20 octobre 2007
Les richesses du Congo : Enjeu des grandes puissances
Cycle de conférences-débats AESM
Mardi 16 octobre 2007 à 20h00
Théâtre Saint-Michel (rue Père Eudore Devroye)
Gérard Bakongo, Bruno Collins, Joseph Smets, François Rijkmans,
Justine Kasa-Vubu, Bob Kabamba, et Jean-Claude Willame
Des participants annoncés, seuls Bob Kabamba et Jean-Claude
Willame étaient présents. Karel De Guch, ministre belge des Affaires
Etrangères, était bloqué par l'agenda de la formation du nouveau gouvernement
qui n'arrive toujours pas. George Arthur Forrest, président du groupe Forrest,
n'a pas pu quitter Lubumbashi (RDC). Olivier Kamitatu, ministre du Plan, et
François Mwamba, secrétaire général du MLC, n'ont pu quitter le pays à cause de
la situation politique vu les événements du Kivu.
Ils ont été remplacé par : José Smet (Ancien consul à
Lubumbashi), envoyé spécial dans la région des Grands Lacs (Pour De Gucht) ;
Bruno Collins, administrateur du Group Forrest depuis 1992 (Pour George Forrest)
; Gerard Akongo, ministre-conseiller à l'Ambassade de la RDC en Belgique (Pour
Olivier Kamitatu) ; Justine Kasa-Vubu, présidente du MD (Pour François Mwamba).
Les participants n'ont pas perdu au change
L'ouverture de la soirée a été faite par Paul Walckiers,
maître de cérémonie, qui a donné la parole à François Ryckmans (Journaliste à
la RTBF, modérateur) qui lancera les débats.
L'entame fut confiée à Jean-Claude Willame (Professeur
émérite de L'UCL, auteur du livre : les faiseurs de paix au Congo) qui a parlé
de l'historique de la relation entre la Belgique et le Congo durant la période Mobutu.
Bob
Kabamba (Professeur à l'Université de Liège, un des promoteurs de la
Constitution congolaise) prendra ensuite la parole pour parler de la période Kabila
(Père et fils). José Smet interviendra à son tour pour commenter la situation actuelle sur le
terrain, il apprendra à l'assistance que Joseph Kabila et Paul Kagame s'étaient
longuement parlé à New-York sans livrer la teneur de ces entretiens dont aucun
journal n'a parlé. Il évoquera ensuite l'état de la coopération entre les deux
pays.
Viendra Justine Kasa-Vubu (que l'on avait perdu de vue depuis la
présidentielle au Congo où elle était devenue l'alliée de JP Bemba après sa
tentative manquée) qui se focalisera sur la critique du gouvernement en place
qui (selon elle) pratique la politique de l'impunité pour soi et la justice
pour les autres. Elle enchaînera avec une analyse sur le pilotage et
l'accompagnement de l'Union Européenne pour finir par encourager l'opposition
congolaise à se reconstituer pour pouvoir jouer un rôle sous cette législature.
Le ministre-conseiller, Gérard Bakongo, (Représentant du gouvernement) se
hâtera de préciser à l'assistance qu'il n'était qu'un fonctionnaire soumis au
devoir de réserve et qu'il avait affaire à des politiciens (Hilarité générale
dans la salle!). Une façon de se prémunir contre sa non connaissance du thème
de la conférence. Ce qui ne l'empêchera pas de dire à Justine Kasa-Vubu qu'elle n'avait des leçons à
donner à personne vu sa mauvaise gestion des responsabilités lui confiées à
l'époque par Laurent-Désiré Kabila. Ambiance. Il se contentera de lire un texte
lui soumis au téléphone par Olivier Kamitatu.
Le Groupe Forrest présentera sa défense par l'entremise de Bruno Collins qui
essayera d'éclairer l'assistance sur les contrats miniers dont il bénéficie,
surtout celui lié à la mine de Kamoto qui est la plus grande mine souterraine
du Congo. D'après lui, son groupe, qui n'a que 3 contrats, est souvent accusé à
tort par des personnes qui ne prenne pas la peine de vérifier les bons
chiffres. Il en profitera pour dénoncer le fameux contrat des chinois qui vont
débarquer avec 20.000 ouvriers qui vont travailler au Congo. Et la place du
congolais dans tout ça ?
Il sera contredit par Bob Kabamba qui apprendra à l'assemblée que ce groupe
contrôlait la Gécamines au moment de la signature des contrats et qu'il s'était
réservé le meilleur morceau du gâteau. Contrôlant aussi le marché public de la
RDC, il était normal qu'il ait peur de l'arrivée des chinois qui visent tous
les domaines possibles.
Pour conclure, Justine Kasa-Vubu dénoncera le soutient actif
apporté par le groupe Forrest au PPRD de J.Kabila et souhaiterait voir la
Belgique écrire une nouvelle page dans sa relation avec la RDC. Gérard Bakongo soutiendra qu'il ne faut pas trop demander à la RDC parce qu'elle se
reconstruit. Bruno Collins croit qu'il faut former les jeunes, ces oubliés,
pour reconstruire le Congo. L'ancien Consul Smet exprimera son souhait de voir
le prochain gouvernement continuer dans la voie d'une relation intense avec le
Congo à tous les niveaux (Pouvoir, opposition et société civile) sous peine de
voir les chinois (encore eux) rafler la mise.
Pour Jean-Claude Willame, la fin de l'insécurité et des arrestations des journalistes est plus
qu'un souhait.
Extinction des feux par Paul Walckiers juste au moment où
les feux prenaient. Un goût de trop peu. Au fait, pourquoi les congolais
n'organisent-ils pas des telles réunions publiques entre eux sans bagarres ni
injures ? Tout le monde y gagnera.
© Le fouineur
La visite de Flahaut au Congo est un mauvais signal
Pour le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht, la
visite au Congo du ministre de la Défense André Flahaut
est un "mauvais signal", alors que le pays connaît de nouvelles
flambées de violence
Selon De Gucht, la visite n'a pas été discutée politiquement
au préalable, écrit De Morgen jeudi. Depuis le début du mois, des violences ont
éclaté dans l'est du Congo, causant la fuite de centaines de milliers de
personnes. C'est justement dans l'est que Flahaut rencontre le président
Kabila. "Flahaut va dire au revoir", a réagi sarcastiquement le
cabinet Verhofstadt.
Pour Karel De Gucht, il s'agit d'un "très mauvais
signal. Mais les Congolais savent bien que Flahaut n'a rien à dire en tant que
ministre sortant. Ils sont suffisamment intelligents pour relativiser cette
visite". De Gucht qualifie le ministre de la Défense de "plutôt radical
et incontrôlable". Dirk Van der Maelen (sp.a) a aussi condamné la visite
de Flahaut. Pour lui, cette visite dépasse les "affaires courantes".
Karel De Gucht souhaite que le nouvel accord de gouvernement
donne une rôle de coordinateur à son successeur. "Je ne veux pas
intervenir sur le terrain de la Défense ou de la coopération au développement,
mais je ne veux pas que ces ministres prennent des initiatives qui vont à
l'encontre de notre politique", explique-t-il.
© Belga | Source
Revue de la Presse Congolaise : Samedi 20 octobre 2007
Dans les rares journaux parus ce samedi, la politique belge
et la remise de Germain Katanga à la CPI se partagent la vedette.
Le tribalisme à la
belge vu de Kinshasa
La visite qu’effectue en Rdc le ministre belge de la Défense,
André Flahaut, a suscité des critiques de la part de son collègue Karel De
Gucht. Cette sortie de notre Karel national, spécialiste des déclarations aussi
bruyantes qu’incongrues est déjà vieille d’une bonne semaine, mais elle fait,
de façon inattendue, la Une d’un journal congolais !
« De Gucht dénonce la visite d’André Flahaut à
Kinshasa », annonce en manchette Le Palmarès dans sa livraison de ce
samedi matin.
Le Palmarès rapporte que pendant que les dissensions entre
Flamands et Wallons ont pris une ampleur inquiétante au sein du gouvernement de
Guy Verhofstadt dans la gestion du dossier congolais, le ministre belge des
Affaires étrangères est revenu à la charge pour dénoncer encore la visite de
son collègue de la Défense, André Flahaut, arrivé à Kinshasa depuis mercredi de
la semaine dernière.
Pour Karel De Gucht, la visite au Congo de M. Flahaut est un
mauvais signal, alors que le pays connaît de nouvelles flambées de violence.
Selon lui, la visite n’a pas été discutée politiquement au préalable, écrit le
journal belge De Morgen.
Flahaut n’a rien à dire en tant que ministre sortant, a
estimé De Gucht qui qualifie son collègue de « plutôt radical et
incontrôlable ».
D’autre part, comme la coopération militaire belge a
participé à la formation des FARDC, n’est-il pas logique que le Ministre de la
Défense aille se rendre compte sur place, précisément au moment où ces troupes
sont engagées, et n’est-ce pas là un acte normal de suivi dans l’application
d’une décision prise en commun à l’époque où le gouvernement n’était pas en
affaires courantes ?
Il semble que les journalistes congolais aient quelque mal à
s’adapter au fait que, en période pré- ou postélectorale, les déclarations des
hommes politiques s’inspirent souvent de la plus plate démagogie. Le parti de
Mr. De Gucht a été le grand perdant des élections et ne se retrouve associé aux
négociations dites de « l’orange bleue » qu’à la remorque du MR. Il
s’efforce donc de plaire en tirant à boulets rouges sur un Wallon, pour plaire
à son opinion publique, et sur un socialiste, pour plaire aux libéraux. Et il
l’a fait avec sa balourdise habituelle. C’est aussi lamentable et plat que
cela !
Germain Katanga et la
situation à l’Est
Le « boucher de l’Ituri » fait le gros titre à la
Une de L’Avenir, mais il est vite évident que cet article fulminatoire et
vengeur (illustré d’une double photo rapprochant les visages de Katanga et de
Ruberwa) a sa principale « cible » ailleurs…
La raison de cette diatribe est, évidemment, la
« sortie » de l’ex-VP Azarias Ruberwa sur son média favori : les
ondes de RFI, et sa suggestion (au vrai : son exigence) d’une amnistie
pour Nkunda et ses hommes. Selon toute vraisemblance, en cette occasion, le
leader du RCD est arrivé à la gare après le passage du train…
L’Avenir rapporte qu’avec le transfert de Germain Katanga à la
Cpi, « Les choses se gâtent pour le Rcd »
Selon le confrère, le gouvernement, la société civile de la Province Orientale et Human Rigth Watch réclament l’arrestation de ceux qui ont financé et armé
les mouvements politico-militaires ayant semé la mort en Ituri et dont certains
se trouvent en Ouganda, au Rwanda et en Rdc.
L’opinion se souviendra que par la voix de Moïse Nyarugabo,
le Rcd avait menacé le 16 décembre 2002 à Pretoria de ne pas signer l’Accord
global et inclusif parce que les Fac avaient chassé les éléments de l’Upc d’une
localité qu’ils occupaient. Par cette menace, s’établissait l’axe Rcd-Upc-Fpr,
écrit L’Avenir.
On ne pourra pas ne pas noter que ces faits sont liés à la
question « tutsi ». Au nom de la protection de la minorité tutsi,
Kigali n’a pas hésité à instrumentaliser les organisations comme l’Afdl
(traitée de conglomérat d’aventuriers par feu Laurent-Désiré Kabila), le Rcd,
l’Upc et, maintenant, le Cndp de Laurent Nkundabatware.
© CongoForum, le
samedi 20 octobre 2007
19 octobre 2007
Les accords sino-congolais confirment la duperie avant la publication des conclusions
La Ré-visitation des contrats miniers en RDC
Dans une interview donnée à Congo Horizons il y a quelques
mois et lors d’une Conférence-débat organisée par l’Association de Presse
panafricaine (APPA) au mois d’août de cette année à Paris, j’avais expliqué les
pièges et manœuvres élaborés par le président Kabila et ses proches,
signataires des contrats léonins ; dans le but de saboter les travaux de la
Commission de revisitation institué par le gouvernement et ainsi expurger
l’initiative de sa vraie mission.
L’objectif visé en effet par mes explications était
d’alerter l’opinion publique nationale et internationale sur la duperie du
processus présenté comme salvateur du secteur minier et en réalité malmené par
des dirigeants qui sont juges et parties. Plusieurs médias, ONG et organismes
avaient fait l’échos de tout ce que j’avais mis en exergue. Aujourd’hui, les
enquêtes de Global Witness publiées dans un rapport le 01 octobre 2007 nous
rejoignent. Fort de ce qui précède, la conclusion par le gouvernement congolais
de plusieurs accords financiers avec des groupes chinois gagés sur les
ressources naturelles provoquent de notre part les analyses suivantes :
- Les milliards chinois, nouvelle écharpe de plomb sur nos ressources naturelle
- Depuis quelques semaines, le gouvernement congolais a annoncé une série de prêts de plusieurs milliards consentis par des groupes chinois à la RDC comme une bouée de sauvetage des 5 chantiers promis par le candidat Kabila lors
des élections présidentielles.
S’il est vrai que toute initiative visant le développement de
la RDC doit être encouragée, l’on peut s’interroger si la signature des accords
dont la faisabilité est liée à la seule compensation minière de la partie
congolaise était-elle urgente avant la conclusion des travaux de la Commission
de revisitation des contrats léonins en cours.
Pierre Lumbi Okongo, Ministre d’Etat aux Infrastructures,
travaux publics et reconstruction a précisé à la presse que les « milliards
chinois ne représentent nullement un prêt ni un endettement supplémentaire pour la RDC. Il s’agit par contre d’un préfinancement de grands travaux d’infrastructures et
d’exploitation des ressources naturelles de concert avec la partie congolaise
». En bref, Ces prêts n’en seraient pas uns mais plutôt des préfinancements
(sic) des projets communs gagés sur l’exploitation des ressources naturelles de la RDC. Ces propos aussi simples paraissent-ils, sont pourtant graves de signification au
regard des conséquences de l’expérience des préfinancements dans certains pays
africains.
Le mode de financement dit « préfinancement » est une
technique largement utilisée par les dirigeants des Etats producteurs de
pétrole en connivence avec certaines banques internationales pour s’assurer de
manière occulte et opaque le détournement des recettes découlant des
exportations des produits pétroliers. Comme le décrit Xavier Harel dans son
livre « Afrique pillage à huis clos », le système consiste à concéder ou à
garantir des prêts à un Etat producteur des ressources naturelles dans les
besoins avec des taux d’intérêt astronomiques atteignant parfois les 40 % en
s’assurant des droits sur les productions futures et les gisements encore
enfouis. Les fonds prêtés transitent par une kyrielle de banques et sociétés
intermédiaires qui sont souvent domiciliées dans des paradis fiscaux comme la
Suisse, les Bahamas, les îles Vierges, les bermudes. Ces derniers se rémunèrent
à chaque opération et versent des commissions mirobolantes sur les comptes
off-shore des dirigeants qui leur octroient ce marché lucratif et des organismes
prêteurs.
Si la méthode, comme on peut le remarquer ; est très
lucrative pour ses bénéficiaires (dirigeants politiques et banques), elle est
en revanche très ruineux pour l’Etat et la population.
Vu la complexité des montages financiers auxquels donnent
lieu la technique des préfinancements, Jack Sigolet, l’ancien directeur
financier du groupe pétrolier Elf déclarait à propos de ces pratiques sur le
continent africain qu’ils sont « conçu de telle sorte que les africains ne
connaissaient que la banque officiellement prêteuse et ignoraient tout le
système, rendu particulièrement et volontairement opaque ».
D’ailleurs on le remarque déjà dans le cas des contrats
congolo-chinois délibérément présentés comme accords bilatéraux entre Etats
alors qu’il s’agit apparemment des contrats financiers avec des grands groupes
privés. Au moment de la signature des accords à Kinshasa, la partie chinoise
bien que honorée de la présence de l’ambassadeur chinois en RDC, était
représentée non par un officiel mais par le PDG d’un groupe chinois spécialisé
dans les grands travaux qui a assuré que l’argent proviendrait d’une banque
chinoise. Alors que la partie congolaise était représentée par un Ministre
d’Etat accompagné d’une dizaine de ministres.
Pierre Lumbi se permet de jouer sur les mots en déclarant
que les milliards chinois ne sont pas des prêts supplémentaires car
contrairement aux prêts bilatéraux ou multilatéraux entre Etats ou consentis
auprès des bailleurs des fonds classiques dont les modalités de remboursement
dépendent « souverainement du » budget national ; les préfinancements ciblent
dès le départ les ressources naturelles sur lesquelles vont se grever les
investissements envisagés. Chaque partie s’attelant ensuite à ce que les
remboursements soient prioritaires sur les autres budgets de manière à apurer
les dettes dans un délai record pour ne pas laisser de traces et éviter des
audits extérieurs gênants.
D’ailleurs, les chinois n’ont laissé aucun doute sur leur
stratégie en prêtant cet argent : les milliards financeront les infrastructures
(le chemin de fer Matadi-Ilebo, la route Lubumbashi-Kisangani,
l’autoroute Lubumbashi-Kasumbalesa, …) qui permettront d’acheminer les
ressources naturelles (bois, cobalt, cuivre, coltan, or,…) qu’ils vont s’atteler
à exploiter en guise de compensation. Les entreprises chinoises sont déjà à
pied d’œuvre à cette fin. Le critère principal pour le montage du type
d’opérations en cours entre la RDC et les groupes financiers chinois n’a pas
été révélé par les 2 parties contractuelles à l’opinion publique nationale et
internationale ; il s’agit du taux d’intérêt.
A quel pourcentage la RDC a accepté de rembourser pour
convaincre les groupes chinois à signer les accords financiers ?
Cette question est capitale car les dettes et services de la
dette coûtent déjà 40 % du budget national. Pour des raisons de transparence,
le gouvernement congolais et les groupes chinois devraient publier les termes
de leurs accords et apporter les précisions sur les taux d’intérêts négociés.
Les contrats financiers ci-haut évoqués ont été signés avec
ramdam malgré les propos du ministre des Mines selon lesquels de nouveaux
contrats ne seraient pas conclus avant la fin des travaux de la Commission de
revisitation. Pour comprendre ces contradictions et le vrai état d’esprit du
gouvernement quant au dossier des ressources naturelles, l’analyse du
déroulement des travaux de la Commission s’impose.
2. Composition de la Commission, l’indépendance des travaux
en cause
Le premier critère qui aurait permis à tout observateur même
de mauvaise foi d’évaluer la crédibilité de la Commission était en sus de la
compétence ; son indépendance vis à vis des donneurs d’ordre en prenant
corrélativement appui sur l’argument de transparence d’ailleurs abondamment et
paradoxalement utilisé par le gouvernement pour rassurer l’opinion.
Il est à rappeler que les plus importants contrats miniers
en cause ont été signés sous l’autorité directe du président Kabila et de
certains membres influents du gouvernement de la transition ; reconduits dans
le gouvernement Gizenga. Ces derniers détiennent des intérêts personnels
directs dans l’exploitation des ressources minières tels que les ont révélés
entre autre des rapports de Groupe d’experts de l’ONU sur le pillage des
ressources naturelles de la RDC et de la Commission Lutundula.
Par ailleurs, au lieu de confier la présidence des travaux de
la Commission à une personnalité extérieure indépendante recrutée sur base de
ses qualités techniques, celle-ci est plutôt dirigée par le Directeur de
cabinet du ministre des Mines et est placée sous l’autorité directe de ce
dernier.
Sa composition est aussi problématique car elle comprend de
représentants de la présidence, du premier ministre, du ministère des Mines, du
ministère des finances, des fonctionnaires de l’Etat et des délégués d’autres
ministères. Aucun parlementaire ni représentant des régions minières et de la
Société civile ne fait partie de la Commission.
Lorsqu’on sait combien les membres de la Commission Lutundula,
pourtant dotés du mandat parlementaire, avaient fait l’objet de nombreuses
obstructions et puissantes entraves, voire de graves menaces dans leurs
investigations, l’on peut légitimement s’interroger sur le pouvoir et l’influence
qu’auraient des simples fonctionnaires dont le sort dépend de la seule volonté
des autorités politiques de tutelle.
Au moment du lancement des travaux de la Commission le 11
juin 2007, le ministre des Mines avait affirmé comme gage de sérieux, de transparence
et de clarté des travaux de révisitation des contrats dénoncés que la
Commission bénéficierait de l’expertise de l’Open Society Initiative for
Southen Africa (OSISA), de la Compagnie Benjamin de Rothschild et du Carter
Center. Cette déclaration laissait entendre implicitement que les entités en
question avaient donné leur accord formel pour travailler avec la Commission. L’on
sait aujourd’hui que l’utilisation de la collaboration supposée des organismes
précités était un écran de fumée pour distraire l’opinion et couvrir les
manœuvres qui se tramaient en secret par le gouvernement et le président Kabila
pour maintenir le secteur des ressources naturelles sous une gestion prédatrice
et clientéliste.
En effet, contrairement à la Compagnie de Rothschild, le
Centre carter et OSISA qui sont des associations sans but lucratif ont bel et
bien donné leur accord mais sous certaines conditions pour participer aux
travaux d’évaluation des contrats miniers mis en cause. Le ministère des Mines
leur a confié un nombre déterminé de contrats miniers à propos desquels elles
devraient soumettre une analyse juridique. Les informations publiés par Global
souligne les difficultés rencontrées par ces deux organismes pour mener à bien
leur étude, notamment le délai très limité leur accordé. D’ailleurs, OSISA a
parallèlement financé un groupe d’experts juridiques coordonné par le Forum de la Société Civile
congolaise qui a publié un Rapport accablant à la fin du mois d’août sur 12
contrats miniers parmi les plus controversés.
Quand au cabinet Rothschild auquel le gouvernement voulait
confier l’analyse des aspects financiers des contrats miniers, l’annonce de sa
participation aux travaux de la Commission avait provoqué une levée de bouclier
des ONG congolaises et internationales.
Dans un courrier adressé à Global Witness en septembre 2007,
la Compagnie de Rothschild affirme « n’avoir pour l’instant été chargée des
aspects financiers de l’examen des contrats miniers ni par la République
démocratique du Congo, ni par une quelconque entité publique ou société anonyme
dépendant de la RDC».
Il est à noter néanmoins que le Vice-ministre des Mines
Kasongo agissant sur injonction de Katumba Mwanke et du général Kalume (deux
personnalités lourdement mis en cause dans les crimes économiques par tous les
rapports nationaux et internationaux) avait tout fait pour adjoindre le service
de la Compagnie
Rothschild à la Commission. Les dénonciations très précises d’une
coalition d’ONG congolaises et internationales démontrant les liens d’affaires
entre certaines multinationales incriminées et Rothschild ont fini par faire
reculer le gouvernement.
C’est dans cet ordre d’idées que les pressions exercées par
certains médias et associations nationales et internationales sur le verrouillage
du processus de revisitation ont aussi conduit le gouvernement à associer 5
organisations aux travaux de la Commission comme observateurs. Il s’agit de la
conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), de l’Association nationale
des entreprises du portefeuille (ANEP), de la Fédération des entreprises du
Congo (FEC), du Centre d’études pour l’action sociale (CEPAS) et enfin de l’ONG
Avocats Verts (AV).
Désignés unilatéralement par le gouvernement un mois après
le début des travaux, le rôle de ces observateurs a été réduit à de simples
avis consultatifs lors des réunions des Sous-commissions. Ils peuvent émettre
des commentaires, mais ils n’ont pas le droit d’assister aux séances plénières
de la Commission au cours desquelles les rapports finaux sont adoptés. Par
ailleurs, les observateurs ont dû attendre longtemps avant que le ministère des
Mines mette à leur disposition certains contrats miniers faisant l’objet
d’examen.
Selon Global, les membres de Avocats verts, avocats de
métier et les responsables du CAPAS n’ont pas jugés nécessaires de participer
régulièrement à des séances où les vraies décisions n’étaient pas prises. La
Cenco a fini par claquer la porte de la Commission pour constituer sa propre
Commission épiscopale chargée de la problématique des ressources naturelles. Le
message de l’Assemblée plénière de la Cenco de juillet 2007 intitulé « A vin
nouveau, outres neuves » particulièrement interpellant sur les pillages des
ressources naturelles et le sort des contrats léonins résume sa position à ce
sujet.
Comme chacun peut le constater, la composition de la Commission ne laisse aucun
doute sur sa dépendance et l’inintégrité même du processus de revisitation des
contrats.
3. Déroulement et délai des travaux : manque de rigueur et
d’objectivité
Créée en avril 2007 pour un mandat de trois mois seulement,
ce qui est très peu vu le nombre important de contrats à examiner et les
investigations titanesques que cela requiert; les travaux de la Commission
n’ont été effectivement lancés à Kinshasa qu’au mois de juin. Le Carter Center
et l’OSISA ont tout de suite émis leurs réserves quant au délai de trois mois,
insuffisant à leurs yeux pour précéder à l’examen sérieux de la soixantaine de
contrats retenus au départ par le ministère des Mines.
Fixée au 10 septembre, puis au 25 septembre avant d’être
ramenée à la fin octobre, l’échéance des travaux aurait été tenable si la
Commission était constituée des experts préposés à plein temps. Or comme
expliqué plus haut, tous ses membres occupent des hautes fonctions à plein
temps au sein des cabinets présidentiels, ministériels et au sein de
l’administration.
C'est donc en dehors de leur emploi de temps normal que ces
derniers planchent sur ce dossier aussi épineux et dont les résultats étaient
présentés comme déterminants pour l’avenir du secteur minier en RDC. De l’aveu
même du président de la Commission Alexis Mikandji (voir déclarations
faites à Global Witness), les séances collectives qui se déroulaient souvent
tard dans la soirée étaient marquées par le manque de concentration des
membres, ce qui l’obligeait parfois à écourter les travaux.
Selon les témoignages des membres de la Commission, lorsque
des questions pertinentes étaient posées aux représentants des entreprises
incriminées lors des auditions, les auteurs des questions se faisaient tirer
les oreilles par leur hiérarchie. Du coup, certains ont omis purement et
simplement de donner des avis sur les aspects sensibles et les plus
controversés des contrats examinés par peur de représailles. Les délibérations
sur les circonstances de la signature des contrats, les pistes judiciaires, les
motivations des signataires congolais ( qui sont toujours au pouvoir), à savoir
le président Kabila et ses proches sont escamotés.
L’absence de rigueur dans le déroulement des travaux comme
on peut le remarquer témoigne de l’absence d’une réelle volonté politique de
voir toutes les lumières être faites sur la nature de contrats léonins
dénoncés. Car comment expliquer que parallèlement aux travaux de la Commission,
certains contrats sous examen fassent l’objet des tractations spéculatives et
concurrentielles (l’épisode Boss Mining/Camec, KMC et Forrest par exemple)
directement pilotées par le Président kabila qui tire toutes les ficelles des
dossiers miniers.
Les accords financiers chinois rentrent dans ce cadre et
constituent avec le poids des dettes précédentes, des hypothèques qui vont
peser durablement sur l’économie congolaise et le secteur des ressources
naturelles en particulier. On ne peut que douter que les résultats des analyses
de la Commission de revisitation des contrats miniers servent à quelque chose
dans ce contexte.
Jean-Paul Mopo Kobanda
Juriste - Chercheur
Auteur de « Crimes économiques dans les Grands Lacs Africains »
© Copyright Leader Africa
Jusqu'à quand le Congo (RD) sera-t-il sous tutelle ?
Il ne se passe plus un seul jour sans que certains médias
congolais reviennent sur les accords que le Congo est en train de signer avec la Chine
A travers ces médias,
plusieurs compatriotes journalistes et analystes politiques sont convaincus que
le Congo est libre de signer les accords bilatéraux et multilatéraux avec les
partenaires de son choix. Ils sont aussi convaincus que la coopération économique
avec "nos éternels bailleurs de fonds" n'a pas du tout contribué à
notre développement. Et une analyse froide de l'histoire économique de notre
pays leur donne raison.
I. Washington au
secours de "la démocratie du marché"
Néanmoins, les convictions de ces compatriotes ne semblent
pas être fondées sur des analyses conséquentes des options politiques de nos
gouvernants actuels. Ceux et celles d'entre nous qui savent encore prendre le
temps de lire peuvent parcourir le programme de gouvernement Gizenga. Ils se rendront compte que sous l'instigation
du FMI et de la Banque mondiale, ce gouvernement avait pris la ferme option de
s'endetter lourdement en comptant sur nos richesses du sol et du sous-sol pour
rembourser ses dettes. C'est d'un.
De deux, les accords multilatéraux que les gouvernants
actuels signent ne sont connus que d'un petit cercle des oligarques prédateurs.
Le sénateur Vincent de Paul Lunda-Bululu et le député Kiakwama kia Kiziki l'ont
magistralement démontré (à travers leurs interventions au Sénat et au
Parlement) sans que "les couvreurs" (majoritaires) de la navigation à
vue du pouvoir en place au Congo n'arrivent à les contredire. Les sceptiques
peuvent parcourir les médias congolais de ces trois ou quatre derniers mois et
exhiber un ou deux textes sérieux d'un député
ou d'un sénateur de la majorité au pouvoir battant en brèche les
arguments-massues du "petit
reste" congolais contre l'amateurisme et l'incompétence des gouvernants
actuels du pays. En bonnes caisses de résonance, les "couvreurs
majoritaires" de l'Assemblée nationale se tirent d'affaires en comptant sur le nombre. Dieu merci, lors du dernier
vote de la motion de méfiance contre le ministre près la présidence impliqué
dans l'affaire de l'Antonov 26, "les mangeurs" ont connu des défections
dans leurs rangs au profit du "petit reste".
De plus en plus, "la démocratie du marché" concoctée
dans les bureaux climatisés de Washington, Paris, Londres et Bruxelles marque le pas. Que le Congo appelle la Chine au secours est
un signe qui ne trompe pas! Que "les maîtres du monde" se déplacent
jusqu'à Goma (le dimanche 14 et le lundi 15 octobre 2007) pour remettre leur
"filleul" sur le chemin de leur schéma de la mise sous tutelle
permanente de notre pays est un signe qui donne à penser. Comment ces tireurs
de ficelle convaincus que le Congo dispose d'"une armée indisciplinée",
"mal payée et mal outillée" peuvent-ils appeler au cessez-le-feu au
moment où cette armée semble gagner du terrain à l'Est de notre pays? A moins
que la guerre d'agression que nous subissons à l'Est de notre pays soit
purement et simplement une manoeuvre de diversion ne profitant qu'aux réseaux
d'élite prédateurs ayant envahi notre pays, il ne serait pas inutile de relever
une similitude entre ce qui se passe à l'Est de notre pays depuis ce lundi 15
octobre 2007 et ce qui s'est passé au Bas-Congo en 1998. Poursuivant sa coopération
militaire avec les deux Etats agresseurs du Congo, Washington était intervenu
pour les tirer du bourbier congolais. "En effet, écrit Marie-France Cros,
Les Etats-Unis interviendront pour que les troupes rwandaises et ougandaises
encerclées au Bas-Congo par l'armée angolaise, qui a volé au secours du régime
de Kabila, puissent être exfiltrées sans coup férir." (M.-F. CROS et F.
MISSER, Géopolitique du Congo (RDC), Bruxelles, Complexe, 2006, 114). A en
croire Marie-France Cros, "il a fallu l'évidence de l'enlisement de la
guerre pour que les Etats-Unis et la France emboîtent le pas à la
Belgique et à d'autres pays non belligérants afin de faciliter les
accords signés à Lusaka en juillet 1999, qui tarderont quatre ans avant d'être
mis en vigueur." (Ibidem)
Le même scénario vient se reproduire à l'Est du pays où les
ambassadeurs occidentaux sont allés à la rencontre de Joseph Kabila. Les mêmes
pays auraient volé au secours de Nkunda et du Rwanda tout en affirmant leur
soutien (?) aux gouvernants élus du Congo! Est-ce pour la cause de la paix?
Relisons l'histoire.
En dehors de la publicité que "les intellectuels respectables" font
sur" les missions civilisatrices" des États-Unis, de la France, de la
Grande-Bretagne et de la Belgique, une histoire écrite à partir des appauvris
de notre planète n'a pas quatre exemples des pays libérés du joug hégémonique
de l'impérialisme occidental par ces pays.
II. "Le petit
reste occidental" et la lutte contre "la voyoucratie"
Ceux et celles d'entre nous qui ont encore la possibilité de
lire peuvent s'exercer à étudier les livres ci-après: Europe, la trahison des élites
(de Raoul Marc Jennar), Nous, peuples d'Europe (de Susan George), Les nouveaux
maîtres du monde et ceux qui leur résistent et L'empire de la honte (de Jean
Ziegler), Le nouveau désordre mondial (de Tzvetan Todorov), Les Etats manqués, Dominer
le monde ou sauver la planète et La
doctrine des bonnes intentions de (Noam Chomsky), Un autre monde contre la
fanatisme du marché (de Joseph E. Stiglitz), La force qui nous manque (d'Eva Joly), Bush le cyclone (de Michel
Collon), etc.
Ces livres écrits par "le petit reste" occidental
révèlent une continuité dans la politique extérieure pratiquées par les élites
politiques occidentales, à quelques exceptions près. Noam Chomsky, étudiant de
plus près l'histoire des pays occidentaux impliqués dans "les pressions
faites à l'Etat (manqué) congolais" pour obtenir un cessez-le-feu à l'Est
de notre pays, les classe dans la catégorie des "Etats voyous".
Il écrit ce qui suit: "Si nous définissons "Etat
voyou" en fonction d'un principe moral d’Etat qui viole le droit
international, commet des agressions, des atrocités, viole les droits de
l'homme dont il est certain que les Etats-Unis se qualifient pour le titre,
comme on pouvait l'attendre de l'Etat le plus puissant du monde, comme la
Grande-Bretagne s'est qualifiée, comme la France s'est qualifiée (d’¦). La
France menait une "mission civilisatrice" quand son ministre de la
Guerre disait qu'il fallait exterminer les indigènes en Algérie." (N.
CHOMSKY, La doctrine des bonnes intentions. Entretiens avec David Barsamian,
Paris, Fayard, 2006, 71-72).
Se retrouvant dans sa Norvège natale, Eva Joly écrit: "
Loin de Paris, j'ai la confirmation que l'élite française n'est qu'un club qui
ne fait plus évoluer la monde." (E. JOLY, La force qui nous manque, Paris
Arènes, 2007, p.14). Plus loin, elle note: "La France, au nom de la séparation
des pouvoirs, ne dispose d'aucun mécanisme officiel pour interrompre une enquête,
la menace et les intimidations s'épanouissent donc au coeur de l'Etat. En
Grande-Bretagne, la voix arrogante du Premier ministre (Blair) suffit à étouffer
une affaire sensible. Toutes deux usent et abusent de l'intérêt supérieur de
l'Etat, éternel masque des trafics d'argent." (Ibidem, p.26).
Tous ces livres révèlent "la trahison des élites"
politiques et intellectuelles occidentales à l'endroit de leurs propres peuples
et de ceux des pays émergents. Elles ne sont qu'au service du néo-libéralisme
pur et dur. (A quelques exceptions près, bien sûr!) Est-ce un hasard
qu'aujourd'hui d’“jour de la lutte contre la misère-, la télévision Belge nous informe qu'un Belge sur sept vit
en dessous du seuil de la pauvreté? La mondialisation marchande a assujetti les
élites politiques et intellectuelles occidentales, les mettant au service des
multinationales et des autres cosmocrates du Nord. "La démocratie du marché"
qu'ils théorisent est mise dans le coup.
De plus en plus, au Nord, les peuples vivent dans un
obscurantisme avoisinant celui dans lequel vivent la plupart des peuples du
Sud. La télévision mise au service du consumérisme travaille, au quotidien, au
décervelage.
Au Sud, les pays ayant pris conscience du rôle nocif des élites
occidentales ont rompu les ponts. L'Amérique Latine en tête. Au Nord, la Norvège
et la Suède deviennent de plus en plus
des rares exceptions des pays où les gouvernements à l'écoute de leurs peuples.
Et pendant ce temps, le Congo pérorant sur ses richesses fabuleuses ne cesse de
se laisser guider par les élites sans grande crédibilité au Nord. Est-ce pour
des raisons de "réalisme politique"? Pour des raisons stratégiques ou
par pure ignorance de la nouvelle géopolitique du monde? Il veut aller prendre
de l'argent en Chine tout en se laissant conseiller par les élites occidentales
auxquelles la Chine fait peur. Pris entre l'enclume et le marteau, il n'arrive
pas à voter son budget 2008. Et nos médias, percevant très mal ce choix
amateuriste ne cessent de clamer à qui voudrait les entendre: "Le Congo,
en tant qu'Etat souverain, peut signer des accords avec qui il veut!".
Est-on souverain quand on ne crée pas les moyens de son autonomie? De son autonomie de pensée et d'action? Un
pays payant sa dette extérieure avec une bonne partie des prêts d'argent qui
lui sont consentis par ses "conseillers économiques et bailleurs de
fonds" peut-il avoir la latitude d'aller où il veut pour contracter les
dettes qu'il paiera avec cet argent d'autrui ?
De deux choses l'une, ou le Congo fait le choix de la Chine
ou il reste esclave des IFI occidentales. Dans le premier cas, il sera obligé
de rompre avec les politiques (économiques) de domination que soutiennent les
IFI à travers "l'initiative des pays pauvres très endettés". Il doit
rompre avec la tutelle occidentale. Or sa politique actuelle est loin de réaliser
cette rupture. Les dernières pressions exercées (et acceptées par) sur Joseph
Kabila en disent long. Dans ce cas, le choix de la Chine ne se limiterait pas à
avoir un partenaire économique prêtant sans conditionnalité. Il irait jusqu'à
la mise sur pied des moyens de sa propre autonomie.
Dans le deuxième cas, le choix "des Etats voyous"
comme guides ne peut que mener à "la voyoucratie". Il semble que
notre pays en est encore là. Sinon qui expliquerait la magie par laquelle un
monsieur (Nkunda) sur qui pèse un mandat d'arrêt international soit considéré
au niveau national et international comme un partenaire dialogual dont dépend
la paix à l'Est du pays? Qui expliquerait la mise entre parenthèse du droit international au nom de la paix ?
En effet, dans un monde gouverné par les affairistes et
"leurs petites mains", la mise entre parenthèse du droit
international participe de l'ouverture dudit monde à l'économie mondiale de la prédation. Celle-ci n'a besoin de lois que dans la mesure où elles permettent aux affairistes de
faire un peu plus de profit.
III. Fin de la tutelle
et initiatives opportunistes
A la fin de sa mission au Congo, Aldo Ajello se confiant à
Marie-France Cros affirmait ce qui suit: "L'avenir du Congo? C'est un pays
qui a un potentiel richissime et un gouvernement élu démocratiquement. Ce qui
ne veut rien dire parce que la démocratie ne se réduit pas aux élections; une éducation
démocratique doit se faire, avec assez de souplesse pour ne pas donner
l'impression que le pays est sous tutelle, ce qu'il a été trop longtemps. Il
doit apprendre à s'autogérer de façon démocratique. Si on les aide sérieusement,
on de grandes chances de réussir et cela entraînera la stabilisation de
l'Afrique centrale." (M.F. CROS, Aldo Ajello, le diplomate qui ne mâche
pas ses mots. Entretien, dans La Libre Belgique du mardi 21 février 2007, p.25).
Etant devenu sceptique vis-à-vis de "doctrines des bonnes intentions"
et à la lecture de l'actualité congolaise, nous doutons que l'Europe ait comme
visée politique africaine "la stabilisation de l'Afrique centrale",
ce réservoir des matières premières stratégiques. L'entraînement dans la
politique économique de l'économie mondialisée de la prédation a remplacé, dans
le chef de ses élites, le partage des valeurs douces de la paix, de la justice
réparatrice des crimes économiques et redistributive et de la gestion démocratique
du pouvoir politique. Cet entraînement-là prend du temps. Voilà qui justifie la
permanence de la tutelle et l'effritement des chances de voir l'Afrique
centrale s'autogérer comme l'entendraient ses dignes fils et filles. Le choix
portés sur des "pantins" et autres "collabos" financés à
coup des millions d'euros était tout sauf une option pour une Afrique centrale
apaisée et stable.
Mais, cela étant, il n'est pas mal que les dignes filles et
fils du Congo se posent, de manière permanente la question de savoir jusqu'à
quand le Congo sera-t-il sous tutelle. Nous estimons que la tutelle durera
jusqu'au jour où un nombre important de ses filles et fils sera capable de
comprendre, d'expliquer et de maîtriser les politiques géostratégiques et
"réalistes" des pays qu'ils perçoivent, aujourd'hui encore, comme étant
les grandes puissances du monde. Jusqu'au jour où leurs choix des modèles
alternatifs les conduiront à créer des synergies productrices des moyens de
leur autonomie réelle (et non potentielle). Jusqu'au jour où "les think
thanks "congolais dignes de ce nom mèneront des luttes sans complaisance
afin qu'ils comptent dans la conception, la gestion et la prospection de la
marche commune. Les initiatives opportunistes peuvent être efficaces. Mais
comme peut l'être un feu de paille.
Dans le cas du choix de la Chine par exemple, combien des
Congolais sont au courant des quantités des matières premières que ce pays
prendra chez nous en échange de ses milliards? Où en a-t-on débattu? Le Congo
est-il la propriété privée des "couvreurs-négociateurs" de tous nos
contrats à nos dépens qui sont aujourd'hui aux commandes de notre
"Etat-manqué". Non. Et puis, au vu des contrats et accords déjà signés,
quelle garantie avons-nous que cette fois sera la bonne? Il ne suffit pas
d'aller en Chine pour faire du chantage à l'Occident comme du temps de Mobutu.
Ce temps est révolu.
Encore faudrait-il que nous soyons capables d'établir la
différence substantielle existant entre le capitalisme chinois et le
capitalisme occidental! Tous les deux étant logés à la même enseigne, un choix
non pensé de la Chine peut être nuisible pour nous et (surtout) pour les générations
futures. Le Congo "reçu" dont être cédé aux générations futures en
bonne et due forme. N'en déplaise aux opportunistes nombrilistes, partisans de
"la manducratie immédiatiste". A "ceux et celles qui veulent
manger, ici et maintenant, avant qu'ils ne puissent mourir. Et cela, à tous les
râteliers."
Le Congo rompra avec la tutelle quand il ne sera plus dirigé
par des marionnettes téléguidées à partir des bureaux climatisés de Washington,
Paris, Londres et Bruxelles; mais adulées par les médias
"coupagistes" et "les médiamensonges" comme étant les chefs
du monde et les maîtres de l'histoire. Le Sud comptant des exemples de cette
rupture fait rêver. Il semble que l'essentiel de notre lutte devrait se mener à
ce niveau de rupture. Elle peut réussir si, déjà aujourd'hui, les résistants
congolais initient des alliances avec le Sud qui gagne et "le petit reste
du Nord" et les font fructifier.
J.-P.Mbelu
Au détour d'un chemin en enfer, Mobutu croise Kabila ...
Mobutu :
Toi ici ? Depuis quand ?
Kabila :
Depuis le 16 janvier 2001..
Mobutu :
Comment cela s'est-il passé ?
Kabila :
J'ai été assassiné par un de mes gardes du corps pendant que j'étais en
réunion ...
Mobutu :
Comment cela pouvait-il se faire ? Et tes services de sécurité, où étaient-ils
?
Kabila : Ah
mon frère ! c'est ce que je n'arrive pas à m'expliquer. Pourtant je pensais
avoir très bien organisé ma sécurité. Mais que veux-tu, le petit qui a tiré sur
moi était connu comme un de mes proches, presque un fils ...
Mobutu :
Avec moi ce genre de choses ne pouvait pas arriver. On ne m'approchait pas
facilement, même mes proches. Au fait as-tu des nouvelles du pays ? Moi j'ai
coupé tout contact depuis que je suis ici.
Kabila : Je
n'ai pas de nouvelles ...je ne peux même pas téléphoner par manque d'argent car
je n'ai pas eu de temps de me préparer avec cet assassinat qui m'avait surpris.
Mais au fait, si tu as un peu d'argent, je pourrais toujours essayer d'appeler
Mwenze Kongolo pour avoir des nouvelles.
Mobutu : Tu
oses me demander de l'argent que tu m'accusais d'avoir volé ? Je vais quand même t'en donner? De quoi téléphoner ...
Mobutu sort de sa poche un billet de 100 dollars et accompagne Kabila à la Poste de l'Enfer
Kabila au
téléphone : Allô Kinshasa ? Je peux parler à Mwenze Kongo ?
La poste de
Kin : Président Kabila ?
Kabila : En
personne ...
La Poste de
Kin : Un instant, je vais chercher le nouveau numéro de téléphone de Monsieur Mwenze
Kongolo? Je vous le passe.
Kabila :
Allô Mwenze, tu as changé de numéro ?
Mwenze
Kongolo : Oui ?
Kabila :
Quelles sont les nouvelles ? Tu sais que comme je n'avais pu rien emporter, je ne pouvais pas téléphoner par manque d'argent. Heureusement que je viens de rencontrer Mobutu ...
Mwenze
Kongolo : Comment ? Tu es avec Mobutu ?
Kabila :
Oui, il est juste à mes côtés. Alors comment ça s'est passé après mon départ ?
Qui a pris ma place ?
Mwenze :
C'est Joseph ?
Kabila :
Quel Joseph ?
Mwenze
Kongolo : Mais Joseph ton fils que nous avons fait venir de Lubumbashi où tu l'avais consigné ?
Kabila
(après avoir marqué une pause) : Mais enfin tu connais bien ma situation
familiale et l'histoire de Joseph. Où étaient les Katumba, Yerodia, Kakudji,
Kapend et toi-même ?
Mwenze Kongolo : Tu sais, il y avait des pressions de tous côtés, des Zimbabwéens,
des Angolais et même des Rwandais, que c'était la seule solution possible.
Heureusement que tout s'est bien passé par la suite.
Kabila : Je
ne comprends pas..Donner le pouvoir à Joseph ? Et Kapend pourquoi n'avait-il
pas agi lui qui pouvait mobiliser l'armée ?
Mwenze
Kongolo : Mais Kapend est en prison, condamné à mort pour participation au
complot de votre assassinat ...
Kabila :
Des foutaises tout cela ? Et toi, que fais-tu pour le moment ?
Kongolo
Mwenze : Mais je ne suis plus au gouvernement ? Joseph nous a fait partir moi, Katumba, Kazadi et Okoto, pour avoir été cité dans un rapport de l'ONU nous accusant d'avoir les ressources du pays pour 5 Milliards de Dollars.
Kabila :
Vous avez pris cinq milliards en 4 ans ...
Mobutu qui
jusque là ne disait mot, intervient
Mobutu :
Ils ont pris cinq milliards en 4 ans ? et moi qu'on accusait pour Moins que
cela en 32 ans ?
Kabila : Si
je savais, je n'aurais pas du traiter Mobutu comme je l'avais fait? Et ma part
dans toue cela ? Vous êtes allé voir Mugabe ?
Kongolo
Mwenze : Mugabe ? Il a pris tout ton argent.
Kabila :
Mais il ne pouvait pas le faire ; il n'avait pas mes empreintes digitales pour
pouvoir ouvrir les coffres dans lesquels nous avons déposé notre magot.
Mwenze
Kongolo : Tu ne savais pas ? Il avait fait enlever ton corps et l'a fait
transporter au Zimbabwe avant de le rendre au Congo pour l'enterrement ...
Kabila :
Pas possible, être trahi jusqu'à ce point. Et par quelqu'un que je Considérais
comme un frère. Je comprends maintenant pourquoi il préférait Joseph. Au fait,
où en est-on avec la rébellion ?
Mwenze Kongolo : Il n'y a plus de rébellion ...
Kabila : Ah
bon ! Vous avez pu reconquérir tout le territoire en si peu de temps ?
Mwenze
Kongolo : Mais non. Le dialogue inter-congolais a abouti et tout le monde se
trouve à Kinshasa pour gérer la transition jusqu'aux élections l'année
prochaine.
Kabila :
Les Bemba, Bizima Karaha, Ondekane, et tous les autres sont à Kinshasa, et vous
les laissez courir comme ça ?
Mwenze
Kongolo : Mais on n'en pouvait rien. La pression extérieure était tellement forte.
Kabila :
Vous êtes vraiment des femmelettes. Avec moi cela ne pouvait pas arriver, je
les aurais fait zigouiller sans autre forme de procès. Ah ! Si j'avais écouté
Mandela et continué de négocier avec Mobutu à bord de l'Outeniqua, les choses
se seraient peut-être passées autrement, et je ne me serais pas retrouvé ici.
Évidemment vous avez tous profité avec tous les Milliards que vous vous êtes
fait sur mon dos ?
Mobutu qui
intervient : Ne t'en fais pas mon Cher, c'est la vie ...
Kabila :
Mais nous ne sommes plus en vie ?
Kongolo
Mwenze : Allô Président. Allô. On t'a construit un grand et beau monument et on organise des manifestations grandioses le 16 janvier de chaque année.
Kabila : Et
alors ? C'est avec ça que je peux aller voir Tshiala Mwana ? Fous-moi la paix.
Clack..Clack..
Kongolo
Mwenze : Allô. Allôo,Allo o oo o o o o o !
Blague transmise par Titi Nzita
Le viol, un fléau à l'Est de la RDC
Le mouvement de rébellion du général dissident Nkunda a
commencé en décembre 2006 et les combats entre ses miliciens et les troupes de
l'armée régulière ont fait près de 370 000 déplacés.
GOMA, 17 octobre 2007 (IRIN) - Dans l'Est de la République démocratique du
Congo, les femmes connaissent tellement bien le cruel scénario des viols
qu'elles n'ont aucune difficulté à expliquer le mode opératoire.
« Un homme vous tient les mains, l'autre les deux jambes et troisième vous
plaque sa main sur la bouche », a expliqué à IRIN Beatrice Misat, une résidente
du camp de déplacés Mugunga II. « Quand vous avez un peu de chance, ils vous abandonnent après vous avoir
violée, sinon, ils vous torturent ensuite à l'aide de bouts de bois, puis vous
vous mettez à saigner », a-t-elle ajouté.
Le viol est un fléau dans l'Est de la RDC - une arme de guerre, une menace
constante pour les femmes et les filles.
Selon certains habitants et observateurs, la culture de la violence sexuelle
s'est implantée dans l'Est après le génocide rwandais de 1994 au cours duquel
quelque 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été massacrés par des miliciens
hutus. Défaits par les militants du Front patriotique Rwandais, un mouvement
politico-militaire majoritairement tusti, les auteurs du génocide sont repliés
sur le territoire de la RDC voisine, et des groupes de miliciens armés ont
commencé à proliférer dans la région et la violence sexuelle est devenue une
pratique courante.
Un brassage dangereux
Lorsque les combats entre les troupes du général dissident Laurent Nkunda et
les forces armées de la RDC ont repris récemment dans la province du Nord-Kivu,
les femmes de la région se sont enfuies pour éviter d'être violées par ces
miliciens.
« Quand l'insécurité s'accroît, qu'il y a de plus en plus de personnes
déplacées, les femmes se sentent bien plus en danger et sont plus vulnérables
au harcèlement sexuel », a expliqué à IRIN Patrick Lavand'Homme, responsable du
Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA)
dans le Nord-Kivu.
« Avec le brassage de miliaires à proximité de populations de déplacés
internes, les rares principes de l'Etat de droit qui existaient encore
disparaissent complètement ». Ce qui est troublant dans l'Est de la RDC, c'est la brutalité qui accompagne
souvent les viols. Les femmes sont généralement violées par plusieurs hommes
devant leur famille ou sont ensuite torturées. « Je pense que dans cet acte, il y a plus un désir de destruction qu'une simple
recherche de plaisir », a affirmé Angela Kishabagasifa du Fonds des Nations
Unies pour la population (UNFPA). « Il ne s'agit pas de détruire un ennemi,
mais des femmes ».
L'UNFPA organise des ateliers de sensibilisation dans le camp de Bulengo situé
dans la banlieue de Goma, la capitale du Nord-Kivu.
Ce camp abrite quelque 13 000 déplacés et près de la moitié des femmes
pensionnaires ont, à un moment donné de leur existence, été victimes de
violences sexuelles, a indiqué Mme Kishabagasifa.
La victime la plus âgée qu'elle a rencontrée, après deux semaines de prise en
charge du camp, avait entre 65 et 75 ans, et la plus jeune, quatre ans. « Il n'y a pas de considération d'âge dans le viol », a expliqué M.
Lavand'Homme. « Toutes les jeunes filles et tous les jeunes garçons sont violés
».
Les groupes de miliciens
Le nombre de femmes victimes de viol dans l'Est de la RDC est si important que
les représentants des Nations Unies n'hésitent à parler du pire exemple de
violences sexuelles dans le monde. Selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), quelque 18 000 cas de
viols auraient été enregistrés en 2006 dans trois provinces de la RDC, dont
celle du Nord-Kivu.
Mais le nombre de cas de viols est probablement bien plus élevé
« Toutes les victimes de viol ne le font pas savoir », a indiqué Mme
Kishabagasifa. « Certaines femmes ont honte d'en parler. Parfois lorsqu'on se
promène sur le site, des femmes nous demandent de venir discrètement dans leur
case pour nous en parler. Elles pensent qu'en se rendant au centre de santé, on
pourrait se douter qu'elles ont été victimes de viol ».
Les groupes armés présents dans la région nient avoir commis des viols, mais
pour les travailleurs humanitaires, tous ces groupes devraient être tenus
responsables des violences sexuelles.
Outre les miliciens du Congrès national pour la défense du peuple, du général
dissident Nkunda, et les forces armées de la RDC, les groupes de milices du
mouvement hutu des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda et des
Mayi Mayi, organisés en fonction de critères ethniques, sont actifs dans la région.
S'il est vrai que la situation dans l'Est de la RDC est très politisée et
devient de plus en plus complexe, les femmes de la région sont rarement très
impliquées dans la
politique. Pour la plupart d'entre elles, leur seul souhait
est que le conflit s'arrête.
Banza Mazamba est membre du conseil de direction du camp Mugunga II. Elle
raconte l'histoire d'un bébé de sexe féminin, prénommé Grâce, arraché du ventre
de sa mère par des miliciens fidèles au général dissident Nkunda. Et cette
histoire fait le tour du camp.
L'enfant a survécu grâce à l'intervention d'une femme âgée qui s'occupe d'elle
actuellement
Lorsqu'on lui demande d'expliquer le comportement des groupes armés dans l'est
de la RDC, la réponse de Mme Mazamba est simple :
« Ces hommes n'ont pas de coeur ».
nk/am/mw/ads
Olive Lembe à la Nouvelle Jérusalem de Bruxelles
L’épopée rocambolesque d’Olive Lembe et le « très
religieux » pasteur de « la désormais tristement célèbre Eglise
Nouvelle Jérusalem » de Bruxelles
Olive Lembe aura-t-elle été la « prophètesse » de
malheur depuis son passage trop controversé à l’Eglise « Nouvelle
Jérusalem » aujourd’hui rongée par un malaise très profond ? Depuis
lors, les commentaires vont bon train au sein de la Communauté Congolaise de Belgique et parmi les fidèles de ladite Eglise dont nombreux déclarent que
leur « très religieux » pasteur a abusé de la bonne foi des croyants
et a cru que tout le monde était naïf et d’un esprit très faible sauf lui en
faisant la publicité d’Olive Lembe venue voir des films à Bruxelles au
détriment du Trésor Public Congolais et faire ses achats et ses courses en
Belgique (elle a ramené plus de 40 valises pleines à Kinshasa) à plus de 8000 kilomètres de
son lieu habituel de résidence (Kinshasa) alors que le Peuple Congolais
résidant au Pays est paupérisé à l’extrême et ne sait pas payer les frais
scolaires des enfants, se nourrir, se vêtir, se faire soigner, enterrer les
morts, acheter les cercueils pour les morts… Les quelques commerçants qui se
débrouillent pour aller acheter des vivres à l’intérieur du Pays malgré l’état
chaotique des routes sont traqués, rançonnés et découragés par les escadrons de
la mort postés tout au long des routes.
En Belgique, chacun se demande ce qui s’est réellement passé
entre Olive Lembe et ce « très religieux » pasteur et ce que le
« très religieux » pasteur aurait touché d’Olive Lembe comme
« Don », « Corruption », « Aumône »,
« Offrande »…. pour oser souiller ainsi ladite Eglise en allant
jusqu’à donner la parole à cette dame, épouse d’un imposteur et d’un tyran
sanguinaire et qui fait partie du système esclavagiste, tyrannique, génocidaire
et prédateur! Ceux qui connaissent le style des sermons de ce « très
religieux » pasteur affirment même que le « très religieux »
pasteur, Olive Lembe et l’ambassadeur d’Hyppolite Kanambe se sont rencontrés
nuitamment auparavant, que le « très religieux » pasteur a préparé
tout le sermon récité devant eux le lendemain par Olive Lembe et que toute la
scène de la pièce théâtrale a été soigneusement préparée la veille entre le
« très religieux » pasteur, Olive Lembe et l’ambassadeur d’Hyppolite Kanambe,
alias « Joseph Kabila » (arrivée d’Olive Lembe pendant la prière
comme une visiteuse de surprise, refus d’aller se mettre devant l’Assemblée
mais de se mêler aux simples fidèles afin de provoquer l’admiration des naïfs
et des esprits faibles…. ; supplier par après la « Belle du
Jour » à prendre la parole devant les fidèles médusés et demander aux
fidèles de se plonger dans la méditation sur le contenu très profond de
« son » sermon…
La « religion-opium » est aujourd’hui l’une des
armes fatales utilisées par les imposteurs, les opportunistes, les aventuriers
et les esclavagistes et prédateurs pour achever le Complot visant à perpétrer
le génocide de notre Peuple et à vendre notre Pays.
Nous sommes nous-mêmes des croyants pratiquants et très
engagés dès le sein de notre Mère
Grâce à notre éducation et à notre formation, nous
prétendons posséder une formation très solide dans le domaine religieux. Il est
impossible à quiconque de nous instrumentaliser, de nous manipuler, de nous
faire subir le lavage des cerveaux, de réussir la traite de nos âmes et
l’esclavage religieux.
Nous ne sombrons pas dans une généralisation abusive. Nous
avons été invités dans nombreuses églises où les pasteurs ont prêché à leurs
fidèles, en notre présence, l’amour de Dieu, l’amour de la Patrie et de
notre Peuple et les ont exhortés à participer à toutes les manifestations
politiques organisées dans le cadre de la libération nationale.
Nous sommes, dans notre foi, très attachés à nos racines et
à nos origines tout en étant très ouverts à tous les apports positifs qui nous
viennent des autres peuples : apports religieux, scientifiques,
technologiques, culturels….
Mais nous avons des preuves que les ennemis de notre Patrie
et de notre Peuple profitent de la naïveté et de la faiblesse d’esprit de
certains compatriotes pour quadriller notre Peuple, l’abrutir, l’anesthésier,
l’endormir et se servir de la religion comme l’opium du peuple
Il est certes anachronique que bien longtemps après Karl
Marx et tant de révolutions et de mouvements de libération, de décolonisation,
d’indépendance et de démocratisation qui se sont passés dans le Monde,
nous soyons obligés de parler encore aujourd’hui de ce thème. C’est bien ce que
vivent, encore aujourd’hui hélas, certains Congolais résidant au Pays et à
l’Etranger.
Notre Pays est envahi par un nombre incalculable de sectes,
de religions, d’églises… venant presque toutes de l’Extérieur. Dans chaque
parcelle, il y a un pasteur, un prophète, une religion, une secte, un prêtre,
un évêque…. Jour et nuit, les Congolais sont soumis, par des mégaphones et des
haut-parleurs, à un vacarme et à un bruit abrutissant visant à empêcher toute
concentration. Dans ces bruits et vacarmes, les prophètes, pasteurs, prêtres,
messagers de Dieu, évêques leur citent à longueur des journées et des nuits des
versets de la Bible, entonnent des chants, des prières…. La conscience des
voisins qui ne sont pas membres de ces sectes, religions, églises… est
constamment violée.
La Diaspora Congolaise n’échappe pas à ce fléau et est
elle aussi quadrillée
Si rien n’est fait contre ce fléau, les quelques rares
congolais qui survivront au génocide en cours seront, comme les arborigènes
d’Australie et les Indiens d’Amérique, enfermés dans des réservoirs et dans des
musées comme des dinosaures et autres espèces en voie de disparition.
La prière est l’une des grandes activités et des activités
les plus fructueuses dans les milieux des Congolais. Dès que l’ont voit un
congolais dans un deuil, à une fête, à l’arrêt des bus…, les fameux croyants,
les prophètes, les envoyés de Dieu…. s’approchent de lui et demandent
instantanément s’il prie et où il prie. Directement la campagne de
l’intoxication et de l’évangélisation commence, l’invitant à se rendre dans
leur lieu de culte…
Et pourtant, il est étonnant et déconcertant de constater
que c’est dans les milieux de ceux qui prient tant à longeur des journées qu’il
n’y a pas de véritable amour du prochain et qu’il y a toutes sortes de vices et
d’anti-valeurs… : calomnies, délations, haine, rancune, concurrence
déloyale, critique des absents, indiscrétion, atteinte à la dignité et à de
l’honneur des autres…. Le message évangélique n’est pas traduit dans les actes.
Depuis le début de l’humanité jusqu’à ce jour, tous les
peuples recourent à l’alliance inscrite par Dieu dans les cœurs et les esprits
de tous les hommes, au patrimoine de leurs Ancêtres, à leur foi en Dieu, à la
puissance de l’Esprit- Saint, à leur intelligence, leur cœur, leur esprit,
leur sensibilité, leurs dons, leurs ressources, leurs richesses, leurs
potentialités pour se libérer du joug de l’esclavage, de la tyrannie, de la
colonisation, du sous-développement, de la famine, de la misère, de la mort, du
génocide, de la destruction…
Contrairement à ce qui s’est passé et à ce qui se passe en
Israël, au Proche-et Moyen-Orient, dans tous les pays occidentaux, dans tous
les pays d’Asie et dans nombreux pays africains où tous les peuples, certains
pasteurs, prophètes, hommes de Dieu, prêtres, évêques… disent aux Congolais de
se tenir soigneusement sur la balcon les bras croisés, de ne pas s’occuper de
la politique ni s’impliquer dans le combat de libération nationale, mais de ne
rien faire d’autre que prier, prier toujours, les yeux tournés au Ciel et les
bras levés en l’air pour demander à Dieu de descendre Lui-même du Buisson
Ardent tambours battants et trompettes sonnantes, accompagné des anges et des
saints pour libérer la Patrie et le Peuple sans eux, malgré eux et contre eux.
Informations prises, on apprend que ces pasteurs, prêtres, envoyés de Dieu,
évêques sont des conseillers dans les mabassades d’Hyppolite Kanambe, touchent
des prébendes auprès de l’Etat Congolais et participent d’une ou de l’autre
façon à l’accomplissement du Complot satanique contre notre Patrie et contre
notre Peuple.
Et nombreux Congolais, victimes de l’ignorance, de la
naïveté, de la falsification de l’histoire, du racisme, de la traite des âmes,
de l’esclavage religieux, de l’alinéation mentale et culturelle, ne savent même
pas que l’Afrique est le Berceau de l’humanité, de la civilisation, de la
culture, du savoir, de la religion et des religions dites révélées ; ils
ne connaissent même pas la religion de leurs Ancêtres.
J’ai été un jour ahuri de constater que certains Congolais
qui s’intéressent tant à la religion et qui voulaient me parler de la prière et
de la religion n’avaient jamais lu aucun des livres ci-après :
- « L’origine
négro-africaine de la religion et des religions dites révélées » ;
- «La Mère Noire » ;
- « Falsification
de l’histoire des Noirs »
- « L’Afrique
va-t-elle mourir »
- « Les thèmes
majeurs de la théologie africaine »
- « Les racines
négro-africaines du savoir grec » ;
- « L’afrocentricité » ;
- « Les racines
africaines de la civilisation européenne » ;
- « Inventeurs et
savants noirs » ;
- « L’origine
négro-africaine des religions dites révélées » ;
- « Renouer avec
ses racines, chemins d'inculturation » ;
- « Introduction à
la prière négro-africaine »
- « Moïse
l’Africain »
- « Monothéisme »
- « Une approche
Afro-Kame de la Théologie »
- « L’origine
biblique du racisme anti-noir »
- « La
colonisation, l’autre crime contre l’humanité »
- « Origine de
concept de monothéisme »
- « Les sources
négro-africaine de « Notre Père » empruntées par la Bible »
- « Le racisme
dans le monde »
- « Théologie
africaine, Origine, évolution et méthodes »
La série de tels livres est longue, très longue. Je
recommande à tous ceux qui s’intéressent au problème fondamental de religions,
de cultures, d’identité culturelle et civilisationnelle, de vision du monde,
d’émancipation, d’indépendance, d’authenticité, de dialogue entre les cultures,
les religions, les peuples et les civilisations….
Je présente, dans un autre document, le résumé de certains
de ces livres.
Dr François Tshipamba Mpuila
UDPS - Benelux
16 octobre 2007
Combat sans répit : Candide OKEKE (Apareco)
Extrait de l'Interview de Candide OKEKE
Conseillère Principale chargée des Relations Publiques, de la Mobilisation et de la Planification au
sein du cabinet du Président National de l’APARECO , Monsieur Honoré NGBANDA
"CHAQUE VIE CONGOLAISE EST PRECIEUSE, aussi précieuse
que n'importe quelle autre vie sur cette terre. Nous (congolais) avons le
devoir de nous battre pour chacune d'entre elles Nous n'avons pas à accepter
que le monde continue à ignorer ou à entretenir les souffrances du peuple
congolais". C.O.
- Le peuple congolais et la
Communauté internationale
C.O. : « Ce qui va déterminer nos actions et celles
du peuple congolais dans les jours à venir ce ne sont pas les versions erronées
ou édulcorées de la tragédie congolaise que l’on sert à l’opinion publique internationale par
une presse internationale qui semble avoir perdu de son indépendance. Parce que
c’est le peuple
congolais qui a payé chaque jour toutes ces erreurs et ces tâtonnements, parce
que c’est notre
peuple qui subit chaque jour […] les exactions, la répression, les
intimidations, les arrestations, les assassinats etc.…, nous n’avons donc pas à attendre que des
personnes qui sont en sécurité chez elles avec leurs familles à l’abris viennent nous dire à quel
moment nous devrons mettre un terme à cette tragédie, ni à quel moment nous
devrions voler au secours de nos compatriotes notamment ceux de l’EST. Le peuple congolais doit
prendre ses décisions à ce niveau en fonction de ses propres réalités et non en
fonction de l’hypocrisie de la Communauté
Internationale.
«[...]le peuple congolais n’a pas à se concerter pendant
cent ans avec les membres de la Communauté Internationale
avant de s’assumer ni à lui demander sa permission pour cela. Tôt ou tard les congolais mettront eux-mêmes un terme à la fuite en avant que
représente l’attitude de la Communauté Internationale en RDC parce que c’est le peuple congolais qui est le véritable détenteur du
pouvoir dans ce pays et qu’il est hors de question que nous continuions à
assister passivement à la mort odieuse et programmée de notre population et de
notre Etat»
- La nationalité de Joseph Kabila
C.O. : « La loi congolaise exige que pour accéder
à la magistrature suprême, il faut être de père et de mère congolais. Cette loi
n’a pas été
votée pour les chiens mais pour tous les congolais sans exception. Si nous
avons des autorités qui commencent à choisir parmi nos lois celles qu’ils acceptent de respecter ou pas
dites moi quelle société peut-on arriver à construire sur une telle base. De
plus le cas de Joseph Kabila est un exemple concret des risques que nous
encourons si nous n’étions pas rigoureux à ce niveau. Notre pays est aujourd’hui en train d’être balkanisé, particulièrement
grâce à un chef de l’Etat qui n’est pas congolais et qui travaille pour nos ennemis.
Une autorité qui s’exonère du principe de respect de nos lois ne vient pas pour
construire notre société mais pour la détruire puisqu’elle se donne d’emblée […] le droit
d’en bafouer les
fondements »
- L’APARECO et les institutions congolaises
C.O. : « L’APARECO a gardé contre vents et
marées une attitude ferme face au régime de Joseph Kabila, il n’y aura jamais ni coopération, ni
collaboration entre nous et ce gouvernement d’occupation. Cela n’a pas été le cas hier, il n’en est pas question aujourd’hui, et il n’en sera pas question demain non
plus. Et toutes les tentatives de rapprochement avec le Président national de l’APARECO, initiées par eux ou leurs
alliés, évidemment avec leurs arguments habituels de corruption, ont été toutes
soldées par un échec. »
- Message aux congolais qui se sentent abandonnés
C.O. : « Question : A qui revient en
premier lieu le devoir de préserver l’avenir de leurs enfants et leur bien
être sinon à eux-mêmes. Ils sont donc sensés être les premiers à se battre pour
le respect de leurs libertés fondamentales et pour cette terre congolaise qui
est l’héritage qu’ils sont sensés transmettre à leur
tour à leurs propres enfants.
L’autre question est de savoir s’ils sont prêts à se battre pour préserver ce qui revient de droit à leurs enfants? Et jusqu’à quel point sont-ils prêts à se battre pour cela, et pour que plus personne ne mette impunément en péril leur propre vie et celle de leurs progénitures? Autrement dit, s
