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Blog du CDF/FCD - Afrique

Actualité de la Section Africaine du CDF/FCD (Chrétiens Démocrates Fédéraux / Federale Christen Democraten) de Belgique. Infos : http://cdfliege.lalibreblogs.be/

29 juin 2007

Communique de Banyarwanda

COMMUNIQUÉ :

Le parti politique Banyarwanda propose un débat entre les responsables des partis politiques et leaders d’opinion pour élaborer des stratégies générales d’opposition politique contre le FPR

J’ai le plaisir d’informer mes collègues qui dirigent les partis politiques d'opposition que le Parti Politique Banyarwanda est disposé à discuter avec eux sur les questions suivantes :

1. Comment mobiliser tous les Rwandais de façon que chaque personne qui en a envie puisse adhérer à un parti politique d’opposition qui lui convient ?

2. Favoriser la création des partis politiques d’opposition à l’intérieur du Rwanda

3. La cohabitation pacifique de la politique étrangère anglo-saxonne et la politique étrangère de France et d’autres pays.

4. La cohabitation de l’Eglise Catholique, Eglise Protestante et d'autres Eglises.

5. La cohabitation pacifique des victimes « hutus » et « tutsis ».

6. La question de la nouvelle armée et la démocratie au Rwanda

NB : la liste des propositions peut être allongée.

Fait à Bruxelles, le 8/6/2007

RUTAYISIRE Boniface
Président du Parti Politique Banyarwanda
Email : banyarwanda2003@yahoo.com
Tél : 00 (32) 472267071
www.banyarwanda.org
www.rutayisireboniface.net
www.allvictims.org

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RWANDA : Les Crimes du FPR

kagame_militaire_CRIMES DU FPR – de1990 à AUJOURD’HUI : L’ARGUMENT EN FAVEUR DES POURSUITES JUDICIAIRES LONGTEMPS ATTENDUES

« La justice doit être impartiale. Elle doit être faite et perçue comme étant faite pour tous, indépendamment des victimes et des auteurs. Une véritable réconciliation au Rwanda doit notamment pouvoir montrer que la primauté du droit ne discrimine contre ni en faveur de personne. L’action du tribunal devrait servir à contribuer à ce processus » (Amnesty International – International Criminal Tribunal for Rwanda – Trials and Tribulations, April 1998)


I. INTRODUCTION

  • Le 8 novembre 1994, le Conseil de Sécurité des      Nations Unies a adopté

    la       Résolution

    955 portant création du Tribunal Pénal      International sur le Rwanda (TPIR) chargé de « poursuivre les personnes responsables de génocide et      d’autres violations graves du droit humanitaire international commis en      territoire rwandais et les citoyens rwandais responsables de génocide et      de crimes similaires dans les pays environnants entre le 1er      janvier et le 31 décembre 1994 » [ICTR Statute as adopted by UN Security Council      Resolution S/RES/955 (1994) of 8 November 1994] . Il faisait      suite au rapport de

    la       Commission

    des Experts mise sur pied par le Secrétaire      Général des Nations Unies qui avait conclu que « des éléments  issus des deux      camps du conflit armé avaient perpétré      de sérieuses entraves au droit humanitaire international et des crimes      contre l’humanité » (The United Nations and Rwanda,      1993-1996, p.64).
  • La création du TPIR avait suscité l’enthousiasme      du Peuple Rwandais, des autres  peuples des pays des  Grands      Lacs Africains et de toutes les personnes éprises de paix et de justice      qui espéraient voir la fin de l’impunité pour les auteurs de ces horribles      crimes. Malheureusement, douze ans après, force est de remarquer que tous      ces espoirs ont été déçus. En effet, alors que plusieurs membres de      l’ancien gouvernement soupçonnés d’avoir commis des crimes de guerre, des      crimes de génocides et des crimes contre l’humanité ont été arrêtés, aucun      membre du Front Patriotique Rwandais (FPR) soupçonné d’avoir commis ces      mêmes crimes n’a été poursuivi. Entre temps, le fonctionnement du TPIR a      coûté à la communauté internationale une bagatelle de 1,5 milliards de      dollars.
  • Cette situation est d’autant plus      incompréhensible que plusieurs sources attestent que le TPIR est au      courant d’horribles crimes commis par le FPR et qui entrent complètement      dans ses compétences. À titre illustratif, Amnesty International affirme      que « les crimes commis par le      FPR en 1994 ont été portés à la connaissance du bureau du procureur soit      en privé à travers des informations confidentielles, soit à travers des      publications des organisations non gouvernementales et autres, ainsi qu’à      travers ses propres témoins experts à Arusha » (Amnesty      International,      International Criminal Tribunal for Rwanda- Trials and Tribulations, April      1998, p.17).
  • Certains prétendent que le gouvernement rwandais      devrait être autorisé à poursuivre les membres du FPR soupçonnés d’avoir      commis des crimes de guerre, des crimes de génocide et des crimes contre      l’humanité.  Cette option est inacceptable pour plusieurs raisons.      D’une part elle serait contraire aux fondements même du droit parce qu’il      serait alors permis au FPR d’être à la fois juge et partie. D’autre part,      elle serait discriminatoire pour le peuple rwandais, étant donné qu’il      serait le seul à subir un tel traitement parmi les autres peuples qui ont      connu des drames similaires et pour lesquels l’ONU a mis en place des      tribunaux pour juger les criminels. À titre illustratif, pour l’ancienne      Yougoslavie, le tribunal de

    La       Haye

    a jugé les Serbes, les Croates, les Musulmans et      les Albanais, et n’a laissé à aucun groupe le soin de juger lui-même des      présumés criminels en son sein.
  • Le fait que des présumés criminels au sein du      FPR n’ont pas été poursuivis jusqu’à présent est lourd de      conséquences parce que, comme l’a fait remarqué Mme Louise Arbour,      ancienne Procureur du TPIR lors de la conférence de commémoration du 50ième      anniversaire de

    la Déclaration Universelle

    des Droits de      l’homme, à Montréal le 7 décembre 1998 « l’impunité en matière pénale est particulièrement choquante      car  elle rend la justice illusoire et par conséquent incite à la      répétition des même crimes ». Le peuple Rwandais et les      autres peuples des Grands Lacs africains ont déjà payé un lourd tribu de      cette impunité à travers les horribles crimes que l’armée du FPR ne cesse      de commettre.
  • Le présent document fait état de certains crimes      commis par des éléments du FPR que plusieurs observateurs et organisations      de défense des droits de la personne ont qualifié de crimes de guerre, de      crimes de génocide et de crimes contre l’humanité. Il est constitué comme      suit : D’abord, il présente les crimes de masse en  trois      parties, la première portant sur les crimes commis sur la période couverte      par le mandat du TPIR c’est-à-dire. du 1er janvier au 31      décembre 1994, la deuxième faisant état de crimes commis entre le 1er      Octobre 1990 et le 31 décembre 1993, et la troisième portant sur  des      crimes commis depuis le 1er janvier 1995 jusqu’à date. Ensuite,      il présente d’autres types de crimes perpétrés par le FPR tels que des      traitements inhumains et dégradants, l’élimination des opposants à      l’extérieur etc. Enfin, il se termine par des observations finales et une      conclusion générale qui traduisent notre ferme volonté de tout mettre en      œuvre pour que justice soit enfin rendue à toutes les victimes du drame      rwandais.

II. CRIMES DU FPR DU 1er JANVIER 1994 AU 31 DÉCEMBRE 1994

Les éléments qui suivent ne sont que quelques faits et témoignages au sujet des crimes et des atrocités commis par le FPR du 1er Janvier 1994 au 31 Décembre 1994. Une enquête complète et indépendante  sous l’égide des Nations-Unies est absolument nécessaire en vue de constituer une liste exhaustive des crimes du FPR et en poursuivre les auteurs. La communauté internationale a l’obligation morale de faire enquête sur ces crimes et sur beaucoup d’autres qui ont été commis durant cette période (ainsi que sur la période d’avant et d’après 1994), et d’en punir les auteurs de façon exemplaire étant donné leur gravité en tant que crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de génocide. Des témoins encore en vie à l’intérieur et à l’extérieur du Rwanda sont prêts à témoigner et à confirmer l’authenticité des faits.

CRIMES DE GUERRE, CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ ET CRIMES DE GÉNOCIDE COMMIS PAR LE FPR (1er Janvier 1994 - 31 Décembre 1994) :

  • Assassinat politique du 21      Février 1994 : Un grand leader politique originaire de Butare dans la      région Sud et également Secrétaire Général du Parti PSD, Félicien      Gatabazi, a été assassiné après être tombé  dans une embuscade alors      qu’il rentrait le soir d’une réunion avec d’autres leaders politiques. Cet      acte criminel hautement irresponsable était de nature  à embraser le      pays et à provoquer de violents affrontements entre les opposants et les      supporteurs de Gatabazi au moment où le climat politique était extrêmement      tendu et très volatil. Il est rapporté que, pendant qu’ils fêtaient dans      des bars à Kigali dans les jours qui ont suivi  la prise de la      capitale, des agents du FPR racontaient publiquement, en guise d’actes de      bravoure, des crimes qu’ils avaient commis dans leur lutte contre le      gouvernement, y compris l’assassinat de Gatabazi,  et qui avaient      semé la terreur dans tout le pays. (Témoignages recueillis auprès de      témoins encore en vie; Abdul J. Ruzibiza, l’Histoire secrète, 2005).
  • Assassinat politique du 23      Février 1994 : Un autre grand leader politique originaire de Cyangugu      dans le Sud du Pays et président du parti CDR, Martin Bucyana, a été tué      par une bande de jeunes du parti PSD enragés par la mort de Gatabazi. Les      preuves factuelles et testimoniales disponibles montrent que cet      assassinat serait l’acte  des éléments des escadrons de la mort du      FPR qui avaient infiltré ces jeunes. Une enquête s’impose pour connaître      toute la vérité à ce sujet. (Abdul J. Ruzibiza, l’Histoire secrète, 2005).     
  • Le double assassinat des      présidents du Rwanda et du Burundi le 6 avril 1994 : Dans la soirée de cette      journée fatidique, l’avion présidentiel a été abattu alors qu’il se      préparait à atterrir sur l’aéroport de Kigali. Tous ceux qui étaient à      bord ont été tués. Il s’agit du Président Juvenal Habyarimana du Rwanda;      du Président Cyprien Ntaryamira du Burundi; du Général Major Déogratias      Nsabimana , Chef d’état major de l’armée Rwandaise; des ministres      burundais Cyriaque Simbizi et Bernard Ciza; du Colonel Elie Sagatwa,      conseiller spécial du Président Habyarimana; du Major Thaddée Bagaragaza,      conseiller du Président Habyarimana; du Dr. Emmanuel Akingeneye, médecin      personnel du président Habyarimana; de l’Ambassadeur Juvenal Renzaho,      conseiller du président Habyarimana ainsi que de trois membres d’équipage      français : Jean-Pierre Minaberry, Jacky Heraud et Jean-Marie Perrine.      Cet assassinat représentait la décapitation du gouvernement et de l’armée      Rwandais, ainsi que celle du gouvernement Burundais. Les preuves disponibles,      dont les informations des témoins, indiquent clairement que cet attentat      terroriste a été l’œuvre du groupe rebelle FPR. Personne ne comprend      pourquoi les Nations-Unies n’ont jamais commandé d’enquête sur cet      attentat contre l’avion  présidentiel pour en connaître l’auteur,      d’autant plus que tout le monde s’accorde à dire qu’il a été l’élément      déclencheur des crimes de masse communément qualifiés de «  génocide      rwandais de 1994 ».

Lorsque l’ancien Premier Ministre libanais Rafic Hariri a été tué le 14 février 2005, il est apparu que la paix et la stabilité politique du Liban étaient sérieusement menacées et le Conseil de Sécurité a  immédiatement ordonné une enquête sur cet assassinat. Pourtant, l’impact de cet acte terroriste n’a été en rien comparable à celui du double assassinat des Président Habyarimana et Ntaryamira - jusqu’à présent non élucidé – aussi bien  au niveau des pertes en vies humaines qu’à celui des conséquences politiques à l’intérieur du pays et sur le plan régional.

Il est important de souligner que l’attentat au missile contre l’avion présidentiel fut jusque là l’acte criminel le plus téméraire dans le conflit rwandais, étant donné qu’il a ciblé et tué le Président lui-même. Il a aussi coûté la vie au Président Burundais, six mois seulement après qu’un autre Président Burundais, Melchior Ndadaye, eu été  assassiné par l’armée burundaise Tutsi (le 21 octobre 1993). Le Président Ndadaye a été en fonction pendant seulement 4 mois, après être élu démocratiquement en juin et assermenté le 10 juillet 1993.

En un rien de temps,  après seulement quelques 6 mois, tout le leadership politique Hutu du Rwanda et du Burundi, deux pays voisins avec une même composition ethnique, était décimé sans aucune conséquence pour les auteurs de ces crimes. Il est important de souligner que les violences interethniques qui ont éclaté après l’assassinat du Président Ndadaye ont emporté 200.000 victimes civiles alors que le pays était en paix au moment de l’assassinat.

Par conséquent, n’est-il pas possible que celui qui a assassiné le Président du Rwanda alors que le pays était en guerre savait exactement le genre de catastrophe qui allait suivre? Est-il possible que la mort du président Hutu avec les membres de son entourage, deux mois seulement après l’assassinat de deux autres leaders Hutu, ait poussé certains Hutu rwandais dans une folie meurtrière contre les Tutsi? La réponse à ces deux questions est vraisemblablement oui. Dès lors, il est incompréhensible qu’aucune enquête indépendante n’ait été réalisée jusqu’à présent alors qu’elle permettrait de dégager des réponses à toutes ces questions clés et que ses conclusions pourraient être très éclairantes au sujet de la tragédie rwandaise.

En effet, selon Carla Del Ponte, ancienne procureur du TPIR, « s’il s’avérait que c’est le FPR qui a abattu l’avion, l’histoire du génocide devra être réécrite. Bien que cette situation n’atténue en rien la responsabilité des extrémistes Hutu dans la mort de centaines de milliers de personnes, elle ferait apparaître le FPR sous un jour nouveau. Le FPR a été jusque là considéré en Occident comme victime et comme celui qui a mis fin au génocide » (Déclarations Publiques de Carla Del Ponte le 17 avril 2000 telles que rapportées par Charles Onana in Silence sur un attentat: Le scandale du génocide rwandais, 2003, p.77).   

  • Le massacre de Byumba, fin      Avril 1994 :  Il est rapporté que pendant cette période, le FPR aurait      massacré 20.000 civils innocents dans les secteurs Nyabisiga, Birenga,      Zoko, et Gitumba de la commune Buyoga, dans la commune voisine de Giti      dans la préfecture de Byumba, ainsi que dans les communes Rutongo et      Mugambazi de la préfecture de Kigali. À l’école primaire de Shagasha près      de la paroisse de Muhazi se trouve une fosse commune qui contiendrait 500      cadavres de civils innocents qui ont été massacré et y ont été jetés par      le FPR. Non loin de là, derrière la maison d’un certain Burasiyo, se      trouve un terrain plat sur lequel le FPR a rassemblé les habitants des      villages environnants soi-disant « pour une réunion de sécurité et de      distribution de vivres » pour ensuite leur lancer des grenades et      leur tirer dessus, tuant toutes les 80 personnes qui s’étaient présentées.      Elles ont été enterrées là-bas dans une fosse commune, et ceux qui ont      creusé cette fosse commune ont à leur tour été tués. (Témoignages      recueillis auprès des témoins encore en vie).
  • Le massacre sélectif des      intellectuels le 7 Avril 1994 : Dans le secteur Remera de la      ville de Kigali, le FPR a tué de façon sélective 121 personnes, majoritairement      des intellectuels Hutu ainsi que leurs familles entières, sur base d’une      liste préétablie. Parmi ces victimes se trouve l’ancien préfet de Kigali,      Claudien Habarushaka; l’ancien préfet de Ruhengeri, Sylvestre Bariyanga et      toute sa famille; Emile Nyungura et presque toute sa famille (son fils, le      chanteur Corneille, qui vit actuellement au Canada, est le seul      survivant); Emmanuel Bahigiki et toute sa famille; Iréné Kayibanda, fils      de l’ancien Président Grégoire Kayibanda; Muhamud Rahamatar, Félicien      Mbanzarugamba; l’ancien ministre Benoît Ntigurirwa et beaucoup d’autres.      (Péan, Pierre, Noires fureurs, blancs menteurs : Rwanda      1990-1994,  2005, p.249)
  • Le massacre ciblé de jeunes à      Kabuye en Avril 1994 :  Il est rapporté que, à Kabuye près de la ville      de Kigali, une équipe de tueurs du FPR a massacré plus de 3.000 jeunes      dans le seul mois d’avril 1994. Les jeunes étaient recrutés par équipes      successives dans l’armée du FPR. Aussitôt qu’on terminait de massacrer une      équipe, on en recrutait une autre et on disait aux jeunes que leurs      prédécesseurs avaient été promus et envoyés au front, ainsi de suite.      (Abdul  J. Ruzibiza,  Rwanda, l’histoire secrète, 2005, p.261)
  • La boucherie de Kiziguro en      Avril 1994 : À la paroisse de Kiziguro (préfecture de Kibungo à l’est du      Rwanda), les miliciens Interahamwe ont massacré près de 1.000 Tutsi qui y      avaient trouvé refuge. Plus tard, l’armée Tutsi du FPR est arrivée et a      tué près de 10.000 Hutu qui s’étaient réfugiés dans les locaux de la      paroisse. (Péan, Pierre, Noires fureurs, blancs menteurs : Rwanda      1990-1994,  2005, p.263)
  • Les corps flottants du mois de      Mai 1994 : La plupart des cadavres qui s’échouaient dans le Lac Victoria      n’étaient pas ceux de Tutsi victimes des Interahamwe, mais plutôt ceux de      Hutu victimes des soldats du FPR. Les personnes qui n’étaient pas      parvenues à fuir en Tanzanie avant l’arrivée de l’armée du FPR ainsi que      les réfugiés qui fuyaient l’avancée des rebelles et ceux qui étaient      terrorisés par le bruit des armes et une odeur insolite et nauséabonde de      corps brûlés, étaient tous raflés et tués au fusil, à la grenade ou au      moyen d’une petite houe usagée  (« agafuni » en Kinyarwanda).      Ensuite, leurs corps étaient, soit empilés et brûlés, soit jetés dans la      rivière Akagera. Le 22 mai 1994, le gouvernement ougandais a d’ailleurs      déclaré « zones sinistrées » toutes les régions entourant le Lac      Victoria, pour des raisons de santé publique. (Péan, Pierre, Noires      fureurs, blancs menteurs : Rwanda 1990-1994,  2005, p.265).

La communauté internationale ne doit jamais perdre de vue le fait que l’armée du FPR contrôlait totalement la région nord-est du Rwanda dès le début des massacres en avril 1994 étant donné que les troupes des FAR (l’armée nationale rwandaise d’alors) avaient fui en catastrophe aux nouvelles de la mort de Habyarimana. La rivière Akagera traverse l’est et le nord-est du Rwanda avant d’atteindre l’Uganda. Il a été régulièrement remarqué que les corps qui arrivaient dans le Lac Victoria avaient l’air « frais », ce qui signifiait qu’il ne s’était pas passé beaucoup de temps après la mort des victimes, et que la plupart étaient ligotés dans le style « Akandoya » ( un mot ougandais qui signifie lier fermement les deux bras de la victime en arrière jusqu’à ce que les os de la poitrines éclatent) qui est un signalement du FPR.

L’on doit aussi garder en mémoire que le FPR encadrait et surveillait tous les mouvements des étrangers dans la zone sous son contrôle. Les journalistes et les représentants des organisations humanitaires arrivaient rarement à parler aux citoyens rwandais dans les zones contrôlées par le FPR sans la présence d’un de ses cadres. C’est pourquoi la plupart des informations fournies aux médias étrangers pendant la guerre étaient fausses ou biaisées. Ce que nous savons tous, c’est que le FPR a été très efficace dans le camouflage de ses crimes et dans la manipulation des médias étrangers à son plus grand avantage, y compris les plus connus et les plus respectés.

  • La décapitation de l’église      catholique le 5 juin 1995 : À Kabgayi, dans la localité de Gakurazo, 3      évêques (l’Archevêque Vincent Nsengiyumva de Kigali, l’évêque Thadée      Nsengiyumva de Kabgayi, et l’évêque Joseph Ruzindana de Byumba),      Monseigneur Gasabwoya, ainsi que 9 prêtres, 1 Frère et 3 Sœurs ont été      fusillés par des militaires du FPR sous les ordres de leurs supérieurs.      Dans les jours qui ont suivi, le FPR a liquidé méthodiquement, un à un,      toutes les personnes dans les environs susceptibles d’être au courant de      l’extermination de ces membres du clergé. Ainsi, après avoir décapité le      gouvernement et l’armée Rwandais le 6 Avril, le FPR venait aussi de      réussir à décapiter l’église catholique Rwandaise à travers cet      assassinat. (Venuste Linguyeneza, Témoignage du massacre des évêques en      1994)

  • Un peu plus d’un mois avant, le 23 Avril 1994 pour être exact, le FPR      avait perpétré un massacre collectif similaire de membres du clergé qui      résidaient au Petit Séminaire de Rwesero, sur la rive ouest du Lac Muhazi      à Byumba. La tuerie s’est déroulée à Karushya, près de Rwesero, où les      prêtres avaient trouvé refuge. Parmi les victimes figuraient l’abbé Joseph      Hitimana, recteur du séminaire, les abbés Christian Nkiriyehe, ancien      recteur, Athanase Nkundabanyanga, Alexis Havugimana, Faustin Mulindwa,      Fidèle Mulinda, Célestin Muhayimana, Augustin Muhayimana et Gaspard      Mudashimwa, ainsi que les Sœurs Annonciata et Carolla, les professeurs      Elie Hatungimana et toute sa famille, Augustin Hakizimana et beaucoup      d’autres. La vie de 50 personnes innocentes, au total,  a été brutalement      fauchée dans ce massacre. (Léonard Nduwayo, Giti et le génocide rwandais,      2002, p.172-177).
  • Le massacre sélectif d’une      famille entière Hutu à Nyanza en Juin 1994 : L’ancien homme d’affaires      Josias Mwongereza et toute sa famille de 48 personnes  ont été      décimés en Juin 1994. Ils faisaient partie d’un plus large groupe qui      avait été raflé par le FPR à Buhanda dans la préfecture de Gitarama et      amené à Nyanza. Par la suite, le FPR a séparé les Hutu et les Tutsi et a      procédé au massacre des Hutu en utilisant de petites houes usagées. Parmi      les victimes figuraient Josias Mwongereza, son frère Emile Mwongereza,      leur frère le Dr. Eliab, ainsi qu’un autre de leurs frères qui était      ingénieur. Furent également tués Josine Mukamanzi, la femme du Dr. Eliab      qui était enceinte de 4 mois, le père de Josias Mongereza, Josias      Mukwikwi. Les sœurs de Josias Mwongereza, Francine Uwimbabazi et Angelique      Umulisa qui avait 16 ans ont été également tuées. La femme de Jonathan      Mukwikwi, Mme Gloria, une Hutu aux traits Tutsi, a été épargnée et prise      comme concubine par un officier du FPR, mais n’a jamais pu se remettre de      la mort de son mari. Elle a fini par être tuée à son tour, avec son petit      garçon de 5 ans. Les Tutsi qui faisaient partie de ce groupe et qui ont      été séparés des Hutu sont encore en vie.
  • L’odieux massacre sélectif des      Hutu évacués vers la ville de Byumba en Mai, Juin et Juillet 1994 : Pendant que le FPR menait une      guerre d’usure contre les forces gouvernementales autour de Kigali,      beaucoup de ses équipes étaient soit-disant occupés à « évacuer les      civils déplacés et pris au piège pour les conduire dans des endroits sûrs      sous contrôle du FPR ». Les gens étaient même encouragés à fuir vers      les zones sous contrôle du FPR pour échapper aux tueries des Interahamwe.      C’est de cette façon que beaucoup de civils qui étaient massés sur le      terrain de foot-ball au stade Amahoro et sur le centre commercial de      Kabuga ont été induits en erreur et ont cru qu’ils étaient en train d’être      éloignés et mis en « sécurité » dans la ville de Byumba.  À      leur arrivée, les Hutu et toutes les autres personnes gênantes ont été      séparés des Tutsi et ont été tués. Jean Sibomana, un employé de l’hôtel      des Mille Collines, a fui vers Kabuga et a même été recruté par le FPR avant      d’être exécuté quelques semaines plus tard. Une fille connue sous      l’appellation de « Jeanne de Nyamirambo » était également dans      la foule qui a quitté l’hôtel des Mille Collines vers Kabuga. Elle a été      tuée par le FPR. Léonard Rudasingwa, un cadre supérieur de BRALIRWA, a fui      vers les soi-disant « zones sûres » sous contrôle du FPR, mais      il a été tué à son arrivée. Parmi les autres victimes de cette opération      criminelle figure Seburikoko, un entrepreneur Tutsi de renom qui a été tué      parce qu’il était membre du parti au pouvoir MRND et proche ami du      Président Habyarimana. Ont été également tués le juriste Grégoire      Kayinamura et sa fille Oda, ainsi que l’ancien joueur de foot-ball dans      l’équipe de Kiyovu surnommé Pilote. Ce dernier a d’abord été forcé de témoigner      sur les ondes de la radio Muhabura du FPR qu’il avait été sauvé des      Interahamwe, avant d’être tué par ce même FPR. Au total, plus de 2.500      civils Hutu  ont péri dans la ville de Byumba pendant 3 mois de      massacres sélectifs. (Témoignages recueillis auprès de témoins encore en      vie).
  • Le massacre des membres de ma      famille début Juillet 1994 à Murama en Préfecture de Gitarama : Mon petit frère cadet Emmanuel      Gasana, ma grande sœur aînée Nyirakabwa, mes 2 cousins paternels      Ngezenubwo et son épouse Marthe ainsi que Simon Ngayabarambirwa et son      fils Karambizi, ont été tous brûlés dans la maison du voisin Salathiel      Binenwa chez qui ils s’étaient réfugiés, avec lui et tous les membres de      sa famille. Plusieurs personnes ont péri dans cet incendie criminel.      Dans la même période, mon beau-frère Benjamin Nkurikiyinka, qui résidait à      Nyanza mais qui avait fui les combats et s’était réfugié dans notre      région, a aussi été assassiné par les militaires du FPR. Toujours dans la      même période, un autre beau-frère du nom d’Eliel Rwagasana, a été tué par      le FPR à sa résidence à Rusatira, en préfecture de Butare, avec son père      Mahalaliel Nsozerumpa et son petit frère Gérard. Tous ces crimes      abominables du FPR doivent être enquêtés pour que leurs auteurs soient      punis.
  • Le massacre de sang-froid au      mariage de Mbazi le 1er Juillet 1994 : La famille de Mussa Kabwana du      secteur Mwulire, cellule Murambi, dans la commune de Mbazi de la      préfecture Butare, tenait une réception de mariage dans l’après-midi du 1er      juillet 1994 lorsque, entre 15h et 16h, une équipe avancée de soldats du      FPR conduite par un natif de la région (qui est actuellement un haut cadre      dans le gouvernement du FPR) est arrivée sur les lieux. Même le spectacle      jubilatoire des hôtes et des invités n’a pas pu venir à bout de la haine      et de la folie meurtrière des hommes du FPR : ils ont ouvert le feu      sur la foule, tuant sur le champ plus de 20 personnes innocentes avant de      regagner leur unité. Ce massacre a marqué le début d’une longue série de      vagues de répressions sévères et de tueries de vengeance à Mbazi et dans      toute la préfecture de Butare. (André Guichaoua, Rwanda 1994 :      Les politiques du génocide à Butare, 2005, p.306)
  • L’incendie sauvage de la      résidence du sous-préfet Placide Koloni et de sa famille à Ruhango vers la      fin de 1994 :  Dans les dernières semaines de l’année 1994,      l’armée du FPR a, au cours d’une nuit, encerclé la résidence du      sous-préfet Placide Koloni pendant que toute la famille dormait, a répandu      de l’essence partout, y a mis feu et a monté la garde pour que personne ne      puisse s’échapper, jusqu’à ce que tout le monde, y compris les animaux      domestiques, périsse dans les flammes. Personne n’a été puni pour cet      horrible crime.
  • Beaucoup d’autres crimes      : dont      (1) l’élimination des prisonniers de guerre, (2) la détention de personnes      dans des containers ou des maisons abandonnées, (3) l’enfouissement de      gens dans des fosses communes et la tenue de fours crématoires, (4) le      largage de personnes encore vivantes dans les trous de latrines, (5) la fusillade      de civils non-armés au cours des réunions, des cérémonies de mariage ou      sur des places du marché et (6) l’utilisation de civils comme boucliers      humains ont été rapportés dans plusieurs zones que le FPR occupait. Ils      nécessitent tous une enquête complète et les auteurs doivent être punis.

III. CRIMES DU FPR  DU 1er OCTOBRE 1990 AU 31 DÉCEMBRE 1993
Crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de génocide commis par le FPR (du 1er Octobre 1990 au 31 Décembre 1993) :

  • L’attaque contre la ville de      Ruhengeri le 23 Janvier 1991 : Le FPR a lancé une attaque de nuit contre la      ville de Ruhengeri, occasionnant un grand nombre de victimes et      d’importants dégâts matériels. Le FPR a ensuite ouvert les portes de la      prison de Ruhengeri, libérant plusieurs prisonniers et les enrôlant comme      combattants dans ses rangs. Il est également rapporté que durant la même      attaque, le FPR s’est livré à un important pillage de la ville et a jeté      400 personnes hors de leur domicile, avant de les forcer à transporter le      butin. Par la suite, le FPR a procédé à l’élimination de ces 400 civils      ainsi que de 100 autres  personnes  autour de la ville pendant      sa retraite vers la forêt des volcans. (Abdul J. Ruzibiza, Rwanda,      L’histoire secrète, 2005, p. 132)
  • Le massacre de Butaro en Mai      1992 : À      Rusasa, dans la commune de Butaro, en préfecture de Ruhengeri, le FPR a      attaqué à des personnes déplacées sur une petite île, dans les marécages      de Rugezi, détruisant leurs abris et tuant leurs chèvres et leurs moutons.      Au cours de cette attaque, 150 personnes auraient été assassinées.      (Témoignages recueillis auprès des témoins encore en vie)
  • Les célèbres massacres de      Ruhengeri et de Byumba le 8 Février 1993 : Le FPR a lancé une attaque      d’envergure dans plusieurs communes des préfectures de Ruhengeri et de      Byumba, tuant plusieurs personnes et causant des dégâts considérables sur      des biens publics et privés. Au cours de cette attaque, le FPR a tué au      total 24.400 personnes dans la préfecture de Ruhengeri et 15.800 personnes      dans la préfecture de Byumba. (James K. Gasana, Rwanda: du parti-État a      l’État garnison, 2002, p. 185)
  • L’assassinat politique du 18      Mai 1993 : On rapporte que c’est le FPR qui a  assassiné Emmanuel      Gapyisi, un éminent dirigeant politique originaire du sud et      vice-président du parti MDR. Il était l’un des leaders les plus      clairvoyants et les plus respectés du parti MDR. Son assassinat a écarté      un puissant opposant du FPR, car Gapyisi était très critique des méthodes      et des pratiques violentes de ce mouvement rebelle. Par ailleurs, c’était      un crime d’une témérité extrême, capable de précipiter le pays dans une      spirale de violence généralisée entre les gens du sud et ceux du nord,      surtout si les premiers venaient à soupçonner ces derniers d’avoir tué leur      homme. L’assassinat de Gapyisi fut parmi les premiers dans une vague      d’assassinats à travers tout le pays, visant des personnalités politiques      Hutu, dont des hommes d’affaires, des maires, des parlementaires, avant      d’aboutir à l’assassinat de Gatabazi et de  Bucyana, et culminant      enfin par celui du Président Habyarimana. Une enquête est indispensable      pour faire la lumière sur ces crimes une fois pour toutes.
  • Autres crimes et actes      terroristes : Au cours de l’année 1993, le Rwanda a connu une montée      fulgurante d’actes de banditisme armé, d’attaques à la grenade et      d’explosions de taxis minibus dans plusieurs régions du pays. D’après      plusieurs témoins crédibles, dont l’ancien officier du FPR le Lieutenant      Abdul Rizibiza aujourd’hui exilé en Norvège, ces actes étaient l’oeuvre de      membres d’un commando et d’agents d’espionnage appartenant tous au      « réseau du FPR », qui n’avaient d’autre mission que de semer la      violence et l’insécurité dans le pays pour le rendre ingouvernable, afin      de renverser le gouvernement et de s’emparer du pouvoir. (Abdul J.      Ruzibiza, Testimony of Abdul Ruzibiza, March 14, 2004)


IV. CRIMES DU FPR DU 1er JANVIER 1995  A  AUJOURD’HUI  (8 NOVEMBRE 2006)

Crimes de guerre, crimes contre l’humanité, et crimes de génocide du FPR (du 1er Janvier 1995 à aujourd’hui : 8 Novembre 2006) :

  • L’effroyable massacre de Kibeho      du 17 au 23 Avril 1995 : On estime à 4.000 le nombre total des personnes      massacrées sur les ordres du Général Major Paul Kagame quand les unités de      son armée ont simultanément ouvert le feu à tout hasard sur les hommes,      les femmes, les enfants et les vieillards, tous non-armés, dans le camp de      Kibeho qui abritait quelques 100.000 déplacés internes. Selon plusieurs      rapports, Paul Kagame, alors Vice Président et ministre de la défense,      avait installé son quartier général local dans Butare voisin en vue de      superviser de plus près les opérations de siège, puis de démantèlement      dudit camp. Il a fallu une nuit entière de travail ininterrompu pour      débarrasser les corps par camion en direction de la forêt de Nyungwe où      ils ont été brûlés en masse (pour des « raisons militaires et      sécuritaires » plusieurs zones du site avaient été entourées d’un      cordon de sécurité) avant que les journalistes, les observateurs      indépendants ainsi que les moniteurs onusiens soient autorisés par le FPR      d’avoir accès au site. (Paul Jordan, Witness to genocide – A Personal      Account of the 1995 Kibeho Massacre, 1998 ; Abdul J. Ruzibiza,      Rwanda, L’Histoire Secrète, 2005)

Ce massacre fort médiatisé a été perpétré en toute effronterie par le gouvernement du FRP, en présence du contingent zambien qui faisait partie du personnel militaire onusien ainsi que des responsables de divers ONG venus assister les déplacés, et plusieurs photos des massacres ont été prises et rendues publiques. Dès lors, la simple question qui se pose est de savoir pourquoi aucune enquête indépendante n’a été ouverte pour que les auteurs de ce forfait soient officiellement identifiés et punis ?

  • L’année 1996 : la plus meurtrière et celle      des massacres tristement célèbres des réfugiés rwandais au Zaïre      (l’actuelle République Démocratique du Congo) et de leur rapatriement      forcé : L’Armée Patriotique Rwandaise (APR) a lancé l’opération      probablement la plus génocidaire et la plus brutale de l’histoire moderne      en attaquant les immenses camps de réfugiés à Goma et à Bukavu au Zaïre,      où 1 à 2 millions de réfugiés rwandais avaient élu domicile.  Il y a      peu de doute qu’au sein de ces réfugiés se trouvaient des gens ayant      participé aux massacres ethniques au Rwanda 2 ans plus tôt. Mais l’Armée      Patriotique Rwandaise, choisissant de mettre coupables et innocents dans      le même lot, a tiré au hasard sur les camps et sur les foules de réfugiés      non-armés en débandade, surtout les femmes, les enfants et les vieillards      qui étaient les plus faibles et donc les moins à même de courir vite,      traquant plusieurs d’entre eux à l’intérieur de la forêt tropicale      zaïroise comme des bêtes sauvages, jusqu'aux villes lointaines de Tingi      Tingi et Mbandaka. De l’opinion générale, le nombre des réfugiés rwandais      qui ont péri dans toute cette opération est estimé à 400.000.      Parallèlement, l’Armée Patriotique Rwandaise a mis en marche l’une des      plus grandes opérations de rapatriement jamais entreprises, en refoulant      contre leur gré et par pont aérien, environs 700.000 réfugiés vers leurs      communes d’origine à l’intérieur du Rwanda. Ensuite, le FPR a procédé à      une longue et criminelle campagne d’extermination de ces rapatriés, au      terme de laquelle à peu-près 50% d’entre eux ne sont plus de ce monde. Ces      crimes affreux, au Zaïre comme au Rwanda, ont été exécutés sur les ordres      des chefs hiérarchiques de l’armée du FPR. (Témoignages recueillis auprès      des témoins encore en vie ; Marie Béatrice Umutesi, Fuir ou Mourir au      Zaïre : Le vécu d’une réfugiée Rwandaise, 2000)

En rapport avec ces massacres, le Centre International des Droits de

la Personne

et du Développement Démocratique (CIDPDD) et l’Association Africaine pour

la Défense

des Droits de l’homme en RDC (ASADHO), a tiré la conclusion suivante : «Il apparaît de façon pertinente que le gouvernement rwandais peut être tenu pour responsable des crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les actes de génocide », dans un document intitulé « rapport d’enquête de la commission internationale non-gouvernementale sur les violations des droits humains en RDC (ex-Zaïre) 1996-1998 », 1998, p.78. 

  • Le carnage au mariage de      Nyarutovu, la nuit du 18 au 19 Janvier 1997 : Dans la nuit du 18 au 19      janvier, 1997, l’armée du FPR a attaqué et tué tous les convives, y      compris les jeunes mariés et leurs parents, lors d’un mariage civil à      Nyarutovu en préfecture de Ruhengeri au nord, dans la résidence du Major      Laurent Bizabarimana. 50 personnes ont été collectivement abattues cette      nuit. Le Major Laurent Bizabarimana et sa famille n’étaient rentrés du      Zaïre que quelques mois auparavant lors du rapatriement forcé, et      devenaient ainsi victimes de la campagne brutale du FPR sur toute      l’étendue nationale visant l’élimination des «génocidaires » au sein      des milliers de rapatriés. (Témoignages recueillis auprès des témoins      encore en vie)
  • Les horreurs de la grotte de      Nyakimana, du 23 au 28 Octobre, 1997 : Des rapports existent selon      lesquels les militaires de l’APR ont poursuivi et massacré 8.000 civils      non-armés, surtout des femmes, des enfants, et des vieillards trop faibles      pour courir, qui s’étaient réfugiés dans la grotte de Nyakimana en commune      Kanama, pour se mettre à l’abri contre une violente pluie de tirs et de      bombardements aveugles de l’APR alors en cours dans la région. La réaction      immédiate de l’APR a été de larguer des grenades ainsi que d’autres engins      explosifs dans la grotte, avant de sceller complètement son ouverture au      moyen de rochers et de gravier pour que personne ne puisse s’en échapper.      (Amnesty International, The dead can no longer be counted, report,      December 1997)
  • Le massacre des Hutu à Kayonza      autour de Noël, du 23 au 25 Décembre 1998 : Dans les heures du soir le 23      décembre 1998, un passager est sorti d’un taxi minibus en provenance de      Kigali près de la localité de Nyagatare, et tout à coup il a sorti un      fusil et a tiré plusieurs coups dans l’air avant de disparaitre à toutes      jambes dans les collines avoisinantes de Ngarama. Le lendemain, les      populations locales se sont réveillées sur des barrières routières à      Kayonza et à Musha, ainsi que sur de grandes opérations de rafles      militaires dans les communes voisines de Ngarama, Muvumba, Murambi,      Kayonza, et Bicumbi. Tous les taxis en direction et en provenance de      Kigali étaient arrêtés et scrutés méthodiquement pour en sortir tous les      passagers Hutu, ensuite les taxis pouvaient alors reprendre le voyage. Les      malheureux Hutu étaient immédiatement exécutés sur place au moyen de      fusils ou de petites houes usagées, avant d’être chargés sur des camions à      destination du Mutara où des fours crématoires fonctionnant à plein régime      les attendaient. Plus tard, leurs cendres étaient dispersées dans la forêt      steppique du Parc National de l’Akagera. Les estimations portent à 5.000      le nombre total des victimes innocentes exterminées au cours de cette      opération macabre de 2 jours, et parmi elles figurait le cousin direct      d’un des témoins. (Témoignages recueillis auprès des témoins encore en      vie)
  • Les campagnes de représailles      impitoyables contre Abacengezi (1997-2000), et l’épuration ethnique de la      région du Mutara (1995 et après) : A partir de 1997 jusqu’en      2000, le FPR a fait face à une flambée de raids transfrontaliers en      provenance de

    la RDC

         menés par les derniers éléments de l’ancienne armée nationale      s’identifiant sous le nom d’ « Abacengezi », c’est-à-dire      « spécialistes en incursions ». A chacune de leurs attaques, la      réaction de l’APR était d’orchestrer une répression militaire impitoyable      sur les populations civiles, surtout dans les préfectures de Ruhengeri et      de Gisenyi dans le nord-ouest du pays, comme seul moyen de briser      l’insurrection fortement alimentée par beaucoup d’éléments originaires de      ces régions. Au total, plus de 50.000 personnes ont été massacrées dans      plusieurs communes de ces 2 préfectures de 1997 à l’an 2000. En même      temps, une partie des forces du FPR s’est rabattue sur la région du Mutara      au nord-est pour parachever la sale besogne d’épuration ethnique des Hutu      entamée lors des campagnes précédentes. C’est ainsi donc que l’APR a      décimé tous les Hutu natifs de la région, sans épargner les autres Hutu      qui avaient immigré en provenance d’autres régions du pays à la recherche      de nouvelles terres et de nouveaux emplois dans les années 60, 70 et 80.      La région du Mutara en est devenue aujourd’hui le nouveau Tutsi-land épuré      du Rwanda, entièrement parsemé de fermes et de ranches à bovins      appartenant aux seuls éleveurs Tutsi. Plusieurs rapports indiquent qu’il      s’y est installé un élevage intensif caractérisé par une recherche      effrénée de pâturages, entraînant des activités  d’empiètement grave      sur le Parc National de l’Akagera voisin, et détruisant l’écosystème      de la région ainsi que l’habitat naturel de plusieurs espèces d’animaux      sauvages. (Témoignages recueillis auprès des témoins encore en vie)

V. AUTRES CRIMES PRÉSUMÉS DU FPR

  • Le crime de refuser aux malades      le droit d’accès au traitement médical à l’étranger : Depuis sa prise du pouvoir en      juillet 1994, le FPR a mis en place une politique criminelle de refuser      systématiquement le visa de sortie, en guise de punition, à toute personne      jugée indésirable pour plusieurs raisons, qui en a besoin pour un      traitement médical à l’étranger. Il s’agit essentiellement de gens qui ont      osé critiquer soit le gouvernement, soit l’armée, ou tout simplement ceux      qui sont considérés comme des opposants, etc. L’un des cas les plus      frappants est celui de Père André Sibomana, ancien rédacteur-en-chef      du journal indépendant Kinyamateka,      et ancien responsable intérimaire du diocèse de Kabgayi après l’assassinat      de son évêque Mgr Thaddée Nsengiyumva en juin 1994. Il était défenseur      invétéré de la justice sociale et activiste des droits de l’homme, connu      pour son éditorial qui dénonçait toujours les abus du régime du FPR. Il ne      lui a jamais été permis d’aller se faire soigner auprès d’un expert      médical à l’étranger, et il a succombé au terme d’une longue maladie à son      jeune âge de 43 ans à Kabgayi le 7 mars 1998. Le Dr Jean Bagiramenshi,      médecin vétérinaire qui avait travaillé comme agent de l’Etat et plus tard      comme expert consultant de

    la Banque Mondiale

    , est une autre victime      connue de cette politique du FPR. Il a souffert de multiples affections, y      compris le disfonctionnement des reins et la goutte, et aurait eu      également des problèmes de foie. A maintes reprises, il lui a été refusé      d’aller se faire soigner chez des experts médicaux en dehors du Rwanda à      ses propres frais, et lorsque sa dernière demande a été approuvée, c’était      trop tard. Il est mort en Belgique en 2005. Des enquêtes doivent être menées      pour déterminer le nombre de personnes qui ont été victimes de cette      politique criminelle.  (Témoignages recueillis auprès des témoins      encore en vie)
  • Les escadrons de la mort du FPR      à la chasse aux opposants à l’intérieur et à l’extérieur du Rwanda :  Le 5 mars 1998, Seth      Sendashonga, ancien ministre rwandais de l’Intérieur a été assassiné à      Nairobi au Kenya; le 6 octobre 1996, le Colonel Théoneste Lizinde  et      l’homme d’affaires Augustin Bugirimfura ont été assassinés à Nairobi; dans      la nuit du 14 au 15 février 1999, l’ancien Directeur Général de

    la Banque Continentale

         Africaine au Rwanda (BACAR),  Pasteur Musabe, a été assassiné à      Yaoundé au Cameroun. A l’intérieur du Rwanda, l’ancien président du      Conseil d’Etat, Vincent Nsanzabaganwa, a été assassiné  le 14 février      1997. L’ancien conseiller  à

    la Présidence

    de

    la République

    , Assiel      Kabera, a été abattu le 5 mars 2000. Le 7 avril 2003, l’honorable député      Léonard Hitimana a été assassiné, et aucune enquête n’a été conduite. Deux      semaines plus tard, le 23 avril 2003, le Colonel Augustin Cyiza a été      kidnappé et tué. Edouard Mutsinzi, ancien Rédacteur-en-chef du      journal Le Messager à      Kigali a été kidnappé, et passé à tabac. Ses côtes ont été brisées, ses      yeux arrachés et son cerveau sérieusement endommagé à telle enseigne qu’il      mène une vie végétative en Belgique. Toutes ces victimes, soit avaient      critiqué le gouvernement, soit étaient perçues comme des témoins      potentiellement gênants en possession de grands secrets d’Etat. Les      rapports existant mettent tous ces crimes et beaucoup d’autres encore sous      la responsabilité des membres de l’escadron de la mort du FPR dont la      mission est de mener à bien la sale besogne contre les opposants du FPR se      trouvant dans les différentes capitales du monde. Ces crimes doivent être      soumis aux enquêtes et les responsables doivent être traduits en justice.
  • L’utilisation cruelle et      inhumaine des prisonniers dans les opérations de déminage : Il a été révélé que le FPR      aurait envoyé des prisonniers à une mort certaine en les forçant à courir      dans des zones soupçonnées d’être parsemées de mines anti-personnelles que      ses propres combattants ainsi que ceux de l’armée déchue ont laissées      derrière, spécialement dans la région du Bugesera. Ces allégations doivent      être soumises aux minutieuses enquêtes en vue d’engager des poursuites      judiciaires contre les responsables. (Témoignages recueillis auprès des      témoins encore en vie)
  • Le traitement cruel et inhumain      et l’exploitation des prisonniers rwandais dans la guerre du Congo au      profit du Président Rwandais Paul Kagame :  Pendant la guerre du      Congo et l’occupation par l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) de l’est de

    la République       Démocratique

    du Congo, il a été souvent rapporté que des      prisonniers rwandais étaient envoyés en première ligne du front d’une      violente guerre d’occupation et  d’exploitation de

    la République       Démocratique

    du Congo. D’autres innombrables rapports      ont fait état de centaines ou même de milliers de prisonniers rwandais qui      auraient été envoyés dans les zones occupées par l’APR au Congo pour des      travaux forcés dans l’extraction de minerais, en l’occurrence le coltan,      l’or et le diamant, pour le compte des cadres supérieurs militaires de      l’APR, en commençant par le  Président Paul Kagame lui-même. Il      s’agit là d’une violation flagrante des lois internationales en matière de      traitement des prisonniers et d’un acte ignoble de fouler aux pieds la      dignité humaine. Une investigation complète et une poursuite judiciaire      des auteurs de ces crimes s’avèrent légitimes. (Témoignages recueillis      auprès des témoins encore en vie)

VI. OBSERVATIONS FINALES

  • A la sortie du présent condensé des crimes      commis par le Président du FPR et par des éléments de son armée, je      m’attends à un torrent d’accusations farfelues, sans aucune preuve, selon      lesquelles je suis « révisionniste et négationniste du génocide      rwandais », et «je fais la propagande du divisionnisme et de      l’idéologie génocidaire». La communauté internationale doit se pencher      sérieusement sur la question d’une pareille politique de diabolisation,      qui dans plusieurs cas finit par se transformer en  persécution pure      et simple, et qui vise tous les opposants réels et supposés, les      défenseurs de la justice sociale, et ceux qui critiquent l’action du      gouvernement du FPR en matière de droits humains, et prendre des mesures      appropriées.
  • Le présent condensé a été conçu dans un effort      de documenter les crimes accablants les plus rapportés et d’autres qui le      sont moins, qui ont été perpétrés par l’organisation du FPR à la fois en      tant que groupe rebelle et gouvernement à dominance Tutsi, en vue de      souligner sa part de responsabilité dans toute la tragédie rwandaise. Même      s’il cherche à mettre l’accent sur les victimes Hutu apparemment jetées      dans les oubliettes, ce document n’a aucunement la moindre intention de      minimiser de quelque manière que ce soit les préjudices graves subis par      les victimes Tutsi et Twa du génocide rwandais. Tous les fils et filles du      Rwanda, voire les étrangers qui ont péri dans cette tragédie, ont été une      terrible perte pour l’humanité qui doit assumer à leur égard le même      devoir de deuil et de mémoire, quelle que soit leur appartenance ethnique      ou raciale.  Nous avons besoin de savoir avec certitude qui a      massacré les populations du sous-clan Tutsi des Bagogwe de Gisenyi entre      1991 et 1992. Nous avons besoin de savoir avec certitude qui a massacré      les Tutsi Banyamulenge et les Tutsi Bagobwe qui avaient trouvé refuge au      camp de Mudende en août, novembre et décembre 1997. Nous avons besoin de      savoir avec certitude qui a tué les touristes Américains, Britanniques,      Australiens et Nouvelle-Zélandais en 1999 au Park National de Bwindi en      Uganda. Qui a tué les volontaires Espagnols au Rwanda en 1997 et au Congo      dans les années suivantes ; qui a kidnappé, mutilé et tué l’ancien      ministre rwandais Juvénal Uwiringiyimana au mois de décembre 2005 avant de      larguer son corps dans un canal de Bruxelles ? Etait-il ou non une      autre victime de l’escadron de la mort du FPR  en Europe comme cela a      été l’objet de suspicion ? L’objectif général de ce document est de      faire dissiper le grand nuage de mystère et de secret qui enveloppe la      tragédie rwandaise. Il s’agit de combattre la culture de l’impunité et      ramener une justice équitable au Rwanda: quiconque a tué un Tutsi doit      payer le prix de son forfait ; quiconque a tué un Hutu,      également ; quiconque a tué un Twa, pareil ; il en est de même      pour celui qui a tué un étranger, il doit en payer le prix.
  • L’actuel Président rwandais Paul Kagame est      généralement considéré comme étant derrière l’attentat mortel contre      l’avion du Président Juvénal Habyarimana dans la nuit fatidique du 6 avril     

    1994. A

         cet égard, il est suspecté d’être le déclencheur du génocide rwandais de      1994 et l’architecte du génocide d’après 1994. Kagame rejette      catégoriquement ces allégations. Cependant, la meilleure façon de réfuter      les charges qui pèsent contre lui et blanchir son nom de tout soupçon une      fois pour toutes serait de permettre la mise en place d’une enquête      indépendante pour faire toute la lumière sur ces crimes. Il est bien      évident que Kagame ne demandera jamais qu’une telle enquête soit faite,      puisqu’il sait très bien qu’il est coupable. C’est pour cette raison que      nous demandons aux Nations Unies de mandater le Tribunal Pénal      International sur le Rwanda pour enquêter aussi sur les périodes non      couvertes par le mandat actuel.
  • Les préfectures de Byumba et Ruhengeri n’ont pas      connu les vagues de tueries génocidaires qui ont engouffré le reste du      pays en avril 1994, puisqu’elles étaient déjà sous contrôle du FPR.      Pourtant, la grande majorité des familles qui habitent actuellement dans      ces régions (à peu près 80% de tous les habitants de ces régions) sont des      veuves et des orphelins, qui racontent des histoires accablantes de la      mort de leurs maris et de leurs pères tués par le FPR. Le gouvernement du      FPR a refusé aux Organismes Non-gouvernementaux (ONG) l’entrée dans ces      zones pour assister ces familles gérées par des veuves à se relever, et à      réparer le tissu nucléaire familial et le tissu social qui ont été complètement      détruits. Les familles de ces régions qui avaient un membre dans l’armée      du gouvernement déchu ont été ciblées de façon spéciale et ont été les      plus durement frappées par le FPR. La simple question qui se pose est      celle-ci : pourquoi la communauté internationale est-elle restée      jusqu’ici aveugle face à une telle brutalité flagrante contre la vie      humaine ? Depuis 1990 jusqu’en 1994, 400.000 personnes tuées ont été      recensées dans ces régions. Qui les a tuées ?
  • Beaucoup de rapports ont largement circulé selon      lesquels les membres de l’aile extrémiste du FPR à Kigali et dans d’autres      grandes villes avaient de larges dépôts d’armes dans leurs résidences, et      avaient creusé des fosses très profondes dans leurs jardins quelques mois      avant le génocide. Quel était l’objet de ces dépôts d’armes et de ces      fosses ? Il a également été rapporté que durant la période de      cessez-le-feu d’avant avril 1994, beaucoup de jeunes miliciens du FPR ont      reçu un entraînement intensif sur le maniement des armes à feu dans les      enceintes de l’immeuble du Conseil National de Développement (CND) qui      abritait le bataillon du FPR, et au quartier général du FPR à Mulindi. Ce      n’est un secret pour personne qu’au même moment où le parti MRND avait les      milices Interahamwe, le parti MDR avait les milices JDR (

    la Jeunesse

    pour

    la Démocratie       Républicaine

    ) et le parti PSD avait les milices      Abakombozi, de son coté le FPR entretenait sa propre milice qui a      d’ailleurs causé autant de dégâts que les autres milices. Une enquête      indépendante est nécessaire sur ces faits, et des témoins sont disponibles      pour témoigner ouvertement.
  • Les massacres qui ont eu lieu au Rwanda en 1994      ont été qualifiés de génocide. Aujourd’hui, au Darfur, les tueries sont      dénoncées comme étant des actes de génocide.  Pourtant, les tueries      massives qui ont eu lieu au Zaïre depuis 1996 jusqu’en 2001, et qui ont      emporté plus de 4 millions de vies humaines innocentes, n’ont pu être      qualifiées que de tueries, tout simplement. Où est la logique des      choses? Une partie des auteurs du génocide rwandais ont été punis, et tout      semble indiquer que les auteurs du génocide du Darfur le seront également,      puisque la mise en place du Tribunal Pénal International pour le Darfur      est en cours. C’est vraiment une bonne chose. Mais quand aurons-nous le      Tribunal Pénal International pour le Congo ? Quand les responsables      des massacres du Zaïre seront-ils poursuivis ? A défaut de qualifier      de génocide les massacres du Zaïre, peut-on au moins punir leurs auteurs?      Il existe des pays dont la population totale n’atteint même pas 4 million      d’habitants. Comment donc peut-on massacrer un si grand nombre de      populations et continuer de vivre en toute liberté le reste de sa      vie ? Pour notre part, nous savons sans aucun doute que ce sont les      forces du FPR qui ont commis ces atrocités. Vous, la communauté      internationale, pouvez-vous nous révéler celui que vous tenez pour      responsable de ces massacres à grande échelle ? Aux mêmes maux, les      mêmes remèdes.
  • Actuellement, plus de 50% des détenus au Rwanda      n’ont pas de dossier criminel à leur charge, mais continuent à croupir      dans les prisons, à l’écart de toute vie active. Le gouvernement maintient      ces détenus en vie au moyen de maigres rations qui nécessitent des      provisions complémentaires venues de leurs familles, sinon ils meurent de      faim – c’est-à-dire quand ils ne meurent pas de torture qui sévit sous      plusieurs formes à l’intérieur des centres de détention partout dans le      pays et dans plusieurs endroits cachés réservés à cet effet. Dans la      plupart des cas, les femmes, y compris celles qui sont hautement éduquées,      ne sont plus capables de garder leur emploi rémunéré, car elles ont besoin      d‘au moins deux à trois heures par jour pour nourrir leurs maris en      détention. Aucun employeur n’acceptera de leur accorder de telles absences      journalières. Cela veut dire que pour 100,000 hommes mariés et en prison,      il y a 100,000 femmes sans emploi, ce qui équivaut à 200,000 personnes qui      ne contribuent plus activement au développement économique du pays. Avec      en moyenne 4 enfants par foyer rwandais, il s’agit au total de 400,000      enfants au niveau national, dépourvus de guide parental et sans éducation      suite au manque de frais de scolarité. Et tout d’un coup, l’image sinistre      de l’héritage du régime du FPR se profile avec netteté : la      paupérisation et l’illettrisme de toute une génération de Rwandais. Si      ceci ne constitue pas en soi un acte de génocide, alors le génocide      n’existe pas. A franchement parler, il y a cinq principaux facteurs de      génocide: un mauvais leadership, une mauvaise presse, la culture de      l’impunité, la pauvreté, et le manque d’éducation.  Actuellement,      tous ces cinq facteurs de génocide sont en place au Rwanda. Bref, le      comble de l’injustice au Rwanda peut se résumer de cette manière: beaucoup      de civils innocents de l’ethnie Hutu sont en prison, au moment où tous les      éléments criminels du FPR sont en liberté. Devant une telle situation, où      sont les Nations Unies ? La réconciliation n’est possible dans aucune      nation où une partie de la population beigne dans l’opulence au détriment      d’une autre complètement assujettie.
  • Joseph Matata, un fervent défenseur rwandais des      droits de l’homme qui dirige le Centre      de Lutte Contre l’Impunité au Rwanda dont le siège est à      Bruxelles, a annoncé que près de 100 officiers militaires des ex-Forces      Armées Rwandaises (FAR) sont en détention dans la prison militaire de      Kibungo depuis avril

    1999.       A

    peu près 37 autres officiers militaires des      ex-FAR sont portés disparus, tandis que beaucoup de leurs camarades      d’armes ont été exécutés sommairement [Rapport      du 14 avril 1999]. Les partis politiques      « officiellement » reconnus au Rwanda fonctionnent actuellement      sous la tutelle du fameux “Forum des Partis” où le FPR règne en maître      absolu. Dans cette optique, une question se pose : Les Accords de      Paix d’Arusha, pourtant accouchés dans la douleur en août 1993 entre les      rebelles du FPR et le gouvernement rwandais d’alors, et qui appelaient à      la fusion des armées des deux parties belligérantes et à la liberté de      l’activité politique, auraient-ils encore une quelconque      importance ?
  • Contrairement aux assertions du FPR, il n’y a      pas de paix au Rwanda. Ceci explique pourquoi beaucoup trop de Rwandais      continuent de prendre le chemin de l’exil vers les pays étrangers,       et se voient octroyer sans difficulté le statut d’asile et de      réfugié. Jusqu’à quand le FPR utilisera-t-il le génocide comme      prétexte pour étouffer la démocratie et asseoir la dictature la plus      prédatrice jamais connue jusqu’ici ? L’opposition politique est      complètement muselée. Pour combien de temps encore le peuple rwandais      acceptera-t-il de subir silencieusement une mort lente ?      L’ancien Président de

    la République Pasteur

    Bizimungu et ses      collaborateurs, notamment Charles Ntakirutinka, pourrissent en prison pour      avoir créé un parti politique. En toute vérité, les prisonniers      politiques, les prisonniers d’opinion, les prisonniers de la haine, les      prisonniers de race, etc., sont légion au Rwanda. L’on peut citer      notamment le Colonel Stanislas Biseruka, le journaliste Dominique Makeri,      et le Colonel Patrick Karegeya. Vous, le TPIR, dont le mandat original      était entre autres de réconcilier le peuple rwandais, quel sera votre      héritage pour le Rwanda à l’échéance de votre mandat ?
  • Le récent assassinat brutal de beaucoup d’hommes      d’affaires dont Fulgence Nsengiyumva de Gitarama, âgé de 49 ans, le 16      août 2006 par le gouvernement du FPR, doit être condamné sans réserve. Sa      femme est persécutée pour avoir réclamé leur camion injustement confisqué,      et leurs cinq enfants innocents seront traumatisés pour le reste de leur      vie. Les récentes arrestations, les fouilles et les mises à nu incessantes      de vielles femmes en plein jour sur les places publiques par la police du      FPR comme une arme d’ humiliation en vue de forcer toutes les femmes aux      pieds nus de ne plus jamais pointer le pied dans un marché public, sont      odieux et doivent être condamnés avec la dernière énergie. La campagne en      cours visant l’expulsion des cyclistes et des motards de toutes les      villes, surtout Kigali, tout comme la campagne de destruction de      bananerais, constituent des actes de déprédation économique contre le      peuple rwandais par le gouvernement du FPR et ne mèneront qu’à l’inanition      certaine de la masse populaire. Ils doivent être condamnés avec véhémence.      La campagne en cours visant à expulser de la ville de Kigali tous les      pauvres, tous les orphelins du SIDA, toutes les veuves de guerre et tous      les invalides de guerre, est criminelle. Elle a d’abord commencé comme un simple      souci d’éloigner de la ville enfants de la rue dont pourtant la plupart      sont des orphelins de guerre et de génocide. Ce fut ensuite le tour      des  va-nu-pieds, ensuite ceux qui portent des sandales et des      babouches, ensuite les piétons, ensuite les cyclistes, et enfin les      motards. Qui va suivre ? Il se dessine clairement un modèle      d’exclusion criminelle qu’il faut absolument condamner. Mais l’autre      vérité, c’est que cette campagne dissimule une tentative vide de sens des      dirigeants du FPR de faire miroiter aux yeux des visiteurs et des      donateurs l’image trompeuse selon laquelle le Rwanda en général et Kigali      en particulier seraient bien gérés pour mériter davantage de subsides      d’aide au développement. L’expulsion de ces pauvres gens de la ville sans      tenter d’extirper les causes premières de leur misère, trahit, non sans      ironie, une approche au développement qui évoque la notion classique      d’étalage en vitrines, de sépulcre blanchi, et de tirage de rideau sur des      questions pertinentes, sans que cela puisse en rien venir en aide à un      quelconque rwandais pauvre. Cela ne pourra pas duper non plus un seul pays      donateur étranger. La simple question à poser aux Nations Unies est donc      la suivante: pourquoi les Rwandais sont-ils pris pour des jouets,      persécutés et tués de la sorte par leur propre gouvernement  et rien      n’est fait à cet égard ?
  • Finalement, en quoi consiste l’immunité      présidentielle ?  Elle semble consister en ceci qu’on peut tuer      tous les gens que l’on veut et à sa guise sans s’inquiéter le moindrement      du monde sur d’éventuelles conséquences, pour aussi longtemps qu’on est      président de tel ou tel autre pays ! Nous sommes bien au 21ème      siècle, et assurément l’humanité est capable de  concevoir de      meilleures lois.

VII. CONCLUSION GÉNÉRALE

La présente liste des crimes du FPR est loin d’être exhaustive. Il existe des rapports faisant état de crimes innombrables du FPR avant l’année 1994, au cours de l’année 1994, et après l’année 1994, tels qu’il n’a pas été possible de les inventorier tous dans le présent document. A titre d’exemple, dans la petite ville de Muhura à l’est du pays, alors que le FPR venait d’entamer la marche finale sur Kigali au printemps de 1994, le Général Paul Kagame aurait non seulement ordonné à ses hommes de tirer sur des foules de populations déplacées par la guerre, mais les aurait lui-même personnellement arrosées de balles à l’aide de sa mitrailleuse. Une enquête sur ce massacre s’impose, et les témoins sont prêts à tout raconter.

Actuellement, il se passe sur tout le territoire national un crime généralisé et sponsorisé par le gouvernement du FPR contre une grande partie de la population rwandaise, particulièrement les Hutu, sous la forme des fameux Tribunaux Gacaca. Il s’agit en réalité d’une tentative du gouvernement du FPR d’incriminer le plus grand nombre possible de rwandais en leur collant l’étiquette de « tueurs » ou de « génocidaires », les reléguant  ainsi au ban de la société en en faisant une caste de citoyens de deuxième classe, autrement dit des « intouchables ». Les procès Gacaca sont une tradition rwandaise séculaire de l’ordre des délits mineurs dont le but était justement de trancher de simples disputes comme des vols de vache(s), de chèvre(s) ou de poule(s), ou alors de petits différends fonciers entre voisins. Par sa nature, un procès Gacaca ne requiert pas que juges et jurés aient une formation et des diplômes universitaires pour siéger avec compétence, au-delà du simple bon sens. En revanche, le crime de génocide dans sa nature est d’un degré de gravité tel qu’il ne peut pas être proprement décidé dans un procès Gacaca par des juges et des jurés à peine lettrés sans qu’il soit banalisé.

Le système judiciaire en place au Rwanda veut que les détenus fassent un aveu d’homicide en échange d’une libération éventuelle. Après la libération, les détenus comparaissent devant un tribunal Gacaca de leur ressort et doivent non seulement confesser et expliquer leurs crimes, mais aussi dévoiler et dénoncer d’autres criminels. Sans quoi, leur déposition est qualifiée de demi-confession inacceptable sanctionnée par le retour en prison. Dans d’autres cas, on introduit comme par enchantement des témoins à charge pour  des crimes que les accusés n’ont jamais commis. Manifestement, il y a, de la part du gouvernement du FPR, un effort indéniable d’humilier et d’exterminer toute une race. Moi, Paul Rusesabagina, je connais personnellement des cas précis où il en a été ainsi. La communauté internationale est interpellée pour qu’elle condamne un tel système odieux et exige son abolition immédiate.

En résumé, voici la triste réalité du problème rwandais : le génocide et les autres crimes commis à partir du 1er octobre 1990 jusqu’au 5 avril 1994, le génocide et les autres crimes commis du 6 avril 1994 au 4 juillet 1994, et le génocide et les autres crimes commis du 5 juillet 1994 à l’heure actuelle, étaient et restent le résultat d’une confrontation féroce entre d’un coté les extrémistes Hutu qui détestaient les Tutsi minoritaires et voulaient les éliminer au moyen de machettes, lances et gourdins, grenades, et mitrailleuses, et d’un autre coté l’armée du FPR qui détestait et déteste encore les Hutu, et voulait et veut toujours les tuer en masse au moyen de mitrailleuses, grenades, petites houes usagées, fosses communes, fours d’incinération, ligotages, et des disparitions organisées. Alors que les meneurs du premier groupe ont été arrêtés et poursuivis en justice par le TPIR, les barons du deuxième conservent leur liberté et jouissent d’une impunité totale.

C’est là le noyau de la triste réalité de la tragédie rwandaise, et tant qu’il n’y aura pas de justice équitable pour résoudre ce différend fondamental, la paix et la réconciliation entre rwandais resteront irréalisables pendant plusieurs années encore.

La justice équitable est une condition sine qua non de la réconciliation. Tous les peuples du monde, les rwandais y compris, ont un droit inaliénable à la vie, à la démocratie, et à la liberté. Tout effort visant à réconcilier le peuple rwandais sans passer par un dialogue franc, honnête, et sincère aboutira toujours au même résultat : les confrontations interethniques.

En dernière analyse, les Nations Unies, le TPIR, et l’humanité toute entière, nous avons tous ensemble écrit notre nom dans le recueil de l’histoire de la tragédie rwandaise. Avant la colonisation, le Rwanda était divisé entre maîtres et esclaves. Après la colonisation, le Rwanda s’est retrouvé plus divisé qu’avant. De 1990 à l’heure actuelle, les divisions entre rwandais ont atteint leur comble. Dès lors, où va la société rwandaise ? Sommes-nous vraiment sûrs d’avoir épuisé toutes les possibilités de faire régner au Rwanda la paix et la réconciliation véritables, afin que l’histoire se montre clémente à notre égard quand viendra l’heure des comptes ?

Rwanda-info.net © RWANDANET 2007

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Le père Wenceslas jugé en France ?

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La France "n'a pas d`autorité morale" pour juger des accusés du TPIR (Kigali)
Arusha(Tanzanie), 23/06

La France "n`a pas d`autorité morale pour juger une affaire dans laquelle ses propres autorités, politiques et militaires, sont co-accusées", a déclaré samedi le représentant de Kigali auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
Le procureur en chef du TPIR, Hassan Bubacar Jallow, a déposé la semaine dernière des requêtes demandant aux juges de l`autoriser à renvoyer devant la justice française les dossiers de deux accusés exilés en France, l`abbé Wenceslas Munyeshyaka et l`ex-préfet de Gikongoro (sud du Rwanda) Laurent Bucyibaruta.

La France "n`a pas d`autorité morale pour juger une affaire dans laquelle ses propres autorités, politiques et militaires, sont co-accusées", a affirmé à l`AFP le représentant du gouvernement rwandais auprès du TPIR, Aloys Mutabingwa, joint par téléphone depuis Arusha, où siège le TPIR.

"Il y a un principe naturel de justice qui interdit à toute personne d`être juge et partie dans sa propre affaire", a-t-il dit, affirmant qu`"il y a des preuves qui montrent une conspiration entre la France et le régime génocidaire (rwandais) mis en place par la France elle-même" en 1994.

"Après le génocide, les autorités françaises ont continué à couvrir leurs complices génocidaires en leur permettant d`entrer et séjourner en France", a-t-il accusé, affirmant que Paris a rejeté "toutes les requêtes en vue de les arrêter et les transférer au TPIR".

Le père Wenceslas jugé en France ?

La Libre Belgique
Mis en ligne le 22/06/2007

Le TPIR a rendu public son dossier d'accusation, tenu secret depuis deux ans. Kigali s'indigne du projet prévoyant de le faire juger par la justice française.

Les autorités judiciaires françaises ont accepté, à la demande du procureur du tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), de juger deux Rwandais accusés de génocide et réfugiés en France. Cette demande requiert cependant encore l'accord d'une chambre du TPIR. Elle résulte de l'obligation, pour celui-ci, de terminer tous ses procès en première instance pour la fin 2008, ce qui le pousse à faire juger certains accusés par des tribunaux nationaux.

Le père Wenceslas

Du coup, le TPIR a rendu publics, cette semaine, les actes d'accusation contre deux personnes dont on ignorait jusqu'ici qu'elles étaient poursuivies. Il s'agit du père Wenceslas Munyeshyaka, dont l'acte d'accusation, resté secret, avait été rédigé en juillet 2005. Le second est l'ex-préfet de Gikongoro, Laurent Bucyiabaruta.

Le père Wenceslas est un personnage très connu de la tragédie rwandaise. Ayant fui le Rwanda pour le Zaïre lors de la victoire du Front patriotique contre les génocidaires, il fut accueilli en France dès octobre 1994, comme diacre d'une paroisse ardéchoise. Très vite, des jeunes Rwandaises l'accusent d'avoir, durant le génocide, abusé de sa position de vicaire de la paroisse Sainte-Famille, où s'étaient réfugiés des centaines de Tutsis, en exigeant leurs faveurs sexuelles en échange de sa protection; celles qui refusaient ses avances étaient livrées aux milices extrémistes hutues.

Le TPIR l'accuse de génocide, viol, assassinat et extermination. On lui reproche le viol, entre avril et juin 1994, de quatre Tutsies dans son presbytère; d'avoir aidé et encouragé les milices extrémistes hutues Interahamwe à commettre des viols, donné l'ordre de commettre des assassinats et assassiné lui-même trois Tutsis.

Kigali indigné

Le procureur général du Rwanda, Martin Ngoga, s'est indigné de la démarche du TPIR : Kigali considère Paris comme complice du génocide, pour avoir appuyé et armé le gouvernement génocidaire en 1994.

En outre, depuis 1995, des plaintes ont été déposées en France contre l'abbé, sans autre suite que 15 jours de prison pour lui en août 1995.

M.F.C. (avec Hirondelle) La Libre Belgique ©  2007

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Me De Temmerman veut réinterroger des témoins !

de_temermmanMe De Temmerman veut réinterroger des témoins !
lundi 25 juin 2007

Le procès Ntuyahaga a repris ce matin du lundi 25 juin. La présidente, de la cour Mme Karin Gérard avait dû être hospitalisée en raison d’une appendicite. L’audience a été rapidement interrompue parce que l’avocat de la défense avait exprimé le souhait de poser des questions aux témoins Marchal, Dewez et van Winsen alors que ceux-ci ont déjà été entendus.

Les avocats des parties civiles et le ministère ont trouvé cette demande saugrenue puisque le procès est maintenant à la phase des plaidoiries.

Me Uyttendaele, un des avocats des parties civiles, a réagi à cette requête en disant qu’il n’avait pas l’habitude de plaider alors que des éléments nouveaux pouvaient être introduits dans le dossier par l’autre partie.

Avant l’interruption de l’audience, la présidente a fait la lecture de documents divers, notamment le rapport de l’autopsie du colonel Laurent Nubaha, décédé un après que la défense du major Ntuyahaga l’ait fait venir en Belgique pour témoigner. D’après le rapport, M. Nubaha est décédé d’une crise d’épilepsie due à une combinaison de facteurs à risques létal : coronaropathie nodulaire, obésité et cirrhose du foie due à une hépatite ou à l’abus d’alcool.

 

© NKB 25/06/2007

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Wenceslas Munyeshyeka, prêtre rwandais réfugié en France depuis le génocide relance la tension entre Kigali et Paris

 

pretre_rwandaisRWANDA/FRANCE
Un prêtre rwandais, nouveau sujet de tension entre Paris et Kigali.

Arusha, 23 juin (FH) -  La demande de transfert à la justice française de l’acte d’accusation devant la justice internationale de Wenceslas Munyeshyeka, un prêtre rwandais réfugié en France depuis le génocide, risque de relancer la tension entre Kigali et Paris.

Le Rwanda et

la France

ont déjà rompu leurs relations diplomatiques depuis la fin de l’année 2006 après la parution des conclusions de l’enquête du juge francais jean Louis Bruguière qui a incriminé le président Paul Kagame et mis en examen neuf de ses proches.

Dés l’annonce de la demande de transfert devant la justice francaise de l'acte d'accusation de Munyeshyaka, le procureur général du Rwanda, M. Martin Ngoga s’est déclaré surpris qu’on puisse confier à

la France

le soin de juger un homme qui y est réfugié. L’ambassadeur rwandais auprès du TPIR, Aloys Mutabingwa, a pour sa part estimé que

la France

n’avait aucune “autorité morale” pour « juger une affaire dans laquelle ses propres autorités (politiques et militaires) sont co-accusées ». Elle ne peut, ajoute-t-il, être juge et partie.

A Kigali, où Munyeshyaka, plus connu sous le nom de père Wenceslas, était vicaire de la paroisse de

la Sainte Famille

, au centre de la ville, il a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité. Dés 1995 il a été inscrit sur la liste rwandaise des personnes suspectées d’avoir pris part au génocide. Malgré cela, il a toujours recu l'appui de l'église catholique et officie dans une paroisse de Normandie.

Quelques mois après son arrivée en France, alors qu'il avait été nommé dans une paroisse de l'Ardèche, Munyeshyeka a fait l’objet d’une information judiciaire. Mais en 1996, la cour d’appel de Nimes a abandonné les poursuites, estimant que la justice française n’était pas qualifiée. En Janvier 1998 la cour de cassation est revenue sur cet arrêt et ordonné la reprise des poursuites. L’enquête regroupée à Paris ainsi que d’autres instructions sur le génocide, n’a donné lieu à aucun acte juridique, interrogatoire ou autre.

Et pour cause : depuis juillet 2005 le TPIR, qui bénéficie d’une primauté des poursuites, a lancé un acte d’accusation qui est resté sous scellés. Deux autres actes d’accusation étaient restés ainsi secrets, ils visent un détenu en fuite dont l’arrestation et le jugement ont été confiés au Rwanda et Laurent Bucyibaruta, l’ancien prefet de Gikongoro, également réfugié en France et dont le cas fait également l’objet d’une requête de transfert vers

la France.

Les deux hommes ont en outre fait l’objet de mandats d’arrêt lancés par le TPIR en fin de semaine. Ces transferts d’accusés expressément visés par le TPIR sont régis par l’article 11 bis du règlement. Il stipule que la chambre, avant de rendre sa décision «doit être convaincue que l’accusé recevra un procès équitable» et ne risque pas la peine de mort. Une requête en ce sens a déjà été rejetée car le pays concerné n’avait pas dans son code pénal d’incrimination pour génocide.

PB/GF

© Agence Hirondelle

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Composition de l'armée rwandaise : majorité de Tutsis Ougandais

armee_rwandaiseVoici la composition ethnique  du commandement de l'APR (= armée mono ethnique Tutsie) dans un pays où 85% de la population sont des Hutus.

C'est dire que dans le combat qu´on mène pour se libérer de la dictature du général sanguinaire Paul Kagame et son FPR-inkotanyi, on ne doit pas oublier le problème de l'armée.

Souvenez-vous de l'armée Burundaise après la victoire de Ndadaye ! Ce cas risque de se reproduire au Rwanda au cas où il y aurait une ouverture politique proche.


Général

  1. James      KABAREBE  (Tutsi  Uganda)
  2. Marcel      GATSINZI     (Hutu      Rwanda)       

Lieutenant Général

  1. Kayumba      NYAMWASA  (Tutsi Uganda)

Major Général

  1. Charles      KAYONGA  (Tutsi Uganda)