’enquêter sur le Sénateur Jean-Pierre Bemba, en tant que «responsable intellectuel des actes criminels commis par les soldats de sa garde personnelle.» Ces actes comprennent : violation de la sécurité nationale, meurtre, vol à main armée, pillage, incitation aux soldats pour qu’ils commettent des actes contraires à leur devoir, agression et destruction de biens. Dans une lettre datée du 19 avril, il informait le SRSG de ce que «une enquête est en cours… concernant les affrontements armés qui ont opposé des soldats des FARDC à ceux de la garde personnelle du Sénateur Jean-Pierre Bemba, à Kinshasa, du 22 au 24 mars 2007.»

  5. Auditeur Général

  6. Etat-major des Renseignements militaires. Anciennement connu en tant que «DEMIAP.»

  7. Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa, ou «Makala.»

Ce qui suit est en fait la page 5 de la version anglaise

les autorités militaires, policières, des renseignements, des politiciens et des responsables administratifs ; des soldats des DPP, GR et FADRC ; des représentants de l’opposition, des membres des justices militaire et civile ; des autorités carcérales et des détenus ; des témoins et des victimes des deux camps ; des responsables des hôpitaux et des installations médicales ; des fossoyeurs ; des responsables d’ONG locales ; des journalistes. L’Equipe était dotée du matériel professionnel nécessaire pour mener des enquêtes sur les droits de l’homme : caméras vidéo, appareils photo digitaux et équipement de navigation GPS.

9. Il est opportun de rappeler maintenant que l’enquête de l’Equipe n’était ni judiciaire, ni criminelle, et n’empêche d’aucune manière les autorités congolaises de mener leurs propres investigations indépendantes à propos des accusations de crimes et de violations des droits de l’homme graves commis durant les événements dont il est ici question. Il faut se rappeler à cette fin que l’Equipe n’avait pas les pouvoirs de convoquer des témoins pour interrogatoire, de se livrer à des examens scientifiques ou à des autopsies, ordonner l’exhumation de corps ou d’obliger les autorités à l’autoriser à avoir accès partout dans l’intérêt de leur enquête. Les informations recueillies par l’Equipe doivent donc être considérées comme des preuves apparentes des actes criminels et des violations des droits de l’homme dont il est ici question. Dans le cadre de ce rapport, une accusation confirmée signifie qu’une preuve accablante a été trouvée pour appuyer les affirmations faisant l’objet de l’enquête. Une preuve accablante est celle qui soutient fortement une accusation particulière, y compris des témoins visuels et des témoignages corroboratifs, des preuves physiques (comme des sépultures anonymes récentes, des dégâts causés par des armes lourdes dans des endroits spécifiques et des lésions corporelles relevées sur les corps de victimes) et les preuves documentées (comme les registres des hôpitaux et des morgues).

 

10. La coopération de la part de toutes les autorités fut plus que réticente. L’Equipe a été accueillie avec hostilité et même de l’agressivité de la part de la GR en tentant d’effectuer des vérifications au Camp Tshatshi. L’Equipe ne fut autorisée à pénétrer des endroits clés comme les camps de Bemba, le Palais de Marbre, le GLM (13), et les installations militaires de la RG (par exemple le Camp CETA). Par exemple, en ce qui concerne les camps de Bemba (lesquels, selon plusieurs sources, ont été le théâtre de violations des droits de l’homme graves, y compris des exécutions sommaires), les membres de l’Equipe ont été priés de s’adresser à pas moins de huit responsables des services policiers ou militaires, et le Gouverneur de la Banque Centrale. Tous ont affirmé qu’ils n’étaient pas autorisés à permettre à l’Equipe d’inspecter les sites. Quand le Général Patience Yav (Commandant de la PIR) a finalement été approché à ce propos, il refusa d’emblée l’entrée des installations à l’Equipe. Interrogé sur les motivations de sa décision, le Général déclara, entre autres, que la République Démocratique du Congo n’était plus une colonie. Dans d’autres cas, seul un accès restreint (14) fut accordé (par exemple l’Etat-major des Renseignements militaires à Kitambo, le Camp Tshatshi). Des visites effectuées à l’improviste dans des endroits où des personnes étaient détenues se heurtèrent très souvent à un refus d’entrée, malgré le mandat très clair de la Division des Droits de l’Homme de la MONUC en la matière. En règle général, le personnel des hôpitaux, cliniques, dispensaires et les responsables des morgues ont refusé de partager avec l’Equipe leurs listes ou toute autre information concernant les personnes tuées ou blessées parce qu’ils avaient reçu pour instruction de ne pas le faire avec des personnes extérieures à leur organisation.

11. L’enquête a encore été rendue plus compliquée par le climat politique et sécuritaire qui régnait à la suite des événements (voir ci-dessus). Beaucoup de victimes et de témoins rechignaient à rencontrer l’Equipe, et ce en particulier au début de l’enquête. D’autres étaient disposés à parler aux enquêteurs mais craignaient pour leur sécurité personnelle et affirmaient qu’ils ne pouvaient rencontrer l’Equipe parce qu’ils se cachaient. De même, dans les hôpitaux et les centres médicaux ainsi que dans certains secteurs clés, les gens étaient mal à l’aise quand il s’agissait de rencontrer des membres de l’Equipe car ils étaient convaincus d’être sous la surveillance des services de renseignements. Ce fut le cas dans des endroits proches de ceux où des corps ont été découverts dans le fleuve Congo par des pêcheurs, de même que dans les cimetières où un grand nombre de cadavres ont été transportés dans des camions militaires immédiatement après les événements et enterrés dans des sépultures anonymes. L’Equipe a pu observer que ces cimetières étaient toujours surveillés de près par des soldats de la GR et des agents de l’ANR, pour un certain temps encore après les événements.

  1. GLM – Groupe Lito Mobutu : une agence de renseignements placée sous l’autorité directe du Président, et située à proximité de la résidence présidentielle.

  2. «Accès restreint» signifie que l’Equipe ne fut pas autorisée à circuler librement ou à interroger des personnes de manière confidentielle, ou que l’Equipe fut retardée avant de pouvoir pénétrer sur un site particulier.

Ceci est en fait la page 6 du texte anglais.

12. En définitive, en raison des considérations sécuritaires et du manque de temps, l’Equipe n’a pas été en mesure d’enquêter systématiquement dans tous les quartiers touchés par les événements, bien que des missions de vérification ad hoc ont été menées dans plusieurs de ces endroits. L’Equipe a entendu de nombreuses accusations de crimes et d’abus commis dans des quartiers comme Funa, Ofitra, Sokopao, Pakadjuma, Gemo-nord, Hôtel FIKIN (Commune de Limete), Mandrandela, Maman Zende, Yaounde, Kingabwa (Commune de Lemba), Bon Marché et Ndolo (Commune de Barumbu).

  1. Contexte et survol des événements retour 

    1. Contexte 

13. Durant la Transition, des membres du Gouvernement Transitoire furent autorisés à conserver une garde militaire personnelle plus ou moins réduite, constituée de membres de leurs anciennes factions militaires respectives (le Mouvement de Libération du Congo (MLC) dans le cas du Vice Président Jean-Pierre Bemba). Bien que ce personnel militaire fut, en théorie, membre des FARDC, il n’obéissait, de facto, directement qu’à leurs anciens maîtres de guerre. Durant la période englobant les premier et second tours des élections présidentielles, la situation était tendue à Kinshasa et le personnel de sécurité du Candidat Bemba et du Président Kabila s’est affronté l’arme à la main dans la ville du 20 au 22 août 2006. Le PNC et les FARDC ont aussi échangé des coups de feu avec le DPP dans la Gombe le 16 novembre 2006, et quelques jours après, le PNC a échangé des tirs avec le DPP près de la Cour Suprême le 21 novembre 2006.

14. La proclamation à la Magistrature Suprême du Président Kabila et l’installation d’un nouveau gouvernement impliquaient des changements portant sur la réorganisation de la sécurité des anciens membres du gouvernement. Bemba, devenu Sénateur, continua à maintenir des troupes à Kinshasa, dans sa résidence privée (Avenue du Fleuve, Gombe), et dans sa résidence officielle et son complexe de bureaux (Avenue de Justice, Gombe), ainsi qu’à Maluku (à 80 km au nord-est de Kinshasa), site de sa maison de campagne. Le 6 mars 2007, l’ordre fut donné par le Général Kisempia à tout personnel militaire assurant la sécurité, entre autres, des anciens vice présidents, de se présenter au Camp Kokolo, à Kinshasa, pour le 15 mars, avec leurs armes et équipements pour enregistrement ou pour leur enrôlement dans différentes unités des forces armées régulières. Bemba affirma que le fait de se plier à un tel ordre mettrait sa vie en danger, étant donné la pauvreté, selon lui, des remplacements offerts en échange du DPP (15) et de précédents attentats à sa vie dont il affirmait avoir été la cible. Son refus d’obliger ses troupes d’obéir à cet ordre et une accusation publique de haute trahison qu’il avait proférée à l’égard du Président Kabila ouvrit une phase de tensions accrues dans la capitale. Au centre de Kinshasa, à proximité des camps de Bemba, des soldats des FARDC et du DPP furent sur le point de s’affronter à trois reprises au moins entre les 19 et 21 mars.

    1. Composition, armement et structure de commandement des parties belligérantes retour 

15. La GR était la principale unité gouvernementale engagée dans les combats avec le DPP, mais l’Equipe ne fut pas en mesure de confirmer si elle était déployée dans la Gombe depuis le début, ou si elle intervint quelque temps après le retrait de la 7ème Brigade Intégrée (7ème BI) (16). Les soldats de la GR exerçaient d’ordinaire des missions de sécurité ou de gardes d’honneur à des endroits bien précis (Cimetière de la Gombe, au Beach ONATRA, les salons de la Présidence, le yacht présidentiel au chantier naval ONATRA, à la RTNC (17), avenue de l’Ouganda, au Palais de la Nation, etc.) dans la ville. Peut-être ont-ils participé aux combats avant l’arrivé du reste de la GR. L’ensemble de la force GR/FARDC a été estimée par la MONUC à trois bataillons (soit quelque 2.600 hommes), plus des chars et leurs équipages. Il n’y a eu aucune confirmation à propos des informations concernant la participation de troupes étrangères aux côtés des forces gouvernementales. Toutefois, plusieurs sources ont évoqué la présence et la participation de troupes angolaises lors des combats (18). Les forces gouvernementales étaient ….

  1. Le DPP devait être remplacé par une unité de sécurité tournante de 12 membres de la PNC.

  2. Lire l’alinéa 3.3 ci-dessous.

  3. Radio Télévision Nationale Congolaise.

  4. Selon des sources militaires, plusieurs unités de la GR et de la PIR, bien qu’étant composées de Congolais, ont été formées en Angola, et ont coutume de se parler en Portugais comme signe de reconnaissance. Ceci expliquerait les informations circulant à propos de la présence de soldats lusophones. Des sources de la JMAC ont fait état d’un appareil Iliouchine-76 transportant une compagnie des Forces Spéciales Angolaises ayant effectivement atterri à l’aéroport de Ndjili à Kinshasa aux environs de 19h00 le 22 mars. Certains membres du personnel d’organisations internationales ont aussi affirmé avoir vu des hommes portant des uniformes militaires portugais durant les combats. Il y a officiellement 40 conseillers militaires angolais basés en permanence à Kinshasa, mais, officieusement, le nombre de soldats angolais serait plus proche de 300 (source : JMAC)

Ceci est effectivement la page 7 du texte anglais.

armées de fusils d’assaut, de mitrailleuses lourdes, de RPG (des grenades propulsées (19)) et d’artillerie, y compris des mortiers (20). En plus, la GR utilisait une dizaine de chars T-55 et des véhicules de combat d’infanterie BMP. Officiellement, le commandant en chef des opérations militaires était le Général Kisempia en personne, alors que la GR était probablement sous les ordres définitifs du Général Banze (21). Le Général Nabiola, Commandant de la 7ème BI et de la Défense Ville Kinshasa (DVK) fut blessé au cours des événements, mais les circonstances ne sont claires (voir ci-dessous).

16. Pour ce qui concerne le DPP, on estime le nombre de personnes présentes dans les camps de la Gombe entre 500 et 600, et dont la moitié seulement était des soldats professionnels du DPP, le reste étant des adolescents, des enfants des rues (shegués), en plus de leurs dépendants. Le DPP était principalement armé de fusils d’assaut, mais aussi d’un nombre limité de RPG et de mortiers. Le DPP était initialement organisé en trois compagnies et un bataillon, tous cantonnés dans les camps de Bemba le long du Boulevard et du Fleuve. En théorie, le DPP était placé sous le commandement direct du Sénateur Bemba, bien que les décisions tactiques étaient probablement prises par un nombre limité d’officiers de carrière, y compris le Major Jean Benoit et le Capitaine Patrick. Un groupe du DPP assurait la garde rapprochée de Bemba.

3.3. Combats dans la Commune de la Gombe les 22 et 23 mars (22) retour 

17. Pour ce qui concerne le début des combats, selon les informations récoltées par l’Equipe (et aussi par la Brigade Occidentale de la MONUC et le JMAC), il semble que le gouvernement avait déjà pris la décision de désarmer le DPP de force pour le 21 mars, ignorant les appels de la communauté internationale en faveur d’une solution négociée de la confrontation. Cela a été confirmé par la présence de renforts autour du camp de Bemba. En raison de ce renforcement des troupes sur place et des tensions déjà élevées, les combats ont probablement commencé plus tôt que ce que le gouvernement avait prévu. L’attaque n’était vraisemblablement pas programmée pour débuter le 22 mars mais à un stade ultérieur (23). Une opération d’assaut programmée aurait vraisemblablement été fixée à l’aube (afin de minimiser les pertes civiles et de profiter des heures d’obscurité pour disposer les troupes hors de vue de l’ennemi.)

18. La préparation de l’opération militaire visant à prendre les camps exigeait le ceinturage du secteur, qui était encerclé de positions tenues par des soldats de la 7ème BI des FARDC. Les hostilités éclatèrent vers 12h00 environ le 22 mars. Peu avant 12h00, des troupes de la GR avaient été observées en route de l’aéroport vers les camps de Bemba. Les premiers coups de feu ont été entendus vers 12h20 ; venant d’un endroit situé entre les résidences de Ruberwa et de Bemba, Avenue de la Justice. Aussitôt ou presque, le crépitement des armes automatiques fut accompagné par les détonations des mortiers et des RPG alors que les combats s’intensifiaient rapidement. La bataille s’est étendue au reste de la Gombe, bien que les affrontements restèrent dans un premier temps limité à un périmètre réduit entre le Boulevard du 30 juin et le Fleuve Congo, ainsi qu’entre l’Etat-major de la MONUC et le rond-point Mandela.

19. Selon le Commandant adjoint des renseignements militaires, la compagnie de la 7ème BI des FARDC qui avait pris position autour du camp de Jean-Pierre Bemba dans la Gombe, devait être relevée par une autre compagnie et des camions (vides) étaient venus les chercher lorsqu’un soldat isolé du DPP agissant sans ordres provoqua les FARDC en ouvrant le feu avec une mitrailleuse lourde…

___________________________________________________

  1. Une arme anti-char que le fantassin tire de l’épaule, lançant un missile non guidé équipé d’une ogive explosive.

  2. Un mortier est une arme se chargeant par la bouche, au tir indirect, propulsant des obus à basse vélocité, à courte portée, et ayant des trajectoires balistiques élevées.

  3. Le Commandant de la Garde Républicaine.

  4. Voir l’Annexe II – Carte du Déploiement – Kinshasa, le 22 mars, y compris les sites des incidents (Source : JMAC)

  5. Le 21 mars, le Commandement des FARDC mis la dernière main à un plan visant à renforcer la présence des FARDC et à encercler les camps, dans l’intention de désarmer le DPP par la force au cas où les négociations échoueraient. Durant la nuit du 21 au 22 mars, deux Compagnies des FARDC (‘Comp’) furent déplacées du Camp Maluku au Camp Kokolo. Une Comp. et un Peloton se dirigèrent vers la Gombe dans la matinée, pour y arriver seulement vers 10h30 à la suite de problèmes logistiques. Des éléments des Forces Navales eurent pour tâche de prévenir tout mouvement sur le fleuve, particulièrement à proximité de la résidence de Bemba.

Ceci est effectivement la 8ème page du texte anglais.

tuant sur place sept soldats des FARDC (24). Les FARDC ripostèrent ensuite et la confrontation armée s’intensifia rapidement. La théorie selon laquelle des camions vides étaient venus de Maluku pour relever les compagnies de la 7ème BI n’a pas beaucoup de sens d’un point de vue logistique ou militaire : il est difficile de comprendre pourquoi les troupes devant assurer la relève ne soient pas arrivées en ville à bord de ces camions en premier lieu, afin de s’épargner un long trajet depuis Maluku et d’éviter de laisser les positions des FARDC en infériorité numérique pour une période relativement longue. Cette version est aussi contredite par plusieurs témoignages visuels, y compris des sources de la MONUC, qui ont fait état de concentrations de troupes le matin du 22 mars. Selon des soldats du DPP interrogés après les événements, ce sont les soldats des FARDC qui ont déclenché les hostilités, les prenant par surprise et ouvrant le feu sans prévenir. Selon un rapport rédigé par des membres de la société civile congolaise (25), les premiers coups de feu ont été tirés quand la 7ème BI s’est heurtée à des troupes de l’Etat Major Général envoyées pour les remplacer. Toujours selon cette version des faits, la 7