19 juillet 2007
Le fils du président du Congo tous frais payés
Une ONG publie sur Internet les dépenses de Christel
Sassou-Nguesso réglées grâce à un compte offshore.
© RENAUD LECADRE
Jeudi 19 juillet 2007
La famille Sassou-Nguesso n'aime pas ce genre de publicité. L'ONG Global Witness, qui milite contre la corruption, a
récemment publié sur son site Internet une série de documents bancaires
retraçant les dépenses personnelles de Christel Sassou-Nguesso, le fils du
président du Congo.
Des dépenses somptuaires effectuées à Paris ou Marbella, et
réglée grâce à un compte offshore, bénéficiaire indirect de recettes
pétrolières de l'Etat congolais. Parmi ses fournisseurs habituels : Louis
Vuitton, Dior, Chanel. Un tribunal londonien a débouté Sassou-Nguesso fils de
sa requête visant à censurer le site (1). Global Witness a récupéré ces
documents à l'occasion des nombreuses procédures judiciaires (à Londres, New
York ou Hongkong) opposant l'Etat congolais et des «fonds vautours», structures
financières souvent basées dans des paradis fiscaux, spécialisées dans le
rachat à bas prix de la dette publique déficit public de pays surendettés du
tiers-monde.
Cargaisons.
Au Congo-Brazzaville, le fonds Kensington (îles Caïmans),
après avoir racheté pour 10 millions de dollars une créance dont la valeur
était à l'origine de 80 millions, exige le remboursement de 300 millions
de dollars (compte tenu des intérêts de retard). La tâche des créanciers privés
se résume à rémunérer des cabinets d'avocats en vue de saisir des cargaisons
pétrolières ou le moindre avoir bancaire.
Pour échapper à ses créanciers, l'Etat congolais a mis en
place une invraisemblable usine à gaz, sa compagnie pétrolière (SNPC) passant
contrat avec des intermédiaires tropicaux dans la plus parfaite opacité, avec
le soutien logistique de BNP Paribas. Denis Sassou-Nguesso se justifie : «Nous
continuerons de nous opposer à cette forme de pillage, de gangstérisme. Nous
n'avons pas caché de l'argent, nous avons plutôt protégé les ressources du
Congo pour qu'elles lui reviennent.» Audacieuse posture, compte tenu de
l'évaporation proverbiale en Afrique.
Coquille.
La dernière procédure initiée à Hongkong par Kensington,
outre qu'elle oblige le Congo à brader son pétrole en deçà des cours mondiaux,
a mis au jour un système de dérivation au profit de son fils, Christel.
Président de la Cotrade,
filiale de la SNPC
chargée de commercialiser son pétrole, il est l'ayant droit personnel d'une
coquille offshore, Long Beach Ltd. Basée à Hongkong et gérée par une fiduciaire
d'Anguilla, elle bénéficie d'un «contrat de consulting» passé en 2004 avec
une autre structure créée par la
SNPC, Sphynx Bermuda.
Bref, le pétrole congolais alimente les dépenses
personnelles de Christel Sassou-Nguesso, payées en carte Gold. CQFD. Et ce
qu'il ne fallait surtout pas mettre en ligne.
Stars et buts contre le racisme pour les 89 ans de Nelson Mandela
AFRIQUE DU SUD - 19 juillet 2007 - AFP
Des stars du football, dont le mythique Pelé, ont célébré
mercredi les 89 ans de Nelson Mandela, inscrivant notamment 89 tirs au but
symboliques contre le racisme sur l'île de Robben (ouest), où le héros de la
lutte anti-apartheid a été détenu pendant 18 ans, avant de disputer un match
Afrique-reste du monde (3-3).
Parmi les buteurs invités sur Robben Island figuraient des
joueurs en activité, comme le Camerounais Samuel Eto'o, attaquant du FC
Barcelone, des légendes du football comme le Néerlandais Ruud Gullit ou le
Libérien George Weah, mais aussi des représentants de la Fédération
internationale de football (Fifa) et d'anciens co-détenus de Mandela.
"Je suis un fils de Mandela. Il m'a inspiré et il s'est
battu pour le continent. Il a inspiré des millions de personnes de par le
monde", a déclaré Weah, ex-meilleur joueur mondial de l'année, qui a
ensuite échoué à se faire élire président du Liberia.
Gullit, ex-Ballon d'or 1987 et ancien entraîneur de Chelsea,
a pour sa part estimé que la leçon à tirer de la vie de Mandela, c'est
qu'"il y a toujours de l'espoir".
"Si vous croyez en vous-même et que vous vous battez
durement pour quelque chose de juste, vous réussirez", a-t-il dit à l'AFP.
L'ancienne icône du football brésilien, Pelé, 66 ans, aurait
dû participer à la cérémonie mais n'a pas pu effectuer la traversée en bateau
de 45 minutes, parce qu'il souffre du mal de mer.
Mais trente ans après s'être retiré du football, il a foulé
mercredi soir pendant quelques minutes la pelouse du stade de Newlands au Cap,
en ouvrant un match de gala pour lequel une équipe africaine a affronté
"le Reste du monde", une rencontre sous sous le signe de la lutte
contre le racisme, grand combat de Nelson Mandela qui devait suivre le match à
la télévision.
Les deux équipes se sont séparées sur un score de parité
3-3, avec des buts du Chilien de 40 ans Ivan Zamorano (6e), du Néerlandais de
45 ans Ruud Gullit (45e) et de l'Espagnol de 33 ans Julen Guerrero (72e) pour
le reste du monde; du Ghanéen de 43 ans Abedi Pelé (9e) et de l'Egyptien de 41
ans Hossam Hassan (30e, 50e) pour l'Afrique.
Eto'o, le plus jeune sur le terrain (24 ans), a échoué
plusieurs fois sur Andoni Zubizarreta, ancien gardien du Barça qui a presque
deux fois son âge.
Lors d'une conférence de presse, Pelé avait auparavant
exprimé l'honneur qu'il ressentait en participant aux cérémonies d'anniversaire
de Nelson Mandela, un homme dont il dit avoir appris beaucoup. "Nous
devons continuer de combattre, en l'honneur de M. Mandela, contre le racisme et
la discrimination"
"Nous devons nous rappeler que le vieil homme (Mandela)
a travaillé toute sa vie pour ce pays. Il a sacrifié beaucoup de choses, sa
femme, sa famille...", a souligné pour sa part Afrika Hlapo, 47 ans, un
ancien détenu politique de Robben Island, qui dit avoir passé une journée
"très spéciale".
Madiba, surnom clanique et affectueux du premier président
noir d'Afrique du Sud (1994-1999), a passé 27 ans en détention, dont 18 à
Robben Island, pour son combat contre le régime de la minorité blanche.
Par ailleurs, un club de football créé par les détenus de
Robben Island dans les années 1960, Makana FA, s'est vu décerner mercredi le
titre de membre honoraire de la
Fifa.
18 juillet 2007
Coopération française : L'aide en fonction de la bonne gouvernance
Jean-Marie Bockel s'est fixé quatre priorités lors des journées
de la coopération internationale et du développement à Paris
Par Mathias Raynaud - RFI
En ouverture des Journées de la coopération internationale et du développement
2007, le secrétaire d'Etat chargé de la Coopération et de la francophonie, a prononcé
mardi à Paris un long discours définissant les grandes lignes de la politique
de la France
en matière d'aide aux pays en développement. Jean-Marie Bockel a annoncé
notamment que la France,
dorénavant, conditionnera son aide au développement aux engagements en matière
de bonne gouvernance, de respect des droits de l'homme et de la lutte contre la
corruption. Il s'est également exprimé en faveur de la poursuite des efforts
budgétaires en matière d'aide publique au développement (APD).
C'est donc un discours d'une certaine fermeté que le nouveau
secrétaire d'Etat a prononcé au Palais des Congrès de Paris. Mais le
sénateur-maire socialiste de Mulhouse a également fait un constat assez
pessimiste, de la situation dans certaines zones du globe et tout
particulièrement dans le continent africain : « les inégalités se
creusent entre les nations. En dépit des engagements pris à l'aube du XXIème
siècle par la communauté internationale, les pays qui étaient les plus pauvres
en l'an 2000 le sont tout autant ou presque en 2007. En Afrique, à quelques
rares exceptions près, l'écart avec le reste du monde ne cesse de se creuser ».
Jean-Marie Bockel a également souligné que « tout ne peut pas venir de
l'aide extérieure et qu'il ne suffit pas d'organiser la charité pour
redonner espoir à tous les exclus de la croissance et de la prospérité. (…) Il
faut par conséquent sortir de la logique de l'aide, vécue comme un simple don,
pour entrer dans une logique d'investissement, où bailleurs et récipiendaires
sont conjointement responsables ».
Aide conditionnée à la
bonne gouvernance
Le secrétaire d'Etat a ainsi défini les « vraies
priorités au développement », qui correspondent « aux principaux
défis auxquels l'humanité est confrontée aujourd'hui » : écologique,
démographique, rural et alimentaire, démocratique, culturel et linguistique.
Dans ce contexte, il a proposé des réformes structurelles de la politique de
coopération, des choix « qui devront être déterminés en concertation
étroite avec nos partenaires », étant donné que « nous ne pouvons pas
tout faire, partout ».
Pour Jean-Marie Bockel, de nouvelles règles, « simples
et compréhensibles » devront être dégagées, portant notamment sur la
nécessaire concentration de l'aide de la France, qui devra être plus sélective et obéir à
des critères d'efficacité et d'évaluation, « en privilégiant nos actions
dans chacun des pays sur un ou deux axes stratégiques ». L'aide devra être
conditionnée à la bonne gouvernance, au respect des droits de l'homme, au bon
fonctionnement de la démocratie et aux efforts en matière de lutte contre la
corruption.
Jean-Marie Bockel :
les priorités au développement
«Il n'est pas normal que les Etats aidés le soient de
manière indifférenciée sans prendre en compte le sérieux de leurs engagements,
notamment en matière de gouvernance.»
Jean-Marie Bockel a également souligné qu'il est important
de bâtir de larges coalitions en faveur du développement s'étendant de la
société civile au monde de l'entreprise, au-delà des seuls acteurs
gouvernementaux. Le nouveau secrétaire d'Etat a exprimé le souhait que la cause
du développement international devienne un enjeu majeur de la politique
gouvernementale et qu'elle puisse associer l'ensemble des citoyens. Dans ce
contexte, l'effort budgétaire en matière d'aide publique au développement devra
être poursuivi, car il s'agit d'un « élément essentiel de la crédibilité
de la France
sur la scène internationale ». L'objectif est d'atteindre, en 2015, 0,7 %
du PIB consacré à l'APD. Or ce pourcentage est actuellement inférieur à 0,5 %.
Jean-Marie Bockel :
l'aide publique au développement
«Il ne peut y avoir d'un côté une ambition politique forte
et de l'autre des moyens en constante diminution. C'est un élément essentiel de
la crédibilité de la France
sur la scène internationale.»
Jean-Marie Bockel, 57 ans, souvent défini comme un « socialiste-libéral »,
a été nommé au gouvernement le 19 juin dans le cadre de la « politique
d'ouverture » du président Nicolas Sarkozy.
© RFI
06 juillet 2007
Objectifs du Millénaire : résultats mitigés
la
Chine
Objectifs du
Millénaire : résultats mitigés
© Publié dans le Devoir (Montréal), le 4 juillet 2007
A mi-parcours de l'échéance fixée pour l'atteinte des Objectifs du millénaire
pour le développement (OMD), les Nations unies n'ont pas de raison de crier
victoire. Certes, la pauvreté extrême recule lentement et la scolarisation fait
des progrès timides, mais la réduction de la faim et de la mortalité maternelle
et infantile n'est pas suffisante. Et ces tendances persistent alors que l'environnement
ne cesse de se dégrader et que l'aide au développement diminue, malgré la bonne
volonté affichée par les pays riches.
Si les résultats présentés dans le document intitulé Objectifs du Millénaire
pour le développement, rapport 2007 indiquent que des améliorations ont eu
lieu, et que «la réussite du projet est encore possible dans la plupart des endroits
du globe», ils démontrent également que «beaucoup reste à faire». Le secrétaire
général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, qualifie lui-même l'expérience de
«mitigée».
En 2000, les États membres de l'ONU ont fixé huit objectifs essentiels à
atteindre d'ici 2015, notamment réduire de moitié la pauvreté extrême et la
faim, assurer l'éducation primaire pour tous et enrayer la propagation du
VIH/sida. Certains pays comme
Ainsi, constate l'ONU, plus d'un demi-million de femmes meurent encore chaque
année des suites de complications de grossesse ou d'accouchement «pouvant être
soignées et évitées».
À titre d'exemple, la probabilité qu'une femme meurt pour ces raisons est de 1
sur 16 en Afrique sub-saharienne, alors qu'elle est de 1 sur 3800 dans les pays
développés. La mortalité infantile demeure elle aussi très élevée,
souligne-t-on, ajoutant qu'il serait possible «de parvenir à des améliorations considérables».
L'Afrique sub-saharienne détient le triste record mondial, avec 166 décès pour 1000
naissances.
Le sida continue également de faire des ravages.
Le nombre de personnes mourant
de la maladie dans le monde est passé de 700 000 en 2001 à 2,9 millions en
2006. 2005, l
Selon l'ONU, ce constat s'ajoute au fait que la moitié de la population des
pays en développement manque de systèmes sanitaires de base. Pour atteindre la
cible fixée par les OMD, 1,6 milliard de personnes supplémentaires devront
pouvoir accéder à un système de santé entre 2005 et 2015. Or, «si la tendance
en cours depuis 1990 se confirme, il est probable qu'on manque la cible fixée
de près de 600 millions de personnes», indique le document rendu public hier.
Bonnes nouvelles
Le tableau n'est pas totalement noir pour autant. Au chapitre des bonnes
nouvelles, on note que la proportion de personnes vivant dans des conditions de
pauvreté extrême (avec moins d'un dollar par jour) est passée de 23,4 % en 1999
à 19,2 % en 2004. Si cette tendance se maintient, l'objectif de réduction de la
pauvreté des OMD sera atteint pour le monde dans son ensemble et pour la
plupart des régions, sauf pour l'Afrique sub-saharienne. L'extrême pauvreté y frappe
encore plus de 40 % des habitants, et «la région n'est pas encore sur la voie
menant à l'accomplissement de l'Objectif de réduction de la pauvreté de moitié
pour 2015».
Par ailleurs, la lutte contre la faim porte lentement ses fruits. Selon l'ONU,
27 % des enfants de moins de cinq ans dans les pays pauvres sont en déficit de
poids, un indicateur-clé pour mesurer la faim, contre 33 % en 1990, et ce chiffre
peut encore être réduit de moitié d'ici 2015, estiment les Nations unies. Les
progrès en Asie orientale ont été contrebalancés par l'Afrique sub-saharienne
et l'Asie du Sud, où 46 % des jeunes enfants souffrent de malnutrition.
Des avancées notables ont également été accomplies en matière d'éducation dans
les pays en développement. Le taux de scolarisation dans l'éducation primaire
est passé de 80 % en 1991 à 88 % en 2005.
Fait à noter, cette progression a surtout eu lieu depuis 1999. En
Près de 60 % de ces
enfants sont des filles. la Déclaration la Conférence 2005. L
En outre, à l'échelle mondiale, les mesures de contrôle du paludisme ont été
étendues. Près de trois milliards de dollars supplémentaires seraient cependant
nécessaires pour lutter contre la maladie. Or, si les financements
internationaux de la lutte contre le paludisme ont été multipliés par dix depuis
une décennie, leur montant n'atteignait encore que 600 millions $ en 2004.
Il semble aussi que l'épidémie de tuberculose soit enfin sur le point de
reculer, «même si la progression n'est pas suffisamment rapide pour réduire de
moitié les taux de prévalence et de
mortalité d'ici à 2015».
Question de richesse
La question de la répartition de la richesse est évidemment au cœur du
problème, car «ces situations reflètent le fait que les avantages de la
croissance économique dans les pays en développement ont été inégalement
répartis». En effet, dans les régions en développement, le cinquième le plus
pauvre de la population représentait 3,9 % de la consommation nationale en
2004, contre 4,6 % en 1990. Un phénomène amplifié par le fait que «la plupart
des économies n'ont pas réussi à fournir des perspectives d'emploi à leur
jeunesse, les jeunes étant trois fois plus confrontés au chômage que les adultes».
Le texte d'une vingtaine de pages fait aussi part de disparités au sein même
des pays, où des groupes particuliers de la population
Souvent ceux vivant en milieu rural, les enfants de mère n'ayant pas été
scolarisée et les foyers les plus pauvres -- ne suivent pas la progression
nécessaire pour atteindre les objectifs fixés, même lorsque le reste de la
population le fait. C'est particulièrement flagrant dans le domaine de l'accès
aux services de santé et à l'éducation. «Pour pouvoir atteindre les OMD, les
pays vont devoir mobiliser des ressources supplémentaires et cibler des investissements
publics profitant aux populations pauvres», observe le secrétaire général de
l'ONU, Ban Ki-Moon.
Il adresse du même coup un avertissement aux pays développés. «Lemonde ne veut
pas de nouvelles promesses. Il est impératif que les parties prenantes, dans
leur ensemble, respectent les engagements déjà pris lors de
Pourtant, comme l'indique clairement le rapport, des ressources adaptées
doivent être mises à la disposition des pays, «de façon prévisible, afin de
leur permettre de planifier efficacement l'augmentation progressive de leurs
investissements». Cependant, «ces promesses n'ont pas encore été tenues», déplore-t-on.
La question environnementale revêt par ailleurs une importance grandissante,
aux yeux de l'ONU, dans la mesure où le réchauffement de la planète est
désormais incontestable. «On s'attend à ce que le changement de climat ait des
conséquences sociales et économiques graves, qui entraveront la progression
vers les OMD», soulignent les auteurs. On craint aussi les effets de la
déforestation, de la croissance des émissions de gaz à effet de serre, de la
diminution de la biodiversité, de la rareté de l'eau et de l'expansion très rapide
des villes.
Le président Wade plaide pour une africanisation de la Banque mondiale
la
Banque
Le président Wade
plaide pour une africanisation de
Le chef de l'Etat sénégalais a lancé l'idée d'une
"africanisation" de la
Banque
Abdoulaye Wade présidait jeudi à Saint-Louis (nord)
l'ouverture officielle d'un colloque international sur "migration,
globalisation et changement" organisé par l'Université Gaston Berger.
"Si elle s'occupe de nous, elle doit être avec nous
dans des conditions réelles", a lancé Me Wade déplorant que ces
institutions préfèrent envoyer des missions coûteuses ou de nommer des
représentants régionaux.
De même, il a estimé qu'une institution comme la FAO
"Je me bats mais vous ne le savez pas", a lancé Me
Wade dont le combat avec les responsables de ces institutions tourne selon lui
autour de ces principes.
Pour lui, ce combat est surtout "intellectuel" et
les universitaires "bien formés" devraient être "très
utiles" pour le gagner.
© Mara Michel Basaula-Divididi et N'dombasi Gustave
Jazy
Patriote Congolais
The Netherlands
Faut-il restituer les butins des expéditions coloniales ?
Patrimoines pillés
: Faut-il restituer les butins des expéditions coloniales ?
Mercredi 4 juillet 2007
© Le
Monde Diplomatique
Les musées des pays du Nord possèdent d’innombrables oeuvres artistiques et
objets artisanaux provenant des Etats du Sud, notamment du continent noir. Ces
trésors culturels et scientifiques, amassés au fil des siècles, sont plus
nombreux en Occident que dans les sociétés d’où ils proviennent. L’ampleur des
collections détenues ainsi que leur lien avec la domination coloniale suscitent
un débat sur leur éventuelle restitution. Le rapatriement de certaines oeuvres
est expressément demandé par des Etats ou associations, au Bénin et au Nigeria,
mais aussi au Mexique et en Chine. Les réclamations, légitimes, des pays
concernés soulèvent cependant plusieurs interrogations. Que faut-il
réclamer ? Tout ou une partie seulement des objets ? Et à qui faut-il
les rendre ?
Du musée de Tervuren en Belgique au Musée d’art africain de
Washington en passant par le Musée du Quai Branly à Paris et le Dahlem Museum
de Berlin, les pays du Nord possèdent d’innombrables œuvres artistiques et
objet artisanaux provenant des Etats su Sud, notamment du continent noir. Ces
trésors culturels et scientifiques, amassés au fil des siècles sont plus
nombreux en Occident que dans les sociétés d’où ils proviennent.
La domination coloniale (Portugal, Grande-Bretagne, Pays
Bas, Belgique, France, Allemagne…) s’est en effet accompagnée d’un pillage
pratiqué par les acteurs tant privés que publics. D’abord intéressés par l’or
africain, les Européens remarquent rapidement l’artisanat et les œuvres
artistiques ; venus pour les épices et les esclaves, les commerçants
repèrent les objets sculptés en ivoire ; les explorateurs que les
compagnies payent pour localiser les gisements de matières premières, se mettent
à collecter les « curiosités », à la mode au XIXe siècle ; les
militaires s’emparent de toutes sortes de butins de guerre ; les
missionnaires, qui demandent la destruction des objets païens, les accaparent
parfois ; les administrateurs coloniaux envoient une multitude de pièce en
métropole…
Soit les populations locales sont contraintes, soit elles
n’imaginent pas les conséquences de ce qui va devenir un vaste pillage
culturel. Si la valeur artistique de nombre d’objets (qu’on reconnue Pablo
Picasso ou Jean Paul Sartre) suscite l’intérêt, c’est surtout l’attrait
scientifique qui explique l’ampleur de la collecte. Ambivalent, le savoir
accumulé par les savants, souvent passionnés, à aussi fourni des armes à la
domination. Les musées sont la vitrine promotionnelle de l’impérialisme.
L’importance des collections détenues par les pays du Nord
(dont une partie est parfois remisée faute de place ou d’intérêt comme au Musée
du Quai Branly) ainsi que leur lien avec la domination coloniale suscitent un
débat sur leur éventuelle restitution. Les Nations unies et l’Union africaine
reconnaissent ainsi « l’importance capitale » du retour des objets
pour les sociétés pillées. Le rapatriement de certaines œuvres est expressément
demandé par des Etats ou associations, au Bénin et au Nigéria, mais aussi au
Mexique ou en Chine.
La position des directeurs des grands musées occidentaux
Les réclamations, légitimes, des pays concernés soulèvent
cependant plusieurs interrogations. Que faut-il réclamer ? Tout ou partie
seulement des objets ? Un inventaire paraît nécessaire, mais aussi une
réflexion, sur la « globalisation culturelle ». Tout en reconnaissant
la légitimité des demandes, les directeurs des grands musées occidentaux font
remarquer le rôle que jouent leurs institutions dans la promotion du patrimoine
culturel des pays du Sud ainsi que dans le partage mondial des savoirs. Ils
prennent l’exemple de l’art grec, dont l’influence est en grande partie due aux
politiques des Etats occidentaux. C’est la lutte contre le trafic actuel des objets
qui devrait, sous-entendent-ils, retenir l’attention. Le départ de certaines
œuvres constituerait aussi un « manque à gagner » important pour
certains musées.
Autre interrogation… A qui faut-il remettre les
objets ? Leurs propriétaires ne sont plus identifiables et les Etats
concernés, souvent pauvres, ne disposent pas toujours des moyens d’entretenir
et d’exposer des collections. Récemment, plusieurs musée africains ont été
cambriolés, notamment au Nigeria, et des pièces rares ont disparu, qu’on retrouvera
certainement sur le florissant marché de l’art africain. D’aucuns s’inquiètent
aussi du cadeau que la restitution représenterait pour certaines élites
africaines corrompues. En réponse, M. Bourema Diamati, directeur du
Programme des musées de l’Afrique de l’Ouest (WAMP), suggère une coopération
entre musée du Nord et musée du Sud avec un parrainage international.
Chercheur et commissaire d’exposition Bernard Müller répond
aux objections avancées pour retarder ou refuser le retour des œuvres dans leur
pays d’origine
© Édition du Monde Diplomatique de juillet 2007.
05 juillet 2007
Darfour : à chacun sa conférence
Darfour : à chacun sa
conférence
Après celle de Paris, il y a quelques jours, une nouvelle
conférence internationale sur le Darfour est prévue en Libye les 15 et 16
juillet pour évaluer les progrès d'une solution politique à la crise dans cette
région de l'ouest du Soudan en guerre civile, a annoncé mercredi l'ONU à Khartoum.
"La conférence sera co-présidée par les Nations unies et l'Union africaine
(UA)", a précisé à la presse la porte-parole de la mission de l'ONU au
Soudan (UNMIS), Radhia Achouri.
Selon la porte-parole de l'UNMIS, l'objectif de la réunion
est d'évaluer les "progrès de l'application de la feuille de route",
un document conjoint de l'ONU et de l'UA sur la recherche de la paix au
Darfour. la Libye la Chine la France la Russie la Grande-Bretagne la Norvège. la Ligue
Ce texte prévoit de "faire converger" les efforts diplomatiques de
nombreux pays sur le Darfour vers une seule initiative menée par l'ONU et l'UA,
sur la base du consensus de Tripoli dégagé à la suite d'une réunion
internationale les 28 et 29 avril dans la capitale libyenne.
Ce consensus rappelle l'impossibilité d'une solution militaire du conflit et la
primauté de la recherche d'un règlement politique au Darfour où la guerre et
ses conséquences ont fait 200.000 morts en plus de quatre ans et plus de deux
millions de déplacés, selon des estimations d'organisations internationales,
toutefois contestées par le Soudan.
Selon une source onusienne à Khartoum, 13 pays ont été invités à la réunion. Il
s'agit, outre
L'Union européenne et
En même temps, l'UNMIS et la mission de l'UA au Soudan (AMIS) ont annoncé que
plusieurs responsables internationaux en charge du dossier du Darfour étaient
attendus au Soudan, dont le représentant spécial des deux organisations pour le
Darfour, l'ancien ministre des Affaires étrangères du Congo, Rodolphe Adada.
M. Adada, qui doit jusqu'à la mise en place de l'opération hybride ONU-UA au
Darfour assumer les responsabilités de chef de l'AMIS est attendu dans la nuit
de jeudi à vendredi dans ce pays, selon un communiqué de cette mission.
Après des entretiens avec des responsables soudanais, il doit se rendre le 9
juillet au Darfour pour une première prise de contact avec les chefs militaires
de la mission africaine de 7.000 soldats, selon la même source.
M. Adada a été précédé au Soudan le 2
juillet par le nouveau commandant de la force africaine, le général nigérian,
Martin Luther Agwai, selon l'AMIS.
Le général Agwai doit également commander la force de l'opération hybride une
fois qu'elle sera déployée, a précisé Radhia Achouri.
Pour sa part, l'émissaire de l'ONU, Jan Eliasson, arrive tard mercredi à
Khartoum pour sa quatrième mission consacrée à la recherche d'une solution politique
au Darfour, selon la même source.
Son collègue africain, Salim Ahmed Salim, sera quant à lui à Khartoum le 7
juillet et y passera quelques jours.
Les deux émissaires, qui ont jusqu'ici travaillé en tandem, vont cette fois-ci
"se partager le travail", a précisé la porte-parole de l'UNMIS.
Publié le 4 juillet 2007.
15 ONG demandent à l'UE d'investir d'urgence dans la santé des pays pauvres
15 ONG demandent à
l'UE d'investir d'urgence dans la santé des pays pauvres
© PARIS (AFP) - 04/07/2007 09h26
Action for Global Health, un réseau de 15 ONG basées en
Europe demande à l'Union européenne, dans un premier rapport présenté à la
presse mercredi, d'investir d'urgence dans le développement du secteur de la
santé dans les pays pauvres.
Dans ce texte intitulé "Alerte santé: pourquoi l'Europe
doit agir d'urgence afin de sauver les Objectifs du Millénaire pour le
Développement en Santé", le collectif créé fin 2006 assure que les trois
objectifs que 190 pays se sont engagés en 2000 à atteindre dans ce domaine
avant 2015 "ont pris un retard considérable".
"Nous sommes très inquiets", explique à l'AFP
Patrick Bertrand, de Global Health Advocates. "On est très loin
d'atteindre les objectifs", notamment pour l'Afrique subsaharienne"
et la France
Le rapport, signé notamment par Médecins du Monde, Welt
Hunger Hilfe, Terre des Hommes, Aidos et Stop Aids Now, souligne que
l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que la part de l'APD (Aide
aux pays en développement) affectée à la santé par les donateurs devait
atteindre 27 milliards de dollars (environ 20 milliards d'euros) en 2007, puis
38 milliards de dollars (environ 28 milliards d'euros) d'ici à 2015. Or les
sommes réunies à ce jour sont très inférieures à ces chiffres.
"Nos gouvernements sont loin d'atteindre l'objectif
(fixé par l'OMS) d'allouer 0,1% du RNB (Revenu national brut) à l'APD santé
(France 0,014%, Allemagne 0,006%, Italie 0,001%, Espagne 0,027 et Royaume-Uni
0,042%) rappellent ces ONG basées à Bruxelles, en Allemagne, en Espagne, en
France, en Italie, au Royaume-Uni.
Le rapport épingle
tout particulièrement le gouvernement français, relevant des "décalages
entre le discours et la réalité".
Les ONG soulignent que la France
Les chiffres officiels français "sont contestés et
sujets à critique en raison de la part importante des annulations de dette et
des agrégats statistiques qui y sont comptabilisés", ajoutent les ONG.
Dans une quinzaine de recommandations figurant à la fin du
rapport, Action for Global Health appelle les gouvernements donateurs à
"reconnaître publiquement l'insuffisance des progrès accomplis dans le
domaine de la santé" et à "combler le déficit financier".
Elle attend du gouvernement français qu'il "alloue 1,7
milliard d'euros par an à la santé" pour atteindre l'objectif fixé en 2001
par l'OMS de consacrer 0,1% de son RNB à l'APD santé et qu'il assure "une
plus grande transparence des comptes".
© 2007 AFP
Union Africaine : le gouvernement continental remis à plus tard
Union Africaine : le
gouvernement continental remis à plus tard
ACCRA (AFP) - 04/07/2007 10h27
Le 9e sommet de l'Union africaine (UA) qui était consacré à
une profonde réforme de l'organisation panafricaine avec en vue un gouvernement
continental s'est achevé dans la nuit de mardi à mercredi à Accra sans accord
ni calendrier et sur de profonds désaccords.
Le projet de gouvernement continental a été renvoyé devant
quatre commissions dont les conclusions seront présentées à un comité de chefs
d'Etats "qui fera les recommandations appropriées à la prochaine session
ordinaire" de l'UA en janvier 2008, selon la déclaration finale du sommet,
lue par le président ghanéen et président en exercice de l'UA, John Kufuor.
L'une des études commandées va se pencher sur "les
contenus du concept de gouvernement de l'Union et ses relations avec les
gouvernements nationaux", une autre devra étudier les domaines de
compétence d'un tel gouvernement continental et son "impact sur la
souveraineté" des Etats.
Les deux dernières devront se consacrer à
"l'élaboration d'une feuille de route et d'un calendrier" ainsi qu'au
financement d'un gouvernement continental.
Si la plupart des dirigeants présents se sont dits
ouvertement favorables à cette idée ambitieuse d'Etats-Unis d'Afrique, le
"grand débat" qui s'est déroulé à Accra a en fait laissé apparaître
une désunion totale, notamment sur le rythme à adopter pour atteindre ce but.
Principal artisan de l'idée d'Etats-Unis d'Afrique, Mouammar
Khadafi, dont le plus solide soutien est le Sénégal, avait proposé mardi la
constitution d'un gouvernement africain de 15 ministres dès le 1er janvier
2008. Son projet prévoyait des ministres africains de la Défense
Conscient des réticences de ses pairs, le dirigeant libyen
avait "proposé qu'un comité de cinq chefs d'Etat soit formé pour réfléchir
à sa proposition, en définir les besoins institutionnels, et établir une
feuille de route pour que le gouvernement de l'Union soit mis en place en
janvier 2008".
Président du pays le plus peuplé du continent, le nigérian
Umaru Yar'Adua s'est opposé à cette approche ultra-rapide en estimant que pour
réussir une intégration au niveau continental il était plus urgent de renforcer
les coopérations régionales déjà existantes dans les cinq grandes régions
africaines.
Autre poids lourd du continent, l'Afrique du sud, et dans
son sillage les pays de la
Communauté
Interrogé sur l'absence de calendrier dans la déclaration
finale, John Kufuor a simplement répondu: "l'Afrique évoluera".
"Nous n'allons pas copier d'autres unions, comme les Etats-Unis d'Amérique
ou l'Union européenne, mais nous allons faire quelque chose sur mesure pour
nous et qui conviendra à notre continent".
Président de la Commission
"Nous sommes tous tombés d'accord sur le but final des
Etats-Unis d'Afrique mais le débat n'a pas été facile", a déclaré M.
Konaré à l'AFP. "Il faut clarifier les concepts en présence car il y a
beaucoup de confusion".
Thème affiché du sommet d'Accra, le projet d'Etats-Unis
d'Afrique, a éclipsé deux des crises majeures du continent qui ont seulement
été évoquées à l'ouverture du sommet: le Darfour (Soudan), alors que l'UA et
l'ONU travaillent à la constitution d'une force hybride, et la Somalie.
© 2007 AFP
Projet de loi sur l’immigration : Une déclaration de guerre contre les immigrés et les organisations de solidarité
la Démocratie 51 432 214 F
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pour
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Numéro
SIREN: 481 813 061
CP: 020
« Penser
librement, décider utilement et agir collectivement »
Projet de loi sur l’immigration :
Une déclaration de guerre contre les immigrés et les organisations de
solidarité
Monsieur
Brice HORTEFEFEUX, Ministre de l'Immigration, de l’Intégration, de
l’Identité nationale et du Co-développement a présenté aujourd’hui en
Conseil des ministres le projet de loi relatif à la maîtrise de l'immigration,
de l'intégration et de l'asile. Ce texte qui devrait être examiné en session
parlementaire extraordinaire cet été, est une sérieuse source
d’inquiétude.
En effet,
décrié en avant première par les Collectifs de sans papiers, les organisations
démocratiques françaises et de la diaspora, le projet de loi constitue une
attaque frontale sans précédent contre les travailleurs sans papiers en
particulier, les immigrés en général et les droits des français en ce que
ce :
Il n’offre
aucune perspective aux sans papiers que le retour alors que leur régularisation
était déjà bloquée depuis que l’actuel Président de la République
Il
participe à la déstabilisation de ceux qui sont déjà régularisés en
créant des verrous qui rendent pratiquement impossibles le regroupement
familial au moment où la plupart de ceux qui avaient obtenu un récépissé du
temps des lois Chevènement ne disposent à ce jour que d’une carte d’un an
renouvelable, participant cyniquement au financement de ceux expulsés pour
défaut de papiers !
Il
s’attaque aux citoyens français en incriminant la solidarité et en encourageant
la délation au moment où les entreprises de plus en plus spécialisées dans le
travail au noir qui bat tous les records, y compris certaines de celles qui
sont sous contrat dans une des résidences présidentielles se frottent les
mains : il n’y a aucune conséquence juridique contre ces négriers
modernes !
C’est dans
ce cadre qu’il faut situer l’un des enjeux de la Déclaration
L’Immigration
ne peut commencer avec la répression et se terminer par des rafles, des
détentions et des expulsions ; elle ne peut pas être partagée entre
les brutalités policières et les dispositions sécuritaires. Il faut
un véritable changement de la politique de l’Immigration en Europe et en France
en particulier que celle basée sur la « préférence communautaire »,
la violation et la négation des droits fondamentaux, c’est-à-dire du droit de
vivre en famille et d’avoir une vie privée, du droit des femmes et des enfants,
du droit de travailler et de se soigner… au mépris de la Déclaration Universelle la Convention
IACD
appelle le gouvernement FILLON à plus de respect des Conventions
internationales ratifiées par la
France
IACD
International appelle les Collectifs de sans papiers, les organisations de
soutien à plus de vigilance et d’unité dans les actions en défense des sans
papiers, pour la régularisation avec l’obtention de la carte de 10 ans, la
libération des détenus pour défaut de papiers, la reconnaissance du droit
d’asile et la mise en œuvre d’actions de développement qui mettent les immigrés
intéressés pour le retour dans les pays d’origine au cœur de projets viables de
développement afin de participer à la stabilisation des populations en amont.
Fait à
Paris, le 4 juillet 2007


