27 juillet 2007
A Dakar, Nicolas Sarkozy appelle l'Afrique à "renaître" et à "s'élancer vers l'avenir"

Le "discours de Dakar" ne sera sans doute pas à Nicolas Sarkozy ce
que celui de Brazzaville avait été au général de Gaulle en 1944. Alors que le
président français avait lui-même évoqué ce parallèle la veille, les
applaudissements à peine polis que lui ont réservés les 1300 auditeurs triés
sur le volet à l'université Cheikh Anta Diop, jeudi 26 juillet, ont sonné le
glas de cette ambition.
Debout dans la limousine du président sénégalais Abdoulaye
Wade, Nicolas Sarkozy avait pu apprécier, en début de journée, l'accueil
bruyant, coloré, bon enfant – et très organisé – traditionnellement réservé aux
chefs d'Etat français dans les anciennes colonies. "J'aime l'Afrique,
j'aime et je respecte les Africains", a-t-il indiqué.
A la tribune de l'université, le président a lancé une
longue adresse à la jeunesse d'Afrique. Déclinant l'un des thèmes de sa
campagne présidentielle, il a rappelé son refus d'entrer dans un exercice de
repentance, parce que "nul ne peut demander aux fils de se repentir des
fautes de leurs pères".
Certes, le président n'a "pas nié les fautes ni les
crimes, car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes". Avec des mots
plus forts que jamais, il a qualifié "la traite négrière et
l'esclavage" de "crimes contre l'homme, crimes contre
l'humanité" . Et il a longuement dénoncé les effets pervers de la colonisation.
"Ils ont cru qu'ils étaient la civilisation (…). Ils ont abîmé une sagesse
ancestrale. (…) Le colonisateur a pris, s'est servi, il a exploité, il a pillé
des ressources (…). Ils ont eu tort" a-t-il scandé.
"Ils se trompaient mais ils étaient sincères",
a-t-il toutefois nuancé. Plutôt que la repentance, M.Sarkozy préfère le
partage, la compassion au sens premier : "Je suis venu vous dire que ta
déchirure et ta souffrance sont les nôtres et donc les miennes." Puis,
comme s'il cherchait à équilibrer les torts, M. Sarkozy a invité l'Afrique a
faire sa propre autocritique : "L'Afrique a sa part de responsabilité dans
son propre malheur : la colonisation n'est pas responsable des guerres
sanglantes que se font les Africains entre eux, des génocides, des dictateurs,
du fanatisme, de la corruption et de la prévarication."
Pour le président français, c'est au sein même de l'identité
africaine qu'il semble falloir chercher les freins au développement du
continent : "Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas
assez entré dans l'Histoire (…). Jamais il ne s'élance vers l'avenir (…). Dans
cet univers où la nature commande tout, l'homme reste immobile au milieu d'un
ordre immuable où tout est écrit d'avance. (…) Il n'y a de place ni pour l'aventure
humaine, ni pour l'idée de progrès." Pour M. Sarkozy, le salut du
continent ne pourra venir que du métissage, de l'assimilation de la part de
civilisation européenne laissée par l'Histoire : "Elle est le fruit d'un
grand péché d'orgueil de l'Occident mais elle n'est pas indigne (…) , car elle
est l'appel de la liberté, de l'émancipation et de la justice." Le chef de
l'Etat français pense que ce métissage préparera "l'avènement de
l'Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l'Europe et l'Afrique" que
son projet d'"Union méditerranéenne" pourrait préfigurer.
"Il faut revenir
bâtir l'Afrique"
Pour cette "Renaissance africaine" qu'il appelle
de ses vœux, M.Sarkozy estime que l'Afrique aura besoin de sa jeunesse : "Jeunes
d'Afrique, vous devez pouvoir acquérir hors d'Afrique la compétence et le
savoir que vous ne trouvez pas chez vous (…). Vous devez aussi à la terre
africaine de mettre à son service les talents que vous aurez développés." "Il
faut revenir bâtir l'Afrique" a-t-il lancé. Un thème qu'il avait déjà
développé lors de sa conférence de presse au côté du président Wade pour
justifier sa politique d'immigration restrictive : " La France n'a pas à rougir de
ce qu'elle fait (…), elle est un pays ouvert, généreux, qui aime l'Afrique,
mais qui n'a pas l'intention de piller le Sénégal et qui ne peut accueillir
tout le monde." Le président sénégalais dit partager cette analyse : "L'immigration
est un danger, même pour l'Afrique", a-t-il affirmé.
Un an avant son élection, M.Sarkozy avait appelé à "construire
une relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée des
scories du passé" avec l'Afrique. Une "rupture" avec les
vieilles habitudes de la "Françafrique".
Annoncées voici quelques semaines, les destinations
envisagées pour le premier voyage africain du président – Afrique du Sud,
Congo-Kinshasa, Ghana, en plus du Sénégal – semblaient conforter cette
ambition, avant d'être abandonnées. Au pouvoir depuis quarante années, le
président gabonais Omar Bongo, auquel M.Sarkozy rend visite vendredi à
Libreville, peut difficilement passer pour un symbole de renouveau. "Vous
savez qu'en Afrique, l'ancienneté d'un chef d'Etat, ça compte, a confié le
président français. Pas un chef d'Etat africain n'aurait souhaité qu'on humilie
le doyen."
"Parler de précarré n'a aucun sens, ce n'est pas
respectueux, a affirmé, agacé, M. Sarkozy, jeudi à Dakar, à un journaliste
sénégalais. Nous avons en Afrique des amis parce que nous avons une histoire
commune, et d'autres dont nous avons intérêt qu'ils se développent. (…) La France est amie de
l'Afrique, de l'Afrique francophone d'abord, mais elle ne s'interdit pas
d'avoir des amis ailleurs." Le président a promis qu'il effectuera
prochainement "une autre tournée" africaine, différente.
Le chef de l'Etat français entame sa tournée par le Sénégal, avant de rejoindre le Gabon
© Thomas Hofnung | vendredi 27 juillet 2007
En 1995, pour son premier voyage en Afrique subsaharienne en
tant que président, Jacques Chirac avait visité le Sénégal, la Côte-d'Ivoire et le Gabon,
trois piliers traditionnels du pré carré français sur le continent. Douze ans
plus tard, son successeur, Nicolas Sarkozy, était, hier, à Dakar, première
étape de sa première «tournée» africaine. Aujourd'hui, il sera au Gabon, chez
le «doyen» Omar Bongo, au pouvoir depuis. 1967. Seule l'escale d'Abidjan a
disparu du périple, le contact entre l'Elysée et le président Gbagbo n'ayant
toujours pas été rétabli.
Serait-ce là la seule rupture avec l'ère Chirac ?
L'année dernière, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy
avait prononcé un discours musclé au Bénin, assurant vouloir rompre avec la «
Françafrique» de papa fondée, en grande partie, sur des liens personnels et
opaques. «Ce n'est ni à Dakar, ni à Libreville, que le Président pouvait
prononcer un discours annonçant la rupture avec les usages du passé», confie
l'un de ses conseillers.
Rumeurs
Le choix des étapes de ce premier voyage du Président
Sarkozy en Afrique fut un véritable casse-tête, alimentant une querelle entre
les «Anciens» et les «Modernes». Les premiers ont plaidé pour le respect des
liens traditionnels, les seconds pour une étape au Ghana ou en Afrique du Sud,
deux pays anglophones, ou en république démocratique du Congo, soutenue à bout
de bras par l'Union européenne. Ils n'ont pas eu gain de cause.
Nicolas Sarkozy, lui-même en convient, a été rattrapé par le
poids des traditions. Le Sénégal est «incontournable», dit-il. Tout comme le
«doyen» Bongo : «En Afrique, le statut d'ancien, cela compte. Ne pas aller à
Libreville, c'était humilier Bongo.»
Et le président français de rappeler qu'il ne s'est jamais
rendu au Gabon. Certes, mais depuis son élection, il a déjà rencontré à deux
reprises Omar Bongo à Paris, alimentant les rumeurs du «village
franco-africain» sur ces liens, décidément bien particuliers avec Libreville.
Enquêtes
A défaut de rupture tonitruante avec les
usages du passé, les observateurs auront noté des inflexions inédites à Paris
depuis l'arrivée de Sarkozy à l'Elysée. Saisie par des ONG, qui les accusent de
détourner l'argent public, la justice française a récemment décidé d'enquêter
sur le patrimoine immobilier du président Bongo et de son homologue congolais,
Denis Sassou N'guesso, à Paris.
Autre première : deux Rwandais, recherchés par la justice
internationale pour leur responsabilité dans le génocide de 1994, viennent
d'être arrêtés en France, dans l'attente de leur éventuelle extradition.
Enfin, le «suicide» du juge Borrel à Djibouti a été
brusquement requalifié en «assassinat», au lendemain de la réception à l'Elysée
de sa veuve.
«Nous voulons promouvoir le changement, plutôt que de verser
dans le déni des relations anciennes que nous entretenons avec des gens adoubés
par leurs pairs africains», justifie un conseiller de Sarkozy.
Un changement dans la continuité plutôt qu'une rupture
franche et nette.
France / Afrique 2007
Sarkozy à Dakar
© Chritophe Boisbouvier
Lors de son discours à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar,
le président français, Nicolas Sarkozy, a appelé la jeunesse africaine à
« regarder ensemble vers l'avenir ».
Le président français Nicolas Sarkozy, a profité de sa visite à Dakar, le 26
juillet, pour exposer sa vision des relations avec l'Afrique. Il a aussi appelé
la jeunesse africaine à aller de l'avant en évitant de ressasser la passé.
Alors que l'auditoire était assez perplexe devant son intervention, le
président français a néanmoins partagé une même vision que le président Abdoulaye
Wade à propos de l'immigration.
Devant un millier d'étudiants et de hauts fonctionnaires
réunis dans un amphithéâtre de l'université Cheikh Anta Diop, à Dakar, le
président français a développé ses thèmes favoris sur l'immigration, la non
repentance, tout en qualifiant la colonisation de « grande faute ».
Sarkozy et la
colonisation
«...De cette grande faute est née l'embryon d'un destin
commun.»
Tout en se défendant d'être un donneur de leçons, le chef de
l'Etat français s'est tout de même lancé dans une analyse sociologique des maux
dont souffrent les Africains en leur indiquant la voie de la modernité.
La renaissance
africaine
«Le paysan africain ne connaît que l'éternel recommencement
du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestesc et des mêmes
paroles. »
Le chef de l'Etat français a terminé son discours par des
propositions en affirmant la volonté de la France d'accompagner l'Afrique sur le chemin de
la bonne gouvernance.
Le partenariat
«Ce que veut l'Afrique et la France avec elle, c'est la
coopération, c'est l'association, c'est le partenariat entre des nations égales
en droits et en devoirs.»
Immigration choisie
C'est à une sorte de mea-culpa que s'est prêté Nicolas
Sarkozy, hier à Dakar lors d'une conférence de presse auprès d'Abdoulaye Wade.
« Oui j'ai changé d'opinion sur l'immigration choisie et c'est le
président sénégalais qui m'a ouvert les yeux...Si les africains formés s'en
vont, avec qui vous développerez l'Afrique ? », a-t-il annoncé.
Abdoulaye Wade en a profité pour dire qu'il allait prendre
ses responsabilités et il a ajouté : « nous allons faire revenir les gens
qui sont partis clandestinement, nous le faisons avec l'Espagne, nous le ferons
avec la France ».
Nicolas Sarkozy reconnaît que la colonisation "fut une grande faute"
© LEMONDE.FR avec AFP |
26.07.07 | 20h51 • Mis à jour le 26.07.07 | 20h55
"Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes, car
il y a eu des fautes et il y a eu des crimes", a déclaré le chef de l'Etat
à l'université Cheikh-Anta-Diop, dans la capitale sénégalaise. La traite
négrière et l'esclavage ne furent "pas seulement un crime contre les
Africains, ce fut un crime contre l'homme, un crime contre l'humanité toute
entière", a-t-il souligné.
"Regarder
ensemble (...) Au-delà de cette déchirure"
"Le colonisateur est venu, il a pris, il s'est servi,
il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui
appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa
liberté, de sa terre, du fruit de son travail." Mais "la colonisation
n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique, a
estimé Nicolas Sarkozy. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que
se font les Africains entre eux", ni des "génocides", des
"dictateurs", du "fanatisme", "de la corruption et de
la prévarication (...), des gaspillages, de la pollution."
Nicolas Sarkozy a de nouveau affirmé que nul ne pouvait
demander aux générations d'aujourd'hui d' "expier ce crime perpétré par
les générations passées". Il a souligné qu'il n'était pas venu à Dakar
parler de "repentance" mais proposer aux Africains de "regarder
ensemble (...) au-delà de cette déchirure et de cette souffrance".
En accord avec le président sénégalais Abdoulaye Wade,
Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi qu'il allait, par la suite, rencontrer les
membres de l'opposition sénégalaise. "En plein accord avec le président
Wade, ils ont demandé à me voir, je suis là, je les vois", a déclaré M.
Sarkozy. Les opposants avaient contesté la réélection de M. Wade, intervenue
dès le premier tour de l'élection présidentielle du 25 février.
Les priorités des Africains selon le New York Times
© Isabelle Grimaldi | BBC Afrique, Washington | 26 Juillet,
2007 - 04:13 GMT
Au vu des résultats publiés par le quotidien américain, ce
sont les Ghanéens et les Tanzaniens qui sont le plus satisfaits des progrès de
la démocratie dans leur pays, tandis que les Nigérians et les Ethiopiens sont
les plus mécontents sur ce plan.
67% des Nigérians estiment ainsi que les élections
présidentielles d'avril n'ont pas été justes et libres. Ils sont même 87% à
désapprouver la situation dans leur pays.
80% des Nigérians pensent en particulier que la richesse
tirée du pétrole ne profite pas aux gens ordinaires. Le sondage montre
d'ailleurs qu'au Nigeria comme dans les 9 autres pays sondés, une majorité d'Africains
jugent que la corruption des élites et des dirigeants politiques est un
problème important.
Une majorité des personnes interrogées indiquent cependant
que leur propre situation financière s'est améliorée depuis cinq ans, sauf en
Côte d'Ivoire, en Tanzanie et en Ouganda.
Malgré leur préoccupation à propos du SIDA, peu de personnes
interrogées savent si elles sont infectées. Au Ghana, où le chiffre est le plus
bas des 10 pays sondés, 4% seulement des adultes ont ainsi subi le test du
SIDA.
En ce qui concerne l'éducation, la majorité des personnes
interrogées soulignent qu'il leur est plus difficile de trouver un enseignement
de qualité pour leurs enfants que d'assurer leurs besoins alimentaires.
Le New York Times a également voulu connaître l'image que
les Africains ont des Etats-Unis.
A cet égard, le sondage montre que la majorité des personnes
interrogées considèrent les Etats-Unis comme un allié fiable de leurs pays.
Néanmoins, la culture américaine et les valeurs de la
société américaine sont jugées négativement. Le rejet est le plus fort en
Tanzanie et au Sénégal, et dans une moindre mesure au Mali, au Ghana et au
Kenya.
26 juillet 2007
La RDC conviée au séminaire sur les biocarburants à Addis-Abeba
La capitale de l’Ethiopie, Addis-Abeba, abrite du 30 juillet au 1er août 2007
le premier séminaire de haut niveau sur les biocarburants en Afrique.
Ces
assises sont co-organisées par l’Union africaine (UA), l’Organisation des
Nations unies pour le développement industriel (Onudi) et le gouvernement du
Brésil. Cette rencontre devra s’atteler à informer les décideurs politiques,
les opérateurs du secteur privé et les institutions régionales sur le
développement des biocarburants et leurs enjeux en Afrique ; explorer les
opportunités des biocarburants en Afrique, tout en assurant un équilibre entre
les potentialités, les risques et les choix équitables, amener les acteurs du
secteur des biocarburants à mettre en place un plan stratégique de
développement de cette nouvelle source d’énergie en Afrique ; et faciliter le
développement des politiques et stratégies viables de l’industrie des
biocarburants en Afrique.
Cette rencontre sera aussi un forum d’échange de
connaissances sur le potentiel des biocarburants en Afrique et sur les défis
connexes : analyse des obstacles au transfert de technologies et des stratégies
visant à faire face à ces obstacles, partage d’expériences du Brésil et de
l’Inde et d’autres succès remarquables et enseignements, à l’intention de
l’Afrique, et enfin, l’élaboration des principes directeurs pour adoption par
les gouvernements africains.
Au regard des thèmes majeurs qui seront traités pendant ce
séminaire dit de haut niveau, la participation de la RDC est plus qu’impérieuse
étant donné les potentialités, jusque-là intactes, que le pays dispose en
matière notamment des biocarburants. Bien plus, la participation de la RDC à ces assises doit être
dictée par la nécessité de tirer des leçons de performances et de
contre-performances des nations du monde qui ont eu à exploiter ce domaine
alors que Kinshasa n’a pas encore une politique nationale en la matière. Comme
pour dire que cet événement ne doit aucunement laisser indifférent le
gouvernement congolais en général et les ministères compétents en particulier.
En effet, la RDC
réunit tous les avantages majeurs pour le développement des biocarburants :
climats favorables, immenses ressources en terre, main d’œuvre abondante. Autant
d’opportunités favorables qui mettent le Congo-Kinshasa en ordre utile pour
s’investir dans les biocarburants. Les préalables restent d’identifier les
technologies et les matières premières qui répondent aux exigences économiques
et environnementales de la RDC.
Les biocarburants présentent de très bonnes perspectives
pour la RDC. Il s’agit d’une question stratégique du développement national : réduction de la
facture pétrolière, sécurité énergétique, équilibre de la balance commerciale,
réduction de la pauvreté et du chômage dans les zones rurales.
Un business florissant
Au plan international, c’est depuis la fin des années 90 que
les biocarburants sont devenus un grand enjeu stratégique. Dès lors, on assiste
à une hausse sans précédent de leur production dans le monde. Une croissance
moyenne annuelle de 15% sur les 5 dernières années, concentrée essentiellement
au Brésil, aux Etats-Unis et en Europe. Mais de nombreux pays émergents -
Chine, Inde, Malaisie, Indonésie et Afrique du Sud - s’y intéressent également
de près, imités par des pays pauvres comme le Sénégal, le Mali, le Madagascar,
etc. Les biocarburants totalisaient en 2005 une production de 22 Millions de
tonnes équivalent pétrole dans le monde. Un chiffre qui devrait plus que
doubler d’ici à 2015, compte tenu des investissements en cours dans de nombreux
pays. Ces investissements sont passés de 80 à 100 milliards de dollars entre
2005 et 2006. Les compagnies pétrolières, des puissances financières redoutables,
considèrent les biocarburants comme un business florissant. Au point que l’OPEP
a même menacé de fermer ses robinets si ses plus gros clients, l’Europe et les
Etats-Unis, augmentaient leurs taxes sur l’essence en vue de subventionner
leurs productions d’énergies renouvelables.
Selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie
(AIE), la multiplication de cinq à sept fois de la production mondiale de
carburants verts attendue d’ici à 2030 devrait bouleverser l’économie des
productions et des échanges agricoles et énergétiques mondiaux dans les dix à
quinze prochaines années. La compétitivité de chaque filière et donc de chaque
région du monde dépend à la fois de son rendement énergétique, de ses coûts de
production, de la capacité de ses acteurs à profiter - ou à se protéger - de la
concurrence mondiale et du prix du pétrole.
Au fait, l’engouement au biocarburant reste une alternative
notamment à la pollution actuelle de suite des énergies fossiles. Ce qui ne
devrait pas laisser la RDC
en reste surtout que le pays regorge plus de la moitié des forêts du Bassin du
Congo, deuxième massif forestier du monde après celui de l’Amazonie. Pour les
pays développés, l’objectif est surtout de réduire les gaz à effet de serre et
d’améliorer la sécurité de l’approvisionnement en énergie. La nouvelle
politique énergétique de l’UE, adoptée en mars 2007, propose de favoriser la
production et la consommation des biocarburants en fixant un seuil de 10 % pour
la part du marché des biocarburants d’ici à 2020. Les Etats-Unis ont érigé le
développement de l’éthanol au rang de priorité nationale. Ils y consacrent
annuellement entre 5,5 et 7,3 milliards de dollars de subvention. Ces aides
devraient atteindre entre 6,3 et 8,7 milliards de dollars par an d’ici à 2010.
Ils sont décidés de réduire leur consommation d’essence de 20% en 10 ans et
d’accroître la consommation d’éthanol de 19 milliards de litres aujourd’hui à
132 milliards en 2017.
© AMEDEE MWARABU KIBOKO
25 juillet 2007
Sarkozy en Afrique : chevalier blanc ou nouvel homme de l’ombre ?
Communiqué, le 25 juillet 2007
Nicolas Sarkozy effectue cette semaine son premier voyage présidentiel en
Afrique subsaharienne. Après avoir rendu visite à Muammar Kadhafi, chef d‘Etat
que la France
a cessé depuis longtemps de considérer comme infréquentable, intérêts
économiques obligent, il prononcera un discours sur « sa » politique
africaine, à Dakar, jeudi, avant de rendre visite à Omar Bongo. Un mélange des
genres qui reflète les ambiguïtés des 10 premières semaines à l’Elysée en
matière de relations franco-africaines.
« Nous ne soutiendrons ni les dictatures, ni les pays
dirigés par des régimes corrompus » : le programme électoral de l’UMP
affichait clairement une volonté de rompre avec la politique africaine
traditionnelle. Il faisait écho à l’appel pour « une autre relation entre la France et l’Afrique »
envoyé aux candidats à la présidentielle par 150 organisations de la société
civile de 20 pays d’Afrique en février 2007. Pourtant, depuis son entrée en
fonction, entre rupture « tranquille », continuité et innovations, le
président a émis des signaux très contradictoires.
Côté « rupture », beaucoup d’observateurs ont
décelé un attachement moins marqué pour l’impunité des acteurs de la Françafrique. Pour
preuve, la plainte de 3 associations pour recel de détournement de biens
publics, visant le patrimoine immobilier des chefs d’Etat africains, a débouché
sur l’ouverture, le 18 juin, d’une enquête préliminaire. Au grand dam des
présidents gabonais et congolais. Autre signal fort, inimaginable sous l’ère
chiraquienne : l’abandon de la thèse officielle du suicide du Juge Borrel
à Djibouti en 1996, doublé de perquisitions chez l’ancien responsable de la
« cellule Afrique » de l’Elysée, Michel de Bonnecorse. Sans oublier
l’arrestation en France la semaine dernière de deux présumés génocidaires
Rwandais poursuivis par le TPIR.
Sur le plan institutionnel, en confiant les Affaires
étrangères et la
Coopération à des ministres de gauche (encore que le bord
politique n’ait jamais été déterminant en matière de relations
franco-africaines) et en créant un secrétariat d’Etat aux Droits de l’Homme, le
Président a sans doute souhaité adresser un signal progressiste. La volonté
affichée par Jean-Marie Bockel, le 17 juillet, de conditionner l’aide au
respect de la démocratie et des droits de l’Homme, si elle n’est pas sans
rappeler les (vaines) promesses du discours de La Baule de François Mitterrand
en 1990, irait dans ce sens.
Mais déjà, le mutisme de Rama Yade lors de son passage en
Tunisie ou les allégements de dette exceptionnels accordés récemment au Gabon
relativisent le propos. Nicolas Sarkozy s’emploie-t-il en fait à brouiller les
pistes ? Le renforcement de l’équipe « Afrique » de l’Elysée
peut-il laisser émerger les nécessaires contre-pouvoirs parlementaires et
citoyens sur des sujets aussi sensibles que les interventions militaires ou les
quitus électoraux au Togo ou au Tchad ? La clarification annoncée des
relations avec les Etats africains est-elle envisageable quand, aux
interlocuteurs existants que sont le Quai d’Orsay, la Coopération, l’AFD,
Bercy et la Défense,
s’ajoutent le ministère du Codéveloppement et le secrétariat d’Etat aux Droits
de l’Homme ?
Autre sujet ambigu, les relations avec des chefs d’Etat à
nos yeux infréquentables, notamment ceux des pays pétroliers. Alors qu’il
laisse s’ouvrir une enquête concernant Denis Sassou Nguesso et Omar Bongo, le
président français multiplie les signes d’amitié envers eux. Le 6 mai, à peine
élu, Nicolas Sarkozy appelle Omar Bongo pour l’informer de sa victoire et le
remercier pour ses « conseils ». Afin de ne pas afficher trop
ouvertement ses connivences avec le président gabonais, il s’emploie à recevoir
la présidente libérienne la veille de sa venue, le 25 mai dernier.
Omar Bongo ne sera donc pas le premier chef d’Etat reçu à
l’Elysée, mais il obtient que les principaux ténors du gouvernement Fillon
défilent, le lundi de Pentecôte, dans l’un de ses luxueux appartements visés
par le parquet de Paris. Le 19 juillet, il obtient du Club de Paris, qui réunit
les principaux pays créditeurs, un remboursement anticipé de la dette gabonaise
environ 15% en dessous de sa valeur. La mesure, du jamais vu, coûte plus
de 150 millions d’euros à la
France. La population gabonaise, dont 40% vit sous le seuil
de la pauvreté, n’en verra probablement guère la couleur. Peu importe, Nicolas
Sarkozy veut s’assurer un accueil chaleureux au Gabon, où il se rend le 26
juillet. D. Sassou Nguesso, quant à lui, a été reçu à l’Elysée le 5 juillet,
juste après des élections législatives grossièrement tronquées au Congo.
Plusieurs de ses proches sont poursuivis pour crime contre
l’humanité dans l’affaire du Beach et pour détournement massif de revenus
pétroliers, mais la corruption et l’absence d’Etat de droit sont à peine
évoquées lors de l’entretien présidentiel. Il y a fort à craindre qu’ils ne le
soient pas davantage lors de la rencontre avec le président lybien Muammar
Kadhafi.
Le signal le plus
négatif envoyé au continent noir reste le nouveau dispositif sur les
migrations.
Nicolas Sarkozy a construit son impopularité en
Afrique lors de son passage à l’Intérieur. La mise en application de
« l’immigration choisie » ne devrait pas y remédier. Vider le
continent de ses compétences tout en fermant la porte aux migrants africains
n’est pas seulement paradoxal. C’est cynique. Car après tout, les migrants ne
font que suivre les capitaux de leurs pays : on estime que pour un euro
d’aide reçu par l’Afrique, 4 à 8 euros quittent le continent illégalement vers
des comptes bancaires internationaux. Sans oublier les rapatriements des
bénéfices des multinationales comme Bolloré, Total ou Bouygues. Plus que de contrôler
l’immigration, l’enjeu n’est-il pas de permettre aux Africains de vivre de
leurs richesses ?
Des défis, Nicolas Sarkozy s’en est lancés. Construire avec
l’Afrique une relation « nouvelle, assainie, débarrassée des scories du
passé » n’est pas le moindre. Les citoyens français et africains attendent des
signes forts et des mesures claires.
Association Survie
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Sarkozy en tournée en Afrique
25 Juillet, 2007 - Heure de publication 04:03 GMT
Le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy commence par la Libye sa tournée en Afrique
La libération des infirmières bulgares a modifié son calendrier. Il se rendra
après Syrte au Sénégal puis au Gabon.
Le souhait affiché du président français est de rompre avec
les méthodes du passé en particulier dans les relations franco-africaines.
Pour prouver cette volonté de rupture, il espérait inclure
dans son premier périple subsaharien des Etats anglophones, hors du périmètre
du pré-carré français.
Les noms de deux pays circulaient ces dernières semaines à
Paris : l'Afrique du sud et le Ghana.
Finalement, hormis la Libye, le chef de l'Etat se contentera de deux
destinations inclues dans la zone traditionnelle d'influence de la France en Afrique : le
Sénégal et le Gabon.
Développement et immigration sont les deux thèmes que
Nicolas Sarkozy doit aborder à Dakar jeudi.
Le lendemain à Libreville il évoquera la question du
développement durable.
La rupture n'est pas encore au rendez-vous
Contrairement à ses ambitions affichées, Nicolas Sarkozy ne
s'éloigne pas trop, pour l'instant, de la tradition française.
Au Gabon, après l'avoir reçu à l'Elysée, il rencontrera à
nouveau Omar Bongo, au pouvoir depuis 40 ans.
Mais si la rupture n'est pas encore au rendez-vous les
signes d'un nouveau style présidentiel semblent se dessiner chez le nouveau
locataire de l'Elysée.
Pour preuve son implication personnelle dans la libération
des infirmières bulgares en Libye avec l'envoi d'un émissaire d'un nouveau
genre, sa femme, Cécilia Sarkozy.
Autre dossier en cours : l'envoi d'une force de l'Union
européenne dans l'est du Tchad.
Afrique, mon Afrique (David DIOP)
Afrique mon
Afrique
Afrique mon Afrique
Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales
Afrique que chante ma grand-mère
Au bord de son fleuve lointain
Je ne t`ai jamais connue
Mais mon
regard est plein de ton sang
Ton beau sang noir à travers les champs répandu
Le sang de ta sueur
La sueur de ton travail
Le travail de I` esclavage
L`esclavage de tes enfants
Afrique
dis-moi Afrique
Est-ce donc toi ce dos qui se courbe
Et se couche sous le poids de l’humilité
Ce dos tremblant à zébrures rouges
Qui dit oui au fouet sur les routes de midi
Alors
gravement une voix me répondit
Fils impétueux cet arbre robuste et jeune
Cet arbre là-bas
Splendidement seul au milieu des fleurs
Blanches et fanées
C`est I`
Afrique ton Afrique qui repousse
Qui repousse patiemment obstinément
Et dont les fruits ont peu à peu
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Côte d'Ivoire : Abus sexuels sur mineures à Bouaké - l'Onuci épingle son contingent marocain
Fraternité
Matin - Abidjan (Côte d'Ivoire)
23 Juillet 2007 | Paulin N. Zobo
Le contingent marocain en service au sein de l'Opération des
Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), a été suspendu à la suite des allégations
de nombreux cas d'exploitation et d'abus sexuels portés contre certains de ses
éléments basés à Bouaké», indique un communiqué de l'ONUCI dont nous reçu copie
le 21 juillet. Aussi, «les troupes marocaines sont cantonnées dans leurs
bases.»
«La décision a été prise le vendredi 20 juillet par le siège
des Nations unies en raison de la gravité des allégations et à la suite d'une
enquête menée par l'ONUCI», ajoute le communiqué. Selon M. Hamadoun Touré,
porte-parole de l'ONUCI, le contingent marocain compte 732 personnes, le plus
grand effectif après celui du Bangladesh. Et de préciser que cette mesure de
suspension qui n'est «pas une radiation» s'explique en raison de «la gravité»
des faits comme l'indiquent «les résultats préliminaires» obtenus au terme de
«l'enquête interne».
Ces relations sexuelles auraient été entretenues par
certains éléments avec des mineurs dans le centre du pays, fief de
l'ex-rébellion, selon l'AFP. «La suspension est une mesure conservatoire pour
confiner tout le monde dans leurs camps», a dit le porte-parole, en attendant
les conclusions finales de l'enquête. C'est d'ailleurs dans ce cadre
qu'intervient également le Bureau du contrôle interne des Nations unies basé à
New York. Le communiqué affirme que ce Bureau «est actuellement en train
d'approfondir l'enquête à l'issue de laquelle des décisions appropriées seront
prises». Même si Hamadoun Touré n'a pas dit le temps que ça prendra, il a
cependant souhaité «que les résultats soient connus le plus rapidement
possible».
«La mesure prise par l'ONU est conforme à la politique de
tolérance zéro des Nations unies en ce qui concerne l'exploitation et les abus
sexuels». Cette mesure est la première du genre en Côte d'Ivoire depuis le
déploiement de l'ONUCI en 2003. Jusque-là, des séminaires de formation et de
sensibilisation avaient été organisés à l'intention des Casques bleus et du
personnel de l'ONUCI. Notamment, après la visite, le 4 mars 2005, en Côte
d'Ivoire, de Mme Louise Fréchette, vice-secrétaire général de l'ONU. «A cette
occasion, elle a mis l'accent sur la politique de tolérance zéro en vigueur aux
Nations unies pour les militaires, les éléments de la Police civile et les
fonctionnaires civils».
M. Hamadoun Touré s'est voulu rassurant quant à l'impact
qu'une telle décision pourrait avoir sur le processus de paix. Toutes les
dispositions, a-t-il dit, ont été prises pour que la suspension n'ait pas
d'effet sur toutes les activités opérationnelles de l'ONUCI, à commencer par
"La flamme de la paix" prévue le 30 juillet à Bouaké. Cérémonie qui
se déroulera en présence du Président de la République, Laurent
Gbagbo, et plusieurs autres Chefs d'Etat africains invités et au cours de
laquelle le contingent marocain devait être en première ligne.
L'ONUCI et la force Licorne ont été sollicitées par le
Premier ministre, Guillaume Kigbafori Soro, à s'associer aux forces armées
ivoiriennes pour assurer la sécurité de la manifestation et son succès.
Le Maroc initie sa propre enquête
Le Royaume chérifien a décidé d'ouvrir sa propre enquête
pour faire la lumière sur cette affaire, avons-nous appris hier, de sources diplomatiques.
Non sans avoir déploré le fait que les autorités n'aient pas été officiellement
informées et qu'elles aient appris l'information au même moment que le grand
public, à travers les médias.
Pour l'heure, les autorités marocaines veulent croire qu'il
s'agit de rumeurs ou de cas isolés. Et de rassurer que si d'aventure les faits
étaient avérés, elles seraient prêtes à faire subir aux soldats en cause la
rigueur de la loi. Parce que le Maroc adhère à la tolérance zéro et ne peut, de
ce fait, tolérer aux marginaux des actes qui pourraient ternir l'image du pays.
Les mêmes sources diplomatiques ont d'ailleurs rappelé le cas de 3 soldats
marocains qui avaient été reconnus coupables d'abus sexuels en RDC. Ils avaient
été rapatriés et jugés au pays.
Le dernier contingent marocain est en Côte d'Ivoire depuis 2
mois. Son effectif total est d'environ 1200 hommes. 732 soldats sont basés à
Bouaké et les autres entre Tiébissou, Kouassikro et Sakassou




