05 mai 2008
Le paludisme tue un enfant toutes les trente secondes en Afrique
Maladie
infectieuse la plus meurtrière après le sida, la malaria – nom anglais
du paludisme – est transmise par le sang via une piqûre de moustique.
Elle sévit surtout dans les zones tropicales et touche en priorité les
femmes enceintes et les enfants
Il existe quatre espèces de parasites provoquant des symptômes variables en durée et intensité. Forte fièvre pouvant s'accompagner de maux de tête, douleurs musculaires, vomissements, diarrhées, toux, le paludisme a pour particularité de fonctionner par cycles typiques de forte fièvre coïncidant avec la multiplication des parasites et l'éclatement des globules rouges, qui conduit à l'anémie.
UN FREIN IMPORTANT AU DÉVELOPPEMENT
Il constitue un problème majeur de santé publique dans plus de quatre-vingt-dix pays, où il ralentit la productivité et enferme durablement les communautés dans la pauvreté. La Banque mondiale a estimé que les pertes de PIB imputables à cette maladie en Afrique sub-saharienne s'élèvent à 12 milliards de dollars par an. Soit un manque à gagner quatre fois supérieur à la somme nécessaire pour lutter efficacement contre le fléau à un niveau mondial. Dans la même région, le paludisme est la cause de 60 % de l'absentéisme scolaire.
S'il
existe des traitements qui ont fait leurs preuves, ce sont surtout les
actions préventives de distribution de moustiquaires traitées aux
insecticides et la prise de médicaments antipaludiques en amont qui ont
permis de diviser par cent le nombre de cas de paludisme au Vietnam
entre 1992 et 2006. Mais dans les régions endémiques d'Afrique
sub-saharienne, les parasites les plus dangereux ont développé une
résistance à la choloroquine, le traitement le plus généralement
utilisé. Et les nouveaux traitements combinés à base d'artémisinine
présentent des coûts dix à vingt fois plus élevés. "On a procédé à des
distributions systématiques sans en mesurer l'impact et prévenir le
développement d'une inévitable résistance", déplore le docteur Pierre
Druilhe, directeur de l'unité de parasitologie biomédicale de
l'Institut Pasteur de Paris.
LA RECHERCHE D'UN VACCIN, ENTRE PROGRÈS ET FAUSSES PISTES
S'il se réjouit d'un regain de mobilisation autour de la question, le chercheur constate un manque de concertation dans les recherches de vaccin. "Les agences internationales financent des projets de recherche redondants, privilégiant une approche où les molécules sont 'choisies' par le système immunitaire des souris, ce qui est, selon moi, une fausse piste. En ce moment quarante à cinquante essais cliniques sont menés sur des molécules qui ont déjà démontré leur inefficacité", explique-t-il.
L'équipe du docteur Druilhe a choisi d'étudier les mécanismes de défense immunitaire chez les populations exposées au paludisme. Une molécule cible ainsi identifiée a présenté des résultats encourageants à l'issue d'une première phase de tests d'inocuité en 2000. Et une prochaine série d'essais d'efficacité sur des enfants africains indiquera si un vaccin peut être développé d'ici 2012.
Mais, en attendant un éventuel vaccin dont les premiers bénéficiaires seront les voyageurs des pays du Nord, "la population qui intéresse en priorité les laboratoires" selon le docteur Druilhe, le programme mondial de lutte contre le paludisme a besoin de 2 milliards de dollars supplémentaires pour lutter efficacement contre la maladie sur le terrain.
Mélanie Duwat | Source
| Le paludisme en chiffres - 500 millions de personnes touchées par an - 59 % de personnes touchées en Afrique, 38 % en Asie, 3 % en Amérique - 1 enfant meurt du paludisme toutes les trente secondes en Afrique - 1,1 million de morts par an - 1 million de morts des complications - 60 % des pertes fœtales et 10 % des décès maternels - 12 milliards de dollars de PIB perdus par an en Afrique sub-saharienne - 1,3 point de croissance perdu par an dans les pays fortement atteints - 3,2 milliards de dollars par an seraient nécessaires pour la prévention et les soins Sources : Banque Mondiale, OMS, RBM |
13 novembre 2007
L’ONU accuse Nicolas Sarkorzy de « légitimer le racisme »
Le Rapporteur de l’ONU sur le racisme a rapproché les
déclarations du prix nobel James Watson et le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy,
qui s’inscrit selon lui dans une « dynamique de légitimation du
racisme. » Il a également considéré que les tests ADN de paternité
illustraient une « stigmatisation de l’immigré. »
ONU - Assemblée générale, 7 octobre 2007 (extrait)
M. DOUDOU DIÈNE, Rapporteur spécial sur les formes
contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de
l’intolérance qui y est associée, a attiré l’attention de la Commission sur la
recrudescence des phénomènes et des manifestations de racisme, de
discrimination raciale et de xénophobie à travers le monde qui, selon lui,
constitue aujourd’hui la plus grande menace contre la démocratie et l’harmonie
des sociétés.
Il a aussi précisé que la lutte contre ces phénomènes devait
faire face à plusieurs tendances comme la recrudescence de la violence raciste
et xénophobe, notamment son expression la plus grave, le passage à l’acte,
avérée par un nombre croissant d’actes de violence physique et des assassinats
prenant pour cible des membres de communautés ethniques, culturelles et
religieuses.
Une autre tendance est la banalisation politique et la
légitimation démocratique du racisme et de la xénophobie, découlant notamment
de la capacité des partis politiques prônant des programmes racistes et
xénophobes d’obtenir des succès électoraux et d’être ainsi en position de
mettre en application ces plates-formes au moyen d’alliances de gouvernements.
Selon M. Diène, cette dernière tendance représente la
menace la plus grave contre la démocratie et les droits de l’homme.
M. Diène a également souligné que la légitimation
intellectuelle du racisme, de la xénophobie et de l’intolérance, se traduisait
par le nombre croissant de publications dites scientifiques ou littéraires ou
de déclarations publiques, qui sous couvert de la défense de l’identité et de
la sécurité nationale, développent des théories et des concepts explicatifs
marqués par la lecture ethnique ou raciale des problèmes sociaux, économiques
et politiques.
Il a placé dans ce contexte les récentes déclarations du
prix Nobel de médecine, James Watson, dont les propos sur l’infériorité
intellectuelle des personnes d’ascendance africaine et, en particulier, sa
volonté implicite d’établir une hiérarchisation entre les différentes races,
constituent une légitimation scientifique des stéréotypes historiques de
construction du racisme et un recul majeur dans la promotion des droits des
personnes d’ascendance africaine.
Le Rapporteur spécial a également indiqué que le discours du
président français à Dakar, le 26 juillet, s’inscrivait dans cette dynamique de
légitimation du racisme.
La criminalisation et le traitement exclusivement
sécuritaire des questions relatives à l’immigration, à l’asile, à la situation
des étrangers et des minorités nationales, ethniques, religieuses et
culturelles, qui ciblent les victimes principales du racisme figure aussi parmi
les lourdes tendances énumérées par le Rapporteur spécial. À cet égard, il a
déclaré que c’est dans ce contexte que s’inscrivent les propos de Kevin
Andrews, ministre australien de l’immigration et de la citoyenneté,
singularisant les ressortissants soudanais comme un groupe ayant des problèmes
à s’intégrer dans la société australienne.
En France, le récent projet de loi introduisant les tests
ADN dans la procédure de traitement administratif des postulants au
regroupement familial constitue aussi une illustration de cette stigmatisation
de l’immigré. Parmi les autres lourdes tendances, il a cité la montée et la
diffamation des religions et de la haine raciale et religieuse, de
l’antisémitisme, de la christianophobie et plus particulièrement de
l’islamophobie.
Face à ces tendances, a-t-il indiqué, des mesures urgentes,
en profondeur et dans la durée, s’imposent. Dans ses recommandations, il met
l’accent sur le caractère central de la volonté politique par le refus de
l’instrumentalisatio
Publication originale ONU | 9 novembre 2007
Illustration : M. Doudou Diène
25 octobre 2007
Le New York Times écœuré par les tests ADN français
Dans un édito au vitriol, le prestigieux quotidien américain
dénonce une «nouvelle loi hideuse» et n'hésite pas à dresser un parallèle avec
certaines lois de la France de Vichy
«Les questions d’immigration font ressortir les pires
instincts des hommes politiques qui devraient être plus raisonnables».
Dimanche, le New York Times a publié un éditorial corrosif intitulé
«Bigoterie pseudo-scientifique en France», pour vilipender le projet de loi sur
l’immigration de la France, et notamment la mise en place de test ADN, qualifiée de «loi hideuse».
«Les tests ADN peuvent être utiles pour établir la
culpabilité ou l’innocence dans une affaire criminelle. Mais ils n’ont rien à
faire dans une loi sur l’immigration», peut-on lire.
Leçons de l’histoire
Le quotidien ne comprend pas que la France n’ait pas retenu
les leçons de son histoire. «Des notions pseudo-scientifiques de lignée pure
ont été introduites avec de conséquences tragiques, sous l’occupation par les
Nazis et leurs collaborateurs de Vichy».
Fort de ce constat, le New York Times estime que Nicolas
Sarkozy «aurait pu intervenir pour stopper ce projet de loi à n’importe quel
instant, et en a encore la possibilité», mais «ne le fera sans doute pas».
«Alors qu’il est lui-même le fils d’un immigré hongrois, Mr
Sarkozy s’est fait un nom politique avec ses critiques acerbes sur les immigrés
récents, et notamment sur ceux originaires d’Afrique du Nord», affirme le
quotidien qui voit dans cette thématique un levier électoral.
Et de conclure : «Nicolas Sarkozy veut être considéré comme un homme d’Etat. Qu’il agisse en tant que tel.»
LeFigaro.fr
NDLR : En Belgique, cela fait de nombreuses annés que les tests ADN sont imposés aux familles invoquant le regroupement familial. On parle de plusieurs centaines d'euros (+ou- 500) par enfant ...
Dunia SENDWE
21 octobre 2007
L'Afrique du Sud pleure sa star du reggae
Lucky Dube lors d'un concert à Lagos, au Nigeria, le 16
octobre 2006
(Photo : Reuters)
La star du reggae sud-africain Lucky Dube a été assassinée
jeudi soir par trois malfaiteurs qui ont tenté de voler sa voiture, au sud de
Johannesburg
Il a été tué de trois balles, devant son fils de 16 ans et sa
fille de 15 ans qui sont indemnes mais très choqués. Il avait 7 enfants. Lucky
Dube avait enregistré 21 albums ; il a joué en Europe, en Afrique et aux
Etats-Unis.
La nouvelle a provoqué un choc en Afrique du Sud. « Quel
genre de pays est-ce qui ne respecte pas ses idoles ? Quel genre de publicité
envoyons-nous au monde avant [la Coupe du monde de football de] 2010 ? »
s'est interrogé son ami, le poète Mzwakhe Mbuli. Lucky Dube était vénéré pour
son talent, sa simplicité (il ne consommait ni alcool, ni drogue) et ses
vingt-cinq années de carrière. A 43 ans, le chanteur aux longs dreadlocks était
l'artiste sud-africain à avoir vendu le plus d'albums à l'étranger (plus de 2
millions). Il a fait des tournées dans le monde entier et était très populaire
en Afrique, où il était l'une des grandes figures inspirées par Bob Marley,
avec les Ivoiriens Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly.
« Je me souviendrai toujours d'un concert à Kampala,
raconte Stella Antos, ex-directeur de la firme de disques, Gallo South Africa,
qui a produit la plupart de ses 21 albums. Pendant les trois premières minutes,
Lucky n'a pas pu chanter parce que 70 000 fans reprenaient en chœur "Remember
me", qui parle des enfants abandonnés par leurs pères partis travailler en
ville. Lucky était un musicien avec une conscience, qui évoquait toujours des
thèmes politiques ou sociaux ».
Né dans une famille pauvre, surnommé Lucky, après la
mort en bas âge d'un frère aîné, il avait enregistré son premier disque en
1979. Passé au reggae en 1985, à l'époque où ce genre était peu apprécié dans
son pays, il fut le premier chanteur noir diffusé sur une radio blanche,
deux ans plus tard. Il venait de signer un accord avec Warner pour
distribuer en Europe son dernier album Respect, sorti en avril. Lauréat de
nombreux prix, il a enregistré plusieurs titres à succès (en zoulou, en
anglais et même en afrikaans) dont le hit anti-apartheid Together as One, Prisoner,
House Of Exile, Taxman, Slave et Victimes.
Soixante fois plus de meurtres qu'en France
Les réactions en Afrique du Sud ont été très nombreuses. Le
président Thabo Mbeki a appelé les Sud-Africains à s'unir dans la lutte contre la criminalité. L'opposition a, elle, déploré l'inefficacité de la police : « L'apathie du gouvernement est
responsable du taux de 50 meurtres par jour », selon le député du parti
Inkatha, Velaphi Ndlovu. Au début de l'année, le chef de l'Etat avait été
vivement critiqué après avoir affirmé que la majorité des Sud-Africains
n'avaient pas « le sentiment que la criminalité était hors de contrôle ».
L'année dernière, 19 202 personnes ont été tuées au pays de
Mandela, soit 3,5 % de plus qu'en 2005. Le taux de meurtre (40,5 pour 100 000
habitants) est 6 fois plus élevé qu'aux Etats-Unis et 60 fois plus qu'en
France. Il s'explique notamment par les très fortes disparités sociales qui n'ont
pas diminué malgré la croissance économique de ces dernières années qui a
surtout bénéficié à la bourgeoisie blanche et à une petite élite noire.
L'alcoolisme et la forte violence héritée du régime d'apartheid jouent aussi un
rôle. Malgré un budget très important (près de 6 milliards d'euros), la police
sud-africaine ne parvient pas à reprendre le dessus. Le taux de
condamnation est très faible.
Il y a deux ans, un musicien de jazz, Baloyi Gita, avait été
tué en pleine rue à Johannesburg. En 2006, lors de la sortie de son dernier
album Respect (appelant ses compatriotes à mieux se respecter), Lucky Dube
avait évoqué la violence dans son pays : « Nous avons essayé l'amour,
l'unité, la camaraderie, mais ça ne semble pas beaucoup marcher pour nous ».
D'autres infos sur rfimusique.com
Par Valérie Hirsch
Article publié le 19/10/2007 Dernière mise à jour le 19/10/2007
à 13:21 TU
02 octobre 2007
Le Centre de commandement américain pour l'Afrique
Le but de l'Africom est, selon Washington, d'aider le
continent à se stabiliser. Mais nombreux sont ceux qui estiment déjà que ce
centre est motivé par des considérations stratégiques. Le quartier général de
l'Africom sera, dans un premier temps, en Allemagne.
Mais Washington espère bien à terme l'établir sur le
continent. Dakar, Nairobi ou Addis-Abéba sont parmi les villes les plus
fréquemment citées, et le département d'Etat devrait avoir fait son choix d'ici
au mois de février 2008. Mais les candidats ne semblent pas se bousculer.
Deux raisons à cela : d'abord, au vu des précédents irakien
et afghan, certains redoutent une ingérence américaine accrue dans les affaires
africaines.
Pour les rassurer, Washington a pris soin de préciser qu'il
n'était pas question de positionner de nouvelles troupes sur le continent, et
que son but était seulement de promouvoir la sécurité et l'état de droit en
Afrique.
Les Etats-Unis affirment d'ailleurs qu'ils se contenteront
de proposer des formations, et que ce sont des diplomates et des spécialistes
de la coopération qui constitueront le gros des effectifs de l'Africom.
Mais il est indéniable que la création de ce nouveau
commandement montre bien l'intérêt nouveau que portent les Etats-Unis à
l'Afrique.
Cet intérêt tient en
trois mots: pétrole, terrorisme, instabilité.
En effet, les 10% du pétrole brut consommé par l'Amérique
proviennent d'Afrique et Washington surveille de très près la concurrence que
lui livre, dans ce domaine, la
Chine.
Le département d'Etat s'inquiète également de la menace que représentent
les islamistes qui opèrent depuis des pays où l'autorité de l'Etat n'est pas
solidement affirmée.
Impossible donc d'envisager l'Africom sans penser aux motivations stratégiques américaines, d'où les réticences rencontrées sur le terrain.
08 septembre 2007
Manifestations prévues samedi pour qu'Areva quitte le Niger
Des ONG nigériennes ont annoncé jeudi leur intention
d'organiser des manifestations samedi à travers le pays, avec l'aval des
autorités, pour exiger le départ de la société française Areva, accusée de
financer les rebelles touareg actifs dans le nord du pays, riche en uranium.
"Nous allons exiger qu'Areva quitte purement et
simplement le Niger, et que les deux sociétés d'exploitation de l'uranium
(basées au Nord) soient nationalisées," a déclaré à l'AFP Nouhou Arzika de la Coalition
contre la vie chère, principal organisateur de la manifestation.
Areva, numéro un mondial du nucléaire civil, exploite depuis
40 ans deux gisements d'uranium, l'un à ciel ouvert à Arlit pour la Société des mines de l'Aïr
(Somaïr) et l'autre souterrain pour la Compagnie minière d'Akokan (Cominak), près
d'Arlit.
"Nous allons dénoncer les travers d'Areva, qui, non
contente de tirer de grands profits au Niger, se permet de financer le MNJ
(Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ, rébellion touareg)", a
accusé M. Arzika.
Il a estimé que depuis le début de l'exploitation de son
uranium, le Niger n'avait gagné "en tout et pour tout que 300 milliards
FCFA" (environ 457 millions d'euros ou 625 millions de dollars au taux de
change actuel).
"Les manifestations visent aussi à dénoncer la Libye qui revendique une
portion de terre de 30.000 km2 (dans l'extrême nord du territoire nigérien) où
des prospections pétrolières sont en cours", selon M. Arzika.
Selon les organisateurs, ces manifestations sont orchestrées
à l'appel d'organisations de consommateurs, des mouvements de jeunes, des
chômeurs, des associations féminines et des ONG de défense des droits de
l'homme.
Ces mêmes structures ont manifesté le 21 juillet à Niamey,
avec le soutien des autorités, pour protester contre les attaques des rebelles
touareg et leurs "alliés étrangers".
De son côté, le MNJ parle de manifestations de rue
"organisées par la société civile, mais financées et entretenues par
Mamadou Tandja", le président du Niger.
Le Niger, l'Etat le plus pauvre de la planète, est le
troisième producteur mondial d'uranium avec 9% de parts de marché.
Ses relations avec Areva ont commencé à se dégrader à partir
du mois de juin avec l'expulsion de deux cadres d'Areva, accusés de soutenir les
rebelles touaregs.
D'après le président Tandja, ce soutien présumé du groupe français au MNJ, vise à empêcher d'autres compagnies étrangères concurrentes de s'installer dans la zone pour exploiter l'uranium.
©
Concours Eurostudia
Revue
transatlantique d’études européennes
Vol.
3, Nº 2 ― Sommaire
Aimé Césaire, dans son décapant Discours sur le colonialisme, écrit de l’Europe
qu’elle est « spirituellement indéfendable ».
L’Europe y passe pour la
civilisation du double langage, des principes bafoués, des prétentions sans
suite. « On peut tuer en Indochine, torturer à Madagascar, emprisonner en
Afrique noire, sévir aux Antilles.
Les colonisés savent désormais qu’ils ont
sur les colonialistes un avantage. Ils savent que leurs “maîtres” provisoires
mentent. » Sur la question particulière de l’Afrique Noire, la prochaine
livraison d’Eurostudia invite
des auteurs d’Europe, d’Afrique ou d’ailleurs à se poser la question de
l’actualité d’un tel verdict.
Que reste-t-il de cette « civilisation »
européenne, de l’« humanisme occidental », dans l’ordre de nouvelles questions
qui se posent ?
Eurostudia est une revue universitaire d’études européennes diffusée sur Internet :
Dépôt des contributions : le 31 septembre 2007
Écrire à dietmar.koveker@
31 août 2007
À quand le prix Nobel de la Paix pour Kagamé, Kabila, Museveni, Buyoya et tous les dictateurs génocidaires ? Révoltant !
Paul Kagame primé par Romano PRODI
L'abolition de la peine de mort par le Rwanda a été saluée
jeudi comme un "geste courageux et de réconciliation" par le
président du Conseil italien Romano Prodi, qui a remis à Rome un prix au
président rwandais Paul Kagame. "Le geste de ce pays nous donne de
l'espoir", a souligné M. Prodi en remettant au dirigeant africain le
"prix de l'abolitionniste de l'année 2007".
L'Italie a pris la tête d'une
campagne pour un moratoire mondial sur la peine de mort qui a reçu l'appui de
l'Union européenne, et que Rome compte promouvoir lors de la prochaine
assemblée générale de l'ONU qui s'ouvrira le 24 septembre à New York.
"Ce n'est pas une bataille
facile", a souligné M. Prodi, invité par le mouvement "Nessuno tocchi
Caino" (Que personne ne touche à Caïn), issu du petit Parti radical, à
remettre son prix - une sculpture en bronze représentant la terre avec deux
enfants - à M. Kagame.
"Je suis très fier d'accepter
ce prix au nom de tous les Rwandais (...) heureux de rejoindre le camp de ceux
qui ont rejeté la peine de mort", a souligné M. Kagame.
Le vote de la loi sur l'abolition a
montré qu'il était "possible de surmonter la haine", a-t-il ajouté,
évoquant le génocide de 1994, qui a fait, selon l'ONU, environ 800.000 morts,
essentiellement parmi la communauté tutsie.
Le Rwanda a aboli fin juillet la
peine capitale pour tous les crimes, y compris ceux de génocide. Cette décision lève le principal obstacle au transfèrement à la justice de
Kigali d'accusés du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), chargé
de rechercher et juger les responsables du génocide.
Lien: http://www.afriquec
Reuters - Thu Aug 30, 10:58 AM
NDLR : AVIS À TOUS LES ITALIENS AFRICAINS
N'oubliez JAMAIS Romano PRODI et son parti politique le jour des prochaines élections organisées en Italie ! Quelle que soit votre tendance politique, pensez à nos frères et soeurs injustement traités à Lampedusa ou ailleurs en Italie, aux esclaves économiques que sont les africains vivant en Italie et Rappelez vous de la manière dont on récompense en Europe les pires dictateurs génocidaires que notre continent africain ait connu ! N'oubliez pas et Sanctionnez Romano PRODI et son parti à l'occasion de toutes les élections italiennes !
Dunia SENDWE
Magazine culturel africain sera diffusé en direct sur RTBFI
Magazine
culturel africain
À partir du
3 septembre 2007
Tous les
lundis de 21 h à 23 h (heure de Bruxelles)
- En Belgique
- 621 kHz en AM
-
À Kin - 99.2 FM
- En ondes
courtes (9970 kHz)
- Par
satellite en Europe et en Afrique : www.rtbfi.be
bgra@rtbf.be
Brigitte Grafe
productrice
local 2C48 tel 7372772
24 août 2007
La grande fortune du Nord et les guerres organisées par les multinationales au Sud et au Nord
Le mépris pour les choses de l’esprit nous conduit souvent
à passer à côté de ces choses très simples et expliquées simplement par « les
justes et les acharnés » de notre humanité écrasée par le crime des «
cosmocrates » n’ayant des comptes à rendre qu’à eux-mêmes. Il y a deux ans que
Michel Collon a publié un petit livre intitulé ‘Bush le cyclone’ ayant six
« réflexions sur ce que nous apprend Katrina », cette catastrophe ayant frappé
de plein fouet La
Nouvelle-Orléans.
I. La pauvreté du Sud et les médias du Nord
A la page 15, Michel Collon essaie de répondre à cette
question : « Pourquoi le Sud est-il si pauvre, et le Nord riche ? » La réponse
à cette question constitue un « grand tabou des médias des pays riches : tout
doit être fait pour cacher d’où vient leur richesse. » La raison est
simple à deviner. C’est parce que, comme le soutenait le grand écrivain
français Balzac : « Derrière chaque grande fortune se cache un crime ». Michel
Collon étaye cette thèse des faits vérifiables historiquement. Il écrit : « Si
l’Espagne et l’Europe ont commencé à devenir riches au 17e siècle, c’est parce qu’elles
ont volé l’or et l’argent de l’Amérique latine. En massacrant les Indiens et
sans rien payer. Si la France,
l’Angleterre et les Etats-Unis sont devenus si riches, c’est grâce à
l’esclavage, c’est en volant des êtres humains à l’Afrique. Sans rien payer. Si
les mêmes et la Belgique,
et la Hollande
sont devenus si riches à partir du 19e siècle, c’est en volant les matières
premières de l’Afrique et de l’Asie. Sans rien payer. » (p.15-16).
En effet, « depuis cinq siècles, affirme Michel Collon, nos
grandes sociétés occidentales ont pillé les richesses du tiers-monde, sans les
payer. On pourrait faire un tableau de chaque pays riche et montrer l’origine
honteuse de chacune de ses grandes fortunes. On pourrait faire l’histoire de
chaque pays pauvre et montrer qui l’a pillé et comment. Bref, nous – ou plutôt
: certains d’entre nous – sommes des voleurs, et c’est pour ça que nous sommes
riches : voilà ce qu’on ne peut absolument pas dire dans les médias. » (p.16)
Ce vol n’est pas un fait historique passé. Il se perpétue
aujourd’hui encore caché sous la fausse rhétorique de « la démocratie locale ».
« Le néocolonialisme continue et perfectionne l’exploitation. » (p.16) La
fixation unilatérale et tyrannique des prix des matières premières et le poids
de la dette étranglent le Sud et pourtant, « c’est lui (le Nord) qui devrait
rembourser ce qu’il a volé ! ».
L’efficacité du pillage néocolonial est liée à la mise en
pratique des lois économiques du « turbo-capitalisme ». La loi de la
concurrence joue. « En effet, pour gagner la guerre économique contre ses
rivales, une multinationale est obligée de se procurer les matières premières
au prix le plus bas possible afin de réduire ses coûts. » (p.16-17)
La loi de la privatisation joue sur fond des promesses
fallacieuses de création d’emplois à même de contribuer à la prospérité du Sud.
« Mais d’abord, on ne compte pas les emplois détruits. Et, en y réfléchissant
bien, quel est l’intérêt de cette multinationale ? Offrir de hauts salaires et
un haut niveau de vie dans le pays ou, au contraire, les maintenir au plus bas
possible pour se procurer les bénéfices les plus élevés possible ? » (p.17)
Contrairement à ce que les partisans de la privatisation affirment, les
investissements d’une multinationale au Sud n’est pas un acte de charité. « En
réalité, la plupart du temps, à cause du rapport de force inégal, cet
investissement affaiblit l’économie locale, détruit des entreprises existantes
ainsi que des échanges locaux et aggrave la dépendance envers l’extérieur. »
(p.17) Les bénéfices immédiats que fait une multinationale lui donnent
l’illusion d’un marché réussi. Si cela peut être vrai à court terme, il n’est
pas de même pour le long terme. Sa délocalisation au Nord crée le chômage et la
précarité. Au Sud, le pillage des matières premières, la destruction des
productions locales et la dette aggravent la pauvreté et le fossé entre riches
et pauvres.
Sur ce point, Michel Collon n’est pas très éloigné de Marx
pensant que le capitalisme porte en lui-même les germes de sa propre
autodestruction. La grande pauvreté qu’il engendre crée de la résistance
au Nord et au Sud. Le recours à la loi de la guerre lui permet de
mater cette résistance et de faire encore un peu plus de profits.
II. Les
multinationales et les guerres
Pour mieux exploiter le Sud, les multinationales se fixent
des objectifs. Michel Collon en énumère trois :
1. Contrôler les matières premières
2. Contrôler les mains d’œuvre qualifiées et bon marché
3. Dominer les marchés pour vendre leurs produits
La réalisation de ces objectifs passe par une stratégie : la
provocation de la guerre. « Il s’agit d’une simple tactique commerciale. Il
s’agit d’imposer aux pays récalcitrants que leurs richesses soient placées sous
le contrôle de telle ou telle multinationale. Ce qui implique de dominer la vie
économique et politique de ce pays. » (p.18) La destruction précédant « les reconstructions
» est précédée des rencontres où se décident les orientations et les règles à
appliquer. « Le but fondamental du « jeu », c’est de transformer le pays
conquis en terre de profits. En Irak, tout le monde sait à présent à quel point
des sociétés comme Halliburton et Bechtel se sont engraissées sur le dos du
peuple irakien et du contribuable US. » (p.18)
Michel Collon donne des exemples très clairs pour dire à
quoi servent les guerres. « La guerre contre l’Irak, chacun sait que c’est une
guerre pour le pétrole, c’est-à-dire pour les bénéfices d’Exxon et Chevron.
Mais c’est pareil pour toutes les opérations « humanitaires » des grandes
puissances. La guerre contre le Congo (menée par l’intermédiaire du Rwanda, de
l’Ouganda et de certaines milices), c’est une guerre pour les bénéfices des
multinationales du diamant, du coltan, de l’uranium et d’autres minerais. La
guerre contre la
Yougoslavie avait notamment pour but de privatiser une
économie encore très collective et de contrôler sa main d’œuvre qualifiée et
ses marchés. La guerre contre l’Afghanistan vise à contrôler les routes
stratégiques vers les pays d’Asie du Sud en fort développement et à encadrer
militairement la Chine,
puissance montante. Guerres de pillage donc. » (p.19)
A travers leurs guerres, les multinationales visent surtout
« le chantage par le contrôle de toutes les ressources », éliminer ou affaiblir
les rivales. L’Etat leur donne un coup de main.
Quand les Etats-Unis font la guerre pour contrôler le
pétrole partout dans le monde, est-ce parce qu’ils craignent de ne plus avoir
de pétrole pour leur économie ? » (p .20) Non. « En fait, ce que les Etats-Unis
cherchent par-dessus tout, c’est à priver les grandes puissances rivales
–Europe, Japon, Chine – d’un accès sûr et indépendant au pétrole. (…) Qui veut
dominer le monde, doit contrôler le pétrole. Tout le pétrole. Ou qu’il soit. »
(p.20) Demain, il devra contrôler les sources d’énergie alternatives. Surtout
l’eau. « Les trois grands blocs (Etats-Unis, Europe, Japon) mènent la guerre,
chaude, froide ou tiède, contre les peuples du tiers-monde. Mais ils se font
aussi la guerre entre eux pour savoir qui va dominer le monde et ses richesses.
La guerre économique bien sûr. Mais aussi la guerre politique et, dans
certaines conditions, militaire. Quand le rapport de forces change entre les
grandes puissances, quand une superspuissance veut en remplacer une autre, ou
simplement la priver de l’accès à certaines matières stratégiques, cela se
règle par la violence. Soit directement, soit indirectement, par
l’intermédiaire d’Etats ou de mouvements contrôlés.
La guerre est le moyen
fondamental pour repartager les richesses du monde, c’est-à-dire les sources de
profits. » (p.20-21) Mais ces profits ne supportent pas le coût de la guerre.
En fait, ce ne sont pas les multinationales qui paient le coût de la guerre.
Elles s’enrichissent et les contribuables de leurs pays en paient les frais.
Les budgets sociaux en subissent les contrecoups. Au Sud, « les guerres de la
globalisation ont pour but, en brisant les Etats trop indépendants, de prendre
le contrôle des marchés et des main-d’œuvre locales. Les faire travailler pour
de bas salaires permet aux multinationales de s’assurer un avantage décisif
face à leurs concurrentes. Et aussi d’exercer une pression très forte sur les
salaires de leurs travailleurs dans les pays d’origine. » En d’autres termes, «
leurs guerres nous attaquent tous ».
III. Le fondement
malthusien de ces guerres
La science et les scientifiques fabriquent les idéologiques
justificatrices de ces guerres. Souvent, ils appartiennent aux grandes
universités du Nord ou aux groupes dirigeant les grans médias. « Il y a
quelques années, un économiste réputé, Ian Angeli, chroniqueur du Wall Street
Journal et du Financial Times, déclarait devant un parterre invité par la firme
Unisys : « Il y a six milliards d’êtres humains sur terre, dont cinq milliards
ne pourront jamais être utilisés. Il ne sert à rien de vouloir les aider. Les
Etats n’ont rien à y gagner. » (p.76) Il y a des bouches de trop. Des gens qui
« ne pourront jamais être utilisés ». Dans ce contexte, la Stratégie pour la Réduction de la Population (dont parle
Susan George dans Rapport Lugano, Paris, Fayard, 2000) utilise la tactique de
la guerre pour éliminer « ces hommes et femmes de trop ».
IV. Que faire ?
Lire Michel Collon nous aide à découvrir la nature de la toute-puissance des
‘superpuissances’. Elle trahit le désir enfantin d’avoir tout, tout de suite et
pour soi contre les autres (comme l’enfant s’accapare lui seul et de sa mère et
de son sein). Les nations ‘superpuissantes’ matériellement, sont
humainement à un stade enfantin. Donc, elles ont besoin d’une reconversion
éthique à la vie réelle. Leur cynisme enfantin ne peut être guéri que par la
compréhension et la commisération de leurs aînés du Sud. Eux, au moins,
ont cultivé, depuis plus de cinq siècles, à l’exception des collabos de « gros
bébés du Nord », la vertu de la patience et de la relativisation des biens de
ce monde. En lisant Michel Collon, il y a lieu de croire en Anne-Cécile Robert
quand elle écrit « L’Afrique au secours de l’Occident.
La simplicité du texte de Michel Collon nous permet de
comprendre davantage que la richesse du Nord provient du vol. Ce vol fait
partie d’une certaine tradition capitaliste occidentale. Il est un sujet tabou
que les médias du Nord n’abordent presque pas. (Ceux du Sud leur emboîtent le
pas sous les tirs croisés des « collabos » du nouvel ordre mondial du vol.) La
perpétuation de cette tradition marche de pair avec les idéologies
culpabilisantes des appauvris du Sud et du Nord. Souvent, une certaine
rhétorique médiatique et des idéologies ‘universitaires’ cachent, sous une
langue de bois bien fignolée, ce crime contre l’humanité et ses conséquences.
Certains intellectuels du Sud sont disposés à enterrer cette mémoire du vol
pour accuser l’Afrique et les autres pays du Sud d’être les seuls responsables
de leur appauvrissement. Ce faisant, ils minent la quête de solution à ce vol
historique, la jungle qu’il installe et fragilisent les luttes à entreprendre
globalement pour rompre les chaînes de la globalisation du pillage, de la
précarité et de la misère.
En effet, face à la globalisation de la guerre, « chaude,
froide et tiède », seule la globalisation de l’amour, fondée sur le respect
indiscriminé de la dignité humaine demeure une solution à approfondir. Comment
? A travers des « network », des réseaux solidaires. Sur ce point, le conseil
que les évêques belges prodiguent aux chrétiens de ce pays vaut la peine (entre
autres) d’être suivi.
Pour eux, face à la globalisation du vol et de la guerre qui
le facilite, protester ne suffit pas. Un autre style de vie au niveau
individuel et collectif peut être adopté : « le goût d’une vie sobre,
l’abstention du gaspillage, le soutien aux investissements éthiques, la
solidarité et, dans la mesure du possible, l’accueil de réfugiés politiques ou
même économiques. » (Ne savez-vous pas interpréter les signes des temps ? Déclaration
des évêques belges, avril, 2007, p.26) Cela ne va pas sans «
la pratique des vertus intersubjectives que sont l’amour, le pardon et la
tolérance » (Ibidem, p.30) et du débat où le désaccord fondateur est
sauvegardé. Les interstices pouvant promouvoir ces vertus intersubjectives
sont indispensables au Nord et au Sud en tant que lieux politiques « du milieu
».
© Jean-Pierre Mbelu








