24 avril 2008
Reporters Sans Frontières déclare Paul Kagamé, prédateur de la liberté de la presse
Rwanda : Paul Kagamé / Président de la République du Rwanda![]()
Source
Il ne suffit pas d’avoir une Constitution proclamant le respect de la
liberté de la presse pour que celle-ci soit une réalité
Le président rwandais Paul Kagamé en sait quelque chose, lui qui ne tolère aucune question embarrassante lors de ses conférences de presse, dénigre régulièrement les journalistes de la presse indépendante ou qualifie tous les médias critiques de "Radio Mille Collines".
Le gouvernement ne peut nier l’évidence : il ne fait pas bon être un journaliste indépendant à Kigali
Rwandais ou étrangers, les autorités s’en prennent à tous ceux qui diffusent des informations dérangeantes pour le pouvoir ou qui s’attaquent à l’un des tabous de la société forgée par le Front patriotique rwandais (FPR), arrivé au pouvoir après avoir chassé le régime génocidaire hutu et mis fin aux massacres. Suite de l'article >
20 octobre 2007
Robin Philpot persiste et signe
Photos : NKB
La rencontre organisée par la Société civile rwandaise
(Socirwa) en Belgique autour de l’auteur canadien Robin Philpot s’annonçait
consensuelle mais elle ne le fut pas tout à fait
Après que M. Philpot ait
introduit les échanges et le débat en présentant son dernier ouvrage en en
faisant un résumé, la salle l’a unanimement applaudi et remercié pour son
travail de recherche de la vérité sur notre histoire. La soirée aurait pu
continuer à n’être que des remerciements, des félicitations chaleureuses et des
témoignages se renforçant mutuellement... jusqu’à ce qu’un des participants se
déclarent déçu de ce que l’on entende pas des personnes critiques à l’égard de
M. Philpot. Il lui a été répondu par une autre participant que tout le
monde avait été invité mais qu’on ne pouvait pas forcer les gens.
Pour prolonger la déception de notre ami, nous (les NKB)
avons mis en garde l’invité du jour et les autres participants de ce qu’au nom
de la lutte contre le mensonge, il ne fallait pas à notre tour en débiter à qui
mieux mieux. Nous avons pris pour exemple de mensonge la publication dans les
ouvrages récents de Serge Desouter et de Ferdinand Nahimana de documents
"accablants" mais non authentifiés tendant à "prouver"
l’existence d’un plan d’assassinat de Juvénal Habyarimana ! La température
est encore montée d’un cran et les prises de parole se sont faites en dehors de
la modération du porte parole de la Socirwa et elles n’étaient plus toutes
adressées à M. Philpot.
Malgré la désapprobation de la salle, une troisième personne
n’a pas abondé dans le consensus majoritaire en insistant sur l’importance,
pour la recherche de la vérité, de l’authenticité des documents et témoignages
produits.
Un des participants a notamment avancé qu’il avait
personnellement vu un trentaine d’infiltrés (du futur FPR ?) armés de
mitrailleuses chez un particulier en 1985 ! Le dernier
"dissident" a mis en doute ce témoignage. Dissidents et ou pas, ils
étaient tous d’accord sur la nécessité de faire la lumière sur les zones
d’ombres de notre passé tel que l’attentat contre l’avion du président
Habyarimana.
Mis à part la tension passagère évoquée ci-dessus, la soirée
s’est déroulé dans une ambiance chaleureuse et enthousiaste à laquelle
l’accessibilité et la simplicité de M. Philpot n’étaient pas étrangers.
M. Philpot est grand et mince... comme Paul Kagame.
Mais notre ami canadien ne compte pas se rendre à Kigali pour discuter entre
quatre z’yeux avec l’homme fort du pays.
Source : NKB 20/10/2007
19 octobre 2007
Rwanda ’94 : Commission d’enquête parlementaire canadienne persiste et signe
Rwanda. Crimes, mensonges et étouffement de la vérité
Le dernier ouvrage de M. Philpot n’est pas volumineux -
127 pages - et vous pourrez le lire en un jour ce week-end sans négliger vos
autres obligations. L’intention de l’auteur n’était certainement pas d’en faire
un brique mais de complèter le travail qu’il avait réalisé en 2003 avec Cela ne
s’est pas passé comme ça à Kigali à la lumière des nouvelles informations
critiques sur les événements de 1994 au Rwanda.
Il a divisé son livre en 6 chapitres :
Introduction : Cela ne s’est pas passé comme ça à
Kigali !
1. Quand la presse s’adonne au lynchage médiatique
2. Des preuves irréfutables passées sous silence - le juge Bruguière
3. Jean Charest et ses deux films de fiction
4. Feu le père Guy Pinard : un prêtre engagé qui a refusé le silence
5. Un scénario qui se répète : le père Guy Pinard, le père, Claude Simard,
le Congo, Kibeho...
6. "Choc et stupeur" sur Kigali - entrevue avec le capitaine Amadou
Deme
Conclusion : une commission d’enquête parlementaire s’impose
Annexes : documents inédits
Robin Philpot s’adresse surtout à ses compatriotes en leur
expliquant que leur pays, le Canada, soutient le régime de Kigali - de concert
avec les États Unis et le Royaume-Uni - en ne permettant pas que la vérité sur
la guerre et le génocide au Rwanda soit révélée.
Et cela se traduirait dans les faits par les attaques qu’il
a subi de la part de la presse dominante au Québec, l’absence d’enquête ou
l’absence de résultats dans les enquêtes sur les meurtres des pères Pinard et
Simard, l’escamotage des responsabilités dans l’assassinat du président Juvénal
Habyarimana, etc.
C’est le volet canadien de notre histoire qui est ici
ouvert : les canadiens Pinard, Simard, Arbour, Chrétien, Charest,
Lévesque, Dallaire, Caplan, Noël, Pratte, Pinski, etc. sont les principaux
personnages de Crimes mensonges et étouffement de la vérité.
Philpot termine donc logiquement en recommandant que le
Canada mette sur pied une commission d’enquête parlementaire comme cela a été
fait en France (mission d’enquête) et en Belgique (1997).
Il n’est jamais trop tard pour bien faire
À propos du génocide au Rwanda, la thèse de Philpot n’est
pas différente de celles d’autres auteurs comme Desouter, Nahimana, Ruzibiza,
Péan, etc. qui ont récemment publié des ouvrages sur les "coulisses"
de 1994 : Il y a bien eu un génocide des Tutsi au Rwanda mais il n’y a pas
de preuve qu’il a été planifié par des Hutu. M. Philpot se fonde sur les
écrits des personnes citées ci-dessus et sur ses propres recherches pour
affirmer que le génocide des Tutsi a été planifié et provoqué par le Front
patriotique rwandais de Paul Kagame pour prendre le pouvoir. Celui-ci a dans le
même temps planifié et exécuté un génocide des Hutu et c’est sans doute pour
cela que M. Philpot parle de génocide rwandais et non de génocide des
Tutsi du Rwanda. Ces détracteurs pourront y voir une nouvelle version du double
génocide avec la différence qu’ici l’auteur serait le seul FPR.
Robin Philpot écrivain, journalite et traducteur québécois
est à Bruxelles pour présenter son dernier livre sur invitation d’associations
belges qui s’intéressent au Rwanda. Dans sa conférence de presse (Hôtel Silken,
mercredi 10h, Bruxelles) facilitée par M. Albert Rukerantare porte-parole
de la Société civile rwandaise (Socirwa), M. Philpot a annoncé que son
ouvrage serait bientôt disponible à la FNAC.
D’après lui, les nombreux crimes commis dans la région des
Grands lacs suivent toujours le même scénario : crimes, mensonges et
étouffement.
Il a sous-titré persiste et signe parce qu’après la sortie
de son livre Cela ne s’est pas passé comme ça à Kigali en 2003 et surtout après
sa candidature aux élections législatives canadiennes en 2007, il a été soumis
à une campagne de lynchage politique parce qu’il remettait en cause la thèse
officielle sur l’histoire récente du Rwanda.
Il a évoqué La Conférence mondiale sur la prévention des
génocides qui a eu lieu la semaine dernière à Montréal mais qui n’aborde pas
les causes du génocide rwandais et notamment l’attentat du 6 avril 1994 que le
général Roméo Dallaire qualifie d’accident dans son livre "J’ai serré la
main du diable".
M. Philpot s’est étonné que le Canada et la Belgique
dont des ressortissants ont été assassinés, selon lui, par des soldats du
pouvoir actuel n’aient pas rompu leurs relations diplomatiques avec le Rwanda
en signe de protestation.
D’après lui, tous ces crimes sont étouffés parce que
certains ont intérêt à garder ce régime au pouvoir
À l’entendre dans sa réponse à un journaliste qui lui
demandait s’il reconnaît le génocide des Tutsi au Rwanda, il ne le nie pas
comme il en est en accusé. Ce qu’il conteste c’est l’usage abusif du terme de
génocide dans le but de camoufler [les crimes du FPR].
M. Philpot nous a dédicacé son livre de 127 pages
"Que ce livre aide à faire connaître la vérité" et nous le lirons
pour vous puisque nous en avons la primeur et nous vous dirons ce que nous en
pensons.
© NKB 17/10/2007
02 octobre 2007
Personne ne devrait faire confiance à Paul Kagamé !
Aucun homme intègre et de bonne foi, aucune organisation
respectueuse des Droits et des Libertés et aucun Etat démocratique soucieux de
l'intérêt du peuple rwandais et non seulement de son propre intérêt dissimulé
dans Paul Kagamé, ne devrait faire confiance en Paul Kagamé ou lui octroyer un
prix ou une récompense.
Portrait de Paul Kagamé, président du Rwanda
Paul Kagamé est un homme sans âme, sans foi ni conscience. Ci-après son
portrait, même si la liste des éléments constitutifs n'est pas exhaustive :
1 - Un homme perfide qui ne respecte pas les accords conclus, qui les signe ou
autorise leur signature pour tromper l'opinion et la vigilance, sachant bien
qu'il les violera. C'est ce qu'il a fait de l'Accord de Paix d'Arusha du 4 août
1993 entre le gouvernement rwandais et le FPR et de tous les accords de
cessez-le-feu qui l'avaient précédé.
2 - Un homme qui a ordonné le massacre des populations civiles tout au long de la
guerre dans la zone sous contrôle du FPR, dans la zone démilitarisée dite Zone
tampon, ainsi que le massacre des déplacés de guerre et la destruction répétitive
de leurs camps successifs à l'intérieur du Rwanda, d'octobre 1990 en novembre
1993.
3 - Un chef de guerre qui trouve solution à tout problème politique dans l'usage
de la force, la guerre, les assassinats des opposants potentiels ou supposés et
les massacres. Nous citons la guerre insensée qui a été imposée au peuple
rwandais, les deux guerres du Congo (contre Mobutu et contre Kabila) et celle
qu'il mène maintenant sous la couverture du renégat criminel Laurent
Nkundabatware, des assassinats et des massacres commis au Rwanda avant et
depuis la prise du pouvoir par le FPR, des assassinats commis à l'étranger
notamment celui du Colonel Député Théoneste Lizinde et du Ministre Seth
Sendashonga tous les deux à Nairobi, des massacres des réfugiés en RDC.
4 - Un homme qui a provoqué la catastrophe rwandaise en assassinant les
Présidents Juvénal Habyarimana du Rwanda et Cyprien Ntaryamira du Burundi et
leurs suite, le 6 avril 1994 dans le but de déclencher les affrontements inter
ethniques qu'il devait exploiter pour prendre le pouvoir dans un fleuve de sang
des innocents et accuser le pouvoir alors en place de génocide des Tutsi.
5 - Un obsédé du pouvoir qui a sacrifié ses congénères pour assouvir ses propres
instincts mégalomaniaques. Si le Président Juvénal Habyarimana était encore au
pouvoir jusqu'à aujourd'hui, mais que toutes les personnes qui ont été tuées
suite à son assassinat soient en vie, que les anciens réfugiés Tutsi des années
1960 et 1973 soient rentrés et aient retrouvé les leurs dans l'esprit de
l'Accord de Paix d'Arusha du 4 août 1993, et qu'il n'y ait plus de réfugiés
rwandais de par le monde, le peuple rwandais serait plus heureux qu'aujourd'hui
avec Paul Kagamé comme chef d'Etat.
6 - Un obsédé sanguinaire qui s'extasie en voyant couler le sang des innocents.
Selon le témoignage de l'un de ses anciens gardes du corps, Lieutenant Aloys
Ruyenzi, au mois d'avril 1994 Paul Kagamé, commandant en chef de l'APR, est
monté sur une Jeep mitrailleuse et a personnellement mitraillé dans la
population qui était au marché de Byumba-Muhura. Il a souri en voyant le flot
de sang couler et les corps agonisants alors que d'habitude il ne sourit pas.
Il a alors donné à son escorte l'ordre de continuer de tirer dans la masse.
7 - Un homme qui a ordonné le massacre des déplacés de guerre qui fuyaient les
combats dans la localité de Zoko en Commune Buyoga le 21 avril 1994, en ces
termes Swahili: "Fagia wale washenzi = balayez, liquidez ces
imbéciles", en répondant à un commandant d'unité qui lui demandait l'attitude
à prendre.
8 - Un homme qui a ordonné le massacre de plus de 8.000 déplacés de guerre de
Kibeho au sud du Rwanda le 22 avril 1995, et a décoré le boucher Général Fred
IBINGIRA au lieu de le juger et le condamner, sachant que c'est le même
IBINGIRA qui a commandé l'assassinat de 3 évêques et d'autres plusieurs
religieux et religieuses à Gakurazo-Gitarama le 5 juin 1994.
9 - Un homme qui a donné aux unités de l'Armée Patriotique Rwandaise (APR), armée
du FPR, l'ordre de massacrer les gens à l'instar des gendarmes qui avaient tué
27 détenus par asphyxie au cachot d'une brigade de Gendarmerie à Kigali en
1995. Il disait dans son message que ces gendarmes ont été arrêtés pour faire
taire la
Communauté Internationale , mais qu'il allait les libérer, et
que par contre il exhortait tous ceux qui en avaient la possibilité à faire
comme eux. C'est ainsi que les postions du FPR alors disséminées partout dans
le pays ont été les lieux du carnage interdits d'accès pour plusieurs années.
10 - Un homme qui a ordonné les massacres des populations civiles partout dans le
pays par les unités de l'APR en opérations commandées depuis la reprise de la
guerre le 6 avril 1994, et par la "Directorate of Military Intelligence
(DMI)" et les "Local Defense" depuis la prise du pouvoir par le
FPR à Kigali jusqu'à aujourd'hui, mais qui dit que le FPR n'a tué personne, que
ses membres ne peuvent pas être poursuivis en justice et jugés pour leurs
crimes, alors qu'ils ont fait au moins 2.000.000 de victimes .
11 - Un homme qui a ordonné le massacre des réfugiés Hutu Rwandais et Burundais
au Zaïre/RDC en 1996-1997, faisant plus de 200.000 victimes (380.000 selon
certaines sources; mais la vérité des chiffres est loin supérieure à ceci)
ainsi que la population congolaise en 1998-2001 dont le bilan macabre est de
plus de 4 millions de victimes.
12 - Un homme qui a pillé le pays voisin la RDC et continue de le piller, le déstabiliser et
causer l'insécurité par l'entremise de la rébellion Tutsi-Banyamulenge qu'il
renforce en hommes, entretient et équipe en armes, munitions, habillement et
autres matériels de guerre.
14 - Un homme qui a institutionnalisé le népotisme, le clientélisme et la gabegie
comme mode de gouvernement.
15 - Un homme qui a imposé une justice discriminatoire, partiale, délatrice, et
diabolisante, du vainqueur sur le vaincu appliquée aux seuls Hutu, constituant
une épuration ethnique déguisée de l'intelligentsia Hutu, et a favorisé
l'impunité des criminels du FPR qui sont considérés comme des intouchables.
16 - Un homme qui tolère ou autorise les exécutions extrajudiciaires aux stations
de police et dans des prisons mouroirs, si bien que plus de 83.000 détenus ont
trouvé la mort endéans 13 ans de son règne. Ces exécutions extrajudiciaires
qu'il va certainement pérenniser constituent la peine de mort illégale et
déguisée qu'il prétend avoir abolie.
17 - Un homme qui a montré qu'il est seulement Président des Tutsi dans son
discours qu'il a prononcé à l'occasion du 13 anniversaire du "génocide
rwandais" à Murambi-Gikongoro le 7 avril 2007. Il n'a évoqué que la
mémoire des victimes Tutsi, faisant même abstraction des "Hutu
modérés" qu'il avait l'habitude d'utiliser pour couvrir les massacres des
masses Hutu commis par l'APR.
18 - Un homme qui a tout fait pour étouffer l'enquête sur l'attentat du 6 avril
1994 et qui, accablé par le rapport d'enquête du juge Français Jean Louis
Bruguière, a prétendu que l'assassinat du Président Juvénal Habyarimana
s'inscrit dans le cadre de la guerre, en tentant de contourner son aspect
terroriste. Il n'a plus osé évoquer la pseudo hypothèse d'attentat collée aux FAR
pour diversion. Malgré cet aveu indirect et se voyant acculé, il a demandé une
commission d'enquête internationale, 13 ans après, dans le but de contourner
l'enquête du juge J L Bruguière, faire traîner le dossier et chercher comment
le falsifier, alors que le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR)
siégeant à Arusha en Tanzanie est compétent.
19 - Un homme qui confond sciemment les responsabilités individuelles avec
l'intérêt de l'Etat et les fait endosser par le Gouvernement qu'il oblige à répondre
à la place des coupables des crimes qu'ils ont commis avant même d'en faire
partie, dans le seul but de les exonérer des poursuites judiciaires. C'est le
cas des suspects frappés des mandats d'arrêt internationaux établis par le juge
Jean Louis Bruguière.
20 - Un homme qui a détourné et encaissé les indemnités versées par l'assureur du
Falcon 50 du Président Juvénal Habyarimana mais qui n'a pas pensé à
l'indemnisation des familles des victimes de l'attentat.
21 - Un homme qui a insinué dans son discours du 7 avril 2007 que les victimes de
l'attentat du 6 avril 1994 ne valaient rien: "Qu'est-ce qu'il y avait dans
cet avion pour provoquer (ou justifier) le massacre d'un million de
personnes" a-t-il dit en Kinyarwanda. Pour lui, deux Chefs d'Etat, leurs suites
et les membres d'équipage Français sont des vauriens!
22 - Un homme qui a imposé au peuple rwandais un projet de société sectaire qui
diabolise une partie du peuple, favorise l'enrichissement des favoris du régime
et appauvrit la masse populaire si bien qu'il y a un fossé jamais connu au
Rwanda entre les deux catégories.
23 - Un homme qui a institutionnalisé la spoliation des citoyens, l’accapare sans
contrepartie des Terres des paysans Hutu et l'occupation illégale de propriétés
privées.
24 - Un homme qui a institué la méfiance, le mépris et la peur réciproque entre
les composantes du peuple rwandais, et la persécution d'une partie de la
société rwandaise, hypothéquant ainsi la vraie réconciliation nationale.
25 - Un homme qui exerce une dictature camouflée dans le Forum des partis
politiques satellites et muselés, qui a triché les élections, est allergique à
l'opposition démocratique et craint le débat démocratique (Dialogue Inter
rwandais) sur les problèmes de la nation.
26 - Un homme qui travestit la vérité sur le drame rwandais et utilise le
chantage pour voiler sa responsabilité en tant qu'auteur principal.
27 - Un homme qui exerce son pouvoir dictatorial d'une main de fer par des
menaces et grâce à la peur inspirée à la population par son armée et ses
services de sécurité plutôt que par la conviction.
28 - Un homme qui dit à ses compatriotes qu'ils ne sont rien (Useless, nothing),
à ses collaborateurs qu'ils sont inutiles et à ceux qui contestent sa dictature
qu'il va les blesser (c.à.d les tuer), les écraser, les réduire en morceaux et
les moudre. Un homme qui convoque d'autres généraux dans son propre bureau pour
la bastonnade!
29 - Un homme qui a institutionnalisé un terrorisme d'Etat à l'intérieur du
Rwanda et l' a exporté à l'étranger par l'infiltration d'escadrons de la mort
sous l'étiquette de "faux" réfugiés ou d'agents d'Ambassade, ayant
déjà fait des victimes parmi des opposants en exil. En plus du Colonel
Théoneste Lizinde et le Ministre Seth Sendashonga cités plus haut, ajoutons Mr
Pasteur Musabe, ancien Directeur de la Banque Continentale
Africaine qui a été assassiné à Yaoundé au Cameroun, Augustin Bugilimfura,
homme d'affaires qui a été assassiné avec Lizinde à Nairobi, Juvénal
Uwilingiyimana, ancien Ministre assassiné à Bruxelles, Kabendera Shinani,
ancien journaliste assassiné en Tanzanie. Beaucoup d'autres ont reçu et
reçoivent encore des menaces diverses.
30 - Un criminel dont les mains couvertes et/ou maquillées de sang de ses
concitoyens salissent celles de tous ceux qui le saluent.
Fait à Bugarama-city, le 11 septembre 2007
Mutajili&Cie rescapés, défendeurs de droits et Libertés
humaines au Rwanda
« Disons , lisons
et répandons la vérité, ne fut-ce que la vérité, seule source de réconciliation »
Écrit le: 19, Septembre, 2007 - 20:18:15 (-0400
GMT)
Par Bunoli | Source: www.iwacu1.com
19 septembre 2007
France-Rwanda, l'erreur de Kouchner
Le ministre français tend la main à Paul Kagamé, accusé
d'être à l'origine du génocide des Tutsis de l'intérieur
Le ministre des Affaires étrangères veut réconcilier la France avec un pays qui a
pris l'initiative de rompre ses relations avec elle en représailles des neuf
mandats d'arrêt lancés par le juge Bruguière contre l'entourage de Paul Kagamé,
le président du Rwanda. Le cas est sans précédent dans notre histoire
diplomatique. Il tend la main au chef d'Etat qui, selon le juge Bruguière, est
à l'origine de l'attentat contre le Falcon 50, où a péri son prédécesseur, le
président Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994. Attentat analysé par le juge
Bruguière comme ayant pour seul objectif «l'obtention de la victoire totale et
ce, au prix du massacre des Tutsis dits de l'intérieur, considérés par Paul Kagamé
comme des collaborateurs du régime Habyarimana».
En clair, la justice française accuse le chef d'Etat rwandais de porter une
lourde responsabilité dans le déclenchement du génocide des Tutsis. Si le juge
français désigne Paul Kagamé comme le principal commanditaire de l'attentat,
son immunité de chef d'Etat en exercice le protège de tout mandat d'arrêt. En
revanche, il a estimé que le chef d'Etat rwandais pourrait faire l'objet de
poursuites par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
Paul Kagamé a violemment réagi. Dans son discours de Murambi, prononcé le 7
avril, il a déclaré que le juge français était «un vaurien, une tête vide, tout
comme ses maîtres d'ailleurs, qui portent tous en eux le crime de génocide, et
c'est ce crime qui les perdra». Dans le même discours, il accuse les militaires
français de l'opération «Turquoise» (juin 1994) d'avoir aidé les interahamwe
(les miliciens extrémistes hutus) à massacrer. Il accuse même les Français
d'être «venus pour tuer», feignant de croire que la France avait envoyé des
troupes au Rwanda en 1994 (l'opération «Turquoise»), non pas pour arrêter les
massacres mais tout spécialement pour en commettre davantage encore ! Comme
toujours, Kagamé use des accusations en miroir : il attribue à la France les exactions qu'il
a lui-même ordonnées à ses troupes ! Aujourd'hui, Kagamé s'efforce d'annihiler
les conclusions du juge Bruguière pour défendre sa légitimité et sa crédibilité
sur la scène internationale.
Or, déjà l'été 2006, Bernard Kouchner s'est rendu à Kigali, pour rencontrer Kagamé
à un moment où celui-ci proférait de graves calomnies contre la France.
Son objectif
n'était alors pas diplomatique : il s'agissait d'obtenir le soutien d'un ami à
sa candidature à la tête de l'OMS, qui lui fut accordé, ce qui n'empêcha point
l'échec du French doctor. Les bonnes dispositions de Paul Kagamé envers
Kouchner ne tardèrent pas à être récompensées : le 26 juillet, le ministre
français des Affaires étrangères l'appelait au téléphone pour envisager les
voies et moyens de renouer les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda ; il se
proposait, à cet effet, de lui rendre visite à Kigali. Il a aussi, durant
l'été, donné quelques gages de bonne volonté à Kigali, en acceptant, à deux
reprises, des mandats d'arrêt lancés par le TPIR, mais voulus par Kigali,
contre deux Rwandais, dont le père Wenceslas qui, selon mes informations, a,
pendant le génocide, sauvé de très nombreuses vies dans la paroisse de la Sainte-Famille,
transformée en camp de déplacés, mais qui, depuis cette époque, fait l'objet
d'un acharnement judiciaire pour faire de lui un génocidaire.
Bernard Kouchner a également décidé d'envoyer, dans quelques jours, une mission de proches collaborateurs à Kigali ...
Alors qui a raison, le juge Bruguière ou le ministre Kouchner ? Je sais, depuis 1996, que l'attentat contre l'avion présidentiel a été préparé et organisé par Paul Kagamé. Il faudra bien faire éclater cette vérité. Bruguière a forgé sa conviction après avoir entendu plus de cent témoins, coté plus de 7 000 pages de procès-verbaux, exécuté trois commissions rogatoires internationales au TPIR à Arusha, une en Italie, quatre en Belgique, une en Finlande, trois en Suisse, une au Congo-Kinshasa, une au Mali, une en Russie pour identifier les missiles. Comment Bernard Kouchner peut-il faire fi de ce considérable travail d'enquête ?
Le parquet militaire de Moscou a apporté la confirmation que les deux missiles utilisés pour commettre l'attentat du 6 avril 1994 étaient bien de fabrication soviétique, fabriqués en 1987 et vendus par l'ex-Union soviétique à l'Ouganda, dans le cadre d'un marché d'Etat. Or, Paul Kagamé, ancien patron du renseignement militaire de l'armée ougandaise, disposait toujours de bases arrières dans ce pays voisin.
Avant Bruguière, les enquêteurs du TPIR, Hourigan en tête, étaient parvenus à
la même conclusion. Enfin, la justice espagnole s'apprête à son tour à lancer
dans les prochains mois une dizaine de mandats d'arrêt contre des membres de
l'entourage de Paul Kagamé, pour le meurtre de neuf ressortissants espagnols au
Rwanda et dans l'ex-Zaïre. L'enquête espagnole va d'ailleurs bien au-delà de
celle du juge Bruguière, puisqu'elle couvre une période allant de 1990 à 2004.
Bref, tôt ou tard, Paul Kagamé devra rendre des comptes. En se portant au secours d'un dictateur sanguinaire, Bernard Kouchner prépare des lendemains douloureux à la diplomatie et à l'image de la France dans le monde. Il ne fait pas que cela. Il pousse la France à faire croire que François Mitterrand, Edouard Balladur, Alain Juppé et quelques autres, mais aussi des militaires français, ont été complices du génocide et qu'ils doivent s'en excuser.
Aussi, courant août, le dossier a-t-il été repris en main, obligeant subitement
le Quai d'Orsay à manifester plus discrètement le soutien à Kigali qu'il
exprimait librement courant juillet. Comme Nicolas Sarkozy l'a lui-même annoncé
devant les ambassadeurs, il s'agit certes de normaliser les relations
conflictuelles que pouvait parfois entretenir la France.
Nicolas Sarkozy ne serait donc pas opposé à une reprise des relations
diplomatiques de la France
avec le Rwanda, mais il reste impensable pour lui que la justice ne puisse pas
suivre son cours et que soient remis en cause les mandats d'arrêt lancés par le
juge Bruguière. De même, il semble peu crédible que le nouveau président
envisage davantage de remettre en cause la politique de la France de 1990 à 1994. Il
ne paraît pas prêt à devenir un adepte de la repentance. A contrario, la
commission d'enquête mise en place au Rwanda, prétendument indépendante,
devrait arrêter de traîner politiques et militaires français dans la boue. Si
cette nouvelle orientation est confirmée, la marge de manœuvre de Bernard
Kouchner devrait être étroite ...
Pierre Péan
Auteur de Noires Fureurs, blancs menteurs, Fayard, 2005
08 septembre 2007
Rwanda : L'échec d’une « libération »
La libération de Rwanda tant chantée par les
« patriotes » du Front Patriotique Rwandais, n’a été, et n’est plus,
qu’un simple slogan qui sonne mal face à la réalité. Après cette
« libération », les Rwandais ont été impunément massacrés, meurent de
faim ou fuient le pays quotidiennement. Parmi les exilés de ces dernières
années, il y a des hommes d'affaires qui, écrasés par le fardeau intolérable
d'impôts et des taxes insupportables, accourent vers les pays tels que Malawi,
Zambie, Mozambique, Angola et Madagascar pour y chercher leur le bonheur :
C'est « la fuite des capitaux ».
C'est un combat pour la vie que leur
propre pays ne peut plus leur offrir. Quel dommage! A la grande espérance
générée dans les esprits des Tutsis de la diaspora et de l'intérieur et des
Hutus démocrates dits modérés, au moment de la victoire d’hier, ont
progressivement succédé la déception ; le doute et la révolte silencieuse
d’aujourd'hui.
Dans les accords de paix d' Arusha, le Gouvernement rwandais
et le FPR lui-même s'étaient mis d'accord que: "l'Etat de droit
signifie que personne, y compris les autorités, ne peut se placer au-dessus de
la loi et que celle-ci est respectueuse des droits fondamentaux des
citoyens". Ils ont réaffirmé que: "l'Etat de droit ne se
résume pas à la seule légalité de forme qui assure la régularité et la
consistance dans l'établissement et la sauvegarde de l'ordre démocratique, il
est d'abord fondamentalement caractérisé par une justice qui repose sur la
reconnaissance et l'acceptation entière de la valeur ultime de la personne
humaine et qui est garantie par des institutions chargées de tracer un cadre
permettant son plein exercice". Accord de paix d'Arusha, Journal
Officiel, Année 32 nº16, Kigali, 15/8/1993, p.1279.
Les parties en négociation à Arusha se sont accordées que la
démocratie est fondée sur l'idée que toute souveraineté appartient au peuple et
que la représentation populaire doit être le reflet authentique de la volonté
des citoyens; que la société démocratique repose sur la séparation des pouvoirs
législatif exécutif judiciaire et également sur le pluralisme qui est
l'expression des libertés individuelles; que le multipartisme implique la
légitimité de l'opposition;
Devant les observateurs internationaux pris comme témoins,
les deux parties affichaient la conviction que l'Etat de droit est le meilleur
garant de l'Unité Nationale, du respect des libertés et droits fondamentaux de
l'Homme; qu'il constitue une manifestation concrète de la démocratie; qu'il
s'articule autour de la démocratie, du pluralisme et du respect des Droits de
l'Homme.
Mais qu'en est-il au vrai et que reste-t-il réellement des
principes auxquels le FPR avait accepté de se soumettre? Rien du tout. Le
pouvoir du peuple a été confisqué, la Constitution a été manipulée et vidée de tout son
contenu sans que le peuple soit consulté, il ne reste aucune trace de
démocratie au Rwanda. Le membres du Parlement sont nommés et dégommés suivant
la volonté d'une poignée de personnes agissant dans l'ombre et qui ont usurpé
tout le pouvoir. Le pouvoir judiciaire est totalement dépendant de l'exécutif
qui nomme ou radie les magistrats selon qu'ils respectent ou pas les
injonctions de ceux qui détiennent réellement le pouvoir. Les insoumis sont
écrasés comme des mouches.
Le Rwanda est tout ce qui peut caractériser un régime
policier et règne sous une terreur sans précédent exercée par plusieurs
services de renseignement, dont la tristement célèbre DMI, qui dépendent
directement de "l'homme fort" Mr Kagamé Paul. Le Rwanda est
donc diamétralement opposé à tous les principes de base d'un Etat de droit que
nous avons ci hauts analysés. C'est donc une illusion que de prétendre que les
droits de l'homme puissent y être respectés alors qu'aucun engagement de
protection juridique pour en assurer la réalisation effective n'a été pris par
les institutions qui les ont proclamées, et qu'en plus personne ne peut les y
contraindre.
Voyons maintenant en peu de mots comment les droits contenus
dans la déclaration universelle des droits de l'homme et différents autres
instruments juridiques qui en découlent sont exercés:
Le droit à la vie et à la sécurité est un vieux rêve. Or le
droit à la vie est un préalable à l'exercice de toute autre droit et de toute
forme de liberté. On n'en finit pas de compter les assassinats, les
disparitions, ou voir même des massacres systématiques des populations civiles
fauchées à la mitrailleuse quand ils refusent de collaborer avec le régime du
FPR; il suffit de les appeler Interahamwé ou des Infiltrés pour faire taire la Communauté
Internationale.
Les opposants sont systématiquement
assassinés lorsqu'ils ne choisissent pas le chemin de l'exil. Mais, les cas
d'assassinat de Seth Sendashonga et de Lizinde Théoneste, dissidents du FPR,
laissent penser que même là ils ne sont pas à l'abri, car le FPR semble avoir
reçu un visas d'exercer impunément le terrorisme international. Le FPR exploite
à fonds le chèque en blanc du génocide pour se permettre de massacrer sans
reproche les hutu qu'il a globalement diabolisé comme des génocidaires. Quand
le droit à la vie vous est refusé qu'est ce qui vous reste?
Les tortures sont devenues tellement banales que personne ne
se donne presque plus la peine de s'en lamenter. A part le fameux Kandoya, on
oblige les gens à marcher pieds nus sur des planches à clous, et pour accélérer
la nécrose de la peau, les personnes restent trempées dans des bains salés. La
protection juridique n'existe plus que pour les officiers et officiels du FPR.
Les détentions et les arrestations arbitraires sont monnaies courantes, et les prisons
mouroirs sont parmi les spécialités du régime FPR. Le principe de présomption à
l'innocence est laissé à la seule appréciation des bourreaux de Kigali car il
n'existe pas d'indépendance de la justice. Les délateurs ont été
institutionnalisés et intronisés en procureurs. Combien de gens au Rwanda se
sentent-ils sécurisés lorsqu'ils sont devant un juge au Rwanda? Je n'en ai
jamais entendu parler. Le comble du cynisme est que mêmes des Tutsis rescapés
du génocide sont actuellement coupables d'avoir échappé à la mort! Les droits
de Nationalité et de libre circulation sont reniés à toute personne qui a
refusé de donner caution au régime du FPR. C'est ainsi que des passeports sont
notamment refusés à tout opposant qui a préféré fuir le régime dictatorial
plutôt que de le subir.
Depuis sa victoire, le droit de propriété est renié à toute
personne qui n'est pas sympathisant du FPR. Des biens immobiliers ont été
squattés comme butin de guerre des militaires et bailleurs de fonds du FPR, et
ne peuvent être restitués. La plupart des rapatriés de force qui se sont
aventurés à les réclamer y ont laissé la vie. Par ailleurs, les paysans du Nord
et Nord-Ouest du pays ont été coupés de leurs base de production, forcés à se
regrouper dans des camps de concentration de la mort et sont obligés de mourir
de faim ou de dépendre totalement de l'assistance alimentaire internationale,
lorsque celle-ci n'est pas détournée à d'autres fins. Comment peut-on prétendre
la relance économique quand quelqu'un ne peut pas jouir tranquillement du fruit
de son travail? Comment garantira-t-on le bien-être de la population si
l'économie est paralysée? C'est absolument l'impasse pour celui qui se soucie
du peuple, mais ce n'est pas là la priorité des responsables du FPR.
Peut-on parler de liberté de pensée dans un régime où
l'Eglise catholique est persécutée? Peut-on prétendre la liberté d'opinion là
où les partis politiques sont muselés et réduits à la simple expression de
leurs comités directeurs, là où l'endoctrinement idéologique est de rigueur et
où il y a refus d'enregistrement des partis comme ce fut le cas de l'UNAR?
Quant à la liberté de presse, les assassinats et les emprisonnements des
journalistes lorsqu'ils ne sont pas contraints à l'exil, sont des faits très
éloquents de ce qui reste des libertés d'information.
Les chantres de la démocratie d'hier ont complètement écarté
la participation du peuple à la direction des affaires politiques: les députés
sont nommés et renvoyés par l'Exécutif, les citoyens ne peuvent pas librement
désigner leurs gouvernants, la liberté de vote est catégoriquement refusée car
le vote ne peut être secret et surtout pas en dehors de l'oeuil vigilant d'un
cadre du FPR (UMUKADA) comme ce fut le cas lors des simulacres d'élections
organisées par le FPR pour les NYUMBAKUMI.
Concernant le droit au travail, sous prétexte de couper la
base de financement de la rébellion, les réfugiés rapatriés par force n'ont pas
été réintégrés dans la fonction publique alors que d'un autre côté le pays crie
au manque de cadres compétents notamment dans l'enseignement et la recherche .
La discrimination actuelle dans l'enseignement, le refus pur et simple aux
enfants hutu d'aller dans certains établissements scolaires ne peuvent être
qualifiés autrement que des crimes intellectuels envers les générations
futures. La tolérance tant chantée par le FPR et qu'il reconnaît être la base
de réconciliation nationale peut-elle encore se concevoir dans cet
environnement ?
Outre à ces violations continues des droits de l'homme, le
FPR a commis depuis 1990 des crimes économiques, des crimes de guerre, des
crimes contre l'humanité et des crimes de génocide. Malgré la mise en place du
Tribunal International Pénal pour le Rwanda (TPIR) pour juger certains de ces
crimes, aucun membre du FPR n'a été traduit devant cette juridiction
internationale, malgré l'abondance de témoignages croisés et confirmés, et de
documents dignes de foi; voir SOS-RWANDA-BURUNDI: Listes des membres du
FPR-Inkotanyi/APR soupçonnés d’avoir prémédité et commis des crimes contre
l'humanité qui sont de la compétence du TPIR, Dossier nº 1, Juin 1998. Dans
l'entre temps, le régime de Kigali exerce une justice intérieure du vainqueur
sur le vaincu.
Parmi les crimes dont le FPR est accusé, certains sont
consignés dans la récente publication de Human Rights Watch et la Fédération
internationale des Ligues des droits de l'homme: Aucun Témoin ne doit survivre,
p.807-853. S'il y avait une justice équitable dans le monde, les crimes y
mentionnés suffiraient déjà pour amener certains dignitaires du FPR sur le banc
des accusés au TPIR.
Le processus de démocratisation entamé en 1990, les
négociations consécutives à la guerre, centrées autour du partage du pouvoir
entre le gouvernement rwandais et le FPR, la loi fondamentale qui en a été le
fruit, toutes ces bases d’une paix durables se trouvent aujourd’hui bafouées
avec un prétexte, ô combien émouvant, d’avoir arrêté le génocide.
Rescapé et victime moi-même de ce crime, je conçois mal
comment celui-ci peut toujours servir de justificatif de tous les drames, de la
mauvaise foi, de l'incompétence et des autres faiblesses flagrantes
enregistrées au bilan actuel du FPR.
Un Pouvoir décevant
Le peuple rwandais a été déçu par le FPR. Celui-ci avait
promis une démocratie qui a vite tourné en dictature. La tradition de
démocratie, qui est à la base de l'abolition de la monarchie et l'instauration
de la République,
est attaqué de l'intérieur par des règlementations incompréhensible, d'un
caractère stalinien, et rongé surtout par le virus destructeur des intérêts bassement
politiques, matériels et partisans.
De toute évidence, le sentiment qui prédomine actuellement
au sein de l’immense majorité silencieuse rwandaise, soumise par la peur et la
crainte de disparition, est que le processus de démocratisation, entamé en 1990
et a accepté comme tel par l'Accord de Paix d’Arusha en août 1993, est vidé de
tout son contenu pour faire place à un système de parti unique, Front
Patriotique Rwandais (FPR). Ce dernier est déguisé sous forme de « FORUM
DES PARTIS » et le régime actuel de Kigali veut le rendre constitutionnel
pour empêcher toute forme d’organisation ou d’expression politique en dehors de
lui.
Il en va de soi que le changement tant souhaité par le
peuple depuis 1990 ne pourra pas être jugulé par des manœuvres égoïstes, sans
hypothéquer dangereusement une fois de plus l’avenir des Rwandais. Ce système
communisant, aujourd’hui révolu, imposé au prix des crimes passés sous silence,
est chargé de lourdes conséquences. Il faut en mesurer les dégâts à long terme,
à moins de convenir de la nécessité de la démocratisation de la vie politique
nationale. Cette voie exige le courage, voire le sacrifice des tenants actuels
du pouvoir, mais en réalité elle constitue le seul remède des maux dont souffre
notre pays.
Les Rwandais veulent se défaire d'un système obscur imposé
par le régime issu lui-même des cendres de la violence et non de l’alternance
pacifique et démocratique. Ils veulent la liberté de s’exprimer, la liberté
d’adhérer à un parti politique de leur choix, la liberté de leurs actes, de
leurs mouvements, de leurs pensées. En d'autres termes, ils veulent les acquis
de la loi fondamentale, en l’occurrence, l’instauration des libertés
démocratiques et le rejet définitif du parti unique, même déguisé ou voilé.
La question fondamentale aujourd'hui n’est pas de savoir, si
oui ou non, il y a eu un génocide au Rwanda, une guerre civile, des
«massacres interethniques » ou une guerre du FPR contre la RDC avec le prétexte d’y
combattre les « génocidaires ». Le peuple rwandais victime de tous
ces maux est en droit d’espérer des lendemains meilleurs, d’attendre des
solutions appropriées à ses multiples souffrances. Il veut s’en sortir
rapidement et dignement.
Dès lors la question fondamentale à l’ordre du jour est de
consolider nos acquis du processus démocratique et de savoir si le
fonctionnement du système politique et institutionnel national, l'organisation
et la conduite des affaires politiques, sociales et économiques, obéissent aux
règles et principes fondamentaux de la gestion démocratique, tant souhaités par
le peuple rwandais, dans le respect des droits et devoirs de chaque citoyen
tels que consacrés par les instruments nationaux et internationaux de
protection des droits de la personne humaine.
Une communauté internationale leurrée
Je considère pour ma part, que tout qui s'est passé au
Rwanda, depuis 1994, n'a pu être réalisé par le régime actuel, sans la
participation, sans la suggestion ou même sans l’ingérence occulte de la
communauté internationale. Celle-ci n’a malheureusement pas eu aucun souci
d’exiger, au moment opportun, des tenant de ce régime ni du fait véritablement
démocratique, ni du fait de rendre compte à la nation rwandaise. Le pays est
dirigé comme un patrimoine personnel du Président de la République qui nomme et
démet les ministres, les députés, les gouverneurs et autres hauts
fonctionnaires de l'Etat, comme bon lui semble. Cet état de choses est
inacceptable. Il faut absolument un changement démocratique et un changement de
méthode de gouvernance.
Il ne faut pas se faire d’illusion : les lobbies des
démocratiques de la communauté internationale, se servent actuellement des
régimes militairement puissants, mais impopulaires, de cette région pour
assurer leurs intérêts dans la région de Grands Lacs. Ces mêmes pays ferment
les yeux quand la démocratie est mise à mal, dénaturée, dévoyée, du fait de
l’intolérance, de l’exclusion, de la terreur et des violations répétées et
délibérées des droits de l'homme.
Ce constat d’indifférence n’est pas seulement le mien. Il
est partagé par les peuples rwandais, congolais, et burundais, qui ne
comprennent pas le sens du soutien de certains pays démocratiques à ces régimes
oligarchiques et autocratiques. Les perspectives démocratiques sont chaque fois
interrompues par les souvenirs des événements sanglants (Rwanda en 1990,
Burundi en 1993 et RDC en 1996 et 1998) et par des intimidations du pouvoir en
place.
Aujourd'hui les pays épris de démocratie, qui soutiennent le
régime rwandais devraient prendre leur responsabilité pour ramener ses
dirigeants dans le droit chemin de respect du processus démocratique, au lieu
de les encourager à poursuivre leur ‘politique néfaste' de « parti
unique», en finançant les élections à caractère plutôt communiste. Sans prise
de position claire de leur part sur la situation actuelle, les citoyens
rwandais resteront sous le joug d'une oligarchie heureuse, assurée de maintenir
au pouvoir en se mettant au service des grandes puissances, au détriment du
peuple rwandais.
Les pressions doivent être faites pour que la dérive
dangereuse qui s’opère actuellement, visant à nous imposer une démocratie
tronquée à travers une constitution taillée su mesure des tenants du pouvoir
actuel, s’arrête. Nul n’ignore que le bricolage démocratique et constitutionnel
ne peut nous conduire qu’à un cumul de frustrations aux conséquences multiples
et futures.
Un pouvoir hégémonique et dictatorial
Comment peut-on comprendre les critiques adressées hier au
MRND, parti unique avant 1990, si on occulte aujourd’hui les critiques qui
devaient être adressées au FPR, parti unique en son genre, à cause de ses
moyens forts et peu démocratiques qu'il utilise contre le peuple en vue de
maintenir au pouvoir.
D’aucuns diront sans ambages que le régime du FPR est pire
que celui du MRND. Je le crois moi aussi et je ne fais que confirmer à très
haute voix ce que beaucoup d’autres Rwandais disent tout bas, car ma déception
est grande. Souvent, je me demande si nous avons consenti, tous sans exception,
tant de sacrifices humains pour vivre d'autres cauchemars: l’intolérance,
l’incohérence, le chaos, les guerres, le pouvoir oligarchiques, la dictature,
l’injustice, l’hypocrisie, la terreur, la traîtrise, l’exclusion et le copinage
politique.
Comme beaucoup de Rwandais, je voie avec consternation
l'apparition d'une monarchie républicaine qui se construit sur des cadavres de
mes concitoyens Hutu et Tutsi, de mes amis, de mes frères et mes voisins, pour
satisfaire les intérêts d'une oligarchie sans autre projet, avant tout, que
celui de détruire tous ceux qui contestent son pouvoir.
Vouloir instaurer un pouvoir hégémonique fort, vouloir
imposer sa vision politique erronée, car dictatoriale, sous un « seul
prétexte d'avoir arrêté le génocide » (et comment!), vouloir surtout le
faire dans le contexte actuel où nous aspirons tous au changement de politique
stalinienne affichée à celui d’une politique démocratique est totalement
inacceptable. Évidemment, si le pouvoir poursuit sa route à sens interdit, il
devra s’attendre un jour à être arrêté par un désaveu populaire.
Un pouvoir peu soucieux de son peuple
La pauvreté, la misère, les maladies, l’angoisse, la peur,
la crainte de disparaître, le sous-développement généralisé ne sont ni une tare
ni une fatalité ou une malédiction de notre peuple. L'expérience des années
1970 et 1980, les années glorieuses de notre prospérité, prouve suffisamment
comment les Rwandais sont travailleurs et ingénieux et peuvent encore se
relever si la paix et la sécurité pouvaient leur être assurées. Bien sûr notre
pays n'a pas les mêmes ressources que ses voisins, mais sa ressource
fondamentale est le génie et travail assidu de son peuple. Pouvons-nous
pacifier ce peuple, le réconcilier à jamais et le protéger contre les
prédateurs qui se battent pour les « places » et qui, toujours,
finissent leur combat dans un bain du sang ?
Oui, je ne voie qu’une seule solution: rendre justice et
rendre le pouvoir à ses « propriétaires » que sont le peuple
rwandais.
03 septembre 2007
Polémique après un prix remis par Romano Prodi à Paul Kagamé
Paul Kagamé à Rome, avant de recevoir son prix
Photo : © AFP
L'Italie
fait campagne pour un moratoire mondial sur la peine de mort, qu'elle défendra
à l'Assemblée générale de l'ONU le 24 septembre 2007
Paul Kagamé était à Rome jeudi, où il a reçu le prix « Abolitionniste
2007 » des mains de Romano Prodi, le Premier ministre italien. C'est une
association proche du Parti radical, « Ne touchez pas à Caïn » qui a
choisi le président rwandais pour le féliciter d'avoir supprimé la peine de
mort dans son pays, fin juillet, pour tous les crimes, y compris donc ceux de
génocide. Mais depuis la polémique monte à Rome, notamment dans les milieux
catholiques.
C'est du monde missionnaire catholique, en particulier des
frères Comboniani, qui envoient de nombreuses missions en
Afrique, que vient la critique la plus virulente.
Dans une lettre ouverte qui a été publiée, le frère
Boscaini, qui rappelle qu'il a longtemps travaillé au Rwanda, compare le
prix « Abolitionniste 2007 » décerné à Paul Kagamé à un prix Nobel de la paix
qui aurait été donné à Hitler.
« C'est bien de ne pas toucher à Caïn le fratricide,
mais pourquoi lui donner un prix », demandent les frères Comboniani,
ajoutant qu'une telle reconnaissance donnée à un dictateur revient à l'absoudre
de tous ses crimes.
L'association « Ne touchez pas à Caïn »
elle qualifie les missionnaires de négationnistes, et de complices de
génocides.
Dans une interview à La Repubblica, Paul Kagamé
a estimé que les critiques contre lui n'étaient qu'injures et calomnies.
« Le prix « Abolitionniste 2007 », a-t-il déclaré, est un prix
pour le Rwanda et non pas pour son président, car l'abolition de la peine
capitale est un signe fort du processus de paix et de réconciliation auquel
aspirent les Rwandais ».
© RFI
Article publié le 02/09/2007
Dernière mise à jour le 02/09/2007 à 05:39 TU
31 août 2007
Paul Kagamé élu Abolitionniste de l'année 2007
Que Personne ne touche Caïn – Kagamé !
Nous publions la réaction de la revue mensuelle des
missionnaires comboniens, ‘Nigrizia’, au prix de "l'Abolitionniste de
l'année", conféré aujourd'hui au président du Rwanda, Paul Kagamé, par
l'association italienne ‘Nessuno tocchi Caino’ et que lui a remis le président
italien du Conseil, Romano Prodi.
Prodi sait-il qui est celui qu'il
récompense ?
Que personne ne touche Kagamé. L'Italie l'accueille avec tous les honneurs et
le président du Conseil lui remet un prix contre la peine de mort. Nigrizia est
surprise : que l'on ne touche pas un Caïn, d'accord, mais qu'on le récompense …
Paul Kagamé, président du Rwanda, ayant conquis le pouvoir par les armes en
1994, est l'un des hommes politiques les plus controversés d'Afrique.
Controversé parce que les circonstances qui ont donné lieu au génocide de 1994
(pas moins de 500.000 Tutsis et Hutus modérés y ont perdu la vie) n'ont été
éclaircies en rien, de même que le rôle éventuel de Kagamé lui-même.
Controversé pour la manière dont il a agi au cours des
dernières années dans la zone des Grands Lacs, et notamment envers la République démocratique
du Congo, contre laquelle il a mené une guerre (1998-2003) dans le but de
s'approprier les ressources et certaines parties du territoire de cette
dernière. Controversé pour la manière dont il se comporte avec les différents
tribunaux chargés du génocide. Controversé pour la manière dont il dirige, au
sein du pays, l'administration de la justice concernant les suspects et les condamnés
pour le génocide. Controversé parce que son régime ne garantit pas les libertés
fondamentales.
Malgré tout cela, “Nessuno tocchi Caino”, l'association
présidée par Marco Pannella, a eu la bonne idée de récompenser le président
Kagame, parce qu'il a aboli la peine de mort. Ce prix lui sera remis cet
après-midi par le président du Conseil Romano Prodi. Nigrizia, qui suit jour
après jour les cas de pays africains, estime qu'il s'agit d'une récompense
paradoxale, qui joue le jeu d'un régime autoritaire et qui ne tient pas compte
des nombreux aspects "problématiques" qui ponctuent la carrière
politique et l'actuelle vie publique du général Kagame. À ce propos, nous
signalons la réaction de Père Aurelio Boscaini, un missionnaire combonien qui a
longtemps travaillé dans cette aire et qui a fait parvenir hier aux
organisateurs du prix sa protestation. Nous en reproduisons ci-après quelques
extraits. "J'exprime toute mon indignation en apprenant que le prix
"L'Abolitionniste de l'année 2007" sera conféré aujourd'hui au
président du Rwanda, Paul Kagame.
C'est comme si l'on me racontait – à moi qui ai été
missionnaire au Rwanda – une blague ! Je me demande si vous connaissez
réellement cet assassin, qui devrait avoir sur la conscience plusieurs millions
de morts. Ou bien pensez-vous que ce général est Caïn converti ?
Malheureusement non !!! Qui a tué les millions de personnes dans la République démocratique
du Congo, après le génocide de 1994 ? Qui a déclaré la guerre à Kabila père ?
Qui a abattu l'avion sur lequel se trouvait Habyarimana ? Ou bien faites-vous
partie de ceux qui croient au film Hotel Rwanda ?!". "Il suffit qu'un
général annonce l'abolition de la peine de mort, et vous devenez assez … naïfs
pour le croire ?
Où se trouve la démocratie au Rwanda ? Avez-vous demandé à
Bizimungu, premier président après le génocide, ce qu'il pense de Kagame ? Et
l'avez-vous demandé aux dizaines de milliers de personnes qui moisissent dans
les prisons rwandaises ? Voulez-vous remettre le Prix Nobel dela Paix à un Hitler ?".
"Je suis absolument contre toutes les guerres (et combien en ai-je vu en
Afrique !) et absolument contre la peine de mort. Vous devez requérir
l'abolition, et non pas le moratoire. Même si je sais parfaitement que l'on
fait un pas à la fois !
Il me semble que vous voulez crier : "Vive l'Afrique
des généraux !". Les Tutsis ont réalisé une entreprise médiatique
fantastique, et vous, vous vous y joignez !". "L'Italie qui
récompense un génocidaire !? Si les Tutsis avaient été vraiment tués en aussi
grand nombre (comme tout le monde le raconte), il n'y en aurait plus ! Mais je
sais que l'on ne doit parler ni de Tutsis ni de Hutus, comme si nos frères
africains avaient oublié l'ethnie ou le clan auxquels ils appartiennent ! Mais
les Africains sont fiers de leurs origines ethniques, et ceux qui n'ont rien à
perdre les reconnaissent avec joie !". "Vive l'Afrique tout de même,
et ceux qui y meurent pour la liberté, sans avoir jamais tiré un coup de feu.
Le jour de la liberté est proche pour le Rwanda aussi, si les États-Unis ne
soutiennent plus Kagame et s'ils n'achètent plus le coltan que le
général-président va voler au Congo !".
20 août 2007
Dans le grand cirque d’Arusha
Valeurs Actuelles n° 3689 paru le 10 Août 2007
© François Moulins
Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) juge
les “génocidaires” de 1994. Un “spectacle” permanent. Reportage sur place. Non
autorisé.
La toile de fond est majestueuse – le Kilimandjaro, plus
haut sommet d’Afrique –, mais le “spectacle” qu’offre Arusha, jolie bourgade du
nord de la Tanzanie,
l’est moins. On y juge depuis dix ans les présumés organisateurs du génocide
rwandais de 1994. Ouvertes en 1996, les quatre chambres du TPIR instruisent
d’interminables procès. Ils devraient durer au moins jusqu’à la fin 2008.
Tout s’anime chaque matin, dans le ballet des rutilants 4x4 siglés Onu utilisés par le TPIR. La sécurité du site est confiée à un officier du Malawi. Il a du mal dans cette Babel juridique d’Arusha. Des dizaines de nationalités se croisent dans le dédale des couloirs. Un petit bastion francophone résiste, mais l’anglais domine, au service du système juridique anglo-saxon (common-law) dans lequel l’instruction se fait pendant le procès. D’où les longueurs, les interruptions, les rappels au règlement, dans un climat toujours empreint d’une extrême politesse, assortie d’une froide indifférence.
Les journalistes et le public autorisés occupent une pièce séparée de la salle
d’audience par une immense vitre blindée. Quarante personnes s’agitent dans ce
vaste aquarium. La perruque anglo-saxonne n’est pas d’usage à Arusha, mais les
juges, les procureurs, les greffiers et les avocats portent la robe noire et la
collerette blanche.
« La justice d’Arusha sera transparente », avaient prévenu les concepteurs du
TPIR. Tout est donc retransmis sur un réseau interne de télévision. L’audience se
déroule en français, anglais et kinyarwanda. La rumeur s’est répandue que le
“spectacle” serait de qualité : les téléviseurs sont allumés dans tous les
bureaux.
Devant la tribune des juges, un rang de greffiers malgaches, kenyans ou
nigérians affûtent leurs crayons avec une mine de circonstance. Deux sténos
anglophones et deux francophones vont transcrire l’intégralité des débats.
Chaque accusé a devant lui ses avocats. Ils ont accepté de délaisser leur
cabinet et de passer plusieurs mois par an à Arusha, mais ils ne pèsent presque
rien dans la hiérarchie subtile du TPIR, où l’accusation tient le haut du pavé.
Le combat semble inégal.
Côté accusation, ce jour-là, le procureur canadien Drew White est secondé par un Australien. Des employés sri lankais et philippins leur passent des documents. Au dernier rang, des stagiaires : ces futurs “justiciers” s’initient aux subtilités de la justice internationale d’exception. Siégeront-ils un jour pour juger les crimes commis en Libye, en Corée du Nord, à Cuba, en Chine, au Congo et ailleurs ?
Tout indique que le grand inquisiteur du TPIR remplit une mission au service de
l’humanité. Le doute ne peut l’habiter car les accusés sont par définition
coupables. Ses moyens matériels sont considérables, sans commune mesure avec
ceux de la défense. Ses “témoins” arrivent ainsi en avion spécial du Rwanda, où
ils croupissent en prison pour des crimes parfois réels, souvent imaginaires.
Avant leur départ, ils ont été longuement mis en condition. On parle même d’une
« école de témoins à charge » fonctionnant à Kigali.
Après avoir témoigné, ils retournent dans leur prison. Malheur à celui qui n’a
pas dit ce qu’il fallait : des commissaires politiques rwandais assistent au
procès. Ils rendent comptent de tout ce qui s’y fait. Juridiquement, ces
témoignages ne devraient avoir aucune valeur. C’est pourtant sur eux que le
procureur bâtit son accusation et que les juges condamnent. À Arusha, la
justice internationale est rendue selon les critères définis par le régime
rwandais.
Ce jour-là comparaît le colonel Théoneste Bagosora, le « cerveau du génocide »,
affirme l’accusation. Avec lui, trois autres officiers supérieurs de l’ancien
régime rwandais, responsable du génocide du printemps 1994. Son avocat est le
Français Raphaël Constant, du barreau de Fort-de-France et de Paris. Redoutable
bretteur, réputé proche des milieux indépendantistes antillais, il fut un temps
le défenseur du terroriste Carlos. L’homme cite Maurras dans le texte en tirant
sur son cigare. Son coconseil est une jeune avocate canadienne, pugnace.
Il est presque 9 heures : les accusés entrent dans la salle d’audience. Ces
hommes sont en prison depuis dix ans. Ils seront de toute évidence condamnés à
perpétuité, dans une prison du Mali. Ils sont plutôt dignes, s’expriment dans
un français parfait. Pourquoi se battre ? « Pour l’histoire », répondent-ils.
Pas pour une justice à laquelle ils ont cessé de croire. Les techniciens
vérifient les casques de traduction. La cour se présente, on se lève. Le juge
russe Serguei Egorov est en tête. On ne l’entendra pas une seule fois durant
l’audience. Le président norvégien Erik Mose le suit. Courtois, cultivé, il
salue la salle d’un petit geste de la main. Le juge fidjien Jai Ram Reddy ferme
la marche, impassible.
Le procès de Bagosora touchant à sa fin, un expert français a été mandaté par
la défense : c’est Bernard Lugan, professeur africaniste à l’université de
Lyon-III. Les avocats lui ont demandé d’évaluer la crédibilité scientifique des
experts du procureur. La règle veut que chaque expert passe au gril de
l’accusation ou de la défense. L’Américaine Alison Desforges, expert auprès de
l’accusation, a été l’objet d’un ping-pong judiciaire de plus de dix jours,
avant d’être finalement accréditée. Tout ce qui peut décrédibiliser l’expert
est utilisé. Tous les coups sont permis, avec la plus exquise des politesses.
Le procureur Drew White attaque aussitôt, sur la compétence militaire de Lugan.
Il veut démolir son analyse de la situation du Rwanda entre 1990 et 1994 : «
Monsieur le professeur, votre CV indique que vous êtes conférencier au CID, à
l’IHEDN, au CHEM. Vous nous dites qu’il s’agit d’académies militaires
françaises. Avez-vous des compétences en ce qui concerne l’instruction
militaire de vos élèves ? »
Ironique, Lugan répond : « Monsieur le procureur, les officiers qui suivent mes
enseignements ont passé l’âge de l’instruction militaire. Mon rôle n’est pas de
former des recrues au maniement des armes ni de vérifier si les lits sont faits
au carré… » Agitation dans les cabines de traduction : comment transcrire “lit
au carré” en kinyarwanda ? Au Rwanda, on dort sur des nattes. On décide que
“lit au carré” sera écrit en français dans le procès-verbal en kinyarwanda.
Le procureur lit une fiche, probablement récupérée sur Internet : « Aurais-je tort de dire que vous appartenez à la même université que le Pr Faurisson ? » La réponse est suave : « Vous auriez effectivement tort, monsieur le procureur, car la personne que vous venez de citer a appartenu il y a une vingtaine d’années à l’université de Lyon-II, réputée marxiste, alors que j’appartiens à l’université de Lyon-III, réputée de droite. Je ne vous suivrai pas sur le terrain des ragots de pissotière. » Nouvel émoi. Comment traduire “ragot de pissotière” en kinyarwanda ? On n’a jamais vu de vespasienne au Rwanda. On tombe d’accord sur “ragot de caniveau”. Même si les trottoirs sont inconnus au Rwanda.
Les juges se retirent pour délibérer, puis le président confirme
l’accréditation de Lugan. Le temps a vite passé. C’est la pause. Après trente
minutes, c’est la reprise : Me Constant interroge Lugan. Il déconstruit l’acte
d’accusation, détaille les faiblesses des experts, démolit leurs conclusions.
La thèse officielle est réduite à presque rien.
Place au contre-interrogatoi re. D’habitude, le procureur White ne siège pas
dans cette chambre, mais le TPIR lui a demandé d’entrer dans l’arène. Dans une
précédente affaire, Lugan avait mis “KO debout” le procureur tanzanien. White :
« Je n’arrive pas à comprendre pourquoi, dans votre livre de 1997 et dans votre
rapport de 2002, vous écriviez ceci et pourquoi aujourd’hui vous soutenez cela.
» Réponse : « À la différence de vos experts, je m’appuie sur les nouvelles
sources, les nouveaux témoignages. Ma pensée est dynamique alors que vous
faites de l’autisme scientifique, arc-bouté sur des connaissances obsolètes
depuis bientôt dix ans. Il n’y a pas contradiction mais prise en compte de
l’évolution des connaissances. »
Le public se régale. Un procureur en difficulté est une péripétie intéressante.
White insiste, Lugan aussi : « Faut-il que je vous dise à l’imparfait du
subjonctif ou encore en latin que des documents nouveaux ont fait que mon
analyse a changé ? Le train de l’histoire est passé, monsieur le procureur,
vous laissant sur le quai de la gare avec votre expert, madame Desforges. La
nuit va vous paraître longue… » Hilarité générale chez les juges, les avocats,
les accusés et dans le public. Alison Desforges n’a rien de Sharon Stone, sauf
la nationalité américaine.
Le procureur reprend : « Si vous reniez vos précédents écrits, combien de temps
vous faudra-t-il pour renier le présent rapport ? » Lugan réagit, faussement
désolé : « Mais ce rapport est déjà largement obsolète car, depuis mon arrivée
à Arusha, j’ai eu connaissance de sources américaines et onusiennes
déclassifiées qui prouvent que votre acte d’accusation est en total décalage
avec les connaissances scientifiques actuelles. »
White : « Monsieur le professeur, quelle part de vos revenus vos livres
constituent- ils ? » La salle retient son souffle. Lugan : « Au risque de
choquer certains, je dois vous dire que ma fortune personnelle me met au-dessus
de ces contingences matérielles. Je paie mon billet d’avion en première classe
alors que l’Onu n’offre que la classe touriste. Ici, je me loge à mes frais. Je
suis totalement indépendant. »
Le juge fidjien s’écroule enfin de rire. Dans le public, un journaliste
sénégalais, hilare, lance : « Bravo, envoyez le taureau suivant ! » Le
président se tourne vers le procureur : « Avez-vous encore des questions à
poser à l’expert ? » Blême, White se retire. Me Constant se tourne vers Lugan :
« À votre connaissance, y a-t-il dans l’histoire d’autres cas d’un total
retournement d’interprétation dû à de nouvelles découvertes ? » L’universitaire
français triomphe : « Oui. Les massacres de Katyn. Ils ont longtemps été
attribués à l’armée allemande, alors qu’ils furent le fait des commissaires
politiques communistes de l’armée Rouge. »
Il fallait un clou au “spectacle”. Le procureur va le fournir. Lugan s’approche
pour le saluer. White le repousse : « Non, cela suffit comme ça ! » Les micros
n’étaient pas encore coupés, envoyant ce manque de fair-play dans tous les
haut-parleurs d’Arusha.
Moins de la moitié des affaires portées devant le TPIR ont été jugées : sur
soixante détenus, vingt-cinq ont déjà été condamnés et trois ont été acquittés.
L’un d’eux, André Ntagerura, ancien ministre des Transports du Rwanda, doit
rester en prison, car aucun pays ne veut l’accueillir. À raison d’environ 125
millions de dollars par an, le TPIR a déjà coûté un milliard de dollars.
© François Moulins
http://www.valeursa
ctuelles. com/magazine/ monde/
19 août 2007
Rwanda: L'Ambassade de Belgique suit de près l'Affaire Rwigara

© Rwanda News Agency/Agence Rwandaise d'Information
L'Ambassade de Belgique à Kigali suit de près l'affaire
Rwigara Assinapol, du nom du commerçant rwandais qui a aussi une nationalité
belge et qui vient de se rendre à la justice après un mois de cavale, a établi
l'Agence Rwandaise d'Information (ARI).
Assinapol Rwigara avait refusé de se rendre à la Police qui le recherchait
suite à un accident de chantier à Kyovu où il construit une maison. Le Premier
Secrétaire de l'Ambassade de Belgique à Kigali, Mme Sibille de Cartier, qui est
en contact avec l'épouse de Rwagara, a confirmé que l'homme d'affaire
belgo-rwandais s'est rendu ce jeudi à la justice.
Procureur Général qui lui a dit qu'on ne pouvait pas
localiser Assinapol Rwigara. A la question de savoir si l'Ambassade de Belgique
compte assister ce commerçant, elle a répondu : «Il a un avocat. Nous, nous ne
nous mêlons pas dans les questions de justice ».
Deux généraux rwandais qui auraient aidé Assinapol Rwigara à
échapper aux forces de Police, Frank Rusagara et Sam Kanyemera, sont en
détention. Tous les observateurs se demandent pourquoi un déploiement
exceptionnel de moyens policiers et judiciaires pour ce qui n'était à la base
qu'un tragique accident de chantier.
Des accidents identiques, mais moins dangereux, s'étaient
produits sur les chantiers de feu Rubangura, de l'hotêl Alpha Palace, de la Caisse Sociale à
côté de Novotel Umubano ; mais sans que les suites ne soient les mêmes. Avant
sa reddition, l'on se demandait si Assinapol Rwagara était en cavale à
l'intérieur du Rwanda, ou s'il était sorti du pays, ou encore s'il était détenu
dans un lieu secret.
Selon Alison Desforges, Conseillère principale à la Division Afrique
de Human Rights Watch, Assinapol Rwigara était bel et bien dans les mains de la
police mais en secret. «Selon plusieurs témoins, un officier de la Police a indiqué à un
journaliste en date du 29 juillet que la Police a arrêté Monsieur Rwigara. C'est seulement
le 30 juillet que la Police
a modifié ses déclarations en avançant qu'il n'était pas dans ses mains »,
a-t-elle confié à ARI

