28 février 2008
Question à la Une : Rediffusion demain matin à 8h45 sur la Une
Émission d'informations de la RTBF présentée par Jean-Claude Defossé, chaque mercredi à 20h15 sur la Une télé.
Rendez-vous ce mercredi 27 février à 20h20 sur la Une (Rediffusion - vendredi 29 février à 8h45 sur la Une)
1/ Le Congo est-il devenu une démocratie ?
En
juillet 2006, les premières élections démocratiques en République
démocratique du Congo suscitent un immense espoir. Le pays allait enfin
sortir de 34 ans de dictature et de 10 ans de guerre. Une difficile
transition rassemblant les ennemis d’hier sous l’autorité du Président
Joseph Kabila devait ramener progressivement la RDC dans l’orbite des
pays démocratiques. Plus d’un an après, il faut bien déchanter. Dans l’est du pays, malgré les efforts de réconciliation, la guerre fait toujours rage avec son cortège de violences. Les
cinq chantiers annoncés par le Président : infrastructures, emploi,
éducation, santé, eau et électricité, font toujours défaut dans
certaines régions du pays. Les infrastructures sont à l’abandon. Dans des domaines aussi importants que la justice ou l’éducation, la débrouille reste de mise. Le gouvernement semble paralysé. La porte reste ouverte au cancer de la société congolaise: la corruption.
2/ Les Congolais meurent-ils pour nos téléphones portables ?
Tous les jours, des enfants meurent dans les mines d’Afrique afin que d’autres, en Occident, puissent communiquer partout avec leurs téléphones portables. Au coeur de ce scandale, un minerai très rare, le coltan, composant désormais indispensable dans la fabrication des appareils électroniques, tels que les consoles de jeu ou les téléphones portables.
Un Congo à deux vitesses
Magazine - critique
G.P.
Mis en ligne le 27/02/2008
Source
Plongée en RDC, un an après la mise en place du nouveau gouvernement. Dénuement à Kindu, essor économique à Lubumbashi et une même attente de plus d'Etat et de démocratie. Questions à la Une ê ê, La une, 20h20.
Le magazine hebdomadaire d'information de la RTBF "Questions à la Une" s'arrête ce mercredi en République démocratique du Congo. Au menu, deux reportages. "Les Congolais meurent-ils pour nos téléphones portables ?" est une production extérieure due à Patrick Forestier qui a remonté la filière de l'extraction du coltan depuis l'est de la RDC jusqu'aux grandes sociétés de téléphonie mobile qui utilisent ce matériau pour fabriquer les GSM. L'autre est une production-maison réalisée par les journalistes Bernard Lepla et Myriam Lanotte avec pour titre "Le Congo est-il devenu une démocratie ?".
Question ô combien pertinente un an après l'installation du nouveau gouvernement d'Antoine Gizenga auquel le Président Joseph Kabila avait donné cinq priorités : les infrastructures, l'emploi, l'éducation, la santé, l'eau et l'électricité. Aujourd'hui, quel bilan peut-on d'ores et déjà tirer ?
Intelligence de la démarche, Bernard Lepla et Myriam Lanotte emmènent le téléspectateur d'abord hors de Kinshasa, ensuite dans deux lieux aux destinées fatalement différentes : Kindu, la capitale de la province enclavée du Maniema (300 000 habitants), au centre-est du Congo, et Lubumbashi, la métropole du Katanga, riche province minière du sud, frontalière de la Zambie. Le contraste est donc énorme entre le dénuement, l'isolement, le fatalisme des habitants de Kindu et le développement, l'attractivité, le dynamisme de la ville méridionale... Mais, pour autant, les constats que les réalisateurs tirent de l'exercice de la démocratie dans les deux conjonctures ne sont pas forcément très divergents.
A Kindu, l'approvisionnement erratique en électricité et l'impraticabilité des axes routiers découragent toute initiative industrielle ou commerciale sérieuse. Population et dirigeants sont donc en immense attente d'une intervention de l'Etat et d'une restauration des services publics. Mais les espoirs suscités par le nouveau pouvoir sont jusqu'à présent déçus. L'illustrent, de façon saisissante, l'indigence des infrastructures de l'université et l'arrêt des travaux de construction de nouveaux bâtiments pourtant promis par Kinshasa.
A Lubumbashi, la prospérité renaissante semble principalement le fait du gouverneur, Moïse Katumbi, qui gère la province comme l'homme d'affaires qu'il est, et d'investisseurs, notamment chinois, attirés par les minerais que recèle le sol de la région. La population, même exploitée, semble se réjouir de cet essor. Mais certains responsables n'en sont pas moins inquiets que celui-ci dépende tant d'un homme et de capitalistes chinois que la caméra révèle peu soucieux du respect des lois. Dès lors, là aussi, une demande de plus d'Etat est exprimée car " le système démocratique reste à inventer ".






