27 mars 2008
Communiqué de la Communauté Ne Kongo de Belgique
Réaction de la Communauté Ne Kongo de Belgique aux événements du 28, 29 février et 1er mars 2008 dans la Province du Bas-Congo (République Démocratique du Congo)
Les
originaires de la Province du Bas-Congo en République Démocratique du Congo (les
Ne Kongo) établis en Belgique ont appris avec une profonde tristesse que le 28,
le 29 février et le 1er mars 2008 des échauffourées ont opposés les adeptes de
la secte politico-religieuse "Bundu dia Kongo" aux forces de l'ordre dans
plusieurs localités de la Province du Bas-Congo et qu'à cette occasion - selon
le bilan officiel et provisoire - au moins vingt deux personnes ont trouvé la
mort et plusieurs autres ont été gravement blessées.
La
Communauté Ne kongo de
Belgique compatit à la douleur des familles de toutes les victimes civiles quel
que soit leur appartenance.
Ce nouvel
accès de violence ne peut manquer de raviver le souvenir douloureux et encore
bien présent dans les esprits des massacres des civils survenus à travers tout
le territoire de cette même Province au début de février 2007.
Quelles que
soient les responsabilités dans les récents accrochages, il convient d'ores et
déjà de souligner qu'une fois de plus, les autorités congolaises ont fait un
usage disproportionné de la force et se sont rendues coupables d'exactions
envers des civils sous la forme d'extorsions, de pillages et d'incendies de
leurs habitations.
La
Communauté Ne Kongo de Belgique
rappelle aux autorités congolaises que tous les Congolais sont égaux devant la Loi
et qu'ils doivent donc être traités équitablement notamment en ce qui
concerne le dialogue politique avec le pouvoir central et le mode de résolution
des conflits. En effet, des situations récentes où l'autorité de l'Etat a été
également mise à mal en d'autres endroits de la
République Démocratique du Congo
n'ont pas donné lieu à des déchaînements de violences de la part des forces de
l'ordre tels que ceux observés à plusieurs reprises maintenant dans la Province
du Bas-Congo.
Il est à
noter que ces nouvelles tensions interviennent sur fond d'une réelle crise
socio-économique et sont également l'expression des frustrations des Ne Kongo
ensuite du traitement discriminatoire dont ils sont l'objet dans l'accès à la
fonction publique au sein des services de l'Etat central et des organismes
parastataux opérant sur le territoire de la Province du
Bas-Congo.
La Communauté Ne Kongo de Belgique invite par conséquent les autorités tant nationales que provinciales à prendre toute la mesure de la volonté de la population du Bas-Congo à jouir pleinement de ses droits et prérogatives et d’y apporter les réponses adéquates.
La Communauté Ne Kongo de Belgique presse les protagonistes à s’abstenir de commettre des actes de violence envers les personnes ainsi que leurs biens.
- à faire
preuve de prudence et à éviter toute radicalisation qui serait contraire aux
idéaux de leur mouvement;
- d'une manière générale, à observer les recommandations leur adressées en date du 26 février 2008 par leur leader Monsieur Ne Muanda Nsemi et les évêques du Bas-Congo.
A
l’Etat congolais, la
Communauté Ne Kongo de Belgique
exige l’organisation urgente d’une Table
ronde sur la paix, la sécurité et le développement dans la Province du
Bas-Congo.
Dans le
soucis de la lutte contre l'impunité et du rétablissement d'une paix durable
dans la Province du Bas-Congo,
la Communauté Ne Kongo de Belgique demande instamment aux organisations de défense des droits de l'Homme ainsi qu’à la Communauté internationale - au travers de l'Union Africaine, de l'Union européenne, de la Mission des Nations-Unies au Congo (MONUC) et des missions diplomatiques établies à Kinshasa - de mettre tout en œuvre pour protéger les populations, déterminer les causes profondes et les responsabilités dans le climat de tension qui persiste au Bas-Congo depuis la tenue des élections provinciales et sénatoriales en janvier 2007.
Enfin, la
Communauté Ne Kongo de Belgique
déclare suivre de très près les développements de cette situation dramatique
tout en exigeant la cessation immédiate des violences et la sécurité garantie
pour tous.
Fait à Bruxelles le 05 mars 2008
Pour la
Communauté Ne Kongo de
Belgique,
Mbela
N. - Président
Kimbembi
M. - Membre du
comité
Bweya
A. - Membre du
comité
Lusadusu
D. - Membre du
comité
Nkingu
D - Membre du
comité
Mantoto
B. - Membre du
comité
Nsasi
V. - Membre du
comité
Tsasa
C. - Membre du
comité
25 mars 2008
Le discours de KENGO WA DONDO et ses limites
19 mars 2008 - Une lecture assez calme du discours du président du Sénat congolais,
Léon Kengo wa Dondo, à l'ouverture de la session parlementaire de mars 2008,
met à nu "un marionnettisme" auquel nos gouvernants d'hier et
d'aujourd'hui participent, et pose la question de l'avènement d'une autre
classe politique au Congo et/ou du travail en réseau entre les résistants
congolais et les mouvements sociaux en gestation au cœur de l'Afrique.
Il est vrai, certes, que plusieurs compatriotes ayant lu le
discours l'ont trouvé musclé. Contrairement à Joseph Kabila qui, à l'an 1 de
son règne comme "président élu", avait affirmé que le Congo se porte
mieux qu'il y a 15 ans, Léon Kengo a relevé que notre pays est traversé par des
crises multiformes au plan politique, économique social, et juridique.
Cependant, "le vrai parler" du Président du Sénat
ne semble pas résister à un examen sérieux de ses fondamentaux. En effet, il
semble négliger les conséquences néfastes des programmes d'ajustement
structurel- dont l'initiative PPTE est la nouvelle version- appliqués chez nous
au moment où il était aux affaires dans les années 80. Tout en ne dédouanant
pas à moindre frais les gouvernants actuels et "les réseaux d'élite"
prédateurs auxquels certains d'entre eux ont appartenu et appartiennent jusqu'à
ce jour, fait ressentir la nécessité qu’une nouvelle écriture de notre histoire
commune devrait se faire, sans falsification aucune.
Et, il est également nécessaire que les responsabilités
historiques des acteurs politiques d'hier soient établies de façon que la renaissance
du Congo se fonde sur des données assez "vraies"
Revenant sur un secret de polichinelle, le Président du Sénat a défendu la
thèse selon laquelle, au Congo, tous les indicateurs sont au rouge. Deux ou
trois articles rédigés sur ce discours relèvent les critiques pertinentes et
les propositions formulées par Kengo wa Dondo à l'endroit du gouvernement et
des autres instances dirigeantes du pays. Citons l'article rédigé par Amba
Wetshi intitulé "Léon Kengo censuré par la télévision nationale" et
publié sur le site de Congoindependant. Pour Amba Wetshi, Kengo interpelle le
pouvoir exécutif.
En effet, "sur le plan politique, note Amba Wetshi, le
président du Sénat a déploré un « retard notable » perceptible dans la mise en
œuvre des recommandations de la Conférence de Goma sur la paix et la sécurité
dans les provinces du Kivu. Il a regretté le fait qu’on entend à nouveau
résonner « des bruits de bottes et l’on sent l’odeur de la poudre » au Kivu.
Sur le plan sécuritaire, il s’est attardé sur la présence
des « éleveurs Mbororo » dans la Province Orientale.
Depuis plusieurs années, ces « éleveurs » armés, accompagnés
de plusieurs milliers de vaches, sillonnent cette région du pays sans
rencontrer la moindre présence d’un représentant des pouvoirs publics." Kengo wa Dondo a aussi parlé du Bans-Congo. " Jetant un regard sur la
province du Bas-Congo, l’ancien Premier ministre s’est inquiété du duel à mort
auquel se livrent les adeptes de Bundu dia Kongo et les forces publiques « alors
qu’il est des moments où le dialogue doit être privilégié à la force et à la
violence » et « surtout, si comme vécues ailleurs celles-ci ne pourront
qu’exacerber les tensions. »" Pour Amba Wetshi, " c’est une
condamnation implicite des opérations policières menées actuelles au Bas-Congo
en vue de « rétablir l’autorité de l’Etat ».
Le président du Sénat qui fait l’éloge du dialogue se
démarque ainsi de l’option musclée arrêtée par Joseph Kabila et les « faucons »
de son entourage. Il se démarque également de son collègue de l’Assemblée
nationale qui a adressé une « mise en garde sévère et une vigoureuse
interpellation » au député Ne Muanda Nsemi « pour qu’il cesse d’encourager
toutes ses actions qui troublent la paix. » Opposé à ce genre d’envolée
lyrique, Kengo estime qu’ « ouvrir les bras vaut mieux que montrer les poings
»."
Kengo wa Dondo n'est pas resté insensible aux abus dont
l'appareil judiciaire fait les frais. "Survolant la situation dans les
autres provinces, Kengo n’a pas manqué de relever au passage « l’insécurité et
l’abus de droit » qui y règnent. « L’ordre public s’en trouve partout troublé,
a-t-il fait remarquer. L’Autorité de l’Etat ébranlée. » Pour lui, le mieux à
faire est d’aider les pouvoirs publics à corriger les « imperfections ».
Au plan institutionnel, « Léon », qui a décidément engagé le
pari du « parler vrai », est revenu sur le mouvement opéré par le chef de
l’Etat notamment au sein de l’appareil judiciaire « alors que certains projets
et propositions de lois ont été votés, d’autres sont en cours de l’être. » Aux
termes de plusieurs ordonnances présidentielles, des hauts magistrats ont été
nommés, permutés ou mis à la retraite sur proposition du ministre de la
Justice.
Celui-ci s’est arrogé une prérogative constitutionnelle réservée
au Conseil supérieur de la magistrature. « Cette mise en place s’est assurément
effectuée sur base d’anciennes lois, sans tenir compte de la Constitution , de
l’esprit et de la lettre des réformes », a-t-il relevé. « Ces nominations
sont-elles provisoires ou définitives? », s’est-il interrogé avant d’ajouter :
« Les réformes ne se résument pas aux remplacements des anciens par des
nouveaux animateurs, mais doivent au travers des textes législatifs et
réglementaires montrer la volonté déterminante du changement. »"
Le journal Le Potentiel paru ce lundi (17 mars 2008) à Kinshasa semble partager
le point de vue selon lequel Léon Kengo aurait décidé d'engager "le pari
du "parler vrai"". Dans un article intitulé "Léon Kengo :
"Personne n'a le droit de lutter contre l'ordre établi", Le Potentiel
estime que dans un "discours direct, sans faux-fuyants, Léon Kengo wa
Dondo, président du Sénat, n'est pas allé par le dos de la cuillère pour
marquer de façon remarquable cette rentrée parlementaire du mois de mars."
Sans nier la pertinence de ce diagnostic kengiste et du
souci du Président du Sénat de réformer les institutions actuelles de
l'intérieur, le discours de Kengo a des limites internes sérieuses et pourrait
être dangereux pour notre devenir commun. Explicitons.
Kengo avalise "le cinéma de
Goma"
Bien que reconnaissant que "hormis la nomination du Coordinateur, le
Comité de suivi institué par l'Ordonnance du Président de la République tarde à
se mettre en place, et cause ainsi un retard notable à la mise en application
des recommandations de la Conférence ", Kengo exprime "sa gratitude à la
Communauté Internationale et aux pays amis qui ont soutenu la
tenue de ces assises".
Il affirme que ces derniers devraient être satisfaits et
fiers, eu égard à la pertinence des recommandations de ces assises. Aucune
allusion n'est faite ni à la conférence parallèle tenue par la société civile à
Kinshasa ni à celle tenu par les bubolais "dans la rue" (en marge du
"cinéma de Goma").
Or contrairement au "cinéma de Goma", les deux
autres conférences parallèles sont allées tout droit au but. Fustigeant la
thèse d'une guerre interethnique soutenue par Goma, elles ont établi le lien
entre le pillage des matières premières et le soutien offert aux forces
négatives par les gouvernants de Kinshasa, du Rwanda et les multinationales.
Ceux qui fréquentent le site de Beni-Lubero peuvent encore y lire un article
très bien rédigé sur ces questions et intitulé "La guerre du coltan et des
haricots". Ils peuvent aussi y lire un autre intitulé "Le consulat
américain à pied d'œuvre au Nord-Kivu".
Ce dernier article note que "l'administrateur civil du Nord-Kivu ce n'est
ni le gouverneur, ni l'assemblée provinciale, ni les administrateurs du
territoire, mais le consul américain. L'administrateur militaire n'est autre
que le CNDP de Nkunda. Cette situation date de la conférence de Goma qui a jeté
les bases du statut spécial du Kivu." Les preuves existent.
"Plusieurs membres du gouvernement provincial ainsi que certains de
l'Assemblée provinciale affirment sous couvert de l'anonymat que le consulat
américain leur a volé la vedette. (…) Il n'y a que la parole du consul
américain qui compte.
C'est lui et lui seul qui est en mesure de faire revenir
Nkunda ou les autres groupes sur la table. L'Abbé Malu
Malu nommé coordinateur national du Programme Amani n'est qu'une grosse
mascarade du projet machiavélique sur le Kivu. (…) D'après les Maï Maï qui ont
participé à la rencontre du début de cette semaine, le consul américain est le
boss du Nord-Kivu. Malu Malu n'est qu'un énième paravent qui vient compléter la
série des Wamba dia Wamba, Onusumba, etc."
Cet article indique que "quand les rebelles de Nkunda
avaient ouvert leur feu, ils avaient attaqué les FARDC et épargné les FDLR.
Chaque fois que les FARDC capitulent pour faire la paix, Nkunda fait resurgir
les FDLR avec l'accusation qu'ils sont armés par Kinshasa.
Ce jeu de ping-pong avec les FDLR démontre bien que les FDLR
ainsi que certains groupes Maï Maï sont une pure création de Nkunda et ses
alliés internationaux pour maintenir le Kivu en état de guerre jusqu'à la
capitulation du peuple congolais. Le fait de devoir passer par ce long contour
pour faire aboutir leur projet démontre combien la guerre du Kivu n'a pas de fondement
au Congo. Elle est une création extérieure au Congo, imposée au Congo,
etc."
Le Président du Sénat congolais semble donner raison aux Bubolais quand ils
estiment que "la hiérarchie congolaise ainsi que les politiciens congolais
sont plus préoccupés par leurs intérêts égoïstes que de mettre à nu ce mensonge
criant sur lequel repose la guerre au Kivu."
En effet, s'il y a des FDLR créés par Nkunda, il y en a
aussi qui ont bénéficié de l'appui du gouvernement congolais. Cet appui n'a pas
été clairement fustigé par "le cinéma de Goma". La rencontre de
dimanche à Goma (16 mars 2008) entre les généraux Kayembe et James Kabarebe a
jeté plus de lumière sur le jeu auquel le Rwanda et le Congo se sont adonnés en
sacrifiant mensongèrement des millions de vies humaines. La rencontre convoquée
à la demande du Rwanda sur les questions sécuritaires a abouti à un double
engagement : "En ce qui nous concerne nous FARDC, (a confié le général
Kayembe à la radio Okapi)
nous sommes engagés à ne pas appuyer les FDLR.
En ce qui concerne le Rwanda, il s'est engagé à ne pas
appuyer le groupe de Laurent Nkunda."En avalisant "le cinéma de
Goma", un jour avant la rencontre de Goma, "Léon" reconduit un
mensonge entretenu par "les puissances d'argent", les voisins
"aux longues dents" et "leurs collabos" au pouvoir à
Kinshasa.
A ce point nommé, certaines questions non abordées par Kengo wa Dondo méritent
d'être posées : "Comment un pouvoir appuyant les forces négatives dressées
contre les populations civiles et pillant les ressources du sol et du sous-sol
sur son (prétendu) territoire peut-il se reformer de l'intérieur ?
Le mouvement que ce pouvoir effectue au niveau de l'appareil
judiciaire n'aurait-il pas pour finalité de couvrir ses multiples trahisons et
sa mauvaise foi? Les crises multiformes que connaît le pays ne seraient-elles
pas à mettre au passif d'un "Etat manqué" ou plutôt d'un
"conglomérat d'aventuriers", membres des réseaux maffieux organisés
contre les intérêts des populations congolaises?"
Pour nous, il n'y a aucun doute que c'est tout cela à la fois. Le sort d'un pareil
"conglomérat" serait d'être mis hors d'état d'agir politiquement au
nom des populations congolaises. Telle est la conclusion politique que le
Président du Sénat devrait tirer de son discours. Il n'y ait malheureusement
pas arrivé. Pourquoi? A cause du "marionnettisme" ambiant; de son
implication dans un système téléguidé (de l'extérieur) du suicide collectif au
Congo.
Kengo et les Institutions Financières
Internationales
Traitant de l'engagement du gouvernement congolais sur la voie du redressement
économique, Kengo wa Dondo pense que "le gouvernement doit arriver à
améliorer le niveau des recettes et à redimensionner le train de vie de l'Etat,
en veillant à une bonne adéquation entre les moyens et les besoins."
Pour lui, "cela passe par la mise en place d'une politique fiscale qui sauvegarde non seulement le pouvoir d'achat de la population, les intérêts des opérateurs économiques mais qui permette également aux pouvoirs publics de disposer des ressources nécessaires pour l'exécution de leurs programmes." En fidèle client des IFI, "Léon" affirme que "la priorité doit être la reprise du programme d'ajustement (structurel) avec les institutions de Bretton Woods."
Deuxièmement, les décaissements de 4 milliards de dollars
américains promis lors de la réunion du Groupe consultatif sur la République Démocratique
du Congo tenue à Paris à la fin du mois de novembre."
Ce "discours savant" est une bombe pour nos populations. Il est
incohérent. Il n'est pas possible, d'une part, de sauvegarder le pouvoir
d'achat des populations et, d'autre part, de reprendre les programmes
d'ajustement structurel avec les institutions de Bretton Woods.
Pour rappel, le FMI et la Banque mondiale sont les
instruments de l'impérialisme néo-libéral triomphant. "Les gagnants et les
défenseurs de ce système sont convaincus que le salut des peuples d'Afrique
passe par la mondialisation néo-libérale. D'où la mission du Fonds monétaire
internationale (FMI) et la Banque mondiale : depuis plus de deux décennies dans
le cas de la plupart des pays africains, ils infligent des souffrances
indicibles à des populations qui n'ont pas demandé à être converties et, même
si elles le voulaient, n'auraient ni les moyens, ni la liberté d'embrasser la
religion dominante : l'argent." (A. TRAORE, Le viol de l'imaginaire,
Paris, Fayard, 2002, p.19)
Quand "Léon" recommande la poursuite du programme
d'ajustement structurel, il fait fi du fait que "l'ajustement structurel
est au corps social ce que le virus du sida est au corps humain : il fragilise
par les réformes économiques inopportunes, à tel point que les défaillances
qu'il aurait dû être en mesure de gérer prennent des dimensions dramatiques,
d'autant plus que les solutions prônées sont externes." (Ibidem, p.44)
En effet, "le processus de transformation de l'Afrique
par l'ajustement structurel consiste à créer la rareté et à déprécier le
travail- qui devient lui-même rare-, de telle sorte que la société ne parvient
plus à assurer à ses membres les biens et services dont la production et la
circulation garantissent la cohésion du groupe." (Ibidem, p.44-45) Léon
Kengo en sait quelque chose.
Les crises multiformes qu'il fustige sont les conséquences
actuelles des programmes d'ajustement structurel imposé au Congo (Zaïre) vers
les années 80 quand il était aux affaires. Dans son discours, il a manqué de
poser un acte de courage politique digne de ce nom : la remise en cause de l'initiative
PPTE. Pourquoi? Cette initiative est la nouvelle dénomination des PAS. Il
aurait rejoint Victor Nzuzi et les autres mouvements sociaux congolais et
africains luttant contre la reconduction de la dette odieuse du Sud.
En effet, "tandis que les organisations non gouvernementales du Sud comme
du Nord réclament l'annulation pure et simple de la dette extérieure du
Tiers-Monde - qui justifie le désengagement de l'Etat, la privatisation des
services et la paupérisation en masse-, l'initiative PPTE (Pays pauvres très
endettés), lancée en 1996 au sommet G7 à Lyon, est le dernier mécanisme conçu
par la communauté des créanciers à l'intention des Etats surendettés en vue de
parachever leur conversion rapide à l'économie du marché.
Elle consiste en des rééchelonnements successifs de la dette
pour les pays ayant réalisé de façon durable de "bonnes performances"
selon les critères des IFI." (Ibidem, p.46) Politiquement, cette
initiative a des répercussions gravissimes sur le fonctionnement des institutions.
"Puisqu'elle prévoit que le FMI et la Banque mondiale décident de
l'éligibilité d'un pays, elle tend à institutionnaliser l'ingérence politique,
les Etats concernés se trouvant pris en tenailles entre une demande sociale
forte et l'exigence de réduction des dépenses publiques pour répondre aux
recommandations des créanciers." (Ibidem)
En d'autres termes, il est quasi-impossible de se conformer
à l'initiative PPTE et d'assurer une éducation, des soins de santé et des
emplois de qualité à ses populations.
Aussi, dans la lutte pour réaliser "les bonnes performances",
"les sociétés civiles (…) sont totalement écartés des processus de
décision et n'ont aucun moyen de se faire entendre de leurs dirigeants. Ces
derniers se verront récompensés pour bonne conduite par les institutions de
Bretton Woods et disposeront alors de fonds et d'une marge de manœuvre élargie
s'ils souhaitent, comme c'est souvent le cas, se maintenir au pouvoir."
(Ibidem, p.46-47) Dans les pays qui réussissent encore à organiser les mascarades
électorales, le Parlement sert d'appendice à la réalisation de "bonnes
performances".
Et la boucle est bouclée. "Ainsi, tout en ne jurant que
par la démocratie, les droits de l'homme et le renforcement de la société
civile, les nations riches et les IFI fonctionnent de telle sorte que les chefs
d'Etat (et leurs collabos) ne se sentent pas redevables envers leurs
peuples." (Ibidem, p.47) Donc, tout en faisant un bilan négatif de l'an 1
du gouvernement actuel et de Joseph Kabila, Léon Kengo les invite à s'engager
davantage sur la voie choisie par Gizenga dans son programme de gouvernement :
la voie de l'endettement lourd et du néolibéralisme suicidaire pour nos
populations. Par son discours, Léon Kengo agresse et piège notre imaginaire
politique.
Pour une nouvelle écriture de notre
histoire
Cette relecture du discours du Président du Sénat participe d'un désir ardent
et idéaliste de relire notre histoire immédiate pendant que certains de ses
acteurs majeurs sont encore en vie. En effet, de leur vivant, certains de ces
acteurs tentent, tant soit peu, d'effacer l'histoire réelle où leur rôle dans
la mutilation de notre pays est de plus en plus sous-estimé.
Une bonne partie de la dette odieuse que Léon Kengo somme le
gouvernement actuel de payer a été contractée, avec son accord implicite ou
explicite, par M. Mobutu auprès des IFI. "Léon" sait que cette dette
est odieuse parce qu'elle n'a pas servi les intérêts de nos populations.
N'aurait-il pas fait amende honorable en sortant des chemins battus des IFI et
en s'engageant aux côtés des mouvements sociaux congolais luttant pour
l'annulation de cette dette odieuse au lieu de jouer le jeu des "bailleurs
de fonds" décidés à utiliser la dette comme "arme de destruction
massive" de l'humanité de nos populations et de notre solidarité
agissante?
Et nous qui applaudissions à l'écoute du discours du
Président du Sénat Congolais, connaissons-nous encore notre histoire et ses
acteurs de premier plan? Il serait simpliste que les actuels gouvernants se
dédouanent à moindre frais en accusant "l'homme de la rigueur"
d'avoir contribué à creuser le gouffre sans fond où nos populations se
retrouvent aujourd'hui. A quelques exceptions près, tous les gouvernants
actuels sont soit des mobutistes, des" Kengo Boys" ou des kabilistes.
Si la part des mobutistes et des "Kengo Boys" dans la descente de
notre pays en enfer n'est pas négligeable, celle des kabilistes ne l'est pas
non plus. Ces derniers ont participé à des "réseaux d'élite"
prédateurs. Un petit résumé du rapport Kassem tel que rédigé par Damien Millet
est très éloquent à ce sujet. "En octobre 2002, le Groupe d'experts de
l'ONU sur l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres formes de
richesse de la RDC , dirigé par l'Egyptien Mahmoud Kassem, a remis son rapport.
Il révèle que ces pillages sont le fait de "réseaux
d'élite", résultant de l'association de groupes criminels avec des élites
politiques et militaires congolaises, ougandaises, rwandaises et zimbabwéennes.
Le rapport recommande des sanctions envers 54 notables majoritairement
africains (notamment hommes d'affaires, des militaires de haut grade et des
ministres) et 85 multinationales, dont des banques (comme Fortis ou Barclays)
et des compagnies minières (comme De Beers ou Anglo-American), mises en cause
pour violation des règles éthiques.
La collusion est évidente. Le rapport n'épingle pas que des
responsables africains, lucide quant aux implications occidentales : "Le
rôle des entreprises et des particuliers qui ravitaillent les armes et pillent
les ressources doit faire l'objet de mesures de restriction. Ces activités
illégales sont d'une très grande envergure internationale et multinationale."
" (D. MILLET, La multiplication immorale des fléaux. L'Afrique mutilée,
dans www.cadtm.org du 17 mars 2008)
Et ce rapport ainsi que celui de Lutundula l'ayant suivi n'ont jamais vu le
début de l'application des mesures restrictives à l'endroit de tous les réseaux
d'élite maffieux de la
prédation. Donc, nous nous retrouvons dans un contexte où une
simple critique de l'action des gouvernants actuels devient insuffisante pour
comprendre "la multiplication immorale des fléaux" dont nos
populations souffrent dans "leur attentisme". Une nouvelle écriture
de l'histoire nous impose de ne pas perdre de vue le fonctionnement du système
"marionnettiste".
De Mobutu à Joseph Kabila, de "la guerre froide"
où Mobutu fut l'un des maillons importants de la chaîne des supplétifs
américains à "la guerre d'agression" où les Kabila ont servi de
"pantins" aux agresseurs du Congo, "le marionnettisme " a
fonctionné à plein régime. Il est essentiel que dans nos élans
d'auto-flagellation, nous ne perdions pas de vue que "le marionnettiste
est bien plus responsable que la marionnette, même si cette dernière a la
possibilité de prendre quelques initiatives. Le marionnettiste pilote le
système économique capitaliste depuis le Nord et dirige la marionnette noire
des classes dominantes africaines dans son propre intérêt" (Ibidem) ou en
garantissant "des commissions" à la marionnette.
Le discours du Président du Sénat enfonce le Congo dans "le
marionnettisme" et son corollaire d'attentisme populaire. Les recettes
qu'il propose ne peuvent pas aider les Congolais à détricoter ce système. Une
nécessité se fait de plus en plus sentir : recomposer le paysage politique
congolais avec de nouveaux acteurs politiques, reconvertir les progressistes
des réseaux d'élite d'hier et d'aujourd'hui en responsables politiques et
lutter aux côtés des mouvements sociaux résistants au "marionnettisme".
Tel est l'un des enjeux majeurs auxquels les résistants
congolais doivent faire face. A court, moyen et long terme. Il leur appartient
d'initier une nouvelle écriture de l'histoire congolaise tout en cherchant à
protéger notre mémoire collective des falsifications des
"marionnettes" d'hier et d'aujourd'hui.
Évaluer la portée du discours du Président du Sénat congolais, aurait, entres
autre, exigé que l'on connaisse les tenants et les aboutissants de la
conférence de Goma, des conférences parallèles de Butembo et de Kinshasa. Que
l'on sache plus ou moins comment fonctionnent les IFI et ce que signifie
"l'initiative PPTE". Ceci demande que l'on s'adonne à l'étude et à
une lecture assidue de la marche historique de ces IFI.
Une bonne connaissance des acteurs politiques majeurs de
notre pays paraît aussi indispensable. Un beau discours critique peut être une
bombe pour nos populations. La beauté de sa forme peut cacher un fond
suicidaire pour les générations actuelles et futures. Le Congo politique a
besoin des fouineurs, des veilleurs-protecteurs de notre mémoire collective.
Mais aussi des empêcheurs de penser en rond.
(à suivre)
© J.-P. Mbelu
22 mars 2008
Les Juifs du Congo : La confiance et l'espoir
- Commander le livre
- Photos de la présentation du livre en Belgique
- Extraits d'Interviews 1 - 2
- Table des matières
- Message de Shimon Peres
- Remerciements
AVANT-PROPOS DE L'AUTEUR : MOÏSE RAHMANI
En 2002, je publiais "Shalom Bwana, la saga des Juifs
du Congo" (éditions Romillat, Paris). Je contais l’épopée
extraordinaire d’une poignée de jeunes Juifs, venus principalement de Rhodes,
cette île merveilleuse, baignant dans la mer Egée. Ils avaient tenté l’aventure
africaine et découvert une nouvelle « terre promise » qu’ils avaient
faite leur.
Je les avais suivis de leur terre natale au Katanga. Certes,
tous n’étaient pas du Dodécanèse, certains arrivaient d’Egypte, de Turquie, de
Palestine et d’Europe et les premiers Juifs à fouler le sol katangais étaient
des Ashkénazes, débarqués à la fin du XIXe siècle, d’Afrique du Sud, mais la
grande majorité de ceux qui ancrèrent cette communauté venaient de l’Ile des
Roses.
En quelques décennies, rejoints par un frère, un cousin, un
parent proche ou éloigné, ils avaient implanté une communauté vivante, active,
dynamique. A sa tête le Grand rabbin Moïse M. Levy.
Ils avaient participé à l’essor économique de la colonie
belge, contribuant à en faire le fleuron, non seulement de la Belgique,
mais de tout le continent africain. Début des années 1950, le
livre "Le Congo
Belge et ses coloniaux" (éditions Stanley, Léopoldville, 1953), leur
rendait hommage puisque sur deux mille cinq cents noms recensés, moins de deux
pour cent des cent trente mille habitants européens, figuraient cent
quatre-vingts Juifs, près de dix pour cent de la communauté israélite
(rappelons qu’elle ne constituait que moins d’un pour cent et demi de la
population non africaine).
Mon père avait contribué à cet essor entre 1929 et
1934. Puis il était rentré en Egypte. La vengeance du gouvernement égyptien
après ses défaites contre Israël s’étant tournée contre les Juifs de ce pays,
en 1956, voici cinquante ans, je débarquais à Elisabethville. Je me souviens,
aujourd’hui encore, de l’escale à Stanleyville et de l’annonce du pilote, plus
tard, nous informant que nous avions le lac Moero à la gauche du DC6. Le lac
Moero ! Rien que le nom faisait rêver…
La décolonisation ne s'est pas faite sans douleur.
Impréparation ? Sans doute. Lutte d'influence entre les deux grands blocs
idéologiques : l'occident capitaliste et le monde communiste ? Certainement.
Appétit des grandes puissances désireuses de mettre la main sur les richesses
de ce pays ? Incontestablement. Comme l’a dit un prospecteur belge à la fin du
XIXe siècle, le Congo est un scandale géologique et a de quoi exciter la
convoitise de certains pays et non des moindres.
Après la naissance de notre bohora, de notre aînée,
Inès-Daniela, nous avons quitté cette terre africaine en octobre 1969. J’avais
arrêté cette saga aux années 1960 et mon livre se terminait sur une note triste
car, après les tragiques événements et les pillages des années 1990 qui eurent
pour conséquence la disparition de pratiquement toute présence étrangère, je
pensais la vie juive au Congo presque éteinte.
Mon livre, entamé en 2000, s’achevait dans la désespérance.
Durant les quarante ans qui nous séparaient de l’indépendance du pays, le 30
juin 1960, bien des tragédies s’étaient passées et d’abord pour le peuple
congolais, première et malheureuse victime.
Les troubles de 1960, les diverses sécessions, les
rébellions, les mutineries, les attaques avaient balayé le labeur des hommes
qui s’étaient accrochés à cette terre africaine. Beaucoup étaient partis.
D’autres, demeurés sur place, avaient reconstruit, mais la zaïrisation les
avait spoliés. Quelques années après, devant la situation économique
désastreuse, le gouvernement décidait de faire marche arrière et
restituait les biens. Mais, à l’exception des immeubles, les affaires
commerciales et industrielles n’étaient plus que coquilles vides. Pourtant,
certains reconstruisaient à nouveau. Les pillages de 1991 et de 1993, la
guerre de Laurent-Désiré Kabila contre Mobutu, l’exil de ce dernier,
l’assassinat de Kabila, le Mzee, le vieux, les diverses rébellions qui
suivirent, eurent raison des plus audacieux.
Lors de l’écriture de "Shalom Bwana, la saga des Juifs
du Congo" la population juive du pays oscillait entre trente et cinquante
personnes, faisant des allers retours avec l’Europe. Elle se composait
d’acheteurs de diamants et d’enfants ou de petits-enfants des pionniers.
La plupart de mes amis étaient rentrés en Europe, ceux qui
tentaient de renouer avec le pays, de redémarrer une activité commerciale,
désespéraient, la situation économique étant extrêmement difficile.
J’avais écrit ce livre pensant que la communauté ne se
redresserait pas, mais disparaîtrait, à l’exemple de celle de Lubumbashi où
seuls quatre Juifs résident encore.
Je ne pensais plus revoir cette terre qui nous était si
chère, tant à Manuela, mon épouse, qu’à moi. Je ne pensais plus revoir
l’endroit où reposait ma mère ; mon livre s’achevait par ces
lignes : Les morts, nos morts, Maman, sont désespérément tout
seuls désormais…
Et puis, en 2004, je rencontrais Aslan Piha. Et Aslan me
parlait avec fougue et passion de cette communauté qui se réveillait d’un
long sommeil, qui sortait de sa léthargie. Et Aslan m’a fait part de ses
projets, de ses ambitions, de ses désirs, de ses rêves. Et Aslan m’invitait à
Kinshasa pour donner une conférence. Je croyais rêver : bibliothèque,
revues, conférences…
Et j’y suis allé. Et j’ai vu. Et j’ai constaté. Et surtout,
j’ai aimé.
Lorsque j’habitais Kinshasa, jusqu’en 1969, à l’exception
d’une vie religieuse se limitant au service du vendredi soir, vie religieuse
due en grande partie aux efforts d’un groupe de syro-libanais, dont mon cher
ami Élie K., il y avait peu de vie communautaire.
Certes, Maurice Alhadeff, un homme d’affaires installé
depuis des lustres à Kinshasa, réunissait les quelques Juifs lors de la visite
d’un envoyé d’Israël en quête de fonds. Chez lui, j’ai eu le privilège de
croiser André Chouraqui, maire-adjoint de Jérusalem, un de mes maîtres. Pour
les fêtes de Roch Hachana et de Yom Kippour les Juifs se réunissaient chez
Jacob Mayo.
Quelques fêtes enfantines étaient organisées par la Wizo à
Pourim, à Hanoukka. Mais à part les maisons des uns et des autres, il n’y avait
pas d’endroit où se réunir, il n’y avait pas de local à la disposition de tous,
il n’existait pas de synagogue.
Et j’ai su qu’un homme, animé d’une volonté farouche de
créer, ex nihilo, avec l’aide d’un comité dévoué et efficace, une vie
communautaire, avait réussi la gageure, l’exploit, de fonder une communauté là
où il n’y avait pas de structures. Tous m’ont confirmé que sans cet homme, sans
Clément Israël, jamais il n’y aurait eu de vie juive organisée, ni de rabbin,
ni de synagogue à Kinshasa. Je l’avais déjà vu à l’oeuvre, en 1967, à la
création du premier cercle juif de Kinshasa.
Après mon bref séjour, j’ai voulu rendre hommage à toutes celles et à tous ceux qui, des années durant, entre 1960 et aujourd’hui, ont perpétué cette mémoire juive, ont continué cette saga, ont œuvré afin que cette communauté, née dans les années 1900, atteigne et dépasse son centenaire. S’il y a encore, aujourd’hui, une vie juive au Congo, si dans dix ans, dans vingt ans, dans cinquante ou dans cent ans il subsiste, je le souhaite et l’espère, une vie juive dans ce pays, c’est à Clément Israël et à son comité que nous la devrons. Quelle meilleure preuve d’admiration et de respect sinon de raconter leur histoire et, à travers elle, la pérennité de cette présence juive dans ce qui fut pour nos grands-parents, nos parents et pour nous-mêmes une nouvelle terre promise, cette seconde patrie, le Congo, notre Congo.
En relatant l’histoire de quelques-uns c’est celle de tous
que je veux raconter et j’entends, avec ce témoignage, leur rendre
justice et leur faire honneur.
Moïse Rahmani
Fondateur de l'Institut Sépharade Européen
Auteur, Éditeur
Los Muestros
12 mars 2008
L’abbé Malu Malu et dix autres scientifiques reçoivent le titre de docteur honoris causa !
11/03/2008
Source

L’Université de Liège décernera le
jeudi 20 mars les insignes de docteur honoris
causa, la plus haute distinction honorifique de l’Université de
Liège, à :
Sur proposition de la faculté de
Droit
- Abbé Apollinaire Muholongu MALU MALU, président de la Commission électorale indépendante de la RD du Congo
Sur proposition de la faculté des
Sciences
- Jean-Pierre HANSEN, University of Cambridge
- Mme Shuying LIU, Changchun Institute of
Applied Chemistry
Sur proposition de la faculté de
Médecine
- John Douglas PICKARD, University of Cambridge
- Magdi YACOUB, Imperial College London
Sur proposition de la faculté des
Sciences appliqués
- Dan FRANGOPOL, Lehigh University
- Noboru KIKUCHI, University of Michigan
Sur proposition de la faculté de
Psychologie et des Sciences de l’Education
- Martin CONWAY
Conjointement
avec l’Ecole de
Criminologie Jean Constant,
- Marc LE BLANC, Université de Montréal
Sur proposition de HEC-Ecole de
Gestion
- Egon BALAS, Carnegie Mellon University
- Geert HOFSTEDE, Maastricht University
Les lauréats recevront leurs
insignes des mains du recteur Bernard Rentier, au cours d’une séance qui se
tiendra à partir de 15h00 aux Amphithéâtres de l’Europe au Sart Tilman.
Lors de la séance, le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht
prendra la parole pour saluer le rôle de l’ULg dans l’aide à l’élaboration de la législation
congolaise indispensable aux élections en RDC organisées par la
Commission électorale indépendante, présidée par l’abbé Malu Malu.
En pratique
Séance accessible
exclusivement SUR INVITATION.Jeudi 20 mars 2008, de 15h00 à 17h15, aux
Amphithéâtres de l’Europe de l’Université de Liège, au Sart Tilman, bâtiment
B4, Parking P11-P14.
A l’attention de la rédaction
Salle de presse
disponible.En raison des mesures de sécurité imposées, la CARTE DE PRESSE
PROFESSIONNELLE sera exigée.
Brèves
notices des docteurs honoris causa
Abbé
Apollinaire Muholongu MALU MALU (Président de la Commission électorale indépendante,
RD Congo)
Ecclésiastique
congolais, il est depuis 2003 le président de la Commission électorale
indépendante (CEI), chargée de l’organisation des différentes élections dans le
cadre de la transition en République Démocratique du Congo. Les comptes-rendus
des organisations intergouvernementales et non gouvernementales qui ont envoyé
sur place des observateurs lors des différents scrutins attestent que ces
élections ont été très bien organisées et qu’un savoir-faire politologique
certain était nécessaire pour réussir ce tour de force. Il préside également la
Conférence de Goma chargée de rétablir la paix dans l’Est du Congo.L’abbé Malu
Malu a fait ses études universitaires à Lyon et à l’Université de Grenoble en
sciences politiques. Nommé en 2001 recteur de l’Université catholique du Graben
à Butembo, il préside le Conseil d’administration du Centre d’études juridiques
appliquées dans la même ville. Parallèlement à ses activités scientifiques, il
est désigné en 2002 pour représenter la société civile de sa province aux
négociations de paix sur le Congo en Afrique du Sud. C’est à la suite de ce
processus de paix que lui est confiée la présidence de la CEI, et c’est dans ce
cadre qu’une relation étroite a été nouée avec l’Université de Liège, plus particulièrement
sa faculté de Droit et sa cellule d’Appui politologique en Afrique centrale du
département de Science politique, afin d’aider à l’établissement de la
législation prioritaire de la RD du Congo.
Contact :
Didier Moreau
ULg
Presse-Communication
Tel
Gsm : +32 (0)494 57 25 30
Email : press@ulg.ac.be
28 février 2008
Un Congo à deux vitesses
Magazine - critique
G.P.
Mis en ligne le 27/02/2008
Source
Plongée en RDC, un an après la mise en place du nouveau gouvernement. Dénuement à Kindu, essor économique à Lubumbashi et une même attente de plus d'Etat et de démocratie. Questions à la Une ê ê, La une, 20h20.
Le magazine hebdomadaire d'information de la RTBF "Questions à la Une" s'arrête ce mercredi en République démocratique du Congo. Au menu, deux reportages. "Les Congolais meurent-ils pour nos téléphones portables ?" est une production extérieure due à Patrick Forestier qui a remonté la filière de l'extraction du coltan depuis l'est de la RDC jusqu'aux grandes sociétés de téléphonie mobile qui utilisent ce matériau pour fabriquer les GSM. L'autre est une production-maison réalisée par les journalistes Bernard Lepla et Myriam Lanotte avec pour titre "Le Congo est-il devenu une démocratie ?".
Question ô combien pertinente un an après l'installation du nouveau gouvernement d'Antoine Gizenga auquel le Président Joseph Kabila avait donné cinq priorités : les infrastructures, l'emploi, l'éducation, la santé, l'eau et l'électricité. Aujourd'hui, quel bilan peut-on d'ores et déjà tirer ?
Intelligence de la démarche, Bernard Lepla et Myriam Lanotte emmènent le téléspectateur d'abord hors de Kinshasa, ensuite dans deux lieux aux destinées fatalement différentes : Kindu, la capitale de la province enclavée du Maniema (300 000 habitants), au centre-est du Congo, et Lubumbashi, la métropole du Katanga, riche province minière du sud, frontalière de la Zambie. Le contraste est donc énorme entre le dénuement, l'isolement, le fatalisme des habitants de Kindu et le développement, l'attractivité, le dynamisme de la ville méridionale... Mais, pour autant, les constats que les réalisateurs tirent de l'exercice de la démocratie dans les deux conjonctures ne sont pas forcément très divergents.
A Kindu, l'approvisionnement erratique en électricité et l'impraticabilité des axes routiers découragent toute initiative industrielle ou commerciale sérieuse. Population et dirigeants sont donc en immense attente d'une intervention de l'Etat et d'une restauration des services publics. Mais les espoirs suscités par le nouveau pouvoir sont jusqu'à présent déçus. L'illustrent, de façon saisissante, l'indigence des infrastructures de l'université et l'arrêt des travaux de construction de nouveaux bâtiments pourtant promis par Kinshasa.
A Lubumbashi, la prospérité renaissante semble principalement le fait du gouverneur, Moïse Katumbi, qui gère la province comme l'homme d'affaires qu'il est, et d'investisseurs, notamment chinois, attirés par les minerais que recèle le sol de la région. La population, même exploitée, semble se réjouir de cet essor. Mais certains responsables n'en sont pas moins inquiets que celui-ci dépende tant d'un homme et de capitalistes chinois que la caméra révèle peu soucieux du respect des lois. Dès lors, là aussi, une demande de plus d'Etat est exprimée car " le système démocratique reste à inventer ".
10 décembre 2007
Congo : La Guerre par le viol - Reportage 7 à 8 sur TF1 (France)
Dans l'établissement, 1 fillette sur 4 a moins de 18 ans. Une fillette est arrivée il y a moins de quatre jours. "Celle-ci par exemple c'est une des choses qui nous montre que c'est une affaire qui est catastrophique puisque c'est une fillette de 7 ans qui a été violée et cela blesse toujours "
Voir le Reportage

09 décembre 2007
L'image ternie des Casques bleus
Visionnez
un extrait du documentaire
Les Casques bleus
Longtemps leur nom a été synonyme de paix.
C'est
ce que dévoile un documentaire intitulé Le Déshonneur des Casques bleus.
La face cachée des missions de paix
Le
film destiné à la télévision se penche sur le côté sombre de la présence des
soldats de l'ONU dans les missions de paix. La réalisatrice Raymonde
Provencher s'est rendue en République démocratique du Congo
(RDC) pour recueillir des témoignages.
Ces
soldats étaient, pour la plupart, sud-africains, marocains et indiens. Quelques
Occidentaux, cependant, ont aussi été reconnus coupables.
D'un documentaire à un autre
La
réalisatrice raconte en entrevue que lors du tournage du documentaire War
Babies, en 2003, les femmes bosniaques ont attiré son attention sur le
comportement des Casques bleus.
Après
avoir fait sa recherche, elle a découvert qu'il y avait eu un crescendo. Au
départ, des cas plus ou moins isolés, que les Nations unies, dit-elle, ont mis
sous le tapis. Les agressions ont continué.
Raymonde
Provencher n'hésite pas à parler de « dérapages énormes » qui ont
atteint un sommet en RDC.
Le
docteur Arnold Kambale parle de plus de 5000 viols de fillettes. « Moi, en
tant que médecin et parent, ça me ronge le coeur. J'en ai marre », dit le
médecin congolais.
Des victimes et encore des victimes
Mme
Provencher ne cache pas qu'elle s'est posé la question de la crédibilité des
témoins. « J'ai été assez fortunée pour travailler avec quelqu'un qui
avait des [relations] dans une église pentecôtiste, là-bas. » Elle a donc
pu rencontrer des victimes.
|
Ce n'est pas une, deux ou trois. Il y a en a beaucoup. — Raymonde Provencher, réalisatrice |
Elle
a même dû faire un choix parmi toutes les victimes qu'elle a rencontrées. La
quantité de témoignages des victimes était importante pour la réalisatrice.
|
Une, ça peut être un mensonge; deux, on peut encore
douter. Mais cinq, puis dix, tu commences à dire: « Il y a quelque chose
qui ne tourne pas rond ». J'avoue que j'ai été très choquée. — Raymonde Provencher, réalisatrice |
Selon
le Dr Kambale, les Congolais pensaient que les Casques bleus apportaient du
secours. Mais il affirme que, après avoir constaté leur comportement, ils
remettent en cause les idées qu'ils se font des Nations unies.
Raymonde
Provencher ne craint pas qu'on l'accuse de racisme parce qu'elle affirme dans
son film que des contingents de Casques bleus, qu'elle refuse d'identifier
pendant l'entrevue, se sont livrés à des crimes inadmissibles. Selon elle, ces
contingents proviennent de pays:
- qui ont de la difficulté avec
la démocratie;
- qui ont de la difficulté avec
les droits de la personne;
- qui n'ont pas eu la possibilité
de bien former les soldats.
Du
même souffle, elle ajoute que, pendant tout le tournage, elle n'a jamais perdu
de vue le comportement des militaires canadiens en Somalie.
Deux policières de Lévis en RDC
Une
surprise attendait la réalisatrice en RDC. Elle a rencontré deux policières
originaires de Lévis, au Québec, spécialistes des crimes à caractère sexuel.
Les sergents-détectives Julie Filteau et Julie Plante faisaient partie de la
première équipe d'enquêteurs envoyés en RDC par l'ONU. Elles n'ont pas eu la
tâche facile, disent-elles.
Raymonde
Provencher surenchérit en soulignant la complexité de la chose. « On
arrive là-bas avec nos normes à nous. Sauf que, dans des pays où les gens
savent à peine lire et écrire, ne connaissent pas très bien leur date de
naissance, sont déplacés, sont très souvent des enfants, c'est extrêmement
difficile. »
Tolérance zéro, héritage de Kofi Annan
Avec
la tolérance zéro, mise en place par Kofi Annan avant son départ, Raymonde
Provencher pense qu'il y a une possibilité de réaction assez rapide.
Elle
rappelle que quelque 110 soldats sri-lankais viennent d'être rapatriés de Haïti
pour agressions sexuelles.
« Je
pense qu'on réagit, mais on n'agit pas ». Selon elle, il faut agir. Elle
suggère que l'assemblée générale de l'ONU prenne des mesures disciplinaires
sérieuses non seulement contre les soldats qui abusent de leur pouvoir, mais
aussi contre leurs supérieurs.
|
Si le soldat dérape, le commandant doit être tenu
responsable et sévèrement puni. — Raymonde
Provencher, réalisatrice |
Elle conclut en citant le cas de la prison d'Abou Ghraib, en Irak. Les soldats, dit-elle, ont été punis, mais les commandants sont à peine blâmés.
Au Kivu, la barbarie à visage humain
© Le Figaro 20/11/2007
Au Kivu, région de l’est de la République démocratique du Congo perpétuellement en état de guerre, les femmes vivent une tragédie que l’ONU et les organisations humanitaires ont bien du mal à prendre en charge. Dès leur plus jeune âge,elles sont les cibles de bandes armées incontrôlables.
Le viol y est une pratique quasi «culturelle», selon l’expression d’un médecin étranger.
Le Dr Christophe Kimonu semble avoir pris l’habitude de ne plus s’étonner de rien. L’homme n’est pas insensible. Mais trois ans de pratique à Heal Africa, un petit hôpital privé de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, ont donné à ce chirurgien-gynécologue une sinistre expérience de l’horreur.
«Le viol est une chose très courante ici», explique-t-il d’une voix régulière. Des viols accompagnés d’une invraisemblable barbarie. «Le plus souvent, ce sont des agressions commises en groupe. Les victimes, atrocement abusées, en sortent détruites corporellement», ajoute-t-il en choisissant ses mots.
En 2002, devant l’afflux des femmes violées, l’hôpital a ouvert un service chirurgical spécialisé
Une unité qui, depuis, n’a cessé de grandir. Elle compte aujourd’hui plus de cinquante lits. «Nous recevons trois ou quatre nouveaux cas par jour, juste pour la ville de Goma», assure le praticien, qui dit ne pas comprendre les raisons de cette sauvagerie impossible à réprimer.
En 2006, Heal Africa a opéré 250 femmes. Cette année, les médecins s’attendent à intervenir sur plus de 500 patientes.
Pour John Holmes, coordinateur des opérations d’urgence des Nations unies, «la prévalence et l’intensité des viols est au Kivu pire que n’importe où au monde». Selon l’ONU, près de 20.000 cas ont été enregistrés en 2006 dans le seul nord du Kivu. «Et on peut imaginer que ce chiffre ne couvre qu’une petite partie de la réalité. Au Congo démocratique, le viol est honteux, seules les victimes les plus durement touchées l’avouent, car elles ne peuvent faire autrement», insiste Augustin Augier, de Médecins sans frontières (MSF).
L’ONG a, pour une fois, fait la même analyse que l’ONU. Près de 75 % des cas de viols soignés par MSF dans le monde sont recensés dans cette région d’Afrique. «C’est dur à dire, mais le viol est presque devenu un phénomène culturel», déplore John Holmes.
Le constat est d’autant plus inquiétant que la guerre qui a ravagé le pays pendant près de sept ans est officiellement terminée. L’année dernière, Joseph Kabila a remporté l’élection, étape qui a mis un terme à un lent et coûteux processus de transition. Mais, pas plus ce vote que les 17 000 Casques bleus toujours déployés dans le pays ne sont parvenus à calmer «l’épidémie» de viols. Au contraire.
Virginie Mumberé, l’administratrice de Heal Africa, a même noté, avec la paix relative qui règne sur Goma, l’émergence de nouvelles méthodes, plus sordides encore : «Alors qu’à la campagne les violeurs s’en prennent aux femmes, à Goma, on trouve de plus en plus d’enfants victimes. On a même reçu une petite de 3 ans mutilée.» La fillette, soignée, vient tout juste de quitter la clinique où, sous des moustiquaires jaunâtres, une trentaine de femmes attendent une opération, le regard bas.
Dans le recoin d’une chambre, une jeune de 13 ans, martyrisée deux jours auparavant avec un épi de maïs, souffre en silence. Elle sera vite prise en charge. Une chance, car pour la plupart des victimes, celles qui vivent dans des lieux trop reculés, il faut subir la honte, l’opprobre du village, la solitude, avant d’être peut-être soigné, quand il n’est pas trop tard. Le mariage n’est même pas une protection contre les agresseurs.
Ces épreuves successives ont brisé Victorine. La vie de cette femme au corps d’enfant, aux gestes lents, s’est arrêtée il y a cinq ans. Elle raconte son histoire d’une traite, le regard fixe. Elle avait 15 ans. «Six soldats sont entrés à la maison. Ils ont tué mon père. Ils m’ont emmenée et ils m’ont tourné dessus pendant toute la journée. Après ils m’ont ouverte avec un couteau», déclare-t-elle. Laissée pour morte, elle parviendra à se traîner jusqu’à un village. Marquée pour toujours, Victorine a dû, malgré sa bonne volonté, quitter les bancs de l’école, s’éloigner de ses amies, glissant lentement aux marges de sa communauté. Ses tentatives pour regagner sa place, trouver un mari, seront autant d’échecs : «J’ai eu des amis mais, chaque fois que je tombais enceinte, ils partaient en disant qu’ils ne pouvaient pas rester avec moi et ma maladie.» Elle vivait seule avec ses deux enfants quand une ONG locale lui a proposé de l’aide.
La tragédie de Victorine est presque banale. Mme Espérance, une conseillère qui reçoit les victimes, a entendu des centaines de fois depuis 1994 ce genre d’histoires. L’ultraviolence a gagné le Kivu cette année-là, dans les pas des génocidaires rwandais en débandade. Au fil du temps, les méthodes sans nom des miliciens hutus ont gagné tous les clans. «Il existe ici une impunité presque totale et, en dépit de ce qu’affirme le gouvernement, aucun état de droit. Cela n’a fait qu’accroître la généralisation du sentiment de pouvoir absolu chez les gens en armes», souligne un membre d’une ONG.
Un rapport de Human Rights Watch (HRW), publié début novembre, dénonce les crimes «épouvantables» perpétrés dans la région contre les civils. «Les tentatives de résolution du conflit n’ont pas encore apporté de soulagement aux populations locales», affirme Anneke Van Woudenberg, de HRW.
Alors qu’une nouvelle insurrection, dirigée par un général renégat tutsi, Laurent Nkunda, contre les troupes loyalistes embrase une fois encore le Kivu, les observateurs s’inquiètent. Les invraisemblables tortures infligées aux Congolaises sont, à leurs yeux, avant tout, le signe que les haines vicieuses qui étouffent le pays sont loin d’être éteintes.
Tanguy Berthemet, envoyé spécial en République démocratique du Congo
19/11/2007 © Copyright Le Figaro
Adresse de Kabila à la nation : Aucun bilan mais toujours beaucoup de promesses
© Le
Révélateur | La une| vendredi 07 décembre 2007 à 00:00:02
Joseph Kabila s’est refusé de dresser un bilan car, dit-il,
une année c’est à la fois peu et beaucoup. Peu, au regard de l’immensité du
territoire mais beaucoup par rapport au mandat, s’est-il justifié. ‘‘Mieux
qu’il y a un an et beaucoup mieux qu’il y a 15 ans’’, tel est l’état de la
Nation aujourd’hui, selon la lecture qu’en a fait le président de la République
s’aOutilsdressant jeudi 6 décembre à la Nation devant le Parlement réuni en Congrès,
à l’occasion de l’an un de son mandat.
Dans un discours de près d’une heure
axé sur la sécurité et la situation à l’Est, Joseph Kabila n’a pas manqué
d’épingler l’Economie et la situation de la Justice et des Droits de l’Homme,
qu’il a reconnue catastrophique. la partie Est la Transition.
Qu la mer. En la misère. Personne
Kabila qui a soigneusement évité d’établir un bilan, a tout de même relevé
quelques points positifs qu’il tient à mettre à l’actif de son gouvernement.
Parmi lesquels, les deux nouveaux hôpitaux inaugurés cette année dans
Quant à la situation de la Nation, le président a évoqué la pacification du
pays. Seulement, deux des 145 territoires que compte la RDC demeurent dans les
conflits. Et, une décennie d’affilée, le nombre de réfugiés internes n’a cessé
d’augmenter. Aujourd’hui, près d’un million s’entassent dans les camps de
fortune.
Dans les 143 autres territoires, c’est
Qui parmi les congolais vivant dans les 143 territoires pacifiés de Kabila peut
affirmer avec lui que le Congo va mieux qu’il y a un an et beaucoup mieux qu’il
y a 15 ans ? Y avait-il autant de déplacés de guerre il y a 15 ans
qu’aujourd’hui ? Autant de femmes violées qu’aujourd’hui ? Autant d’hommes, de
femmes et de jeunes frappés par la famine qu’aujourd’hui ? Un tel flux de
personnes marchant le long des trottoirs faute de moyen de transport ? Etc.
Une occasion manquée la corruption. En la
Justice.
Kabila
Le président de la République a promis de réformer en toute priorité la Justice
du pays, gangrenée par le favoritisme, la concussion et
Seulement, en reconnaissant la défaillance de cette justice, Joseph Kabila
approuve également toutes les critiques formulées par l’Opposition sur le
sérieux et l’équité de l’appareil judiciaire de notre pays. C’est cette Justice
qui traque le sénateur Jean-Pierre Bemba et le maintient en exil forcé. La
déclaration du chef de l’Etat, en tant que magistrat suprême, consacre la
nullité de la démarche du parquet contre le sénateur Bemba. Ainsi, pour appuyer
sa promesse de réformer en profondeur le secteur de la Justice, Joseph Kabila
aurait saisit l’occasion pour réconcilier les Congolais avec eux-mêmes en
répondant aux attentes des Congolais sur la situation de son challenger à la
présidentielle 2006 avec qui il n’avait pas de problèmes mais que son retour au
pays dépendait de
La sécurité, impératif et urgence
‘‘Vu où nous en étions il y a à peine un an, je me réjouis cependant de
pouvoir rapporter ce jour que la pacification du pays est aujourd’hui acquise
sur la quasi-totalité du territoire national’’, a déclaré le président de
la République, fort d’avoir fait sauter le verrou de Mushaki, qui ouvre la voie
vers Kitchanga. Kabila a brossé la souffrance de ‘‘nos frères et sœurs du Nord
et du Sud-Kivu (qui) ont trop souffert, victimes de viols, vols, assassinats et
exactions diverses’’ de la part d’un ‘‘général déchu’’ et ‘‘des
éléments résiduels des groupes armés incontrôlés, nationaux et étrangers’’.
Kabila s’est montré formel et déterminé, galvanisé par la perspective de vite
en finir avec Nkundabatware. ‘‘Nous devons impérativement et urgemment
mettre fin à ces souffrances. Ce sera bientôt chose faite, quoiqu’il en coûte’’,
a-t-il promis, tout en félicitant notre ‘‘jeune armée’’ pour sa bravoure
car ‘‘dans des conditions extrêmement difficiles, elles accomplissent
honorablement leur mission’’. Reconnaissant les travers fort regrettables
de certains de ses éléments incontrôlés, Joseph Kabila a eu le courage de
présenter des excuses du gouvernement. ‘‘La justice militaire a été
instruite de les identifier et de les punir sévèrement’’.
Obligation de résultat
‘‘Pour la première fois dans notre histoire, le peuple congolais pourra
enfin voir à quoi aura servi son cobalt, nickel ou cuivre’’, a promis
Joseph Kabila qui sait que la population souffre des effets pervers de la
mauvaise gouvernance qui s’est installée au pays.
Le président de la République a défendu ses 5 chantiers, ce qui n’est, selon
lui, ‘‘ni un slogan, ni une utopie. C’est un projet, mieux, c’est un contrat
passé avec le peuple’’, a-t-il défini. Le chef de l’Etat compte sur des
capitaux frais chinois en échange des matières premières dont la Chine exprime
sa boulimie. Sans doute, c’est la raison pour laquelle son adresse a ressemblé
à un vaste discours qu’aurait fait un candidat lors d’une campagne électorale
devant des électeurs ayant perdu tout espoir et tout goût à la vie.
Comme dans son discours d’investiture d’il y a une année, Kabila est revenu sur
une catalogue de promesses sans que rien ne se fasse concrètement. Conscient de
cet état de chose, Kabila rassure : ‘‘Nous avons une obligation de résultat
et il nous faut trouver des ressources financières pour matérialiser les
chantiers sur terrains’’.
la République. Et
Le président de la Commission politique et juridique de l’Assemble nationale,
le MLC Delly Sessanga pense que ce discours ‘‘est un discours rituel auquel
nous devons nous habituer’’. Pour lui, les projets n’ont pas encore démarré
et ‘‘le gouvernement n’arrive pas à animer la vision que vend le président de


